La Quête Du Phoenix Et Du Dragon

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent pas à part certains qui apparaitront dans notre fic. Sinon ils sont à JKR, dommage.

Nous sommes deux à travailler sur cette histoire. Natsume-Yusuke et Cleo McPhee. Nous espérons qu'elle vous plaira.

Ceci est un Slash et le ratio M n'est pas là pour rien donc homophobes veillez quitter cette page.

Résumé : Après sa sixième année, Harry retourne chez les Dursley et décide qu'il partira dès ses 17 ans. Il ne reviendra pas à Poudlard et se lancera dans une longue quête afin de pouvoir vaincre Voldemort. Une personne inattendue l'accompagnera. Slash HP/DM Mpreg. Sirius est bien mort mais Dumbledore non.

Nous vous laissons à votre lecture en espérant que vous trouverez notre texte à votre goût.

Bonne Lecture.

Chapitre 1 :

Où tout a commencé...

12 Juin 1997, Tour d'astronomie, dans la soirée

Tout au long de l'année, Harry avait été obnubilé par Draco Malfoy. Tout avait commencé dans le Poudlard Express. Il avait espionné sa Némésis, écouté sa conversation avec les autres serpentards. Il avait rapidement comprit que le blond était devenu un Mangemort et qu'il avait une mission. Bien que l'héritier Malfoy se vante de cette situation, il avait vu dans ses yeux qu'il n'était pas à l'aise et qu'il avait peur. Intrigué, il l'avait donc épié et suivi en permanence. La traque avait été physique mais aussi non physique grâce à la carte des maraudeurs. Au fur et à mesure, il avait commencé à comprendre que la mission du blond avait un rapport avec son mentor mais ne parvenait à comprendre ce qu'elle était exactement. De son côté, le blond avait peur, il pleurait souvent, il était certain qu'il n'arriverait pas à mener cette mission à bien. Draco avait fait diverses tentatives tout au long de l'année pour tuer Albus Dumbledore. Il avait chaque fois échoué. Comment en était il arrivé là ? C'était très simple. À la fin de sa cinquième année, son père avait échoué une mission du mage noir. Il avait été enfermé à Azkaban. Pour se venger de la famille Malfoy et de son bras droit, Voldemort avait fait enlevé le blond alors qu'il se promenait à Londres et l'avait marqué de force. Sa mission d'initiation était de tuer Albus Dumbledore. S'il échouait, sa famille serait torturée et il deviendrait esclave du Lord après un tour dans les cachots et Voldemort savait parfaitement qu'il échouerait. C'était pour ça qu'il lui avait donné cette mission.

Quand ses premières tentatives c'étaient soldées par des échecs, il avait décidé de réparer l'armoire à disparaître dans la salle sur demande pour faire entrer des mangemorts dans le château priant pour qu'ils puissent l'aider en créant une diversion. Ça lui avait prit du temps mais après quelques mois, il avait enfin réussi à réparer l'objet. Il avait été tellement heureux, tellement fier ce jour là. Il en avait poussé un hurlement de joie dans la salle sur demande. Peut être allait il réussir sa mission finalement. Il n'était pas un assassin et n'avait aucune envie de tuer, encore moins Albus Dumbledore mais il n'avait réellement pas le choix. Son parrain, Severus Snape, l'avait protégé et aidé comme il pouvait tout au long de cette épreuve mais il devait faire attention, en tant qu'espion pour l'Ordre du Phoenix, sa couverture pouvait sauter et sa vie serait en danger. Elle l'était déjà, il avait fait un serment inviolable avec la mère de Draco mais ce n'était pas important, le blond était comme un fils pour lui et contrairement à Lucius, il ne l'abandonnerait jamais.

Un soir, à bout de nerfs, Draco avait pété les plombs. Il n'en pouvait plus et ses nerfs déjà mit à rude épreuves avaient fini par lâcher. Il c'était réfugié dans les toilettes de Mimi Geignarde pour pleurer. Tout était calme se soir là et il pensait réellement qu'il pouvait se laissé allé sans crainte. Quand il avait vu Potter l'observer, il c'était énervé. La rage d'avoir été surpris par son ennemi dans cet état de faiblesse l'avait fait devenir violent. Aveuglé par la honte d'avoir été surpris par le survivant, il avait voulu lui jeter un Doloris mais le brun avait été plus rapide. Il avait répliqué par un sort de magie noire, le Sectum Sempra et le blond avait faillit mourir vidé de son sang. Quand le blond c'était effondré sur le sol froid, la réaction de son ennemi l'avait surpris. Le brun c'était jeté sur son corps en larme. Il répétait qu'il était désolé, qu'il n'avait pas voulu ça, qu'il ne voulait pas que le blond l'abandonne puis Snape était arrivé. Il avait soigné Draco et l'avait mené à l'infirmerie.

Tout au long de la convalescence du blond, Harry était venu le voir à l'infirmerie et le veillait toute la nuit. Il lui parlait, lui prenait la main, lui disait qu'il était désolé d'avoir refusé son amitié en première année, qu'il aurait aimé revenir en arrière. Même si Draco ne répondait rien et faisait semblant de dormir, le discours du survivant l'avait ému. Presque deux semaines plus tard, le blond avait été autorisé à sortir de l'infirmerie. La fin de l'année arrivait à grand pas et il n'avait pas encore réussi sa mission. Il avait peur et ne trouvait plus le sommeil. Il avait donc prit l'habitude de se promener dans le château. Un soir, il avait rencontré Harry dans la tour d'astronomie. Sans un mot, il c'était assis à ses côtés et ils avaient tous les deux regardés l'horizon pendant des heures. Ce fut le début de leur rapprochement. Après cette nuit là, une sorte de rituel c'était créé et chaque nuits, ils se rejoignaient au même endroit et restaient assis côte à côte à contempler l'horizon et les étoiles sans parler.

Puis, le temps avait passé et petit à petit, ils avaient commencé à se parler. Au départ, les conversations étaient basiques : les cours, le quidditch, la famille, les amis. Ils avaient réalisé qu'ils n'étaient pas si différent l'un de l'autre et qu'ils pouvaient se comprendre. La discussion qui avait tout changé avait eu lieue vers le mois d'avril. Ils s'en souvenaient tout deux comme si elle avait eu lieu la veille.

Il était tard, Harry avait eu son entraînement de Quidditch et il était fatigué mais il savait que Malfoy l'attendait à leur point de rendez vous habituel. Quand ses camarades de dortoir c'étaient finalement endormis, il avait prit sa cape d'invisibilité et c'était éclipsé de la tour gryffondor. Il avait marché rapidement jusqu'à la tour d'astronomie, il avait déjà un peu de retard sur l'horaire habituel et avait peur que le blond ne soit parti. Quand il était arrivé à destination, Draco avait la tête baissée et regardait le sol de pierre. Sans la relever, il avait prononcé.

