Le voyage avait pris bien plus de temps qu'elle ne l'aurait cru. Ce fameux manoir semblait être bien éloigné de Londres… Elle pouvait bien entendu estimer sa position d'après la vitesse de la course des chevaux entrainant la luxueuse calèche ainsi que grâce aux mouvements de cette dernière. Hélas, sa connaissance de la région demeurait somme toute assez restreinte, il lui fallait le concéder. De ce fait, elle ne savait pas exactement vers quel lieu elle se dirigeait. De toute manière, vu qu'elle ne comptait pas y demeurer longtemps, cela n'avait aucune sorte d'importance… Depuis qu'ils avaient pris la route, elle s'était appliquer à faire semblant de somnoler, tête reposée contre l'épais rembourrage de la banquette, yeux clos, évitant ainsi toute discussion avec le jeune Phantomhive. Elle commençait d'ailleurs à ressentir dans sa nuque de désagréables tiraillements du fait qu'il était bien plus difficile de faire semblant de dormir dans un espace en mouvement que sur un lit, par exemple. Dans le cas présent, la demoiselle devait sans cesse veiller à laisser son corps se faire balloter par les secousses incessantes du véhicule, sous peine d'éveiller les soupçons du comte se tenant en face d'elle, la scrutant du coin de l'œil. Quelle malchance… Ces contres temps étaient assurément des plus inopportuns. Elle se serait bien passée de toute cette mascarade. Après s'être sustentée, en temps 'normal', elle s'élançait toujours à corps perdu dans de profondes recherches, mettant à contribution toute cette énergie nouvellement acquise afin d'avancer le plus possible dans le projet l'obnubilant depuis des mois déjà. De ce fait, elle n'avait aucunement de temps à perdre à de tels enfantillages.

Cependant, tout cela lui montrait également que ses agissements s'étaient un peu trop faits remarqué. Il devenait flagrant qu'elle allait devoir trouver un moyen plus 'discret' pour assouvir sa faim. Tout ceci était bien contraignant… Ces orgies avaient pourtant plusieurs qualités lui saillant à merveille. En effet, en plus de débarrasser la terre de misérables dépravés, et d'effrayer leurs semblables, ces festins gargantuesques lui offraient la possibilité d'espacer les moments où elle se retrouvait contrainte à de tels carnages… recommencer à tuer en petit nombre passerait surement plus inaperçu aux yeux des autorités mais l'obligerait à le faire à une fréquence bien plus élevée, l'exposant ainsi à des risques plus grands. Il allait lui falloir trouver un juste milieu…

« Faith… Nous arrivons. Réveillez vous. »

La voix de l'adolescent l'extirpa doucement de ses pensées. Effectivement, le rythme de la calèche se ralentissait et l'on pouvait percevoir le crissement d'un fin gravier sous ses roues. Bientôt, le véhicule s'immobilisa dans un léger tremblement, moment qu'elle choisit pour rouvrir les yeux, clignant à plusieurs reprises des paupières, comme sortant d'un profond sommeil. La demoiselle porta son attention sur le visage aux traits encore enfantins du noble la fixant de sa prunelle turquoise, comme intrigué. La portière s'ouvrit alors, laissant apparaitre le sombre majordome tenant de sa main gantée un lampion projetant sur ses prunelles vermeilles une lueur quelques peu surréalistes, le rendant encore plus mystérieux. Il leur adressa un léger sourire, se déplaçant sur le coté afin de laisser descendre son maître. Il lui prêta alors une nouvelle fois sa main afin de l'aider à quitter la banquette, mais aussi, surement, pour l'inciter à les suivre… La jeune femme saisit avec délicatesse le gant immaculé, se redressant, maladroite, parcourant avec précautions les quelques marches la séparant du sol.

« Merci. »

Elle le fixa une poignée de secondes, cette même impression quelque peu familière ne la quittant pas. Il s'inclina légèrement, relâchant sa main afin de lui indiquer les portes du fameux manoir. En le découvrant, elle demeura quelques instants sous le choc face à son immensité majestueuse et illuminée se dressant avec fierté au milieu des ténèbres insondables de la nuit les entourant toujours. Ce bâtiment aux proportions pharaoniques ne volait assurément pas son nom… Il était… écrasant de grandeur, comme s'il s'extirpait avec une sorte de violence acharnée du sol afin de clamer, de hurler même, au monde entier qu'il défiait de sa hauteur, la puissance de son propriétaire…

« Mademoiselle… »

« Ah… Oui, excusez-moi… »

