Avertissement : Je ne possède pas Blindspot ou les personnages.

Ils appartiennent tous à Martin Gero, NBC et Warner Brothers Production.

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Pour la petite histoire (enfin pas si petite…), je suis arrivée tardivement sur cette série (i mois), la Saison 5 était déjà terminée… et j'ai donc pu suivre l'intégralité des 100 épisodes d'affilé.

D'un côté c'est sympa parce que je n'ai pas eu le stress d'attendre semaine après semaine pour connaître la suite, je n'ai pas eu à attendre mois après mois que les nouvelles saisons apparaissent, avec la crainte qu'elles ne sortent jamais si la série n'avait pas été reconduite…

J'ai eu la chance de profiter du plaisir non-stop… mais paradoxalement j'ai perdu quelque chose d'important. J'ai perdu le stress d'attendre et de ce fait je n'ai pas côtoyé la base de fans qui s'est construite au fur et à mesure pour combler cette attente justement.

J'arrive donc après la bataille comme on dit. Et j'ai pris tout de suite la douche froide dès que j'ai commencé la série, de savoir qu'il n'y aurait que 100 épisodes, que malgré toutes les attentes que je pourrais avoir, malgré l'engouement que je pourrais ressentir, je n'aurais jamais que ces 100 épisodes et aucun espoir de voir une saison supplémentaire, puisque le trait final avait déjà été tiré (et quel final !).

Alors, sitôt la série engloutie, j'ai dû trouver un moyen de ne pas perdre le fil, et j'ai repris mes vieilles habitudes (d'il y a 17 ans !), me plonger dans l'univers des fans, dans les fanfictions ou dans les clips fan-made et là j'avoue que je n'ai pas été déçue (Merci à Daniela pour ses montages de folie avec des musiques de folies qui collent si parfaitement aux séquences vidéos qu'elle met en scène) !

La communauté n'est pas aussi importante, en volume, que ce que j'aurais imaginé au premier abord par rapport à cette série à laquelle j'ai vraiment accroché (et ça faisait très longtemps que ça ne m'était pas arrivé…), mais cette communauté compense largement par la qualité de ses membres finalement, et ce quelques soient leurs origines, et c'est tant mieux.

J'ai replongé dans l'univers fictionnel des fans et j'ai eu envie d'y apporter ma contribution, bien maigre certes…

J'ai été vraiment inspirée par ce que j'ai pu lire, des auteurs qui ont su vraiment imprimer l'essence des personnages dans leurs histoires. Pour ça je les en remercie grandement, parce qu'au travers de mes lectures j'ai ressenti quelque chose que je n'avais pas connu depuis longtemps, l'envie et l'imagination… l'envie de gribouiller plein de trucs qui me passaient par la tête, l'imagination qui me faisait carrément voir des scènes entières dans ma tête, parasitant même mon travail par moment… (ça c'est moins cool lol).

Bref, j'ai pris mon petit carnet (comme à l'époque où je m'isolais dans les transports dans ma bulle pour gribouiller mes idées folles) et j'ai gratté, un mot par-ci, une idée par-là, une scène vue très clairement dans ma tête, quelque chose qui devait voir le jour… et j'ai fini par me lancer.

Je savais d'emblée qu'il y avait quelque chose que je voulais absolument voir / lire et c'est ce sur quoi j'ai décidé de travailler tout de suite, tout en gardant tant et tant d'idées à côté, qui ne s'intègrerait pas dans ce plan là mais sans doute dans un autre plus tard ou en parallèle (ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ! il faut faire durer le plaisir).

Sur ce, je remercie encore tous les auteurs de fanfics que j'ai pu lire ici et là, ces auteurs qui ont su toucher quelque chose en moi et me donner l'envie d'en faire autant. J'ai tellement d'idées qui bouillonnent dans ma tête que si je n'essaie pas de les coucher sur "papier" je n'arrive pas à me les sortir de la tête… après entre les idées et le talent pour écrire… y a un monde lol… espérons que je vais réussir à retranscrire tout ça correctement… sinon désolée de vous infliger ça xD

J'espère que vous me pardonnerez si vous trouvez des fautes ou des coquilles… je n'ai pas de relecteur, et il m'arrive souvent de modifier à la volée en relisant quelque chose… sur le coup je peux ne pas me rendre compte qu'il y ait une redondance ou une erreur grammaticale qui s'est glissée. Je vais essayer d'être autant attentive que possible pour garder une narration propre.

