Comme promis, voici un nouveau chapitre. Je n'abandonne toujours pas, mais l'inspiration vient quand elle peut ! J'ai bien l'intention de terminer cette histoire, et j'espère poster plus régulièrement dans les mois qui viennent !

N'hésitez pas à laisser un petit mot en fin de chapitre !

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L'entrevue avec le prisonnier avait porté peu de fruit. Il semblait qu'il avait perdu une bonne partie de son bon sens lors de son séjour prolongé à Azkaban. Les trois sorciers avaient pourtant procédé à un véritable interrogatoire, à grand renfort de légilimencie. Et pas vraiment en douceur…

Ils retournèrent avec encore plus de questions dans le bureau du directeur, frustrés et légèrement inquiets tout de même.

Dans la salle commune des Gryffondors, l'humeur était légère. En ce premier jour du mois de mars, Ronald fêtait son anniversaire.

Ronald souffla ses bougies et distribua les parts du gâteau gigantesque fourni par les elfes pour l'occasion.

Une fois la dégustation terminée, Hermione sortit un paquet d'un meuble de la salle commune.

Le paquet semblait gigoter dans tous les sens, comme s'il était rempli d'épouvantard…

Ronald l'ouvrit prudemment, craignant une farce de ses frères. Le sourire qui illumina son visage lorsqu'il en découvrit le contenu, valait toutes les démarches compliquées pour faire parvenir le paquet contenant un être vivant pile le bon jour…

Après l'entorse au règlement faite en faveur de Polochon et d'Hermione, le directeur n'avait pas pu refuser l'ajout de nouveaux animaux de compagnie dans la liste des familiers autorisés.

La dépouille de Croûtard avait été retrouvée près de la volière, à demi dévorée par les résidents de cette dernière. La rumeur circulait que Miss Teigne était impliquée, mais personne ne pouvait confirmer l'information.

Le jeune croup qui reniflait avec enthousiasme le visage de Ron, ses mains, son cou, tout ce qui passait à sa portée, jappait d'excitation, remuant sa double queue frénétiquement.

- Joyeux anniversaire Ron ! s'exclamèrent Harry et Hermione en chœur. Après Croûtard, on s'est dit qu'on devait trouver un moyen de tourner la page !

- Comment vas-tu l'appeler ? Demanda Dean, qui passait par là.

- Fripouille ! Proposa Lavande.

- Gribouille ! Lança Parvati.

- Bandit !

- Moustache !

- Spaghetti !

- Rantanplan !

- Surimi !

- Saucisse !

- Tacos !

- Norbert !

- Wouaf !

Un grand silence se fit.

- Norbert ? Répéta Ron.

Le croup aboya à nouveau. Hermione, Harry et lui échangèrent un regard horrifié, puis éclatèrent de rire. Après explications, les autres rejoignirent l'hilarité générale.

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- Bien, Hermione, quel est le dernier livre de la liste que tu as lu ? Demanda le directeur, lorsqu'ils eurent fini leur thé.

- Je me suis focalisée sur la métamorphose ces derniers temps. J'ai toujours des difficultés dans mon entraînement d'animagus. La phase de méditation est plus difficile que je le pensais.

- As-tu pu visualiser la forme de l'animal que tu seras ?

- Non, répondit-elle d'une voix agacée. La seule chose que je sais, c'est que je volerais.

Le directeur pouffa en voyant la tête déconfite de sa pupille.

- Ce n'est peut-être pas si terrible ?

- Une sorte de perroquet, peut-être. Je pense que le plumage est coloré. Mais je n'arrive à rien dans le groupe d'étude en commun. Et lorsque je cherche à méditer seule, il y a toujours quelqu'un pour venir m'interrompre, ou une tâche du tournois, ou une idée, ou une question à poser à un professeur, ou un devoir à rendre, ou un test en approche… Je ne m'ennuie pas vraiment. Mais je n'avance pas non plus.

- Veux-tu que nous consacrions plus de nos entrevues à la méditation ?

Le regard reconnaissant qu'elle lança à son mentor était toute la réponse qu'il attendait pour bouger. Ils s'installèrent au sol devant la cheminée et entamèrent leur rituel de méditation.

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- Miss Granger, restez après le cours.

Hermione releva la tête et regarda son professeur d'arithmancie. C'était la première fois qu'elle l'apostrophait. En général, c'était plutôt après les cours de potion ou de métamorphose…

Une fois tous les autres étudiants sortis, l'enseignante se leva et rangea sa salle de classe. Hermione se leva et la suivit dans son bureau.

