Bonjour tout le monde !

Voici la traduction du premier texte sur un couple qui n'a jusqu'alors jamais été exploité alors que son potentiel est énorme. L'original a été écrit par architecture-in-fillory sur Archive Of Our Own. J'espère que ça vous plaira.

Bonne lecture.


Opélie n'est là que par ordre du roi. Sa Majesté lui a dit de trouver le mage, parce qu'Elle avait à discuter avec lui d'affaires importantes. Réprimant un mépris instinctif – elle ne peut souffrir cet arrogant lèche-bottes de Viren, toujours à s'enorgueillir de sa dégoûtante magie, à étaler sa grande proximité avec le roi, à jouer les grands seigneurs auprès des autres membres du Conseil ; elle a obéi, descendant dans les moites entrailles du château, où officie Viren. Elle retient précautionneusement sa robe entre ses doigts alors qu'elle descend les marches, espérant le croiser en train de monter, ou encore mieux : accompagné par quelqu'un d'autre, pour ne pas avoir à engager la conversation avec seulement lui.

Il est loin d'être stupide, c'est certain ; ça fait au moins une chose digne de respect. Opélie ne peut souffrir pas les imbéciles. En revanche, il n'est pas désagréable à regarder... ce qui est peut-être encore plus énervant. Ces sourcils épais et expressifs, ces pommettes ciselées… des traits froids, sévères… presque intéressants.

Opélie soupire, roule des yeux. Qu'est-ce qui lui prend de penser à ça… Ridicule. Cet homme n'est une épine dans son pied.

Elle s'approche et frappe vivement à la porte :

« - Seigneur Viren, » appelle-t-elle. Elle attend, pas de réponse. Elle frappe à nouveau, un peu plus fort. « Seigneur Viren, le roi Harrow demande à vous parler. »

Silence.

Elle ne peut se représenter au roi sans Viren. Elle refuse d'échouer à quelque tache que ce soit, même la plus simple. Est-elle supposée retourner tout le château de fond en comble pour cet individu ? Bien sûr qu'il ne serait pas où on irait le chercher. Bien sûr.

Un regain d'agacement la pousse à tourner la poignée et ouvrir la porte. « Seigneur Viren, vous êtes là ?" Elle laisse son regard traîner, emportée par la curiosité. Elle n'est jamais venue ici, n'avait aucune raison de le faire. Elle sait qu'il met au point des sorts ici : il est possible qu'il ne l'ait pas entendue depuis l'autre côté de la porte. La pièce est assez grande, après tout. Elle remarque une porte attenante, en bois, légèrement entrouverte, qui mène vers un réduit à part d'où émane une lueur. Elle traverse la pièce et jette un coup d'œil, surprise de trouver une incroyable serre, des plantes, des herbes, et des sphères de lumière - sans doute un substitut au soleil, flottant dans l'air rafraîchi. Une fleur pourpre à sa gauche attire son attention ; elle se balance légèrement dans l'absence de brise, et Opélie remarque qu'une grande cage de verre l'enferme, mais la porte est restée ouverte.

Pourquoi une plante aurait-elle besoin d'une cage, se demande-t-elle alors qu'elle se rapproche. La fleur est absolument magnifique. Presque aussi grande qu'elle, les pétales sentent le magenta, la violette, les feuilles sont recouvertes d'une très fine poussière dorée qui - Opélie réalise d'un coup à quel point elle s'est rapprochée, perd l'équilibre, manque de tomber, se rattrape juste à temps aux parois de la cage. Le mouvement secoue la plante, un petit nuage doré se forme, et puis elle éternue violemment, trois, quatre fois, se fige, renifle, puis entend une voix incrédule :

"Qui va là ?" s'exclame Viren, et elle pivote, le cœur battant la chamade alors qu'il se rue dans la pièce, les mains vissées à un bizarre attirail de ses oreilles. Il le retire, le pend à un crochet sur le mur, ses yeux filent d'une Opélie confuse à la plante violette, puis reviennent à elle. Et se ferment sous la résignation qui perce enfin dans sa voix grave :

