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Titre d'origine : Overdue Protection

Auteur : PadyandMoony
Toute ma gratitude, pour m'avoir gentiment donné l'autorisation de traduire cette histoire !

Rating : M pour "Mature"

Liens : Vous trouverez les liens vers "Overdue Protection" et vers PadyandMoony sur mon profil. Et sinon, vous trouverez toujours les fics que je traduis dans mes "Favorites Stories".

Disclaimer de l'auteur : Je ne possède pas Harry Potter.

Disclaimer de la traductrice : Cette fic est complète, et elle fait neuf chapitres.
Bien
entendu, les personnages appartiennent à J. K. Rowling, et l'histoire à PadyandMoony. Seules les fautes de français sont de moi !

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Avertissements de l'auteur :

Il y a quelques éléments évidents de l'UA [Univers Alternatif]. Ceux qui n'aiment pas ne lisent pas.

Soyez averti de l'exagération. Ceci est mon exercice contre les histoires qui calomnient Sirius et James, et font ressembler Rogue à un pauvre ange incompris. Si vous aimez Rogue, ce n'est pas une histoire pour vous !

Et je me moque des plaintes de "Out of Characterness" ! [d'avoir rendu très différent un personnage du Canon.]

J'ai déplacé le Club de Duel au mardi de cette semaine-là l'origine, c'était un jeudi), et la pétrification de Justin Finch-Fletchley après les vacances de Noël. J'ai besoin de ces deux changements dans la chronologie officielle, pour que ma propre chronologie fonctionne.

Ce n'est pas un bashing de Ron et Hermione. J'avais besoin qu'ils soient un peu moins composés dans leur réaction que dans le livre, pour que mon histoire fonctionne. Mais cela ne veut pas dire qu'ils sont mauvais ou qu'ils détestent Harry. Ce sont des enfants, deux enfants de douze ans qui ne savaient pas comment réagir, et leur réaction sera expliquée plus tard.

Par ailleurs, je tiens à vous prévenir que j'ai décidé de mettre un couple gay. Je ne veux pas dire qui, pour ne pas faire de spoilers. Mais je voulais vous donner un avertissement juste : si vous n'aimez pas lire [ce genre d'histoires], ne soyez pas surpris plus tard, quand cela apparaîtra. Vous me connaissez, je n'écris aucune scène de sexe explicite ou quoi que ce soit. C'est juste le fait qu'ils sont en couple, et que leur relation sera discutée.

Rappel : Ceci est un Bashing de Rogue ! Et Dumbledore en reçoit plein la tronche aussi !

Vous avez été prévenus. Continuez à vos risques et périls !

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Note de la traductrice : En ce qui concerne Rogue, je précise que son rôle est simplement celui de l'enfoiré des premiers tomes de JKR. Son sort final n'a rien de mauvais (même s'il est très justifié), malgré la virulence de l'avertissement de PadyandMoony !
Le
sort final de Dumbledore est lui aussi très justifié, et n'a rien de mauvais.

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Chapitre 1 - Le Ministère désolé

« Alors, euh... vous voyez. C'est ainsi que nous avons réalisé que l'administration précédente vous avait traité contre la loi, car ils ne vous ont jamais interrogé ni même accusé, encore moins donné un procès, et c'est pourquoi nous nous sommes empressés de corriger ces erreurs, et quelle agréable surprise de savoir que vous faites honneur à notre société... »

« Vous voulez dire que j'ai été kidnappé, et gardé prisonnier pendant onze ans par le Ministère. » dit l'homme aux cheveux noirs d'une voix plate, et avec un regard qui indiquait clairement qu'il n'était pas satisfait de l'explication reçue.

L'homme rond en face de lui remua son chapeau melon, et regarda le vieil homme à son côté, avec sa barbe extrêmement longue et ses robes criardes, pour obtenir de l'aide.
« Euh, voyez-vous... C'était la précédente administration... Euh... Barty Croupton et Bagnold... qui ont fait ça... Mais... Euh... Dès que nous avons réalisé que vous n'aviez même pas été accusé, nous nous sommes empressés de corriger... Euh...
Et ils ne font même plus partie du Ministère, maintenant. Barty Croupton a été renvoyé sommairement, et Bagnold, eh bien, elle est décédée il y a quelques années... Amélia ? » supplia-t-il pratiquement la femme, qui gardait la tête froide à côté de lui.

