Chapitre 27 : Retrouvailles

L'orage continuait de gronder à l'extérieur, la tempête prenait de l'ampleur comme pour correspondre aux sentiments qui les tenaillaient l'un comme l'autre. Il était là, en face d'elle, comme un doux rêve auquel elle n'osait encore y croire. Il avait retiré sa cape trempée qui séchait docilement près de la cheminée tandis qu'il se séchait les cheveux avec l'une des serviettes qu'elle lui avait prêté. Elle aurait pu lui lancer un sortilège de séchage, mais Fauve devait avouer qu'elle était bien trop perturbée pour y avoir pensé.

Elle se sécha à son tour les cheveux et ne pouvait cesser de lui jeter des regards en coin, comme par peur qu'il ne s'évanouisse dans les airs ou ne prenne la fuite dans son dos. Néanmoins, rien ne semblait vouloir le faire partir, alors son cœur commença à s'apaiser.

Il avait changé, ses cheveux châtains clairs étaient parsemés de mèches gris souris, son regard paraissait plus hanté que jamais par les fantômes du passés. Ses yeux étaient cernés, sans doute à cause du manque de sommeil et les traits de son visage tirés. Elle savait que la pleine lune remontait à quelques jours et les sévices de celle-ci se faisaient sentir à travers son corps.

Indéniablement, elle lâcha sa serviette et se dirigea lentement vers son ami de toujours, posant une main sur sa joue beaucoup plus chaude qu'il n'y a quelques minutes. Elle le sentit sursauter sous ce contact remplit de tendresse à son égard, posant son regard ambré sur elle.

« Tu m'as manqué, souffla-t-elle la voix étranglée, les yeux brillants.

- Toi aussi, répondit-il en fermant les yeux par la douceur exquise de sa main.

- Douze années, douze années, répéta-t-elle dans une litanie dans fin, sentant les larmes dévalées le long de ses pommettes creusées.

- Je te croyais morte, avoua-t-il douloureusement en retenant un hoquet qui allait traverser ses lèvres. Je t'ai cherché partout, partout, et puis, puis…

- Ils sont morts, compléta-t-elle en posant son front contre son torse tandis qu'elle le sentit hocher de la tête. »

Elle sentit ses mains se poser dans son dos, la serrant à nouveau fortement contre lui. Son odeur lui rappelait tant de souvenirs et leur adolescence à Poudlard, avant que tout ne dérape, avant que tout ne se dérobe sous leurs pieds. Elle serra son pull entre ses doigts comme pour se fondre dans la masse et tout oublier de ces souvenirs si tortueux.

Combien de fois s'était-elle réveillée en sursaut ? Combien de fois s'était-elle réveillée en pleurs ? Combien de fois avait-elle eu des crises d'angoisses ? Sa peur la plus profonde s'était réalisée en ayant perdu Sirius et Remus. Elle s'était à nouveau retrouvée seule, pour seule bouée de sauvetage ; l'espoir.

L'espoir de les revoir un jour, tous les deux, et aujourd'hui, l'un deux était là, avec elle.

Est-ce que le destin allait enfin leur accordé cette miséricorde auquel chacun d'entre eux méritait ?

« Fauve, l'appela-t-il d'un ton plus grave, je dois savoir, je ne veux plus de mensonges, plus de secrets, ajouta Remus en la repoussant doucement tout en observant son visage torturé.

- La vérité, souffla –t-elle en reculant tandis qu'elle posa une main sur le fauteuil qui se trouvait à côté d'elle comme pour se soutenir.

- La vérité, soutint Moony plus que jamais déterminé, aussi dure soit-elle, réaffirma-t-il devant l'hésitation de sa meilleure amie qui baissa la tête tout en apposant une main devant ses yeux. »

Elle savait qu'ils allaient devoir venir à ce moment devoir se remémorer, expliquer, ne plus taire ses angoisses, ses doutes, allait-il accepter d'entendre qu'elle pensait que Peter était le traître ? Allait-il la croire quand elle allait lui dire que Sirius était innocent de tout cela ? Que pensait-il de ce passé sinistre ? Elle se doutait que s'il s'était retiré ainsi du monde des sorciers à cause de leurs disparitions.

Elle n'osait pas imaginer les larmes que Remus avaient dû verser en pensant à eux tous.

Elle n'osait pas imaginer les pleines lunes sans eux.

Moony en avait dû être peiné et furieux.

Elle releva la tête, dévoilant son regard empreint d'une tristesse infinie, puis avec le courage d'une Gryffondor, inspirant profondément pour reprendre le contrôle de ses émotions, elle lui dit de but en blanc :

« Sirius est innocent Remus, il n'est pas coupable des crimes qu'on lui impute. »

Un long silence s'en suivit, puis un éclair zébra à nouveau le ciel tandis que le tonnerre résonna au dessus de leur tête. A cet instant, elle sut que le coup de tonnerre ne serait rien face à la furie qui s'empara du corps de son ami, ses yeux brillants d'une colère insondable.

« Je t'ai demandé la vérité ! Gronda-t-il en serrant les poings.

