Pour m'avoir suivi jusqu'à ce chapitre final, je tiens à vous remercier infiniment. Ça me fait extrêmement plaisir d'avoir pu amener quelques personnes avec moi pendant cette aventure.
Déjà, parce que c'est la première fois que j'arrive à entamer et terminer un projet d'écriture.
Et ensuite, parce que c'est la première fois que j'ose faire lire un de mes écrits à d'autres personnes qu'à un cercle très restreint.
Une nouvelle fois, un tout grand merci. Merci à vous pour cette expérience sans pareille.

Spoil s15


Les Fins - Les fins sont les débuts

15. Maintenant

Face au mur qu'il détestait tant - celui en face duquel le Vide s'était ouvert et où il avait perdu Castiel -, l'esprit de Dean tournaient en boucle sur les dernières phrases dites par l'ange avant d'être aspiré dans l'immensité noire.
"J'ai passé un marché... Un moment de vrai bonheur... M'emmènera pour toujours... Une chose que je veux... Jamais obtenir... Pas posséder... Le vivre... Le disant... Le bon comme le mauvais, tu l'as fait par amour... Par amour... Par amour... M'a changé... Je me soucie... Sam... Jack... Tu m'as changé... Adieu, Dean."
Il n'y avait qu'une seule phrase à laquelle il refusait obstinément de penser. Celle avant les adieux de Castiel. Juste un "Je t'aime", juste une chose qu'il ne pouvait, qu'il ne savait, qu'il ne voulait, entendre. Mais, aussi, en plus, quelques autres phrases qui accordaient bien trop de crédit à la personne qu'il pouvait être.
« Tu es l'homme qui fait le plus attention aux autres. Tu es l'homme le moins égoïste, la personne la plus humaine que je n'ai jamais rencontrée »
Il n'y croyait pas une seconde.
« Bullshit »
- Non.
Il savait avoir - inconsciemment - prié Castiel. Ça ne l'empêcha pas d'avoir un bref sursaut quand il entendit la voix de l'ange, dans son dos.
- Tu parieras ta vie dessus ?
Dean se tourna enfin pour regarder Castiel.
Ils étaient placés dans une configuration qu'ils ne connaissaient que trop bien. L'un comme l'autre ayant revécu cet instant, en souvenirs, bien trop souvent. Dean dos au mur. Castiel dos à la porte. Se faisant face.
- C'est ce que j'ai fait. Et j'en suis toujours aussi certain que je l'étais à l'époque.
La voix profonde résonnait étrangement dans le donjon. Comme si l'endroit avait été étudié pour que Castiel puisse exprimer ce qu'il avait à dire à Dean.
- Tu as une réponse ? Depuis quand joues-tu les idiots, Dean ? Depuis quand fais-tu semblant de ne pas comprendre ?, attaqua Castiel sans préambule.
Mal à l'aise, Dean regarda plusieurs fois à différents endroits, avant de se ressaisir, se redresser et de croiser les bras devant lui, pendule en vue. Pour répondre, il savait devoir le faire en le regardant en face, les yeux dans les yeux.
- Je ne sais plus.
Castiel afficha une déception perceptible. Sa détresse était immense pour qu'il ne sache pas la dissimuler.
- Adieu, D...
- Non !, coupa le chasseur, autoritaire.
L'ange, interloqué par le ton de Dean, décida d'attendre avant de s'envoler.
- Franchement, je ne saurais le dire. Ce dont je suis certain par contre, c'est que je l'ai fait bien trop longtemps.
Castiel acquiesça en détournant un peu la tête. Au moins, il ne le niait plus. C'était déjà ça ; pas assez, mais déjà ça.
- Je me rends compte que ça m'arrangeait de ne pas me l'avouer, continua difficilement Dean dégoûté par sa propre lâcheté.
- Je saurais m'en contenter, Dean.
La voix de Castiel était froide, et pourtant emplie de nuance pour ceux qui savaient la décrypter : pleine de douleur, de déception, et malgré tout d'amour. Percevant cela, le chasseur continua de développer son propos.
- Non, Cass. Ce que je veux dire...
Dean commença son explication la voix franche avant de baisser de ton au fur et à mesure pour finir par ne pas terminer sa phrase. Dean, déconnecté de ce qu'il avait commencé à dire, fixa la main de Castiel sur son épaule.
En effet, Dean avait été troublé et perturbé par l'approche qu'avait amorcée l'ange avant de toucher le chasseur : l'épaule gauche de Dean et la main droite de Castiel. Une posture qu'ils ne connaissaient que trop bien. Situation que Dean avait finie par apprécier. Ça lui rappellerait toujours quand il avait été sortit de l'Enfer par l'ange.
Cass tenta maladroitement de réconforter Dean.
- Te voir galérer à dire les choses est tout aussi triste pour moi que le départ de Jack.
Dean décroisa les bras et éloigna la main de Castiel en la poussant avec son bras gauche. Le chasseur arrêta son mouvement, les laissant tous les deux suspendus dans une étrange position : l'ange le bras tendu vers Dean, et celui-ci qui tien éloigné la main de Cass du revers de son poignet.
- Non, Cass. Ne fais pas ça.
Aucun des deux ne bougea. La réaction de Dean les avait étonnés tous les deux.
Sur le poignet du chasseur, le pendule s'agitait frénétiquement, pointant Dean avant de pointer Castiel.
Quand Dean bougea enfin, il fit tourner son bras autour de la main de Castiel avant d'agripper le milieu de son avant-bras. L'ange se laissa faire. Les bloquants tous les deux dans une poignée de main étrange : chacun serrant l'avant-bras de l'autre, pendule au milieu de cette poigne.
Peau contre peau, le pouls de Dean pulsait sur le poignet de Castiel. La combinaison du pendule - alimenté depuis une éternité par le désir de Dean de retrouver Cass - enserré entre leurs poignets déclencha quelque chose.