- T'es en retard Potter.

Harry n'avait pas répondu mais le sourire en coin qu'il arborait à cet instant voulait tout dire. Il c'était avancé vers le blond et avait prit place à ses côtés, en silence. Ils étaient restés un moment là, ne sachant trop comment aborder l'autre. Draco voulait dire quelque chose d'important à Harry mais il n'avait pas le courage des gryffondors et ne savait trop comment aborder le sujet. Il gardait la tête baissée fixant obstinément le sol et là, le survivant comprit. Il poussa un petit soupir et prit la parole.

- Tu peux tout me dire Draco, je ne te jugerai pas.

Le blond sursauta légèrement. C'était la première fois que le brun utilisait son prénom et il était si doux dans la bouche du gryffondor. Il releva la tête et plongea ses orbes argentés dans les lacs émeraude de son vis à vis et analysa ce qu'il y voyait. Ce qu'il lut dans le regard si expressif du brun le rassura, il prit une profonde inspiration et commença à parler.

- J'en suis un tu sais...

- Je sais... Répondit simplement le survivant.

- Je ne voulais pas.

- Ça aussi je le sais. Rétorqua le brun toujours aussi calme.

Le silence revint sur eux quelques instants. Le blond voulait raconter à Harry comment ça c'était passé, il voulait lui dire ses peurs, ses angoisses. Il rassembla ses idées et reprit la parole d'une voix neutre et monocorde.

- Quand mon père a échoué sa mission au ministère et qu'il a été emprisonné, tu peux pas savoir à quel point j'étais heureux. Je croyais que ma mère et moi on serait enfin libre, que ce monstre ne pourrait plus nous faire de mal, qu'on pourrait fuir le Seigneur des Ténèbres, disparaître. J'ai commencé à sortir un peu dans le Londres moldu, je voulais apprendre à les connaître, voir s'ils étaient aussi mauvais et inférieurs qu'on me l'avait dit. Un soir, alors que je sortais d'un pub, Greyback m'a capturé et m'a mené au Lord. Quand je me suis retrouvé face à lui, j'étais en colère. J'ai hurlé que jamais je ne m'abaisserai à servir un Sang Mêlé tel que lui. Il c'est mis en colère, il m'a jeté des Doloris puis m'a fait jeté dans les cachots. J'y ai passé quatre jours. Des mangemorts ou le Seigneur des Ténèbres lui même venaient me torturer pour m'apprendre l'obéissance. Après quatre jour, j'ai été marqué de force. Quand j'ai sentis la douleur de cette immonde marque sur ma peau, je t'ai haïs puis j'ai réalisé que tu n'y étais pour rien. Que le seul responsable, c'était mon père pour ses choix passé et j'ai accepté mon sort. Le Lord m'a donné ma mission d'initiation en me disant que si j'échouais, mes parents seraient torturés et tués alors que moi, je serais torturé et deviendrai son esclave, que je serai lié à lui par le mariage. Peu de personnes le savent mais j'ai du sang veela, s'il me lie à lui, alors je deviendrai un esclave fidèle et consentant. Je ferai tout pour son plaisir et je serai capable de tuer pour le protéger. Je ne veux pas finir comme ça. J'ai peur Harry.

Des larmes roulèrent sur les joues du blond. Sans un mot, le brun le prit dans ses bras et le berça longuement. Ils avaient fini par s'endormir enlacés dans la tour d'astronomie. Heureusement, le lendemain c'était dimanche et ils n'avaient pas cours. Ils avaient été réveillés aux premières heures du jour par Severus Snape. Il les avait secoué doucement, leur avait dit de rejoindre leurs salles communes en prenant garde de ne pas être vu ensembles et avait tourné les talons.

Après cette nuit là, leurs rencontres avaient été plus intimes. Ils se confiaient beaucoup de choses. Harry avait parlé de sa vie dans sa famille, de sa solitude, de la douleur d'avoir perdu son parrain et de n'avoir jamais connu ses parents. Le blond lui avait compté les coups de son père, son premier doloris à 4 ans seulement. Comment il avait été élevé dans la peur. Le corps de sa mère couverts de marques de coups. Ils n'étaient pas vraiment devenu amis quoique peut être un peu. Une chose était certaine, c'était qu'ils avaient un profond respect l'un envers l'autre.

Quelques jours avant la fin de l'année, le grand moment était arrivé. Harry et Dumbledore revenaient de la chasse au Horcruxe, le vieil homme était affaibli. Ils avaient entendu du bruit dans les marches de la tour d'astronomie et le vieux sorcier avait pétrifié Harry sous sa cape d'invisibilité pour le protéger. Draco était arrivé, fier et droit, baguette au poing. Il menaçait le directeur de Poudlard. Harry avait compris, la mission qui effrayait tant le blond était de mettre fin à la vie du vieil homme. Il tremblait et Dumbledore tentait de lui parler. Très vite, l'héritier Malfoy avait baissé sa baguette prêt à accepté l'offre du vieil homme mais d'autres mangemorts étaient arrivés. Parmi eux, il y avait Bellatrix Lestrange, elle ordonnait au blond de tuer le sorcier. Puis, Snape était arrivé, il avait jeté un sort et Dumbledore avait basculé dans le vide. Greyback et Bellatrix avaient fuis aussitôt. Harry, libéré du sort qu'il le maintenait immobile c'était précipité à la fenêtre en hurlant.

Un dôme d'une blancheur immaculé avait pulsé hors de son corps et le vieil homme avait été ramené sur la terre ferme. La magie instinctive du survivant venait de lui sauver la vie. Non seulement il l'avait stoppé dans sa chute mais en plus, il avait guérit le vieux sorcier du mal qui le rongeait. Épuisé, Albus Dumbledore c'était effondré sur le sol. Pomfresh était arrivé quelques minutes plus tard et l'avait mené à l'infirmerie. Severus perdit sa couverture d'espion et veilla sur Draco Malfoy jusqu'à que ce dernier ne quitte Poudlard...

Où tout continu...

Bureau de Albus Dumbledore 20 Juin 1997

Suite à ce qui c'était passé dans la tour d'astronomie et au sauvetage du directeur in extrémis par Harry, le vieil homme avait convoqué le gryffondor. Le brun était là, assit face à son mentor, silencieux. Il buvait un thé chaud et grignotait quelques biscuits. Il attendait que le vieux sorcier parle. Il n'était pas inquiet, juste pressé de quitter le bureau. Il savait déjà ce que le directeur allait lui dire. Il allait lui annoncer que le danger était partout et qu'il devait retourner chez les Dursley, qu'il n'y avait que là bas qu'il était en sécurité et blablabla. Il releva la tête et plongea ses yeux verts dans les orbes bleues de son vis à vis. Dumbledore paraissait plus vieux et fatigué que jamais. Harry lui fit un faible sourire, un encouragement muet à le faire enfin parler. Le mage blanc toussa légèrement et prit la parole.

