Chacun son tour

« Que s'est-il passé ? »

Assis dans la galerie de la salle d'opération, House ne semblait pas décidé à répondre à son ami et se contenta de souffler :

« Ils n'auront jamais assez de sang. Elle ne pouvait pas être AB, non il fallait qu'elle soit O.

-Ah oui, quelle idiote, je suis sûr qu'elle l'a fait exprès . »

House fusilla Wilson du regard et celui-ci poursuivi :

« Alors, tu vas me dire ce qu'il s'est passé pour que tu débarques dans une ambulance avec la doyenne de l'hôpital quasiment vidée de son sang à cause de deux balles dans l'abdomen ou je dois deviner tout seul ?

-...

-Ok, je devine. Alors, tu as décidé d'aller chez elle pour enfin concrétiser, ce que vous faisiez quand son petit ami a débarqué. Il était furieux alors il a sortit une arme et lui a tiré dessus. Ah non ça colle pas vu qu'elle est arrivée habillée.

-…

-Ou alors, tu étais en manque de vicodin, elle te faisait encore la morale en te narguant avec tes pilules donc pour la faire taire et les récup…

-Wilson, coupa sèchement le diagnosticien.

-Oui ?

-Ferme là. »

L'oncologue comprit que sa tentative de détendre l'atmosphère n'était pas la bienvenue et jugea préférable de se taire, il apprendrait tout tôt ou tard. Il s'assit à côté de son ami. Silencieux ils observèrent Chase réparer les dégâts commis par les balles. L'une d'entre elle avait fait explosé l'appendice tandis que l'autre s'était logé dans son intestin.

Quelques heures plus tard, Cuddy sortait enfin du bloc pour passer en soins intensifs. House, qui refusait de parler à qui que ce soit avait suivi la doyenne dans sa chambre et avait prit place sur la chaise peu confortable à côté de son lit. Personne n'osait le déranger bien que tous mourraient d'envie de connaître l'histoire et les infirmières qui passaient vérifier les constantes de le jeune femme évitait de s'attarder. Même si la nuit était bien avancée, elle allait encore être longue.

Le lendemain en milieu de matinée, Wilson, venu prendre des nouvelles de sa patronne fut étonné par la présence de son ami dans la chambre.

« Comment elle va ?

-Bien, si on considère que quelqu'un dans le coma va bien.

-C'est normal tu sais, son corps la protège de la douleur.

-Merci j'étais pas au courant, souffla House irrité.

-Au fait, quand es-tu arrivé ?, demanda l'oncologue pour changer de sujet.

-Suis jamais parti, répondit House tout en dessinant des cercles invisibles sur la main de Cuddy, hésitant encore à la prendre franchement.

-Tu as dormi ici ?!, s'exclama Wilson.

-Ai pas dormi non plus. En fait si, environ 45 minutes, mais c'était vraiment pas possible.

-Pourquoi ?

-Parce que les bruits de l'appareil signalant que le cœur de Cuddy bat toujours m'en ont empêchés. Franchement, elle aurait pu les faire stopper un peu non ?

-Arrête de me prendre pour un con. Pourquoi tu peux pas dormir, qu'est-ce que tu vois dans tes rêves ?

-Toi tout nu en train de courir après Foreman seulement vêtu d'un string léopard et d'oreilles de lapin.

-C'est ça, évites la question, ça te feras sûrement aller mieux, rétorqua Wilson. »

Le diagnosticien le fusilla du regard mais finit par soupirer :

« Ok t'as gagné, tu veux savoir ce qu'il s'est passé, c'est très simple, ça tient en deux, non en fait en trois mots : j'ai merdé, encore. »

Wilson s'assit dans le second fauteuil, ça allait être long, il le savait mais il voulait savoir. Et puis il fallait qu'House se confie.

« Tu peux développer ?, demanda doucement l'oncologue. »