Voilà donc la fin de cette fic !

Un nouvel avertissement pour une scène de sexe peu explicite et du langage cru. Tout comme pour le chapitre précédent, j'ai posté une version plus explicite sur le site AO3 sous le même pseudo.

J'espère que cette histoire vous aura plu !


ÉPILOGUE

- En défense, cria Hyuuga à son équipe, allez on tient jusqu'au bout !

L'écho de sa voix prit la forme de pas précipités sur le parquet qui précédèrent le coup de sifflet annonçant la fin du match. La course devint un peu plus désordonnée soudain, avant que les petits pieds ne s'immobilisent tout autour de lui.

- Allons saluer nos adversaires.

Les deux équipes s'inclinèrent, pendant que Hyuuga serrait la main de l'entraîneur adverse, puis se mêlèrent vite entre elles. A cet âge-là, une défaite n'était amère qu'un court instant. Hyuuga rappela ses joueurs et les invita à se réunir en cercle.

- Bravo, vous avez bien joué. C'était une belle victoire.

Les sourires qu'il reçut en réponse le comblèrent. Ils avaient fini par gagner quatre match sur les cinq qu'ils avaient joués et Hyuuga voulait leur faire sentir qu'il était fier de leurs efforts. Les détails plus techniques attendraient un peu, qu'ils soient rhabillés et que l'excitation soit un peu retombée.

- Allez, aux vestiaires maintenant. Allez vous changer.

Les enfants s'élancèrent en sautillant, comme si leurs muscles et leurs esprits avaient déjà oublié la fatigue accumulée dans la journée. Chacun repassait en revue le moment où il avait réussi à contrer un adversaire, fait une interception, dribblé un autre joueur. Hyuuga, qui fermait la marche, fut interrompu par la voix de l'autre entraîneur :

- Hé Hyuuga, j'espère que vous êtes prêts pour mardi soir. Parce qu'on s'est entraînés comme des malades et cette fois il est hors de question que ton mec et toi, vous nous explosiez encore comme la dernière fois.

- C'est ce qu'on verra.

Hyuuga sourit avec un air de défi. Il avait toujours aimé cette atmosphère de rivalité qui le poussait sans cesse à se surpasser. Il s'éloigna pour prendre la direction des vestiaires. Au détour d'un couloir, il s'interrompit brusquement, en saisissant quelques mots d'une conversation.

- De toute façon, si t'es titulaire, c'est juste parce que t'es la fille de l'entraîneur.

- Non c'est parce qu'elle peut tous vous dribbler en un contre un et qu'elle a de bien meilleures stats au shoot.

- Laisse tomber Ken-chan. Mais vous savez, ça sert à rien d'être méchant. Tu devrais plutôt te servir de ta jalousie pour t'entraîner jusqu'à devenir meilleur que moi.

Hyuuga distingua le bruit des pas de Rei s'éloigner dans le couloir. Il s'apprêtait à les rejoindre quand la première voix reprit.

- En plus, cette fille elle est trop bizarre avec sa cicatrice et ses deux papas.

Les pas se rapprochèrent à nouveau. Rei avait vraisemblablement rebroussé chemin. Hyuuga hésita à intervenir. Est-ce que ce ne serait pas encore pire pour elle ? Peut-être qu'elle devait se débrouiller toute seule cette fois. Mais c'était une torture tant la protéger de la souffrance avait été sa principale préoccupation toutes ces dernières années. Et même s'il savait que c'était inévitable, il avait du mal à se résoudre à l'idée qu'il ne pourrait pas éternellement la prémunir contre le chagrin.

- Et alors c'est quoi le problème d'être un peu différent ? On l'est tous de toute façon. C'est comme ça qu'on construit une bonne équipe, en mélangeant les différences de chacun.

Personne ne répondit rien. Elle reprit :

- Ça vous dit qu'on se change vite fait et qu'on prenne un ballon pour aller s'entraîner à shooter.

- Ouais.

- T'as raison.

Ils s'éloignèrent tous dans le couloir en courant et Hyuuga entendit le tambourinement de leur course s'atténuer progressivement.

Il s'en voulait de lui imposer ça. Depuis qu'elle était née, Rei avait sans cesse dû lutter pour être aimée. Sa mère alcoolique l'avait abandonnée dans une poubelle en découvrant sa malformation, parce qu'elle avait pensé qu'elle était la fille d'un démon. Qu'elle soit encore en vie était un miracle. Qu'ils aient pu l'adopter était un miracle.

