Bonjour bonjour !

... Faudra pas vous attendre à ce que ça soit tous les deux jours, c'est juste que ce plot me laisse pas en paix TT

WARNINGS : violences infantiles, exploitation, chantage

Disclaimer : À part Koumei, l'univers et les personnages appartiennent à Kōhei Horikoshi

Édité le 19/03/21


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2# Parle-moi de vivre

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― Elle n'a pas dit un mot depuis son réveil. Pas même aux soignants. On espérait que vous auriez un meilleur contact avec elle.

Hawks se frotte l'arrière de la tête, observe le policier puis tourne son regard vers la chambre de l'enfant qu'il a sauvé. Il serait venu de toute façon pour s'enquérir de son état, mais il n'a pas imaginé un seul instant devoir la sortir d'un mutisme auto-imposé. Il ne s'étonne qu'à moitié de ce triste constat. Elle doit se méfier de tout et de tout le monde, elle-même y compris. La chaleur des pâtisseries qu'il a achetées réchauffe sa hanche et il espère le cœur meurtri de l'adolescente. Il sait qu'il a eu de la chance, comparée à elle, mais il comprend un peu ce qu'elle ressent. Depuis son sauvetage, son père est revenu hanter ses nuits.

Il soupire, avant de sourire pour rentrer dans la chambre. La jeune fille semble minuscule sur le lit blanc, couverte de bandages, entourée et attachée à plusieurs machines qui bipent régulièrement. Ses ailes pendent dans son dos, bandées, inertes, comme si elle ignorait quoi en faire. Il a soudain l'impression qu'elles ne sont pas assez grandes malgré sa petite taille. Oisillon tombé du nid de l'enfance trop tôt, jetée en pâture à la violence pour un Alter qu'elle n'a pas choisi. Mais pourquoi personne ne l'a vu plus tôt, pourquoi personne n'est venu la sortir de son enfer ?

Et au fond, Hawks sait très bien pourquoi. Lui, il a eu l'occasion de prouver sa valeur pour que le Conseil le considère assez utile pour l'élever. Elle a été enfermée dans une cage, les ailes liées, et sans doute a-t-elle même été cachée au reste du monde en dehors des braquages, pour qu'elle ne puisse pas agir et reprendre la liberté qui lui appartient de droit.

Il y a un poids au fond de son estomac, alors que l'enfant a les yeux fixés vers le ciel qu'elle aperçoit par la fenêtre. Comme si elle voulait s'y perdre, s'y envoler pour goûter à un plaisir dont elle a été si longtemps privée. Ses plumes frémissent. Il a presque envie de la prendre dans ses bras et d'aller voler haut dans le ciel pour lui faire découvrir le plaisir de voir le monde devenir fourmi sous leurs pieds.

Mais elle est obligée de rester alitée pour l'instant, alors c'est son devoir de ramener un peu de joie dans cette pièce aseptisée.

― Bonjour, poussin !

Elle sursaute et se rétracte dans le lit, avant de tourner la tête vers lui. Sa position est celle d'un animal battu et son cœur se serre à cette vue. Il saisit la chaise à côté et s'assoit, souriant toujours.

Il a un plan pour la faire réagir joyeusement.

Il glisse une main dans sa sacoche, lentement, avant d'en extirper la peluche qu'il a ramassée sur les lieux du hold-up. Il l'a fait nettoyer et toute trace de sang et de poussière a disparu. L'une de ses acolytes a même reprisé les déchirures pour remettre en état le pingouin.

Il le dépose à côté de l'enfant, attend avec impatience sa réaction.

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Koumei sait que l'hôpital n'est qu'une étape avant la prison. Une étape douloureuse, d'un blanc aveuglant, mais reposante. Elle aimerait rester entre ces quatre murs protecteurs une éternité, loin des ténèbres humides et poisseuses dans lesquels elle vit habituellement.

Cela fait presque une semaine que sa peau ne s'est plus marbrée de nouveaux bleus sous les coups.

