Auteur : Fuyuka, donc moi jusqu'à nouvel ordre ! XD

Titre : Les blessures d'amour ne peuvent guérir...

Raiting : K+

Pairing : Zack/Cloud

Disclamer : Les personnages, l'univers, etc appartiennent à SquareSoft/Enix. Je ne touche aucune rémunération. Patati Patata

Résumé : ...que par celui qui les a faites. Postérieur à Advent Children. Tout est terminé, il n'a plus de cause pour laquelle se battre. Ressurgissent alors des douleurs qu'il croyait apaisées.

Notes : Tout d'abord, je voulais remercier une fois de plus Kimie pour ses compliments et ses encouragements. Merci beaucoup de ton soutien !

En ce qui concerne le titre de ce OS, j'ai eu beaucoup de mal à en trouver un. C'est d'ailleurs pour cette raison que je ne le publie qu'aujourd'hui. Il s'agit en réalité d'un proverbe italien (il n'est donc pas de moi). Je trouvais cependant qu'il résumait bien l'esprit de mon OS.

Une dernière chose : j'ai écrit ce OS en écoutant l'OST de Crisis Core. Tout est venu de là. J'indiquerai donc au début de chaque partie quelle musique correspond. Je vous conseille de les écouter en lisant mais vous faites comme vous voulez, je ne vous oblige à rien !


(OST Crisis Core CD 1 - 16 - The Burdened)

« On est amis, n'est-ce pas ? »

Ça y est. Tout est terminé maintenant. J'ai vaincu Sephiroth, le monde va enfin pouvoir continuer à tourner comme bon lui semble, alternant entre périodes de paix et guerres ravageuses. Mais ainsi va la vie et même le plus déterminé de tous les êtres ne pourrait arrêter ce processus.
Je suis censé aller mieux. Du moins, c'est ce que tout le monde me serine à longueur de journée, variant les tournures, espérant sans doute qu'en m'imprégnant de paroles positives, je sois effectivement plus "heureux".
"Oh Cloud, tu es tellement lumineux aujourd'hui ! Ça me fait plaisir de te voir ainsi ! Tu étais tellement sombre avant !"
C'est vrai qu'il n'y avait vraiment pas de quoi ! Mais bon, pourquoi les décevoir ? Pour les conforter un peu plus dans leurs espoirs, je souris légèrement. Et là, c'est comme si je leur offrais la plus belle des matérias dans un écrin d'argent : les yeux des filles brillent de mille feux, on me tape vigoureusement dans le dos, on m'ébouriffe les cheveux…
Non ! Ça, personne n'a osé le faire. Comme s'ils savaient que cela allait réveiller de douloureux souvenirs. Enfin, Reno a bien essayé une fois, mais je l'ai rapidement arrêté, bloquant sa main et lui lançant un regard noir. Je crois qu'il a tout de suite compris. Personne n'a le droit de faire ça… Plus personne n'a le droit de faire ça…
Écrasant violemment mon poing dans le mur, je me maudis de ne pas pouvoir m'empêcher de penser à lui. Vivre pour deux ! Comment pourrais-je y arriver ? Je pensais aller mieux, je le pensais sincèrement ! Ça fait maintenant trois mois. Trois mois que je l'ai vu pour la dernière fois. Pour la toute dernière fois.

Et voilà, alertée par le bruit, Tifa déboule dans ma chambre :
"Cloud, est-ce que ça va ?"
Le même tremblement dans la voix, la même inquiétude à peine voilée. Je ne peux m'empêcher de faire souffrir les autres. Ils m'ont déjà tant apporté. Pourquoi dois-je encore les blesser ?
"Ce n'est rien."
Je la sens s'approcher de moi. Elle pose ses mains sur mes épaules :
"Tu penses encore à eux, n'est-ce pas ?"
Elle déduit mon approbation de mon silence. Posant son front contre mon dos, elle soupire doucement :
"Je suis désolée Cloud…"
J'ouvre soudainement les yeux :
"Désolée de quoi ?
-De ne pouvoir te soulager. J'espérais que tu irais mieux, mais j'aurais dû voir que tu souffrais encore."
Me retournant vers elle, je sens mon cœur se serrer à la vue de ses larmes prêtes à couler.
"Ce n'est pas de ta faute. C'est moi. Je vis encore dans le passé. Mais c'est sans doute là que je me sens le mieux…"
Les larmes qu'elle tentait vainement de contenir commencent à couler sur ses joues.
"Cloud, je sais que je ne peux pas faire grand-chose mais si tu as besoin de parler, tu pourras toujours venir me voir.
-Je sais. Merci Tifa."