Il n'y avait plus qu'une petite cicatrice entre son nez et sa lèvre supérieure mais elle restait à jamais une trace de ce début de vie si cruel. Hyuuga se sentait un peu coupable mais il en était venu à chérir cette marque, se disant que c'était sûrement un peu grâce à elle qu'ils pouvaient avoir Rei dans leur vie. Et puis elle était devenue, de l'avis de tous, une magnifique petite fille, vive et enjouée. Comme une revanche.

Mais ses difficultés ne s'arrêtaient pas là. Grandir avec deux papas n'était pas toujours facile. Personne n'aurait dû à avoir à affronter tant de choses, en étant si petite. Il se demandait parfois si les conséquences qu'elle devait subir n'étaient pas trop lourdes, jusqu'où ils avaient été égoïstes tous les deux. Est-ce qu'ils l'avaient été plus que les autres parents, ou juste exactement autant que ceux qui avaient mis leurs enfants au monde ?

Hyuuga finit par se rendre dans le vestiaire pour aider les retardataires à retrouver leurs chaussettes égarées, à finir le ménage qu'ils avaient entamé puis ils prirent la direction de la salle principale. Il ne restait plus que quelques équipes, quelques parents disséminés dans le gymnase et les gradins.

Il repéra vite Rei en train de dunker en poussant un cri de joie, portée à bout de bras par Teppei. Plusieurs de ses camardes se pressaient autour d'eux en criant :

- A moi maintenant !

Il entendit aussi l'un d'entre eux dire :

- C'est trop cool d'avoir un papa géant.

Rei avait déjà rejoint ses grands-parents et Hyuuga fut ému, comme à chaque fois quand il vit sa mère lisser doucement une mèche de ses cheveux, exactement comme elle le faisait avec lui quand il était petit. Il fut tiré de sa rêverie par Teppei :

- Je vais ramener tes parents. On se retrouve à la maison ?

- Ouais et je te préviens, il faut qu'on soit en forme mardi. Sasaki nous a lancé un défi.

- Il fera moins le malin quand je lui aurai dunké sur la tête, dit Teppei en riant.

- J'y compte bien. Comme ça, on sera sur une bonne lancée pour affronter l'équipe d'Izuki la semaine suivante.

Il se perdit à nouveau un instant dans la contemplation du sourire de Teppei avant d'être rappelé à la réalité par la petite main qui s'était agrippé à son sweat.

- C'était génial même si on a quand même perdu un match. Avec Kensuke, on va essayer de voir ce qu'on pourra essayer d'améliorer pour la prochaine fois.

Teppei et lui échangèrent un sourire complice. Puis il posa sa main sur la tête de Rei :

- Tu devrais aller dire au revoir à papi et mami, je vais les ramener chez eux.

- D'accord !

Elle repartit en sautillant et Teppei lâcha à voix basse en articulant exagérément :

- Ta fille...

Hyuuga souffla en réponse avant de sourire.

Sur le parking, il compta les enfants qui n'avaient pas été récupérés par leurs parents sur place et ils s'entassèrent tous dans le minibus. Puis, une fois qu'il eut vérifié qu'ils avaient bien toutes leurs affaires, Hyuuga les ramena aux différents points de rencontre convenus avec les parents. Rei et lui allèrent ensuite faire le plein et ramener le minibus qu'une cliente du salon leur avait prêté gracieusement. Il restait un peu de route et Rei semblait fatiguée. Elle baillait, s'agrippait un peu trop fort à sa main, comme si toute la fatigue de la journée était en train de lui tomber brutalement dessus.

- Tu me portes papa ? Comme quand j'étais petite ?

Hyuuga se baissa un peu et Rei sauta sur son dos, s'accrochant à son cou pendant qu'il saisissait ses cuisses.

- Miko-chan m'a dit que finalement, elle allait peut-être s'inscrire au basket l'année prochaine avec moi. Elle avait peur parce qu'il n'y a que des garçons à part moi mais je lui ai dit que les garçons et les filles c'est pareil. Il y en a juste toujours certains qui sont plus gentils que d'autres.

- Tu sais, il ne faut pas hésiter à me dire si certaines personnes t'embêtent dans l'équipe ou dans les autres. S'il faut faire une mise au point, je le ferai.

- C'est bon, je peux me débrouiller toute seule, je suis une grande fille maintenant.

