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Rédemption.

Au cœur des ténèbres

Prologue

Ce chapitre prend place pendant la destruction du laboratoire n°5 de la version du manga papier (ou de l'anime Brotherhood), lorsque Ed et Al sont séparés et que Ed, blessé, se fait assommer par Envy. Avant que celui-ci ne réapparaisse devant Al et les soldats Ross et Broch on ne sait pas ce qu'il a pu se passer entre temps. La plupart pense que c'est simplement parce qu'il n'arrive rien, mais vu le temps qu'ils prennent pour sortir, on pourrait facilement imaginer ce qui s'est passé...Voici donc ma vision de la chose.

Premier Chapitre.

Le jardin d'Éden au fond des ruines

« Lust, laisse-moi cinq minutes s'il te plaît. »

« Hors de question, les deux idiots qui leur servent d'escorte sont déjà là, nous devons détruire ce maudit endroit maintenant, tu joueras une autre fois avec ta minipoupée ! »

« Mais... »

« Pas de, mais, tu ressembles à Gluttony quand tu fais celui qui ne comprends pas ce que je dis, sauf que toi tu fais juste comme si ! Maintenant, sors-le, Père aura besoin de lui plus tard. Et pas d'entourloupe, la dernière chose dont nous avons besoin serait qu'il disparaisse et que tout ce beau monde se mette à nous courir après. Est-ce clair ? »

Il ne prit pas la peine de répondre, et jetant le nabot sur son épaule, gagna la porte en grinçant des dents et pensant que cette garce méritait amplement son nom, même si elle était froide comme la glace ces derniers temps. Pauvre Gluttony, il ne devait pas prendre son pied souvent avec cette salope!

« Envy, pense moins fort. » Lâcha-t-elle au moment où il sortait.

« Rêve toujours ! » Et il agita la main au-dessus de sa tête, de la manière que le blondinet et lui partageaient, bien que le gosse l'ignorait...Peut-être avaient-ils d'autres points communs ?

Ce fichu labo tombait déjà en morceaux, le sol grondant. Mais c'est pas vrai ! elle veut m'écraser avec ou quoi ? pensa-t-il. Il n'aurait donc même pas une petite minute avec lui ? Bon, de toute façon il avait déjà perdu beaucoup de sang, Envy pouvait sentir ses blessures tremper son haut, coller ses longs cheveux...

« Al... Frérot... »

Et merde, voilà qu'il reprenait conscience. Quel horrible première impression il allait lui laisser, après que son pauvre auto-mail soit bêtement tombé en panne. Il avait prétendu détester se battre, mais avec lui, il aurait adoré ça. Seulement, amoché comme il l'était, il s'était contenté de l'envoyer dans les vapes d'un bon coup de pied, le rattrapant juste avant que sa jolie gueule ne s'écrase au sol par sa natte, puis le laissant quand même s'y étaler.

« Al...t'es où?...»

« Al n'est pas là nabot, il n'y a que moi... »

« Toi ! » et se débattant comme un diable, il chuta lourdement à terre, laissant échapper un cri de douleur. Qu'il avait l'air fragile! roulé en boule sur le sol de ce couloir en ruine... L'homonculus n'avait qu'une envie, le prendre dans ses bras.

« Je vais te faire la peau, putain de palmier à la con ! » toujours plein de hargne celui là, alors même qu'il était à sa merci...

« Tu ferais mieux de te calmer où je t'abandonne ici, on verra bien si tu arriveras à finir autrement qu'en jolie crêpe métallique sanglante ! »

Se redressant sur son séant, il regarda autour de lui, semblant seulement prendre conscience de la déroute dans laquelle se trouvait le labo.

« Mais qu'est-ce qui se passe ici bordel ? »

« Ce que tu peux être grossier, j'adore ! Mais il paraît que nous n'avons pas assez de temps... pour quoi que ce soit... »

« Le temps, ça se trouve, non ? » Il avait redressé la tête, le regardant fièrement alors même qu'il n'était plus qu'une loque. Un sourire lui échappa... Il le tenait !