- Alors Harry, comment te sens-tu mon garçon ?

- Bien monsieur.

- Un bonbon au...

- Venez en au fait monsieur.. Le coupa le plus jeune.

- Bien. Dans ce cas... Tu dois retourner chez les Dursley. Tu y passeras tout ton été.

- D'accord. C'est tout Monsieur ?

Le vieil homme hocha la tête puis, Harry se leva, le salua et quitta le bureau. Il le savait. Il devait retourner chez les Dursley. Il dévala les escaliers en colimaçon, un fin sourire flottant sur ses lèvres. Dumbledore aurait une surprise de taille quand il enverrait quelqu'un pour le récupérer chez ses tuteurs. Il préparait son plan depuis des mois déjà. Depuis qu'il avait réalisé que lui seul pourrait vaincre le mage noir et que personne ne l'entraînerait pour qu'il y parvienne. Il avait alors décidé qu'il était hors de question qu'il reste tout l'été dans sa famille. Dès qu'il aurait 17 ans, il partirait sans rien dire à personne. Il avait déjà une idée de ce qu'il voulait faire. Il longea le couloir menant à la grande salle, plongé dans ses pensées. Il ne vit pas le regard de Draco Malfoy posé sur lui. Un regard triste mais aussi un regard empli d'espoir.

Grande Salle – Dernier Petit déjeuner au château – 20 Juin 1997

Il pénétra dans la grande salle sous les regards des autres élèves. C'était devenu une habitude. Il n'y prêtait plus aucune attention. Lui qui rêvait d'être normal, un adolescent comme les autres. On ne lui en avait jamais laissé l'occasion. Il avait été propulsé au rang d'élu, de sauveur, dès sa première année. Il avait abandonné l'idée d'être comme les autres depuis longtemps déjà. Partout où il allait, il pouvait sentir les regards peser sur lui. C'était sa croix, son destin.

Il prit place aux côtés de Ron, Hermione et Neville et commença à manger en silence. Ses amis lui demandèrent ce que lui voulait le directeur, il ne prit même pas la peine de leur répondre. Comme s'ils ne le savaient pas. Chaque années le directeur le convoquait pour lui annoncer la même chose et chaque années ses amis feignaient de ne pas savoir. Quand Ron lui demanda s'il viendrait finir l'été au Terrier, il répondit par la négative. Le roux avait parut surpris par la réponse mais n'avait rien dit. Harry termina son bol de chocolat aussi rapidement que possible et quitta la table sans un mot de plus. Ses amis l'observèrent alors qu'il sortait de la grande salle. Ils étaient inquiets de son silence mais savaient aussi qu'il ne dirait rien tant qu'il n'en aurait pas envie. Il décidèrent donc de ne pas insister. Ils n'avaient pas réalisé qu'il c'était éloigné d'eux petit à petit. Qu'il avait compris qu'il n'avait pas grand chose en commun avec eux. Ron et Hermione avaient eu des enfances heureuses, ils avaient été choyés. Ils ne pouvaient pas comprendre son mal être permanent. Pas comme Draco Malfoy le pouvait en tout cas. Pour la première fois de sa vie, il avait remis en cause le choix qu'il avait effectué en première année.

Quand il atteignit les escaliers qui menaient aux étages, il croisa Draco Malfoy qui lui fit un faible sourire auquel il répondit. Il avait compris depuis peu que le blond deviendrait un élément important de sa vie sans vraiment savoir comment, ni pourquoi. Il savait juste qu'ils étaient liés, d'une manière ou d'une autre. Il le ressentait au plus profond de son être. Leurs longues discussions les avaient tellement aidé cette année. Ils n'étaient pas amis, pas encore, mais ils avaient passé un genre de pacte de non agression et se respectaient. Ils c'étaient confiés leurs peurs, leurs blessures. Discuter avec une personne neutre, une personne à laquelle ils n'avaient rien à prouver leur avait fait un bien fou. Harry n'en voulait pas du tout à Draco pour l'attentat sur Dumbledore, il savait que le blond n'avait pas eu le choix. Puis, il avait baissé sa baguette et ça voulait tout dire selon lui. Draco n'était pas un assassin, il était incapable de faire du mal à qui que ce soit. Ils avaient des vies tellement similaires. On ne leur avait jamais laissé le choix. On les avait poussé à se haïr mais c'étaient ils vraiment détestés un jour. Plus le temps passait, plus Harry en doutait. Il fit un clin d'oeil empli de malice au blond et continua sa route.

Salle Commune de gryffondor 20 Juin 1997

Il fut rapidement devant la gardienne de la tour gryffondor, il était légèrement ému. Il donna le mot de passe à la grosse dame qui le laissa passer avec un sourire charmeur et un clin d'oeil. Dès qu'il fut dans la salle commune, il l'embrassa du regard. C'était la dernière fois qu'il y mettait les pieds. Il était sûr de ses choix et ne reviendrait pas en arrière. il ne reviendrait pas en septembre. Dès qu'il aurait 17 ans, il disparaîtrait et ne reviendrait que quand il serait capable de mettre fin à cette guerre. Son plan était simple, il allait faire le tour du monde et apprendre tout ce qu'il pouvait dans l'art du combat, des soins, des poisons et autre. Sa quête serait longue, il serait seul, mais au fond, avait il été vraiment accompagné un jour. Il avait toujours été autonome, c'était toujours géré seul. Il n'avait pas peur de partir, non, au contraire, il avait hâte. Pour la première fois de sa vie, il choisissait.

Il posa un regard ému sur les fauteuils en cuir moelleux, la cheminée, les tables de travail, la bibliothèque privée alimentée par les élèves eux même et surtout par Hermione d'ailleurs. Un fin sourire vint fleurir ses lèvres. Cet endroit lui manquerait, c'était certain mais il avait une mission bien plus importante à accomplir que de passer ses aspics. Il savait aussi que ceux qui se disaient ses amis ne pourraient pas comprendre son choix. Pour cette raison, il les laisserait dans l'ignorance. Il était hors de question qu'ils parlent à Dumbledore et fassent échouer ses plans.