« - Oserais-je vous demander ce que vous faites dans mon laboratoire personnel, dame Opélie ? »

« - Seigneur Viren, je… » commence-t-elle avant de tituber, d'agripper le bord de la cage, sentant étrangement… fièvreuse. « Le roi Harrow, il, il a besoin de vous. M'a demandé de vous chercher. J'ai frappé, mais vous n'avez pas répondu. » Le sang se rue dans chacune de ses veines, parler est soudain une épreuve. Ses lèvres bourdonnent, ses gencives fourmillent. Elle n'a jamais senti chaque partie de son corps avec une telle acuité : ses poignets, l'arrière de ses genoux, la peau entre ses orteils…

Elle secoue légèrement la tête, cligne des paupières papillonnantes de confusion alors qu'elle sent de la sueur commencer de perler sur sa nuque, sa gorge, son dos. Pourquoi sa peau est-elle soudain aussi sensible ? Est-ce que Viren a toujours été aussi grand et mince ?

« - Je ne vous ai pas entendue. Je travaillais. » Viren hésite, la scrute, avance d'un pas. « Dame Opélie, est-ce que vous… vous allez bien ? »

Il ne lui a jamais demandé cela. De toutes les années passées à travailler ensemble, ce n'était que regards narquois et remarques sournoises, peut-être un compliment sarcastique ça et là pour apaiser le roi et la reine, les abuser en leur donnant à voir un Haut Conseil harmonieux. Non, seuls Harrow et Sarai, et eux seuls avaient droit aux sourires sincères, aux plaisanteries murmurées qui étaient apparemment à mourir de rire, à en juger par leurs réactions. Les yeux d'Opélie se plissent alors qu'il s'approche. L'audace. La pure audace de cet homme, avec ses sourcils parfaitement arqués et ses longues jambes. Pourquoi se soucierait-il soudain de ce qu'elle ressent ?

"- Opélie ? » demande-t-il, plus fort, sa nervosité abandonnant le titre honorifique. « C'est important. Avez-vous touché à cette plante pourpre ?"

Ses yeux filent vers cette plante qu'elle n'a absolument pas touchée, elle en a seulement inhalé, par accident. Peut-être a-t-elle éternué. Et alors ? Viren se rapproche encore, et les narines d'Opélie s'enflamment en saisissant une fragrance de fumée, presque piquante, comme la dernière bûche d'une cheminée finissant de brûler, une nuit d'hiver. Ses paupières se ferment alors qu'elle se décide enfin à étirer les muscles de son cou, la tête dodelinant, c'est divin, la chair de poule couvre sa peau. Elle s'entend lâcher un petit rire, puis ses yeux s'ouvrent d'un coup, sa peau brûle, elle se souvient où elle est, avec qui elle est. Viren est encore plus proche, la regarde comme si elle était une bête sauvage qui risquait de l'attaquer à tout moment. Grands dieux, cette odeur venait de lui ; comment ne l'a-t-elle pas remarqué avant ? Il a des yeux vifs, calculateurs, et elle sait qu'il sait probablement quelque chose qu'elle ne sait pas, c'est son laboratoire après tout, il connaît ces plaintes, mais elle a du mal à se concentrer sur cette pensée parce que ses yeux ont des nuances d'argent bleuté qu'elle n'avait jamais remarquées auparavant, et sa bouche est rigide comme d'habitude, mais il a des lèvres… si roses…

« Opélie !" il gronde, mais l'effet est un peu gâché par son expression scandalisée, et elle explose d'un rire hystérique avant de plaquer sa main sur sa bouche, se sentant complètement ivre. « Vous avez inhalé le pollen du brunfelsia percepioris. Il décuple vos sens. »

Intellectuellement, elle comprend que ce qu'il dit sent Mauvais avec un M majuscule, mais il est si proche que le sens de ce qu'il dit se perd ; elle sent que sa bouche est complètement sèche, ses doigts meurent d'envie de s'enfouir dans ces épais cheveux bruns, toujours si parfaitement coiffés, désespérant de les voir ébouriffés, pour une fois. Il est toujours si professionnel… guindé… Elle lève les yeux et s'aperçoit, à sa grande surprise, que le dernier fermoir de sa tunique est défait, exposant plus de son cou qu'elle n'en a jamais vu, et la réponse, la vague de chaleur qui éclot dans son ventre, est si dévastatrice qu'elle fait presque un bond en arrière, une pointe de clarté se faisant jour à travers le brouillard, sa cheville heurte la cage et secoue de nouveau la fleur.