« Ce que le ministre Fudge veut vous dire, c'est qu'il n'y a aucune excuse pour ce qui vous a été fait, M. Black, ni pour le fait qu'il nous ait fallu autant de temps pour réaliser ce qui vous avait été fait, et pour le corriger. Le Ministère présente ses excuses les plus sincères, et nous avons déjà déposé une compensation dans vos coffres. Je sais que cela ne ramènera pas les années que vous avez perdues, mais malheureusement c'est tout ce que nous pouvons faire pour le moment. »

L'homme la regarda avec des yeux calculateurs, et cela troublait Amélia sans fin : après onze ans à Azkaban, elle s'était attendue à trouver une loque désorientée. Et pourtant, Sirius Black était aussi cohérent qu'il l'avait été quand il était un stagiaire Auror sous ses ordres, à l'époque où Croupton était à la tête du DJM [Département de la Justice Magique], et elle Directrice du Bureau des Aurors.
Vêtu des belles robes qui lui avaient été fournies, une fois qu'ils avaient réalisé l'erreur de justice grossière et illégale qui lui avait été faite, on n'aurait jamais deviné où il avait passé la dernière décennie, sans l'air émacié qu'il avait.

« Alors, laissez-moi clarifier les choses. » commença-t-il d'une voix calme et dangereuse.
« Vous... » dit-il en désignant Dumbledore. « Vous avez permis à l'ensemble des élèves de se liguer contre un élève isolé... »

« Euh, on a découvert qu'il était un Fourchelangue, comme Vous-savez-Qui... » intervint Fudge en essayant de défendre Dumbledore, mais il fut brutalement coupé par Sirius Black.

« Voldemort était aussi un être humain, qui fréquentait Poudlard, parlait anglais, brandissait une baguette, portait des robes et avait deux jambes. »
Il observa le groupe rassemblé dans le bureau somptueux du Ministre. « Je suppose que cela fait de nous tous, dans cette pièce, des Seigneurs des Ténèbres, alors ? »

Les autres semblaient mal à l'aise et, avec son calme habituel, Dumbledore tenta une fois de plus d'apaiser l'homme en face de lui.
« Vous avez absolument raison, Sirius. J'ai la plus grande honte des actions de mes élèves... »

« Et pourtant, vous n'avez rien fait pour les arrêter. Ce ne serait pas la première fois. » claqua Sirius, en regardant Dumbledore d'un air mauvais.
« Donc, si nous récapitulons : après que vous ayez permis qu'un élève soit terrorisé, cet élève, le plus normalement et le plus intelligemment du monde, s'est enfui en craignant pour sa vie. Une fois que vous vous êtes rendus compte qu'il n'était pas retourné à ses "très chers"... » et là, il cracha les mots comme si c'était une insulte, « ... tuteurs, vous avez décidé de vérifier Gringotts, quasiment en kidnappant Pétunia - car je suis sûr qu'elle n'a pas dû y aller de son plein gré -, pour lui faire signer les papiers demandés par les Gobelins, pour leur faire dire si Harry a utilisé son argent. »

« Et c'est à ce moment-là... » continua-t-il, « ... que vous avez découvert que Pétunia Evans Dursley n'était pas la tutrice légale de mon filleul, car je n'ai jamais perdu la tutelle puisque, comme vous le dites si joliment, je n'ai jamais été condamné. Vous vous êtes donc empressés de me juger, dans le but d'obtenir légalement la tutelle pour Pétunia, lorsque vos plans se sont écroulés à cause du minuscule petit détail de mon innocence.
En conséquence de quoi, vous vous êtes alors empressés... », souligna-t-il d'une voix moqueuse, en lançant un regard méchant au ministre de la Magie, « ... de me graisser la patte, en me donnant le confort d'une douche et de nouvelles robes, pour ne pas me voir porter plainte pour enlèvement, vu que seuls les criminels condamnés peuvent être envoyés à Azkaban, et que je n'ai même jamais été inculpé.
Et maintenant, vous voulez que j'aille à Gringotts, et que je vous dise où est mon filleul ? Ai-je bien tout compris ? »