Toujours dans ses pensées et ses souvenirs, il prit les escaliers de gauche pour gagner le dortoir des garçons dans lequel il lui restait quelques affaires à ranger. Il jeta un oeil sur son lit. Il était ému. Il avait passé les meilleures et les pires nuits de sa vie dans ce lit. Il se souvint de sa première nuit ici. La bataille de polochons, les plumes volant en tous sens, les rires. Il était naïf à l'époque. Il croyait encore à la possibilité d'une vie calme et heureuse. Poudlard avait toujours été sa maison. Le rare endroit où il se sentait vraiment à sa place. Il y avait le terrier et les Weasley mais bien que ces derniers avaient toujours clamé qu'il était de leur famille, ils n'avaient jamais souhaité devenir ses tuteurs ou l'adopter. Il avait rapidement comprit leur hypocrisie même s'il ne le montrait pas. Il n'y avait que cinq membres de la famille Weasley qui l'appréciaient pour lui et non son statut. Il y avait les jumeaux, Bill, Charlie et Arthur. Même Ron avait profité de lui bien qu'il ne l'ai compris que récemment. Il secoua la tête, il n'était pas temps de penser à ces choses, sinon il ne trouverait plus le courage de partir.

Il leva sa baguette et d'un simple « Fais la malle », emballa le reste de ses affaires. Il lança un « locomotor barda » et regagna le hall de l'école, ses bagages flottants derrière lui. Il était le premier élève à être prêt comme chaque années d'ailleurs. Il laissa ses bagages prêt des grandes portes et sortit dans le parc pour allé près du Lac. Là, il prit place sous le saule pleureur et regarda l'étendu sombre. Il s'imprégna de chaque images, de chaque odeurs. Il voulait garder tout ça en tête pour son voyage. Ce serait sa force, son point d'ancrage, ce qui lui redonnerait le courage de continuer quand il ne s'en sentirait plus la force. Une unique larme roula sur sa joue pâle alors qu'un léger sourire prenait vie sur ses lèvres. Il se releva, embrassa une dernière fois l'endroit du regard et tourna les talons.

Poudlard Express 20 Juin 1997 (Poudlard → Londres)

Il regagna le hall du château et se faufila dans la première diligence venue. Il se retrouva avec Luna, Neville, Dennis et Collin. La blonde lui offrit un large sourire, c'était comme si elle avait lu dans son esprit. Il savait qu'elle avait deviné ce qu'il avait en tête et ce sourire était son encouragement muet. Elle plongea son regard dans le sien et il pu y lire une demande... Celle de lui promettre de lui écrire et de la tenir au courant de ce qu'il faisait. Il lui répondit d'un petit hochement de tête et d'un fin sourire. Satisfaite, elle détourna le regard et regarda au travers des vitres de la calèche. Il ne parla pas du trajet laissant Collin prendre une multitude de photos de lui. En fait, il s'en fichait puisqu'il ne reviendrait pas. Dès que la calèche arriva à Pré Au Lard, il se jeta en dehors de celle-ci et s'engouffra dans le train rouge qui lâchait des volutes de fumée et de vapeur. Il se trouva un compartiment et s'y enferma à l'aide de quelques sortilèges de son cru. Il voulait faire ce trajet seul.

Plus tard, Ron et Hermione frappèrent à la porte et lui demandèrent de leur ouvrir. Il se contenta de les ignorer en faisant semblant de dormir. Après dix minutes d'acharnement, ses deux amis abandonnèrent la partie comprenant son besoin de solitude. Tout le trajet, il fut plongé dans ses pensées. Il sortit un bloc note et un stylo, rare objet moldu qu'il prenait soin d'emmener à Poudlard avec lui chaque années. Il trouvait ça plus pratique pour prendre des notes. Il commença à établir la liste de ce qu'il lui faudrait pour partir le 31 juillet...

« Passer à Gringotts retirer de l'argent de mon coffre

Rassembler la totalité de mes affaires.

Avertir les Dursley de mon départ et leur demander de ne rien dire à Personne.

Faire une liste des Pays dans lesquels me rendre.

Faire des recherches sur Horcruxes et la façon de les détruire.

Entamer un entraînement physique.

Brasser des potions utiles pour mon voyage.

Me procurer des livres de médicomagie, de défense, d'attaques et de sortilèges de la vie quotidienne.

Me trouver une tente comme celle qu'avait Mr Weasley pour la coupe du monde de Quidditch.

Envoyer Hedwidge chez les jumeaux. »

La liste s'allongeait rapidement, elle faisait plusieurs pages. Chaque fois qu'il pensait avoir tout noté, il se rendait compte qu'il avait oublié quelque chose. La quête dans laquelle il allait se lancer serait difficile et il savait qu'il serait affreusement seul mais il avait fait un choix et était bien décidé à l'assumer jusqu'au bout. Peu avant la fin du trajet, la porte de son compartiment s'ouvrit, c'était Draco, le blond avait réussi à lever ses sorts de protection. Il avança vers lui, replaça les sorts, ferma les rideaux et vint se blottir dans ses bras. Ils restèrent là, enlacés, silencieux. Ils prenaient chacun la force de l'autre. Ils en avaient besoin. Le serpentard était plus pâle que d'habitude, il avait peur. Harry caressa lentement son dos pour l'apaiser et déposa un baiser sur le sommet de son crâne.

Le train commença à ralentir, ils arrivaient enfin à King's Cross. Après une dernière étreinte avec le blond, il se leva, prit sa malle et la cage de Hedwidge puis, dès que le Poudlard Express s'arrêta, il en descendit. Il se dirigea aussitôt vers la barrière qui menait du côté moldu. Il passa devant les membres de l'ordre et devant les Weasley sans un mot. Il était évident qu'ils l'attendaient mais il s'en fichait. Il ne voulait pas dire au revoir à Ron et Hermione. Ce serait bien trop difficile pour lui de faire face à toute cette hypocrisie. Il entendit une voix bien connue et tourna la tête pour voir ce qui se passait.

- Lâchez moi ! Je peux encore marcher tout seul ! Bande d'hippogriffes sans cervelle !

C'était Draco Malfoy, il était encadré par deux mangemorts qui le forçaient à les suivre. Il se débattait mais ne pouvait pas non plus faire trop de bruit. Un des mangemorts parla et Harry reconnut sans peine Lucius Malfoy.

- Draco ça suffit ! Tu nous suis. Tu auras la punition que tu mérites pour ton échec. Le seigneur des ténèbres sera ravi de t'apprendre le respect.

- Je ne ramperai pas face à un sang mêlé !

Lucius Malfoy donna un violent coup de canne à Draco. Le blond se trouva assommé. L'autre mangemort le prit dans ses bras et ils disparurent quelques secondes plus tard. Harry secoua la tête et continua son chemin. Il était inquiet. Le blond allait avoir des problèmes, c'était certain.

Dans la gare, il vit sa famille qui l'attendait. Heureusement que plus rien ne l'étonnait parce qu'il se serait probablement évanouis face au sourire de la tante Pétunia. Pas un sourire méchant et calculateur, non, un vrai sourire. Il approcha de sa famille le coeur léger, les salua brièvement et continua son chemin traînant difficilement sa malle derrière lui. Il faillit s'étouffer avec sa salive quand l'oncle Vernon la lui prit en lui disant que c'était lourd et qu'il allait se faire mal au dos avec sa carrure de moustique à porter ça. Il décida de ne rien dire face à se comportement étrange et suivit les Dursley en silence. Ils montèrent rapidement dans le monospace familial et prirent la route de Little Winging.