S'exécutant, l'invitée inattendue gravit, comme intimidée, les marches de marbre faisant raisonner ses pas dans l'espace silencieux et paisible comme tétanisé par le froid ambiant. En haut, les portes étaient grandes ouvertes, laissant apparaitre au fur et à mesure de sa progression un hall époustouflant éclairé par des multitudes de bougies, le plongeant dans une douce lumière chargée de bienveillance. En son centre se tenait le comte s'étant retourné vers eux, s'impatientant quelque peu. Un homme d'un certain âge se tenait à ses cotés, l'ayant débarrassé de son lourd manteau, incliné dans un respect absolu pour son jeune maître. Face à toute cette grandeur, ce dernier paraissait encore plus frêle de stature, seule son aura à l'assurance écrasante le dénudant quelque peu de son jeune âge pour lui conférer cette noble maturité s'encrant dans son œil d'azur. Décidemment, quel être étonnant…

« Tanaka, voici Faith. Elle passera la nuit ici. Peux-tu lui trouver de quoi se changer et t'occuper d'elle ? J'ai à faire. »

« Bien entendu, Monsieur. Je me charge de tout. Monsieur Sebastian vous accompagnera-t-il ? »

« Oui. Je te laisse t'occuper de notre hôte. »

A ces mots, l'adolescent s'avança vers l'escalier menant aux étages, son majordome lui emboitant le pas, lui glissant un regard inquisiteur alors qu'il la dépassait. La demoiselle les regarda s'éloigner avant de disparaitre de son champs de vision, le laissant seul avec le dénommé Tanaka. Il lui aurait été aisé de le neutraliser et de s'enfuir dans l'instant, mais Sebastian était ouvertement sur ses gardes. Ne sachant pas exactement ce qu'il était réellement, il aurait été prématuré de se faire remarquer à présent. Elle avait déjà pris bien trop de risques aujourd'hui… Et il lui fallait admettre qu'un brin de toilette ne lui déplairait aucunement. Une fois ses faims assouvies, l'odeur du sang l'importunait toujours au plus haut point.

« Mademoiselle Faith, c'est bien cela ? »

L'intéressée fixa son interlocuteur aux cheveux couleur neige qui lui souriait avec sollicitude, la touchant de part sa sincérité. Depuis qu'elle était ce qu'elle était, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un plaisir quelque peu coupable lorsqu'on lui témoignait de telles attentions, comme si sa nature faisait qu'elle n'en était plus digne. Cela était peut être vrai, en quelque sorte…

« Oui… Faith. Et vous… Monsieur… tanaka, si je ne m'abuse ? Merci de m'accueillir. Je ne veux pas vous causer de traquas superflus…»

« Ne vous inquiétez de rien, mademoiselle. Vous venez de traverser une épreuve terrible, ne songez qu'à votre rétablissement. Nous tacherons de vous y aider au mieux. »

« Je ne sais que dire… »

« Il est inutile de dire quoi que se fut, Mademoiselle. Suivez moi, je vous prie, je vais vous montrer la salle d'eau. Désirez-vous que j'appelle notre servante afin qu'elle vous aide à vous dévêtir ? »

« NON ! »

L'interjection lui avait échappé malgré elle, surprenant le vieil homme qui la fixait, ne sachant comment réagir. Il lui fallait se rattraper, et vite…

« Pardonnez-moi, monsieur Tanaka. Je préfère m'en occuper seule, je ne voudrais pas déranger plus que nécessaire. »

« … Bien, Mademoiselle, comme il vous plaira. Suivez moi je vous prie. »

Sur ce, ils montèrent à leur tour le superbe escalier afin d'accéder au premier étage. Ils traversèrent de vastes couloirs éclairés par le bougeoir tenu par le serviteur la précédant. Tout en ces lieux transpirait le raffinement et la richesse savamment illustrés avec un gout certain. Il était plus qu'évident que cette famille, Phantomhive, était extrêmement puissante. Mais comment se faisait-il qu'un enfant si jeune en fut le chef ? Quel drame se dissimulait-il derrière toutes ces dorures ?

« Nous y voilà, Mademoiselle. »

Tanaka venait de s'arrêter devant une porte et de l'ouvrir, lui adressant toujours ce même sourire.

« Permettez-moi de rentrer devant vous, Mademoiselle. Ainsi je pourrai allumer les bougies. »

« Faites, je vous prie. Puis je vous y aider ?»

