The originals est à Julie Plec.


Tueuse d'anges

Comté de Marseille, année 992

Le comte de Martel regardait sa fille qui jouait avec d'autres enfants dont son frère dans la cour en contrebas. Aurora n'était que sa fille aux yeux de la société car jamais il n'accepterait de la reconnaître comme tel. Comment pouvait-elle sourire, s'amuser et rire après avoir tué sa propre mère. Sa chevelure rousse n'était-elle pas le symbole de son crime, le sang dont elle avait privé sa génitrice était venu se répandre dans ses cheveux comme pour rappeler à tous ce qu'elle avait fait. Le sang n'était pas la seule chose qu'elle avait volé à la comtesse, elle avait également eu l'affront de lui voler ses magnifiques yeux verts et l'étincelle de vie qu'ils contenaient. Jamais la lumière n'avait quitté les iris de Constance de Martel, même la mort avait attendu longtemps avant d'abattre son voile.

Il avait aimé son épouse, il l'avait adoré, il l'avait presque vénéré, elle avait été la plus belle femme sur laquelle il avait eu le plaisir de poser le regard. Il lui avait été fidèle toute sa vie et même après. Il aurait pu se remarier, ce n'était pas les bons partis qui manquaient, surtout pas lorsque vous étiez un noble à la tête d'un comté aussi riche que le sien, mais il n'avait jamais pu s'y résoudre. Le souvenir de son épouse était encore trop présent, même après toutes ces années, il lui arrivait parfois de rester de longs moments devant le tableau qui représentait Constance avant la naissance de Tristan.

Le comte avait été loyal envers son épouse, il l'avait toujours traité avec respect et tendresse, auxquels elle avait répondu par de l'amour et par la naissance d'un enfant, un garçon qui serait un jour son digne successeur. Il posa son regard sur le petit blond en bas, il était magnifique, son portrait craché, les mêmes cheveux de la couleur du soleil, les mêmes yeux de la couleur du ciel, plus tard, il en ferait tourner des têtes. Sa beauté physique n'était pas sa seule qualité, tout comme son père, il avait de l'esprit, un esprit acéré capable de commander, de prendre des décisions sans se tromper, capable aussi d'insinuer la peur et l'humiliation à tous ses ennemis. Tristan n'avait encore que huit ans, mais le comte savait qu'il était promis à un grand avenir.

Celui de sa fille était plus incertain, il ne savait pas qui voudrait d'un démon pareil. Certes Aurora était très belle et même du haut de ses quatre ans on pouvait deviner qu'elle serait un jour une ravissante jeune femme, mais elle n'en restait pas moins une meurtrière. Le comte craignait que s'il n'arrive un terrible malheur dans la demeure de celui qu'elle aurait épousé, on l'accuse lui d'en être le responsable.

Le comte pensait souvent à Béranger, son second fils qui était né un an après Tristan. Un magnifique petit bébé blond aux yeux verts qui n'avait vécu qu'un an avant qu'une maladie ne l'emporte. Il pensait aussi à Louis, né trois ans après Tristan et qui lui n'avait vécu que quelques semaines avant de s'endormir pour toujours. A la place de trois vigoureux fils, il n'en avait qu'un et une fille née quelque mois après Louis mais qui elle avait survécu.

Lorsqu'elle lui souriait, ce n'était pas une petite fille qui aimait son père qu'il voyait, c'était un démon qui se moquait de lui, qui était ravie des êtres qu'elle lui avait arraché. Elle avait dû être dans le corps de sa pauvre épouse et c'était elle qui avait empoisonné de son venin ses deux frères et leur mère. Il aurait dû la tuer comme elle les avait tuer.

Il s'éloigna de la fenêtre dégoûté par cette fenêtre, Aurora était la fille du Diable et elle allait causer la perte des de Martel.