« - Non ! » s'écrie Viren, se ruant en avant en essayant de fermer la porte, mais la poussière recommence à flotter avant qu'il ne l'atteigne, atterrit sur son nez, le fait éternuer. Il est tout près d'Opélie, son bras droit posé maladroitement sur son épaule gauche. Il la dépasse de plus d'une tête, elle le regarde avec autant de fascination que d'amusement malgré la situation désastreuse.

"- Du pollen… de brunfelsia ?" demande-t-elle enfin, et il hoche la tête, ses yeux scellés, ses épaules tendues, comme s'il essayait de ne pas respirer.

"- Oui. C'est… une substance extrêmement puissante. » A chaque mot sa voix est moins hachée, se métamorphose en quelque chose d'autre. Quelque chose de plus profond, plus riche, plus chaud. « Je… faisais une expérience tout à l'heure, et j'ai par mégarde laissé la porte ouverte. » Il n'a pas encore baissé le bras, remarque Opélie, et son corps est proche, si proche, si proche du sien, une pensée tout à fait choquante en entraîne une autre et une autre qui font battre chacune de ses veines et rend son souffle plus court. « Vous -je- nous n'aurions pas dû en absorber. »

"- Quels effets… ? » demande-t-elle, elle déglutit en regardant une lente goutte de sueur tomber de sa tempe et couler le long de sa joue. La tentation de se pencher en avant et d'y goûter est si forte qu'elle doit serrer les poings, sa bouche s'ouvre. C'est si bon. Non, c'est mal. Elle ne peut pas se rappeler pourquoi, exactement, mais ce n'est pas bon, c'est mal.

"- Opélie, c'est… un puissant aphrodisiaque. » articule-t-il, parvenant à peine détacher son regard de ses lèvres entrouvertes. « Ce n'est pas -vous ne devriez pas être ici, là, maintenant. Vous et moi, le pollen. Il va nous rendre –" Il semble dépassé, il n'a plus de mots, il déglutit péniblement, dodeline de la tête. « Pourquoi, pourquoi vous êtes encore là."

"- Je vous l'ai dit. Je suis là pour… » Opélie essaie de toutes ses forces, mais parler est une épreuve et la tunique de Viren est douce, si douce sous ses mains, parce qu'à présent elle le touche, oh non, ses mains caressent ses épaules, son torse, qui est ferme et étonnamment musclé. « Viren, arrêtez ça, un… un antidote, vous en avez for… forcément… un. » Est-ce bien ce qu'elle veut ? Que cela s'arrête ? Elle n'en est pas sûre. Il a de minuscules taches de rousseur sur son nez, et elles sont saisissantes.

« Je ne peux pas. » Son visage est une incarnation de l'angoisse. « Pas terminé. Je… j'étais en train de le mettre au point. Pas achevé, pas sûr. Il y a un masque, mais… trop loin… » Il lâche un lourd grondement quand les doigts d'Opélie s'agrippent à sa tunique, le tirant plus près d'elle. « Je -ce n'est pas -Opélie, ce n'est pas ce que vous voulez. »