- Miss Granger, le directeur m'a demandé de vous recevoir une ou deux fois par semaine, pour le temps dont vous auriez besoin, afin d'avancer plus loin dans le programme et plus rapidement. Si cela vous convient, je comptais vous donner le matériel d'étude de l'année et vous laisser l'explorer. Ensuite, je vous laisse revenir vers moi avec vos questions sur ce matériel, et nous passerions ensuite aux cursus des années suivantes. Je suppose que je vous prends un peu par surprise, mais avez-vous des questions ou sujets que vous voudriez aborder aux cours de nos sessions ?

- Oh, euh… Eh bien, j'ai lu un ouvrage qui traitait de la tridimentionnalisation des équations sous forme de matrices… J'avoue que je n'ai pas vraiment saisi toute la portée des applications, mais ça semblait passionnant ! Je me demandais si cela pouvait s'appliquer pour la situation qui nous préoccupe actuellement…

- Vous voudriez prévoir l'issue du tournois ?

- Non, enfin, si, mais là, je pensais plus à la situation d'Harry, et au possible retour de Vous-Savez-Qui…

- Ah, je vois que vous pensez grand… Voici déjà les cours du reste de l'année scolaire. Je vous laisse les consulter et préparer les questions que vous auriez pour le prochain cours. Si vous n'en avez pas, nous commencerons le programme de la cinquième année.

- Merci beaucoup, répondit Hermione en rangeant les documents dans son sac.

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Le feu crépitait doucement dans la cheminée, berçant et rythmant la méditation profonde dans laquelle Hermione était plongée. Le directeur, fidèle à sa parole, consacrait une partie de ses leçons à la méditation, pour soutenir sa progression. Même si la méthode n'était pas la même, la technique ne pouvait qu'aider la jeune fille à progresser également en occlumencie. Elle faisait des progrès impressionnants dans tous les domaines auxquels elle se consacrait. Une élève vraiment brillante, sous tous rapports. Plus le temps passait, plus elle apprenait à penser par elle-même, et plus elle se faisait confiance pour expérimenter, au moins sur la partie théorique de ses recherches, et les discussions devenaient de plus en plus intéressantes.

La suggestion qu'il avait faite au professeur Vector était décidément une bonne idée. La jeune sorcière avait déjà une certaine affinité avec ce sujet, et montrait d'immenses capacités dans le domaine.

Et les séances de méditation l'aidait aussi beaucoup à absorber l'intense cursus qu'elle suivait depuis quelques années. Lorsqu'elle atteignait un état de méditation profonde, elle affichait une expression d'une sérénité saisissante. Cette session n'était pas comme les autres cependant, et le directeur observait intensément son élève. Il sentait sa magie s'agiter autour d'elle, se concentrer en vagues, aller et venir, l'encercler, se dissiper… Elle avait affiné sa vision de sa forme d'animagus et était persuadée de se trouver changée en un ara géant. Le directeur n'avait rien répondu lors de cette discussion, mais il se doutait bien que cette étudiante ne se contenterait pas de se changer en perroquet. Il pensait plutôt à une créature bien plus fantastique… Et symbolique !

Mais pour qu'elle l'atteigne, il lui faudrait réaliser sa première transformation et lâcher prise sur sa magie. La laisser la guider…

Soudain, un frémissement de magie autour de la jeune fille fit se flouter les contours de sa silhouette. Fumseck poussa un cri perçant en s'envolant et vint se poser sur le tapis près de la sorcière. Elle ouvrit brusquement les yeux, écarquillés de surprise et disparut, pour laisser la place à un magnifique jeune phénix au plumage étincelant. Elle émit une trille mélodieuse à laquelle répondit le familier du directeur. Elle se regardait avec curiosité, examinant ses ailes sous toutes les plumes, son appendice caudal entravant son examen approfondi. Elle s'essaya ensuite à mouvoir ses ailes comme pour s'étirer, puis pour s'envoler. Elle voleta de chaise en meuble, atterrissant tantôt sur une étagère, tantôt sur un dossier, puis sur l'âtre chaleureux. Lorsqu'elle eut compris le mécanisme de son nouveau corps, elle alla se poster sur le rebord de la fenêtre, regardant son mentor avec insistance, jusqu'à ce qu'il lui ouvre. Elle s'élança enfin dans le vide. Liberté absolue !