N/A : comme promis, le chapitre 2. Je vais avoir une semaine occupée (droit, droit et encore du droit ) mais j'essayerai de poster la suite rapidement.

Pour répondre à une question posée, non ce ne sera pas exactement par année, c'est plus par... thème, si on peut dire. Ah, j'espère que ce sera plus clair dans un chapitre ou deux.


Le respect :

Professeur McGonagall / Albus Dumbledore

James Potter ne faisait preuve d'aucun respect. Pour personne. Parfois, Lily se demandait si ses parents lui avaient un jour infligé le sacro-saint sermon du "dis-merci-s'il-vous-plaît-tiens-la-porte-vouvoie-tes-aînés" ainsi que ses propres parents avaient jugé nécessaire de le faire dès qu'elle avait été en âge de parler.

Probablement pas.

Le demi-sourire narquois qu'il adoptait lorsqu'il se trouvait en présence de quelqu'un de plus âgé que lui était la chose la plus insupportable que Lily ait jamais vue. Mais étrangement, si l'attitude effrontée de Potter lui attira des ennuis lors de son arrivée à Hogwarts, elle lui valut par la suite une sorte d'aura teintée de déférence. Bien sûr, au début un nombre de sorts accidentels proprement prodigieux fut jeté par les élèves des années supérieures quand ils se trouvaient en sa présence, et Potter fut le premier de sa promotion à connaître le prénom de l'infirmière scolaire. Filch, le gardien, sembla quant à lui se donner pour nouveau but dans l'existence de le prendre en train d'enfreindre le règlement afin de pouvoir tester sur lui ses punitions les plus inventives (Lily le surprit même une fois à épier Potter, caché derrière une armure et prêt à bondir au moindre geste suspect - rien que l'idée d'être suivie en permanence par l'homme-au-sourire-carié lui donnait des frissons et elle ne pouvait comprendre qu'à ce point Potter n'ait pas essayé de rentrer dans le rang).

Et c'était sans compter les professeurs qui avaient constamment l'impression que James Potter se moquait d'eux (ce qui était souvent exact) et le surveillaient du coin de l'œil avec méfiance quand ils n'essayaient pas de lui faire ravaler son arrogance à coup de questions impromptues.

Au bout de trois semaines, Lily était presque certaine que Potter serait renvoyé avant la fin de l'année. Ou qu'il se serait fait jeter tant de sorts qu'il terminerait confiné pour une période indéterminée dans l'infirmerie.

Oh, comme elle avait tort : à peine un mois plus tard, presque la moitié des élèves des années supérieures le saluaient dans les couloirs, les préfets qui surveillaient ses retenues s'étaient mis en devoir de lui apprendre comment éviter de se faire prendre par Filch, et les professeurs l'adoraient. Lily entendit même le professeur de potions faire une remarque sur "l'audace de la jeunesse" avec une écœurante nostalgie après une remarque particulièrement impertinente de la part de Potter. Parfois, ça donnait à Lily envie de hurler de frustration : Slughorn lui laissait tout passer, alors qu'il n'était même pas son meilleur élève ! C'était Severus Snape, un garçon renfermé de Slytherin qui appréciait Potter à peu près autant qu'elle, si elle en jugeait par les regards qu'il lui lançait parfois quand il pensait que personne ne le voyait.

À cette exception près, tout le monde était absolument conquis par Jame Potter.

Sauf le Professeur McGonagall.

En la rencontrant, Lily avait tout de suite su qu'elle était de la race des "sévères mais justes" : c'était proclamé par son chignon net, ses yeux scrutateurs sans être froids et ses lèvres qui semblaient constamment pincées au point de ne plus former qu'une fine ligne dans son visage.

Elle avait subi le même traitement que les autres enseignants de la part de James Potter, mais elle semblait à tout jamais immunisée contre son sens de l'humour. Et le fait qu'elle paraisse plus près d'exploser à chacune de ses tentatives pour paraître "cool" encourageait apparemment Potter à pousser sans cesse la provocation plus loin.

Le Professeur McGonagall était étonnement patiente, et Lily l'avait vue plus d'une fois réexpliquer tout le processus d'une transformation à Frank Longbottom sans autre signe d'énervement que l'accroissement dramatique du tambourinement de ses doigts sur la table en bois. Mais le jour où Potter transforma les allumettes que la classe était censée changer en épingles en projectiles, manquant crever les yeux d'un certain nombre de ses camarades au cours de l'opération, elle perdit finalement son sang-froid. Sa voix devint de plus en plus forte au cours de sa tirade et son teint habituellement cireux tourna cramoisi.

