Epilogue

Six mois s'étaient écoulés depuis qu'Eliane et les autres avaient quitté Poudlard. Six mois de pur bonheur dans la vie du couple Black. Sirius avait fait des travaux dans la maison et cela de ses propres mains, sous le regard rieur de sa fiancée quand il venait à se blesser. La chambre du futur bébé, ou plutôt des futurs bébés, était prête. Eh oui, notre adorable Eliane était enceinte de jumeaux. Imaginez un peu le choc que notre pauvre Sirius avait pu avoir non seulement il allait être papa, mais en plus de deux enfants. Il eut bien besoin d'un petit remontant ce jour-là. Il lui avait fallu quelques jours pour digérer la nouvelle, mais depuis, il acceptait parfaitement la venue des deux petits êtres dans leur nouvelle vie. Venue qui, d'ailleurs, était plus proche que prévu puisqu'Eliane était en ce moment à l'hôpital en train d'accoucher avec un mois d'avance. Sirius tournait en rond tel un lion dans une cage, se demandant où ça en était ou bien pourquoi elle n'avait pas fait encore appel à lui pour qu'il vienne la soutenir. Heureusement, notre Padfoot pouvait compter sur le soutien de Remus et Tonks, qui tenait dans ses bras Teddy, gazouillant, souriant dès qu'on lui faisait des grimaces. Ambre, Laura, le couple Potter et Joanne étaient aussi présents. Que devenaient-ils ? Je parie que cela vous intrigue. Alors ouvrez grand vos yeux !

Ambre et Laura vivaient désormais ensemble dans un petit appartement de Londres après avoir annoncé la nouvelle à la famille de Corvalis qui l'avait plus ou moins bien prise. Ses parents avaient encore quelques difficultés à accepter la sexualité de leur fille même s'il ne l'avait pas reniée. Laura s'était dirigée vers une école d'art pour sorciers afin de devenir dessinatrice, sa première passion. Quant à notre chère Serdaigle, elle voulait entrer au ministère de la Magie et devenir langue-de-plomb. Ce n'était pas un métier facile qu'elle avait choisi, mais il lui tenait à cœur.

Passons au couple Potter ! Ginny était devenue une grande joueuse de Quiddicth et reconnue mondialement. Une grande carrière l'attendait et son mari en était très fier. Harry était en bonne voie pour devenir directeur du bureau des Aurors, mais ça, seulement l'avenir nous le dirait, tout comme pour des futurs enfants.

Joanne ? Ah, notre chère rouquine. Elle n'avait pas changé pour un sou, toujours aussi franche d'esprit, virulente dans ses propos et aussi désespérément amoureuse de John. Elle avait beau essayer de sortir avec des hommes, elle ne pouvait l'oublier. Non, il était gravé dans sa chair et dans son cœur et cela à jamais. Malheureusement, elle était aussi têtue qu'une bourrique et à chaque fois que ses amies tentaient de monter un plan pour la rapprocher de Walker, il échouait. Seulement, Salder ne se doutait en rien que ses amies avaient manigancé la venue de John sans lui dire puisqu'elle croyait qu'il était occupé par sa formation d'Auror.

Tout le monde était donc assis tranquillement dans la salle d'attente, observant l'horloge et son tic-tac incessant, tandis qu'Ambre s'amusait à chatouiller le petit Ted qui riait aux éclats sous les yeux de Ginny et de Laura.

« Cela ne vous fait rien de savoir que vous n'aurez jamais votre propre enfant ? demanda la rouquine en regardant Teddy.

- Nous sommes encore jeunes pour y penser, répondit Ambre.

- N'empêche, je me demande ce que ça fait d'être avec une fille, déclara Ginny.

- L'interdit est toujours existant, ajouta Tonks sous le regard perplexe de son mari.

- C'est vrai que ça donne certaines idées, suggéra Ginny d'un ton très évocateur en attirant à son tour l'attention d'Harry.

- Tu n'as pas tord Ginny. Ça peut toujours donner du piment à la vie d'un couple. Peut-être qu'Ambre et Laura pourraient nous détailler un peu plus ce qu'elles font.