Je n'avais pas prévu de poster cette histoire en français, même si c'est la langue dans laquelle je l'écris ^_^ mais après coup je me suis dis qu'il y avait sans doute des français parmi les fans de la série et qu'ils seraient peut-être intéressé...

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L'histoire se déroule à la fin de l'épisode 10 de la Saison 1, et ne suivra pas le scénario original mais partira dans une direction différente, pour peut-être (ou pas) rejoindre la timeline originale.

Que ce serait-il passé si Oscar n'était pas intervenu le soir où Thomas CARTER a enlevé Jane ?

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Chapitre 1

L'assassin de David n'est plus, mais la responsabilité de la mort du jeune homme pèse lourdement sur les épaules de Jane… Comment pourrait-il en être autrement alors que celui-ci a perdu la vie en suivant les indices laissés dans ses tatouages.

Il n'aurait pas dû, évidemment. Il n'aurait jamais dû voir ces tatouages… il n'aurait jamais dû jouer à ce jeu sans en connaître les règles…

Mais personne n'aurait pu prévoir qu'après avoir été pris en faute par Mayfair, et forcé de se séparer de Patterson, il aurait poursuivi ses investigations seul. Aucun doute, il était doué, peut-être même autant que Patterson pour résoudre les puzzles, mais il n'avait pas la formation pour jouer les espions et ça lui a couté la vie.

Le remord taraude Jane lorsque Patterson la rejoint dans les vestiaires, ne sachant pas comment réagir face au désespoir de la jeune femme.

Mais contre toute attente, celle-ci la remercie… d'avoir été là, d'avoir trouvé l'assassin, d'avoir résolu le meurtre de David. Laissant libre court à sa détresse dans les bras de Jane, elle se confie sur ses sentiments, ses regrets.

En écoutant son amie pleurer dans ses bras, lui expliquer qu'elle avait repoussé David par peur de s'engager, et que maintenant il est trop tard parce qu'il n'est plus là, Jane prend conscience de ses propres sentiments et décide de les assumer… Prenant son courage à deux mains, elle part attendre Kurt au pied de son immeuble après avoir faussé compagnie à ses gardes du corps.

Quand celui-ci arrive devant chez lui et qu'il l'aperçoit, seule, il est tout d'abord inquiet de la trouver là, puis agacé qu'elle ait échappé à sa garde rapprochée, censée la protéger.

La jeune femme le rassure bien vite avant de lui avouer avoir juste voulu le voir… "seule"… Puis elle s'approche de lui et l'enlace tendrement pour l'embrasser.

Après quelques secondes d'un baiser partagé, elle s'éloigne et laisse échapper que c'est exactement ça qu'elle voulait… "un moment qui ne soit rien qu'à eux".

Ils s'embrassent à nouveau, seuls au monde… jusqu'à être interrompu par Sawyer qui vient aider son oncle pour remonter les courses à l'appartement…

Le couple se sépare rapidement, un peu gêné de la situation avant de reprendre leurs esprits et de se dire au revoir.

Jane s'éloigne ensuite, jetant un rapide regard en arrière, le sourire aux lèvres tandis que Kurt rentre dans l'immeuble avec son neveu.

Sur le chemin du retour vers sa résidence protégée, Jane marche tranquillement, le souvenir des baisers qu'elle vient d'échanger avec Kurt tournent en boucle dans son esprit.

Elle ne se rend compte que trop tard de la menace représentée par les deux hommes qui viennent de surgir de l'ombre. Pendant que le premier assaillant tente de l'arrêter, le second la surprend en lui passant une cagoule en tissu sur la tête. La jeune femme se débat aussi farouchement que possible, parvenant à se débarrasser d'un des hommes, mais l'arrivée d'un troisième renfort réduit à néant ses chances de s'échapper. Ils finissent par la maitriser et l'enferment à l'arrière d'une camionnette avant de démarrer en trombe à travers les rues sombres…

Plus tard, dans un sous-sol isolé, seulement éclairé d'un projecteur, Jane, le visage toujours recouvert de la cagoule en tissu noire, se retrouve attachée sur le dos à une espèce de planche, ses bras et ses jambes tendus sous elle, les poignets et les chevilles liés ensembles.

