Bonjour !

Et voilà, je suis tellement efficace que le dernier chapitre de cette histoire est publié bien avant la date prévue... un exploit quand on connaît mes irrégularités de publication...

Merci infiniment d'avoir lu cette histoire, de l'avoir commentée et de m'avoir soutenue depuis le premier chapitre, un 25 décembre 2010 ( presque trois ans, que le temps passe vite ). J'ai adoré écrire cette histoire, malgré les divers soucis rencontrés et j'ai adoré avoir des lecteurs comme vous, aussi adorables et encourageants. Merci pour votre patience et votre indulgence, car c'est vraiment l'histoire dans laquelle je me suis la plus investie ( même si elle reste largement perfectible ).

Je vous laisse donc avec le dernier chapitre et vous dis à bientôt !

Mailyn

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Kazeya : Merci pour tes deux reviews ! De quelles incohérences tu parles exactement ?

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Chapitre XIV

EPILOGUE


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Zafina négociait avec véhémence le prix de la course du tuk-tuk dont elles venaient de descendre, sous les yeux effarés de Xiaoyu. Le chauffeur malaisien n'était pas en reste et parlait d'une voix forte avec de grands gestes de bras et elle crut qu'elle allait l'étriper. Elle finit par sortir un billet froissé de sa bourse et le tendit au chauffeur qui le prit de mauvaise grâce et cracha par terre. Zafina prit sa compagne par le bras et l'entraîna avec elle, loin de l'homme qui leur lançait des regards mauvais.

« Fichus chauffeurs ! maugréa-t-elle.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? lui demanda Xiaoyu. Je n'ai rien compris à ce que vous vous disiez.

- Cet imbécile nous a pris pour des touristes et a voulu nous faire payer bien plus cher que ce que sa course ne valait.

- Oh… Je ne savais pas que tu parlais le malais.

- C'est la troisième fois que je viens à Kuala Lumpur, j'ai dû apprendre les mots de base, sinon je me serais faite dépouiller à chaque fois par des vautours dans son genre… »

Elles traversèrent la rue pour atteindre la devanture bleu ciel d'un grand bâtiment où il était écrit en lettres blanches « Central Market » et pénétrèrent à l'intérieur. La jeune femme retrouva les odeurs familières et sourit en voyant la plus jeune qui regardait tout autour d'elle avec de grands yeux émerveillés.

Xiaoyu était vraiment attendrissante.

« Nous devons être de retour au port pour sept heures, » dit-elle en consultant sa montre.

Elle entraîna la jeune femme à travers les différents étals et elles achetèrent diverses provisions, essayèrent des tenues traditionnelles et négocièrent à n'en plus finir. Zafina se fit accoster plusieurs fois par des Casanova locaux, mais elle resta de marbre face à leurs avances plus ou moins subtiles, se contentant d'un regard glacial qui les faisait fuir. Lorsqu'elles eurent finit, Xiaoyu proposa à sa compagne de déguster un bubble tea.

« Un bubble tea ? répéta-t-elle en haussant les sourcils.

- C'est très bon, assura Xiaoyu. C'est du thé avec des perles de tapioca. Tu peux choisir tous les parfums que tu veux !

Elle hésita mais, en voyant à quel point la plus jeune semblait y tenir, elle finit par accepter et la suivit dans une échoppe aux couleurs criardes qui la firent grimacer. Des jeunes filles de tout âge se pressaient dans la boutique en piaillant avec animation et elle faillit faire demi-tour. Elle laissa à Xiaoyu le soin de choisir et cette dernière commanda, dans un anglais impeccable, deux boissons munies de pailles. Zafina paya, prit son gobelet et s'installa à une table, suivie de la plus jeune.

Elle attaqua le bubble tea sous les yeux de sa compagne qui la fixait avec appréhension.

- C'est buvable, » lâcha-t-elle d'une voix blasée.

Xiaoyu eut un soupir de soulagement en souriant largement et attaqua le sien avec entrain, sous les yeux amusés de Zafina.

Oui, Xiaoyu était attendrissante.

