"Quand je suis parti de chez moi, tout le monde a commencé à me surveiller du coin de l'œil. À me poser des questions. À s'inquiéter de ma santé - surtout de ma santé mentale, pour être franc. Les Potter, James, Peter, mes professeurs et tous les autres me regardaient comme une espèce de héros tragique arraché à sa famille par la guerre qui se préparait. On murmurait que j'avais été maltraité et que je m'étais opposé à la politique de mes parents concernant les nés-moldus. On m'offrait des mots réconfortants, des tapes sur l'épaule, et les Slytherins me regardaient comme un traître à leur Grande Cause ou je ne sais quoi.

La vérité, c'est que je n'avais qu'une idée très vague de ce que faisaient mes parents. Et je suis presque sûr qu'ils ne faisaient pas grand-chose. Ma mère était trop assommée par les crises et les potions et mon père était trop absorbé par ses affaires et sa maîtresse pour vraiment se mêler de politique.

Est-ce qu'ils pensaient être au-dessus des demi-sang, des nés-moldus et de tous les autres ? Sans aucun doute. Est-ce qu'ils ont balancé une partie de notre or dans les mains de Voldemort et des types qui soutenaient des lois de ségrégation auprès du Magenmagot ? Évidemment. Mais je ne pense pas qu'ils avaient de réels idéaux à part la protection de leurs intérêts. Les Black devaient continuer à écraser les autres, voilà tout.

Et à l'époque, je me foutais bien de tous ces trucs. Je me suis juste fait la malle parce qu'ils allaient se mettre en travers du chemin qui conduisait à ce que je voulais plus que tout. Parce qu'ils étaient comme une prison de cris hystériques, de larmes et d'absence.

Je n'étais pas particulièrement triste. En fait, je n'avais pas l'impression d'avoir abandonné quoi que ce soit. Père n'était jamais à la maison et Mère ne quittait pas ses appartements. Qu'est-ce que ça changeait si je vivais chez les Potter ou dans ma chambre ? D'ailleurs aucun d'entre eux n'a essayé de me récupérer. Ils avaient encore Regulus alors pourquoi se fatiguer à me courir après ?

Je haïssais Grimmauld Place.

Alors c'était assez ridicule de voir les Potter et McGonagall me surveiller comme si j'allais éclater en sanglots ou tout casser d'un coup au cours d'une grande crise de désespoir.

Mais bien sûr, ils ne pouvaient pas comprendre. Ils pensaient que je venais de perdre une famille qui avait disparu des années auparavant.

Je n'ai parlé à personne de la raison pour laquelle j'étais parti, même pas à Remus. J'ai gardé le silence, j'ai continué de sourire et j'ai enfoui tout au fond de moi la culpabilité que je ressentais parfois en croisant le regard de Regulus au détour d'un couloir.

J'avais l'impression de m'engluer peu à peu dans la boue noire des Black et je savais que si je continuais à rester planté là, je finirais coincé, enfoncé dans leur marécage puant jusqu'au cou avec une femme à moitié folle et des amis prêts à m'envoyer à Azkaban dès que le vent tournerait.

Alors j'ai pris l'un des dossiers caché dans le coffre du bureau de Père et je me suis sauvé aussi vite que j'ai osé. Rien de politique ou d'héroïque là-dedans.

Il n'y avait pas que ça, bien sûr. Le fait que je les détestais a joué un grand rôle dans tout ça. Mon salaud de père qui s'était barré avec la première croqueuse de diamants venue et ma cinglée de mère qui avait volé notre enfance à moi et à Regulus.

Aujourd'hui encore, je ne sais pas si je serais parti si le nom de Remus n'avait jamais été mentionné dans Grimmauld Place.

Parce que je détestais mon Père.

Et que j'ai vraiment haï entendre le nom de Remus sortir de sa bouche."