- "Navré que nous ayons à nous recroiser dans de telles circonstances." lui parvient une voix désincarnée quelque part près d'elle.

La cagoule en tissu est alors retirée violement de son visage, un instant ébloui par l'intensité lumineuse du projecteur derrière sa tête, elle tente de comprendre où elle se trouve et qui sont ceux qui l'ont enlevé.

La sensation glaçante de peur qui l'étreint depuis que ces hommes l'ont jeté dans la camionnette, grandit de plus en plus à mesure que sa vision s'adapte et que son regard s'arrête sur le visage de la personne à qui la voix appartient... Thomas Carter, Directeur Adjoint de la C.I.A !

Son cerveau tourne à plein régime. Que fait-elle ici ? Pourquoi la C.I.A l'a-t-elle enlevé ? Que veulent-ils ?

Durant le trajet elle a essayé de suivre les mouvements de la camionnette tout en continuant à se débattre, espérant trouver une occasion pour s'enfuir… mais impossible de garder la notion du temps avec cette cagoule sur le visage…

En arrêtant le véhicule, ses agresseurs l'ont maitrisé direct, ne lui ont pas laissé la moindre occasion de se débattre, à trois contre un ils avaient un net avantage sur elle.

Elle s'est fait avoir comme une débutante… son instinct, sa mémoire musculaire, n'a pas été d'un grand secours alors que son cerveau était encore tout retourné de ce qu'elle venait de vivre… son premier baiser ! Pas juste les fantasmes, dont ses nuits sont peuplées depuis quelques temps avec une ombre qu'elle ne sait identifier, mais avec Kurt… et voilà que sa bêtise l'a conduite entre les mains de cet homme, censé représenté la loi pour laquelle elle travaille tous les jours mais qui pourtant la traite comme une criminelle … Pourquoi ? Sa première rencontre avec le directeur adjoint de la CIA n'a certes pas été des plus cordiale mais ils sont censés être du même côté ! Enfin…

- "Bien… Quelques précisions en guise d'introduction afin que la situation soit bien claire," commence-t-il en prenant une chaise pour s'installer juste à côté de Jane. Le regard rempli de crainte et d'incompréhension de celle-ci ne le quitte pas, "D'ici quelques heures vous serez embarquée à bord d'un avion qui vous conduira dans un trou noir connu de moi et de personne d'autre. Le confort de votre séjour dans ce trou noir dépendra de l'ouverture d'esprit dont vous ferez preuve à mon égard durant notre bref tête-à-tête. Et si j'étais vous… je choisirais de dire la vérité… D'accord ? C'est compris ? Bon… pour commencer… Qui êtes-vous ?" poursuit-il sur un ton calme. La situation aurait été différente on aurait pu croire qu'ils discutaient de la pluie et du beau temps.

- "Je n'en sais absolument rien." lui répond Jane aussi sincèrement que possible. Elle ne comprend pas ce qui se passe, pourquoi cet homme l'a enlevé, ligoté, pourquoi la menace-t-il et l'interroge-t-il de cette manière, le F.B.I sait déjà tout ça, ils savent déjà que le ZIP a effacé sa mémoire, le détecteur de mensonge a déjà tout confirmé !

- "Bien comme vous voudrez… " dit-il en se relevant lentement pour se diriger vers le mur derrière lui afin de ramasser quelque chose.

Pendant ce temps, Jane tente toujours de se dégager de ses liens.

Mais la peur se transforme vite en panique chez la jeune femme lorsqu'il se retourne vers elle et qu'elle aperçoit ce qu'il tient entre ses mains…

Elle n'a pas le temps de crier, sans défense ainsi attachée, qu'il jette un torchon sale sur son visage et qu'il commence à déverser le contenu d'un bidon de liquide au niveau de sa bouche et de son nez, à travers le tissu.

La tête de Jane roule de droite à gauche, essayant d'échapper à l'étouffement provoqué par l'eau qui s'infiltre dans ses voies aériennes, le tissu imbibé qui recouvre son visage l'empêche de respirer !

La sensation de noyade s'intensifie jusqu'au moment où, une éternité plus tard pour elle, l'eau s'arrête de couler et le tissu est enfin retiré. Elle recrache tant bien que mal le liquide qui lui encombre la bouche et le nez, et tente coute que coute de reprendre son souffle.