Les trois personnes les plus puissantes de la Grande-Bretagne sorcière ne savaient plus quoi dire, et Sirius voulut renifler. Manifestement, ils ne s'étaient pas attendus à rencontrer de telles difficultés lorsqu'ils avaient remarqué la disparition d'Harry, la veille au soir. Lundi soir, Sirius eut envie de gémir.
La dernière fois que quelqu'un avait vu Harry, c'était vendredi soir, lorsque la Dame Grise était tombée sur des Serdaigles de septième année qui lançaient des sortilèges sur son filleul. Et pensez-vous qu'ils avaient fait quelque chose ? Emmené son filleul à l'infirmerie ? Non !
Dumbledore avait réalisé qu'Harry avait été attaqué seulement parce que, quand son filleul ne s'était présenté à aucun cours lundi, le Directeur avait convoqué une réunion d'école au dîner, pour demander si quelqu'un l'avait vu. Et c'est à ce moment-là seulement que le fantôme de Serdaigle avait décidé d'ouvrir la bouche.
Sirius ne l'avait jamais aimée, celle-là : elle ne se souciait jamais le moins du monde des élèves, toujours distante et dans son propre monde. Même le Baron Sanglant, aussi intimidant soit-il, essayait de protéger les élèves.

Au début, Sirius n'avait pas compris ce qui se passait, quand les gardes avaient pris d'assaut sa cellule, et l'avaient emmené par portoloin à un procès devant le Magenmagot au grand complet. Il avait perdu la notion du temps à Azkaban, mais il savait depuis des années qu'il n'obtiendrait jamais de procès, s'il n'en avait pas déjà eu un.
Il avait donc été très surpris. Attention, personne n'avait été gentil ou quoi que ce soit. Comme lui procurer un avocat, ou même lui donner le temps de paraître plus présentable.

Le garde lui avait enfoncé du Veritaserum dans la gorge, et Amélia Bones avait commencé à poser des questions. Leur intention était claire : ils le croyaient coupable, et ils pensaient que c'était une simple formalité. Leur but était de pouvoir faire nommer Pétunia comme tutrice, et lui faire signer la permission de faire parler les Gobelins. Ne furent-ils pas surpris...

Une fois son innocence rendue évidente, leur ton avait changé. Il fut emmené dans une jolie pièce à l'intérieur du Ministère, et on lui donna tout le temps de se doucher, et de s'habiller avec les nouvelles robes immaculées qu'ils lui avaient données. Puis il avait été conduit ici.
Non pas traîné comme auparavant, mais courtoisement et nerveusement accompagné au bureau du Ministre. Où Sirius était parfaitement sûr que le Ministre et Dumbledore croyaient absolument qu'il serait tout aussi "guidable" que Pétunia, la Moldue qui avait certainement trop peur de la magie pour protester.

Ils pensaient probablement qu'il était complètement fou, et il l'aurait été sans deux facteurs très décisifs : il était un Animagus, et il était l'Héritier Black.
L'Héritier Black, le futur Chef de la Noble et Très Ancienne Maison des Black, recevait une protection supplémentaire à sa naissance. C'était un sortilège jeté par son "plusieurs-fois-arrière-grand-père" dans la Lignée des Black. À l'époque où le Chef de la Famille et l'Héritier du titre de Lord Black craignaient les tentatives d'attentats sur leurs vies.
Il y avait plusieurs protections, dont il était sûr que sa mère les avaient détestées. L'une était que l'Héritier ne pouvait pas être renié, il restait toujours l'Héritier. (Il était sûr que sa très chère mère en avait eu une crise de fureur...)

Et le plus important, pour la situation passée de Sirius : l'Héritier recevait un bouclier mental, un peu comme un bouclier d'Occlumencie. Sauf qu'au lieu de se limiter à un mur, entre celui qui essayait d'entrer dans son esprit et lui, ce bouclier avait aussi la capacité de mettre de faux souvenirs devant ce mur, pour que l'intrus ne se rende pas compte qu'ils étaient bloqués. Le bouclier restait également en place, indépendamment de l'état ou de la conscience de l'Héritier, ce qui ne se produisait pas avec l'Occlumencie, où la personne devait garder le bouclier elle-même.
Ce bouclier avait complètement protégé Sirius des effets des Détraqueurs. Et encore à présent, il maintenait sa santé mentale.

