Bonjour bonjour !

Un OS définitivement de smut (c'était pas prévuuu, ça devait être tout mignon au départ) avec du fluff et une pincée de drama, parce que je me refais pas XD ~

Disclaimer : L'univers de MHA et ses personnages appartiennent à Kōhei Horikoshi


Rating : M

Inspiration : Un tweet où Hawks avait les cheveux plein de paillettes et Dabi plein de cendres.


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6# Paillettes

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Enji observe avec surprise sa paume, couverte de paillettes dorées, alors que Hawks babille tout en ôtant son costume de héros. Le héros flamboyant a juste ébouriffé les cheveux de son amant lorsqu'il a passé le seuil de sa maison, alors pourquoi a-t-il l'impression d'avoir mis la main sur un dessin de Fuyumi, quand elle était encore enfant ?

Il plisse les yeux en direction de Keigo, qui laisse tomber ses vêtements sur le sol sans hésitation, alors que ses cheveux blonds semblent briller sous les rayons du soleil qui traversent la pièce. Enji lutte pour ne pas laisser son regard dériver sur le torse dévêtu de son homme, alors que ce dernier lui lance un regard en coin.

― Tu vois quelque chose qui te fait envie, Enji ?

Il se lèche les lèvres, cet insolent, alors que ses ailes rouges claquent dans son dos, comme pour ricaner. Le plus âgé ne cède pas à la provocation, malgré son cœur qui bat plus vite et le désir qui noue son ventre. S'il s'écoutait, il irait se coller contre lui et nicherait son nez dans son cou pour continuer à l'écouter gazouiller en sautant du coq à l'âne, simplement pour le plaisir de le tenir entre ses bras.

― Tu m'expliques pourquoi tes cheveux ont pris l'équivalent d'un pot de paillettes dorées ?

― Un pari que j'ai perdu.

La bouche de Keigo se pare d'une moue boudeuse. Enji le fixe avec incrédulité, avant de rire doucement de bon cœur. Cela ne l'étonne pas de la part du héros ailé. Mais il aime ce caractère libre et insouciant des qu'en dira-t-on, si éloigné pourtant de son propre tempérament. Hawks l'aide à devenir meilleur, il l'aide à s'ouvrir à d'autres choses que son obsession maladive de surpasser All Might, même à travers ses enfants.

Ce sont des choix qu'il ne peut que regarder qu'avec honte et culpabilité, désormais.

― Mais ça me va bien, je trouve, l'un de mes acolytes a dit que je ressemblais à un ange !

― Il aurait fallu te recouvrir entièrement de paillettes.

Keigo rit à son tour, lumineux, alors qu'Enji reste songeur. Un ange… Oh, son compagnon en est un à bien des égards, il fait ressortir ce qu'il a de meilleur en lui. Mais il l'aurait plutôt taxé d'incube, ou est-ce la fougue de la jeunesse qui le rend si insatiable ? Il ne saurait le dire, mais un frémissement le parcourt alors qu'une idée germe dans son esprit.

― Et tu m'aurais disputé parce que j'en aurais recouvert le sol de ta maison… Enji ?

Il y a une lueur de peur dans les yeux de Hawks. Enji ne la connaît que trop bien ; elle apparaît dès que son compagnon s'inquiète de ses propres propos ou gestes. Il craint parfois de faire mourir son amour d'un mot trop taquin, pensé trop vite ou blessant sans le vouloir, comme si toute l'affection qu'il lui offre ne suffit pas pour oublier ses faux-pas plus adorables que vexants.

Le héros flamboyant sourit doucement pour rassurer Keigo et se rapproche en silence, déposant doucement ses lèvres sur les siennes. Aussitôt, son amant se délaisse de sa subite inquiétude et ses mains viennent agripper sa chemise pour ne pas le laisser s'éloigner de lui.

― Ne me fais pas des peurs pareilles.

Enji ne s'excuse pas. Il a du mal à gérer toutes les fêlures de son compagnon et il est même certain que Hawks lui en cache une partie pour ne pas l'effrayer. Son petit oiseau est une âme brisée et il aurait pu fuir la difficulté dès qu'il l'a entraperçue. Mais il est resté, trop heureux d'aimer et d'être aimé en retour. Alors il ne s'excuse pas, ou Keigo se sentira coupable de le laisser voir en dessous de son masque.

