Bonsoir bonsoir !

Me voici donc avec un OS ShinDeku tout fluffy mignon, à l'occasion de l'Événement Saint-Valentin 2021 du forum français MHA !

Bonne lecture !

Disclaimer : L'univers de MHA et ses personnages appartiennent à Kōhei Horikoshi


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Hitoshi cligne des yeux en apercevant la petite boîte rectangulaire posée sur sa table. Ses camarades l'observent tous avec des yeux ronds et des sourires en coin. Ils se sont sans doute retenus d'y toucher et brûlent de savoir de qui elle provient.

La boîte est des plus banales. Elle est d'un noir mat, fermée par un ruban aussi violet que ses cheveux, sans inscription de chocolaterie dessus. En fait, il n'est même pas certain qu'il y ait des chocolats à l'intérieur, malgré la date affichée au tableau. Il n'ose pas la secouer, vérifie d'un regard sur sa table qu'il n'y a pas de lettre en plus.

Nul doute qu'elle serait en train de circuler entre les mains de ses camarades si elle existait, tout bien réfléchi.

Il jette un regard suspicieux à sa classe, estime qu'ils n'ont rien fait. Il soupire, défait le nœud d'une main en espérant trouver plus d'indications. S'il ne sait pas de qui cela provient, il la jettera à la poubelle, il ne veut pas prendre de risques.

Il hausse un sourcil en apercevant des truffes au chocolat aux formes irrégulières. Son estomac se pince, alors qu'il se retient d'y goûter malgré tout. Il a un faible pour ce type de chocolats et il est persuadé qu'ils sont faits main. Mais qui se serait pris la peine de lui en faire et surtout, qui connaît ses goûts ?

Il retourne le couvercle, oublie un instant de respirer, écarquille les yeux. Scotchée au fond du couvercle, une note écrite d'une main hâtive.

Merci. De la part d'Izuku.

Il cligne des cils, repose la boîte, passe une main gênée dans ses cheveux en bataille. Il y a une étrange sensation chaude dans sa poitrine et il l'étouffe en fermant rageusement la boîte. De quoi Midoriya le remercie ? Et pourquoi les lui offre-t-il aujourd'hui ? L'a-t-il fait exprès ? Non, sinon il aurait utilisé une boîte en forme de cœur.

À moins qu'il n'ait pas voulu lui épargner un tel geste devant toute sa classe ? Mais alors, pourquoi ne lui a-t-il pas donné discrètement, en personne ? Tempête sous son crâne, tandis que la sonnerie de début de cours retentit et que le prof entre.

Il renoue à la va-vite le ruban autour de la boîte, avant de glisser celle-ci avec délicatesse dans son sac.

Il n'a pas particulièrement envie de faire face à la classe de seconde A pour une chose pareille, même s'il s'entend bien avec quelques-uns de ses membres. Mais il ne peut pas rester dans l'ignorance. Midoriya lui a offert des chocolats aujourd'hui et, même si ce n'est pas dans les formes, il y a une petite voix dans sa tête qui lui chuchote « Et si… ? ».

Il passe une main dans ses cheveux, se concentre sur son cours pour oublier la petite voix qui fait grandir l'espoir au fond de sa poitrine, malgré lui. Ses doigts se serrent sur son crayon, alors que l'écriture d'Izuku semble comme imprimée sur ses prunelles.

Il sait déjà que la chute sera rude.

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Izuku blêmit soudain lorsqu'il aperçoit Ochako et Momo s'échanger des chocolats, avant même que la cloche ne sonne. Il tourne frénétiquement sa tête de tous les côtés, aperçoit les filles de sa classe avec des boîtes dans les mains.

Il espère soudain qu'il est dans un mauvais rêve, ou que les filles aient un jour d'avance. Il se penche au-dessus de sa table, tend le bras pour tapoter l'épaule de Hanta assis devant lui. Le jeune homme se retourne, lui sourit, avant de voir son air catastrophé.

― Il y a un problème, Izuku ?