Les questions des policiers et des médecins glissent sur elle comme la pluie rafraîchissante d'un lourd orage d'été. Elle ne se sent pas assez armée pour leur répondre. Elle a peur de dire quelque chose qui empirerait sa situation, qui la ramènerait à la violence qui rythmait ses jours.

Le silence est d'or, il est clé de sa survie depuis la mort de sa grand-mère.

Cependant, devant la peluche que lui tend le héros aux ailes rouges qui lui a sauvé la vie, sa langue se dénoue, s'humidifie comme ses joues. Ses doigts se serrent sur le pingouin qui a perdu sa crasse, resplendissant comme les plus beaux diamants à ses yeux. Elle croyait l'avoir perdu à jamais dans les décombres de sa vie d'avant.

― Vous… Vous avez sauvé Monsieur Finchu.

Sa voix râpe sa gorge, presque rauque, tandis que des taches sombres humidifient ses draps. Elle ramène ses genoux contre sa poitrine et tremble, alors que ses larmes grossissent de plus en plus. Monsieur Finchu est plus qu'un confident et un réconfort lorsque le sang rougit sa peau pâle, lorsque son ventre se barde d'explosifs ou qu'elle veut s'envoler là-haut, parmi les nuages impalpables.

Il est tout ce qui lui reste de ses années de bonheur chez sa grand-mère, du goût de pastèque et du jus de cerises fraîchement pressé.

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Hawks est surpris lorsque la jeune fille se met à pleurer, sans prévenir. Il se doutait de la valeur sentimentale de la peluche, mais pas à ce point. Doucement, il écarte son aile gauche pour effleurer son dos et la réconforter.

Elle tressaille, ouvre des yeux ronds comme des billes, serrant un peu plus son camarade de tissu contre elle. Elle est tendue comme un fil à plomb, le fixant sans sembler comprendre les raisons de son geste.

Au moins, il lui a tiré un mot.

Fier de cette victoire, il décide de continuer sur sa lancée. Il ouvre sa sacoche et l'odeur des pains à la pâte de haricots rouges remplit la pièce. L'adolescente renifle et ses yeux étincellent. Pourtant, pas un son ne sort de sa bouche, alors qu'elle semble saliver. Des griffes se plantent dans son ventre alors qu'il se rappelle avoir eu le même comportement.

Réclamer à manger auprès de son paternel, c'était risquer une claque à en déchausser une dent de lait.

Il en saisit un et le sort, bien en vue de l'enfant. Il ne tient pas à lui faire du chantage et lui donnera quoi qu'elle fasse, qu'elle se mure à nouveau dans le silence ou qu'elle lui réponde. Il doit amadouer cet animal sauvage et maltraité s'il veut avoir un peu plus d'informations.

― Tu me donnerais ton prénom ? Sinon, tu resteras un poussin.

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Koumei se sait perdue dès que le héros sort des anpans. Elle salive, rêve de planter ses dents dedans. L'odeur lui remplit les narines, chassant celle des médicaments et du désinfectant de surface. Son ventre grogne, trop heureux à l'idée de recevoir cette friandise si rare et dont elle a tant rêvé lors du hold-up foiré.

Cependant, elle ne sait pas quoi faire quand le héros lui demande son prénom, toujours avec ce sourire étincelant de soleil d'été. Il brille, illumine la pièce et la réchauffe sans peine, avec sa simple présence. Ses plumes caressent toujours gentiment son dos et elle a une sensation étrange qui éclot dans sa poitrine.

Les syllabes se bousculent sur sa langue, s'emmêlent et s'entrechoquent, et elle bégaie un imperceptible :

― Kou… Koumei, m'sieur… ?

Elle ne sait même pas son nom de code de héros. Ses parents la tiennent toujours éloignée de la télé, de la radio, de peur que cela lui donne des idées. Même ses cours par correspondance sont censurés par sa mère, afin qu'elle ne rêve pas de héros venant la chercher. Mais il faut croire que la réalité finit toujours par reprendre ses droits, même sur les vies les plus secrètes.

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― Tu as un très joli nom, Koumei-chan. Moi c'est Hawks, enchanté de te rencontrer !

