Eggsy regarda son réveil : il était onze heures. Quoique l'heure ne fût pas très matinale, il n'aurait pas refusé un peu de sommeil supplémentaire. Mais avec la lumière qui se déversait dans la chambre, il semblait difficile de se rendormir. Il aurait sans doute dû penser à fermer les volets, hier soir.

Il grogna faiblement par habitude, et resta là, à s'étirer langoureusement de tout son long. Cabossés par sa mission, dont il était revenu la veille, ses muscles le tendaient.

Reprenant ses esprits, il réalisa. La soirée dernière. Harry était vivant. Harry était revenu d'outre-tombe.

C'était quelque chose qu'il avait imaginé tant de fois : retrouver Harry, pouvoir contempler son visage, l'entendre lui parler de nouveau. Pourtant, jamais il n'aurait pu savoir que tout allait arriver ; et, surtout, pas si brusquement. Sa réaction avait de loin dépassé la simple surprise ; il avait ressenti une telle stupeur face à ce qu'il avait vu, qu'il s'en était trouvé paralysé, impuissant.

Apercevoir Harry si abruptement lui avait un temps brisé le cœur plus qu'il ne l'avait apaisé. Il s'était senti défaillir face à ce déferlement d'émotions contradictoires, d'une puissance inouïe, et Harry avait dû encaisser à la fois toutes ces larmes et ces cris de colère.

D'une façon terriblement paradoxale, Eggsy s'était déchainé sur l'homme qu'il avait tant pleuré, celui qu'il implorait de revenir depuis des mois.

Harry aurait pu répondre d'une façon égale à ce déferlement de douleur rancunière. Il aurait pu repartir, comme il était venu : sans un bruit, fantomatique. Mais non. Il avait accepté la rage d'Eggsy. Il s'était comporté comme le gentleman qu'il avait toujours été : calme et compatissant.

Et si cela n'avait été qu'un rêve ? Se pouvait-il réellement qu'Harry soit de retour ? Vivant ? Pour de vrai ?

Eggsy devait savoir. Si Harry était encore là, il se devait de savoir.

Alors, désormais parfaitement réveillé, il sortit d'un bond de son lit. Il s'habilla à la hâte, partagé entre une excitation presque euphorique et la crainte de découvrir que son subconscient lui ait encore joué un tour.

Il quitta sa chambre et descendit les escaliers.

Il n'avait même pas atteint le rez-de-chaussée qu'il entendit une musique, qui venait de la cuisine. Le volume était assez fort pour remplir la pièce mais suffisamment faible pour ne pas réveiller l'étage.

Eggsy se sentit sourire, presque niaisement.

Il n'avait même pas besoin de voir qui était dans la cuisine. Il le savait, il le sentait.

Sa crainte s'envola, et il n'eut que quelques pas à faire pour vérifier de manière absolue ce qu'au fond de lui il pressentait - et espérait - déjà.

Harry était là. Du moins, Eggsy aperçut son dos. Attablé au plan de travail, il se balançait de droite à gauche au rythme pop de la musique. Elton John, naturellement.

Eggsy sentit son sourire s'étirer. Il ne pouvait s'en empêcher. Voilà qu'il revoyait, cette fois pleinement disposé, son mentor. Et celui-ci dansait. On n'aurait pu faire meilleure scène.

Il resta là, quelques secondes, à sentir la joie l'envahir, admirant le déhanché - inattendu mais merveilleux - de Harry Hart.

Don't you know I'm still standing better than I ever did

Looking like a true survivor, feeling like a little kid

I'm still standing after all this time

Eggsy aurait pu demeurer là des heures durant, simplement à le regarder, au rythme du tube eltonien. Il pria presque pour qu'il ne se retourne pas trop vite.

Ce que, hélas, Harry fit assez rapidement. Un authentique Kingsman possède une sorte de sixième sens qui lui fait détecter lorsqu'il est observé. La vue d'un Eggsy goguenard stoppa nette la chorégraphie galahadienne, mais pas la musique.