Ce n'est probablement pas ce qu'elle veut, parce que Viren est un mufle, mais c'est ce qu'elle veut, parce qu'elle est là, ses remparts abaissées par cette fleur qui lui sert ses désirs sur un plateau d'argent et la met au défi de ne pas en prendre une bouchée, de ne pas se laisser aller, de ne pas céder, parce qu'Opélie ne cède jamais, parce qu'elle est Dame Opélie du Haut Conseil et qu'elle n'a jamais, au grand jamais, dépassé en coloriant. Elle devrait s'enfuir de cette pièce, mettre autant de distance que possible entre elle et Viren, mais il est chaud et solide contre elle, et puis elle se moque de ce qui a causé cela, de pourquoi elle est là, elle ne sent que son corps qui reste pressé tout contre le sien, ses lèvres, ses dents qui viennent assaillir sa gorge, ses bras enroulés autour de son cou, animés par quelque chose qui la fait fondre et la ronge de l'intérieur. Elle a un soubresaut quand il l'attrape par la taille, l'enserrant tout contre lui alors qu'elle le tire vers le bas, l'attire, capture ses lèvres, d'abord une pression puis un pillage acharné, leurs langues dansant un ballet furieux, chacun grondant dans la bouche de l'autre. La pièce est trop chaude, brûlante même, ses vêtements la démangent, et le temps lui-même commence à ramper et à se tordre alors qu'ils continuent de se goûter l'un l'autre.

A un moment elle trébuche vers l'avant et Viren vers l'arrière, titubant à l'aveuglette vers un bureau dépouillé aussitôt de ses paperasses et instruments, Opélie grimpant sur les genoux de Viren alors qu'il s'assoit, repousse sa capuche, détache son haut col, plongeant ses mains dans ses cheveux blonds alors que le baiser se poursuit, à bout de souffle.

« Vous êtes sûre que, » Viren se recule pour respirer, ses mains descendant pour bercer sa taille, il enfouit son visage dans le creux de son cou avec le désespoir d'un homme qui meurt de soif. « Je peux m'arrêter. Arrêter. Je peux- »

« Non. » murmure Opélie en balançant ses hanches, tirant des lèvres de Viren un gémissement. « Continuez. » Je vous en prie, ne dit-elle pas, alors qu'elle ondule contre lui, mais il y a trop de couches de tissu et d'habits et de cuir et de velours et de brocart, et elle accepte avec joie son aide lorsqu'il défait les boutons de sa robe, arrachant sa chemise de ses épaules, elle se lève pour que les vêtements puissent tomber à terre, la laissant complètement nue, la peau dorée dans la lumière.

Ses yeux se ferment alors que Viren tend immédiatement la main, caressant du bout des doigts ses épaules, allant et venant pour caresser sa clavicule, descendant pour taquiner les mamelons, prendre les seins en coupe, les palper, elle en gémit. Elle succombe aux sensations un long instant avant de tirer en hâte sur les ceintures de son pantalon, la bouche salivant face à la protubérance. Une fois qu'il s'est débarrassé des braies, elle tombe à genoux, lui arrachant un rire choqué.

« - En êtes-vous cer- "

"- Seigneur Viren, fermez-la," ordonne-t-elle alors qu'il étouffe un nouveau rire, puis gémit lorsque sa langue s'attaque au liquide perlé. Elle lève la tête pour le voir, et puis elle lèche, encore et encore, ferme la bouche, si affamée qu'il en gronde, un grognement brisé. Elle ne peut qu'imaginer le spectacle qu'elle offre, son membre disparaissant dans sa bouche, et le rictus qui se forme autour de lui lorsqu'il agrippe ses cheveux par une main, sans la commander, mais bel et bien là. Elle égratigne avec lenteur ses cuisses de ses ongles, lève les yeux pour croiser son regard.

« - Je… ah -mmm » il commence, brisé, à l'agonie, la tête renversée en arrière. « Vous… arrêtez-vous, avant que –"