Castiel perçut des souvenirs de Dean.

*Dean cherche un moyen de trouver Castiel*
*Sam et Dean parlent de famille*
*Jack sourit à Dean*
*Castiel regarde la télé en posant des questions gênantes*
*Dean est en colère*
*Beaucoup d'autres fois où Dean est en colère*
*Dean regarde Jack avec tendresse avant de se reformer un masque de nonchalance*
*Sam* *Sam* *Sam à tous les âges* *Sam en colère* *Sam joyeux* *Sam blessés* *Sam mort*
*Castiel soigne Sam*
*Castiel ne comprend pas une blague*
*Castiel soigne Dean*
*Jack sourit sans retenue comme un môme*

Les images accélérèrent doucement.

*Dean saoul* *Dean encore saoul* *Dean de nouveau saoul* *Dean s'engueule avec Sam* *Sam aide Dean* *Sam parle à Dean* *Sam est inquiet* *Sam parle à Castiel* *Castiel tente de parler à Dean* *Jack* *Sam* *Sam jeune* *Sam adulte* *Castiel regarde Dean* *Castiel défend Jack en protégeant Kelly¹* *Castiel meurt* *Castiel meurt* *Castiel meurt*

Les pensées allèrent de plus en plus vite.

*Dean torture des âmes* *Dean est brisé* *Sam tente d'aider Dean* *Dean protège Sam* *Dean sauve Sam* *Dean sauve Sam* *Dean meurt accroché à un poteau de grange* *Sam*

Le tourbillon de souvenirs s'emballa.

*Bitch* *Jerk* *Dean vanne Sam sur ses cheveux* *Castiel regarde les cheveux de Sam de plus près pour comprendre la blague de Dean* *Dean rigole de situations gênantes provoquée par Castiel* *Jack montre l'ordinateur portable fière de donner les informations qu'il a trouvées* *Dean regarde Castiel et Jack dans le rétroviseur* *Jack et Castiel assis ensembles à la table de la cuisine* *Jack et Castiel* *Jack, Castiel et Sam*

Le flot d'images s'intensifia.