― On est quel jour, déjà ? lui demande-t-il précipitamment.

La réponse le fait se figer de très lentes secondes, avant qu'il ne retombe lourdement sur sa chaise. Il vire à l'écarlate, cache son visage entre ses mains, avant de marmonner. Mais quel imbécile il fait ! Pourquoi n'a-t-il pas fait plus attention à la date ?

Il n'ose imaginer ce que pense désormais de lui Shinso. Il a simplement voulu lui offrir des chocolats pour le remercier de son aide lors de l'entraînement entre les deux classes de seconde de la filière héroïque. Il en a déjà offert à Ochako, plus simples ; il a eu l'intention de lui offrir les mêmes, avant de découvrir par hasard qu'il aime les truffes, en surprenant une des conversations de son camarade avec Eri.

Il y a eu plusieurs plaques ratées avant de parvenir à un résultat satisfaisant et voilà qu'il fait tout foirer en les offrant le jour de la Saint-Valentin.

Ses mains glissent sur le côté de sa tête qu'il baisse, les yeux soudain fixés sur son cahier de cours. Est-ce qu'il a même une chance de se rattraper ? Il ne veut pas perdre l'étrange relation qu'il a avec Shinso depuis décembre. Même si ce n'est pas une amitié aussi profonde qu'avec Ochako et Tenya, il y a quelque chose qui brûle dans sa poitrine quand il lui dit bonjour. Il y a un pincement dans son cœur lorsqu'il le voit seul au réfectoire, il y a des étoiles dans ses yeux lorsque son camarade de la filière générale engage de lui-même la conversation.

Il y a quelque chose de différent dans sa relation avec Shinso, quelque chose de si précieux que l'idée de le perdre lui tord le ventre.

Il n'a plus qu'à s'excuser, à expliquer le quiproquo en espérant que son camarade comprendra. Il espère qu'il en rira, qu'il goûtera les chocolats avec un de ses si rares sourires en coin qui rendent ses jambes guimauves. Il ne veut pas se disputer avec lui, il n'aime pas les éclats de voix ; cela lui rappelle trop les effusions de colère de Katsuki, comme des éruptions volcaniques imprévisibles.

― Midoriya, ce n'est plus l'heure de dormir !

― Oui m'sieur Aizawa !

Il se redresse d'un bond, tendu comme un élastique, sous les rires de ses camarades. Les rougeurs sur ses joues ne détonnent alors pas, mais il n'a pas honte de se faire railler ; il est surtout écarlate à la seule pensée de voir Shinso sourire.

Mieux vaut rester positif jusqu'à ce qu'il puisse le voir.

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Hitoshi se sent nerveux. Il passe d'un pied sur l'autre, frotte sa main contre sa nuque. Il n'a jamais attendu Midoriya devant sa classe à la pause de midi lorsqu'il termine un peu plus tôt. Il ne craint pas les regards des autres ; il a peur que son camarade ne veuille pas s'expliquer, prenne la fuite, fasse comme si de rien n'était devant ses amis.

Pourtant, lorsque leurs regards se croisent dans la vague d'élèves qui sort de la salle de classe, il tend la main, comme pour le retenir de fuir. Midoriya ne se dérobe pas, se rapproche même, les joues rouges et l'air gêné, triturant ses doigts.

Hitoshi ne veut pas penser à la sensation de chaleur qui éclot dans sa poitrine.

― Tu… On devrait peut-être aller à l'écart, Midoriya.

Il n'arrive même pas à rester froid, à le maintenir à distance ; les yeux verts face à lui ne demandent qu'un peu de douceur dont il se sait capable, même s'il ne le montre pas. Mais Midoriya est différent des autres ; il est le premier à avoir accepté son Alter sans le prendre pour un Vilain, il ne se méfie jamais de lui lorsqu'ils discutent. Il pourrait prendre le dessus sur lui sans problème, sans même qu'il ne le remarque, mais son ami lui fait confiance.

