Edit (20/09/21)
Une suite directe à cette fanfiction est disponible. Elle s'appelle "Jamais fini".
Pour faciliter la lecture, ces histoires vont être regroupées sous l'appellation "Les Fins".

De plus, ayant (enfin) compris comment fonctionne le site et la mise en page, j'en profite pour corriger cela.


La partie "fiction originale" commence au chapitre "7. Labyrinthe".


Voici ma toute première fanfiction publiée.

Pour l'instant, je suis coincée dans "du canon pur et dur" (comme le dirait une amie). Connaître ce que vivent et ressentent les personnages est très importants pour moi. Comme je n'ai pas les scripts avec leurs didascalies sous les yeux, j'imagine ce que toute cette brochette de personnage que j'aime peuvent vivre et comment ils ressentent les choses.

Promis, plus tard, je sors totalement du "full canon" pour continuer sur une fanfiction personnelle.

En tout cas, j'espère que mon texte vous plaira.

Spoil s15

Tw alcool, mort


Les Fins - Les fins sont les débuts

01. Carry on

Le réveille sonna huit heures.
Toujours à moitié endormi, Dean appuya sur le bouton pour couper l'alarme. Il était encore en partie engourdi par la nuit.
En grognant, il se redressa pour s'étirer. C'était le signale pour Buddy : le feu vert pour le câlin du matin. Aussi vite, il sauta sur les jambes de son maitre.
Dean avait beau jurer à Sam que son moment préféré de la journée était le petit déjeuné, ce n'était pas le cas. Son moment préféré de la matinée, c'était quand Buddy se lovait dans ses bras. Ce moment où il était encore entre le sommeil et l'éveil. Ce moment béni où il ne savait pas encore où il était ni qui il était. Ce moment juste avant lequel il se rappelait toutes les horreurs qu'il avait vues et vécues. Ce moment où tous les visages incarnant ses échecs ne se massaient pas encore à l'orée de son esprit, pour lui rappeler ses erreurs.
- Hey Buddy. Bonjour.
Buddy. Le chien trouvé errant seul au milieu de nulle part.
Une explosion de souvenirs envahi sa mémoire, ses pensées. Tout. Les épreuves qu'il avait enchainées, les personnes qu'il avait perdues, les proches disparus, tout ce que leur avait fait vivre Chuck, le départ de Jack, la disparition de Castiel.
Il se figea. Buddy le sentit.
Le poids de l'animal sur ses jambes et sur sa poitrine rappela à Dean qu'il n'était pas seul pour affronter tout ça. Toujours aussi crispé, il s'autorisa à profiter de l'amour qu'un être vivant lui témoignait.