Il sourit, tire la langue comme un sale gosse, avant de lui tendre l'anpan. Elle hésite, pose une main timide dessus, avant de lui arracher presque des doigts, comme de peur qu'il change d'avis.

Pourtant, il ne lui en veut pas un instant, surtout quand un timide sourire, un rayon de soleil en plein hiver, prend place sur ses lèvres tandis qu'elle mord à pleine dent dedans. De sa main libre, elle garde toujours le dénommé Monsieur Finchu contre elle.

― Tu as quel âge ?

Elle s'arrête soudain de manger, lui adresse un regard méfiant. Il a dû aller vite, trop vite, comme d'habitude. Il parle comme il vole, sans contrainte ni retenue, plus vif que l'éclair. Elle serre un peu plus sa peluche contre elle, finit son anpan jusqu'à s'en lécher les doigts avant de se décaler légèrement, mettant un peu d'espace entre elle et lui.

― Pour savoir dans quelle prison la police va m'enfermer ?

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Koumei sait que les questions du héros ne sont pas anodines, celle sur son âge encore moins. Elle ne sait même pas où la société enferme les adolescents comme elle, coupables d'avoir mis en danger la vie des innocents.

Pourtant, la décomposition du visage de Hawks la surprend. Il semble perturbé par sa réponse, effrayé même, comme si ce n'était pas son arrière-pensée en lui demandant son âge. Mais pourtant, c'est bien en prison qu'elle ira après l'hôpital, alors pourquoi semble-t-il aussi… aussi effaré à cette vérité ?

― Je… Vous…

Ses phrases se déconstruisent entre ses lèvres, alors qu'elle cherche la meilleure tournure pour s'exprimer à pas de velours. Elle ne veut pas énerver l'un des rares à être aussi ouvertement gentil avec elle, même si elle ne le mérite pas.

― V-vous n'avez pas b-besoin de me ménager, bredouille-t-elle. Je sais que c'est ce qui m'attend.

Elle caresse la tête de sa peluche, la remonte pour la caler sous sa gorge. Les plumes l'entourent soudain sans prévenir, la poussent dans les bras du héros. Ce dernier glisse ses bras entre les cathéters et la presse contre son torse, la recouvrant d'une de ses ailes.

C'est chaud. Elle entend le cœur de Hawks battre rapidement dans la poitrine musclée, résonner dans ses oreilles et dans sa propre poitrine. Il y a une bulle qui grandit dans sa poitrine, qu'elle ne saurait nommer, mais qui la pousse à se pelotonner vers la source de chaleur.

Elle a l'impression d'être à l'abri, protégée par un mur de plumes rouges.

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― C'est moi que tu devrais ménager, plaisante Hawks.

Il comprend mieux maintenant pourquoi elle garde le silence. Elle se pense coupable, déjà prête à assumer le poids d'actes qui ne sont pas réellement les siens, un poids d'adulte alors qu'elle n'est qu'une enfant.

Il l'a spontanément prise dans ses bras pour la réconforter et pour lui cacher la grimace de rage qui a rapidement traversé son visage. Les griffes de ses souvenirs labourent un peu plus son estomac, alors qu'il réalise soudain la chance qu'il a eue d'être sauvé avant que son père ne se mette à l'utiliser pour ses crimes.

Elle n'a pas eu le droit d'être une enfant, au point de se voir criminelle là où elle n'est que la plus démunie et la plus touchée des victimes.

― Tu n'iras pas en prison, la rassure-t-il. Personne ne te tient rigueur de ce qui est arrivé. La police cherche ceux qui t'utilisaient.

Il n'est pas certain qu'elle le croie. D'ailleurs, elle lève un regard dubitatif, avant de se coller un peu plus à lui. Elle a la peau froide et s'il n'y avait pas sa température affichée sur l'un des moniteurs, il la penserait presque en début d'hypothermie.

Il sort un nouvel anpan qu'il lui tend avec son éternel sourire, sans relâcher son étreinte. Il se demande quand elle a été câlinée pour la dernière fois. En tout cas, elle semble s'y plaire, se blottissant contre lui comme un oisillon.