Midoriya hoche la tête et Hitoshi ose glisser ses doigts autour du poignet abîmé par l'utilisation de l'Alter du garçon. La chaleur de son corps est palpable à travers le tissu de son uniforme, entre en résonance avec celle dans sa poitrine pour exploser, se répandre dans ses propres membres.

Il ne peut pas se permettre d'espérer, la chute fera bien trop mal. Mais c'est si réconfortant d'imaginer qu'il n'est pas le seul à se sentir bien lorsqu'ils sont ensemble.

Il l'entraîne dehors, derrière le gymnase, là où personne ne viendra les déranger à l'heure du repas. Il le relâche presque à regret, s'adosse au mur, le regarde reprendre légèrement son souffle. Ses joues sont toujours rouges, ses cheveux sont en bataille, sa cravate légèrement défaite.

Il a envie d'enrouler ses doigts autour du morceau de tissu et tirer, l'attirer jusqu'à lui, comme deux aimants de pôle opposé.

Il écarquille les yeux à cette pensée qui ne lui ressemble pas, rougit légèrement et baisse la tête. Il en profite pour sortir la boîte de chocolats. Tout, plutôt que de croiser tout de suite le regard vert qui fait naître en lui des émotions insoupçonnées, qui frappent contre sa cage thoracique comme pour s'en extirper.

― Depuis quand tu m'offres des chocolats, Midoriya ? lui demande-t-il finalement, étouffant le doute et l'espoir dans sa voix.

Et Midoriya fond en bégaiements devant lui, tremble et tortille ses doigts, rougissant. Il fond et Hitoshi n'arrive même pas à s'en vouloir d'espérer qu'il ne s'agit pas d'une erreur.

Il prierait presque pour entendre trois petits mots de la bouche de Midoriya.

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Izuku tremble de peur. Mais pas la peur étouffante, écrasante qu'il ressentait devant Katsuki auparavant. Non, cette terreur-ci est bien plus insidieuse et bien plus terrible à bien des égards. Il ne craint pas ce que Shinso peut lui faire ; il craint de briser leur amitié fragile, il craint de briser tout ce qu'il y a entre eux et qui lui est si cher.

Ses doigts se tordent, comme son âme. Il veut crier que ce n'est qu'un malentendu, qu'il n'a même pas pensé à la date. Mais soudain, devant le regard lilas, il a d'autres mots sur ses lèvres, qui ne demandent qu'à s'envoler. Il ne peut pourtant s'y résoudre, il n'est même pas certain des phrases dont il s'agit.

Alors il déglutit, inspire son courage, avant de se lancer. Son cœur bat à mille à l'heure contre ses côtes, la sueur glisse dans sa nuque jusque sous son uniforme.

― Je… Je voulais te remercier, pour ton aide lors de l'entraînement commun et… Et quand je t'ai entendu parler avec Eri de tes chocolats préférés, je me suis dit que j'allais essayer ! C'est juste que ça a pris du temps et, euh…

Izuku a l'impression de glisser, de perdre pied. Le regard lavandin le fixe, aussi indéchiffrable que d'habitude. Pourtant, aujourd'hui, il aurait besoin de deviner ce qu'il ressent, ce qu'il pense, pour ne pas rester dans ce flou qui l'opprime, rend sa respiration difficile.

Il baisse son visage vers le sol, frotte ses chaussures sur les gravillons dans un crissement sonore, qui empêche le silence entre eux de s'alourdir. Il lève sa main, gratte l'arrière de sa tête, ignorant que dire, que faire d'autre.

― Je… Je ne me souvenais plus de la date, je suis désolé, sinon j'aurais choisi un autre jour, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise !

Il débite ses excuses à toute vitesse ; son regard se pose partout sauf sur son ami, alors qu'il agite nerveusement ses mains devant lui en signe de négation.

― J'espère que les gens de ta classe ne t'ont pas trop embêté à cause de ça...