Sans lui laisser le temps de reprendre ses esprits ni de calmer sa respiration, Carter reprend son interrogatoire.

- "Pour qui travaillez-vous ?" enchaine-t-il.

- "Le F.B.I !" lui répond-elle, le visage ruisselant, essayant de calmer les spasmes dans sa gorge et ses poumons.

- "Ça pourrait pourtant être tellement facile… " reprend-il d'une voix calme avant de lui remettre le torchon saturé d'humidité sur le visage et de recommencer à verser l'eau abondement comme quelques minutes auparavant.

- "C'est horrible hein ? Cette eau qui vous brûle les sinus jusque dans les poumons. Vous voulez respirer mais impossible de reprendre votre souffle !" la provoque-t-il en la voyant se débattre pour échapper au supplice encore une fois.

Après quelques longues secondes, il retire le torchon et la regarde, satisfait, recracher toute l'eau qu'elle peut, sa respiration plus sifflante que la première fois, ses poumons luttant pour expulser l'eau qui s'y est engouffré malgré sa résistance.

- "Au fait, ces jolis tatouages, d'où est-ce qu'ils vous viennent hein ?" demande-t-il, toujours penché au-dessus d'elle pour observer ses réactions et jouir de son pouvoir sur elle.

- "Je ne sais pas du tout !" ne peut-elle que répondre… si seulement elle savait ! Pourquoi cette torture alors qu'elle n'a aucun souvenir, la vérité, toute la vérité, elle ne peut dire que la vérité qu'elle connait… à savoir qu'elle ne sait pas…

La réponse évidemment n'est pas celle attendue par l'homme de la CIA…

- "Sauf que voilà… moi je suis sûr que vous le savez. Je répète, qui êtes-vous ?" continu-t-il, persuadé qu'elle lui ment.

- "Je répète ! J'en sais rien !" grogne-t-elle en guise de réponse.

- "Qui vous a envoyé au F.B.I ?" s'énerve-t-il maintenant devant la résistance de la jeune femme.

- "Je ne sais pas !" répète-t-elle encore une fois en le regardant droit dans les yeux, la colère presque palpable.

En guise de représailles, le torchon mouillé s'abat une troisième fois sur son visage, avant même qu'elle n'ait eu le temps d'inspirer une goulée d'air. L'eau s'insinue encore une fois dans ses sinus, dans sa gorge, dans ses poumons, la privant d'oxygène petit à petit et la vidant par conséquence de son énergie vitale.

Le torchon est retiré d'un coup et par reflexe elle tente à nouveau d'évacuer tout le liquide qui la brûle à l'intérieur.

Un flashback la surprend alors qu'elle tente encore de reprendre son souffle pour ne pas perdre connaissance.

Elle se revoit en tenue militaire, passer à proximité de deux hommes en train de discuter, l'un des hommes est Thomas Carter et il parle du programme Orion à son interlocuteur.

- "Orion…" murmure-t-elle d'une voix éteinte, en revenant à l'instant présent.

- "Qu'est-ce que vous venez de dire ?" la questionne-t-il, interloqué par ses paroles, pensant avoir mal compris.

- "Dîtes moi… ce que représente Orion… ?" répète-t-elle, en fermant les yeux, après quelques secondes pour reprendre son souffle, tout en luttant contre la nausée qui la menace après ces séances de noyades simulées.

- "Je vous interdis d'exiger quoique ce soit !" lui répond-il menaçant, en déposant ses outils de torture derrière lui, pour s'emparer de son nouveau jouet, une perceuse sans fil. "Dîtes moi ce que vous savez au sujet d'Orion !" insiste-t-il tout en activant la perceuse de plus en plus près de Jane, celle-ci essayant de s'éloigner sans succès de l'instrument de torture.

"Ouais… ça va faire mal !" continu-t-il en voyant la détresse dans le regard de la jeune femme, et entendant les gémissements glisser entre ses lèvres…

L'esprit de Jane part dans tous les sens, plus rien n'est réel ! C'est un cauchemar et elle va se réveiller.