- Oui, j'ai bien entendu, et tu m'as précisé aussi dure soit-elle à admettre, je te le répète Remus il est inno… »

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que la main de Remus balaya violemment la table basse qui se trouvait non loin de lui, faisant sursauter Fauve qui ferma quelque secondes les yeux avant de les ré-ouvrir sur le visage son ami qui se trouvait à quelques centimètres d'elle. Inconsciemment, elle recula mais Lupin lui empoigna le bras avec force, mais sans pour autant lui faire mal. Elle devait le convaincre, elle devait le convaincre de revoir son jugement sur le dernier ami qu'il avait.

« Je ne te mentirais jamais Remus, réitéra-t-elle avec abnégation en le fixant avec intensité. Tu étais le seul à connaître mon emploi de Langue de Plomb au sein du département des mystères, tu étais le seul vers qui je me tournais à cette époque, et aujourd'hui, je me retourne une nouvelle fois vers toi, fais-moi confiance, souffla-t-elle en posant une main sur sa joue.

- Qu'est-ce qui te fait dire que Sirius n'est pas le traître ? siffla Lupin d'un ton menaçant.

- Lâche-mon bras, assis-toi et je t'explique, ordonna-t-elle avec assurance. »

Remus la jugea à nouveau et l'image que Fauve lui renvoyait à cet instant, était loin de la petite fille perdue sur le quai du Poudlard Express. Elle était devenue une femme magnifique, une femme qui avait vécue des choses trop douloureuses. La vie ne la laisserait-elle jamais en paix ? Il lâcha alors son bras, recula de quelques pas et s'installa dans le fauteuil à côté de Fauve. Ses bras étaient accoudés sur ses genoux tandis que son menton reposait sur le haut de ses mains avant qu'il ne murmure :

« Je t'écoute… »

Pour seule réponse, elle hocha la tête puis pris place en face de lui, dans son fauteuil jumeau, fixant le feu de cheminée.

« Avant qu'on ne quitte Poudlard, je vous ais caché certaines choses, avoua honteusement Fauve en plongeant son visage dans le creux de ses mains. Je voulais juste éviter que Sirius ne monte au créneau en me défendant…

- Te défendre contre quoi ? demanda Remus en fronçant des sourcils d'un ton inquiet.

- Tu devrais plutôt dire contre qui, rectifia-t-elle-en retirant ses mains, laissant apparaître son visage tourmentée.

- Rosier, murmura-t-il comme une évidence sans même avoir le besoin de réfléchir. »

C'était la seule personne qui aurait pu mériter que Sirius ne parte contre vent et marrées, la seule personne qui pouvait vouloir du mal à leur amie commune.

« Que t'a-t-il fait ? Somma-t-il d'un ton colérique même s'il savait que tout cela n'était que trop tardif.

- Il a voulu me soumettre à l'impérium pour me faire sauter de la tour d'astronomie, parce que nous avions humilié Eileen, parce qu'il lui fallait conquérir ma sœur, m'avouant l'avoir manipulée pour qu'elle m'empoisonne, raconta Grey en déglutissant, sachant que la suite n'allait pas plaire au loup-garou. Remus, il savait pour ma tentative de suicide, révéla-t-elle en apercevant l'effroi dans les yeux de son ami. C'est pour cela qu'il voulait me faire sauter de la tour d'astronomie en me faisant rédiger une lettre, ainsi, qui aurait pu croire à un assassinat d'une ancienne suicidaire ?

- Non, non impossible Fauve ! Nous n'avons rien dit ! Jamais ! Jamais, répéta-t-il plus doucement son visage devenant blême au fur et à mesure que son cerveau analysait les informations données par Grey. »

Sirius n'aurait jamais été voir Rosier où bien un quelconque Serpentard pour dévoiler une telle information, il était trop loyal vis-à-vis de Fauve. James avait trop de principe, trop d'honneur pour commettre une telle chose, et lui, lui pouvait assurer à son amie ici présente, qu'il n'aurait jamais fait une telle chose. Fauve était comme une sœur pour lui. Alors, alors, il ne restait que…

« Peter, osa prononcer Lupin la voix étranglée en croisant le regard de la jeune femme qui hocha la tête dans le plus profond des silences, annonçant la sentence. Impossible, Peter était trop…

- Trop quoi ? Couard comme avait pu lui dire Sirius et James après qu'il ait perdu la carte que vous aviez créé ? Après cette dispute, Peter n'a jamais été le même, il a été mis de côté par Sirius et James pendant plusieurs jours et semaines, tu étais le seul à essayer de recoller les morceaux, mais c'était trop tard Remus, dit Fauve en sentant sa gorge se serrer. Rosier m'a avoué qu'il y avait des langues bien pendu au sein du château, vous étiez quatre ce soir là, quatre…Je n'ai jamais douté de Sirius, de toi ou bien de James, jamais, mais depuis ce fameux soir, je n'ai jamais pu refaire confiance à Peter. Jamais…

- Pourquoi, pourquoi ne nous l'as-tu jamais dit ? Pourquoi ?

- J'avais peur, je ne voulais pas être à nouveau le centre d'une nouvelle discorde, pas dans votre groupe, je n'ai jamais été qu'une pièce rapportée, je…

- On t'aimait ! Nous t'aurions cru ! Sirius, moi, même James ! s'exclama Remus horrifié en fixant Fauve totalement anéantie, prise par les remords.