Lily dut se retenir pour ne pas se cacher derrière sa table, terrifiée. Elle commençait à se demander si des choses allaient se mettre à exploser dans la salle sous l'effet de la colère du professeur quand Potter sourit de ce satané demi-sourire suffisant :

"Ça va, c'est bon, dit-il sans se démonter. Arrêtez de hurler comme ça ou mes oreilles vont se mettre à saigner."

À ce stade, le Professeur McGonagall était littéralement violacée. Potter se vit assigner une corvée de nettoyage de toilettes quotidienne de deux heures sans magie pour une durée de trois semaines et McGonagall exprima l'espoir que cela lui apprendrait le respect.

Quelques jours plus tard, Lily croisa Potter, traînant derrière Filch un seau à la main et faisant ses adieux à Pettigrew avant de partir en retenue. Lily n'écouta pas sa conversation, ayant depuis longtemps décidé que rien de ce qui sortait de la bouche de Potter n'était digne d'intérêt. Cependant, il était si bruyant qu'il était difficile de manquer ce qu'il s'exclama avant d'aller accomplir ses corvées :

"Merlin, j'arrive pas à croire qu'on m'oblige à mettre la tête dans les toilettes de Mimi la Geignarde : je ferais pas faire ça à un moldu !"

Lily n'avait jamais éprouvé ce sentiment auparavant, mais à ce moment-là, elle était quasiment sûre qu'elle haïssait James Potter.


Lily grimaça et se mit en devoir d'extirper la substance brillante et légèrement collante qui s'était logée dans ses cheveux.

Elle avait été la malheureuse victime collatérale de l'une des hilarantes plaisanteries de Potter.

Encore.

Elle sortit de la salle de bains et se dirigea vers la Salle Commune à pas précautionneux : depuis que Potter avait rencontré Sirius Black, les quartiers des Gryffindors avaient sombré dans le plus total chaos et on ne pouvait se montrer trop prudent. Ce n'était pas que Black fut particulièrement enclin à semer la terreur, mais le fait d'avoir un public constamment disponible pour rire de ses actions d'éclat semblait avoir triplé le pouvoir de nuisance de James Potter.

Le pauvre Professeur McGonagall était d'humeur massacrante et elle jetait des coups d'œil soupçonneux autour d'elle au moindre bruit. Lily l'avait même entendu supplier l'entraîneur de l'équipe de Quidditch de Gryffindor de prendre le "cataclysme ambulant" dans l'équipe dès l'année suivante afin qu'il dispose de moins de temps libre pour "saccager sa Salle Commune".

Quand l'entraîneur lui avait fait remarquer non sans amertume que les matchs comptaient pour beaucoup dans la compétition entre les maisons et que si elle ne voulait pas voir Gryffindor perdre pour la quatrième année consécutive contre Slytherin elle n'avait pas intérêt à faire prendre des joueurs dans l'équipe pour sa seule tranquillité, le Professeur McGonagall avait répondu que si battre les Slytherins lui tenait à cœur, elle ne pourrait en profiter si elle n'était plus de ce monde et qu'elle doutait pouvoir survivre à sept ans d'un James Potter désœuvré.

À ce point, elle paraissait pratiquement au bord des larmes et l'entraîneur avait reculé d'un pas, paniqué. Quand elle s'était reprise et avait parlé de doubler les devoirs comme possible solution de rechange, l'entraîneur avait juré sur son Firebolt de prendre Potter s'il montrait le moindre talent pour lancer, frapper ou attraper une balle.

Lily se renfrogna. James Potter était odieux et on le récompensait dans l'espoir qu'il s'arrêterait. À dire vrai, elle ne pouvait blâmer le Professeur McGonagall : la situation était devenu incontrôlable - personne ne s'asseyait plus sans ausculter sa chaise de façon approfondie et on n'ingérait plus rien qui ait été à proximité de Potter, Pettigrew ou Black. Professeurs comme élèves étaient à présent en proie à une terrible paranoïa.

Et tout ça à cause d'un première année qui connaissait à peine une dizaine de sorts basiques.

"M. Potter ?"

Lily sursauta violemment : elle était si absorbée par ses pensées qu'elle avait manqué rentrer dans de volumineuses robes de velours violet. Relevant la tête, elle rencontra le regard amusé d'Albus Dumbledore.