Extrait du carnet de bord de Sirius Black

XXX

Chapitre 36 :

Une guerre

Peter ne savait pas exactement ce qui s'était passé pendant l'été. Quand il était arrivé à la gare de King's cross, Sirius attendait sur le quai avec James et ses parents comme s'il s'agissait d'une occurrence habituelle.

Comme s'il faisait partie de la famille.

Peter s'était arrêté avant qu'ils n'aient pu le remarquer et il s'était tourné vers le centre du quai, là où les Black, les Malfoy et les autres Sang Purs importants attendaient que leurs enfants aient disparu dans le train rutilant qui semblait piaffer d'impatience sur les rails.

Les parents de Sirius n'étaient pas là, mais cela faisait déjà plusieurs années que Sirius et son frère étaient accompagnés par un elfe de maison. Et franchement, après ce que Peter avait vu de Grimmauld Place deux ans auparavant, il n'était pas surpris.

Il se demandait si Mme Black réussissait encore à sortir de chez elle et si M. Black y avait remis les pieds. Les deux hypothèses lui paraissaient tout aussi improbables l'une que l'autre.

Cette année, il y avait bien un elfe de maison à l'air revêche qui réajustait la robe de Regulus. Regulus qui semblait chercher quelque chose des yeux, tournant la tête en tous sens pour observer la foule bigarrée avec une expression neutre sur le visage.

Et Sirius était avec les Potter.

Certes, Sirius rejoignait toujours James aussi vite qu'il le pouvait quand ils revenaient de vacances. Mais sa valise se trouvait à ses pieds. Comme s'il était arrivé avec les Potter.

Quand Peter les rejoignit, Sirius annonça qu'il s'était enfui de chez lui avec autant d'indifférence que s'il parlait de la pluie et du beau temps. Il en reparla sans s'expliquer davantage quand Remus arriva dans leur compartiment, l'air épuisé et le visage barré d'une cicatrice qui fit bégayer James au milieu d'une phrase. Sirius ne parut pas se formaliser de cette addition au physique du loup-garou et il l'attira immédiatement à ses côtés.

Peter profita de sa distraction pour interroger James sur les circonstances du départ de Sirius, mais ce dernier n'en savait pas davantage que lui. Il semblait cependant craindre que les Black n'essayent de récupérer leur héritier et il se préparait apparemment à lutter jusqu'à la mort s'il le fallait pour les en empêcher.

Même s'il se garda de l'exprimer, Peter pensa pour sa part que si les parents de Sirius avaient vraiment voulu de lui, il serait déjà retourné chez eux. Les Black n'étaient pas du genre à laisser échapper ce qu'ils désiraient conserver.

Il se demandait ce qu'il avait bien pu faire pour tomber en disgrâce. Après tout, les Black étaient plutôt des protecteurs des leurs. Et s'ils gardaient Bellatrix, qui vous donnait envie de verser une potion sédative dans son thé avant d'aller vous coucher juste au cas où l'envie de vous faire quelque chose la prendrait, c'était qu'il en fallait beaucoup pour être écarté de l'arbre généalogique.

Parce que tel que Peter voyait les choses, Sirius n'avait pas fait de fugue : il avait été renié.

Au départ, Peter ne put s'empêcher d'observer leur nouvelle configuration avec circonspection. Sirius évitait Regulus et, de toute évidence, M. et Mme Potter avaient l'intention de laisser Sirius rester avec eux. Ce qui faisait de lui pratiquement le frère de James.

Cependant, rien ne se produisit. Pour Sirius, le monde semblait toujours tourner autour de Remus. Exactement comme avant l'été.

Du moins, c'était ce que Peter avait pensé au début. Sirius ne mentionnait jamais sa famille et, à part son attitude gênée vis-à-vis de Regulus, on aurait pu croire qu'il se moquait complètement de ce qui s'était passé. Puis les jours avaient passé et il était devenu évident que quelque chose avait changé. C'était subtil, presque rien.

D'ailleurs, Peter était certain que James n'avait rien remarqué. Merlin, peut-être même que Sirius lui-même n'avait rien remarqué.