- Vous ne parlez pas sérieusement ? s'étrangla Remus avec sa salive.

- Pourquoi amour ? Ça ne te dit pas une nuit à trois ? Quelque chose de sauvage, de sensuel, de fort, souffla Nymphadora d'une voix suave.

- Et toi Harry, qu'en penses-tu ? fit Ginny en passant un doigt sur ses lèvres.

- Je, je…, bafouilla le dénommé Potter, totalement perdu, ainsi que Remus. »

Non, mais qu'est-ce qui leur prenait de vouloir faire quelque chose à trois ? Elles étaient devenues folles ! Il n'était pas question de partager quoi que ce soit ! Ils entendirent alors des grands éclats de rire dans toute la pièce provenant des deux sorcières.

« Vous… vous devriez voir vos têtes ! réussit à formuler Nymphadora. Vous êtes vraiment tombés dans le panneau.

- Même pas drôle, firent en chœur Harry et Remus en croisant les bras. »

Au même moment, un cri se fit entendre de l'autre côte de la porte, amenant tout de suite le silence, alors que Sirius s'arrêta de marcher. Puis, un deuxième cri retentit quelques minutes plus tard. Il fixa intensément cette même porte close pour finalement voir une infirmière arriver, portant deux bébés recouverts de sang séché, les yeux fermés tout comme leurs petits poings, la peau toute fripée, tandis qu'une petite touffe de cheveux noirs recouvrait leur crâne.

« Toutes mes félicitations M. Black, je vous présente votre fille et votre fils, dit-elle en lui montrant chacun de ses enfants. La mère se porte comme un charme, juste un peu fatiguée, mais avec du repos, plus rien n'y paraitra. »

Padfoot ne pouvait s'empêcher de regarder ses enfants. Ils étaient si petits ! Bien sûr, c'était normal puisqu'ils n'avaient que huit mois, mais il ne se souvenait plus qu'Harry ait été ainsi. Et pourtant, il avait assisté aussi à sa naissance. Finalement, Askaban lui aura enlevé certains de ses souvenirs les plus précieux en les rendant quelque peu flous dans sa mémoire. Sa fille et son fils. Ils étaient beaux. Ils ne pouvaient pas encore dire lequel ressemblait à qui, les bébés étaient tous semblables à la naissance. Cependant, un sentiment profond et rempli d'allégresse jaillit dans tout son être à la vue de ses enfants. Ils paraissaient si fragiles, il osait à peine les toucher ou à demander de les porter. Le grand Sirius Black qui avait peur de tenir sa fille et son fils dans ses bras ! Si Prongs avait été là, il se serait moqué de lui comme pas croyable. Il ne voulait même pas se retourner vers Remus en sachant déjà qu'il devait afficher un petit air narquois. C'est fou comme on pouvait se sentir toute chose devant des êtres aussi adorables. Il fut alors détourné de ses pensées par la voix de l'infirmière qui demanda :

« Comment allez-vous les appeler ?

- Elladora Black et Aloysius Black, répondit le père. »

Nymphadora s'approcha des deux enfants, future marraine de la petite Ella, tandis que son mari en serait le parrain, puis dit à son petit garçon qui les regardait curieusement :

« Ted, je te présente tes futurs compagnons de jeu. Je suis certaine que vous allez bien vous entendre vous trois. »

Pour seule réponse, le petit Teddy sourit tout en jouant avec ses petits doigts sous le regard attendri de ses parents. Nous étions le 12 décembre, à quelques jours de Noël, et quel plus beau cadeau pouvait-on avoir en cette saison hivernale que le fruit d'un amour passionnel. Que Poudlard se tienne prêt, la nouvelle génération était née !