« Bien sûr que ça peut se trouver... Mais que serais-tu prêt à donner pour en obtenir rien qu'avec moi ? »

« Un échange équivalent... alors même les gens de ton espèce respectent les règles maintenant ? »

« Pour toi, je ferais une exception. Tu vaux bien ce que je suis prêt à payer... Mais ne t'attends pas à tout avoir d'un coup, fullmetal nabot ! »

« Ta gueule, branleur à la touffe ! »

L'insulte le fit reculer :

« Ouaw, quelle morgue ! Branleur, moi ? C'est bien mal me connaitre... ou trop bien... » Il lui fit son sourire le plus carnassier. Et le gosse devint livide.

Reprenant contenance, il essaya de se lever, mais ne put que retomber lourdement en gémissant. Envy se précipita, à genoux, pour le soutenir. Idiot ! Pensa-t-il, ne montre pas tant d'inquiétude, même dans son état il reste assez perspicace pour s'en rendre compte et retourner la situation à son avantage ! Alors il fit tout l'inverse de ce que son cœur lui dictait, faisant comme s'il allait l'aider, le laissant se relever doucement, puis le lâchant sans prévenir.

« Oups, mais comme je suis maladroit, regarde-moi ça ! » La souffrance sur son visage semblait insoutenable. Il voulait s'excuser, l'aider, prendre soin de lui... mais putain que m'arrive-t-il ? Personne, jamais, ne lui avait fait cet effet-là... Même quand il avait... non, même là, ce n'était rien en comparaison...

« Tu m'aides où on attend de finir aplatis tous les deux, le palmier ? J'te rappelle qu'on a du temps à trouver ! »

Et ce n'était que trop vrai, tout ce temps passé à discuter, à être tiraillé, il aurait pu le passer avec lui dans ses bras. Il lui enlevait vraiment tous ses moyens.

« Allez, viens... » Il glissa un bras sous son aisselle et l'autre sous ses genoux. « Comme une mariée, si c'est pas chou mon Chibi ! »

« Chib... » la douleur interrompit sa question, il serra les dents, mais gémit quand même. Ce qu'il devait souffrir, le pauvre.

Mine de rien, le vieil ado appuya son menton contre son front, humant son odeur... mêlée à celle de son sang, cela le rendait fou... vite, trouver un endroit, quelque part où ils pourraient être seuls sans risquer de se retrouver ensevelis. La prison ! Mais oui, le tunnel qui menait jusqu'à l'arrière de la salle d'exécution était tout proche !

« Désolée, mais on va devoir accélérer, et tu vas pas aimer ça, blondinet ! » et il se mit à courir, presque aussi vite que quand il chassait une proie. Sauf que la carotte qui le faisait avancer semblait bien plus délicieuse qu'un rapide carnage avec orgasme en prime et un signe d'approbation de Père. Et il le faisait uniquement pour lui, sans exécution en vue comme finale.

Le môme souffrait le martyre, mais tentait vainement de ne rien en montrer.

« On y est presque, accroche-toi. »

« Me sous-estime pas, trampoline ! » Heu, ok, si c'était à ça qu'il lui faisait penser à cet instant... il était vrai que malgré tous ses efforts, le petit était balloté dans tous les sens...

Le couloir, enfin, si sombre, mais il n'avait pas besoin d'éclairage... Il le parcourut d'une traite, voyant la lumière tout au bout grandir de seconde en seconde... Il courait vers son futur paradis. N'était-ce pas ce genre de chose que les humains voyaient avant de mourir ?

La brusque lumière l'éblouit, le faisant gronder. Comme si ça allait lui faire quelque chose à cette maudite lampe... Tss... Les habitudes avaient la vie dure. Il baissa les yeux sur son précieux chargement...Le gamin s'était de nouveau évanoui. Le pauvre, pensa-t-il encore.

Jetant un regard circulaire autour de lui, il eut la satisfaction de voir la porte barrée et la pièce déserte. Aucune chance qu'on les dérange ici. Attrapant difficilement une vieille couverture militaire sur une étagère, il la jeta dans un coin et installa son alchimiste le plus confortablement possible.

Lust allait le tuer. Enfin, voudrait le tuer. Mais pour ce qui était de déplaire à Père, c'était lui qui arrivait toujours en tête, malgré ses fantastiques résultats !