"Tiens, Eggsy, te voilà réveillé."

Elton entama de nouveau le refrain, et Harry tenta de paraître détendu, quoiqu'évidemment ennuyé de s'être donné en spectacle d'une telle façon devant son élève. A l'évidence, il espérait qu'on ne relève pas ce à quoi il venait d'assister. Mais Eggsy, trop heureux pour le dissimuler, laissa libre cours à sa raillerie.

"Admirable déduction matinale… Je ne te savais pas si bon danseur, ni danseur tout court."

Il jubilait tellement que revenait au fond de lui, telle une bouffée d'oxygène, un sentiment qu'il n'avait que trop rarement connu ces derniers mois : son espièglerie caractéristique.

Pour son plus grand bonheur, Harry répliqua, faussement indigné :

"Je ne sais pas ce qui me retient de t'envoyer une fléchette d'amnésie. Où est mon parapluie, jeune homme ?

Même la plus puissante des fléchettes ne réussirait pas à me faire oublier ce que je viens de voir, souffla le garçon. J'aurais dû te filmer tant qu'il était temps… Sérieusement, Harry Hart écoutant Elton John ? Me voilà choqué… Qu'en penseraient Schubert, Brahms et Satie ? Ils se retourneraient dans leur tombe… Je crois que la country a eu raison de tes tympans. Possiblement, une partie de ton cerveau a été emportée aussi. Terrible souffrance pour le britannique pur-sang que tu es.

Harry le jaugea du regard, choqué par l'impertinence de son élève qui venait de souiller en trois phrases 200 ans de musique classique, une partie du patrimoine américain et le plus grand chanteur britannique de tous les temps. Sans compter qu'il s'était ouvertement moqué de lui.

"Je pense plutôt qu'ils seraient ravis de voir qu'un piano joué avec maestria peut toujours autant faire chavirer une foule. De plus, Eggsy, je me dois de t'interpeller. Tu confonds encore musique romantique et musique moderne. "

Mais Eggsy s'amusait beaucoup. C'était fou comme l'air pompeux d'Harry lui avait manqué. Il était bien décidé à continuer sur sa lancée.

"Musique moderne ? J'appelle plutôt ça de la musique de suicidaire. Qui pourrait encore avoir envie de vivre après avoir écouté du Satie ?"

Il était volontairement téméraire, mais rien que le fait de revoir Harry se tenir dans la cuisine lui donnait des envies de se conduire en véritable emmerdeur, juste pour le plaisir de pouvoir enfin exprimer sa joie, de pouvoir décompresser avec quelqu'un.

Etrangement, les derniers mois s'étaient faits sans grands moments de désinvolture - du moins, pas aussi légère. Il avait été impoli, oh que oui, mais son arrogance était alors véhiculée par une amertume qui menait à des débordements fréquents.

Lorsqu'il n'était pas abattu, il pouvait devenir infect, sans cesse prêt à cracher son aigreur à quiconque le croisait.

Merlin avait fait preuve d'une grande indulgence. C'est lorsqu'Eggsy, dans un accès de colère, s'en était directement pris à la vertu de la mère du chauve qu'il avait compris, au regard que ce dernier lui avait lancé, qu'il valait mieux pour lui ne pas en rajouter. Alors, il s'était muré dans le silence. Mais le silence n'aidait pas à avancer.

Cette fois, cependant, Eggsy se délectait de pouvoir brimer avec la malice qui lui avait manqué ces derniers temps. C'était une sensation qui le rendait léger, lui faisant presque oublier combien il avait pu être infect sans la présence d'Harry pour modérer son caractère impulsif.

"Ton petit déjeuner est prêt, dit Harry pour changer de conversation, en montrant un copieux petit déjeuner posé sur un plateau en argent, lui-même reposant sur le plan de travail. Je voulais te l'apporter dans ta chambre, mais tu t'es réveillé trop vite.

- Merci. Et le tien, il est où ?