•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•

Dire que Joanne était en colère serait un euphémisme ! Elle bouillonnait de l'intérieur ! Une envie folle de tout casser et de crier après ses amies. Quelques heures après avoir mis au monde les deux jumeaux, elle avait été voir son amie qui se reposait dans sa chambre, couvant des yeux ses petits anges. Elle était venue pour accepter l'offre de devenir marraine du jeune Aloysius. Seulement, elle ne s'était pas attendue à ce coup bas ! À peine avait-elle eu prononcé ses mots que la porte s'ouvrit sur Walker, toujours aussi bien habillé, beau, séduisant ! Bref, toujours fidèle à lui-même. Salder ne put empêcher son cœur faire un triple bond, l'observant d'un œil furtif, se retenant de crier après son amie pour son odieux mensonge, mais le pire était à venir ! Oui, parce qu'il y avait pire que la venue de John : celui-ci allait être le parrain d'Aloysius ! Joanne le savait, tout avait été manigancé depuis le début ! Bien entendu, ce crétin avait accepté avec joie, il n'avait pas pu refuser ! Merlin, mais qu'avait-elle fait ? Comment allait-elle faire ? Elle qui voulait l'oublier, s'il était le parrain de l'enfant, ils allaient se voir plus souvent qu'elle ne l'avait prévu ou imaginé ! Elle n'avait pas dit un seul mot depuis son arrivée, rien ! Elle était persuadée qu'en six mois de temps, il avait eu le temps de se trouver une petite amie des plus parfaites, qu'il l'avait oubliée, effacée de sa mémoire. Néanmoins, c'était mal connaître John. Alors qu'elle se sentait prête à partir pour fuir sa présence qui lui devenait intolérable tellement son cœur se tordait de douleur, elle vit Eliane se lever pour aller parler à Sirius, leur demandant de rester ici afin de surveiller les bébés. Avant que Joanne n'ait pu dire quoi que ce soit, la porte de la chambre se referma sur nos deux sorciers qui ne se disaient pas un seul mot, au plus grand désespoir de ceux qui écoutaient derrière la porte.

L'atmosphère qui régnait dans la pièce était pesante. John regardait attentivement les jumeaux tout en lançant des coups d'œil furtifs à la rouquine qui ne s'apercevait de rien. Elle n'avait pas changé en six mois de temps, toujours aussi belle et majestueuse. Ses cheveux étaient attachés en un chignon lâche faisant ressortir les traits de son visage. Il n'avait pas cessé de penser à elle, encore et encore, à en perdre la tête et la raison. Elle lui manquait plus que tout. Il avait cru qu'elle reviendrait vers lui, mais non. Elle avait un sale caractère, il ne pouvait le nier, mais il l'aimait ainsi. Parce que oui, il l'aimait encore et plus que jamais. Toutes ces filles ne lui feraient jamais oublier Joanne. Le silence était tout simplement intenable. Il avait envie de s'approcher, prendre sa main dans la sienne et envoyer valser tout son orgueil ! Il voulait la récupérer ! Alors qu'il allait tenter de lui adresser la parole, il la vit s'en aller de la pièce, sauf que la porte resta passablement fermée tandis que Salder s'énervait sur la poignée. Serait-ce possible qu'Eliane ait tout combiné ? Si c'était le cas, autant qu'il en profite ! C'était le moment !

« Fichue porte qui ne veut pas s'ouvrir ! murmura Joanne tout en sortant sa baguette pour lancer un « Alohomora », mais en vain la porte resta close.

- Tu vois bien que tu ne réussiras pas à sortir, déclara John avec un calme légendaire qui énerva au plus haut point la jeune femme.

- TOUT ÇA, C'EST DE TA FAUTE ! cria-t-elle en se retournant vers lui, plus furibonde que jamais.

- DE MA FAUTE ? répéta incrédule Walker. Tu veux rire ?

- Pas du tout ! répliqua Joanne, les poings fermés, tremblante de la tête aux pieds par l'émotion qui la submergeait peu à peu. Tu n'aurais pas dû venir aujourd'hui, alors pourquoi es-tu là ?

- Qui t'a dit ces sornettes ! Je comptais venir depuis le début. Tu crois peut-être que j'aurais manqué un tel événement ? dit l'ancien Serdaigle en décroisant ses bras.