- Pardonne-moi, pardonne-moi, supplia-t-elle, je voulais juste, juste vous protéger, je me suis trompée moi aussi, je, bafouilla-t-elle devant les accablements de son ami. »

Le silence se fit à nouveau dans la pièce, seul le crépitement du feu et la pluie qui battait les fenêtres de la maison venaient troubler les pensées de Remus. Peter, le petit Peter, toujours à suivre Sirius et James, oui, toujours à les suivre jusqu'à cette nuit là, jusqu'à cette dispute. Il avait été plus distant après cela, sans qu'aucun d'eux ne se doutent qu'il puisse révéler des informations aux Serpentard.

C'était un cauchemar ! Un horrible cauchemar !

Il se releva de son fauteuil, agacé, en colère, après lui.

Il pouvait bien accabler Fauve de reproches, il pouvait comprendre son silence. Après tout, lui, n'avait rien vu. Rien ! Et c'était sans doute le plus rageant, si proche et si loin à la fois. Comment cela avait pu se produire sous leurs yeux à tous ? Comment ? Etaient-ils tous si insouciants à cette époque ? Pourtant, ils auraient dû comprendre la leçon après l'empoissonnement de Fauve par sa sœur aînée. Ils auraient dû continuer à se méfier, à être sur leurs gardes, mais non.

Sirius, James et même lui, ils se croyaient tous invincibles.

Cruel désillusion.

Il ne restait plus rien des Maraudeurs, Lily morte, Harry orphelin.

Il posa une main sur la vitre froide, observant le déluge et la tempête qui faisait rage dehors, tout comme son cœur à l'heure actuelle, qui était pris dans une nouvelle tourmente. Il avait voulu la vérité, il l'avait, ou presque. Il se retourna vers Fauve qui avait la tête baissée sur ses mains qui agrippaient le bas de sa jupe, puis prononça :

« Sirius était le gardien secret de Lily et James, il ne fait aucun doute que c'est lui le traître, observa-t-il en s'attirant l'attention de la concernée qui secoua la tête en signe de négation.

- Cela ne se peut Remus, Sirius aimait James comme un frère, il était loyal envers nous tous, décréta-t-elle en se relevant pour le rejoindre.

- Sirius a perdu pied après ta disparition, il ne faisait que s'enterrer vivant chez vous, buvant verre après verre pour calmer son chagrin, il aurait très bien pu… »

Un bruit de gifle retentit.

Remus se tenait la joue endolorie, marquée par les doigts de Fauve, qui se tenait là, en face de lui, telle une lionne en furie. Telle une lionne sortant les crocs pour protéger celui qu'elle aimait par-dessus tout. Jamais, jamais l'ancienne Fauve n'aurait osé porter la main sur lui avec une telle fougue, une telle détermination. Dans ses yeux dansaient une tourmente d'émotions qu'il n'arrivait pas à saisir.

Sirius l'aurait trouvé belle à cet instant.

Lui-même devait avouer qu'il la trouvait sublime.

Elle avait grandi, muri, son caractère s'était endurcit et peut-être que si ces parents ne l'avaient jamais malmené, peut-être aurait-elle ressemblé à cela avant ? Il se dégageait d'elle une prestance et une assurance qui ne permettait même pas qu'on puisse remettre ses propos en doutes. Il avala difficilement sa salive et avant même qu'il puisse émettre le moindre son, elle ajouta à son encontre

« Sirius pensait que c'était toi le traître ! Sirius a cru que je le trompais avec toi ! Je t'ai défendu Remus ! Je croyais en toi ! J'ai toujours cru en toi ! Asséna –t-elle avec virulence. »

Oui, oui, il se souvenait encore des propos de son ami quand Fauve avait disparu, il avait confié avoir fait une connerie à son sujet en l'accusant de l'avoir trompée. Il souvenait du malaise de Sirius, de son embarras. Ce à quoi, il avait répliqué qu'elle ne lui aurait jamais fait une telle chose parce qu'elle l'aimait. Seulement, il n'avait pas compris que sa gêne était lié au fait qu'il l'avait accusé d'être l'amant de Fauve. Accusé d'être le traître ! Pourquoi ? Pourquoi Sirius avait-il pensait- cela ?

« A cause de ma Lycanthropie, souffla-t-il douloureusement, en se prenant une seconde gifle.

- Oui, approuva Fauve en le vrillant des yeux. Voldemort recrutait massivement les loups garous lors de la dernière guerre, Peter a suggéré cette idée auprès de James et Sirius, lui révéla-t-elle tandis que Lupin semblait tétanisé sur place.

- Je n'aurais jamais, jamais…

- Je le sais bien, le coupa –t-elle rapidement avec plus de douceur dans sa voix. Je le sais Remus, parce que tu m'avais confié que tes longues absences étaient dues à ta recherche d'emploi, mais ni James, ni Sirius, ni Lily, ni Peter, n'en connaissaient la réelle cause, expliqua calmement Grey. Remus, c'est Peter qui a soumis cette odieuse idée, est-ce que tu comprends ?

- Il n'était pas le gardien, réitéra Lupin totalement déboussolée par la vérité.