Il finit par rassembler assez de courage pour croiser les yeux violets de Shinso. Il paraît impassible, mais il voit la surprise dans la légère inflexion de ses sourcils, dans ses yeux légèrement plus écarquillés. Il ne s'attendait visiblement ni à ses remerciements, ni à ses excuses.

Peut-être que tout n'est pas perdu, finalement.

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Hitoshi serre discrètement son poing contre son uniforme. Il n'aurait pas dû espérer, il le sait, et cela lui fait bien plus mal qu'il ne l'imaginait. Midoriya veut juste le remercier, comme il a dû remercier Uraraka. Sa poitrine l'oppresse, son cœur se tord, mais il continue à faire bonne figure.

Il ne veut surtout pas culpabiliser son camarade.

Pourtant, malgré tout, son espoir s'accroche à chacun des mots de Midoriya. Il a pris le temps de faire les chocolats lui-même, de les refaire jusqu'à ce que cela le satisfasse, s'il lit bien entre les lignes. En a-t-il fait autant pour son amie de la seconde A, ou n'a-t-il fait autant d'efforts que pour lui ?

Il doit savoir, même si c'est pour sombrer encore plus ensuite. Il a beau avoir un Alter de contrôle mental, ironiquement, c'est son camarade qui contrôle actuellement la situation et son cœur. Un mot de lui et Hitoshi peut s'épanouir ou flétrir.

Il aurait dû ne pas poser de questions, accepter le cadeau et enterrer son espoir. Il aurait dû, mais il faut croire que ces années à être rejeté par ses pairs ont eu plus d'effets qu'il ne l'admettra jamais. Il aspire à de l'affection, même s'il ne sait pas toujours comment y répondre ; celle que lui offre Midoriya, sans contrepartie ni hésitation, est la plus désirable.

― Merci. Tu n'étais pas obligé d'en faire autant.

Les mots lui brûlent les lèvres. Ce n'est pas ce qu'il souhaite dire, mais qu'importe ; il a bien plus peur de perdre l'amitié de Midoriya que d'espérer en vain, en silence. Il ne fera pas le premier pas. Les risques sont trop grands que le jeune homme parte en courant et le fuit. Il ne le supporterait pas, il préfère encore avoir le cœur brisé par ses espoirs déçus.

Il est la fleur qui préfère brûler sous un soleil trop intense plutôt que de le voir disparaître des cieux.

― Mais je te pardonne uniquement si les truffes sont bonnes, lance-t-il finalement.

Il est à moitié sérieux, moitié blagueur. Il veut simplement s'empêcher de laisser son regard dériver sur les joues écarlates de son camarade, rouges comme des pommes d'amour, qu'il souhaite croquer. Il baisse les yeux sur la boîte, défait une nouvelle fois le ruban.

Il songe soudain que Midoriya a même fait l'effort de trouver un ruban à la couleur de ses cheveux. Il est beaucoup trop attentionné ; comment peut-il s'empêcher de rêver, après ? Comment peut-il se retenir d'espérer alors qu'il lui offre plus que ce qu'il n'a jamais imaginé ?

Ses doigts tremblent légèrement lorsqu'il pioche une des truffes et la porte à sa bouche. Ses dents rencontrent la coque de chocolat ; la crème au cacao dévoile ses subtiles notes de vanille sur sa langue. C'est doux et réconfortant, peut-être les meilleures qu'il ait jamais mangées, et pas seulement parce que Midoriya les a confectionnées pour lui seul.

Il ne peut qu'imaginer le nombre d'essais qu'il lui a fallu pour parvenir à ce résultat, le nombre d'heures que cela lui a pris. Pourquoi est-il allé jusque-là pour un simple ami ? Il aurait pu les acheter dans le commerce, ou même lui offrir des chocolats moins compliqués à faire. Alors pourquoi a-t-il mis tant d'efforts et de temps juste pour des truffes, juste pour lui ?

Ses doigts couverts de cacao tremblent un peu plus.