4 Privet Drive – Début de Soirée – 20 Juin 1997.

La voiture se stationna devant la porte du garage. Avant que Harry n'ait eu le temps de bouger, Vernon avait sorti sa malle du coffre et l'emportait dans sa chambre. Il le suivit rapidement avec la cage de Hedwidge se demandant quelle mouche avait piqué sa famille. Quand il arriva dans la pièce, il écarquilla les yeux. Les Dursley avaient complètement refait sa chambre. Il avait un lit de deux places confortable avec des draps gris et sable. Les murs étaient dans les tons jaune soleil et vert clair. Il y avait une large table de travail, une chaise de bureau neuve, une bibliothèque et un grand placard pour ranger ses affaires. Il avait une table de chevet en pin clair et un tapis moelleux sur le sol. Voir sa chambre ainsi lui donna les larmes aux yeux. Il était ému. La voix de son oncle le sortie de sa contemplation.

- On te laisse ranger tes affaires. Rejoins nous dans la cuisine pour le dîner après. Nous aimerions discuter avec toi.

- Bien Oncle Vernon.

Sur ces paroles, son oncle quitta la chambre. Harry ouvrit sa grosse malle et commença à ranger ses affaires. Il mit ses livres dans la bibliothèque, plia ses vêtements qu'il rangea dans une partie du placard, plaça son balai, son chaudron et autres affaires de magies dans l'autre partie. La cage d'Hedwidge trouva sa place sur la table de travail. Il l'ouvrit et la chouette alla se percher au sommet de l'armoire. Il accrocha ensuite quelques photos au mur puis après un dernier coup d'oeil, il sortit de sa chambre en arborant un sourire satisfait. Pour la première fois, il avait prit plaisir à tout ranger correctement.

Il descendit les escaliers et arriva rapidement dans la cuisine. Là, Pétunia, Vernon et Dudley l'attendaient. Une assiette avait été mise pour lui. Sa tante lui fit signe de s'asseoir. Il obéit, un peu mal à l'aise, sourcils froncés. Il lança un bref « merci » pour ce qu'ils avaient fait dans sa chambre et entama son repas tête baissée. Le silence était lourd, pesant. Ils avaient passé tellement d'années à se détester qu'ils ne savaient pas comment réagir les uns face aux autres. Puis, dans un élan de courage, Pétunia se décida à parler.

- Tu dois te demander pourquoi autant de changements ?

- Un peu. C'est... surprenant... Souffla t-il mal à l'aise en se tortillant sur sa chaise.

Sa tante resta silencieuse quelques secondes tentant de rassembler ses pensées pour s'exprimer au mieux. Puis, elle reprit la parole.

- Nous avons commencé à nous poser des questions sur toi et notre façon d'agir avec toi il y a deux ans. Après ton départ, Dudley nous a expliqué que tu n'avais pas lancé un sort pour le blesser mais pour le protéger. Il nous a dit aussi que tu avais fait beaucoup de cauchemars cet été là, que tu suppliais quelqu'un de ne pas tuer Cédric. On c'est dit que tu avais sûrement vécu quelque chose de difficile. Puis, l'année dernière, tu es rentré complètement ravagé. Tu ne parlais pas, ne mangeais pas, ne sortais pas et tu faisais beaucoup de cauchemars. Tu demandais sans cesse à un certain Sirius pourquoi il t'avait abandonné. Je ne t'ai rien dit mais j'ai réussi à rentrer en contact avec une amie à toi, une certaine Hermione Granger. J'ai trouvé son nom et son adresse dans tes affaires. Elle m'a dit que Cédric était un ami à toi et qu'il avait été tué sous tes yeux tout comme Sirius qui était ton parrain. Elle m'a aussi dit que le sort que tu avais lancé sur Dudley était un « Patronus » et que ça protégeait de créatures qui avaient pour but d'absorber l'âme de leurs victimes. Nous avons alors comprit que malgré tout ce qu'on t'avait fait, tu tenais à nous et que si quelque chose arrivait, tu serais capable de te mettre en danger pour nous protéger, voir même à te sacrifier. Nous avons donc décidé de te laisser ta chance, d'apprendre à te connaître et de t'intégrer à la famille. Si tu le veux bien sûr. Nous ne te forçons à rien...

Au discours de Pétunia, les larmes naquirent et roulèrent librement sur les joues pâles d'Harry. Il avait toujours la tête baissée et on pouvait voir des perles salées s'écraser sur la table. Il se laissa glisser sur le sol au pieds de sa tante et pleura sur ses genoux. Il avait tellement rêvé d'un moment comme celui là. Sans un mot, elle passa une main fraîche et apaisante dans sa chevelure indisciplinée. Dudley avait les larmes aux yeux et Vernon baissait la tête au souvenir du mal qu'ils avaient fait au jeune homme. Il se sentait honteux. Il avait si souvent battu le jeune homme. Comment pourrait-il lui pardonner ? Il fallut un moment pour que le jeune sorcier ne parvienne à retrouver son calme. Quand ce fut fait, il se releva doucement et reprit place sur sa chaise. Il toussa légèrement et prit la parole.

- Je crois que je dois vous donner quelques précisions sur ce que vous savez déjà.

Les Dursley hochèrent la tête en signe d'assentiment. Le brun rassembla alors ses idées et commença à parler.

- Le monde sorcier est en guerre depuis très longtemps maintenant. En fait, il y a un mage noir, il s'appelle Voldemort. Il veut exterminer les moldus, les sangs mêlés et les créatures magiques. C'est lui qui a assassiné mes parents quand j'étais bébé. Il a essayé de me tuer aussi mais le sortilège de mort c'est retourné contre lui et il a été réduit à l'état d'âme errante cette nuit là. Pendant 13 ans, on a plus entendu parlé de lui et beaucoup pensaient qu'il était mort mais il y a deux ans, il est revenu à la vie et Cédric a été tué. Cédric n'était pas qu'un ami, il était mon petit ami. Puisque vous voulez m'accepter dans votre famille, je pense que vous devez savoir que je suis homosexuel.

Il fit une pause pour voir leur réaction craignant un rejet quelconque mais rien ne se produisit. Il reprit alors, toujours aussi calmement.