- Tu mens ! »

Au même moment, les jumeaux se mirent à pleurer en entendant les cris des deux sorciers qui s'affrontaient yeux dans les yeux. Sa simple présence, sa voix, son regard, son odeur, la mettaient mal à l'aise et lui faisaient un mal fou ! Elle pouvait encore se souvenir de ses lèvres sur sa bouche et dans son cou, ses mains caressant ses seins et son corps, sentir sa chaleur contre elle ou bien sa voix lui murmurer des mots doux à l'oreille. Elle l'aimait. Merlin qu'elle l'aimait à en mourir. Elle était dingue de lui ! Elle ne pourrait jamais l'oublier quoiqu'elle fasse ! S'il ne mentait pas, s'il disait vrai, cela voulait dire qu'Eliane et Ambre lui avaient menti ! Elle allait devoir leur en toucher deux mots ! Ignorant les cris des bébés, ignorant John, elle se retourna brusquement, se dirigeant à nouveau vers la porte pour crier à ses amies d'ouvrir, sachant qu'elles devaient être derrière la porte pour écouter ! Seulement, elle eut à peine le temps de dire « Quiddicth » qu'elle se sentit tirer en arrière, se retrouvant couchée sur le lit, nez à nez avec Walker.

Joanne ne put empêcher son cœur de manquer un battement, envoutée par son regard émeraude ou encore par son souffle qui, dans une caresse divine, frôlait ses lèvres. Son cerveau semblait avoir cessé de fonctionner durant une infinie de secondes qui permit au jeune homme de l'observer avec un désir non dissimulé. Lui, au-dessus d'elle, maintenant ses poignets entre ses mains pour éviter qu'elle ne s'échappe, elle était désormais toute à lui. Sa bouche était un appel à la tentation. Ne pouvant se retenir plus longtemps, il succomba le premier, déposant ses lèvres contre les siennes. Une explosion de sentiments déferla en lui telle une tornade ravageant tout sur son passage ! Il avait besoin de plus, beaucoup plus ! Il pressa sa bouche contre celle de la rouquine qui gémit en sentant John se faire plus sauvage. En effet, celui-ci était en train de lui mordiller la lèvre inférieure tandis que le passage s'ouvrit à lui pour y faufiler sa langue. Il ne lui laissait par une seule seconde de répit, ses mains se faisant ardentes sur son corps. Joanne se sentait ivre de son baiser, de son odeur, de son corps, de ces caresses. Ivre de raison, elle passa ses mains autour de la nuque de son amant qui raffermit sa prise sur ses lèvres avec une sensualité à toute épreuve. Toute la tension accumulée et le désir dissimulé au cours de ces mois étaient transmis dans cette embrassade plus qu'ardente et charnelle. Leurs mains se faisaient de braise tandis que leur corps se mouvait l'un contre l'autre pour plus de contact. Plus et encore plus…

Ils avaient rêvé de cet instant et cela, tous les jours. Ensemble, enfin.

Pendant ce temps-là, derrière la porte, quelques oreilles indiscrètes tentaient d'écouter. Malheureusement :

« Je n'entends rien ! s'exclama Ambre.

- Moi non plus. Tu crois que c'était une bonne idée ? Et s'ils s'étaient entretués ? déclara Laura.

- On aurait dû apporter les oreilles à rallonges des frères Weasley ! soupira Sirius.

- Tu n'aurais pas pu y penser plus tôt ! le réprimanda Tonks en le frappant à l'arrière du crâne.

- Hey ! C'est vous qui avez eu cette stupide idée alors vous auriez dû y penser tout autant que moi ! ajouta-t-il en déglutissant passablement quand il aperçut le regard noir que lui lança sa future femme. Oublie ce que je viens de dire chérie, rigola-t-il nerveusement.

- Non, mais franchement, qu'est-ce qu'ils font ? C'est effrayant ce calme soudain. Ils se criaient dessus puis d'un seul coup plus rien, remarqua Ginny. Peut-être sont-ils en train de concevoir un enfant, dit-elle d'un œil suggestif.

- QUOI ! fit Sirius en s'étranglant à moitié avec sa salive.

- Chut ! dirent-ils tous en chœur.

- Il n'est pas question que je laisse mes enfants voir… voir ça ! C'est mon devoir de père ! déclara Black solennellement. »

Padfoot poussa tout le monde malgré qu'on tentait de le retenir puis brisa le sortilège qu'avait lancé précédemment Eliane pour empêcher le couple de sortir. C'est alors qu'un déclic se fit entendre pour finalement apercevoir John et Joanne qui souriaient à la vue de leurs amis pris sur le fait !