Mais Remus savait, lui aussi, c'était évident.

C'était juste dans la façon dont Sirius se tenait, toujours un peu plus près de Remus que d'habitude. La façon dont les draps de son lit n'avaient pas été défaits depuis le jour de leur arrivée et dont Sirius semblait toujours avoir une main sur Remus - la manche de sa robe, son coude, son dos, mais surtout son poignet. Presque toujours son poignet.

Comme s'il avait voulu inconsciemment rendre permanente les menottes invisibles avec lesquelles il se plaisait à enchaîner le loup-garou.

Seulement, à ce stade, Peter ne pensait pas qu'il avait encore conscience de ce qu'il faisait. Parfois, il en venait à se demander si Sirius ne s'accrochait pas à Remus autant pour pouvoir rester debout que pour s'assurer que ce dernier était toujours entre ses mains.

Il ne parvenait pas à déterminer quels étaient les sentiments de Remus au sujet des signes ténus de sa nouvelle captivité. Car il était maintenant évident que si Sirius avait pu échapper aux Black, Remus n'avait plus la moindre chance d'en faire autant.

Peter n'était même pas sûr que Remus en pense quoi que ce soit.

La seule chose dont il était certain, c'était que, qu'il le veuille ou non, son poignet était attaché par une menotte plus solide que du titane. Une menotte qui ne s'ouvrirait plus jamais.

Pas tant que Sirius vivrait.

XXX

Remus se crispa, agrippant Potions à travers les âges plus fermement qu'il n'était nécessaire.

Quelqu'un l'observait et il sentait l'Autre montrer les dents depuis l'endroit où il se terrait sous sa peau. Après tout, sa nuit de permission était dans quatre jours et Remus commençait à le percevoir avec acuité, comme toujours à cette époque du mois.

Il sentit quelqu'un approcher de la table à laquelle il était assis. Ce n'était pas Sirius. Sirius était en retenue avec le Professeur McGonagall pour avoir une fois de plus accepté de participer à l'une des "plaisanteries" de James. James aimait faire des blagues, des plaisanteries voyantes qui ne manquaient jamais de l'envoyer purger une juste peine avec un balai ou un chiffon quelque part dans le château. Remus songeait parfois que, plus qu'une réelle appréciation pour les farces et attrapes, James avait un constant et irrépressible besoin d'être le centre d'attention. Surtout depuis qu'il avait découvert le bonheur d'être remarqué par des filles en général et Lily Evans en particulier.

Il doutait cependant qu'il obtienne un jour une attention positive en persévérant dans cette voie.

Remus leva les yeux de son livre et jeta un coup d'œil circulaire dans la bibliothèque. Il y avait plusieurs tables vides près de la sienne, peut-être l'intrus qui se tenait derrière lui se préparait-il seulement à aller s'asseoir à l'une d'elles. Il avait sans doute hésité à s'approcher après l'avoir vu, ce qui expliquait les yeux qu'il sentait posés sur sa nuque depuis plusieurs minutes.

Après tout, la réputation de James et de Sirius en matière d'humour déplaisant avait tendance à rejaillir sur lui. Et, même sans cela, il était évident que la plupart des autres élèves l'éviteraient. Remus ne se faisait guère d'illusions sur la façon dont il était perçu. Il était naturel que les gens l'évitent : il était bizarre. Un être sanguinaire se cachait dans son corps, il était nerveux à un point peu naturel pour un être humain et à moitié aveugle durant une partie du mois. Il lui arrivait de grogner quand il était pris de court, généralement par Sirius. Il l'avait encore griffé ce matin par réflexe quand l'autre garçon avait glissé la main sous son tee-shirt pour l'appuyer contre son estomac.

Quelques fois, quand il se réveillait et que Sirius dormait encore, l'étreignant comme s'il essayait de fondre ses membres maigres dans les siens, il lui arrivait de ressentir une terrible envie de mordre sa chair pâle jusqu'à sentir le goût du sang sur sa langue.