Il est impossible qu'elle se retrouve dans cette situation, totalement surréaliste, ça n'existe pas… et pourtant… une petite voix dans sa tête lui rappelle Dodi… Cet homme travaillait pour la C.I.A… Carter l'avait fait torturer lorsqu'il n'avait pas obtenu ce qu'il voulait ! Tout ceci, sur le sol américain, bafouant ainsi toutes les lois de ce pays…

Et maintenant c'est elle qui se retrouve dans la même situation… dans un sous-sol inconnu, aux mains d'un représentant de la loi prêt à la torturer sans état d'âme pour obtenir des informations qu'elle ne possède même pas.

Le résultat ne peut pas être heureux… comment se pourrait-il alors que ses poumons sont déjà en feu, tout comme sa gorge, sur de simples questions pour lesquelles elle n'a pas de réponses satisfaisantes à donner… et qu'elle n'a de toute façon aucune réponse à quoique ce soit !

Elle ne peut retenir les gémissements qui s'échappent de ses lèvres à la réalisation de ce que cet homme est prêt à faire pour obtenir les résultats qu'il souhaite…

Elle voit Carter approcher d'elle son nouvel instrument de torture, elle anticipe déjà la douleur de ce que cette petite tige filetée va provoquer en perforant sa peau, ses muscles, sa chair… les frissons qui la parcourt deviennent incontrôlables !

Le temps est une notion toute relative, tellement de chose peuvent passer au travers de l'esprit en si peu de temps…

Gagner du temps, oui voilà, elle doit absolument gagner du temps, mais comment… elle ne sait rien et la mention d'Orion a déclenché une vague de colère chez son interlocuteur. Peut-être qu'elle peut essayer de détourner l'attention de Carter encore un peu, le temps que les secours arrivent, le temps que son équipe intervienne pour la sauver ! Il ne s'est pas écoulé beaucoup plus qu'une heure depuis qu'elle a été kidnappé, mais quelqu'un s'est forcément rendu compte qu'elle avait disparue. Combien de temps va-t-il encore passer avant que ses gardes du corps ne s'inquiètent ? Non… Ils ne s'inquièteront évidemment pas ! Elle leur a faussé compagnie alors qu'ils la pensent bien à l'abris chez elle… comment pourraient-ils se douter qu'elle n'est pas là où elle est censée être…

Kurt ! Oui, Kurt va sans doute s'inquiéter, ils ont échangé un baiser tous les deux, elle a perçu ses sentiments et ils sont similaires aux siens. Oui, Kurt va sans doute l'appeler dès qu'il aura ranger ses courses, le temps de la laisser rentrer chez elle, il va sans doute vouloir discuter de ce qu'ils viennent de faire ! Ça change les choses, les relations entre eux vont être différentes, elle veut qu'elles soient différentes et transformer ces rêves, fantasmes, en réalité avec lui ! Oui voilà, Kurt va l'appeler, c'est certains ! Il verra qu'elle ne répond pas et il va s'inquiéter ! Forcement ! Il préviendra l'équipe chargée de la protéger et ils s'apercevront qu'elle n'est pas chez elle ! Mais quand… En attendant gagne du temps, gagne du temps, la rengaine tourne en boucle dans sa tête en même temps que sa détermination augmente.

- "Je veux savoir ce qu'est Orion… " insiste-t-elle encore une fois, butée, malgré sa peur.

Si elle doit mourir, elle veut savoir pourquoi ce nom est important et en quoi ça la concerne. Et le seul moyen de gagner du temps est de tenter le tout pour tout… elle n'a rien à perdre, Carter a déjà décidé de son sort. "C'est le seul mot que Casey a dit avant de mourir à l'hôpital… il m'a reconnu…" continue-t-elle.

Carter, sa perceuse toujours en main, la foudroie du regard. Pour qui se prend-elle à insister sur la question comme si c'était elle qui menait l'interrogatoire ! Mais en entendant parlé de Casey son sang ne fait qu'un tour.

- "Qu'est-ce que c'est que cette histoire ! Qui est ce Casey ?" S'énerve-t-il, perturbé par ces révélations. Il abaisse un peu plus son instrument de torture vers le visage de la jeune femme, la menace de plus en plus pressante.