« Tiens, tiens. Qu'est-ce que je t'avais dit Salder, ils étaient tous de mèche. Pas un pour rattraper l'autre, c'est du joli, prononça John en croisant les bras tandis qu'ils baissèrent la tête comme des enfants pris en faute. »

C'est alors qu'Ambre mit un coup de coude dans les côtes de son amie Eliane qui la regarda tandis que Corvalis lui montra furtivement la marque d'un suçon dans le cou de Joanne et ses lèvres boursoufflées. West ne put s'empêcher de sourire puis dit en passant devant eux afin de rentrer dans sa chambre :

« Dans tous les cas, vous en avez bien profité pour vous amuser. J'espère qu'en tant que parrain et marraine, vous vous êtes bien conduits.

- Ne t'inquiète pas, rien qui ne puisse les choquer pour plus tard, murmura John en entrelaçant ses doigts à ceux de Joanne, sous les yeux de tous les sorciers qui se trouvaient être ravis d'avoir réussi leur plan. »

Eliane lui répondit d'un sourire narquois puis se dirigea vers ses enfants qui semblaient s'être rendormis, à son plus grand bonheur. La jeune femme put entendre la porte de chambre se refermer puis sentit deux mains s'enlacer autour de son ventre encore un peu rond dû aux kilos pris durant sa grossesse, alors que le menton de Sirius se posa délicatement sur son épaule gauche. Elle pouvait parfaitement sentir son souffle dans son cou et ses cheveux chatouiller ses joues. Eliane se serra confortablement contre lui, l'entendant murmurer au creux de son oreille :

« Ils sont beaux, dit-il d'une voix émerveillée. »

Pour seule réponse, elle hocha la tête, se sentant doublement heureuse à la vue de leurs enfants qui dormaient paisiblement. Ils étaient beaux, insouciants et fragiles, en espérant ne jamais les faire souffrir.

« Ils seront heureux, prononça-t-elle comme une supplique.

- Oui, ils le seront. Je t'en fais la promesse Eliane, ils auront tout ce que nous n'avons pas eu dans notre enfance. Tout et encore plus notre amour… »

Il scella alors cette promesse d'un baiser puis couva leurs enfants d'un regard empli de tendresse et d'amour. Des années inoubliables les attendaient, des années qui passeraient beaucoup trop vite pour les voir grandir et s'envoler de leurs propres ailes, comme eux, aujourd'hui.

•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•

Voici l'histoire de ma vie. Cela n'a pas été facile tous les jours et j'aurais pu sombrer à jamais sans l'aide de mes amis ou celle de Sirius. Je bénis chaque jour d'avoir fait sa rencontre ainsi que celle des Lupin. Ils sont tout pour moi aujourd'hui. On ne choisit pas sa famille, mais nous avons au moins la chance de choisir nos amis et ça, c'est un cadeau de la vie qu'il ne faut pas laisser s'échapper. Grâce à eux, j'ai eu la chance de mieux vivre avec mon passé. Grâce à eux, j'ai réalisé mon rêve d'enfant. Grâce à eux, je peux aller de l'avant et tenter de revivre à leurs côtés.

Je ne regrette absolument rien, même si la douleur du passé peut encore se faire présente. Néanmoins, quand je suis dans ses bras, j'oublie tout, ou presque. Chercher à oublier le passé comme j'ai pu le faire dans mon enfance est une erreur. Oublier ne sert à rien. Il faut apprendre à vivre avec et tirer de nos erreurs des leçons. J'ai souvent maudit le destin et la vie, mais toutes mes erreurs, toute ma souffrance ou mon bonheur n'ont été provoqués que par mes propres choix. Ce n'est pas la vie que je maudissais, mais moi, tout simplement pour avoir été aussi faible. Faible de ne pas avoir pu regarder la vérité en face et malgré cela, j'ai reproduit encore les mêmes erreurs avec Elizabeth. Ma très chère cadette, avec laquelle je n'ai aucun contact. Je ne sais pas ce qu'elle devient, même si Sirius semble en savoir plus long que moi. Néanmoins, j'avoue avec honte que je ne pourrai jamais revenir vers elle, jamais. Ce serait de nouveau affronter le passé et je préfère fuir. J'étais une Serdaigle et non une Gryffondor.