Alors que le silence s'étirait, Sirius décida de le rompre. « Les élèves qui ont attaqué mon filleul ont-ils été expulsés ? »

Dumbledore regarda Sirius avec un air de reproche. « Sirius, mon garçon : ces élèves ressentent une immense culpabilité, et ils ont été réprimandés. Je suis sûr qu'ils méritent une... »

« ... Seconde chance ? Ouais, vous avez toujours su donner une seconde chance aux indignes, n'est-ce pas, Dumbledore ? »

« Je crois que toi-même n'étais pas un saint à l'école... »

« Je n'ai jamais envoyé personne à l'infirmerie ! » s'exclama Sirius avec colère. « J'ai changé la couleur de leurs cheveux, la couleur de leurs vêtements, j'ai commis de bons rires, des farces. Mais pas une seule fois je n'ai physiquement blessé qui que ce soit.
Rogue et ses amis, de l'autre côté, ne pouvaient pas passer une semaine sans mutiler quelqu'un. Et où ont-ils fini ? Oh, oui, avec un joli petit tatouage...
Si vous n'agissez pas contre ceux qui ont brûlé les affaires de mon filleul, qui l'ont expulsé de sa Maison, qui lui ont refusé le droit de manger, et qui lui ont jeté des sortilèges, moi je le ferai. » finit-il d'un ton glacial.
« Et oubliez que je vous aide. Je vais trouver mon filleul moi-même, et s'il ne veut plus jamais remettre les pieds à Poudlard, il aura ma bénédiction. »

Il se retourna et sortit en trombe du bureau du Ministre, sans demander aucune permission. Avant même qu'il s'en rende compte, il était au point de transplanage.
Et là, comme s'il n'avait pas passé la dernière décennie sans faire aucune magie, il agrippa la poignée de sa baguette nouvellement récupérée (elle n'avait pas été brisée, puisqu'il n'avait pas eu de procès), et il transplana sur le Chemin de Traverse.

Il ne prêta aucune attention aux gens alors que quelques-uns le reconnaissaient, et comme ils n'avaient pas encore été informés de son innocence, ils hurlaient et couraient se mettre à l'abri. Pendant ce temps, il se dirigea délibérément vers Gringotts, s'arrêta à un guichet, et sans un bonjour aboya :

« Lord Black, pour voir mon gestionnaire de compte. »

Le Gobelin lui fit un mauvais sourire narquois, et lui répondit : « Il vous attend, monsieur. »

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Sirius avait été conduit dans une pièce à l'arrière de la banque, et il était à présent assis à secouer nerveusement sa jambe, en attendant son gestionnaire de compte.

Et si Harry ne s'était pas arrêté à Gringotts ? Dumbledore pensait qu'Harry avait utilisé sa cape d'invisibilité pour sortir du château avec les élèves plus âgés samedi, puisque c'était un week-end à Pré-au-Lard. Mais la vérité était que Dumbledore n'avait aucun moyen de savoir si Harry avait toujours sa cape. La seule façon dont il aurait pu l'avoir était si elle avait été dans son sac, lorsque les autres Gryffondors avait brûlé sa malle.

Apparemment, les Gryffondors avaient essayé d'ouvrir la malle d'Harry pour voir s'il avait des objets de magie noire, et ils en avaient été incapables. Ron Weasley avait avoué à Dumbledore qu'Harry lui avait dit, une fois, qu'il avait acheté une malle qui ne pouvait être ouverte que par lui, pour que ses tuteurs ne puissent pas l'ouvrir.
Furieux, les Gryffondors avaient jeté la malle entière dans la cheminée. Harry aurait dû avoir une malle à l'épreuve du feu, mais peut-être qu'il pensait que même Pétunia ne serait pas aussi maléfique...

La dernière fois qu'il avait été vu, c'était lorsqu'on lui avait jeté des sortilèges, vendredi soir. On était mardi après-midi, à présent. La Dame Grise n'avait pas été franche à propos des sortilèges envoyés, et trop de temps s'était écoulé pour le Priori Incantatem, puisque les élèves ne parlaient pas non plus.

La Dame Grise avait dit qu'Harry avait l'air vraiment blessé. Pour tout ce qu'ils savaient, il pourrait être encore dans le château, et tout ce qu'ils trouveraient serait son cadavre...
Mais Dumbledore semblait penser que le jeune garçon était vivant et dans un nouvel endroit. Quelque chose à propos des protections de sang qui s'étaient effondrées, mais les détecteurs qu'il avait mis sur Harry disaient que celui-ci était toujours vivant.