Il ébouriffe gentiment les cheveux blonds et des paillettes blondes tombent sur les épaules dénudées. Avec un sourire, sa main glisse ensuite le long de sa nuque, puis suit la colonne vertébrale de son compagnon, laissant derrière elle de petits grains dorés.

― S'il faut recouvrir ton corps de paillettes pour faire de toi un ange, laisse-moi m'en charger…

― Arrête, ça va être une plaie à nettoyer ensuite ! rit Hawks.

― Je me sacrifierais pour te laver.

― Quel grand sacrifice, en effet !

Keigo ne cherche pourtant pas à se défaire de son étreinte pour échapper à la meilleure répartition de ses paillettes. Au contraire, il lui vole un baiser, avec ce sourire en coin qui est une invitation à la dépravation en sa compagnie. Enji mord sa lèvre inférieure, frémit devant le désir qui brille peu à peu dans les yeux d'ambre de son amant. Ses mains viennent toutes deux se perdre dans les cheveux blonds, se chargeant en paillettes.

Est-ce absurde de vouloir couvrir d'or le voleur qui détient son cœur ?

Ses doigts effleurent ensuite doucement les plumes vermillon. Il entend le pouls de Hawks s'accélérer, alors que ses ailes tremblent sous son toucher. Il se cambre, s'accroche un peu plus désespérément à lui, la gorge offerte. Enji respire plus vite, peine à penser correctement alors que les joues de son amant se teintent de pourpre. Il lui tire un gémissement appréciateur en effleurant de ses lèvres sa pomme d'Adam, qui bouge au rythme de sa respiration qui s'emballe.

― Dis-moi que je peux te couvrir de paillettes en retour.

― Les démons ne le méritent pas.

― M'en contrefous.

Bien sûr que Keigo s'en fiche, ou il aurait déjà fui depuis longtemps. Il mérite mieux que lui et Endeavour lui a déjà dit qu'il ne lui en voudrait pas s'il rompait. Mais ce fichu piaf est plus tenace qu'une sangsue ; il ne s'en ira pas avant que leur passion ne soit entièrement consumée, jusqu'à la plus infime miette.

Un rire doux échappe à Enji lorsque son compagnon le relâche d'une main pour récupérer aussi des paillettes, avant de se mettre sur la pointe des pieds pour glisser ses doigts dans ses cheveux rouges. Il mordille gentiment sa clavicule pour toute vengeance, tirant un soupir de bien-être au plus jeune.

Il l'imagine déjà, alangui dans leurs draps, essoufflé et pantelant, son corps scintillant des paillettes perdues sur sa peau sous les couleurs du crépuscule. Il se fiche du temps qu'ils mettront à nettoyer leurs bêtises ensuite ; rien que la sensation d'amusement mêlé de désir qui réchauffe son ventre est bien trop précieuse pour qu'il s'en soucie.

― Tu sais ce que je veux, Enji ? Je veux tes mains sur moi, à me couvrir de paillettes, pendant que je te chevaucherais comme si ma vie en dépendait. Je veux t'entendre me supplier d'aller plus vite, je veux te sentir en moi jusqu'à ce que tu n'en puisses plus.

La voix de Hawks est rauque, un brin provocante, et son regard semble brûler plus fort que ses propres flammes. Endeavor déglutit, alors que son amant se défait de son étreinte pour reculer de quelques pas. Il glisse une main dans la poche de son pantalon et l'invite à le suivre d'un geste du doigt de l'autre. Même dans sa maison, il se comporte comme chez lui, depuis le temps.

L'impatience se lit dans ses ailes frémissantes, dans son corps déjà tendu de l'attente de caresses. Il a de la chance, il n'est pas d'humeur à jouer, aujourd'hui, Endeavor est tout aussi excité que lui. Son cœur bat la chamade alors qu'il n'a aucune peine à s'imaginer la proposition de Keigo. Il frissonne sous le désir lancinant qui enflamme son ventre et tend la main pour attraper celle de son compagnon. Mais celui-ci se dérobe, lui tirant la langue avant de courir en direction de la chambre d'Enji avec un rire pétillant.

Il ne perd rien pour attendre.