C'était un peu vrai mais parfois presque effrayant. Rei avait toujours été trop sage, même bébé, on aurait dit qu'elle voulait se faire oublier, éviter de déranger. En grandissant, elle s'était mise à observer ce qui se passait autour d'elle, en particulier les réactions des gens qui l'entouraient. Et c'était encore plus marqué depuis qu'elle était capable de comprendre les raisons de son adoption. Peut-être que le fait de savoir faisait d'elle quelqu'un de trop lucide et conscient pour son âge. Que cela l'avait fait grandir sans une part d'insouciance. Cela faisait aussi d'elle une enfant qui aimait réparer et aider mais Hyuuga aurait voulu quand même être capable de lui rendre toute cette innocence, de la garder petite un peu plus longtemps.

- Oui une grande fille affalée sur son papa.

Elle rit.

- Mais ça c'est juste parce que je t'aime trop. Tu sais parfois je me dis que je suis l'enfant la plus chanceuse du monde.

Hyuuga ressentit une boule piquante lui serrer la gorge et les yeux. Mais il ne voulait pas se laisser submerger par l'émotion. Alors, il imagina un instant que si Teppei était là, il pourrait lui dire à son tour : « Ta fille... » et il sourit à cette idée. Ainsi il pouvait apaiser son cœur et savourer sereinement la tendresse et la chaleur de cette petite voix dans son oreille, celle qui lui apportait un bonheur si grand qu'il peinait encore à en évaluer les limites. Il semblait qu'il n'y en ait pas. Il finit par répondre :

- C'est surtout nous qui sommes les parents les plus chanceux du monde de t'avoir dans notre vie.

Rei n'ajouta rien. Elle s'était endormie.

Pour éviter de la réveiller, il se contenta de taper à la porte en arrivant chez eux. Teppei leur ouvrit et les regarda un instant avec un air attendri avant de prendre Rei dans ses bras et lui enlever ses chaussures. Il demanda à Hyuuga :

- Tu crois qu'il ne vaudrait pas mieux qu'on la réveille pour manger un peu.

- Elle s'est goinfrée d'onigiri dans le bus.

Ils se rendirent dans sa chambre pour la coucher. Hyuuga la recouvrit de sa couverture, lui enleva l'élastique qu'elle avait dans les cheveux, les lissant au passage d'une caresse puis ils sortirent à pas feutrés.

De retour dans la cuisine, Hyuuga s'assit un peu lourdement sur la chaise.

- Et toi tu as faim ? lui demanda Teppei en posant ses mains sur ses épaules, lui arrachant un soupir.

- Ouais. C'est dingue comme ces tournois de basket ont le pouvoir de me vider de toute énergie alors que je ne joue même pas. Je ne sais pas comment Riko fait pour supporter cette frustration permanente.

Quand ils eurent fini, Hyuuga s'étira le dos. Son corps lui paraissait fourbu.

- Tu veux que je te masse ?

- Oh oui, ce serait génial.

Hyuuga ôta son sweat d'un geste vif et il frissonna un instant en sentant les mains de Teppei se poser autour de sa nuque. Il se détendit rapidement sous ses caresses lentes et appuyées qui soulageaient délicieusement ses muscles.

- Eh mais tu es devenu vraiment bon à force.

- J'ai eu un bon professeur.

Teppei appuya les mains sur sa nuque. Hyuuga poussa un gémissement involontaire.

- Il faut que tu saches que les mamans adorent le nouvel entraîneur de basket. Je les ai entendues parler dans les gradins.

- Arrête.

- Je suis bien d'accord avec elles. Tu es trop sexy coach. Bon par contre, la mère de Kensuke les a calmées en leur disant que tu étais gay. Apparemment, c'est du gâchis, ajouta Teppei en riant.

- Il est vraiment sympa ce gosse. Tu les aurais vus avec Rei dans le bus. Tous les autres gamins piquaient du nez mais eux, ils étaient en train de faire des schémas compliqués sur l'ardoise.

- Qu'est-ce qu'on a fait de notre fille ? dit Teppei avant de rire en sourdine.

- Si j'en crois ce qu'elle vient de me dire : la plus petite fille la plus chanceuse du monde.

- C'est nous les chanceux.

- C'est exactement ce que je lui ai dit.

- Ou plus exactement c'est moi le plus gros chanceux. Tu sais ça me fait encore quelque chose à chaque fois que ton père m'appelle « fils ».

- Normal pour un grand machin sentimental comme toi.