Sirius se sentait glacé à l'idée de ne pas savoir où était son loupiot. Pendant tout ce temps, il croyait que Remus s'en occupait. Comme le disaient les testaments de James et de Lily. Comme le disaient les dispositions qu'il avait prises.
Il n'était pas un idiot. C'était la guerre. Il savait qu'il pourrait être frappé d'incapacité mais pas forcément mort, donc il avait pris des dispositions comme James et Lily. Harry devait être pris en charge par Remus Lupin, si lui-même ne pouvait pas s'en occuper.

Mais Dumbledore avait dit que Pétunia l'avait eu en charge, et que Remus avait quitté le monde sorcier après l'épreuve. Qu'Harry ne le connaissait même pas.
Lui-même n'avait pas vu Remus non plus. Celui-ci n'avait pas assisté à son procès. Certes, ce procès s'était décidé et déroulé en quelques heures, alors peut-être Remus n'avait-il pas eu le temps d'être informé. Mais malgré tout, il aurait beaucoup à expliquer.

« Ah, M. Black. Je me demandais combien de temps il faudrait pour vous voir, après que Mme Dursley n'ait pas pu obtenir les informations qu'elle voulait. »

« Eh bien oui, me voici, et je veux savoir si mon filleul est venu. »

« Voulez-vous voir l'état de votre patrimoine ? »

« Je viendrai une autre fois pour ça. Maintenant, je veux savoir à quand remonte la dernière fois où Harry Potter a accédé à son coffre en fiducie, et s'il a pu dire ce qu'il avait l'intention de faire. »

« Certainement. » lui dit le Gobelin avec un sourire méchant. Et, sans même regarder le registre, il enchaîna.
« M. Potter était ici samedi matin, après avoir pris la Cheminette depuis les Trois-Balais jusqu'au Chaudron-Baveur. Il semblait tout à fait désemparé et blessé. Il a pris de l'argent, en a converti une partie en Livres Sterling, et a demandé si les Potter avaient laissé des biens immobiliers. J'ai aussi offert les services de notre Guérisseuse, pour un certain tarif, bien entendu, vu que M. Potter avait l'air vraiment blessé. Il les a utilisés. »

Sirius soupira de soulagement : au moins, il avait une idée de l'endroit où Harry avait pu aller. Il connaissait les propriétés : James les avait parcourues avec lui, en s'assurant de lui donner toutes les clés.

« Qu'est-ce que la Guérisseuse avait à dire ? »

« C'est confidentiel. »

« M. Potter est mineur, et je suis son tuteur. »

« Très bien, mais je ne sais pas ce qu'elle a dit. Je peux l'appeler pour qu'elle vous le dise. »

« S'il vous plaît, faites-le. »

Après avoir entendu le Gobelin donner un ordre dans un appareil de communication, il demanda encore : « Est-ce que M. Potter a dit quelle propriété l'intéressait ? »

« Non. »

Zut, il allait devoir toutes les visiter. Les Potter avaient été très riches, et il y en avait beaucoup qui n'étaient pas utilisées. Certaines avaient été louées, mais il ne savait pas si ces baux étaient toujours valables, d'autant plus qu'il n'y avait eu personne pour signer un renouvellement.

Eh bien, il irait voir chacune d'elles, s'il le fallait. Il commencerait tout près, par contre.
Harry semblait avoir la tête sur les épaules : quitter l'endroit où il était en danger, se procurer de l'argent et un logement. On pouvait donc espérer qu'il était resté rationnel, et qu'il avait choisi un endroit où il ne dépendrait pas d'un moyen de transport magique.

La Guérisseuse entra et salua Sirius. Elle attendit que le Gobelin parte, pour commencer à détailler ce qu'elle avait guéri sur Harry, mais aussi ce qu'elle soupçonnait, et pour lequel elle avait besoin d'une autorisation pour une évaluation complète, avant confirmation.

Sirius sortit en fureur de Gringotts, avec son esprit sur deux choses : trouver son loupiot, et lui montrer que personne ne pouvait le blesser, et s'en tirer sans casse.

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Harry regardait avec méfiance le parchemin qu'il venait de recevoir. Il avait reconnu l'écriture comme étant celle de Fred Weasley : c'était la seule chose que les jumeaux n'avaient pas réussi à garder identique.
Fred disait qu'ils étaient désolés, et qu'ils rendaient quelque chose qui leur avait été très utile, mais ils avaient récemment découvert que c'était à lui. Ils disaient que cela ne s'ouvrirait plus pour eux, parce qu'ils avaient fait du tort à la lignée de Cornedrue, quoi que cela signifiait.