- "Un Navy Seal qui avait le même tatouage que moi" commence-t-elle, comprenant qu'elle vient de toucher un point sensible malgré elle. Soulagée de constater qu'il n'a pas mis sa menace à exécution pour l'instant, elle se détend un peu et sous couvert de s'éloigner du danger, tente de tirer sur ses liens, maintenant totalement mouillés par l'eau qui a cascadé le long de ses bras tendus sous elle. "Mes tatouages nous ont conduit à lui à l'hôpital, après un braquage raté. Je lui ai demandé comment il me connaissait et il n'a pu que me murmurer ce mot "Orion" avant de mourir mais je ne sais pas ce que c'est…" continue-t-elle, espérant susciter un peu plus d'interrogation chez son interlocuteur et ainsi gagner les précieuses minutes nécessaires pour se libérer ou permettre à son équipe d'intervenir.

Ce qu'il vient d'entendre change beaucoup de chose… Comment est-ce possible que cette jeune femme connaisse Orion, où plutôt ai connu Orion…

Jane, le regard toujours rivé sur Carter remarque tout de suite le changement dans sa posture. Elle le voit se redresser et peut presque voir les rouages de son cerveau tourner à plein régime après les révélations qu'elle vient de faire, même si elle ne comprend pas ce qu'elle a pu dire qui puisse avoir cet effet sur l'homme de la C.I.A.

Tout en parlant, elle parvient à déboiter son pouce gauche, et à faire glisser sa main gauche hors du lien maintenant légèrement détendu. Cependant, son autre main est toujours attachée à ses chevilles, ce qui rend la tâche très difficile surtout en essayant de ne rien laisser paraitre. Il faut encore gagner du temps… mais Carter se reprend plus vite qu'elle ne l'aurait souhaité.

Son visage virant de plus en plus au rouge sous l'effet de la colère. Il se penche à nouveau au-dessus de Jane, et appuie la perceuse violemment au niveau de sa clavicule droite. La punition pour lui avoir tenu tête.

- "On passe aux choses sérieuses…" siffle-t-il sans lui laisser le temps de se préparer.

Jane pensait avoir gagner du temps mais non, elle pensait avoir détourné l'attention de Carter mais non, elle a juste alimenté sa colère sans même savoir ce qui l'a provoqué… Sa main droite est presque libérée, encore quelques secondes pour passer sa main dans le lien…

La douleur la transperce alors tellement vite et tellement vive que son corps se cabre sous le choc, elle a l'impression que le cri qui s'échappe de sa gorge, emporte avec lui toute l'énergie qu'elle avait réussi à récupérer après les noyades simulées.

Les yeux fermés pour lutter contre l'évanouissement, les dents serrées pour étouffer les plaintes qui veulent s'échapper encore de sa gorge, elle tente de juguler la brûlure qui se répand petit à petit dans tout son côté droit, de contrôler sa respiration.

Carter la regarde, la mèche de la perceuse maintenant enfoncée dans la chair de l'épaule de la jeune femme. En général il préfère laisser aux autres le soin de s'occuper de ce genre de corvée, la torture ce n'est plus de son âge ni de sa fonction, mais pour Jane il fait exception à la règle. Il y a des choses qu'elle sait et qui le concerne personnellement, il ne peut pas se permettre que quelqu'un d'autre obtienne ces informations. Et il veut ces réponses ! Trop de choses sont en jeu, trop de secrets qu'elle semble connaître et il veut savoir comment et pourquoi ! Ses années d'ancienneté à la C.I.A lui ont appris ce qu'il faut pour que les blessures qu'il inflige soient très douloureuses mais pas mortelles. Il n'a touché aucun organe, aucun os, la mèche a pénétré juste sous la clavicule directement à travers le muscle, suffisamment loin de l'artère sous-clavière, mais provoquant une douleur intense et immobilisant le bras par la même occasion.

- "Maintenant qu'on s'est compris, on va reprendre où on en était avant ce petit intermède" annonce-t-il "Vous allez me dire qui vous êtes. Je veux savoir à quel jeu vous pensez jouer ! Pour qui vous vous prenez ?"

Jane est incapable de parler, elle se bat pour contrôler la douleur qui l'empêche de réfléchir. Inspirer, expirer… les dents toujours serrées, elle ouvre à nouveau les yeux pour regarder l'homme qui la toise. Inspirer, expirer… laisser la douleur s'échapper avec l'air qu'elle expire, encore une fois, encore une fois… doucement le voile rouge qui obscurcit sa vision, se dissipe. Tout en continuant son exercice pour regagner le contrôle d'elle-même, elle teste sa mobilité.