Mais Xiaoyu était également brisée.

Son sourire de façade et son apparente bonne humeur avaient peut-être rassurés Lars, mais elle, plus fine, ne s'était pas laissée berner. C'était la raison pour laquelle elle avait insisté pour raccompagner Xiaoyu au Japon par la mer.

Outre le fait que cette dernière n'ait pas de papiers d'identité sur elle, Zafina sentait les sombres pensées qui la hantaient et elle avait expliqué à Lars qu'un retour trop brutal au Japon pourrait être mauvais pour elle. Non, elle avait besoin de temps pour se remettre de la mort de Jin Kazama.

Elle avait donc réussi à se procurer deux faux passeports et elles s'étaient embarquées sur un cargo danois qui allait jusqu'à Yokohama. En échange d'une certaine somme d'argent, elles avaient le droit à une cabine privée avec tout le confort moderne. L'équipage, uniquement composé d'hommes de diverses nationalités, était amical et protecteur.

Zafina les intimidait par son assurance et sa froideur. Quant à Xiaoyu, ils la traitent comme une petite sœur. Le capitaine, un Chinois d'une quarantaine d'années, lui disait qu'elle lui rappelait sa fille décédée et s'était tout particulièrement attaché à elle. Ils passaient des heures à discuter en jouant au mahjong, tandis que Zafina restait sur le pont en fixant l'horizon, perdue dans ses pensées.

Le voyage s'était déroulé sans trop d'encombres, hormis une attaque par des pirates somaliens lorsqu'ils avaient atteint la corne de l'Afrique. L'équipage avait réussit à les mettre en fuite à coup de mitrailleuse et de tirs de roquettes. C'était un des matelots chargé de la surveillance et de la sécurité, un grand Russe nommé Piotr, qui avait donné l'alerte et distribué les armes, tandis que les deux femmes s'étaient réfugiées dans leur cabine. Zafina n'avait eu aucune appréhension, mais le bruit des tirs avait effrayé Xiaoyu.

A la suite de cet événement, le cargo avait tranquillement vogué jusqu'à Kuala Lumpur, où ils avaient amarré en fin de matinée, une dizaine de jours après leur départ d'Egypte. Le capitaine les avaient autorisées à quitter le bateau, mais les avaient prévenues de revenir avant sept heures du soir.

Zafina regarda la pendule accrochée derrière le comptoir, termina sa boisson et fit un signe à Xiaoyu pour quitter l'établissement. Elles quittèrent le centre commercial et hélèrent un chauffeur de tuk-tuk. La plus âgée lui fit comprendre qu'il n'avait pas intérêt à les prendre pour des pigeons et le véhicule démarra avant de disparaître dans le flot interminable de voitures.

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Un cri perçant la tira brusquement de son sommeil et elle se redressa d'un bond, un poignard à la main. Elle alluma la lumière et se dirigea vers le lit de sa compagne, qui était en plein cauchemar et se débattait faiblement.

Soupirant profondément, Zafina s'assit sur le rebord du lit et passa une main apaisante dans les cheveux de Xiaoyu. Son visage était baigné de larmes et la jeune femme sentit son cœur se serrer devant cette vision.

Elle se demanda pourquoi elle s'était aussi vite attachée à la jeune Chinoise, elle qui était si solitaire et détachée d'habitude. Elle essuya délicatement les larmes qui perlaient aux coins de ses yeux et réalisa que Xiaoyu était la première jeune femme normale qu'elle fréquentait. Elle aimait les membres de son clan plus que tout, mais ils étaient tous nés pour protéger le tombeau royal et étaient bien loin des préoccupations du reste du monde. Ils vivaient repliés sur eux-mêmes, en marge de la société et tuaient sans pitié les imprudents qui venaient jusqu'à eux.

Tout en observant sa compagne se calmer petit à petit, Zafina s'imagina ce qu'aurait pu être sa vie si elle n'était pas née au sein de son clan. Elle serait allée à l'école publique, se serait fait des amis, elle aurait fait de la danse classique ou bien du football, elle aurait suivi la mode et passé ses journées dans les centres commerciaux, elle aurait fait des pyjamas parties et discuté de choses futiles comme toutes les adolescentes normales…

Elle secoua la tête.