- Je l'ai déjà pris, je suis matinal. Quand tu te réveilles, j'ai en général eu le temps de sauver le monde deux fois, tu sais.

- Et quel était le danger, cette fois-ci ? demanda Eggsy, lui adressant un regard joueur.

- Que le café ne soit pas chaud à l'heure pour monsieur Eggsy, répondit tranquillement Harry en déposant une tasse sur le plateau destiné au garçon.

Eggsy s'assit autour de la table, goûta une gorgée de café, reposa la tasse et dit à Harry en imitant la voix d'Arthur : "Mission réussie, agent Galahad."

Harry laissa échapper un rire, auquel répondit Eggsy par un clin d'œil amusé.

Pour la première fois depuis six mois, pour l'un comme pour l'autre, la journée débutait dans une atmosphère légère, avec un ami à proximité. Et c'était merveilleux.

Eggsy avala goulument le petit-déjeuner typiquement anglais - à croire que l'aîné voulait rattraper son choc de la nourriture américaine - qu'Harry lui avait préparé. Les œufs sur le plat étaient parfaitement cuits, et Eggsy entama les toasts, les pancakes et les haricots avec un enthousiasme visible.

La bouche pleine, il hocha vivement la tête en regardant Harry, qui buvait son café, accoudé au plan de travail.

"Mr'chi Ary.

Avec joie, jeune homme. Charmant spectacle que celui de l'intérieur de ta bouche."

Eggsy eut envie d'exploser de rire, mais ç'aurait été un véritable carnage, alors il se contenta de sourire, et poursuivit son entreprise de mastication.

Elton John eut le temps de dérouler une partie de son album avant qu'Eggsy ne termine ce petit-déjeuner de retour de mission - lequel avait rarement été aussi bon.

La matinée était ensoleillée, ils avaient du temps devant eux : pour un peu, ils se seraient presque crus en vacances. Ce qui, au final, était le cas pour Eggsy. Une confortable semaine de congé, en récompense d'une mission délicate. Dieu bénisse la Reine, il était de retour à Londres, et avec un supplément 'beau temps' !

Le soleil laissait en effet ses rayons imprégner la pièce d'une douce tiédeur, la lumière rendant leurs couleurs chaudes aux meubles.

Eggsy se laissa glisser contre le dos de sa chaise, ses pieds s'étendant sous la table, et regarda Harry, qui lui souriait, l'air satisfait de le voir si apaisé.

"Tu es adorable."

La remarque fusa avant même que Eggsy ne réalise ce qu'il venait de dire. Harry reçut la phrase en haussant les sourcils, faussement outragé.

"J'ai le sentiment que ces mois passés sans ma tutelle pour te guider t'ont rendu particulièrement dévergondé. Qui êtes-vous monsieur, et qu'avez-vous fait à Eggsy Unwin ? Vous savez, le jeune homme sage et élégant que j'ai laissé dans cette maison il y a six mois et qui ne se serait jamais permis un tel manque de pudeur envers son mentor ? La seule personne sur terre autorisée à me qualifier d'adorable est madame Hart mère ! Et je la laisse faire uniquement parce que la pauvre la femme n'a plus toute sa tête. Ce qui, à l'évidence, n'est pas votre cas. Quoique votre dernière remarque me fasse douter de cette affirmation."

Eggsy ne put s'empêcher de ricaner ouvertement face à l'air outré qu'avait pris Harry en lui répondant, de cette intonation pincée qui lui rappelait le jour où il l'avait abordé en sortie de garde à vue. C'était précisément cet air qui avait donné envie à Eggsy de fermer le clapet à cet aristo' qui s'était permis de le juger, du haut de sa tour d'ivoire.

"Je parie que ça te manque. Lança-t-il, moqueur.

Quoi donc, jeune homme ?

Que personne ne te dise que tu es adorable."

Le garçon n'était pas loin de glousser lorsque son mentor lui lança un regard désabusé, presque désespéré.