« Ed... Edward, réveille-toi, je nous ai trouvé du temps... »

Qu'il était beau, le visage enfin apaisé... Il ne pouvait y résister. Se penchant doucement, il effleura son front de ses lèvres, son nez, ses joues, et enfin sa bouche...

« AIE! » Mais c'est qu'il l'avait mordu ce con !

« Bas les pattes du gland, tu te prends pour qui de profiter d'un mec mal en point comme ça ? »

« Je me prends pour moi ! » et il se redressa pour lui faire un semblant de courbette :

« Envy, pour te servir, alchimiste Fullmetal ! »

« Envy... et l'autre c'était... Lust ? Sympa les noms... où sont Sloth et les autres ? »

Malin le gosse...

« Désolé, il n'y a que moi... mais je suis sûr de te suffire amplement... Alors, cet échange ? »

« Parle, je t'écoute... »

« Ttttt... Me prends-tu pour un idiot, nabot ? Si tu ne joues pas le jeu, je risquerais bien de prendre sans rien donner en échange ! »

« Que veux-tu ? Mais sache que tu n'obtiendras rien si tu ne me donnes pas les bonnes infos en retour ! » L'hésitation sur ses traits se changea vite en détermination...

Plongeant vers lui, Envy lui susurra à l'oreille « Toi... » et lui mordit délicatement le lobe. Trop occupé à s'enivrer de lui, il ne vit pas arriver le coup, qui le plia en deux, se retrouvant le nez dans son entrejambe...

« Mmmmmh...si tu insistes, je peux commencer par là... »

« Bouge ! » Il essaya vainement de le dégager d'un coup de pied, mais l'homonculus était sur ses gardes désormais.

« Oh, ne fait pas l'enfant, je ne veux pas avoir à te forcer, mais je le ferais s'il le faut. Alors je n'ai qu'un conseil à te donner, laisse-toi faire, et profites-en... Je te donnerais les infos sur la pierres que tu cherches en échange...équivalent ? »

Il lui caressa doucement l'intérieur de la cuisse, remontant... et dut esquiver un autre coup.

« Maintenant ça suffit ! » et il lui décrocha pratiquement la mâchoire en lui retournant une gifle monumentale. " Ne joue pas avec mes nerfs, tu étais prêt à faire un échange, et maintenant tu te comportes comme le dernier des cancres ! J'exige ce que tu m'as promis ! »

Une larme roula sur sa joue... « Al... je ... »

« Ton frère n'est pas ici ! Il doit se faire du souci, le pauvre, à rester impuissant face à ce bâtiment qui s'écroule... »

« Salaud ! Je te tuerais ! »

« J'en suis sur mon Chibi-San... mais pas aujourd'hui...ou alors pas de la manière que tu envisages... »

« C'est bon... » Jamais Envy n'avait vu autant de résignation sur un si joli visage. C'était à fendre le cœur, même le sien... « Prends ce que tu veux, mais fais vite... »

Il sentit sa détermination vaciller... Ce n'était pas comme ça qu'il le voulait... Il avait cru pouvoir s'en contenter si nécessaire, mais c'était faux. Il le désirait atrocement... Mais plus encore, il voulait être désiré par lui en retour...

« Laisse tomber, tu as gagné... Je...je... » Le blondinet l'attira brusquement à lui.

« Dépêche, avant que je ne change d'avis... »

Son cœur se gonfla, et il plongea ses mains dans ses cheveux couleur soleil, picorant ses lèvres, se pressant contre lui de plus en plus fort. L'alchimiste finit par glisser son bras valide autour de son cou, répondant à ses avances, se tordant sous lui... Il crut devenir fou, tirant violemment sur son t-shirt, manquant le déchirer, le faisant enfin passer par-dessus sa mignonne petite tête blonde...

« Oh, Edward, si tu savais... » Mais bien sûr il ne savait rien, ou seulement qu'il n'était qu'un ennemi de plus qu'il fallait vaincre d'une manière ou d'une autre... Cette pensée l'attristait au-delà de toute expression, mais ce n'était pas le moment de se morfondre...