- Et Sirius n'aurait jamais vendu ses amis à Voldemort, il aurait préféré mourir, lui rappela-t-elle.

- Que s'est-il passé alors ? Fauve, que s'est-il passé ? demanda Moony dans une supplique qui tordit les entrailles de la jeune femme.

- Je ne sais pas Remus, je suis comme toi, je t'ai dit ce que je savais et rien ne colle, comment expliques-tu qu'on est retrouvé qu'un doigt du corps de Peter ? Pourquoi seulement cette partie ? Tout a été détruit sauf ce maudit doigt, c'est juste grotesque Remus ! dit-elle en lui tournant le dos, marchant vers la cheminée. »

Il ne savait quoi ajouter, quelque part tout ce qu'elle lui confié avait du sens, tout était trop facile et à la fois complexe quand l'on regardait plus en profondeur. Qu'est-ce que cela signifiait ? Qu'avait-il manqué ? Que s'était-il passé durant ces derniers quelques mois ?

« Sirius s'est évadé, souffla Moony en observant Fauve qui se tenait face à la cheminée. Que va-t-il faire à ton avis ?

- Retourner à Poudlard, répondit-elle comme une évidence, là où tout à commencer, conclut-elle en tournant la tête vers lui. Accepte la proposition de Dumbledore, suggéra-t-elle en surprenant à moitié son ami. »

Il avait bien compris que le Directeur de Poudlard avait dû lui rendre une visite, sinon, comment se serait-elle attendue à sa visite ? Comment aurait-il pu lui fournir l'adresse s'il n'avait pas de contact avec elle ?

« Je ne te le demande pas en le nom de Dumbledore, précisa-t-elle. Cette fois-ci, nous allons agir par nous-même Remus, va à Poudlard, protège Harry et trouve la vérité, trouve ce morceau de puzzle qui nous manque. Sirius doit savoir des choses, mais il ne nous laissera pas l'approcher, alors nous devons chercher par nous-même…

- Qu'est-ce que je dois chercher ? Par quoi commencer ? S'enquit le concerné en se rapprochant d'elle.

- Je n'en sais rien, je n'en sais rien Remus et c'est bien là le problème, mais il faut que tu trouves la vérité, je…je n'en peux plus de me tourmenter pour ce passé qui nous ronge l'un comme l'autre. Je m'en veux tellement…tellement…chuchota-t-elle tandis qu'une larme solitaire roula sur sa joue. Pour moi, la guerre ne s'est jamais terminée Remus…jamais… »

Il comprenait ses paroles, pour lui non plus, il avait cette douloureuse sensation que cette guerre était juste interminable. Qu'il n'en voyait jamais la fin, à cause de toutes ses questions sans réponses.

« Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment ? Émit plaintivement Lupin en essuyant la larme qui coulait sur le visage de son amie.

- A cause de nos mensonges, répondit Fauve la mâchoire crispée. A cause des non-dits, à cause de notre manque de confiance ou bien pour avoir surestimé notre propre amitié, nous voulions tous nous protéger les uns des autres, et nous n'avons fait que le contraire, tout cela, n'est que le résultat de nos actes Remus, à tous, conclut Grey le visage torturé.

- Nous avons échoué, ajouta Lupin en plongeant son regard ambré dans le sien.

- Oui, mais nous pouvons encore rattraper certaines de nos erreurs, Sirius a besoin de nous, Harry a le droit de connaître la véritable histoire de sa cicatrice, aide-moi Remus… »

Pour seule réponse, il hocha la tête puis posa délicatement une main dans la nuque de Fauve, collant son front contre le sien en fermant les yeux. Il était heureux de l'avoir retrouvé. Heureux de retrouver une partie de son adolescence. Elle avait changé, certes, mais tellement d'années s'étaient écoulées, tellement. Elle aussi avait vécue seule et recluse, comme lui.

C'est alors que Remus ouvrit les yeux puis se recula, non, elle n'avait peut-être pas tant changé dans sa façon d'être et dans sa manière de fonctionner. Elle aurait très bien pu arriver à ses fins, seulement lui aussi avait de l'expérience dans ce domaine. Combien de fois les avait-elle menés en bateau pour éviter les sujets tabous et fâcheux ? Combien ?

« Fauve, nous n'avons pas parlé d'une chose, ce mois de Juin 1981, ta disparition, que s'est-il passé ? »

Il sut qu'il avait eu raison en la voyant se tendre comme un arc, relevant doucement la tête vers lui en se mordant les lèvres d'un air anxieux. A ce moment précis, il sut que la suite de l'histoire n'allait pas lui plaire…

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1er Septembre 1993.

Il était là, assis à la table des Professeurs et revoir l'ancienne grande salle de cet endroit, lui faisait un drôle d'effet. Il y a quelques années, c'était lui qui tenait assis de l'autre côté de l'estrade, comme Harry et ses amis.

Harry.

Il n'aurait pu ne pas le reconnaître, il ressemblait tant à James, sauf les yeux, c'était ceux de Lily. Il lui était difficile de ne pas le regarder tellement il pouvait lui rappeler ses amis décédés. Il était heureux de se retrouver, ici, ce soir mais à la fois nostalgique et mélancolique.