Elle rougit et bredouilla des excuses, intimidée par ce sorcier dont on disait qu'il était le plus puissant de son temps. Après tout, s'il se trouvait constamment à Hogwarts, elle ne l'avait jamais vu autrement que depuis sa place à la table des Gryffindors dans la Grande Salle tandis qu'il était perché sur l'estrade où les professeurs prenaient leurs repas.

Le Professeur Dumbledore secoua la tête et lui sourit avant de se retourner vers le portrait gardant l'entrée de la Salle Commune des Gryffindors. Lily remarqua alors que celui-ci était ouvert et que James Potter était immobile, un pied dans le couloir, présentant une ressemblance remarquable avec un enfant attrapé la main dans un paquet de bonbons interdit. Il reprit contenance et s'approcha du directeur, les mains dans les poches. Lily recula, mais ne put se décider à partir, curieuse de savoir pourquoi un personnage si important se serait déplacé pour parler avec Potter. L'idée qu'il allait être renvoyé lui traversa l'esprit et elle réalisa avec un frisson horrifié qu'il l'avait sans doute mérité.

"Professeur, comment allez-vous ?" s'enquit Potter d'une voix égale.

Son sourire resta fermement en place, pourtant Lily aurait juré l'avoir vu vaciller durant une seconde.

"Bien, bien, M. Potter. J'ai entendu dire que les choses étaient plutôt animées par ici, alors je suis venu jeter un coup d'œil. Je suis moi-même très friand de distractions", confia-t-il d'un ton faussement ingénu. "Mais nous ne voudrions pas épuiser cette chère Minerva, n'est-ce pas ? Ne vous a-t-elle pas semblée un peu pâle, ces derniers temps ? Trop d'agitation finirait par venir à bout du plus fort d'entre nous, il me semble..."

Potter hocha vaguement la tête et humecta ses lèvres, l'air nerveux. Il ne répondit rien et le Professeur Dumbledore se contenta de le fixer du regard pendant encore plusieurs secondes avant de lui envoyer un joyeux sourire et de repartir dans un tranquille bruissement de tissu.

James Potter resta là où il se trouvait et il sembla à Lily qu'il retenait sa respiration. Soudain, il était seul, n'ayant apparemment pas même remarqué la présence de Lily, et le sourire tomba. Lily vit alors avec stupéfaction apparaître la peur viscérale derrière sa contenance nonchalante et l'expression moqueuse qui paraissait gravée de façon permanente sur son visage. Devant Albus Dumbledore, ne restait plus du cauchemar de McGonagall qu'un garçon de onze ans perdu au milieu de gens plus forts et plus grands que lui dont il était terrifié.

Et Lily se demandait parfois s'il était normal qu'elle distingua toujours cet enfant effrayé dans l'adolescent de quatorze ans qui renvoyait présentement des Bludgers à grands coups de battes dans le but avoué d'éclater le crâne des membres de l'équipe adverse.

Bien sûr, James Potter était toujours arrogant et souvent complètement intolérable, et Lily espérait qu'elle n'aurait plus jamais à lui reparler depuis la fois où elle lui avait crié dessus pour avoir fait tourner le lait de tous les pichets disponibles (Lily n'avait habituellement pas mauvais caractère, mais la provocation avait ses limites à sept heures du matin un jour de contrôle de transformation). Mais depuis qu'elle l'avait vu devant Albus Dumblerore, Lily savait que ses parents avaient très probablement eu cette discussion concernant les bonnes manière avec James Potter. Sûrement même que lorsqu'il était chez lui, il disait "merci", "s'il vous plaît" et qu'il tenait les portes à ceux qui passaient derrière lui.

D'ailleurs, Lily était presque certaine que c'était lui, qui avait envoyé la carte de vœux anonyme qui ornait le bureau du Professeur McGonagall depuis les vacances de Noël. Et ça, Lily ne pouvait le haïr.


N/A : voilà, dites-moi ce que vous en pensez (je devrais penser à faire une pancarte comme les mendiants avec un truc du genre : "Nous acceptons toutes les reviews, devraient-elle être composées d'un seul mot du style "super" ou "nul", et même les onomatopées du genre euh... "eugh..." (il existe des onomatopées positives ?). Et je présente mes excuses s'il reste des fautes de frappe ou d'orthographe - les heures d'examen commencent à se faire sentir.

Les chapitres suivants seront sans doute plus ah... personnels et avec un peu plus d'action mais j'avais d'abord besoin de définir les rapports de James avec l'autorité (pauvre Minnie...).