À peine un pied posé au sol, la routine s'enclencha.
Dean sentit, au loin, l'odeur du déjeuné préparé par Sam. Œufs, bacons et tartines grillées. Il abattit ses mains l'une contre l'autre avant de les frictionner vivement. Il enfila son peignoir et sortit de sa chambre, suivi de près par Buddy.
Toujours un peu sonné par la nuit, il passa la porte de la cuisine quand les tartines sautèrent hors du grille-pain. Le timing était toujours parfait, comme si son frère savait précisément quand il allait arriver.
Sam se retourna vers lui.
- C'est chaud.
Dean attrapa les tranche de pain. Avant de jongler avec pour éviter de se bruler les doigts.
- Trop chaud.
Ils déjeunèrent en se lançant quelques piques pour se faire sourire mutuellement.
Dean quitta la cuisine sous les invectives de Sam le menaçant de ne plus lui faire à manger s'il ne faisait pas la vaisselle.
Le chasseur se dirigea vers sa chambre pour s'habiller.
Devant le miroir, pendant qu'il se brossait les dents, il s'observait. Il faisait tous les efforts du monde pour se convaincre que les nouveaux sillons au coin de yeux n'étaient pas des rides. Tout au plus des cernes dues à une mauvaise nuit ou à des griffures reçues lors d'une traque. Parce que, si c'était des rides, ça voulait dire qu'il vieillissait. Vieillir voulait dire s'approcher doucement de la chasse qui finirait par le tuer. Loin de lui l'idée d'avoir peur de mourir. Mourir voulait juste dire qu'il ne pourrait plus aider le monde, profiter de la présence de Sam, savourer la sorte de retraite dans laquelle il se plaisait enfin. Vieillir voulait aussi dire s'approcher de l'instant où il irait en Enfer, le Paradis lui ayant été fermé à jamais quand il avait été envoyé une première fois en Enfer, puis une seconde au Purgatoire.
Au loin, il entendit Sam sortir de la salle de douche, se préparer et ranger un peu sa chambre. Ça lui rappela qu'il devait aussi s'y mettre.
Une vaine tentative de faire son lit plus tard, il abandonna le ménage pour se concentrer sur la vaisselle. La perceptive de ne plus avoir son déjeuné déjà prêt au réveil le dérangeait. Pendant sa corvée, il recevait de l'aide de la part de Buddy. Quand Dean tendait les assiettes remplies de restes, le chien s'empressait d'avaler ce que son maître lui donnait.
- Good Boy.
Après, Dean se consacrait à l'entretien des armes. Pendant ce temps, Sam s'occupait du quotidien. Jamais Dean ne touchait à la machine à laver. Un jour, à force de retrouver des vêtements sales éparpillés partout, Sam avait craqué et s'était auto-proclamé responsable de la lessive - au plus grand bonheur de son frère.
Dix heures. Le moment pour commencer des recherches sur une éventuelle affaire. Dean s'installa sur une des tables de la salle de lecture, Buddy judicieusement placé pour se faire gratter la tête sans que la position ne soit inconfortable pour l'un ou l'autre.
Parfois, les frères trouvaient une affaire, parfois non. Le monde avait changé depuis Chuck. Le rythme auquel s'enchaînaient les chasses aussi.
Il était arrivé assez souvent qu'aucun des deux ne trouvent quelque chose à traquer. Dans ces cas-là, Sam tâchait de diversifier ses activités : retourner courir, faire du sport, aller rendre visite à un autre chasseur, faire des courses et d'autres activités d'un banal bienvenu. Dean, lui, s'enfermait dans la Deancave pour regarder la télé et profiter pleinement de sa salle de jeu.

Les jours se suivaient et se ressemblaient. La routine que les frères avaient réussie à installer leur faisait du bien. Depuis qu'ils écrivaient eux-mêmes leur propre histoire, ils s'étaient autorisés à se construire une vie ordonnée et calme - selon leurs critères.
En dehors de leurs chasses, tout était planifié pour qu'ils s'accordent enfin l'autorisation de vivre.

Le soir venu, ils tentaient de s'apaiser et passaient du temps ensemble.
Les frères partageaient autour d'une bière ou d'un verre. Les soirs où les souvenirs se faisaient trop présents, ils pouvaient se laisser aller à se partager une bouteille ou deux. Sam tentait de ne jamais dépasser ce quota. Ce qui n'était pas le cas pour Dean.
Il était déjà arrivé plusieurs fois que Sam découvre, le matin, son frère entouré de beaucoup trop de bouteilles pour le bien de n'importe quel être humain. Dans ces cas-là aucune question n'était à poser. L'un comme l'autre savaient ce qui avait motivé un tel débordement. Quand bien même tout le mal qu'il pensait de l'état dans lequel il le trouvait, Sam ne faisait pas de réflexion à son frère. Ça n'aurait servi à rien.
Tous les deux pleuraient beaucoup d'innocents qu'ils n'avaient pas réussi à sauver, des connaissances, des amis, de la famille. Les deux géraient comme ils pouvaient.

Lors de certains débordements alcoolisés, Dean hurlait le nom de Castiel ; l'exhortait à répondre à ses prières. Quelques fois, il avait aussi prié Jack.
Ses suppliques, pour Dieu ou l'ange, eurent toujours la même finalité : une absence totale de réaction. Jack parce qu'il avait promis de ne pas se mêler des affaires des humains. Et Castiel parce qu'il était parti dans le Vide, là d'où plus rien ne pouvait sortir.
Dean le savait, ses discussions à sens uniques n'obtiendraient jamais de réponses.


Voici le point final du premier chapitre de ma toute première fanfiction.

C'est pompeux à écrire - je m'en rends bien compte. Pourtant, c'est très important, pour moi, d'enfin mettre des mots sur tout ceci.

J'espère que vous avez apprécié ce bout de chemin parcouru en ma compagnie.

Merci d'avoir pris le temps de lire mon texte.