James aurait été fier de savoir que son garçon avait atterri à Gryffondor et le plus jeune attrapeur de son équipe de Quidditch. De son côté, Lily aurait fait la morale à son mari pour le faire redescendre de son petit nuage d'égocentrisme, rappelant à Harry le besoin de bien apprendre et d'écouter ses professeurs. Quant à Sirius, il aurait sans doute glissé quelques blagues dans l'oreille de celui-ci, en douce, derrière le dos de Lily avec la coopération de son père.

Quel magnifique tableau cela aurait été. Oui, si tout n'avait pas dérapé, cela aurait pu ressembler à cela, malheureusement Harry se retrouvait sans parents et sans parrain. Heureusement, il semblait s'être fait des amis et cela le rassurait profondément, il n'était pas seul.

Le repas se déroula sans anicroche et dans le calme, enfin, s'il devait ignorer le regard noir que lui lançait Severus Rogue depuis que Dumbledore l'avait présenté à tous les élèves de Poudlard pour la prise de son poste en tant que Professeur de défense contre les forces du mal.

A la fin de la soirée, quand tout le monde commença à se lever pour retourner dans leur dortoir respectif et les professeurs faisant de même, Remus ne put éviter plus longuement l'ancien Serpentard qui paraissait l'attendre. Les bras croisés, son regard froid et onyx, droit comme un I, il ne lui avait jamais paru aussi impressionnant, ou presque, si une chose n'avait pas changé chez lui c'était bien ses cheveux gras.

Moony dut se retenir de sourire, le faisant replonger des années en arrière. Si James et Sirius avaient été présents, ils n'auraient pu garder contenance pour le tacler à nouveau sur son aspect physique, sauf qu'ils n'étaient pas là.

« Lupin, débuta Severus d'un ton doucereux. Comme l'on se retrouve après tant d'années…

- Severus, répondit naturellement le concerné. Il faut croire que nos chemins sont voués à se croiser, certaines choses ne semblent pas changer, nota Remus d'un ton légèrement sarcastique.

- Les temps changent Lupin puisque cette fois-ci tu n'es pas accompagné de ton sale cabot et de toute sa clique, au final, il faut croire qu'il y a une justice en ce monde, se targua Rogue avec un léger sourire en apercevant le visage de Remus s'affaisser. »

Il était évident que Severus n'avait pas tourné la page et aurait des difficultés à le faire. Pouvait-il l'en blâmer ? Non, il avait aussi ces tords, après tout, il n'avait jamais réellement arrêté James, Sirius et Peter dans leurs petites blagues, y participant parfois. A quoi s'était-il attendu venant de Severus ? Il y avait tant de rancœurs, tant de haine entre eux, il était normal qu'il soit ravit de la déchéance de Sirius et de leur groupe. Cependant, il savait aussi que Rogue était un ami de Lily, la femme de James, morte pour sauver leur fils unique.

« Je te rappelle que James était le mari de Lily, ton amie, précisa Moony les traits de son visage crispé, sachant qu'il avait frappé juste en apercevant Severus le foudroyer du regard.

- Elle est morte, dois-je aussi te le rappeler ? s'écria le maître des Potions. Potter n'a même pas été capable de la protéger !

- Ils sont morts contre Voldemort, prononça férocement Remus. Elle a protégé son fils au péril de sa vie, quelle mère ne l'aurait pas fait ?

- Un fils qui ne vaut pas mieux que son père, aussi arrogant, aussi méprisant ! cracha l'ancien Mangemort.

- Je pense que tu te trompes Severus, répliqua Lupin plus posément. Tu fais l'amalgame avec James parce qu'il lui ressemble, mais du peu que j'ai pu le côtoyer dans le train, il semble aussi avoir le caractère de sa mère, il a ses yeux, ajouta Moony en le vrillant de ses yeux ambrés. Ils ont protégés Harry, avant tout, et ils ont réussis, et toi Severus ? Que faisais-tu à ce moment précis ? Essayais-tu de sauver ta propre vie ?

- Je pourrais te retourner la question Loup-Garou, le tacla-t-il à son propre jeu. Ne pouvais-tu pas tenir ton chien en laisse ? Sans lui, ils ne seraient pas morts ! Ah oui, c'est vrai, tu recherchais ta petite copine qui se faisait gentiment torturée, le provoqua-t-il. Est-ce qu'elle t'a dit ce qu'elle avait subi durant ces mois d'emprisonnement ? Ou bien était-ce trop difficile… »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que la porte située derrière Severus s'ouvrit y laissant apparaître MacGonagall qui les observait tour à tour avant de prononcer :

« Severus, l'appela-t-elle en réajustant ses lunettes sur son nez. Le directeur t'attend dans son bureau, l'informa-t-elle en l'observant faire volte face pour se diriger vers la sortie. »

La porte se referma brutalement sous le long soupir de Minerva qui tourna la tête vers son ancien élève totalement tétanisé sur place. Elle posa alors une main sur son épaule qui le fit sortir de sa léthargie et des pensées qui pourraient le tourmenter.

« Vous êtes appelés à travailler ensemble durant les mois à venir, essayait de mettre vos rancunes de côtés, lui conseilla-t-elle en s'attirant son attention. Je sais que Severus à beaucoup de mal à tourner la page, mais ne le suivait pas dans ce chemin…

- Quel chemin Minerva ? demanda Remus en fronçant des sourcils.