Elle s'écarte et se lève, et les yeux gris de Viren se dilatent face à sa main qui caresse son entrejambe, les doigts trempés. Elle sursaute quand il s'empare de son poignet, l'attire près de lui, suce ses doigts comme si c'était du nectar. Ils se regardent quand ses doigts entrent plus profondément, et le besoin viscéral qu'elle voit dans ses yeux déclenche une nouvelle vague de désir. Leur baiser est plus enragé que le premier, les dents s'entrechoquent, les langues se battent alors qu'Opélie débarrasse Viren de ses vêtements. Il se lève pour lui faciliter la tâche, et elle a à peine le temps d'admirer son corps -bien plus musclé qu'elle ne l'aurait supposé, et bien plus meurtri, que déjà il la fait tourner, la soulève comme si elle ne pesait rien, et l'allonge sur le bureau, dévorant son cou de baisers, attrapant un téton. Elle ne peut retenir le cri qui s'échappe, elle ne veut pas le retenir : c'est trop bon, trop bon pour faire semblant de rien. C'est bel et bien Viren, le guindé, le professionnel, qui agrippe ses cuisses, y glisse sa main, les écarte. Le feu se consume de plus belle. Quelque part loin sous la transe dévastatrice, elle se demande s'ils seront capables de s'adresser la parole après une telle chose, mais toute pensée cohérente est pulvérisée lorsque Viren se met à laper, Opélie en aggripe le bureau, ses doigts griffent désespérément le bois vernis, ses hanches convulsent, mais Viren les maintient fermement. Elle est bien trop loin pour ressentir la moindre honte quant aux gémissements et halètements qui s'échappent de sa gorge, et Viren ne répond que lorsqu'elle enfouit sa main dans ses cheveux, et sa bouche s'ouvre comme un gouffre alors que les vibrations de ses murmures sur son intimité embrasent son corps tout entier. Il ne s'écarte que pour mieux recommencer, plante ses doigts dans ses hanches, et elle saisit ses cheveux avec désespoir alors qu'elle sent le grégeois, la délivrance la détruire de l'intérieur, les mots ne sortent plus.

« - Viren, je – attendsattends, je » elle halète, tente de s'écarter, mais il l'en empêche, il se contente de secouer la tête tandis qu'il pose une main possessive sur son ventre, la maintient en place. Elle ne peut se retenir une seconde de plus, sa tête se renverse en arrière alors qu'un spasme la transperce, puis son corps se fige, alors que le plaisir explose vague après vague après vague. Viren la tient tout du long, sans ralentir sa langue, ne s'écarte que lorsqu'elle s'écroule. Ses cheveux sont un épouvantable tumulte, des mèches brunes tombant devant des perles grises que le noir étincelant a presque avalées. Elle enroule un bras autour de son cou, le force à se baisser pour un autre baiser -puis elle sursaute en sentant une solide bosse toquant à sa porte, et il s'écarte non sans lui avoir mordillé la lèvre.

« Puis-je", commence-t-il, et il gronde, la voix basse, alors qu'elle verrouille ses jambes autour de lui. A sa grande surprise, il lâche un rire rauque, la mâchoire serrée alors qu'il continue de pousser, se retient visiblement. « Je prends cela pour un oui. »

Elle a à peine le temps d'apprécier cette touche inattendue d'humour avant qu'il ne s'enfouisse en elle, ne l'emplisse, ne la fasse supplier.

« Allez, monseigneur, » halète-elle, il obéit aussitôt, il se retire presque entièrement avant de revenir, et encore, un tempo soutenu qui rythme le monde entier. Opélie peut à peine respirer, peut à peine penser, elle n'est plus qu'une boule de terminaisons nerveuses qui ne reçoivent plus qu'un infini plaisir. Le bureau est dans le désordre le plus total. Les traits de Viren forment comme un dangereux rictus alors qu'il saisit une mèche de cheveux blonds autour de la gorge d'Opélie, et lorsqu'elle croise son regard, elle a un sourire de défi.

"Je ne… ne puis vous… supporter » fait-elle, pantelante, et Viren s'arrache un rire vain, à bout de souffle.

"Oui, je sais." Ses doigts enserrent ses cheveux, la tête d'Opélie se renverse en arrière, elle ne peut que s'y abandonner, sa main attrapant les muscles de son bras alors qu'elle commence de s'écrouler.