Harry se méfiait. L'autre chose dans l'enveloppe était un vieux morceau de parchemin. Fred disait qu'il devrait énoncer son nom en touchant le parchemin avec sa baguette, et qu'il comprendrait. Harry pensa qu'ils avaient peut-être piégé le parchemin, et qu'ils ne voulaient simplement pas blesser d'autres personnes.

Il n'oublierait jamais comment tout le monde le regardait, après qu'il ait empêché ce serpent de mordre Justin. Même Ron et Hermione l'avaient regardé comme ça.
Il avait eu peur, il avait attrapé son sac et il s'était enfui de la pièce, sans comprendre ce qui se passait. Il n'avait compris que le lendemain, dans la bibliothèque, quand il avait recherché le mot avec lequel ils l'avaient appelé : Fourchelangue.

Mais d'abord, il s'était caché jusqu'à ce qu'il pense qu'il pouvait sans danger revenir dans son dortoir, où Ron et Hermione lui expliqueraient ce qui se passait. Au lieu de cela, il avait trouvé toute sa Maison dans la Salle Commune. En train de brûler sa malle. Seul Neville leur criait d'arrêter. Ron et Hermione étaient sur le côté, sans le regarder ou arrêter les autres.
Et ensuite, ils lui avaient tous dit qu'il n'était pas un Gryffondor, et qu'il n'avait pas sa place ici. Quand Harry avait refusé de bouger, ils s'étaient avancés tous en même temps, et c'est alors qu'Harry avait compris qu'il devait courir. C'est ce qu'il connaissait le mieux : il avait passé toute sa vie à fuir Dudley et sa bande.

Il avait trouvé une salle de classe inutilisée, et il y avait dormi. Le lendemain matin, mercredi, il avait pensé qu'il ferait mieux de prendre le petit-déjeuner avant tout le monde. Mais les autres élèves étaient déjà là, et un comité de toutes les Maisons l'attendait devant les portes de la Grande Salle.

« Les Fourchelangues ne sont pas autorisés à manger avec les gens normaux et décents. » avait déclaré le porte-parole, et il avait piqué la main d'Harry avec un sortilège en guise d'avertissement. « Si tu ne pars pas tout de suite, nous t'y forcerons. »

Dumbledore aurait été fier de l'unité des Maisons... Harry avait essayé à nouveau au déjeuner et au dîner, pour le même résultat. Il n'avait pas réessayé. Ce ne serait pas la première fois qu'il aurait faim, de toute façon.

Vendredi soir, il était affamé et un peu lent, c'est pourquoi il n'avait pas été assez rapide pour distancer ces Serdaigles. Ils lui avaient sauté dessus, frappé, donné des coups de pieds, jeté des sortilèges.
Ça lui avait tellement fait mal, il avait des brûlures aux bras et au visage, et un de ses bras lui faisait mal comme l'enfer. Il était sûr qu'il avait aussi quelques côtes qui avaient craqué.

L'un des fantômes s'était approché, et Harry en avait profité pour s'enfuir. Il avait pensé aller voir Mme Pomfresh, mais finalement il avait préféré soigner lui-même ses blessures.
Aucun des professeurs ne l'avait aidé jusque là. Et pourtant, ils avaient tous vu ce qui se passait. Harry avait perdu des points parce qu'il n'avait pas ses livres. Il avait été frappé en classe, son chaudron avait été trafiqué. Mais aucun adulte n'avait rien fait. De toute façon, ils ne faisaient jamais rien.

Harry était plus en sécurité dans sa salle de classe vide. Mais il savait qu'il ne pouvait pas rester comme ça : s'il le faisait, il serait mort à la fin de la semaine suivante.
Il avait déjà eu de la chance que, mardi, il avait mis sa cape d'invisibilité dans son sac. Il en avait été bien heureux : perdre toutes ses affaires lui avait fait très mal, en particulier son balai et son album-photos. Mais au moins, il n'avait pas perdu la cape de son père...

Mais il n'avait plus beaucoup d'argent, et il savait qu'il en aurait besoin. Il savait aussi que, le samedi suivant, les élèves des années supérieures iraient au village, donc les portes seraient ouvertes. S'il sortait avec eux, il était sûr de trouver un endroit avec une entrée de Cheminette, et il pourrait donc se rendre au Chemin de Traverse.
Et là, il pourrait savoir combien d'argent exactement il possédait. Ron avait dit une fois qu'il ne pouvait pas avoir simplement son coffre en fiducie, parce que les Potter étaient aussi riches que les Malefoy. Et qu'il pourrait probablement accéder au reste quand il serait majeur.