- Celui des regrets, dit-elle en s'écartant doucement de son collègue. Cela n'apporte rien de bon Remus, croyez-moi, peu importe ce qu'a pu vous dire Severus, le passé est ce qu'il est, désormais il faut se tourner vers le futur, conclut-elle en lui lançant un sourire compatissant avant de s'en aller. »

Le futur, seulement comment savoir si l'avenir se prévoyait meilleur que le passé ? Les paroles de Severus ne cessaient de tourner en boucle dans son esprit tourmenté, ressassant ce qu'il avait pu confier sur Fauve. Il ne savait que trop bien qu'il n'avait pas été assez présent, cinq mois de torture, cinq mois avant d'être libérée avec l'aide de sa sœur aînée et de Severus. Elle avait été sauvée par les deux dernières personnes possibles en ce monde. Fauve lui avait demandé d'être correcte avec Rogue, seulement pour l'être, fallait-il encore que celui-ci le soit…L'année se prévoyait très longue et le chemin des regrets tortueux…

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Octobre 1993.

Aujourd'hui était le jour de la première sortie au village Pré-au-Lard, cela rappelait bons nombres de souvenirs à Remus. De son bureau, il pouvait voir ses élèves prendre les diligences qui les attendaient patiemment afin de les emmener au village. Il vit alors Hermione et Ron partirent sans Harry, étrange, pourquoi n'y allait-il pas ? Il sentit alors deux bras l'enlacer tendrement par derrière tandis qu'un menton vint se poser sur le haut de son épaule droite avant d'entendre contre son oreille :

« J'aimerais moi aussi revenir à cette époque, tout était tellement plus simple…

- Vraiment ? souffla Remus en posant une main sur la vitre. Harry ne semble pas s'y rendre, nota-t-il à l'encontre de Fauve qui se haussa sur la pointe des pieds pour voir le point que fixait son meilleur ami.

- Oh, peut-être n'a-t-il pas d'autorisation de sortie ? proposa-t-elle en se rappelant sa propre expérience.

- Je ne sais pas, je, le voir me rappelle tant James et Lily, seulement je connais tellement peu de choses sur lui, je…

- Pourquoi n'essaierais-tu pas de lui parler ? Après tout, peut-être est-ce l'occasion rêvée pour le faire, surtout s'il est seul, conclut-elle en se détachant de lui pour se diriger vers le fond de la pièce ou se trouvait sa cape et ses affaires. »

Remus se retourna alors vers elle, l'observant en train d'enfiler sa cape. Il n'y avait pas qu'avec Harry qu'il avait la sensation de ne pas savoir comment s'y prendre. Il avait beau avoir retrouvé sa meilleure amie, il avait comme une impression de cassure.

Rien n'était comme avant, trop d'eau avait coulé sous les ponts.

Non pas qu'il se sentait mal à l'aise en sa compagnie, bien au contraire, l'avoir avec lui, se faire dorloter ainsi, lui faisait énormément de bien. Néanmoins, parfois il aimerait en savoir plus sur elle et sur ces douze années écoulées sans lui. Il aimerait arriver à rétablir cette relation de confiance qu'ils avaient bien avant ces morts et cette guerre sordide.

Elle lui avait certes parlé de son emprisonnement et de ce qu'elle y avait vécu, ainsi que sa libération. Il s'était même fréquemment rendu chez elle lors des vacances d'été, seulement, maintenant qu'il était à Poudlard, leurs discutions se faisaient plus évasives et solennelles.

En effet, elle ne parlait que très peu, elle prenait une tasse de thé en sa compagnie puis de ses nouvelles et des informations sur Sirius et Harry avant de reprendre le chemin inverse. Il avait comme l'horrible sensation qu'elle prenait ces distances comme pour lui cacher des choses. Il n'aimait pas ça, cela lui rappelait trop ces trois premières années à Poudlard avec elle, avant qu'elle ne commette l'irréparable.

« N'as-tu pas envie de le voir ? lui demanda-t-il en la voyant s'arrêter dans son geste.

- Bien sûr, répondit-elle en gardant la tête baissée vers son sac. Seulement c'est toi son professeur, tu as une très bonne raison pour établir un lien avec lui, ajouta-t-elle en croisant son regard ambré. Alors que moi, je suis la femme de celui qui est sensé avoir assassiné ses parents, crois-tu qu'il le prendrait bien ?