- Puis l'année dernière, j'ai réalisé que j'avais un lien avec Voldemort. J'ai des visions de ce qu'il fait. Quand il a comprit qu'on était lié, d'une certaine façon, il en a profité et m'a envoyé des images dans lesquelles il torturait mon parrain. Les images n'étaient pas réelles mais je ne le savait pas. J'ai voulu allé sauver mon parrain et il est mort. C'est aussi à ce moment que j'ai appris qu'il y avait une prophétie qui me liait à Voldemort. Tuer ou être tué, c'est mon destin. Cette année, un élève, un ami, a été enrôlé de force dans les mangemorts. Voldemort l'a menacé de les torturer et les tuer sa famille et lui s'il ne tuait pas Albus Dumbledore. Il a échoué. Il a été emmené par des mangemorts à notre retour à Londres et je ne pense pas que ce soit pour une visite de courtoisie. Je vais rester ici jusqu'à mes 17 ans et ensuite je partirai pour ma quête. Celle qui me permettra de vaincre Voldemort à la fin.

La famille Dursley était abasourdie. Ils ne savaient comment réagir face à toutes ces révélations. Harry était si jeune et pourtant, son destin était si sombre. Il semblait assumer ça avec une telle facilité. Tous réalisèrent qu'il était bien plus mûre, fort et posé qu'il ne le laissait paraître. Ce fut Dudley qui sortit en premier de sa torpeur et prit la parole.

- Tu dois vraiment partir ? Je veux dire cette soit disant prophétie, c'est sérieux ?

- Oui. Très sérieux. Soupira Harry avant d'énoncer les quelques phrases qui avaient scellé son destin. Celui qui a le pouvoir de vaincre le seigneur des ténèbres approche... Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... et le seigneur des ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le seigneur des ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun ne peut vivre tant que l'autre survit... celui qui détient le pouvoir de vaincre le seigneur des ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois... C'est juste mon destin. Je n'ai pas le choix.

- Je ne veux pas que tu partes. Répondit Dudley les larmes aux yeux.

Ému, Harry se leva et alla enlacer son cousin. C'était la première fois qu'il était aussi proche du garçon, il appréciait ça. Peut-être aurait il enfin le frère dont il avait toujours rêvé ? Sans trop savoir pourquoi, il rétorqua alors...

- Je viendrai vous voir de temps en temps et je vous écrirai souvent pour vous donner de mes nouvelles. Je vous le promet. Mais... Je vais devoir partir dès que j'aurai 17 ans. Je ne peux plus me voiler la face, ce n'est pas avec ce que j'apprends à Poudlard que je pourrai vaincre le plus grand mage noir de tous les temps. Je vous demande juste de ne pas m'empêcher de le faire.

- On te laissera partir le moment venu mais promet nous de revenir passer Noël en famille et de nous donner régulièrement de tes nouvelles. Si tu as le moindre problème, notre porte sera toujours ouverte. Lança l'oncle Vernon.

Harry hocha la tête, avança vers son oncle et déposa un baiser sur sa joue en chuchotant un faible « merci » mais empreint de sincérité. L'homme était abasourdi et se sentit légèrement rougir. Le repas se termina dans le silence. C'était la première fois qu'ils avaient une discussion aussi longue et tous avaient besoin de faire le point sur ce qui avait été dit. Ils avaient besoin d'enregistrer les informations reçues de chacune des parties présentes. Dès que le dîner fut terminé, Pétunia et Vernon se rendirent au salon pour regarder la télé et Dudley et Harry regagnèrent leurs chambres. La soirée se termina ainsi, dans le calme et la bonne humeur. Il n'y avait plus de tensions au 4 Privet Drive et le brun entrevoyait enfin la vie de famille dont il avait toujours rêvé.

Little Winging 5 Juillet 1997

Depuis son arrivée à Privet Drive, Harry et les Dursley avaient encore eut quelques discussions. Le brun s'entendait bien mieux avec Dudley. Les deux adolescents étaient allés au cinéma plusieurs fois. Ils avaient aussi été se balader à Londres et le gryffondor avait même emmené son cousin sur le chemin de Traverse et à Gringotts. Ils étaient passés du statut d'ennemis, à celui de frère de coeur. Le brun avait décidé de retirer de l'argent de son coffre en plusieurs fois pour que ça paraisse moins suspect au cas où ses actions seraient rapportées à Dumbledore et à l'Ordre du Phoenix.

À présent, il avait son rituel. Il se levait chaque matin à 5h30, s'habillait, prenait une bouteille d'eau fraîche et allait courir pendant deux heures dans le quartier. Il faisait chaque jours la même boucle. Il remontait Privet Drive jusqu'au tunnel qui le séparait du parc, le traversait, s'engageait ensuite dans Whisteria Lane puis Magnolia Crescent avant de revenir à Privet Drive. Quand il arrivait devant le numéro 4, il faisait une série d'étirements et rentrait dans la maison. Là, il prenait une longue douche, se changeait et prenait son petit déjeuner avec Dudley. Il avait plusieurs fois rencontré Mrs Figgs pendant son footing matinal et la vieille femme c'était contenté de lui sourire.

Après ça, il passait le reste de sa matinée enfermé dans sa chambre à brasser des potions en prenant soin de ne pas faire exploser son chaudron et la maison avec. Il déjeunait en famille et passait l'après midi soit dans ses recherches, soit à se promener avec Dudley qui avait totalement laissé tombé sa bande de copains préférant la compagnie de Harry. Le soir, il dînait en famille puis, de temps à autre, il regardait un peu la télé avec eux mais la plupart du temps, il allait se coucher tôt. Il avait fait plusieurs fois des cauchemars, la différence par rapport à avant était qu'il ne se faisait plus hurler dessus et que Pétunia ou Dudley venaient le rassurer. Il n'était plus seul et ça faisait un bien fou d'être épaulé.

Pour l'heure, il quittait la maison et entamait son circuit habituel. Ce matin là, Dudley avait décidé de l'accompagner en vélo et c'était levé tôt. Son cousin venait régulièrement avec lui, se nourrissait plus sainement et avait déjà perdu un peu de poids et prit du muscle. De plus, il lui donnait aussi quelques cours de boxe. Le gryffondor courait tranquillement pour ne pas s'épuiser trop vite et avançait vers le tunnel en discutant joyeusement avec Dudley. Ils passèrent l'endroit sombre et humide en réprimant un frisson au souvenir des détraqueurs et débouchèrent sur le parc désert à cette heure matinale. Ils passaient prêt des balançoires quand quelqu'un cria d'une voix étouffée.

- POTTER...

Harry se figea, il pensait avoir reconnu la voix mais n'était pas sûr. Il jeta des regard frénétiques autour de lui sous le regard interrogateur de Dudley et vit enfin ce qu'il cherchait. Prêt d'un buisson, une silhouette aux cheveux blonds lunaires était étendue sur le sol. Sans plus attendre, il se précipita sur elle et se laissa tomber sur le sol. Il passa ses doigts froids dans le cou de l'inconscient, il respirait même si le rythme était faible. Il tenta de secouer doucement le jeune homme en l'appelant.

- Draco... Draco... Réveils toi..