Quittant la pièce, je me dirige d'un pas sûr vers la rue. Jetant un coup d'œil par la fenêtre, je m'aperçois qu'il pleut. Si même le ciel s'y met…
Reportant mon regard devant moi, je sursaute en voyant Vincent, son regard planté dans le mien.
"Bonjour Vincent.
-Cloud, tu ne voudrais pas parler un peu ?"
Malgré ses abords froids, Vincent est quelqu'un d'extrêmement gentil et fidèle.
"Si tu veux.
-Tu allais sortir, n'est-ce pas ?
-Oui.
-Où voulais-tu aller ?
-Je ne sais pas…
-Tu ne sais pas mentir Cloud. Viens, il est temps que tu libères ton esprit."
Le trajet se fit dans le silence le plus complet, moi, enfermé dans mon mutisme, et Vincent respectant mon choix.
Arrivés sur la colline, nous avançons jusqu'au bord. Gêné, je n'ose pas accomplir mon rituel habituel. Vincent le remarque sans doute puisqu'il s'approche de moi :
"Je peux te laisser un moment si tu veux."
Je hoche la tête en signe d'approbation et il s'éloigne.
"Je reviens, ne t'inquiète pas".
Une fois seul, je m'agenouille devant l'épée plantée dans le sol et pose mon front contre le froid métal. Je suis trempé, la pluie dégouline sur mon dos et dans mes cheveux mais peu m'importe. Et là, les genoux dans la boue, les yeux fermés, mon corps transi de froid, je me mets à pleurer. J'ai pleuré longtemps ainsi, me vidant de mes dernières forces. Posant ma main contre la lame, je la parcours comme j'aurais parcouru son visage, doucement, sentant sous mes doigts les multiples griffes qui témoignent de son sanglant passé.
Je ne sais pas combien de temps je suis resté prostré ainsi. La pluie n'avait pas cessé, mes larmes ne semblaient pas non plus vouloir se tarir. Je sortis cependant de ma léthargie en sentant la lourde cape de Vincent se poser sur mes épaules.
"Tu vas finir par être malade."
Levant le regard vers lui, je repousse son bras, découvrant mes épaules, et me dirige vers une grotte que je sais proche d'ici. Il me suit sans rien dire.
Arrivé à l'intérieur, je m'assois à ma place habituelle et ramène mes genoux contre moi. Vincent s'assoit à côté de moi, attendant que je me calme.
Une fois ma respiration redevenue régulière, je relève le visage. Prenant cela comme un signe, Vincent engage la conversation :
"Tu n'arrives pas à l'oublier, n'est-ce pas ?"
Tiens, c'est le seul qui n'emploie pas le pluriel. Aurait-il compris ?
"Non.
-Moi aussi, j'ai perdu quelqu'un que j'aimais, tu sais."
Tournant la tête vers lui, je ne peux m'empêcher d'écarquiller les yeux. Sait-il à qui je pense ?
"Tu savais ?
-Oui.
-Mais, comment ? Tu ne l'as jamais connu.
-Je sais reconnaître cette douleur et cette tristesse. Et puis, je me suis renseigné. Cela te pose-t-il un problème ?
-Non. Ça ne te semble pas bizarre ?
-Quoi ? Que tu l'aimais ? Bien sûr que non."
Intégrant l'information, je reporte mon regard devant moi. Ainsi donc, il sait. Et il n'a pas l'air choqué.
"Je ne te dirai pas d'oublier le passé. J'en suis moi-même incapable. Tu dois au contraire entretenir tes souvenirs. Te les remémorer chaque fois que tu te sens seul. Repense à lui. Parle lui-même, si tu as l'impression que lui seul peut te comprendre. Imprègne-toi de ce que vous avez vécu ensemble. Ne fais plus qu'un avec lui."
Pour la première fois, quelqu'un ne me disait pas d'oublier mais au contraire de me souvenir.
"Pourquoi c'est la première fois qu'on me dit ça ?
-Parce que les autres ne peuvent pas comprendre et qu'ils s'imaginent que c'est comme le reste, que les blessures du passé guérissent avec le temps. Ils n'ont jamais connu ça. Mais ne leur en veux pas : ils n'ont pas à comprendre.
-Mais pourquoi j'ai toujours aussi mal, Vincent ? Pourquoi, alors même que je l'ai revu, je n'arrive pas à remonter la pente ?
-Tu n'y arriveras jamais, Cloud. Du moins, pas entièrement. On ne se remet jamais de cette épreuve. Toute ta vie tu en souffriras. Moins à certains moments, mais tu en souffriras toujours. Et même si tu l'as revu, ce n'en est que pire car tu as espéré pouvoir le rejoindre. Sur le moment, tu as été immensément heureux mais après, tu as voulu le rejoindre quel qu'en soit le prix. Car le voir te dire au revoir t'a ramené au moment de sa mort. Il est mort une deuxième fois devant tes yeux, n'est-ce pas ? Il t'abandonnait de nouveau et tu ne pouvais pas le supporter. Personne ne le pourrait…"
Les paroles de Vincent étaient dures mais vraies. Elles me touchaient au plus profond de mon cœur. Il était le mieux placé pour me parler. Il avait vécu ça, il connaissait par cœur les méandres de l'anéantissement, les recoins tortueux de la tristesse, la faim dévorante de la douleur. Il était passé par là et ses paroles le prouvaient. Je me remis à pleurer : il m'avait enfin ouvert les yeux. Se levant, il me regarda tristement :
"Désolé d'avoir été dur mais tu devais savoir. Savoir à quoi ressemblera ta vie."
Et il me tend la main pour m'aider à me relever.
"Nous devrions rentrer maintenant.
-Tu as raison. Merci Vincent.
-J'aurais préféré ne jamais avoir à le faire."
Voyant que je ne semble pas décidé à bouger, il me serre l'épaule :
"Va lui dire au revoir."
Ce n'était pas un conseil, encore moins une question. C'était un ordre implacable, auquel je ne pouvais désobéir. Baissant la tête, je sors de la grotte d'un pas lourd. La pluie tombe toujours. M'avançant vers l'épée, je pose ma main sur le pommeau et murmure un au revoir qui se finit en sanglot. Jetant un dernier regard autour de moi, je rejoins Vincent.
"Je suppose que tu n'as pas envie de voir les autres ?
-Pas vraiment.
-Très bien."
Prenant son téléphone, Vincent appela Tifa et lui demanda de quitter la maison un moment. Je n'écoutais pas vraiment ce qu'il disait : cela ne m'importait pas.
"Tifa est partie faire un tour avec Marlène. Tu seras seul.
-Merci."