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Koumei ne comprend pas. Elle a mis en danger des innocents, alors elle devait aller en prison, non ? C'est ce que ses parents lui ont toujours dit, mais elle est soudain bien plus disposée à croire le héros qui lui tend un nouvel anpan plutôt que ceux qui n'ont cessé de lui faire du mal.

― J'ai quatorze ans, je crois, souffle-t-elle finalement.

Elle mord dans la pâtisserie, apaisée malgré elle par l'éteinte, la gentille de Hawks et sa chaleur. Elle a envie de s'endormir sans se soucier de son environnement, de se laisser fondre dans un long sommeil dont elle ne risque pas de se faire réveiller à coups de pied.

― Je me souviens p-pas d-de mon anniversaire.

Elle bute sur les syllabes dures, peu habituée à parler d'elle. Les phrases de menaces et de supplications lui sont plus familières. Elle ferme les yeux, arrache à nouveau un morceau d'anpan. Elle soupire de bien-être alors que le pain réchauffe ses doigts et que la pâte de haricots rouges fond dans sa bouche.

Elle regarde à nouveau Hawks, cligne des yeux devant son sourire étincelant. Il pourrait presque participer à une pub pour des parfums, ou du dentifrice. Son petit nez se fronce, alors qu'elle tente d'anticiper ses prochaines questions.

À vrai dire, elle ne sait rien qui pourrait lui être utile. Ses parents l'ont sciemment maintenue dans l'ignorance et ses souvenirs de sa tendre enfance se sont effacés avec les ans. Elle caresse le ventre rond de Monsieur Finchu, alors que le sien se serre.

― Q-que va-t-il m'arriver maintenant ?

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Quatorze ans ? Hawks lui en aurait à peine donné douze. Ses dents grincent sous son sourire chaleureux. Il soupire même à la question suivante, la relâchant un peu pour pouvoir croiser son regard inquiet.

Ses yeux sont semblables à ceux d'une araignée, d'un joli vert sapin. Avec ses ailes qui ressemblent à celles des chauves-souris, il estime que ses géniteurs doivent avoir des alters d'animaux. Son Alter à elle ressemble plus à de la manipulation avec ses fils, comme un manipulateur de pantins.

Soudain, il comprend un peu trop bien pourquoi son nom de code est « Marionnette ». Ses parents - peut-il même parler de parents à ce niveau-là de cruauté - ont visiblement un sens de l'humour aussi tordu que leur morale.

― Pour être honnête, j'en sais trop rien.

Si elle n'a pas de famille au casier vierge, même éloignée, elle sera sans doute mise en centre d'accueil, ou alors une famille aura pitié d'elle et prendra soin d'elle. Ou encore, la Commission de Sécurité Publique Héroïque décidera que ses pouvoirs seraient utiles à la société et la prendra sous leur lourde aile.

Mais en tout cas, plus jamais elle ne reverra ses parents abusifs. Ils n'auront plus jamais de droit sur elle et sur ce qu'elle décidera de faire.

― Ce qui est certain, c'est que ta garde sera retirée à tes parents. Tu sais si tu as de la famille à part eux ?

Hawks sait aux larmes qui remplissent soudain les yeux de l'enfant qu'il a mis la plume sur un sujet sensible. Il sourit doucement, la recale contre lui pour reformer son étreinte. Elle n'a pas à en parler si cela est trop douloureux.

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Koumei sent les larmes perler à ses yeux alors qu'elle pense spontanément à sa grand-mère. Elle se recroqueville par réflexe, craignant la gifle qui volera si elle en parle. Mais l'étreinte de Hawks lui rappelle que ses parents ne sont pas là, qu'ils ne lèveront pas la main sur elle pour cela. Ses mots se bousculent sur ses lèvres. Enfin, elle peut parler, elle peut livrer le poids qui alourdit sa conscience depuis des années. Enfin, elle peut hurler sa douleur d'avoir perdu la seule personne qui lui a jamais montré de l'affection.

Un sanglot la secoue, fait trembler son esprit sur ses fondations fragiles pour mieux la remettre d'aplomb.

Elle n'a plus à se taire.