Aucune réponse. Il regarda de nouveau le corps évanouis et vit qu'il y avait beaucoup de sang. De plus, le blond avait l'air maigre et plus pâle que d'habitude. Harry lui, paniquait. Le serpentard était venu lui demander de l'aide, il ne pouvait pas le laisser là. Il jeta un regard inquiet à Dudley qui lui fit un sourire. Le gros garçon descendit de son vélo et prit le blond dans ses bras en déclarant.

- Je le porte à la maison. Prends mon vélo Harry.

- Merci Dud. Souffla le brun en suivant son cousin.

Ils firent demi tour. Le footing matinal était écourté. Dudley ce fit la réflexion que le jeune homme qu'il portait était bien trop léger pour son propre bien. Ils traversèrent de nouveau le tunnel en réprimant une fois de plus un frisson et se dirigèrent à grands pas vers la maison. Ils devaient se hâter, Draco n'allait pas bien du tout et Harry savait que la maison était surveillée par des membres de l'ordre et n'avait aucune envie que ces derniers le voit ramener le blond chez lui. Après tout, le serpentard était un mangemort. Quand ils pénétrèrent dans le hall de la maison, ils croisèrent Pétunia qui descendait pour préparer le petit déjeuner. Elle poussa un cri d'horreur à la vue du corps ensanglanté dans les bras de son fils.

- Aaahhh ! Qui est ce ? Que lui est-il arrivé ?

- Draco Malfoy. Je crois qu'il a été torturé. Répondit Harry d'un ton qu'il voulait neutre.

La mère de famille se mit alors à courir en tout sens. Elle ordonna à son fils de déposer le jeune homme sur le canapé et d'aller lui chercher de l'eau tiède, une éponge de bain, du savon et des serviettes. Pendant que Dudley exécutait l'ordre, Harry aida sa tante à déshabiller le blond et dû réprimer une nausée à la vue de son corps torturé. Sa tante commença à laver le corps meurtrit. Il sauta sur ses pieds et se dirigea vers les escaliers en déclarant.

- Je vais chercher des potions pour le soigner.

Pétunia hocha la tête et il rejoignit sa chambre rapidement. Sur place, il ouvrit son placard et en sortit une mallette qu'il déposa délicatement sur son lit. Il avisa les fioles étiquetées et en prit plusieurs. Quand il eut prit ce dont il avait besoin, il regagna le salon. Vernon était arrivé entre temps et était plus pâle que la mort face au corps meurtrit du jeune Malfoy. Harry le poussa doucement et s'assit sur le sol, prêt de Draco. Il prit de l'essence de Dictame pour les plaies peu profondes, un baume plus puissant pour les autres, un onguent cicatrisant pour les brûlures et un autre pour les hématomes. Pétunia et lui passèrent plus d'une heure pour soigner le blond. Quand ils se furent occupés de chaque plaies, brûlures et contusions. Le brun prit place sur le canapé, ramena Draco contre son torse et versa dans sa gorge : un potion poussos, une anti douleur, une autre pour les lésions internes, une potion nutritive, un potion de régénération sanguine, une potion pour stabiliser la magie, une autre pour la fièvre puis il termina par une potion de sommeil sans rêve. Il reposa doucement la tête du blond sur l'oreiller et remonta la couverture sur son corps. Il rejoignit ensuite sa famille dans la cuisine pour le petit déjeuner.

Quand il arriva dans la pièce, tous étaient silencieux. Leurs regards étaient emplis de questions muettes. Il se servit un bol de café au lait, quelques toast et décida d'expliquer la situation tout en commençant à manger.

- Bon. Ce jeune homme est Draco Malfoy. Il a 17 ans et il est à Poudlard avec moi. C'est un mangemort mais je pense que Tunia à dû le voir en le soignant.

Il fit une pause et l'oncle Vernon rugit dangereusement.

- Pourquoi avoir amené un être tel que lui sous mon toit ?!

Harry prit une profonde inspiration et tenta de répondre avec calme.

- Il a été marqué de force. Je vous ai parlé de ce qui c'était passé au ministère et de la mort de mon parrain. C'était Lucius Malfoy, le père de Draco qui dirigeait la mission. Il a échoué, été arrêté et mené à Azkaban. Pour punir la famille Malfoy, Voldemort a marqué Draco de force et lui a ordonné de tuer Albus Dumbledore. S'il échouait sa famille seraient torturés et tués. Lui, il serait torturé et marié de force à Voldemort, il deviendrait son esclave. Il a échoué, il n'a pas pu tuer Albus. Quand nous sommes rentrés à Londres, deux mangemorts dont son père l'ont mené de force à Voldemort. Je pense que depuis il a été enfermé dans les cachots et torturés. Il a sûrement réussi à fuir et il est venu me trouver. Pourquoi moi ? Honnêtement, je ne sais pas mais je vais l'aider. Nous nous sommes beaucoup rapproché cette année et il est hors de question que je le laisse tomber.

Il se tut et regarda un à un les membres de la famille Dursley. Son regard était sérieux et interrogateur. Il ne faisait aucun doute que si sa famille refusait d'aider Draco, alors, il quitterait cette maison plus tôt en emmenant le blond avec lui. Vernon réfléchissait et se disait qu'il ne pouvait juger le blond sans même lui avoir parlé. Il avait un jour fait la même erreur avec son neveu et ne voulait pas recommencer. Tous acceptèrent donc d''héberger le serpentard et de participer à son rétablissement. Le gryffondor précisa que le jeune Malfoy serait sûrement inconscient quelques jours parce que quand un sorcier était gravement atteint, sa magie le plongeait dans le coma pour le soigner. Tous hochèrent la tête en signe de compréhension puis ils terminèrent leur petit déjeuner en silence et Vernon partit au travail. La journée s'étira lentement. Harry prépara des potions sous le regard attentif de Dudley qui lui donnait un coup de main. Pétunia sortit faire quelques courses. Bref, tout avait l'air normal au 4 Privet Drive et personne ne pouvait soupçonner la présence de l'apprenti mangemort dans cette maison moldue.

4 Privet Drive 8 Juillet 1997

Harry se glissa hors de son lit avec difficulté. Il était épuisé. S'occuper de Draco n'était pas chose facile. Il devait régulièrement lui donner des potions, de plus, malgré son coma magique, le blond était parfois agité et il passait plusieurs minutes à le calmer. Il quitta sa chambre et se faufila dans la salle de bain. Il s'engouffra dans la cabine de douche, tourna le robinet d'eau chaude et se délecta de longues minutes du jet d'eau brûlant qui courait sur sa peau bronzée. Il poussait des petits soupirs de bien être alors que l'eau chaude détendait ses muscles et apaisait son esprit. Après une demi heure, il se sécha, enfila un jean et un T Shirt et gagna la cuisine pour préparer le petit déjeuner. Il était le premier levé et avait envie de faire plaisir à sa famille. Il fut rejoint par les autres une demi heure plus tard alors qu'il déposait les toasts, les oeufs brouillés, le café et le jus d'orange sur la table. Dudley lui, se servit son habituel chocolat chaud et le repas débuta dans le silence.