Aujourd'hui, je suis devenue une grande écrivaine dans le monde sorcier. J'écris des histoires pour les adolescents. Mon bonheur est total quand je vois leurs yeux pétiller et remplis d'étoiles, surtout ceux d'Aloysius et Elladora. Tant d'années sont passées. Ils ont neuf ans et ils sont comme tous les enfants de leur âge : ils rient, ils pleurent, ils s'amusent et sont aimés. Ils sont intenables et Sirius ne fait rien pour m'aider à les calmer dans leurs petites farces, mais je les aime tellement tous les trois. Tellement. Mes amis, mes enfants, mon mari, ils sont toute ma vie. Sans eux, je ne serais rien.

Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Parfois, on peut désespérer à tel point que nous agissons de la pire manière envers les autres et nous-mêmes. J'espère que mes enfants ne seront jamais confrontés à cela, ou le plus tard possible puisqu'on ne peut y échapper. La souffrance et l'amour font partie du lot quotidien de la vie. C'est ce qu'on appelle vivre et grandir. Si un jour, vous y êtes confrontés, ne perdez jamais espoir et faites en sorte que la roue puisse tourner. N'oubliez jamais : c'est de vos propres mains que le destin se crée, par vos propres actions et choix. Croyez toujours en vos rêves, croyez toujours en la vie, en l'amour, en l'amitié. Battez-vous et gagnez votre combat contre la vie.

Eliane reposa alors sa plume en entendant des pas monter à toute vitesse dans les escaliers et une voix entrecoupée de sanglots l'appeler. Assise à son bureau, elle se retourna vers sa fille qui se tenait dans l'entrée de la porte, les yeux rouges, les larmes coulant sur son visage qui ressemblait ô combien à celui de son père. Les mêmes traits, la même teinte de cheveux, les mêmes yeux, une véritable petite Black. Un sourire attendri passa sur le visage de la jeune femme qui ouvrit les bras à sa fille pour qu'elle vienne s'asseoir sur ses genoux et se blottir contre elle.

« Que se passe-t-il Ella ? Tu t'es fait mal quelque part ? demanda sa mère en caressant tendrement les cheveux de sa fille.

- C'est James qui m'a tiré les cheveux, renifla-t-elle. Il m'a fait mal.

- Je vois. Je suis certaine qu'il ne le voulait pas. Vous jouiez ensemble, non ? »

Elladora hocha de la tête tout en séchant ses larmes tandis que sa mère lui donna un mouchoir pour qu'elle se mouche et essuie le reste de ses pleurs.

« Tu es une grande fille maintenant. Tu vas bientôt entrer à Poudlard avec ton frère. Il arrivera sûrement que d'autres personnes te fassent mal, intentionnellement ou pas, ainsi que dans tout le restant de ta vie. Malheureusement, je ne serai pas toujours là pour toi ma chérie ou bien ton père, voire ton frère, alors tu devras apprendre à devenir courageuse et te défendre, confia Eliane en glissant une main affectueuse sur sa joue. Tu comprends ?

- Oui, mais James est plus petit que moi ! répliqua Ella. Je ne veux pas lui faire du mal. En plus, c'est mon ami !

- C'est tout à fait honorable de ta part, dit une voix derrière elle se trouvant être celle de Sirius. Ce que ta mère veut dire, c'est que tout le monde n'est pas comme James, Teddy ou Aloysius, ajouta Black en s'agenouillant à sa hauteur. Tu pourras toujours compter sur eux ou sur nous, mais parfois, il est possible que tu te retrouves seule et tu ne pourras compter que sur toi-même, Ella. Tu devras alors te montrer forte, courageuse et garder espoir. Toujours, quoiqu'il arrive, dit Padfoot en embrassant sa fille sur son front. Regarde qui est là. »