Ça ne servait à rien d'avoir des regrets, le passé était passé et sa vie était la seule vie qu'elle connaissait. L'attachement et la compassion qu'elle ressentait pour sa compagne étaient dus à son jeune âge et à l'épreuve qu'elle venait de traverser. Xiaoyu venait de perdre son innocence et de découvrir la cruauté de la vie. Zafina en avait elle-même fait la douloureuse expérience lorsqu'elle avait eu quinze ans, le jour de son intronisation dans le clan.

Elle s'efforça de réprimer les sombres pensées qui envahissaient son esprit et s'allongea près de la jeune femme endormie après avoir éteint la lumière.

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Zafina sentait l'excitation grandir en elle. Aujourd'hui était le grand jour.

Sa mère l'avait habillée de ses plus beaux vêtements et, à la nuit tombée, elles s'étaient rendues dans le tombeau où les attendaient les anciens. C'était la première fois qu'elle pénétrait à l'intérieur du palais, dont l'accès était interdit à ceux qui n'avaient pas la marque.

Sa mère l'entraîna dans un dédale de couloirs sombres, une torche enflammée à la main et la jeune fille veillait à rester près d'elle. Elle ne voulait pas l'avouer, mais l'endroit, naguère si mystérieux et intriguant, lui faisait peur. Les sculptures des anciens dieux ainsi que le silence oppressant lui faisaient froid dans le dos.

Son père lui avait raconté des dizaines de fois la fin cruelle des pilleurs de sarcophages, qui avaient erré des jours dans le palais sans en trouver la sortie et qui y étaient morts. Elle en riait avant, mais, maintenant qu'elle était à l'intérieur du tombeau, elle réalisait la fin affreuse que ces brigands avaient connue.

Elles atteignirent la pièce principale et elle vit les membres du clan, rassemblés en cercle autour d'une immense et monstrueuse statue, allongée et enchaînée sur un autel. Elle ne put détacher ses yeux de la créature sculptée dans la pierre et serra les dents pour les empêcher de claquer.

Tous les porteurs de la marque se tenaient debout, le corps recouvert de toges noires et encapuchonnés, chacun tenant une torche à la main. Au centre, près de la statue, se tenait l'Ancien, l'homme le plus respecté du clan. Personne ne savait exactement l'âge qu'il avait, mais sa sagesse était connue de tous. Sa barbe blanche pointait sous la capuche qui recouvrait ses yeux ainsi que ceux des autres membres. Il tenait un long poignard qui brillait à la lueur du feu.

Zafina se morigéna d'avoir ainsi peur, elle qui était si intrépide, si courageuse, qui faisait la fierté de ses parents et du clan et qui était considérée comme la plus douée de sa génération. Elle savait qu'on l'entraînait depuis son plus jeune âge pour qu'elle fasse elle aussi partie de l'élite du clan.

Sa mère lui avait expliqué que, lorsqu'elle aurait quinze ans, son héritage s'éveillerait ainsi que son don de voyance, qui consistait jusqu'à présent en de simples petits rêves prémonitoires.

L'Ancien lui fit signe d'avancer et elle obéit, fendant le cercle pour s'arrêter face à lui. Il lui tendit le poignard, qu'elle prit avec un temps d'hésitation. Elle aurait bien voulu se tourner pour demander à sa mère que faire, mais elle n'en eut pas le temps car un bêlement la fit sursauter.

L'un des membres portait dans ses bras un petit agneau d'un blanc immaculé et le déposa sur la statue. L'animal bêla à nouveau alors que l'homme regagnait sa place dans le cercle. Zafina sentit sa gorge s'assécher lorsqu'elle comprit ce qu'on attendait d'elle et elle se mit à trembler.