Caressant son torse, il découvrit la jonction de son automail avec son épaule, surpris que la cicatrice soit aussi proche de sa gorge, l'embrassant, y glissant sa langue, le sentant se raidir sous lui tandis que son autre main suivait le contour de ses muscles, descendant toujours plus...

Ils étaient totalement allongés désormais, lui au-dessus, plongeant son regard dans ses yeux d'or... Voulant s'y perdre... lorsque sa main buta sur son désir, dur, tellement dur...

« Non, pas ça... »

Mais il débouclait déjà sa ceinture, faisant taire ses gémissements sous ses baisers, caressant son cou avec sa langue...

« Je te ferai aimer ça... laisse-moi te montrer... »

Envy était sûr que c'était sa première fois... et, d'une certaine manière, pour lui aussi... Il était passé maitre dans les arts de l'amour, mais sans aucun sentiment. Ne faisant jamais que prendre sans rien donner, voir même voler, forcer, violer certaine de ses proies, celles qui lui plaisaient assez pour mériter ce genre d'attention...leur donnant le coup de grâce au moment de l'orgasme. Du sien. Peu importait le leur. Tandis que là, il n'avait qu'un seul espoir, qu'il aime ça, qu'il en redemande, qu'il le désire...Le libérant de son pantalon, envoyant valser ses bottes au loin, il se remit à le caresser avec ferveur, le branlant lentement, attentif à sa respiration, à ses gémissements...

L'odeur du sang qui coulait de ses blessures achevait de le rendre encore plus fou, et il se mit à lécher celle de son épaule, suçant le fluide comme un nectar, essayant d'être le plus doux possible, n'y parvenant pas complètement, il sentait les ongles de l'homme enfant s'enfoncer dans son dos...

« Tu as un goût de promesse... »

« Envy... »

« Oui ? » Il leva la tête, plein d'espoir, rencontrant son regard d'or en fusion...

« Ta gueule ! »

« Charmant... Essaye seulement d'être gentil avec un gosse... »

« JE NE SUIS PAS UN GOSSE ! » Il martelait chaque mot sur le dos de son amant de sa main valide, comme si cela leur donnerait plus de poids...

« Bien sûr que si, mais ça ne te rend que plus désirable, tant d'innocence... »

« J'suis pas innocent ! »

« Bien sûr que non, personne ne l'est... Et je suis sûr que tu as énormément d'expérience sexuelle, ça ne fait aucun doute... »

Il baissa promptement la tête, mais pas assez vite... Le plus vieux avait eu sa confirmation, il était totalement vierge.

« Oh, je vois... ne t'inquiète pas, je serais doux...et je t'apprendrais... »

« J'ai pas besoin d'apprendre, plus jamais je... »

« Tu es jeune, et qui sait ce que la vie te réserve... ? Puis tu pourrais t'étonner toi-même, tu sais... »

Il avait continué à le branler pendant tout ce temps, mais lentement, pour être sûr que, bien que cela soit extrêmement bon, il ne risquait pas de le faire jouir... Il voulait plus...

Rompant leur duel de regard, il plongea entre ses cuisses, cueillant son gland rose et doux entre ses lèvres, le taquinant du bout de la langue...

« Mais ça vas pas a... » Il lui plaqua l'index droit sur les lèvres, le faisant taire instantanément. Jetant un coup d'œil de derrière les mèches sombres qui lui barraient le visage, il vit son regard interrogateur devenir vide, fondre, et un sourire béat naitre sur ses lèvres... Il n'y avait pas de meilleur encouragement. Le pompant avec violence, il faisait aller sa main de bas en haut au même rythme, caressant son ventre de l'autre...

« Envy...Ah...Aaah... »

Son souffle se faisait court, sa poitrine se soulevant irrégulièrement, la blessure de son ventre, bien que s'étant presque tarie, continuait de laisser s'écouler un mince filet de sang qui venait se perdre dans les boucles blondes de sa toison pubienne, lui mouillant les doigts, finissant dans sa bouche, et il trouva cela divin...

Léchant la base, il pensa à occuper un peu mieux la main qui continuait d'explorer le haut de son corps quand Edward, tirant violemment sur ses cheveux, le guida maladroitement pour qu'il reprenne le sexe, qu'il venait de lâcher, en bouche.