La fillette se retourna brusquement vers la porte et vit son compagnon de jeu, James Potter, le fils d'Harry et Ginny. Il venait souvent ici en vacance. Il n'avait que cinq ans, mais c'était déjà un véritable petit diablotin sous ses airs d'ange. Il s'amusait la plupart du temps avec la fille des Black, tandis que Teddy et Aloysius étaient toujours ensemble, comme les deux doigts de la main. La tête basse, se triturant nerveusement les doigts, James murmura :

« Je suis désolé Ella, je n'voulais pas te faire d'mal, balbutia le jeune Potter. »

La concernée sauta des genoux de sa mère puis se posta devant son ami qui releva la tête. Elle lui fit un grand sourire tout en déposant un bisou sur sa joue.

« Merci, ce n'est pas grave. Je me montrerai courageuse la prochaine fois, dit-elle en emmenant James par la main, descendant les escaliers avec rapidité sous les yeux amusés du couple Black. »

Sirius se retourna alors vers sa femme qui l'embrassa chastement tandis qu'il l'enlaça par le cou tout en regardant ce qu'elle écrivait.

« Une nouvelle histoire ? demanda-t-il. »

Eliane répondit négativement de la tête puis dit :

« Ceci est notre histoire.

- Je vois, souffla Sirius d'une voix suave. »

Il s'empara de la plume sous les yeux étonnés de sa femme qui le vit écrire :

Je t'aime Eliane Black.

Il lâcha la plume qui roula sur le cahier puis ajouta :

« Ainsi, nos enfants sauront tout de nous et à quel point nous nous sommes aimés, déclara-t-il en caressant ses lèvres de son index qu'il remplaça par sa bouche. »


Ceci était l'épilogue. Non d'un chien, ça fait vraiment bizarre de se dire que je n'écrirai plus jamais sur cette histoire, qu'elle est finie. J'ai mis un an et demi à l'écrire, un an de pur bonheur à vos côtés. J'espère que cette fin vous plaira, un bel happy end, et je suis heureuse parce que le défi que je me suis lancée au début en écrivant cette histoire, je l'ai réussi : celui de faire une fanfiction avec de l'humour, des moments sombres, de l'espoir et un happy end. Même si j'ai été tentée jusqu'au bout de ne pas remettre Joanne et John ensemble, mais je me serais fait tuer par les lecteurs et les fans de ce couple.

La dernière partie est assez spéciale puisque Eliane parle au »je », mais je tenais réellement à dire et faire cela parce que certaines personnes doivent se dire « Ce n'est qu'une histoire. Dans la vraie vie, ça n'aurait pas fini ainsi ». C'est vrai, parfois oui, parfois non. Mais cela ne tient qu'à nous de changer le monde, de changer votre vie en ouvrant les yeux, en vous montrant un peu adulte, en prenant votre destin entre vos mains. Ne subissez pas, affronte z!

Eliane n'est pas fictive. Eliane et tous les autres sont des personnages réels que j'ai pu rencontrer dans ma vie. Les situations, les sentiments, leurs agissements, tout cela n'est que réalité. Cette fic est juste une note d'espoir pour tous ceux qui ont un coup de déprime. Croyez en vous, croyez en la vie !

You Are My Reason to Be est finie !

Ce dernier chapitre, je le dédie à ma plus grande amie : Audrey. Elle comprendra en le lisant.

Un grand et ultime merci aussi à ma Bêta favorite : Doxies Curse !

Je remercie aussi tous ceux qui m'ont lue et soutenue depuis le départ par le biais de leur lecture et commentaires :

Merci à vous tous d'avoir été là !

Je vous donne rendez-vous sur O Children, une fanfiction sur Sirius/OC et les Maraudeurs qui compte déjà deux chapitres de publiés ! Elle se trouve en haut, dans la colonne gauche.

Et prochainement aussi, une fanfiction sur Remus/OC !

Encore plein d'histoires à venir, réjouissez-vous. Le film HP6 m'a donné un grand regain et peut-être une petite surprise et un retour de Eliane/Sirius, mais dans une fanfic très particulière puisqu'ils retourneront à l'état d'enfant. Mais cela reste encore un état de projet. Donc, à voir ^^

Sur ce, méfaits accomplis !

Lia-Sail.