Notre retour à Midgar se fit comme l'aller. Arrivé devant la maison, il me devance et monte à l'étage. Je le suis mécaniquement, incapable de me remettre tout à fait de cette crise. Arrivé dans ma chambre, il me dit d'aller prendre une douche et de me coucher. J'étais effectivement exténué. Voyant que je m'exécute sans rechigner, il redescend.
Entrant dans la salle de bain, j'enlève mes vêtement gorgés d'eau et entre dans la douche. L'eau chaude me soulage légèrement, brûlant ma peau froide. J'avais accepté de souffrir éternellement. Je l'accepte d'ailleurs chaque jour. Chaque jour où j'aurais pu arrêter de souffrir. Mais j'ai promis. Promis de vivre avec ce fardeau. Promis de tout supporter. Je savais que se serait dur mais je n'avais pas réalisé à quel point. Sortant de la douche, je me sèche rapidement, enfile des vêtements propres et descends rejoindre Vincent. Je n'ai pas envie de dormir. Je suis lâche, je n'ose pas affronter mes cauchemars.
Il avait dégrafé sa lourde cape et l'avait mise à sécher. Il était debout devant la fenêtre, observant le ciel.
"Tu n'oses pas dormir ?"
Ainsi donc, il a connu tout ça ?
"Non."
Se tournant vers moi, il plonge ses yeux carmins dans les miens et je sens qu'il sonde mon esprit avec profondeur, presque avec violence.
"Tu peux tenir quelques temps sans dormir, mais pas sans manger. J'ai vu que tu avais maigri. Mange quelque chose avant de t'écrouler."
Je me rends donc à la cuisine, grignote deux biscuits et reviens dans le salon. Vincent n'avait pas bougé.
"Tu veux aller à l'église ? Je sais que tu n'y es jamais retourné depuis.
-Ça ne sert à rien. Je ne le verrai pas de toute façon.
-Je ne pense pas. Mais tu sentiras sa présence. Cela te soulagera peut-être."
Regardant par la fenêtre, je m'aperçois qu'il ne pleut plus. Acceptant son offre, je vais chercher mon manteau.


J'espère que ça vous a plu !
Je posterai la deuxième partie de ce OS à mon retour (vers le 12 ou le 13).
Une petite review ?