Viren gronde, et l'entendre jurer de la sorte, sentir sa longue main l'étrangler, le battement devient impatient, passionné, fou, puis se fige alors qu'il se vide tout en elle -cela suffit à la pousser au bord du gouffre une nouvelle fois; Opélie halète, gémit, en vient presque à sangloter alors que Viren se retire, des fluides chauds pulsent hors d'elle; les habiles doigts de Viren en accompagnent chaque contraction jusqu'à ce qu'elle s'écroule, annihilée. Quelques instants plus tard, sa vision redevient nette et respirer est redevenu possible ; elle arrache un bras qu'elle avait apparemment laissé en travers de son visage et se redresse pour voir Viren effondré sur une chaise proche, tout aussi épuisé qu'elle.

Leurs yeux se croisent et ils se regardent durant quelques instants électriques, le silence écrasant la pièce.

Alors.

Voilà.

Viren se racle la gorge et se lève, rompant le contact visuel et prenant une teinte éclarlate. « Je compte sur vous pour… ne pas ébruiter cet… incident. »

Les mâchoires d'Opélie se crispent, furieuse de se sentir rougir de même. Elle ne peut pas penser aux implications pour le moment; c'en est trop. Elle a besoin de ne plus être nue, tout de suite. Première étape. Elle descend du bureau pour se baisser, retrouver ses vêtements, elle tente sans succès d'ignorer l'air froid sur sa peau, sa peau que ses mains, ses dents, sa langue…

« Opélie ? » demande Viren, rompant le fil de ses pensées. Il se rhabille en vitesse, lui aussi, et semble plutôt inquiet.

« Rassurez-vous, cet incident ne s'ébruitera pas de mon fait. » Elle saisit sans le vouloir son regard au vol, alors qu'elle glisse dans sa robe, et est surprise de le voir hâtivement réprimer un rictus. « Je peux savoir ce qui vous amuse ? » s'écrie-t-elle.

Viren a une pause, sa bouche s'ouvre, se ferme, puis il secoue légèrement la tête alors qu'il referme la boucle de sa ceinture. Opélie ne peut s'empêcher de jeter un coup d'œil aux plates fermes de son ventre alors que ses doigts agiles s'occupent du nœud – et puis il relève la tête.

« C'est juste que, » commence-t-il, et Opélie se force à faire comme si elle ne venait pas de reluquer, « de tous ceux sur qui je… j'aurais pu… hum, voilà. »

Opélie pouffe sans pouvoir se retenir, les lèvres de Viren se tordent, et puis les voilà à éclater d'un rire honteux, du genre qu'on arrête pas, et qui allège enfin l'atroce tension qui s'était nouée entre eux deux.

« Qu'est-ce que vous faisiez ici, exactement, déjà ? » demande Viren une fois qu'ils se sont calmés, le visage plus reposé qu'Opélie ne l'a jamais vu.

Elle étouffe un cri. "Le roi… il voulait vous parler. » Ils font une courte pause le temps de faire le calcul -depuis combien de temps est-ce qu'ils - ?

« Bon. Fort bien, » fait Viren, surtout pour lui-même, visiblement nerveux. Ses yeux font rapidement le tour de la pièce alors qu'il se prépare à partir, puis il émet comme un hoquet en fixant le bureau qu'ils viennent de quitter.

Opélie regarde, et devient écarlate face au monstrueux désordre qu'ils ont perpétré. « Vous n'avez pas un… » elle agite une main inutile, ses yeux cherchant désespérément un chiffon, un petit balai, une serviette, quelque chose, n'importe quoi, parce qu'à son grand désarroi, elle sent comme un résidu lui taquiner le creux du ventre, et prend un instant pour noter que simplement succomber aux effets du pollen n'a peut-être pas suffi à s'en débarrasser une fois pour toutes. Mais avant qu'elle puisse ouvrir la bouche, les yeux de Viren flamboient comme deux braises pourpres alors que du galimatias sibyllin s'écoule d'entre ses lèvres, et le désordre s'évanouit.

Quand il la regarde, elle frissonne de voir ses yeux se voiler de noir, puis revenir à la normale.