Elle ne pourra pas gagner de temps maintenant, personne ne viendra à son secours… elle doit se résoudre à s'en sortir seule. Son épaule droite n'est que douleur, elle peut voir l'outils toujours enfoncé dans sa chair… son bras droit, toujours tiré dans son dos, est immobilisé par son épaule blessée. Elle peut cependant sentir maintenant que sa main droite est libre de ses liens, au moment où son corps s'est cabré sous la douleur, sa main s'est libérée. Ses deux mains sont maintenant libres, mais seul son bras gauche est utilisable. Ses jambes ne sont maintenant plus attachées dans son dos, mais toujours liées entre elles au niveau des chevilles.

Voyant que Jane résiste, où plutôt ne répond pas à ses injonctions, Carter appuie un peu plus sur la perceuse, sans l'allumer cette fois, juste en maintenant une pression supplémentaire. Ce qui ne manque pas d'arracher un nouveau cri à de la jeune femme.

- "Je vous avais prévenu… Je sais que la douleur est insoutenable, encore plus dans votre position, mais je peux vous dire que ce n'est rien comparé aux autres points sur lesquels je vais faire pression jusqu'à ce que j'obtienne les réponses que j'attends" dit-il une lueur sadique dans le regard.

Elle ne peut pas retenir le cri qui passe ses lèvres à l'instant où Carter accentue la pression sur la blessure, elle n'a pas eu le temps de s'y préparer, essayant encore de maitriser la première salve de douleur. Les étoiles qui dansent maintenant devant ses yeux ne sont pas bons signes. Il faut absolument qu'elle agisse rapidement où elle ne pourra plus rien faire.

Son plan est simple… et elle n'a qu'une seule chance d'y arriver, une seule et maigre chance. Maintenant ou jamais… Poussée par une montée d'adrénaline…

- "Allez… vous… faire foutre…" murmure-t-elle alors, tout bas, juste assez fort pour qu'il comprenne qu'elle a parlé mais pas assez pour qu'il comprenne ce qu'elle dit. Comme à bout de souffle…

- "Quoi ?" demande-t-il en se penchant plus près pour écouter, lâchant de fait la perceuse qu'il tenait encore.

Jane se prépare à l'attaque, encore quelques secondes, il est presque à portée, encore une seconde, approche… encore…

Avec une force et une énergie qu'elle n'imagine pas, et Carter non plus, elle pousse un cri de rage et profitant de la surprise de son tortionnaire le frappe de toute ses forces avec son poing gauche, atteignant la tempe droite de celui-ci. Sous le choc, il part en arrière et vacille.

Dans son élan, la jeune femme se redresse, son bras droit inerte, et se saisit de la perceuse, toujours plantée dans son épaule droite, la tire d'un coup sec de la main gauche, hurlant encore une fois, non plus de douleur, mais de rage. Carter n'a pas le temps de reprendre ses esprits que Jane se précipite sur lui, son arme improvisée toujours en main. Malheureusement, elle se retrouve violemment tirée en arrière par de puissantes mains avant même d'avoir pu atteindre sa cible.

Le bruit de lutte a attiré l'attention de l'hommes de main de Carter, qui était resté en retrait, hors de sa vue.

Encore chargée d'adrénaline, elle tente de frapper son adversaire, mais avec un seul bras, un gabarit bien inférieur à sa cible, ses mouvements pas aussi précis que d'habitude, le combat s'annonce difficile.

Le dos tourné à Carter, son attention focalisée sur l'homme face à elle pour éviter les coups de celui-ci, elle n'a pas vu venir le danger.

Une nouvelle douleur, parcourant tout son corps la paralyse en un instant. Dans l'incapacité de bouger, elle n'a pas la possibilité d'éviter le coup porté par son adversaire et qui l'atteint au menton avec violence. Un voile noir s'abat sur elle et elle s'effondre au sol comme une poupée de chiffon. Dans son dos 2 petites piques en métal dépassent de sa veste, à partir desquelles des fils s'étirent jusqu'au pistolet à impulsions électriques qui se trouve encore dans la main de Carter.

Le Directeur Adjoint de la C.I.A se tient debout devant le corps de la jeune femme, inconsciente maintenant. Une contusion commence à apparaître autour de son œil, où le poing de Jane l'a touché. Incroyable la puissance dont elle a fait preuve malgré sa situation.