À mesure que les minutes passaient, ils commencèrent à entendre des petits gémissements plaintifs. Le brun se leva et se rendit au salon. Il vit alors Malfoy qui se débattait un peu dans son sommeil, une grimace de douleur déformant son visage d'ange. Il approcha doucement de la silhouette tremblante, s'assit sur le sol à proximité du canapé et passa une main apaisante dans les cheveux blonds. Le serpentard poussa un petit soupir, comme soulagé et apaisé. Quand il fut totalement calmé, le gryffondor allait se lever et retourner à la cuisine mais une main se referma sur son bras. Le blond papillonnait doucement des yeux. Il était en train de reprendre conscience. Le brun se réinstalla sur le sol et attendit.

Une minute ou deux après, Draco ouvrit enfin les yeux dévoilant ses magnifiques orbes argentés. Il regarda autour de lui totalement perdu. Il ne reconnaissait pas l'endroit dans lequel il se trouvait. Il y avait une odeur qu'il connaissait cependant. Il tourna lentement la tête et se perdit dans deux lacs d'absinthe. Harry... Il avait réussi. Il c'était enfuis et il était chez Harry. Il fit un faible sourire avant de grimacer de nouveau de douleur. Le brun lui releva doucement la tête et lui fit avaler une potion. Il sentit le liquide frais couler dans sa gorge et petit à petit, les douleurs s'apaisèrent et il put enfin s'asseoir. Il souffla de soulagement et murmura faiblement.

- Merci...

Le gryffondor lui fit un large sourire et l'enlaça doucement. Il était heureux que le blond ait enfin reprit conscience. Il c'était tellement inquiété. Le voir enfin réveillé lui réchauffait le coeur. Il vérifia que le blond était bien calé dans le canapé puis se rendit dans la cuisine. Là, il prit un plateau, y déposa du thé avec un sucre et un nuage de lait comme Draco aimait, deux toast à la confiture et un grand verre de jus d'orange. Il revint auprès du blond et déposa le tout sur ses genoux. Le serpentard le remercia d'un hochement de tête et commença son petit déjeuner en silence. La nourriture lui faisait un bien fou. Il avait passé deux semaines dans les cachots du Lord, il était affamé. Il prit le temps de déguster ses deux toasts comme s'ils étaient la chose la plus précieuse au monde, bu lentement son thé et son jus d'orange puis redonna le plateau au brun.

- Tu penses pouvoir te lever ? Demanda Harry.

Il prit le temps d'analyser la situation un moment puis répondit lentement.

- Me lever oui, tenir debout et marcher, je suis pas sûr. Sa voix était éraillée d'avoir trop crié.

- Bien alors attends ici. Je vais ramener le plateau à la cuisine et je reviens t'aider.

Pour toute réponse, le blond hocha la tête. Sa gorge le faisait souffrir et il ne voulait pas forcer sur sa voix. Harry tourna les talons et partit à la cuisine déposer le plateau vide avant de revenir rapidement à ses côtés. Il l'aida à se lever et le guida vers les escaliers. Draco avait beaucoup de mal à gravir les marches et poussait des soupirs et des grognements agacés. Il détestait être faible. Il lâcha un petit cri quand il se sentit soulevé du sol et se retrouva dans les bras d'un garçon qui ressemblait plus à une montagne qu'autre chose. Il tenta de se débattre avec force mais la poigne du jeune homme était ferme. Quand il vit la tête du blond, Harry ne pu se retenir et éclata de rire. Puis, le gros garçon demanda au brun avec malice.

- Je le dépose où le colis ?

- Dans la salle de bain s'il te plaît Dud...

- à vos ordres chef ! Répondit Dudley.

Le blond se résigna et cessa de se débattre pendant le reste du voyage. Dans la salle de bain, Dudley le déposa sur un genre de petit banc et attendit que Harry arrive. Le brun pénétra dans la pièce, mit l'eau chaude à couler et se tourna vers son cousin.

- Dudley.. Je te présente Draco Malfoy. Draco, voici Dudley Dursley, mon cousin. C'est lui qui t'as porté pour te ramener du Parc quand on t'a trouvé.

- Oh. Euh. Merci et enchanté de faire ta connaissance. Répondit le blond gêné et légèrement rougissant.

- De rien. Ravi de te connaître aussi. Bon Ry on se voit tout à l'heure, je dois aider ma mère pour allé faire les courses. Tu sais comment c'est ? Il lui faut des gros bras tout ça...

- Mais Oui Dudley ! C'est ça fanfaronne. Bon courage avec Tunia. À tout à l'heure.

Draco avait l'impression d'être dans la quatrième dimension. Peut être avait il échoué dans sa fuite finalement. Il était presque sûr, pendant le peu de discussions qu'il avait eu avec le gryffondor, que Harry lui avait dit que sa famille le détestait. Il haussa un sourcil interrogateur et le brun lui rendit un sourire éblouissant.

- Oui m'a famille m'a longtemps détesté. Ils avaient peur, ne comprenaient rien au monde sorcier et tout le reste. Quand ils sont venus me chercher à la gare, j'ai eu la surprise de ma vie. On a discuté. Ils me comprennent mieux et ils sont devenus fidèles. Je sais que je peux compter sur eux et toi aussi maintenant. Je crois que Dudley t'as adopté.

- Tu sais Harry. C'était horrible là bas...

Le brun le coupa et l'enlaça doucement en murmurant « je sais ». Il n'était pas encore temps de parler de tout ça. Le bain était prêt. Sans arrière pensée, Harry aida Draco à se dévêtir et à se glisser dans le bain avant de finalement l'aider à se laver. Le serpentard était encore faible et il devait se ménager. Quand se fut terminé, il donna un uniforme de Poudlard au blond qui le regarda perplexe en voyant l'emblême de serpentard.

- C'est un des tiens. Dobby l'a volé dans tes affaires pour moi. Je me suis dit que ça pourrait peut être servir un jour. Quand tu seras moins faible, on ira t'acheter des nouveaux vêtements.

- Merci.

Draco se sécha, toujours aidé de Harry, puis, s'habilla et se coiffa rapidement. Le brun lui montra ensuite sa chambre dans laquelle ils allaient tous les deux dormir en s'excusant du fait qu'il n'y ai qu'un seul lit et finalement, ils regagnèrent le salon.

Ainsi s'achève le premier chapitre de cette fiction qui nous espérons vous a plu. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions, tout commentaire est bon à prendre s'il est constructif. À très bientôt pour la suite. Bises à tous.