- Tu n'es pas obligé de le lui dire, je peux te présenter à lui comme une très bonne amie et…

- Non, le coupa-t-elle brusquement en fermant les yeux. Je, non, je ne suis pas certaine d'arriver à faire aussi bonne figure que toi Remus, je, pour l'instant je préfère garder mes distances, assura-t-elle en lui faisant un sourire qui se voulait rassurant. Je vais rentrer chez moi, va le… »

Fauve ne put finir sa phrase et rentrer dans la cheminée qu'elle sentit la main de son meilleur ami lui maintenir le poignet. Il la fit retourner vers lui et ancra son regard dans le sien tout en lui confiant :

« Qu'est-ce que tu ne m'as pas dit ? Dès que j'énonce le prénom d'Harry tu sembles comme effrayée et mal à l'aise, lui fit-il remarquer avec insistance. Fauve, je suis loin d'être bête et je te connais, que me caches-tu ? »

Elle déglutit passablement, fermant les yeux quelques secondes avant de les ré-ouvrir. Elle savait que Remus était loin d'être stupide, qu'il finirait par se douter de certaines choses. Comment lui dire pour la prophétie ? Dumbledore lui avait formellement interdit d'en parler, lui stipulant que le moment n'était pas encore venu, seulement combien de temps tiendrait-elle encore ? Ce secret lui pesait sur les épaules et elle n'osait imaginer la réaction de Remus ou pire, celle de Sirius…

« Remus, répondit-elle en inspirant profondément. Ça va, je t'assure, c'est juste ce projet sur lequel je travaille, il me prend plus de temps que prévu et…

- Fauve, l'interpella-t-il à nouveau en lâchant son poignet pour venir l'enlacer tendrement. On n'avait dit plus de mensonges, chuchota-t-il contre son oreille. N'oublie pas toutes nos erreurs passées, alors, je t'en supplie, ne me mens plus… »

C'était toujours elle qui avait fait le premier pas vers lui depuis leurs retrouvailles. Fauve ne s'était pas attendue à cet élan de tendresse, si soudain, par Remus. Après toutes ces années, elle avait oublié comme son ami pouvait se montrer bienveillant à son égard. Elle avait oublié sa chaleur et ses bras rassurant. Elle avait oublié qu'elle pouvait à nouveau se reposer sur son épaule.

Elle n'était plus seule.

« Je suis un peu fatiguée et puis, je ne cesse de penser à Sirius, j'ai peur qu'il ne se fasse prendre et qu'on ne découvre jamais la vérité, je, je suis juste un peu confuse, avoua-t-elle en mentant qu'à moitié. J'ai hâte de le retrouver, mais en même temps j'ai peur Remus…

- Peur de quoi ? demanda-t-il en glissant une main dans ses cheveux.

- Askaban, peut-être est-il changé, je veux dire, douze années là-bas, on ne peut définitivement pas en ressortir indemne Remus, dévoila Grey le visage crispé par l'inquiétude qui la rongeait. »

Il ne savait pas quoi lui répondre, sans doute parce que lui aussi y avait pensé. Remus craignait les séquelles d'Askaban laissées sur Sirius, surtout s'il était innocent des crimes qu'on lui imputait. Comment pouvait-on rester sain d'esprit dans ces conditions ?

Si Fauve avait raison, si leur ami avait été réellement trompé par Peter, alors cela signifiait qu'il avait passé douze années de sa vie emprisonné pour rien. A cette simple pensée, Lupin en frémit d'avance. Il n'osait imaginer la fureur et la colère qui devait l'habiter, ayant tout le loisir de ruminer dans sa cellule sur le passé et les erreurs commises. Au fond de lui, il comprenait les angoisses de Fauve, il la comprenait et il culpabilisait.

Pourquoi ?

Peut-être parce qu'il n'arrivait pas encore à se convaincre totalement de l'innocence de son plus vieil ami ? Pourtant Fauve lui avait exposé les faits mais certaines choses demeuraient encore floues et il ne souhaitait pas se créer de faux espoirs. Alors, il restait prudent quant à la théorie de sa meilleure amie qui pouvait ne pas être objective, après tout, Sirius était son amant, ne disait-on pas que l'amour rendait aveugle ?

Comme à chaque fois qu'il y pensait, son esprit se mettait en ébullition, ne pouvant qu'observer Fauve et sa détresse, qui se lisait dans son regard. Que pouvait-il lui dire ? Les mots lui manquaient et comme pour lui épargner toute peine supplémentaire, elle se détacha de lui et souffla :

« Va voir Harry, quoi que tu penses, tu as le droit d'établir un lien avec lui, apprend de lui et rattrape le temps perdu, dit-elle en s'emmitouflant dans sa cape tandis qu'elle pénétra dans la cheminée.

- Attend, nous n'avons pas fini notre conversation, et…

- C'est très bien ainsi Remus, conclut-elle en ancrant ses yeux dans les siens. Tu n'as pas à avoir de remords, je peux comprendre que tu doutes encore de l'intégrité de Sirius, je…j'ai l'habitude, les gens ont souvent dénigrés mes propos…Je reviendrais te voir après la pleine lune, ajouta Fauve en prenant une poignée de poudre à Cheminette. D'ici là, prend soin de toi, confia-t-elle en disparaissant dans les flammes vertes. »

Remus accourut vers elle dans l'espoir de la retenir, mais en vain. Elle était partie sans qu'il ait pu réussir à la consoler et à l'épauler convenablement. Encore une fois, elle avait lu en lui comme dans un livre ouvert. Elle n'avait pas souhaité l'accommodé par ses propres sentiments, seulement une nouvelle fois, c'était elle qui se mettait de côté. Rageusement, il frappa le mur de la cheminée, en colère après lui et son manque de perspicacité.