La voix de Teppei se fit plus basse et intime quand il ajouta :

- Je ne pourrai jamais assez te remercier pour la famille que tu m'as offerte Junpei. Je n'ai pas eu de père et ma mère m'a rejeté. Avec ce corps trop grand, et malgré l'amour de mes grands-parents, j'avais toujours l'impression d'être un accident, une erreur. Le basket a donné un peu de sens à tout ça mais il n'y a que maintenant que je me sens vraiment à ma place.

Hyuuga se félicita que Teppei soit dans son dos et ne puisse pas voir ses yeux humides.

- Ouais au point que ma mère déclare maintenant à qui veut l'entendre que tu es son fils préféré. C'est dingue comme tu fais illusion. S'ils savaient ce que tu caches sous ce sourire cordial et si présentable.

- Ah mais ça je ne le réserve que pour toi.

- Encore heureux.

- Viens on va se doucher. Ça sera encore meilleur sous l'eau chaude, lui susurra Teppei dans l'oreille.

Après avoir rapidement débarrassé la table, ils se rendirent dans la salle de bain et verrouillèrent la porte derrière eux.

Une fois dans la douche, Teppei reprit là où il s'était arrêté et massa le dos de Hyuuga, ses mains pleines de savon glissant plus doucement sur sa peau. Progressivement, cela devint davantage des caresses prodiguées du bout des doigts, ne se limitant plus aux épaules mais descendant toujours plus bas dans son dos. Hyuuga sentait trembler sa peau, électrisé à un peu plus à chaque fois qu'un nouveau territoire était exploré. Il ne fut pas étonné quand Kiyoshi glissa sa main sur son torse pour la descendre lentement.

- Je ne croyais pas t'avoir dit que j'avais mal là.

- Désolé mais tu étais déjà trop dur, avant même que je te touche, pour me chambrer. Et puis impossible de caresser ton corps nu sans être excité. Mais dis-moi si tu préfères que j'arrête.

C'était une question pour la forme. Teppei semblait toujours sentir instinctivement quand il n'en avait pas envie, quand il était trop fatigué.

- Laisse ta main là imbécile.

Teppei savait exactement comment le faire aller où il voulait quand il le voulait. Et apparemment, il n'avait pas l'intention de faire traîner les choses.

- Attends. Tous les deux. Ensemble.

Hyuuga se retourna et l'embrassa, se collant à lui puis il s'adossa au mur et sentit avec soulagement le carrelage froid l'aider à réguler la chaleur qui rendait son corps entier écarlate. Il ferma les yeux, submergé par les sensations. Il dut finalement s'accrocher désespérément aux épaules de Teppei pour ne pas perdre pied sur la faïence humide mais lui-même avait le corps lourd contre le sien et le mur à la recherche d'un illusoire équilibre. C'était comme si le sol s'était dérobé sous eux, comme si le monde entier venait un instant de cesser d'exister, à l'exception de leurs corps liés, avant de réapparaître soudain, les forçant un atterrissage brutal.

Hyuuga renversa sa tête en arrière pour rafraîchir sa nuque contre le carrelage alors que leurs respirations achevaient de perdre progressivement de leur densité. Teppei posa alors sa tête sur son épaule et alors que Hyuuga caressait ses cheveux humides, il pouvait sentir le tracé de son sourire dans son cou avant qu'il ne dise :

- Trois minutes chrono.

- Ouais et toujours toi avant.

Ils rirent ensemble en s'embrassant et ça avait toujours le sens de rentrer à la maison.

En sortant de la douche, après avoir enfilé son pyjama, Hyuuga alla vérifier que Rei dormait bien et laissa la porte de leur chambre entrouverte pour pouvoir entendre si elle faisait un cauchemar. Elle avait eu du mal à trouver ses cycles de sommeil quand elle était petite, comme si toutes les angoisses qu'elle taisait le jour se réveillaient la nuit. Cela faisait bien longtemps que cela ne lui était pas arrivé mais Hyuuga avait gardé ce réflexe, même maintenant qu'elle avait sept ans.

Il rejoignit Teppei au lit et après avoir posé ses lunettes sur sa table de nuit, il le sentit se coller à son dos en l'enlaçant. Hyuuga savourait la tendresse si douce de cette étreinte et sourit en songeant à quel point cela contrastait avec l'empressement un peu bestial dont Teppei pouvait faire preuve.

- Alors elle respire bien ?

- Hé c'est bon fais pas comme si t'allais pas vérifier tous les soirs toi aussi.

Il ajouta soudain :

- Il faudra que Rei fasse ses devoirs demain matin parce que je te rappelle que Riko les emmène Hana et elle au cinéma demain aprèm et après, elle m'a dit qu'elles iraient manger une glace.