Il hausse les épaules. « C'est plus simple. Allons-y, je crois que nous l'avons fait attendre suffisamment longtemps. »

Encore secouée, Opélie le suit dehors, et ils parcourent en silence les escaliers, les salles et les galeries. D'autres nobles les saluent poliment, quoique surpris, on ne les voit que rarement ensemble en dehors des réunions du Haut Conseil. Fort heureusement, on ne sait rien des dépravations auxquelles ils viennent de se livrer, et ce n'est qu'aux portes mêmes de la salle du trône qu'Opélie remarque que les cheveux en bataille de Viren sont en fait une preuve éclatante .

"Attends, Viren" chuchote-t-elle, impérieuse; il se tourne, les yeux plissés par une question muette. Sans réfléchir, elle se grandit assez pour que ses doigts atteignent les mèches brunes, les repeignent en ordre, et elle ne s'arrête qu'en voyant le regard estomaqué que lui lance Viren, figé sur place. Elle arrache sa main, se morigène.

"Quand est-ce que ce pollen se dissipe ? » demande-t-elle entre ses dents serrées, les joues roses, et il semble décontenancé alors qu'il achève de se rendre présentable.

« Il… » Il la regarde attentivement, puis son regard glisse vers les tapis, pensif. « Il devrait déjà s'être évanoui, puisque –"

"Seigneur Viren, Dame Opélie, dois-je vous faire annoncer à Sa Majesté ? » interrompt un garde, et ils pivotent de concert, la bouche cousue. Les yeux du garde se baladent de l'un à l'autre, mais sa face ne porte aucune trace de soupçons. L'autre garde a les yeux rivés droit dans le lointain.

"Oui, je vous remercie," répond précipitamment Viren, et ses yeux jettent une mise en garde à Opélie alors que le garde hoche la tête et tire la lourde poignée de la porte. « Nous en parlerons plus tard, » murmure-t-il du coin de la bouche, et Opélie lève les yeux au ciel -croyait-il vraiment qu'elle allait laisser échapper une telle chose face au roi ?

"Sire. Dame Opélie et le seigneur Viren sont ici. » clame le garde, et Harrow lève les yeux d'un parchemin qu'il lisait, un sourire accompagnant le mouvement qu'il fait pour se lever.

"Enfin ! J'ai cru que j'allais devoir envoyer quelqu'un à vos trousses, madame. » rit-il alors qu'il les invite à entrer. « Vous êtes partie pendant des heures, que diable étiez-vous en train de fabriquer ? »

Le cœur d'Opélie s'affole alors qu'elle ouvre la bouche, complètement perdue. Elle n'a jamais su mentir. « S… Sire, pardonnez-moi, » bafouille-t-elle. « Je -»

« Peu importe. Permettez-vous que je m'entretienne en privé avec celui-là ? Je vous promets de vous le rendre dès que j'en aurai fini avec lui. » blague Harrow en saisissant Viren par l'épaule. Opélie lui rend son sourire amical et s'incline, attrapant au vol, par accident, les yeux de Viren alors qu'elle se détourne. Le mage la regarde avec une expression indéfinissable, main peu importe, plus tôt elle sera sortie de cette pièce, mieux cela vaudra.

Une fois de l'autre côté des portes, elle expire lentement, tente de dompter la chamade de son cœur.

Il lui faut trouver un moyen de dompter ces changements entre elle et Viren également ... l'enjeu étant sa tranquillité d'esprit.

D'ici à leur inévitable prochaine rencontre, peut-être qu'une marche dans les jardins lui éclaircira les idées.

« Si le roi me demande, je suis sortie prendre l'air, » dit-elle au garde qui les a faits entrer. « Je serai de retour sous peu. »

"Fort bien, ma dame. » répond-il, puis il la regarde s'éclipser avant d'étendre une main, paume en l'air. Et l'autre garde soupire, secoue la tête, puis y lâche quelques sous.


El famoso pollen aphrodisiaque is such a good trope.

Sont-y pas meugnons ces deux-là ?

Je reste persuadée que leur interaction de l'épisode 7 de la saison 2 sous-entend beaucoup plus que ce qu'on veut bien le croire... et je ne parle même pas du face à face lors du couronnement de Viren.

J'espère que ma traduction vous a plu ! Je transmettrai vos retours à l'auteure.