Cette femme n'est clairement pas ce qu'elle prétend être. Il est impossible qu'une simple jeune femme sans histoire soit capable de ce qu'elle a fait, de résister à la douleur, et se défaire de ses liens et de se battre après avoir été torturée. Ses aptitudes physiques sont très particulières. Encore une fois, il doit absolument savoir ce qu'il en retourne. Impossible pour lui de laisser cette femme en liberté, le risque pour lui est trop grand. Mais il se rend compte que s'il veut des réponses, il va devoir s'armer de patience…

- "Ça va être plus compliqué que prévu…" dit-il à l'attention de son homme de main. "Ramassez-là, attachez-là bien cette fois ! Hors de question qu'elle parvienne à nouveau à se détacher !" grogne-t-il. Ça aurait pu mal se passer si elle avait réussi à s'échapper…"Nous allons la transférer dans un endroit plus approprié, finalement elle est plus coriace que je ne le pensais. Nous allons devoir remédier à ça" continu-t-il. Elle finira par me dire ce que je veux savoir, peu importe le temps que ça prendra.

L'homme de main s'exécute, il se penche vers Jane et la soulève sans ménagement. Il peut confirmer qu'elle a son compte pour l'instant.

Il a été surpris par la commotion qui avait éclaté quelques minutes plus tôt. C'est pourtant lui qui avait attaché la jeune femme, et il est sûr que les liens étaient solides, la position dans laquelle il l'avait maintenue était éprouvante pour les articulations des épaules aussi bien que des genoux. Malgré tout il avait été impressionné de voir qu'elle avait réussi à se libérer et que malgré le traitement qu'elle avait reçu des mains de Carter, elle était parvenue à prendre le dessus sur celui-ci. Il ne commettrait pas une seconde fois l'erreur de la sous-estimer. On lui avait dit que la jeune femme, n'était qu'une consultante pour le F.B.I et qu'elle était amnésique. Il n'a pas mesuré le risque qu'elle représente réellement, Carter non plus visiblement.

Suivant Carter, il rejoint ses collègues qui montent la garde à l'entrée du bâtiment. Ceux-ci lancent des regards curieux en le voyant transporter la jeune femme, ils pensaient bêtement qu'une fois la sale besogne accomplie, ils laisseraient son cadavre dans ce sous-sol sordide.

- "Changement de programme" annonce Carter à leur attention "on déménage."

Sans un mot, les deux hommes suivent leur collègue vers la camionnette toujours garée devant le bâtiment. Le corps de Jane est jeté à l'arrière et des menottes sont passées à ses poignets, elles- mêmes accrochées aux montants intérieurs de la camionnette.

Carter laisse ses hommes s'occuper de Jane, ils ont reçu leurs consignes.

Il doit s'occuper de quelques points importants avant de pouvoir les rejoindre dans la planque sécurisée où il pourra être tranquille pour extirper les réponses attendues de la part de Jane.

Il a beaucoup de questions pour elle… qui le concernent directement bien sûr, mais tellement d'autres sur tous ces tatouages, tout ce qu'ils semblent racontés et surtout il veut comprendre le plan derrière tout ça ! Il n'est pas stupide, évidemment qu'il y a un plan derrière tout ça, et il y va de la sécurité nationale de découvrir ce qu'il en est. Evidemment que ses actions sont légitimes, c'est son travail de veiller à la sécurité nationale non ? Il est le Directeur Adjoint de la C.I.A, évidemment qu'il ne fait que son travail… régler ses propres "problèmes" au passage, faire le ménage ne sera qu'une conséquence de son travail bien fait…

Le sourire qui se dessine sur son visage, ainsi que la lueur mauvaise dans son regard, lorsqu'il s'installe dans sa voiture ferait froid dans le dos à quiconque le verrait.

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Désolée, je sais que la majorité du chapitre n'était qu'une reprise de l'épisode, mais je voulais pouvoir mettre en place l'histoire qui va en découler, et pour ce faire je devais reprendre au plus près l'existant qui était essentiel pour la suite.

Dans le prochain chapitre, il y aura l'autre pendant de l'histoire. Ce qui s'est passé pour Kurt après le baiser de Jane. C'est vraiment là que je quitte le fil original pour partir dans ce que j'aurais pu aimer voir.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.