Vraiment, il n'y avait pas plus étrange que lui. Parfois, Remus se disait qu'il était sans doute bizarre même pour un loup-garou. Il se demandait si c'était dû aux poisons qu'on injectait dans ses veines. Aux années de transformation dans une cage. Ou si son corps qui se désagrégeait lentement, rongé par les cicatrices blanches qui se multipliaient à chaque vacance sur sa peau, finissait par corrompre jusqu'à son esprit.

Il était ironique de penser que seul Sirius ne semble rien avoir à redire à son comportement, considérant que c'était lui qui déclenchait généralement ses réactions les plus absurdes. Même la cicatrice hideuse qui barrait son visage et avait fait tressaillir d'horreur tous ceux qui avaient croisé son regard n'avaient pas semblé le troubler. Sirius avait simplement tracé toutes les nouvelles lignes qui marquaient son corps du bout des doigts, comme pour en retenir l'emplacement, puis il avait souri de ce sourire qui faisait courir un frisson le long de la colonne vertébrale de Remus.

C'était tout.

Le raclement d'une chaise sur le plancher tira Remus de ses réflexions. Il leva les yeux une nouvelle fois et vit Snape s'asseoir.

À sa table.

Remus se crispa une fraction de seconde avant que l'habitude ne force une apathie familière à réintégrer son corps. Montrer son malaise mettait en position d'infériorité, excitait l'instinct de chasse et la cruauté des autres. Ne rien dévoiler de son propre état d'esprit était la meilleure défense. S'il y avait une seule chose qu'il avait appris de ses années à la Rookwood Inc. c'était bien celle-là.

Snape ne dit rien. Il sortit un rouleau de parchemin, une plume et un encrier de son sac, puis il jeta un regard appuyé à Remus avant de se lever.

Remus le regarda disparaître entre deux rangées d'étagères du coin de l'œil. S'il partait maintenant, ça rendrait évident le fait qu'il essayait de fuir. Et si Snape avait quelque chose à lui dire, il lui faudrait l'entendre. Cinq années passées avec Sirius lui avaient enseigné qu'essayer d'éviter une confrontation ne faisait que renforcer la détermination de l'adversaire.

Il recommença à lire, tournant les pages de son livre sans réellement saisir le sens des mots.

Que voulait Snape ?

Était-il venu renouveler sa promesse d'avant les vacances ? Et pourquoi ?

Remus avait la quasi certitude que le Slytherin avait l'intention de l'utiliser pour atteindre Sirius et James. Il ne pouvait pas le blâmer d'essayer, après les humiliations dont il avait fait l'objet. Pour être parfaitement honnête, il pensait que Sirius et James méritaient sans doute ce que Snape projetait de faire.

Mais il ne participerait pas. Il en était incapable.

La seule idée de blesser Sirius tordait quelque chose au plus profond de son être avec tant de violence qu'il en aurait crié.

Il secoua la tête avec lassitude. Ça n'avait pas de sens. Le loup se serait-il en chien pour entretenir maintenant des notions de loyauté ?

Les pas feutrés de Snape revinrent vers la table et Remus fixa de nouveau son regard sur les lignes d'écriture serrée de son livre pour ne pas le voir.

Il entendit Snape poser une petite pile d'ouvrages cartonnés sur la table et en ouvrir un.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il soudain.

Remus cligna lentement des yeux et le regarda enfin. Snape gardait les yeux obstinément baissés vers son livre - un manuel de Potions, remarqua Remus.

Le silence s'éternisa, puis Snape releva son impérieux regard noir.

- Cet été, précisa-t-il. Qu'est-ce qui s'est passé avec Black ? Les autres racontent qu'il a été déshérité.

Remus garda le silence. C'était cela, alors ? Il voulait des informations à utiliser contre Sirius ?