Teppei resserra son étreinte autour de lui.

- Pas besoin de me le rappeler, je ne risque pas d'oublier qu'on sera seuls à la maison tout l'après-midi et qu'on aura tout le temps qu'il faudra cette fois.

- Et tu pourras crier autant que tu veux, monsieur pas discret.

- Hé, c'est pas de ma faute si tu me baises trop bien et que tu me fais jouir trop fort.

En fait Hyuuga adorait ça et pas seulement parce que c'était un spectacle sonore fascinant et excitant. Mais parce qu'il était ému de la façon qu'avait Teppei de lâcher prise comme s'il ne pouvait pas retenir les manifestations de son plaisir là où il avait toujours su garder ses souffrances muettes.

- Mais comment tu faisais quand tu étais ado et que tu te branlais ?

- Tu veux dire quand je pensais à toi ? Heureusement mes grands-parents n'entendaient pas très bien.

Hyuuga rit et Teppei avec lui, ils pouvaient le faire maintenant avec juste la douceur de la nostalgie.

- Par contre, je te préviens, je veux un match retour.

- C'est quoi cette métaphore ? T'es vraiment un obsédé du basket Junpei. Mais oui compte sur moi. Moi aussi je vais bien m'occuper de toi, dit Teppei en descendant sa main sur sa hanche et accentuant la pression contre ses reins.

Hyuuga sentit son corps précisément dans son dos.

- C'est toujours mieux que d'être un obsédé tout court. T'es encore dur ma parole. Mais t'en as jamais assez !

- Mais t'as vu les trucs que tu me dis aussi. Arrête de m'allumer sinon je vais pas pouvoir attendre demain.

Hyuuga aussi sentait son corps palpiter d'impatience. Il aimait tout, tout ça. Tout ce que Teppei disait, faisait et était. Maintenant que Rei avait grandi, et qu'elle sortait parfois sans eux, ils avaient plus de temps pour eux et une avidité excessive les agitait délicieusement comme au début de leur relation. Et ils pouvaient plus souvent passer ces après-midi entières à s'embrasser et à s'étreindre, à remettre ça encore et encore, jusqu'à ce qu'ils n'aient même plus la force de se lever.

Teppei glissa sa main contre la toile de son pantalon.

- Et puis tu peux parler. T'es pas vraiment mieux que moi.

- Allez tais-toi et dors maintenant.

- Putain, vivement demain.

Hyuuga sourit et se lova contre son corps.

Malgré la fatigue, il eut un peu de mal à s'endormir. Parfois la certitude de son bonheur, la sensation de cette chance inouïe, qu'il craignait de voir un jour tourner, était tellement étouffante qu'il était obligé de respirer plus vite, tellement envahissante qu'il n'arrivait pas à trouver le sommeil. Il parvint à se calmer en repensant aux derniers mots prononcés par Teppei.

Vivement demain. Vivement le réveil pour préparer le petit déjeuner en entendant les exclamations d'impatience de Rei, le porter au lit à Teppei, faire des tresses à Rei en regardant les résultats de la NBA tous ensemble.

Vivement lundi pour entendre son père siffler en ouvrant la porte. Vivement la tasse de thé qu'ils prennent tous les trois avant que la journée ne commence. Vivement les bavardages du salon et le silence du kitsuke.

Vivement les pauses déjeuner où Teppei parfois vient le chercher pour manger et où à force de s'embrasser sur la banquette de la camionnette, la situation dégénère si souvent. Vivement jouer au basket avec lui, et se comprendre sans avoir besoin de prononcer le moindre mot, de se lancer le moindre regard. Vivement l'écouter jouer de l'harmonica sur la route des vacances. Vivement vieillir avec lui.

Vivement regarder Rei faire ses devoirs dans l'arrière-boutique du salon. Vivement voir Teppei lui apprendre à jouer au Hanafuda. Vivement cueillir avec elle des fraises au printemps dans le jardin. Vivement l'emmener à la mer et la voir accroupie en train de chercher des coquillages avec Takumi. Vivement la vêtir d'un yukata. Vivement la voir entrer au lycée, aller l'encourager lors de ses matchs.

Vivement demain pour être heureux encore, pour profiter de chaque bonheur du quotidien, les emmagasiner pour permettre de survivre aux malheurs. Vivement tous les jours. Vivement chaque matin auprès d'eux.

Vivement la vie. Vivement tous ses rêves les plus insensés devenus réalité.

Vivement demain.