C'était une chose de s'entraîner aux arts assassins depuis son plus jeune âge. C'en était une autre de tuer un petit agneau. De tuer tout court. Elle ne s'était jamais posé la question de ce qu'elle ressentirait pour son premier meurtre et les larmes lui montèrent aux yeux alors qu'elle les gardait obstinément fixés sur l'agneau.

Elle ne pouvait pas.

Elle aurait voulu pouvoir faire demi-tour et prendre ses jambes à son coup mais elle savait que ç'aurait été inutile. Personne ne pouvait refuser l'intronisation. Mais tuer cet agneau était au-dessus de ses forces.

Elle leva les yeux vers l'Ancien, le suppliant mentalement de ne pas l'obliger à faire ce qu'elle devait faire mais son visage était partiellement caché par sa capuche. Elle regarda les autres membres et se heurta aux mêmes murs inflexibles. En désespoir de cause, elle se tourna vers sa mère pour qu'elle intercède en sa faveur mais elle se rendit compte avec horreur qu'elle avait disparu.

Elle était seule face à tous.

« TUE LE ! » s'écria l'Ancien d'une voix formidable.

Elle obéit instinctivement et la lame fendit la gorge du l'animal. Le sang l'éclaboussa au visage et se répandit sur la statue.

Une épaisse fumée violette s'en échappa et envahit la pièce, soufflant les torches, plongeant l'endroit dans une obscurité totale. Un faisceau lumineux s'échappa de la statue et vint la frapper de plein fouet. D'intenses fourmillements se mirent à parcourir son corps et une douleur fulgurante traversa ses yeux. Elle ouvrit la bouche pour crier mais son cri mourut dans sa poitrine alors que son don s'éveillait enfin. Elle sentait au plus profond d'elle-même un pouvoir inconnu qui se répandait dans ses veines tel un poison incandescent.

Elle eut l'impression atroce qu'on venait de lui fendre en crâne en deux et la douleur la fit tomber à genoux. Le feu qui remontait le long de son corps atteignit ses yeux et elle hurla alors qu'elle vit réellement pour la toute première fois.

Elle vit le passé, le présent et le futur qui s'entremêlaient devant ses yeux et elle perdit connaissance.

Les gargouillis et les cris d'agonie de l'agneau la hanteraient jusqu'à la fin de ses jours…

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Elle grimaça en découvrant le port de Yokohama. Tout ce gris et cette affreuse odeur de marée lui donnaient envie de se pendre.

Son regard perçant eut tôt fait de repérer Lars, appuyé contre la portière de sa voiture, et elle fit un signe à Xiaoyu pour qu'elle la suive. Il n'avait pas vraiment changé, si ce n'est qui n'était plus vêtu de sa tenue de soldat de la Tekken Force. Il portait un jean et un pull gris simple et il aurait pu passer pour un homme tout à fait banal, si ce n'étaient sa stature et sa musculature.

Zafina savait que, depuis la disparition de Jin Kazama, Kazuya avait repris les rennes de la Mishima Zaibatsu d'une main de fer et y avait fait fusionné la G Corporation. Accueilli en héros au Japon et dans le reste du monde pour avoir soit disant éliminé l'ancien PDG de la Zaibatsu, il était officiellement le nouveau dirigeant la Zaibatsu. Officieusement, il menait une traque implacable contre Lars, son réseau de résistance, ainsi que les anciens soutiens de Jin.

Une chevelure de feu attira son attention et elle vit un deuxième homme sortir de la voiture. Il était grand et musclé et des mèches de cheveux roux dépassaient du bandage qu'il portait autour de la tête. Il était lui aussi vêtu simplement d'un jean et d'un tee-shirt.

Elle entendit Xiaoyu pousser un cri de joie et la vit courir se jeter dans les bras du rouquin qui la réceptionna en riant.

« Hwoarang, je te présente Zafina, qui m'a accompagnée depuis l'Egypte. Zafina, voici mon ami Hwoarang.

Ils s'adressèrent un signe de tête, puis Xiaoyu salua Lars.

- Je suis ravie de vous revoir, Ling-san, mais… commença-t-il.