Mais Remus ne savait rien de ce qui s'était passé cet été. James l'avait informé que Sirius s'était enfui de chez lui dès qu'ils étaient montés dans l'Hogwart Express. Sirius lui-même n'avait parlé de rien. En réalité, Remus n'aurait pas remarqué que quoi que ce soit avait changé s'il n'y avait eu les moqueries des Slytherins et de légères modifications dans le comportement de Sirius. Son attitude envers Regulus était la plus évidente. Sirius l'évitait, cachant une expression coupable derrière un rictus peiné. Mais Remus avait aussi l'impression que l'attitude de Sirius à son égard avait un peu changé. Pas dans son essence, plutôt dans son intensité.

Ce n'était toutefois rien de concret et c'était un sentiment si ténu que Remus pensait parfois avoir tout imaginé.

Il frotta pensivement son poignet droit. Il était si habitué à la pression des doigts de Sirius à cet endroit qu'il semblait douloureusement nu en son absence.

- Tu n'as pas à avoir peur, dit Snape, lentement. Nous pouvons te protéger.

- Quoi ?

Snape se pencha par-dessus la table et étendit son bras. Ses doigts entrèrent à peine en contact avec la peau de son visage avant que Remus ne soit debout, les dents découvertes en un rictus effrayé. Sa chaise heurta bruyamment le sol et la bibliothécaire passa la tête entre deux étagères à quelques mètres de là pour lui jeter un regard courroucé.

Snape demeura impassible. Il ramena lentement sa main de son côté de la table et la posa sur le livre qu'il avait ouvert. Remus se pencha pour redresser la chaise, puis il resta debout, les poings crispés sur le tissu de sa robe.

Snape hocha la tête, comme s'il s'était attendu à une telle réaction.

- Je pourrais te protéger, tu sais, dit-il. Nous ne serons pas toujours à l'école, et j'ai des... connexions. Il suffirait que tu parles de ce que Black te fait.

- Ce que Black... répéta Remus, avec stupeur.

Puis il porta la main vers son propre visage, là où la peau de Snape était entrée en contact avec la sienne. Il toucha la cicatrice qui barrait à présent la moitié gauche de son visage. Le coup de griffe qui avait manqué emporter son œil deux lunes auparavant.

Bien sûr, la lune suivante avait été pire. Il en était certain. L'Autre, loin d'être apaisé par les dommages qu'il avait infligé au corps de son hôte n'avait été que plus enragé au fur et à mesure que les vacances s'éternisaient. Seulement, lorsque Remus s'était réveillé de la seconde nuit de pleine lune, il n'y avait pas de sang sur les murs. Son corps ne comportait que quelques blessures mineures. Il résista à l'envie de frotter ses côtes à travers ses vêtements. Là où se trouvaient trois marques parallèles qui ressemblaient à des griffures.

Elles avaient presque disparu. Elles avaient guéri.

Remus aurait vraiment aimé ne pas avoir vécu avec l'Autre depuis assez longtemps pour être capable de distinguer une marque laissée par des griffes de celles laissées par des ongles.

- Oui, Black, reprit Snape avec une pointe d'impatience. Il a fait quelque chose qui l'a fait renier par sa famille. Ce n'est pas le genre des Black. Il faut que ça ait été quelque chose de terrible. Je vois bien comment il est avec toi...

Remus réprima quelque chose qui ressemblait autant à un rire qu'à une quinte de toux avant qu'il n'ait pu s'échapper de sa gorge.

Snape pensait que Sirius l'avait... quoi ? Torturé ?

- Non. Ça n'a rien a voir avec Sirius. On ne s'est pas vu de tout l'été, dit-il. Je ne sais pas ce qui est arrivé avec sa famille.

Et il ignorait réellement tout.

Mais les lèvres de Snape se tordirent en une moue méprisante.

- Quoi ? Tu vas jouer les épouses martyrisées ?

Remus secoua sa tête en signe d'incompréhension, mais Snape leva une main.