« Merci, Mademoiselle, mais cela serait inconvenant de ma part. Laissez-moi faire, cela ne prendra qu'un instant. »

Ils entrèrent donc, le domestique en premier afin qu'il puisse s'affairer avec les bougies. Petit à petit, la lumière chassa l'obscurité, laissant apparaitre une pièce aux belles proportions offrant tout le confort que l'on pouvait espérer en de tels lieux. Tanaka alluma ensuite le chauffage, les buches se mettant à crépiter doucement dans le poêle. Une douce chaleur s'installa rapidement dans la sale d'eau faisant penser à la jeune femme que, finalement, cette mésaventure n'était aussi catastrophique qu'elle aurait pu le croire. Bien que logeant dans un bel hôtel du centre ville, il fallait reconnaitre une différence évidente de standing avec ce lieu prestigieux. Quitte à être ici, autant en profiter…

« Voici une robe de bain, Mademoiselle. Nous vous apportons au plus vite de l'eau chaude. »

« Merci bien, monsieur Tanaka. »

Ce dernier s'inclina légèrement avant de quitter la pièce, fermant avec douceur la porte derrière lui. La demoiselle attendit de ne plus entendre ses pas dans le couloir pour laisser échapper un profond soupire, exténuée par toutes ces émotions. Elle balaya la salle du regard, se dirigeant vers le miroir, rejetant en arrière ses longs cheveux libres désordonnés.

« Eh bien éh bien, Katherine… Dans quels draps t'es tu encore mise ? N'apprendras-tu jamais de tes erreurs ? »

Son reflet au teint pâle taché de sang séché par endroit se contenta de la dévisager, ses yeux dorés brillant d'un éclat quelque peu moqueur envers elle-même. Certains traits de son caractère ne changeraient surement jamais… Une légère moue se dessina sur ses lèvres alors qu'elle détaillait son apparence désastreuse. D'un geste, elle déboutonna la veste prêtée par le majordome ténébreux, l'ôtant lentement avant de la déposer sur le dossier d'une chaise se trouvant non loin. Quand elle reporta son attention sur l'image renvoyée par la surface réfléchissante, elle du admettre qu'il était effectivement difficile de dire si elle avait été témoin ou actrice d'un drame… Une certitude sautée aux yeux cependant : ce fut un massacre plus que sanglant… Ses vêtements étaient recouverts d'hémoglobine, le bas de sa robe en étant particulièrement maculé. Ses longs cheveux d'un acajou profond étaient emmêlés, tombant en boucles folles le long de ses épaules, alourdis par le liquide vital s'y étant mêlé. Doucement, elle ramena la masse de cheveux auburn vers l'avant, tentant de les démêler un peu afin de se re donner une apparence un peu plus présentable… Peine perdue. Vraiment, un bain était plus que nécessaire… Ne serait ce que pour ôter cette affreuse odeur âcre l'imprégnant toute entière… L'odeur de la mort… Cela lui rappelait d'une façon irritante qu'elle portait à même la peau des vies humaines violemment écourtées… Ces individus étaient, sans nul doute possible, des déchets irrécupérables. Elle ne ressentait aucune once e remord les concernant. Mais l'image que lui rejetait le miroir, comme dégouté d'en être réduit à cette obligation, la révulsait et lui rappelait des souvenirs qu'elle aurait aimé effacer de sa mémoire. Hélas, certaines choses avaient été et ne pouvaient plus être défaites, il lui fallait composer avec.

Un nouveau soupire lui échappa. Il était inutile qu'elle perde du temps à s'apitoyer sur son sort. Au fond ne l'avait elle pas elle-même provoquée ? Repoussant ces pensées trop sombres, Katherine s'affaira à défaire les boutons maintenant sa robe en place, la laissant lourdement choir au sol, gardant encore son corsage et ses jupons.

Immédiatement, les traits sombres venant mourir sur l'arrondi de ses épaules lui sautèrent aux yeux, jurant avec la nacre de sa peau immaculée. Le corset qu'elle revêtait toujours, ne découvrant que la partie supérieur de son dos, dissimulait encore partiellement la preuve irréfutable de sa nature réelle. Inconsciemment, la demoiselle vint poser une main sur un des deux tracés couleur sang séché, visualisant sans à se tourner devant le miroir la moindre courbe du pentacle démoniaque ayant scellé son destin. Au milieu de son dos, entre les omoplates, juste au niveau de son cœur se trouvait son centre, le point d'encrage où des runes étaient inscrites, tellement nombreuses et compactes qu'un œil non avisé aurait pu y voir de simples lignes entremêlées formant un motif aux consonances mystiques… D'autres inscriptions couraient les longs de ses vertèbres, des lignes reliaient l'ensemble en une œuvre macabre, deux d'entres elles remontant jusqu'à ses épaules, d'autres venant tracer le dessin de certaines de ses côtes ou descendant le long de ses jambes… Le sceau du Diable.