*Dean serre Sam dans ses bras* *Dean serre Jack dans ses bras* *Dean serre Castiel dans ses bras*
*Encore* *Et encore* *Et encore*

Les brides de mémoire de Dean submergèrent l'esprit de Cass.

*Castiel regarde Dean avec incompréhension* *L'imperméable caramel* *Castiel sauve Dean* *Castiel tue des anges, des démons, des monstres* *Castiel se retourne vers Dean pour évaluer comment il va* *Castiel disparaît dans les eaux d'une rivière* *Castiel sourit comme un môme* *Castiel est blessé gravement* *Dean hurle pour avoir de l'aide, Castiel mourant dans ses bras* *Encore* *Et encore* *Et encore* *Dean brûle le corps de Castiel* *Dean regarde Castiel dans le rétroviseur arrière de Baby* *Castiel dans le donjon* *Castiel avance, prêt à pleurer* *Castiel parle* *Castiel dit "Je t'aime"*

Soudain, l'afflux se calma, laissant place à des souvenirs bien précis accompagnés des émotions et sentiments qu'ils avaient suscités.

*Castiel* *"Je t'aime"* *Castiel* *Le Vide* *Castiel* *Le Vide* *"Je t'aime"* *Castiel pousse Dean* *Le Vide* *"Je t'aime"* *Castiel s'approche* *Le Vide* *Dean dit "Ne fait pas ça"* *"Je t'aime"* *Castiel attend le Vide* *"Je t'aime"* *Castiel* *"Je t'aime"* *Castiel* *Castiel* *"Je t'aime"* *"Je t'aime"* *"Je t'aime"*