Le héros enflammé court presque derrière son compagnon, mais celui-ci s'est déjà défait de ses derniers vêtements et l'attend, nu, sur le lit. Le sang d'Enji s'embrasse dans ses veines, alors que Keigo rit aux éclats, écartant un peu plus les jambes. Il l'invite à le rejoindre de la main avant de rouler sur les draps pour venir récupérer le tube de lubrifiant sur la table de chevet. Les rayons du soleil, rendus mates par leur passage à travers les rideaux fins tirés, accrochent les paillettes d'or, qui magnifient les plumes et les courbes des muscles de Hawks. Il est réellement comme un ange tombé du ciel.

― Je ne te mérite décidément pas…

― Tais-toi et embrasse-moi.

Enji ne peut se soustraire à un tel ordre. Avec un soupir amusé, il le rejoint, le surplombe avant de se pencher pour sceller leurs lèvres. Ses mains serrent les draps où s'égarent déjà quelques paillettes, alors que Hawks s'affaire à déboutonner à toute vitesse ses vêtements. Le plus vieux ricane devant sa hâte, avant de se redresser et de s'asseoir au bord du lit pour se déshabiller. Son amant se glisse dans son dos et ses mains effleurent ses joues. Sa bouche se dépose avec douceur dans ses cheveux rouges, alors qu'enfin, Endeavor se retrouve aussi nu que lui.

Keigo le fait rouler sur le matelas, avant de s'asseoir sur son bassin. Ses mains fines se posent sur le torse large et ils échangent un regard de connivence le temps d'une respiration, en silence. Puis le plus jeune roule des hanches sur l'érection naissante, leur tirant à tous deux un geignement de plaisir. Enji se redresse alors, tandis que les ailes rouges frémissent dans le dos de Hawks, et lui vole un baiser passionné.

Il a chaud, plus chaud que lorsqu'il active ses flammes, alors que la langue de son amant danse avec la sienne. Il a l'impression que sa tête tourne ; est-ce le manque d'oxygène ou l'ivresse d'être avec Keigo ? Ses larges mains s'égarent sur chaque parcelle du corps fin, passant parfois dans les cheveux blonds pour se charger de paillettes qui finissent sur son épiderme.

― Tu t'amuses bien, hein ?

Hawks sépare un instant leurs lèvres pour respirer, de façon erratique ; une mèche de cheveux lui retombe entre les yeux et il souffle dessus en riant à moitié pour la repousser. Enji la plaque sur son crâne en passant une main dans ses cheveux, déposant de légers baisers de sa tempe jusqu'au bord de ses lèvres. La peau de son amant est abîmée par de petites cicatrices, presque invisibles à l'œil nu, mais que sa langue sait retrouver depuis le temps, pour faire frémir son compagnon.

― Qui ne s'amuserait pas en t'ayant entre les bras ?

― Touché, je suis irrésistible.

― Et diablement addictif.

L'homme-oiseau ricane, avant de voler de nouveau sa bouche, glissant les bras autour de son cou puissant et se déhanchant sans honte sur lui. Enji a l'impression de perdre pied, comme toujours, alors que l'odeur de sueur accumulée par leur journée de travail se mêle aux effluves de la lessive portées par les draps.

Sa main tâtonne pour trouver le lubrifiant, sans doute égaré près de l'oreiller par Hawks, tandis que ce dernier vient taquiner du pouce un de ses mamelons. L'homme de flammes n'a pas la patience de le laisser jouer avec lui, pour l'instant, alors il lui claque les fesses, se régalant de son sursaut et de ses rougeurs subites

― Tu as si envie de moi que ça ?

― Tu te poses vraiment la question ? Promis, je te laisserai jouer avec mon corps autant que tu le voudras ensuite.

― Le temps que tu récupères ?

― Sale piaf, attends que je te fasse passer à la casserole.

Ils rient tous les deux, échangent un baiser maladroit à cause de leur hilarité. Enji se rallonge dans le lit, remet finalement la main sur le tube de lubrifiant, qu'il abandonne sans peine à son amant quand celui-ci l'embrasse au creux de la gorge, ses ailes entièrement déployées dans son dos, frémissantes de désir. Il a l'impression de brûler de l'intérieur, rongé par un brasier que Hawks avive d'un regard incendiaire.

Le toucher ne suffit plus à le rassasier. Il veut encore goûter sa peau, boire ses gémissements et ses soupirs à même ses lèvres rougies de leurs baisers, le faire sien jusqu'à ce que la fatigue ou la faim les rattrapent. Des paillettes tombent des cheveux de Keigo pour s'échouer sur son torse qui se soulève de façon erratique et son amant les relie du bout du doigt, un sourire insolent étirant sa bouche.