- C'est bon, je connais la chanson, dit-il. J'ai vu comment Black te regarde. La façon dont il te touche. Il n'aurait laissé personne d'autre t'abîmer comme ça. Je connais ce genre de types, ceux qui aiment laisser leur marque sur leur gentille petite femme...

Remus resta abasourdi. Ce que disait Snape n'avait pas de sens. Il était un monstre, certes, mais personne ne l'avait jamais traité de femme. Et Sirius ne laissait jamais de marque sur qui que ce soit. Pas intentionnellement, en tout cas.

Il pinça les lèvres, pensant aux bleus violâtres que l'autre garçon laissait presque quotidiennement sur ses épaules quand il se réveillait.

Remus regardait ce nouveau rituel avec un vague malaise, mais ce n'était pas réellement douloureux et les bleus disparaissaient en quelques jours.

Après tout, Sirius agissait généralement dans l'espoir de pousser les autres à réagir. Le laisser faire sans rien dire était la meilleure façon de le faire arrêter, avait raisonné Remus. Ça ne saurait plus tarder. Ce n'était qu'un jeu de plus, une distraction des horreurs que Remus pouvaient deviner de son été.

Et Sirius se lassait vite de tout.

- Je ne comprends pas, dit finalement Remus.

Il secoua la tête, puis, troublé, il rassembla ses affaires pour sortir de la bibliothèque.

Au moment où il passait devant lui, Snape attrapa sa manche. Remus manqua lâcher son sac de surprise.

- Ce n'est pas terminé, Lupin. Tôt ou tard, je saurai ce que Black fabrique, et je saurai d'où viennent toutes ces cicatrices. Il est dans ton meilleur intérêt de m'aider : j'ai des appuis, des amis puissants.

Remus dégagea sa manche de l'étreinte des doigts blêmes de Snape. Il pensait s'être habitué au contact physique à cause de la propension de Sirius à violer toute notion d'espace personnel, mais la chaleur du corps de Snape à travers ses vêtements lui donnait la nausée.

- Je comprends que ce soit difficile, dit Snape d'un ton radouci. Il est parfois très dur de se détacher des gens qui nous font du mal.

- Non, murmura Remus. Je...

Il secoua de nouveau la tête et quitta la bibliothèque à pas brusques.

Les mots de Snape résonnaient encore dans son esprit, comme une déclaration de guerre.

Et il avait l'horrible sentiment de se trouver en plein milieu du champ de bataille.


N/A : comme vous l'avez sans doute remarqué, ce mois ne sera pas mon plus prolifique ^^". Je pars à l'étranger pour un an dans huit jours et je suis très occupée avec les préparatifs... Je vous préviens aussi que la fin du mois sera aussi un peu chaotique, puisque je n'aurai pas tout de suite un accès à internet en arrivant. Pour empirer la situation, je dois relire 550 pages de roman avant la fin du mois et un éditeur m'a demandé un projet de roman pour lundi (oui, ce lundi... et non, je ne sais toujours pas de quoi ça parle XD).

Bref, un fort triste mois de septembre pour la fanfiction. J'essayerai quand même de poster à un rythme semi-régulier en attendant que les choses se calme (octobre devrait être plus simple).

En tout cas, merci à tous ceux qui ont commenté le chapitre précédent. Même si je n'ai pas eu le temps de répondre à tout le monde (j'avais aussi une semaine de séminaires sur le divorce... riant sujet, vraiment), recevoir des commentaires me rend toujours très heureuse.

Lulma : Oui, tu as parfaitement raison. Désolée de ne pas avoir pu répondre à ton message plus tôt. Mais chut, pas un mot ^^...

Yume : désolée pour l'attente. J'espère que la déprime de la rentrée s'est dissipée (argh, en plus ça fait deux jours qu'il pleut ici...)

Ayame : de la fanfiction Edward/Peter ? Je suis émue - je ne pensais pas avoir un jour de la fanfiction sur mes propres romans ^^.