Dean semblait inconscient ce qu'il se passait. Castiel, lui, vivait en un instant tout ce qu'avait vécu Dean, de son vivant et depuis son arrivée au Paradis. Le pendule s'était chargé des souvenirs, joies, tristesses, regrets, désirs, hontes, peines, ainsi que toutes les émotions et sentiments que Dean n'arrivaient pas à extérioriser. Comme si l'objet avait emmagasiné tout pour pouvoir le restituer quand il le faudrait.
- Incapable de dire les choses. Pourtant, quoi que tu en penses, tu restes l'homme qui fait le plus attention aux autres, le moins égoïste, la personne la plus humaine que je n'ai jamais rencontrée, répondit en transe Castiel en regardant leur poignée de main.
Contre sa peau, là où aurait dû avoir un pouls, l'ange sentait celui de Dean pulser sur le pendule, chaque battement de cœur permettant au talisman de déverser toutes les émotions qu'il était incapables d'exprimer.
- Tant de bouillonnement en une si petite chose.
Le regard de Castiel passa de leurs mains aux yeux de Dean. Yeux dans les yeux.
- Je n'aurais pas dû te demander de te taire. J'ai été égoïste.
- Là-dessus, nous sommes d'accord tous les deux.
Castiel esquissa un sourire.
- J'aurais dû te répondre.
- Tu m'as donné une réponse.
- Ce n'est pas ce que je veux dire.
- Je sais.
- Tu vas me laisser parler ?, s'exaspéra Dean.
- Tu n'as pas à te forcer, je pense avoir compris, pas besoin de plus pour moi.
- Cass, interrompit Dean. Laisse-moi essayer.
L'ange acquiesça de la tête. Il ne s'était pas encore quitté des yeux. Ni ne s'étaient séparés de leur position étrange : serrant chacun l'avant-bras de l'autre. Dean pas entièrement présent, concentré sur ce qu'il voulait dire. Et Castiel pas contre ce contact, toujours déboussolé par la masse de souvenirs qu'il venait d'entrevoir et continuait de recevoir.
- Je... Je ne pe...
Dean avait du mal à trouver les mots dont il avait besoin. Castiel attendait : ce serait peut-être la seule fois où le chasseur se montrerait honnête à cent pour cent.
- Heu... Je...
Dean ne savait pas comment formuler sa pensée. Un sourire charmeur aux lèvres, il tentait de mettre de l'ordre dans ses idées. Quiconque le connaissant un peu savait que c'était un signe extérieur de stress. Castiel restait imperturbable, bien qu'anxieux de la suite, à regarder, sans sourciller, le chasseur.
- Je ne... Je ne sais pas si c'est aussi fort, si c'est de la même manière que toi.
Après avoir enfin dit ce qu'il était capable de dire, Dean détourna les yeux pour se décrocher du regard perçant. Se rendant enfin compte du contact prolongé entre lui et l'ange, il essaya doucement de se dégager, sans y parvenir, comme si leurs bras étaient collés l'un à l'autre.
- Ça ne le sera jamais. Ça ne saurait être pareil.
La phrase assomma Dean. Il tenta de mettre de la distance en tentant de se détacher de la poigne de Castiel, toujours infructueusement.
- Dean, je suis un ange. Tu es un humain - une âme, maintenant. Tu restes limité par ce que tu as été toutes ses années.
Toujours retenu entre leurs bras, le pendule, pointe tournée vers Castiel, commençait à chauffer entre les creux de leurs poignets. L'ange et le chasseur le percevaient.
- Sam, Jack et toi êtes ma famille, continua-t-il. Et je vous aime.
Dean et Castiel sentirent l'intérieur de leurs poignets brûler.
- Et vous la mienne, répondit sobrement le chasseur sans y réfléchir ou s'imposer le silence.
Après un pic que chaleur intense, le feu s'atténua entre leurs mains.
Ils se lâchèrent. Dean regarda avec beaucoup d'attention son poignet gauche. Castiel fit de même avec son bras droit. La partie mobile du pendule s'était gravée dans leurs peaux : une forme de goutte pour se rappeler l'un a l'autre ce lien qu'il venait de formuler.
Dean touchait sa brûlure déjà cicatrisée.
- Qu'est-ce que c'est ?, demanda le chasseur incrédule.
Castiel toucha sa propre marque - pointe du pendule diriger vers l'intérieur de son bras - avant de se saisir de la main de Dean et d'examiner le poignet du chasseur - partie effilée tournée vers sa main.
- Sûrement une forme de promesse, constata le gardien du Paradis.
- De ?, demanda le chasseur espérant mal comprendre.
Castiel rigola doucement.
- Pour quelqu'un familier à l'occulte, tu es lent, Dean.
Le chasseur regarda l'ange avec un air semblant dire d'aller se faire foutre.
- Nous sommes une famille, tenta de faire mieux comprendre Castiel.
Entre incrédulité et agacement, Dean eut quelques mouvements de tête désordonnés, comme s'il essayait de se poser une question, obtenait une réponse, n'y croyait pas, avant de regarder autre part, de se reposer la même question. Obtenant toujours la même réponse, mais continuant de se la poser quand même.
- Comment ? Juste comme ça ?
Castiel ignorait Dean, se consacrant à regarder sa marque, en la touchant pour la sonder du bout des doigts.
- Ça va être encore plus compliqué d'ignorer tes prières, pensa Castiel à voix hautes.