― Très bien, puisque tu es si pressé… Si tu me touches pendant que je me prépare à t'accueillir, je te punirai de ton impatience.

― Tu n'oserais…

― Moi, ne pas oser te faire languir ? Oh, tu me connais mieux que ça, Amour…

Enji gémit et sent ses joues s'enflammer à l'entente de ce doux mot qu'il déteste autant qu'il adore. Il n'arrive pas à exprimer ce qu'il ressent à son compagnon, alors il se sent mal à l'aise quand il le surnomme avec affection. Mais son ventre se noue et un frisson de plaisir le traverse de part en part à chaque fois que Keigo le murmure. Il détourne le regard, gêné, et les lèvres de son amant viennent se poser sur sa clavicule. Un halètement lui échappe alors que sa peau est sucée avec délicatesse, laissant une marque violette que son partenaire embrasse avant de se redresser.

― Regarde-moi.

Ces mots, Endeavor est certain que son compagnon a eu envie de les lui hurler un nombre incalculable de fois. Depuis qu'il est un héros, peut-être même avant. Il ne peut nier que l'admiration de Hawks lui a fait peur. L'affection dans ses yeux alors qu'ils se connaissaient à peine l'a poussé à ériger des barrières entre eux, que le héros numéro deux a patiemment brisées.

Parfois, il se dit qu'il a aimé Keigo bien avant que l'admiration éperdue de celui-ci ne se transforme en amour.

― Regarde-moi, je t'en supplie.

Il y a une fêlure dans la voix de son amant. Mais Enji a l'habitude désormais de composer avec les ombres du passé de Hawks qui s'invitent jusque dans leurs draps. Il se redresse légèrement, lui vole un baiser tendre alors qu'il place ses mains en coupe autour de son visage. Son pouce glisse sur les lèvres humides et entrouvertes, capte la respiration erratique de son partenaire alors qu'il plonge ses yeux dans les siens.

― Et que veux-tu que je fasse d'autre ? Le plus bel ange des cieux s'est invité dans mon lit, je ne compte pas en détacher les yeux. Je dirais même plus, je compte te dévorer du regard, jusqu'à ce que tu me laisses te faire mien.

Les rougeurs de Keigo montent jusqu'à ses yeux dorés qu'il ferme un bref instant, le temps de prendre une inspiration plus profonde. Endeavor passe ses lèvres sur l'arrête de son nez pour l'apaiser, l'incitant silencieusement à prendre son temps. Même s'il brûle de désir, qu'il se retient de le retourner dans les draps pour pouvoir l'embrasser et le caresser de tout son soûl, il respecte ses envies et refuse de le presser.

― Désolé, je…

― Ne t'excuse pas d'aller à ton rythme. Jamais.

― Il a fière allure, l'homme qui est un peu trop rapide pour les autres…

Le rire amer de Hawks est douloureux à entendre. Enji a envie de hurler, mais cela n'empêchera pas son compagnon de souffrir. Alors ses mains descendent sur ses hanches, caressent doucement la peau nue et frissonnante ; il colle son front contre le sien.

― Oh oui, il a fière allure, même lorsqu'il se pose dans mes bras pour ralentir. Tu n'as pas à avoir honte.

Combien de fois lui a-t-il dit, entre deux missions ? Il a l'impression que son compagnon n'a que trop rarement l'occasion de se poser, de penser à autre chose. Même lui se repose plus. C'est comme si Keigo n'a jamais appris à diminuer le rythme pour mieux repartir ensuite. Il comprend mieux, depuis le temps, pourquoi il rêve d'un monde où les héros n'auraient plus grand-chose à faire.

L'homme-oiseau glisse ses mains sur les siennes pour nouer leurs doigts ensemble. Un fin sourire étire enfin ses lèvres, alors que le nuage qui assombrissait son humeur semble se dissiper. Endeavor se doute bien que c'est temporaire, qu'il reviendra sans tarder noircir les pensées de son compagnon. Mais il sera là pour le repousser de nouveau, autant de fois qu'il le faudra.

Il rit doucement lorsque Hawks le repousse gentiment, l'incitant à s'allonger. Comme promis, ses mains le lâchent à regret, pour mieux se concentrer sur lui visuellement. Ses doigts s'enfoncent dans les draps et son souffle se coupe un bref instant lorsque la langue mutine de son amant humidifie les lèvres rouges de leurs baisers.