Après avoir été marquée par des hommes, elle avait connu une seconde apposition, bien plus terrible encore que la précédente… Ce sceau lui avait couté sa vie d'autrefois, la condamnant à une damnation dont Il savourait les péripéties, guettant le moment propice afin d'entrer de nouveau en scène pour pimenter encore un peu plus les choses… Mais elle ne le laisserait plus faire… Si tout se passait comme elle l'espérait, elle aurait bientôt les moyens de se défendre face à Lui à armes égales…

« Mademoiselle ? Vous ne m'avez pas entendue ? Tout va bien ? »

Katherine sursauta, se retournant brusquement vers la porte, découvrant une jeune femme revêtant une tenue de domestique à l'entrée de la pièce, un seau d'or fumante entre les mains. Elle avait du taper à la porte mais elle ne l'avait pas entendu… Miséricorde, le pire scénario prenait place… La nouvelle venue la fixait, interdite, visiblement surprise parce qu'elle voyait tatouée dans son dos.

« Ma…Mademoiselle… Qu'est ce que… votre dos… ? »

« Silence ! »

La damnée avait tendu le bras vers la jeune femme, prononçant mentalement une brève incantation. Instantanément, la demoiselle ciblée perdit conscience, ainsi que l'équilibre, renversant avec fracas le seau qu'elle portait jusqu'à là à bout de bras. Katherine se précipita vers elle, parvenir à l'intercepter afin qu'elle ne se blesse pas en tombant à terre, ne pouvant de toute manière plus rien faire pour le bruyant objet rependant son contenu brulant au sol. Décidemment, se n'était pas sa journée… Il lui fallait absolument lui effacer la mémoire. Mais d'abord il était urgent de fermer la porte pour gagner un peu de temps et n'alerter personne. Allongeant la servante, la demoiselle s'apprêtait à se relever lorsqu'une haute silhouette apparut dans l'encadrement de porte, la prenant de court.

« Eh bien, qu'avons-nous là… Quelle étonnante demoiselle en détresse vous faites, Faith… »

Sébastian la dévisageait de ses yeux vermeils, une lueur incandescente les animant. Immédiatement, l'interpellée voulu user de nouveau de son sort mais le brun afficha alors un large sourire alors qu'elle s'apprêtait à tendre le bras vers lui, agitant négativement un doigt de sa main gauche gantée.

« Tututut… Je vous déconseille de faire cela. Ce sort serait de toute manière inutile contre moi. »

A ces mots, il porta son doigt à ses lèvres, agrippant du bout des dents le tissu immaculé, tirant dessus afin de dénuder sa peau. Comme Katherine l'avait suspecté et craint depuis le début, un pentacle apparu sur le dos de sa main ainsi qu'une couleur noire ornant ses ongles… Un diable… Elle se trouvait assurément dans la pire situation qu'elle aurait pu imaginer…

« Il me semble que vous faites également un majordome quelque peu… Surprenant, Sébastian. »

Un sourire sardonique s'étira ses les lèvres de l'intéressé, l'irritant quelque peu.

« Je ne suis qu'un diable de majordome au service du Comte… Mais à présent, Mademoiselle, il va nous falloir éclaircir quelques points vous concernant, ne pensez vous pas ? »

La jeune femme se releva, refusant de se laisser ainsi surplomber plus longtemps, réfléchissant à toute vitesse. Dans un combat rapproché, elle ne pourrait certainement pas avoir l'avantage à l'heure actuelle. Cependant, s'il fallait se battre, elle n'hésiterait pas… Elle défia le démon du regard, menton relevée, se préparant déjà à en découdre. Ce dernier reprit la parole, visiblement des plus amusé par la situation.

« Je comprends mieux pourquoi je n'arrivai pas à me prononcer quant à la nature de l'artiste ayant œuvré dans ces cryptes… Des siècles se sont écoulés depuis la dernière fois où il m'a été donné de voir un demi-démon. Et je dois admettre qu'il était déjà dans un piteux état. »

Un éclat de fureur traversa les prunelles d'or de Katherine, électrisant tout son corps, alourdissant brutalement l'air ambiant d'une tension palpable allant en crescendo à chacun des mots prononcés par le brun.

« Hermon a recommencé, visiblement… Quel incorrigible garnement… »

A l'évocation de ce nom, un vase posé sur une commode non loin explosa, l'air devenant irrespirable au fur et à mesure que la colère suturait les veines de la jeune femme, saturant son être tout entier. Inconsciemment, elle serrait les poings, ses yeux reprenant progressivement une teinte rougeoyante. Elle le foudroyait du regard, prête à en découdre, quand la silhouette du comte fit son apparition derrière le majordome démonique, venant déstabiliser ses pulsions meurtrières. Aussi longtemps que cela pouvait être possible, elle préférait ne pas impliquer d'humains… Mais à présent, avait-elle vraiment le choix ?