Le chasseur comprenait de moins en moins ce dont parlait Castiel. Celui-ci tenta de lui expliquer, lentement, pour être certain de se faire comprendre.
- Ni les menottes angéliques ni le pendule n'aurait jamais pu se retrouver au Paradis. Tout comme il aurait dû être impossible de créer une carte pour cartographier le Paradis. Jamais.
Castiel continuait d'effleurer la brûlure.
- Faire tout ce que je voulais...
L'ange eut un sourire niais.
- De quoi tu parles, Cass ?
L'emploi du surnom familier sonna doucement aux oreilles de Castiel.
- Les menottes angéliques, le pendule, la carte étaient d'autres cadeaux de Jack.
- Quoi Jack ? Ce serait lui le responsable ? Comment ?
La confusion de Dean s'accentuait.
- Il n'y a qu'un Dieu pour insuffler de la magie là où elle n'a aucune utilité. Il a laissé trainer un moyen pour que j'arrête de fuir et un autre pour que tu saches enfin parler.
Le dernier mot fut presque murmuré alors que Castiel détournait son regard de son poignet pour contempler celui enserré par le pendule-bracelet de Dean. L'ange s'approcha du chasseur et lui pris le bras en alignant leurs marques pour qu'elles soient bien visibles pour eux deux.
- Il n'était pas question que de Sam et toi. Jack m'incluait dans le "tous ses pères", il me faisait promettre de prendre soin de moi également.
Castiel restait hypnotisé par leurs mains. Avant de les replacer dans l'étreinte qui lui était devenue aussi vite familière. L'ange plongea ses yeux dans ceux de son vis-à-vis.
- Il savait que je ne le ferais pas, que je ne le comprendrais comme je l'ai toujours fait : vous faire - non, te faire - passer avant mes propres besoins, mes propres envies. Il a laissé ce qu'il fallait pour nous permettre de parler. Et peut-être me permettre de prendre soin de moi-même, en étant heureux. Il savait que le sauver de la mort et du Vide m'empêcherait d'être heureux sans tout perdre.
Dean tentait d'assimiler toutes les informations qu'il recevait.
- Dean, nous avons toujours été lié. Depuis que je t'ai sorti de l'Enfer.
L'ange jeta un bref coup d'œil à leurs mains serrant le bras de l'autre.
- Il semblerait qu'au Paradis ce soit la même chose.
- Attends, quoi ?!
Dean réussi enfin à sortir de sa léthargie. Il bougea un peu erratiquement, comme quand il avait du mal avec une situation.
Castiel le regarda droit dans les yeux.
- Nous sommes une famille.
L'information se grava en Dean. Chaque parcelle de son âme en étaient conscientes maintenant, plus aucuns faux-semblants n'étaient possible.
- On est quoi, là ?, demanda le chasseur pas certain de totalement comprendre. On est marié ou quoi ?, essaya de blaguer Dean.
Ce qui ne fit pas rire Castiel.
- Attend ? Quoi ?! Tu rigoles, c'est ça ?!
Dean tira sur son bras pour se détacher, commençant à paniquer un peu à ce que venait de lui dire Castiel.
- Cass, rends-moi mon bras.
- Ne fait pas ça, Dean.
La phrase se répercuta entre eux. Il n'était plus temps de faire machine arrière en prétendant que rien ne s'était passé. Ils se regardèrent, s'observant avec attention.
- Comment ça se passe alors ?
Le sérieux de la question de Dean fit plaisir à l'ange.
- Comme nous l'avons toujours fait : tu fais ce que tu veux de ton côté et je fais ce que je dois du mien. Quand tu as besoin ou que tu veux me voir, tu appelles - enfin, tu pries, maintenant. Et quand je veux te voir, je viens.
Dean regardait Castiel. Le chasseur ne savait pas quoi dire. L'ange en profita pour continuer de parler.
- Si tu ne veux pas m'appeler, mais que tu veux quand même savoir où je suis : utilise le pendule. Il me trouvera en toute circonstance, maintenant.
Déboussolé et à court de mot, Dean hocha de la tête pour montrer qu'il comprenait.
- Et, si tu veux... Heu... Touche la brûlure, continua l'ange ne sachant pas trop où regarder. Je veux dire... Bref.
Castiel s'attendait à une question pour clarifier ce qu'il venait de dire. Question qui ne vient pas.
- Pas grave. Nous avons l'éternité.
L'attention de Castiel fut attiré par quelque chose que seul lui pu percevoir : un travail pour le gardien du Paradis. Il allait dire au chasseur qu'il devait y aller. Toutefois, devant l'air un peu absent de Dean - dû à la digestion de la masse d'information reçue -, Castiel décida de l'emmener au seul endroit où il était certain de ne pas le laisser seul : l'ange les firent s'envoler avant d'atterrir dans le jardin de la maison de Sam.
- Dean.
La voix de Castiel sorti le chasseur de sa transe.
- Je suis désolé, mais je dois m'absenter.
Reprenant un peu contact avec la réalité, Dean réagit enfin.
- Où ?!
Devant son air anxieux - persuadé que l'ange allait repartir dans le Vide après ce qu'il venait de se passer -, Castiel comprenant pourquoi Dean commençait à stresser.
- Je ne vais nulle part, je reste au Paradis, lui répondit-il pour le calmer. J'en suis le gardien après tout.
Avant de laisser Dean, il le serra dans ses bras, comme ils l'avaient déjà fait bon nombre de fois. Étreinte que lui rendit Dean.