- Appelez-moi Xiaoyu.

- Très bien, Xiaoyu, cependant nous ne devons pas nous attarder.

Ils les fit monter dans la voiture sans attendre et prit la direction du centre-ville.

- J'ai appris pour Alisa, commença Xiaoyu. Et je suis vraiment désolée, j'espère qu'il y a un moyen de la réparer.

- Oui, Lee Chaolan s'est engagé à la réparer.

- Lee Chaolan ?! s'étonna Hwoarang.

- Oui, le fils adoptif de Heihachi. Il n'est pas comme les autres membres du clan Mishima, ne vous inquiétez pas. Il a une entreprise spécialisée dans la création de robots humanoïdes. Et c'est un grand ami de Julia Chang.

Il y eut un moment de silence et Zafina regarda Lars, qui semblait chercher ses mots.

- Xiaoyu, écoutez-moi bien. Je sais que la perte de Jin Kazama vous a profondément affectée et j'en suis désolé. J'aurais aimé pouvoir l'arrêter mais…

Il soupira profondément.

- Quoiqu'il en soit, Kazuya dirige désormais la Zaibatsu et il tente d'éliminer les anciens soutiens de Jin, ainsi que moi-même, qui résiste un peu trop à sa politique totalitaire à son goût, reprit-il avec un sourire. Il ne devrait pas en avoir après vous car il ne vous considère pas comme une menace.

- Il ne me considère pas du tout, vous voulez dire, fit observer Xiaoyu.

- Hum… Oui… Néanmoins, il vous faut rester sur vos gardes. Kazuya sait que Jin et vous étiez proches, et il vous a peut-être mise sous surveillance. Reprenez vos études et votre travail, comme avant. Ne faites pas de vagues. Et évitez d'aller voir votre grand-père. Il ignore où il se trouve, et Maître Wang n'est pas vraiment sur la liste des personnes qu'il apprécie, si tant est que Kazuya apprécie qui que ce soit…

Zafina entendit le rouquin renifler moqueusement et réprima un sourire.

- Je resterai en contact avec vous si vous avez besoin de quoi que ce soit.

- Merci mais ça ira, » répondit Xiaoyu d'une petite voix.

Le ton de sa voix lui fit froncer les sourcils et elle la regarda dans le rétroviseur avec inquiétude.

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« Surtout ne la laisse pas sans surveillance, l'avertit Zafina avec un regard froid.

- Oui, j'avais bien compris les trente premières fois que tu me l'as dit, rétorqua Hwoarang avec un rictus moqueur.

Elle le fusilla du regard et son sourire s'agrandit, ce qui la surprit. Ce n'était pas vraiment le genre de réactions que son regard glacial provoquait généralement.

Ils se trouvaient dans le salon de Xiaoyu, parlant à voix basse pour ne pas que cette dernière, qui s'était éclipsée dans sa chambre, ne les entende. Panda les regardait avec curiosité, couchée dans son panier.

- Est-ce que tu peux au moins me dire pourquoi je dois la surveiller ?

Elle réprima un soupir d'agacement et s'efforça de ne pas lui sauter à la gorge. Ce garçon et ses airs arrogants lui donnaient vraiment des envies de meurtres. Et le pire était qu'il semblait le savoir et s'en délecter.

- Elle a assisté à la mort de celui qu'elle aimait, commença-t-elle d'une voix aussi détachée que possible. Et j'ai peur qu'elle ne tente de… le rejoindre.

Il ouvrit de grands yeux, une expression choquée peinte sur son visage.

- Xiao ne ferait jamais une chose pareille ! protesta-t-il.

- Qu'est-ce que tu en sais ?

- Je la connais !

Zafina se contenta de sourire moqueusement.

- A ta guise, Hwoarang. Mais sache que c'est uniquement dans l'adversité que l'on découvre de quoi sont réellement capables nos proches.

Elle se détourna et s'apprêta à sortir lorsque le jeune homme la retint par le bras.

- Hey ! Où tu vas ?

Elle planta son regard dans le sien et il la lâcha immédiatement.