― Elles sont excellentes. Je…

Les mots lui échappent. Il ignore comment demander plus d'explications, sa peur et ses espoirs se battent dans sa poitrine compressée. Mais comment ne pas rêver quand l'évidence se dessine ? Il ne peut pas se faire d'illusions devant toutes les preuves qui s'étalent sous ses yeux. Il ne peut pas mal interpréter.

― Tu n'en aurais pas fait autant pour un ami.

Il ne peut cependant se résoudre à la confrontation. Il n'a pas le courage de lui demander de but en blanc, alors il lui laisse une chance de s'expliquer, de confirmer ou de détruire ses espoirs, ses yeux dans les siens.

Et il prie en silence.

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Izuku cesse de s'agiter lorsque Shinso sous-entend qu'il en a fait trop pour un ami. Leurs regards se croisent, s'accrochent pour ne plus se lâcher. Il s'apprête à nier - il ne doit pas savoir - avant de voir la lueur dans ses yeux lavande. Une lueur de prière, une lueur de supplication.

Il peut presque entendre « Dis-moi que je ne me trompe pas » à ses oreilles, bien que Shinso garde la bouche fermée. D'ailleurs, quelques grains de cacao sont restés dessus, la barrant d'un fin trait plus sombre. Izuku veut impulsivement passer le doigt dessus pour l'effacer, tend sa main avant de se rendre compte de ce qu'il fait.

Il tressaille, rougit d'autant plus, avant de voir l'espoir dans les yeux de Shinso. Alors, dans un silence lourd, il continue le geste suspendu pendant quelques secondes. La pulpe de son pouce se pose sur les lèvres douces et un trait de chaleur enflamme son estomac. Il ne comprend pas ce qu'il lui arrive ; tout ce qu'il sait, c'est qu'il a soudain envie de plus, que ce contact ne lui suffit pas.

Il effleure les lippes pour enlever les grains de cacao, n'arrive pas à détacher son regard de celui de son camarade. Il sent son souffle chaud contre son épiderme et des frissons le parcourent. Son cœur s'emballe, mais pas comme en combat, emporté par l'adrénaline. Non, cette fois, c'est quelque chose de plus doux qui l'affole jusqu'à son âme.

Est-ce que c'est ça, être amoureux ?

La réalisation lui tombe dessus comme un éclair de Denki ; il cille, yeux verts dans les yeux lavande. Le souffle de Shinso s'accélère contre son pouce, qui n'a toujours pas bougé. Izuku se sent soudain stupide de ne pas l'avoir réalisé plus tôt. Ou peut-être que finalement, la coïncidence du quatorze février n'en est pas une, peut-être qu'inconsciemment, il savait déjà.

― J'aurais dû trouver une boîte en forme de cœur, chuchote-t-il.

Il rit nerveusement, enlève son pouce pour le remplacer furtivement par ses lèvres. Il rougit d'autant plus, avant de s'écarter, recommençant à jouer avec ses doigts de peur d'être allé trop loin. Et s'il a mal interprété les signaux qu'il a cru déceler ? Si Shinso le repousse, le rejette ?

Il n'est pas certain que son cœur, même endurci par les combats qu'il a menés contre les Vilains, résiste à un tel choc.

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Hitoshi frémit encore du pouce rugueux, des lèvres fines sur les siennes, et de cette déclaration timide, voilée. C'est du Midoriya tout craché ; il ne peut empêcher sa bouche de s'étirer en un sourire en coin. Il a le cœur en fête, pétillant d'une joie qu'il ne pensait pas possible. Il met ses peurs au placard pour l'instant, saisit le poignet droit du lycéen pour l'empêcher de triturer ses mains.

Ses lèvres viennent à son tour se poser sur celles de Midoriya, un peu plus longtemps, un peu plus fort. Sa respiration s'accélère encore, tandis qu'il pose son front contre le sien, remonte sa main contre la joue rougie. La fleur ne risque plus de brûler sous le soleil trop éblouissant ; elle ne s'épanouit que davantage.