Sam arriva au moment où Castiel s'envola.
À la tête de son frère et aux émotions qu'il avait ressentis à travers leur lien, le cadet compris les grandes lignes.
- Dean !, appela-t-il.
Celui-ci regarda Sam, surpris de se trouver dans son jardin.
- Tu viens ?, insista Sam.
Dean regarda autour de lui. Cherchant quelque chose, ne comprenant pas l'entièreté de ce qu'il lui arrivait. Il était perdu et perplexe. Pourtant, d'une manière dont il ne pouvait expliquer, il savait être lié définitivement à Castiel. C'était inscrit dans tout ce qui constituait son être.
Le chasseur avait toujours eu à gérer beaucoup de sentiment. Non, les cacher, rectifia de lui-même Dean. Là, il sentait, il savait, qu'il pouvait y avoir accès sans se sentir faible ou s'en vouloir.
Dean observa ce qui l'entourait. La beauté des lieux le fascinait. Les couleurs chatoyaient, l'air était sain, les bruits reposants, l'atmosphère sereine. Il avait oublié cette beauté depuis qu'il courait après Cass.
« Cass »
Dean ressenti des picotis dans le creux de sa brûlure. Il ne put s'empêcher de la regarder et de la toucher. La sensation était étrange, douce, agréable.
De son point de vue, Sam vit ce qu'observait Dean sur son poignet gauche. Ça le fit sourire. Pas besoin d'en demander plus, il avait compris bien plus que les grandes lignes.
- Viens, Dean ! Ça va aller.
Dean eut de nouveau les pieds sur le Paradis et regarda son frère. Celui-ci lui fit de grands gestes pour l'inviter à rentrer. Un immense sourire aux lèvres, Dean s'avança bien décidé à profiter de tout ce qui allait lui arriver dans l'immédiat et pour l'éternité à venir.


Note de bas de page :

¹ Kelly Kline (12.08, 13, 17, 19, 23 ; 14.08)
Mère de Jack protégée par Castiel quand Sam et Dean pensait que le nephilim était un danger.


Voici le point final de cette histoire.
Ce ne fut pas facile d'arriver jusqu'ici.
J'aimerais remercier particulièrement certaines personnes :
- L'amie qui m'a introduite à l'univers des fanfictions, celle avec qui j'ai passé des mois à poncer des séries, lu des choses, écrit ensemble, je t'aime ;
- À mes ami.e.s du World doux-miniation, merci d'avoir été là et de m'avoir soutenue ;
- À ma Petite Faucheuse qui m'a apporté beaucoup de douceur par sa seule présence et ses conseils depuis que je la connais ;
- À vous d'avoir pris le temps de commencer et de terminer cette aventure avec moi.
Merci.