Alors, Harry s'était demandé : il ne pouvait pas accéder à l'argent, mais peut-être qu'il y avait une maison. Ses parents devaient bien avoir vécu quelque part. Et lui pourrait y rester. Sous le radar. Peut-être aussi trouver un moyen d'aller à l'école moldue.

Après tout, Harry était sûr de deux choses : Poudlard n'était plus sûr pour lui, et s'il retournait chez les Dursley, il serait mort.

Donc, avec un plan en tête, il s'était glissé jusqu'à la Volière, et il avait dit à Hedwige de quitter Poudlard, et de le retrouver à n'importe quel endroit où il irait. Il espérait qu'elle le ferait. Il ne pouvait pas l'emmener avec lui, car elle attirerait trop l'attention. Mais il ne voulait pas la laisser derrière : il craignait que quelqu'un ne lui fasse du mal.

Alors, portant sa cape, il était parti de Poudlard, et finalement, il avait trouvé cet endroit. Hedwige l'avait retrouvé dès le lendemain, et à présent cette lettre venait juste d'arriver.

Se décidant enfin, il prit une grande inspiration, et posa sa baguette sur le parchemin, posé sur le comptoir.

« Mon nom est Harry Potter. » Il attendit avec appréhension, mais aucune explosion ne se produisit. À la place, des lettres commencèrent à se former sur le parchemin.

« M. Cornedrue est heureux d'accueillir M. Mini-Cornedrue dans la Meute. »

« M. Patmol déclare que M. Cornedrue devrait dégonfler sa tête, et expliquer ce que M. Mini-Cornedrue vient juste de trouver. »

« M. Lunard fait remarquer que M. Patmol délire, s'il pense que M. Cornedrue est capable de dégonfler sa tête, et il souhaite la bienvenue à M. Mini-Cornedrue dans la Manigance de Mauvais Coups. »

« M. Cornedrue tient à souligner que M. Patmol et M. Lunard sont méchants et jaloux, et il dit à M. Mini-Cornedrue que, s'il devait jurer solennellement que ses intentions sont mauvaises, il pourrait être agréablement surpris. »

En réponse, il apparut un dessin de deux bouches qui tiraient la langue, à la dernière ligne(*).

[(*) NDT : Toute ma gratitude à Itack23, mon sauveur des traductions difficiles ! Merci d'avoir brillamment traduit la phrase d'origine : "a drawing of two tongs blowing raspberries to the last line appeared sound and all".
« "to blow a raspberry : to make a rude noise by putting your tongue between your lips and blowing" (comme quand quelqu'un fait un bruit de pet, quoi !) »
« Deux bouches qui tiraient la langue à la dernière ligne (donc, Lunard et Patmol qui se moquent de Cornedrue, quoi xD) »]

Harry sourit, et posa sa baguette sur le parchemin. « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. »

Et ensuite, ses yeux s'écarquillèrent pendant que des lignes commençaient à se former, et qu'une carte de Poudlard apparaissait avec le titre « Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue, spécialistes en assistance aux Maniganceurs de Mauvais Coups, sont fiers de vous présenter LA CARTE DU MARAUDEUR. »

Mais ce ne fut rien, comparé à la hauteur à laquelle il sursauta lorsqu'il entendit :

« J'espère bien que non. »

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Note de la traductrice :

Bonjour à toutes mes lectrices et tous mes lecteurs !

Comme vous pouvez le constater, aujourd'hui je mets en ligne le premier chapitre de deux histoires différentes :
-
"Redirection", d'après "Redirection" de White Angel of Auralon,
- et "Protection en retard", d'après "Overdue Protection" de PadyandMoony.

En effet, j'avais demandé à ces deux auteurs l'autorisation de traduire leurs histoires, à un mois d'intervalle. Et j'ai eu la chance de voir arriver leurs réponses "oui" pratiquement en même temps !

En conséquence, pour fêter ça, je commence ces deux traductions le même jour ! Mais ensuite, je mettrai en ligne un seul chapitre à la fois, en alternance, jusqu'à la fin des deux histoires.

Bonne lecture à tous !

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