Bien entendu qu'elle avait dû être dénigrée pour sa confiance aveugle en Sirius. Peut-être l'avait-on même traité de complice ? Si elle vivait aussi recluse, c'était sans aucun doute pour se protéger des ragots et du monde des sorciers. Il imaginait sans peine ce que les gens avaient pu dire dans son dos, surtout en travaillant au ministère.

Il l'avait blessé par son ignorance.

Il y avait toujours ce fossé de douze ans qui les séparait, comment allait-il arriver à le combler ? En plus de cela, il y avait toujours ce point qui le chiffonnait : pourquoi parler d'Harry la mettait si mal à l'aise ? Elle avait réussi à détourner la conversation à son avantage mais pas la prochaine fois où il viendrait à l'interroger.

Foi de Lupin, à sa prochaine visite, elle ne s'échapperait pas aussi facilement, sur cette prise de décision, il se dirigea vers la porte de son bureau, se préparant à chercher et retrouver Harry. Cependant, il n'eut pas besoin d'aller bien loin, puisque à peine refermé la porte de son bureau, qu'il vit de dos :

« Harry ? »

Le concerné se retourna et vit son professeur à la porte de son bureau, l'observant avec une lueur de nostalgie.

« Qu'est-ce que vous faites-là ? demanda Lupin d'un ton curieux. Où sont Ron et Hermione ?

- A Pré-au-Lard, répondit Harry d'un ton qui se voulait détacher.

- Ah, prononça Moony embarrassé.»

Il ne put s'empêcher de repenser aux paroles de Fauve qui le poussait à vouloir se rapprocher d'Harry afin de rattraper le temps perdu. Peut-être avait-elle raison ? Peut-être était-ce l'occasion rêvée de faire plus ample connaissance avec lui ? Et qui sait, petit à petit, chacun d'eux pourraient en apprendre plus sur l'autre…

« Entrez donc, proposa-t-il, je viens de recevoir un Strangulot pour le prochain cours.

- Un quoi ? dit Harry en fronçant des sourcils. »

La réaction du jeune homme ne put que le faire sourire d'amusement tandis qu'il entra à nouveau dans son bureau pour lui montrer la créature et lui expliquer ces caractéristiques. Prenant son courage à deux mains, il proposa une tasse de thé à son jeune élève qui paraissait bien gêné de l'invitation.

Néanmoins, malgré son angoisse à ne pas savoir comment s'y prendre avec Harry, il réussit à en découvrir plus sur lui. Il fut surprit, et ce au plus haut point, quand celui-ci lui avait avoué que sa plus grande peur n'était pas Voldemort lui-même, mais les Détraqueurs.

Il ne faisait aucun doute que si Lily, James avaient entendu ça, ils en auraient été fiers. Finalement Fauve avait eu raison, converser avec Harry, se rapprocher de lui, le faisait se sentir étrangement bien, et même l'intervention de Severus ne pouvait ternir cette charmante après-midi en sa compagnie. Il aurait presque pu en oublier la pleine lune…

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Halloween.

Ce jour funeste que Sirius haïssait tant.

Ce jour où sa vie avait définitivement basculé, où il avait tout perdu.

C'était la nuit et comme toutes les nuits depuis la rentrée, il attendait patiemment non loin du saule cogneur la venue d'une personne, où plutôt d'un chat. Un chat particulièrement intelligent qui avait compris qu'il n'était pas un chien. Un chat qui cohabitait dans la même tour que Peter, ce sale rat, et qui était prêt à l'aider dans sa quête de vengeance en ayant compris que le rat n'en était pas un.

Il avait conversé avec le chat durant plusieurs nuits pour lui expliquer la situation. Il lui avait alors demandé son aide et réussit à le convaincre de trouver un moyen de le faire entrer dans la tour des lions afin d'y attraper Peter.

Seulement avec les Détraqueurs qui surveillaient en permanence l'école, cela n'était pas une chose aisée et risquait sa vie en permanence. A cette simple pensée, il sentit tout son poil s'hérisser. Il était bien trop proche de son but pour échouer maintenant. Il retrouverait sa liberté, il prouverait son innocence et rétablirait son nom ! Il en avait marre d'errer sous sa forme animal, si cela continuait, il finirait réellement par se prendre pour un chien.

Il sentit alors son estomac crier famine mais il ne s'y attarda pas, ayant l'habitude depuis son emprisonnement. Son regard perçant fixait l'horizon, éclairé par la lumière de la lune, pour finalement voir son ami le chat revenir.

Padfoot accourut en toute hâte vers Pattenrond qui lui expliqua dans son langage de chat qu'il y avait un repas ce soir dans la grande salle et qu'il n'y avait personne dans la tour des Lions. Une bouffée de joie et d'hystérie vint le submerger en prenant conscience de l'occasion qui se présentait à lui. Il allait prendre un passage secret et pénétrer dans le château, c'était le moment où jamais !

Quel meilleur jour pour retrouver le rat et le tuer ?


Voilà pour la suite, après une bonne et longue année...Bon j'ai fais pire pour cette fanfiction, genre 9 ans, lol je m'améliore quand même...

J'espère que vous avez apprécié ce chapitre ? J'ai repris des passages du tome 3 en les adaptant...

La suite prochainement...

Merci à ceux qui continue de me suivre, et de me lire !