"Eggsy, tu es un enfant. En pire…"

Mais Eggsy n'en avait pas fini avec sa fourberie - au grand dam de l'aîné.

"Pourtant, ce sont bien des fossettes que je vois.

Des fossettes ? Non, Eggsy, je n'ai pas de fossettes.

J'te jure, tu en as ! s'exclama Eggsy. Souris un peu pour voir ?

Eggsy, je ne souris pas sur commande."

Harry ne savait honnêtement pas s'il devait être profondément exaspéré ou amusé devant la ténacité espiègle d'Eggsy. Mais le fait de n'avoir eu personne d'autre à vanner pendant les derniers mois le conforta dans l'idée que cette situation était en réalité très agréable.

Cependant, voir le garçon s'approcher, un sourire machiavélique aux lèvres, n'était certainement pas rassurant. C'était même très louche.

"Eh bien, je pense que la commande va très vite arriver !"

D'un bond, il se précipita sur son mentor, avec la ferme intention de le chatouiller. Harry comptait bien ne pas se plier à une attaque si fourbe. Il parvint à l'esquiver, mais c'était sans compter l'entêtement d'Eggsy à mener à bien son Opération Chatouillage Intempestif.

S'ensuivit alors une scène grotesque du garçon poursuivant Harry, les bras tendus en avant. Eggsy se sentait déborder de joie, si heureux qu'il avait le sentiment qu'il allait exploser. A l'opposé, Harry pensa nostalgiquement au temps béni où les mentors étaient encore respectés en tant que tels. Où était donc passée son autorité ? A peine revenu d'entre les morts, il se retrouvait molesté par son ancien élève.

Dieu sait comment, Eggsy parvint à l'acculer contre un mur de la cuisine. Harry tenta de protester, prenant cette tonalité où le sérieux se confondait avec le rire. Quoiqu'il se soit déjà connu plus convaincant.

"Eggsy ! Ce que tu t'apprêtes à me faire est d'une sournoiserie sans nom ! C'est peu digne d'un gentleman !

- Oh mon Dieu, ces fossettes !" Se délecta son aimable tortionnaire.

Eggsy n'eut pas le temps de finaliser son crime prémédité. Le téléphone sonna, coupant court à la scène - qu'Harry craignait de voir dégénérer en assassinat du garçon : un coup de pied était si vite parti.

Eggsy s'arrêta, profondément ennuyé par cette interruption. Il lança un sourire en coin à son mentor.

"Sauvé par le téléphone.

Réponds, je t'en supplie, implora l'aîné, sentant que son salut se tenait peut-être au bout du fil.

Pour qu'un paki me demande comment je prévois de rémunérer ma retraite ?

Ils ont fait plus pertinent… Mais il se peut que ce soit Kingsman."

Eggsy soupira, frustré d'avoir été ainsi arrêté dans son enthousiasme, mais Harry, reprenant contenance, l'incita à décrocher d'un regard.

Alors, Eggsy se dirigea au pas de course vers le salon, et parvint à décrocher avant que la sonnerie ne s'arrête définitivement.

Le "Oui ?" qu'il lança à son interlocuteur n'avait rien d'engageant.

"Bonjour Eggsy. Heureux de voir que tu es d'aussi bonne humeur." répondit celui-ci, sur le même ton.

Merlin. Malheur.

"Ne me le dis pas… commença Eggsy en soupirant bruyamment. J'ai un rendez-vous de check-up ?

Naturellement."

Merde. Il avait complètement oublié.

C'était pourtant la règle, le lendemain de chaque mission où le physique était mis à rude épreuve - c'est-à-dire souvent - : le check-up médical qui consistait essentiellement à se faire triturer pendant deux heures par un tas d'instruments médicaux de haute technologie, qui vous scannait la pupille à coup de lumière flinguante, contrôlait votre rythme cardiaque, vérifiait si le temps d'apnée n'avait pas régressé… le tout sous le regard imperturbable de Merlin - qu'Eggsy soupçonnait de prendre secrètement son pied en voyant les Kingsmen se faire manipuler un par un.