L'attente tend son corps frémissant de désir alors que Keigo ouvre le tube de lubrifiant pour en couvrir ses doigts. Enji brûle d'envie de lui demander s'il a besoin d'aide et il se fait violence pour que sa main ne vienne pas saisir la hanche de son compagnon pour le rapprocher. C'est frustrant de ne pas pouvoir caresser sa peau, de ne pas pouvoir le sentir frissonner et trembler d'impatience.

Il ne peut que l'observer le provoquer de ses yeux dorés, un rictus sur les lèvres alors qu'il gémit, bien plus fort qu'il ne le ferait normalement. Quel allumeur. Si Enji est le feu, Keigo est sans nul doute le combustible le plus puissant qu'il ait jamais vu ; il l'enflamme de plus belle, sans craindre un seul instant de se brûler.

Son torse imberbe se pare de gouttelettes de sueur, qui emmène avec elles quelques paillettes disparates. Endeavor a chaud, trop chaud, alors que le sexe de son amant se dresse petit à petit, sans qu'il ne puisse y toucher. Les ailes écarlates se déplient et se tendent dans son dos au rythme de ses ondulations. Et encore ce sourire en coin alors que son partenaire semble le regarder de haut.

Hawks joue avec son désir comme d'autres jouent avec des allumettes. L'inconscient. Enji lui rendra au centuple la frustration qu'il lui inflige, mais un autre jour. Ce soir, il veut faire sien sans plus attendre l'ange qui se déhanche au-dessus de lui en se préparant, dans la lumière chaude du crépuscule.

Et lorsqu'il n'en peut finalement plus de voir son compagnon prendre ainsi du plaisir sans pouvoir y participer, une fois son peu de patience partie en fumée, il tend la main pour effleurer le pénis en érection, sans nul doute aussi dur que le sien que les fesses de Keigo frôlent parfois. Mais son amant lui donne une tape sur les doigts en tirant la langue, amusé au plus au point.

― Je suis une œuvre d'art, Amour : on regarde, mais on ne touche pas !

― Je me sens comme un voleur qui attend le meilleur moment pour te dérober.

Hawks éclate de rire et Enji sourit par mimétisme, même s'il a actuellement plus envie de le faire taire d'un baiser. Son partenaire est beaucoup trop désirable pour son propre bien ; un bref instant, il songe à mettre son bras devant ses yeux pour échapper à la torture visuelle qu'il lui inflige. Mais son amant en serait sans nul doute peiné, alors il serre les dents et les draps, priant pour qu'il mette fin à cette envie dévorante qui lui ronge les reins.

― Et tu aurais étudié le terrain avant, c'est ça ?

― J'en suis quelque peu empêché.

C'est rassurant cependant que Keigo se laisse aller aux plaisanteries. Peut-être que ses pensées noires ne reviendront pas dans la soirée, peut-être réussit-il à lui changer les idées. Si son compagnon doit s'oublier entre ses bras pour dormir en paix, Endeavor l'y aidera sans aucune hésitation. Il préfère mille fois l'écouter rire à ses dépens que d'entendre ses fêlures remonter.

― Un voleur avec le goût du risque ?

― Dit celui qui joue avec le feu.

Enji sent ses flammes rugir, il les sent lécher ses doigts agrippés aux draps, qui finiront la nuit dans un drôle d'état. Sans doute ne seront-ils guère récupérables, si Hawks continue à le provoquer sans honte. Il veut l'embrasser, le serrer contre lui pour sentir sa peau contre la sienne et entendre son cœur battre la chamade dans sa poitrine. Mais il n'a toujours pas le droit ou son compagnon se fera d'autant plus désirer.

Le héros songe que Keigo veut le tuer de frustration avant que des Vilains ne s'occupent de lui ôter la vie.

Puis, enfin, son amant se penche sur lui, effleure de ses mains son torse pantelant, sans se départir de son fichu sourire en coin qui donne toujours autant envie à Endeavor de mordiller les lèvres insolentes. Mais il sait ce que cela signifie : Hawks lui permet de le toucher. Sa main gauche saisit les doigts de son compagnon pour les entrelacer aux siens, tandis qu'il se redresse pour lui voler un baiser et son souffle. Sa langue vient chercher la sienne, autoritaire, et il sent contre sa bouche le rire étouffé du plus jeune. Et il s'en abreuve, le dévore jusqu'à ce que l'air leur manque à tous les deux.