« Continue ! »

« A tes ordres... » et il avala presque entièrement sa queue, manquant s'étouffer, mais n'en ayant cure, l'aspirant goulument, faisant tourner sa langue autour, découvrant et dressant mentalement la carte de chaque grain de peau, notant au passage l'emplacement de ses veines...Il glissa alors une main sous lui, le malaxant, et la laissant ensuite nonchalamment descendre jusqu'à l'anneau délicat qui palpitait juste en dessous, lui en agaça le bord, guettant sa réaction. Sa main lâcha presque immédiatement la prise qu'il s'était trouvée dans les longs cheveux noirs de son partenaire, cherchant à arracher les doigts de cette partie de son intimité, gémissant de plaisir et rouge de honte...

« Pas ça, Envy, tout, mais pas ça... »

« Edward, mon petit Edward... » Il avait dû se forcer à recracher sa queue... « Laisse-moi faire, tu n'imagines pas tout le plaisir que je peux encore te donner, laisse-moi continuer... »

La main de l'alchimiste griffa son poignet, essayant toujours de l'enlever de là.

« Arrête ! Ça suffit! L'échange est clos ! Tu as eu déjà bien assez ! »

Sa bouche s'ouvrit en grand : « Tu... tu ne pensais qu'à ça ? Tu ne l'as fait que pour ça ? Quel idiot je suis... Roulé par un ado en cinq minutes... Eh merde ! »

Il le repoussa violemment : « MERDE ! »

Se levant rageusement, il attrapa le peu de vêtements qu'il avait retiré, jurant de plus belle : « PUTAIN, MAIS MERDE ! »

Il était fou de rage. Il voulait le tuer... Ou, au moins, lui faire payer.

« Tu mériterais que je t'éventre et te laisse te vider de ton sang comme la saloperie que tu es ! »

Il sentit les larmes lui monter aux yeux, son cœur se serrer... Mais quel imbécile il avait fait, croire que s'il l'avait attiré au moment où il allait tout lui donner pour rien c'était qu'il le désirait réellement... alors que pour lui ça n'avait sûrement été qu'une putain de question d'honneur d'alchimiste à la con... Il donna un violent coup dans sa jambe de métal, se faisait mal par la même occasion...

Le gamin s'était rassis, les yeux baissés sur ses mains, n'ayant remonté que son boxer, il semblait mortifié.

« Je vais te saigner ! »

Il continuait de voir rouge, mais aucune de ses menaces n'était sincère... Il se mentait à lui-même, il était désormais pratiquement incapable de lui faire le moindre mal... S'en rendait-il compte ? Si oui, c'en était fini de lui et de sa superbe... Lui jetant un coup d'œil, à moitié caché sous sa tignasse, il lui semblait à nouveau si fragile, au bord de la destruction... Si beau, si jeune...

Un éclat de lumière scintilla, puis disparut. Il pleurait...en silence, secrètement, mais c'était bien des larmes qu'il avait vu luire sur ses joues rouges.

« J'te dégoute, C'est ça ? Dis-le, mais PUTAIN, DIS-LE ! »

Il ne connaissait pas la véritable forme de son frère, pas encore, sinon il aurait pu se venger de lui... ou le forcer, avec cette apparence...Juste pour... et puis il comprit... S'il pleurait, ce n'était pas à cause de ce qu'il venait de faire, mais plutôt parce qu'il se dégoutait d'avoir visiblement aimé ça, et qu'il se justifiait sous couvert de l'avoir fait pour son frère, pour lui rendre son corps... et le fait de devoir doublement se mentir le meurtrissait sûrement plus qu'Envy ne pouvait l'imaginer...Faisant un pas vers lui il chuchota :

« Oh, Edward, pardonne-moi, je... » un autre pas « ...comprends moi, si j'avais seulement pu espérer une seule seconde que tu voudrais de moi... » encore un « ...sans avoir quelque chose de valeur en retour, jamais je n'aurais... » plus que deux... »Edward-San, pardonne-moi, je suis tellement maladroit, je t'aiderais, je te le promets... » et le gosse, se jetant à ses pieds, se hissa difficilement sur les genoux, s'agrippant à sa taille, tirant sur la jupe-short que le grand portait, en faisant craquer l'élastique, le dénudant, découvrant son pénis, entre paresse et désir...