― Ils, ils voulaient pas de moi qu-quand je suis née, alors ils m'ont confié à ma mamie. Elle vivait dans une petite ferme du Kansai, je me rappelle plus du nom du village.

Les mots grandissent, s'élèvent dans sa poitrine pour sortir par vagues inarrêtables, comme un raz-de-marée. Son bégaiement disparaît, pour une colère et une douleur vives, qui brûlent pour mieux reconstruire derrière.

― Et lorsqu'ils sont venus voir quel était mon Alter, quand ils ont vu que je leur serais utile, une fois bien dressée pour ne pas leur désobéir, ils ont voulu me reprendre. Mamie s'est interposée et ils l'ont tué devant moi, en me faisant bien comprendre que c'était de ma faute, mais ce n'est pas la mienne ! J'ai pas demandé à être leur marionnette, je savais même pas ce que la mort signifiait !

Elle hurle, elle se libère du poids qui lui pèse depuis si longtemps, accrochée à la peluche de pingouin comme à une ancre. Ses sanglots la secouent, mais elle se sent plus légère, libérée d'un crime que ses parents lui ont imputé.

Mais elle sait qu'elle n'est pas responsable, depuis qu'elle a compris qu'ils l'ont tuée et qu'elle ne la reverrait jamais. Elle n'a pas tiré ces balles qui ont tâché le sol et le mur de sang, qui ont éclaboussé l'enfant qu'elle était alors.

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Hawks ne dit pas un mot, alors que Koumei se libère de sa douleur. Que pourrait-il dire, d'ailleurs, face à ses traumatismes ? Il ne peut que la serrer d'autant plus contre lui, la berçant doucement. Ce n'est pas son rôle, mais tous ceux qu'il a sauvés depuis l'ouverture de son agence ont une famille qui est venue les voir, qui les a soutenus.

L'adolescente dans ses bras n'a personne, n'a plus rien.

Il tourne la tête quand la porte s'ouvre et a un sourire rassurant pour l'infirmière qui vient s'enquérir de la patiente après l'avoir entendu crier. La demoiselle referme alors la porte, tandis que la petite fille, enfin, l'adolescente plutôt, essuie ses pleurs. Elle finit son anpan sans un mot, sans oser le regarder. Son sourire ne faiblit pas pour autant et, après un instant d'hésitation, il lève sa main libre pour caresser ses cheveux. Elle se tend, avant de tourner un regard encore humide vers lui.

Il ne sait pas quoi faire pour la réconforter. Ce n'est pas son rôle et il n'a jamais eu d'exemples. Il est presque tenté d'appeler ses acolytes à la rescousse, mais ils ne lui laisseront jamais oublier et le taquineront pendant une éternité à ce sujet. Il esquisse une moue boudeuse, passant une main dans ses cheveux blonds.

Il sort la première chose qui lui passe par l'esprit et le regrette presque aussitôt.

― Si tu veux, quand tu sortiras de l'hôpital, on ira manger des ramens au poulet ensemble !

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Koumei cligne des yeux et ses dernières larmes glissent sur sa peau. Le héros est-il sérieux ? Un rire étranglé lui échappe, alors qu'elle imagine la texture des nouilles sous sa langue, le goût du bouillon et sa chaleur qui se répand dans son corps. Il lui promet le paradis, ou presque.

Personne ne lui a jamais fait de promesse, ou alors elle ne s'en souvient pas. Ou si, maintenant qu'elle se concentrait, le front plissé, elle se rappelait vaguement d'une après-midi dans la véranda de sa grand-mère, des deux petits doigts entrelacés et du rire franc de la vieille dame.

Elle hésite, serrant Monsieur Finchu contre elle pour se donner un peu de courage. En tremblant, elle tend son petit doigt vers le héros, ses joues rougissant de gêne et de crainte mêlées.

― Promis juré ?

Il enlace son petit doigt avec le sien sans hésiter, souriant largement.

― Sur mes plumes !

Pour la première fois depuis longtemps, les lèvres de Koumei se retroussent en un sourire aussi lumineux que celui de Hawks.

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Un peu plus de fluff ici ^^

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