« Avant que vous ne commenciez tous les deux à causer des dégâts inutiles au manoir, ne serait il pas possible d'agir comme des humains ? Apparemment, d'après les dires de mon majordome, vous l'êtes encore en partie, non ? »

Prenant de profondes inspirations, Katherine fixait tour à tour le démoniaque domestique et son maître, relâchant au bout de quelques instants un peu de la pression qui parcourait son corps. Au fond, cet enfant était le premier à le traiter en temps qu'humaine tout en sachant qu'elle ne l'était plus vraiment…

« En partie effectivement… Mais que proposez-vous donc, Comte ? Vous savez aussi bien que moi, visiblement, que je ne peux payer les 'crimes' dont vous m'accuser devant votre justice qui n'est plus la mienne. Ces individus méritaient le sort que je leur ai infligé. Au fond, ils sont un peu responsables de l'appétit me tiraillant… Au final, se n'est, ironiquement, que justice… Je leur fais expier les crimes pour lesquels ils ne paieraient certainement jamais de part leurs titres. Ces kidnappings, ces tortures, ces marquages au fer rouge et ces sacrifices inutiles… Votre justice humaine ne les condamne pas. Alors j'interviens quelque peu… Autant joindre le nécessaire pour à moi à l'utile pour vous…»

L'enfant la fixait de sa prunelle insondable, un léger trouble le prenant alors qu'elle faisait référence à ces êtres infâmes et leurs pratiques décadentes… Elle avait vu juste, visiblement… Cet enfant et elle-même avait plus de points communs qu'il ne pouvait y paraitre…

« Faith soulève un point indiscutable, jeune Maître. Que faisons nous donc ? »

Sébastian regardait son maître, en attente de ses instructions, alors que celui-ci la fixait résolument, elle, comme passant au crible les différentes possibilités s'offrant à lui. Il pourrait parfaitement dire à son serviteur diabolique de le débarrasser de cette hybride gênante qu'elle était. Pourtant, il ne le fit pas. Quelque chose en elle lui chuchotait qu'il ne le ferait pas, ni maintenant, ni plus tard. S'il avait eut l'intension de la détruire, il l'aurait ordonné dans l'immédiat. Peut être avait il une idée derrière la tête… Cependant, quoi qu'il en fût, elle n'avait pas d'autre choix, pour l'instant, que de jouer à son jeu à lui. Au bout d'un moment, le jeune noble laissa choir son attention vers le corps de la domestique toujours inconsciente au sol, reprenant la parole.

« Présentement… Je pense qu'il faudrait aller continuer cette discussion dans un lieu plus approprié. Mon bureau semble tout indiqué. Tanaka viendra s'occuper d'elle. Faith, suivez nous. »

Ciel tourna les talons, faisant quelques pas avant de jeter un regard en arrière, constatant que la demi-démone n'avait pas bougé, imité par son majordome qui la fixait, attendant visiblement qu'elle agisse pour s'adapter.

« Katherine. Katherine Archer. C'est mon nom, le vrai cette fois. Je dois effacer la mémoire de cette demoiselle avant toute chose. Elle a vu mon pentacle. »

« Cela présente t il un risque pour sa santé ? »

« Aucun. Cela n'affecte que la mémoire immédiate. Je fais de même aux enfants lors des cérémonies. Autant pour me protéger que pour leur épargner un nouvel épisode… traumatisant. Cela ne prendra qu'un instant. »

A ces mots, elle retourna au près de la domestique, s'agenouillant à ses côtés. Elle posa une main sur son front, récitant rapidement la formule adéquate, sentant le regard des deux hommes posé sur son dos marqué. Une fois cela fait, elle se redressa, faisant quelques pas afin de saisir l'épaisse robe de bain que lui avait procuré Tanaka et de s'en revêtir, dissimulant ainsi la marque maudite. Elle porta à nouveau son regard vers ses interlocuteurs, nouant la ceinture de tissu au niveau de sa taille.

« Bien Katherine, allons-y. Il y a bien des choses sur lesquelles je voudrais vous entretenir et nous avons des décisions à prendre quant à l'issue de cette affaire… La nuit promet d'être longue… »

Mot de l'auteur :
Bonsoir à tous ! Merci pour votre lecture et vos commentaires ! J'espère que ce chapitre vous a plu. N'hésitez pas à me laisser vos impressions )
A très bientôt pour le prochain chapitre et passez tous de bonnes fêtes !