― Tu m'aurais mis dans l'embarras devant mes camarades ? le taquine-t-il.

Midoriya ouvre la bouche, éberlué et prêt à bafouiller, Hitoshi le sent. Il le fait taire en reposant sa bouche sur la sienne, appréciant le contact chaud. La main libre de l'adolescent aux cheveux verts se pose sur sa hanche, déclenche un nouveau frisson. Il ne veut pas le laisser repartir, pas tout de suite. Il veut profiter de cet instant hors du temps.

Alors il se laisse glisser sur le sol, entraîne Midoriya avec lui. Ce dernier tombe sur ses genoux, avec l'air éberlué d'une chouette venant de se réveiller. Hitoshi ricane, pose la boîte de chocolats à côté d'eux, avant d'entourer lentement ses bras autour de son camarade. Il peut refuser l'étreinte ; il l'accepte cependant, glisse ses propres bras autour du torse fin de l'élève de filière générale.

Hitoshi a l'impression de fondre dans l'étreinte chaleureuse, alors qu'il entend le cœur de Midoriya battre comme un fou, à contre-temps du sien. Un soupir lui échappe. Ils ont dépassé les limites de l'amitié, mais que sont-ils ? Qu'est-ce qu'attend exactement son camarade ?

― Shinso… Heu… Hitoshi, souffle justement ce dernier.

Hitoshi frémit une nouvelle fois en entendant son prénom dans la bouche de Midoriya. Enfin, d'Izuku. Ses mains se lèvent pour agripper sa veste d'uniforme et coller un peu plus son torse contre le sien. Il est soudain avide de sa présence, de la chaleur réconfortante qu'il émet. Il ne veut pas s'extirper des bras qui l'acceptent sans crainte de se faire déposséder de leur volonté.

Il acquiesce ainsi doucement pour le pousser à continuer, plonge à nouveau ses yeux dans les siens. Il pourra se perdre une éternité dans la prairie d'un vert tendre de ses iris, s'y prélasser jusqu'à s'y oublier. La main abîmée d'Izuku se glisse timidement derrière sa nuque, l'effleure. Un frisson descend le long de sa colonne vertébrale, alors que son camarade bredouille, cherche ses mots.

Il y a une lueur de panique dans son regard, qui fait doucement ricaner Hitoshi. Izuku est à croquer lorsqu'il s'emmêle les pinceaux ainsi, incertain. Il peut être aussi mal à l'aise socialement qu'il le souhaite, il serait le dernier à lui en faire le reproche. D'ailleurs, il pose ses lèvres sur les joues rouges à souhait et fait bafouiller un peu plus encore l'élève de seconde A.

Il ne craint plus le rejet.

― Tu voudrais sortir avec moi, Izuku ?

― Attends, sortir, comme faire une sortie au cinéma ensemble ? Mais, je, heu, on est sensé…

Hitoshi cligne des yeux, avant de lâcher un petit rire, interrompant le débit infernal d'Izuku. Son innocence est adorable, fait battre son coeur un peu plus vite. Il est bêtement heureux d'être le premier à lui demander, d'être le premier dont il vole le cœur. Mais il comprend soudain que tout est peut-être trop rapide pour l'apprenti héros. Ce dernier ne semble pas saisir l'ampleur de ce qu'il a provoqué avec ses chocolats, l'ampleur de ce qu'il déclenche en lui.

Ce n'est pas grave. Il a le temps, désormais, de lui faire réaliser ce qu'il suscite dans son âme.

― Par exemple, oui.

Hitoshi réitérera sa demande plus tard, lorsqu'Izuku aura pris conscience du véritable sens de sa phrase, lorsqu'il sera un peu moins naïf sur ses intentions. Il veut clamer haut et fort qu'il l'aime ; il veut pouvoir glisser sa main dans la sienne dans les couloirs, l'enlacer et poser sa tête sur son épaule par surprise.

Sur sa langue, le bonheur a un goût de vanille et de cacao.

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J'espère que ça vous a plu !

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