- Tu as de la chance que j'apprécie Xiaoyu, fit-elle remarquer d'une voix ennuyée, sinon tu serais en train de te vider de ton sang.

- Ça va, pas la peine de me faire tout ton cinéma ! râla-t-il. Est-ce que tu es obligée de partir maintenant ?

- Je l'ai ramenée jusqu'à chez elle. Ma mission est terminée.

- Justement, non ! Tu m'as dit qu'elle n'allait pas bien et tu es restée avec elle durant tout votre voyage. Elle va être perdue si tu t'en vas comme ça !

- Je croyais que vous étiez amis. Est-ce que les amis ne s'entraident pas durant les moments difficiles ?

- Si, bien sûr ! soupira-t-il avec lassitude. Mais c'est compliqué… Je ne portais pas vraiment Kazama dans mon cœur et je ne pense pas être le mieux placé pour la consoler…

Elle l'observa quelques instants et finit par sourire légèrement.

- Tout ce que tu pourras lui dire ne lui fera ni chaud ni froid, car elle n'a pas besoin que tu la consoles. Elle a juste besoin que tu sois là. Elle a besoin de savoir qu'elle n'est pas seule et que tu es là pour elle. C'est aussi simple que ça. »

Il hocha lentement la tête, l'air perdu et elle eut un pincement au cœur. Elle ne tenait pas spécialement à rentrer en Egypte, mais elle savait qu'elle ne pourrait rien faire de plus pour Xiaoyu. C'était à elle de se reconstruire seule, avec le soutien de ses proches.

Elle adressa un signe de tête à Hwoarang et sortit de l'appartement.

Raven l'attendait, appuyé contre le mur près de la porte, les bras croisés sur son torse, regardant droit devant lui. Elle se tendit instinctivement lorsqu'il tourna lentement la tête vers elle.

- Il faut qu'on parle. »

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« Hwoarang ?

Il sursauta et croisa le regard de Xiaoyu qui le regardait avec confusion.

- Pardon, je ne voulais pas te faire peur. Je vais prendre un bain, j'ai besoin de me détendre un peu.

- Euh, OK, bien sûr… Tu as besoin d'aide ?

Il piqua un fard en se rendant compte que ses paroles pouvaient être mal interprétées et la jeune femme pouffa de rire. Il fut tellement heureux de l'entendre rire, même si c'était pour se moquer de lui, qu'il sourit à son tour.

- Ça ira, merci, répondit-elle.

- Est-ce que tu as faim ?

- Pas vraiment, peut-être plus tard. Mais mange ce que tu veux. Je crois qu'il me reste un ou deux sachets de ramen.

- T'inquiète, je me débrouillerais, lui assura-t-il en se dirigeant vers la cuisine.

- Oh, Hwoarang ?

- Oui ?

- Merci d'être là.

Il se contenta de lui sourire gentiment.

- De rien, miss Couettes. »

Il l'entendit fermer la porte de la salle de bains derrière elle et prit une brique de jus de fruits avant d'aller s'installer sur le canapé en compagnie de Panda. Il alluma la télé qu'il ne regarda que d'un œil distrait. Le bruit de l'eau qui coulait le rassura et il s'allongea pour soulager ses jambes douloureuses et ferma les yeux avec un soupir…

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Xiaoyu est bien.

L'eau chaude la détend. Elle l'entoure de son apaisante chaleur et elle se dit qu'elle pourrait continuer à faire semblant encore longtemps. Faire semblant de sourire, faire semblant d'être heureuse...

Cet instant de bonheur éphémère pourrait presque lui faire tout oublier. Oublier où elle se trouve, oublier qui elle est, oublier qu'il n'est plus là et qu'il ne sera plus jamais là…

Mais elle a mal. Tellement mal… Elle veut juste que ça s'arrête. Que la douleur parte…

Alors elle inspire profondément et se laisse lentement glisser sous l'eau…

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Il faut moins de trois minutes à un être humain pour se noyer.

Il était onze heures vingt-sept…

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FIN