Avec le retour d'Harry, il avait complètement oublié cette ennuyeuse formalité.

Il entendit Merlin râler à l'autre bout du combiné :

"A quoi ça sert d'avoir un téléphone portable dernière génération, si c'est pour ne pas l'utiliser. Les jeunes, vraiment... Lorsque tu daigneras le regarder pour autre chose que pour perdre ton temps et me faire perdre le mien, tu te rendras compte qu'une dizaine de messages t'attendent, dans la section SMS, qui, je te le rappelle, est l'utilité première du portable.

Oui, je sais.

Tu as intérêt à rappliquer dans la salle médicale dans une demi-heure. Tu n'as aucune excuse, le trafic est fluide. J'ai vérifié."

Eggsy remercia Merlin, qu'il entendit grommeler un "pas que ça à faire de t'attendre" avant de raccrocher.

Il reposa le téléphone sur sa base - comme quoi, les fixes pouvaient encore être utiles - et aperçut Harry, qui patientait dans le seuil de l'entrée. Les mains dans les poches, il regardait son protégé d'un air interrogatif.

"C'était Merlin, répondit Eggsy en devançant la question. J'ai un check-up médical à faire avant qu'ils me laissent enfin tranquille pour la semaine. J'avais… oublié. "

Son soupir eut pour effet de faire sourire Harry.

"Cache ta joie, jeune homme. Je suppose que tu dois faire au plus vite, sous peine de connaître le courroux de Merlin.

Auquel j'ai eu le temps de m'accoutumer… Tu as loupé de ces hurlements je t'assure.

Il est toujours étonnant de voir à quel point un chauve peut paraître menaçant, ironisa l'aîné, avant de reprendre.

"Je ne te retiens donc pas plus longtemps. File donc."

Il s'avança vers le porte-manteau, et décrocha le trench-coat d'Eggsy, lui présentant d'un geste, en un sourire satisfait.

"Je vois que tes goûts vestimentaires ont eu le temps d'évoluer. Qu'est devenue cette horrible veste jaune que tu portais à l'époque ?

Dis plutôt que tu espères qu'elle soit partie direction la déchetterie, nargua Eggsy, arquant un sourcil.

Moi ? Jamais.

Tente de t'en convaincre, trancha-t-il, son sourire narquois s'élargissant d'autant plus. Pour ta gouverne, sache qu'elle est parfaitement repassée, et rangée dans mon dressing. Un gentleman ne tourne jamais le dos à ses origines. D'autant que cette veste à la classe, quoi que t'en penses !"

Finalisant sa réplique d'un clin d'œil à son mentor, il enfila son manteau, avant de prendre les clés de la porte d'entrée, qu'il fit tournoyer.

Il s'avança vers la porte, puis s'arrêta, et, d'un air plus sérieux, se retourna vers Harry.

"Tu seras toujours là, n'est-ce pas ?

Sa question sonnait comme un besoin de confirmation, comme s'il doutait de la réponse.

"Je ne bouge pas de là."

Harry sembla si sincère qu'Eggsy se permit de lui renvoyer un sourire rassuré. Maintenant qu'il l'avait retrouvé, le simple fait de sortir la maison lui faisait penser que tout cela ne pouvait être qu'un joli rêve. Peut-être que Harry avait simplement tenu à vérifier que son élève était toujours en vie peut-être repartirait-il sans un mot sitôt Eggsy sorti.

Mais il y avait une telle honnêteté dans les traits de son mentor qu'Eggsy sut qu'il n'avait pas de crainte à avoir : Harry allait rester, quoi qu'il arrive.

Cela rendit Eggsy plus confiant à l'idée de quitter la maison, et il sourit à Harry.

"Merci. A toute !

A tout à l'heure, Eggsy." acquiesça l'aîné, laissant le jeune homme quitter la maison d'un pas décidé.