Keigo a les joues aussi rouges que des lycoris et ses yeux sont embués de plaisir. Comme pour se venger de devoir reprendre sa respiration, il lui griffe le torse avec une moue à la limite de l'insolence. Enji retient un grognement, avant de fondre de nouveau sur les lèvres déjà malmenées, serrant un peu plus fort la main de son compagnon dans la sienne. Sa main libre vient serrer la hanche du plus jeune et il effectue de petits cercles du pouce sur la peau en sueur.

Il veut s'enfoncer enfin en lui, le refaire sien pour la nuit, mais c'est autour de son amant de se languir de ce qu'il attend tant. Il sourit contre ses lèvres alors qu'il le sent gigoter, tentant d'introduire son érection en lui, mais la prise sur sa hanche l'empêche de descendre. Il ne peut que sentir le gland se presser contre ses fesses, frôler l'anus détendu pour l'accueillir.

Son regard noir à son intention amplifie le sourire d'Enji, alors qu'il relâche sa bouche pour l'abreuver de baisers légers.

― Je ne pensais pas… que tu aurais… tant de patience…

Hawks gémit, haletant et frissonnant de désir. Ce serait à celui qui craquerait et supplierait en premier et, à vrai dire, Endeavor sait qu'il n'est pas loin de là. Son compagnon l'a trop bien enflammé pour qu'il arrive à patienter encore un peu plus, même pour le faire tourner en bourrique. D'ailleurs, ce dernier s'en doute, au vu de la lueur lubrique qui danse dans ses yeux dorés.

Enji oublie de respirer quand Keigo porte leurs doigts entrelacés à sa bouche pour les embrasser tendrement.

― S'il te plaît, Amour, cesse de jouer avec moi…

Ses mèches folles retombent en partie devant son visage, alors que sa langue mutine vient redessiner ses phalanges. Endeavor gronde, comme la foudre prête à s'abattre, et met fin à leur attente mutuelle en relâchant son amant. Ce dernier lâche un ricanement, puis sa main libre effleure l'érection bouillante pour la guider jusqu'en lui. D'impatience, il baisse ses hanches pour l'enfoncer d'un coup et un gémissement mélangeant plaisir et douleur lui échappe. Il griffe la cuisse du héros aux flammes, des larmes au coin de ses yeux.

Enji n'arrive même pas à le sermonner pour son empressement qui aurait pu le blesser ; sa respiration s'est coupée à l'instant même où il s'est retrouvé enserré entre les chairs chaudes de son amant. D'une main tremblante, il vient faire s'évaporer les perles d'eau, avant de poser sa bouche sur la poitrine de Hawks, au niveau de son cœur.

― Du calme… Rien ne presse…

― J'ai tellement envie de toi…

― Alors ne fais rien qui pourrait te faire mal, idiot.

Keigo ne répond rien, cache sa tête dans ses cheveux sans lâcher sa main. Endeavor ferme les yeux pour écouter la respiration haletante de son amant, attendant qu'elle s'apaise un peu pour continuer. Il ne veut pas lui infliger de douleurs parce qu'ils sont allés trop vite. Sa main libre se lève pour se glisser dans les cheveux blonds, qu'il caresse doucement, jusqu'à ce que l'impatience de son compagnon ne se manifeste de nouveau.

Enji hésite à l'empêcher de bouger, avant de laisser tomber. Son partenaire connaît ses limites et ne les a jamais dépassées ; même si son rythme cardiaque est toujours aussi emballé, il peut lui faire confiance pour ne pas s'entêter dans une idée stupide. Et si jamais il l'entend de nouveau gémir de douleur, il s'attirera ses foudres en se retirant pour plutôt honorer son corps de ses baisers et de ses caresses. Il refuse de le blesser.

― Enji… S'il te plaît, s'il te plaît, baise-moi si fort que j'en oublierai mon nom…

Hawks geint presque et Endeavor grogne contre son torse alors que le plus jeune commence à le chevaucher, les joues rouges et les yeux brumeux. Le désir et le plaisir se mélangent dans ses veines dans un cocktail explosif alors que sa bouche kidnappe un mamelon érigé pour le mordiller. Le gémissement de son amant le pousse à continuer, alors que son bras gauche commence à s'ankyloser.

