Elle s'est enfuie pendant qu'il criait encore après elle, lui rappelant encore une fois de sa trahison envers l'équipe. Après coup, il l'a cherchait partout dans SIOC et dans le laboratoire, mais il ne l'a trouvait nulle part jusqu'à ce que Nas l'informe qu'elle avait croisé Jane en quittant zero division. Donc Kurt est allé par là. Il l'a trouvé assise au sol, devant la cellule de détention.

— Jane… Qu'est-ce que tu fais ici ?

Elle ne répondit pas alors il s'assit à côté d'elle, mais pas assez proche pour la toucher.

— Je suis désolé, je n'aurais pas dû crier après toi.

— Arrête.

Après un moment de silence, il se décida à lui demander.

— Pourquoi es-tu venue ici ? Le bureau est grand, tu aurais pu te cacher n'importe où.

— Alors, pourquoi ai-je choisi zero division ? Ou juste en face de la cellule qui m'a toujours été destinée ?

— Ça…

Il voulait lui dire que ça ne sera jamais sa cellule, mais…

— Je ne suis pas naïve, je sais que toi et Nas ne me faites pas confiance et que Pellington n'aurait jamais permis une chose pareille sans un moyen de prévenir une possible évasion de ma part si jamais l'un d'entre vous pensait que je le ferais. Je ne partirai pas, en passant. Mais c'est clair que le plan est de me mettre dans cette cellule si je ne collaborais pas, au moins jusqu'à ce que la CIA revienne pour moi. Et ça reste toujours un moyen de persuasion. C'est une menace et je le sais.

— Alors pourquoi as-tu choisi de venir en face de la cellule après notre discussion ?

— On appelle ça une discussion ? De mon point de vue, c'était plus une chicane.

Kurt ne dit rien. Mais quand Jane ne parla pas, il se décida.

— Tu ne retourneras pas à la CIA. Peu importe ce que je dois faire pour te garder loin d'eux, je le ferai.

— Ça peut ne pas être assez. Si Nas crois que je ne suis pas assez bonne, ou si la CIA est assez déterminée, il n'y a rien que tu pourras faire.

— Veux-tu en parler ? De la CIA, de Nas, Sandstorm.

— Tu sais déjà tout ce qu'i savoir sur Sandstorm et Nas.

— Quand même tu as été gardée durant trois mois dans une prison secrète de la CIA et on ne sait rien sur cette période.

— Donc tu veux juste tout savoir à mon sujet.

— Juste les parties que tu veux révéler. Ça a dû être horrible. Mais maintenant, quand tu as décidé de t'enfuir de moi, tu aurais pu aller n'importe où, même chez toi, même hors du FBI, mais tu as choisi la cellule.

Jane tressaillit un peu.

— Si tu ne veux pas m'en parler, c'est correct aussi. Mais sache que j'écouterai. Même si je ne t'ai pas envoyée là-bas, je sens que j'aurais pu faire plus pour toi.

Elle voulait lui dire qu'il aurait pu la laisser s'expliquer, mais elle n'avait pas la force de dire quelque chose d'aussi méchant. Elle ne voulait pas lui faire encore mal.

— Je… Pendant que j'étais là, pour une grande partie, je pouvais être en sécurité dans mes pensées et être correcte, sans douleur, sans rien. Mais…

Kurt prit sa main et la serra.

— Je n'avais pas d'espoir dans mes pensées. Tu vas probablement dire que je suis étrange et pas normale, mais la seule place qui me donnait de l'espoir était ma cellule. Quand j'étais dedans… Ils ne me torturaient ni ne me faisaient mal ou rien quand j'étais dans ma cellule. Ils ne me laissaient jamais les menottes non plus. Ils me tourmentaient parfois, me disant que je ne méritais pas la nourriture qu'il m'était donné, mais rien de méchant.

Kurt soupirera.

— La cellule était la place où je préparais mon évasion. J'étais laissée seule dedans et je pouvais me reposer un peu, récupérer avant la prochaine ronde. J'ai toujours pensé qu'ils allaient éventuellement m'enlever tout ça, mais ils ne l'ont pas fait. Peut-être parce que je me suis échappée avant qu'ils en aient eu la chance.

— Donc, la vue de cette cellule te calme et tu donnes de l'espoir ?

— Toujours le même éclairage, même son, plus ou moins, même vue, mêmes murs. Je pouvais penser qu'une fois que je me serais échappé, je pourrai… Tout irait mieux. Que je serais capable d'arrêter Sandstorm. Si tu ne voulais pas m'écouter, ça m'était égal, j'ai fait la paix avec ça. Mais j'espérais que je pourrais trouver et arrêter Shepard.

— On va l'arrêter.

— Des fois, quand l'équipe est hostile envers moi, je doute que je vais être capable de compléter ma mission. Mais quand je viens ici, je retourne en arrière à quand je n'avais que ça. C'était ma seule pensée.