Mais hors de question de lâcher la main de son compagnon, même si la position n'est pas des plus confortables. Les doigts enlacés aux siens lui rappellent quelle chance il a d'avoir Keigo dans ses bras, et son cœur. Il y a une chaleur qui n'est pas due à ses flammes au creux de son ventre, alors que ses lèvres remontent le long de la peau brûlante pour la parsemer de baisers et de marques violacée, jusqu'au creux de son oreille.

― Je ne te laisserai pas l'oublier… Je te le murmurerai jusqu'à ce que tu jouisses et même encore après.

Sa voix se hache ; sa respiration a depuis longtemps cessé d'être régulière. La main libre de Hawks griffe encore sa peau, alors que des murmures incohérents s'échappent d'entre ses lèvres. Enji en veut plus, toujours plus, tandis que le souffle erratique de son amant qui s'échoue sur son épiderme lui provoque de violents frissons. Sa main libre vient caresser l'érection de son partenaire, compressée entre leurs deux torses, alors qu'il ne cesse de murmurer son nom à son oreille, d'une voix rendue rauque par le plaisir.

Soudain, la verge d'Endeavor frôle une petite masse et Keigo se fige dans un cri silencieux, tremblant jusqu'à ses ailes pourpres. Ses lèvres se retroussent en un sourire appréciateur et le plus vieux comprend qu'il a trouvé le meilleur angle possible pour que sa prostate soit atteinte. Et il sait que son partenaire trouvera désormais toute aide pour se mouvoir déplacée, alors il le laisse reprendre ses va-et-viens, plus vite, plus profond.

La sueur sur leur peau s'évapore à peine apparue sous la chaleur presque caniculaire qui règne dans la pièce.

Enji sait qu'il ne tiendra plus très longtemps ; son amant l'a trop chauffé, l'a trop poussé à bout pour qu'il puisse retenir le brasier qui monte en lui. Alors sa main accélère sur le pénis érigé de Hawks et il se régale de ses gémissements, de ses cris presque, pour alimenter le feu du plaisir. Son partenaire a toujours été vocal et il aime l'entendre prendre son pied, avec son regard doré voilé qui ne semble plus percevoir ce qu'il se passe autour de lui.

Le plaisir implose dans son corps en même temps que Keigo se répand entre ses doigts.

Le silence succède à leurs ébats, ponctué de leurs respirations erratiques. Endeavor a l'impression de trembler sous l'extase qui détend son corps. Il se laisse retomber dans le lit, essuie machinalement ses doigts dans les draps ; son compagnon se colle contre son torse, leurs mains toujours liées alors qu'ils reprennent tout doucement leurs esprits. Le plus vieux se délaisserait sans aucune hésitation de toute sa fortune pour vivre plus de moments paisibles comme celui-ci, sans que la fatigue de leur journée respective ne les terrasse juste après le dîner.

― Je crois… Qu'on est bon pour changer les draps.

Keigo rit joyeusement contre sa peau et le son résonne dans la cage thoracique d'Enji, alors que les dernières lueurs du soleil viennent s'éteindre dans les cheveux blonds presqu'entièrement dépossédés de leurs paillettes. Son bras gauche est endolori, mais il s'en fiche bien. Il laisse les regrets pour le lendemain s'il doit composer avec des courbatures.

― Et on mettra des paillettes partout dans la douche, mais je ne regrette pas un seul instant.

Le héros aux flammes est sincère. Il veut bien perdre de sa superbe pour voir son compagnon sourire jusqu'aux oreilles, les yeux encore légèrement brumeux du plaisir reçu. Ce dernier ricane à nouveau, avant de porter de nouveau leurs doigts entrelacés contre ses lèvres pour les embrasser chastement.

― Est-ce qu'on... peut rester encore un peu comme ça ?

La voix de Keigo est légèrement hésitante et Enji se penche pour déposer un baiser tendre sur ses lèvres rougies. Il n'a même pas d'hésitation. Personne d'autre qu'eux ne pose désormais les pieds dans sa maison, à part parfois Fuyumi le week-end ; ils ne seront pas dérangés. Son amant peut se reposer sur lui jusqu'à s'y endormir, s'il le souhaite, et il le regardera sommeiller en le serrant dans ses bras pour éloigner ses cauchemars.

― Autant que tu voudras.

Dans la pièce paisible, baignée d'une douce lueur orangée, leurs cœurs battent calmement à contre-temps.

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Pour les reviews en guest, j'y répondrais sur mon profil si je n'ai pas prévu de poster un OS rapidement ^^

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