— Tu n'es pas seule. On est tous là.

— Tu as tort. Je suis plus seule que je l'étais avant. À la prison secrète, j'ai fait le deuil de l'équipe. J'ai fait le deuil de tout sauf de la liberté et de la vengeance. J'ai même fait le deuil de toi. Mais être de retour ici, vous avoir tous si proche et si loin en même temps…

— Donne-nous juste le temps. On va y arriver.

— Je sais que ça prendra du temps. Mais des fois, c'est comme si j'étais encore dans la cellule, avec mes espérances. Et là, quelqu'un dit quelque chose et je suis de retour avec une équipe qui ne me fait même pas confiance, mais me demande d'être digne de confiance.

— Je te fais confiance. Pas complètement, mais sur le terrain, oui. Tu as eu ta chance au motel, tu ne l'as pas prise. Je sais que tu ne me feras pas de mal délibérément.

— Des fois, je veux retourner dans ma cellule. Les pensées de tortures à venir étaient presque mieux que tout ça.

— Non Jane, on te fait confiance, et tu vas réussir. Tu dois y croire.

— J'y crois, mais c'est plus facile devant cette cellule.

— Je te promets, tu ne vas jamais retourner dans une cellule temps que j'ai mon mot à dire.

— Mais Kurt, je veux y retourner. Je veux aller dans celle-là. Me sentir en sécurité, sentir l'espoir. Juste pour savoir que tout va éventuellement bien aller. Je veux aller à l'intérieur.

— Pourquoi tu ne l'as pas fait ? Tu pourrais y entrer, non ?

— Il y a un code pour la porte. Et une fois à l'intérieur, je suis certaine que la porte se fermera. Je ne veux pas que l'équipe me trouver là.

— Tu veux vraiment y aller maintenant ? Je resterai et j'ouvrirai la porte pour toi.

— Vraiment ?

— Si ça peut t'aider.

— Mais, je voudrais être seule à l'intérieur.

— Alors j'irai plus loin dans le couloir. Tu ne me verras pas. Cogne quand tu voudras sortir.

— Okay, mais…

— Oui ?

— Assure-toi que l'équipe ne le sache pas.

— Tu peux compter là-dessus.

Ils se levèrent et Kurt ouvrit la porte de la cellule.

— Tu veux toujours y aller ?

— Oui.

— Je viendrai dès que tu m'appelles.

Jane lui sourit. Elle entra dans la cellule et entendit la porte se fermer derrière elle. Elle entendit à peine Kurt s'éloigner. Pour la première fois depuis son évasion, elle se sentait en paix, comme si rien ne pouvait arriver pour un moment. Cette sensation était meilleure qu'à la CIA, elle faisait confiance à Kurt pour venir, mais aussi pour garder son secret. Paradoxalement, elle se sentait libre, elle sentait que tout était de nouveau possible. Une fois qu'elle a atteint le fond, elle ne peut que se relever. Peut-être qu'elle est folle, mais elle allait vaincre Sandstorm, elle allait faire en sorte que sa mère paye pour ce qu'elle lui a fait, elle allait venger la mort de Mayfair et elle allait tous les faire payer.

Kurt avait dit qu'il n'y avait aucune façon de régler la situation, mais pour une fois, elle avait retrouvé l'espoir qu'elle pourrait tout régler, tout arranger.

Elle s'assit sur le lit, mais ça ne lui semblait pas correct. Elle n'avait pas de lit dans sa cellule. Alors elle s'assit au sol. Elle enleva ses souliers et ses bas. Elle ne les avait pas avant. Elle laissa ses orteils sentir le froid du plancher. Soudainement, elle se sentit vivante, plus vivante qu'au FBI, plus qu'à la prison secrète, plus que n'importe quand avant. Elle avait un but.

Elle avait quelque chose qu'elle n'avait pas avant, parce que quand elle cherchait qui elle était, elle ne savait pas ce que c'était que de tout perdre, de perdre son but dans la vie, et d'être dépourvu de tout encore une fois. Elle avait une chance dans sa vie de reconstruire et de devenir qui elle voulait être. Et elle allait prendre cette chance et faire du mieux qu'elle pouvait.

Après ce qui lui sembla une éternité, elle remit ses bas et ses souliers puis se leva. Elle frappa sur la vitre et appela Kurt.

Il venue instantanément et ouvrir la porte pour elle. Elle souriait comme elle n'avait jamais souri avant.

— Merci beaucoup, j'en avais vraiment besoin.

— Je peux voir ça. Tu ressembles à un enfant à Noël.

— J'avais besoin de revivre cette sensation encore. Et je suis plus déterminée que jamais.

— Content de l'entendre, même s'il a fallu que je te mette en cage pour que ça arrive.

— Je sais que tu viens de promettre que tu ne le feras pas, mais tu n'as pas brisé ta promesse, tu m'as aidée.

— Content d'avoir pu aider.