« Edward, tu n'as pas... » et le plaisir l'envahit, manquant le faire tituber... sa bouche, tellement chaude, tellement douce, sa langue dansant autour de son gland, une de ses mains sur son bassin, l'autre lui meurtrissant une fesse, la malaxant durement...

« Oh, Ed... mon si jeune et innocent petit Ed... »

Des larmes roulaient sur ses joues aussi désormais, ignorant s'il pleurait de joie ou de tristesse. Un peu des deux probablement. Il était quelque peu soulagé... Il voulait tellement l'aider... Quitte à risquer la colère de Père, le rejet des autres, il n'y avait plus que lui qui importait...Rester dans cette position semblait extrêmement douloureux, alors il le détacha délicatement de son corps, le tirant en arrière par les épaules. Le blond lui lança un regard plein de questions, ses yeux jaunes toujours humides.

« Ne t'inquiète pas. »

Il le souleva délicatement, ce qu'il était léger malgré ses deux méca-greffes ! et se rassit sur la vieille couverture, le déposant en travers de ses jambes croisées, comme le petit enfant qu'il était.

« Mais...je ne peux pas continuer comme ça ! » bredouilla-t-il.

« Chut, ça peut attendre encore un peu, ne t'en fais pas. »

Il lui caressa les cheveux, le visage, les épaules, suivant le contour de ses multiples cicatrices, évitant ses blessures qui semblait enfin avoir arrêté de saigner, déposant un baiser sur ses lèvres en prenant tout son temps pour enfin atteindre son short, passant simplement sa main en dessous, la glissant contre sa peau, sentant ses poils, tout poisseux de sang, attrapant la base de sa virilité, le sentant se tendre dans ses bras, gémir à nouveau...

« Quoi qu'il m'en coute, Edward, quoiqu'il puisse m'en couter, je t'aiderais. Toujours. Même si j'avais l'air de faire le contraire... Je ne te demande que deux choses, sois mien, et fais-moi confiance, s'il te plaît, mon a... » ce dernier mot mourut sur ses lèvres. Il n'osait pas le lui dire. Pas encore. Il ne comprendrait pas.

« Mais, je suis un alchimiste d'état ! Et un homme, par-dessus le marché ! Comment peux-tu penser cela ? »

« Le fait que tu ne sois pas une femme n'a aucune importance voyons... Pourquoi penses-tu que ton cher colonel passe autant de temps à sortir avec des femmes ? Jamais les mêmes de surcroit... »

« Ben… parce que c'est un coureur de jupons invétéré, tiens ! »

« Comme tu es naïf mon Chibi... N'y a-t-il pas quelqu'un dans sa vie qui soit toujours prêt à le soutenir ? »

« Le lieutenant Hawkeye ! Mais... mais c'est une femme ! »

« Ttttt, tu ne vois donc que ce qu'il veut leur faire voir à tous ? Réfléchi, Ed, tu es bien plus malin que ça ... »

« Hughes ! »

« Voilà... N'est-il pas toujours présent pour lui ? Toujours prêt à partager ses fardeaux ? »

« Si... Ahhhh..." il en profita pour recommencer à le branler plus fort...

« Tu vois mon tendre alchimiste, le monde est rempli d'hommes qui s'aiment en silence... »

« Mais...il... marié...aaaah... »

« Façade... Et notre animosité sera la nôtre, ne l'oublie pas. Je ne serais doux avec toi que quand nous serons seuls, comme maintenant... Même ton frère ne doit pas savoir... »

« Ahhhh... 'vy... »

Il le souleva avec ses genoux, amenant son sexe jusqu'à sa bouche pour pouvoir le prendre encore entre ses lèvres.

« Ahhhhhh... si...bon... »

Il le suçait à nouveau, encore et encore, et reprit le chemin de son intimité secrète, espérant qu'il le laisserait faire cette fois-ci... Edward se tordit, tentant, sans grande conviction, d'échapper à ce doigt qui le caressait, lui arrachant des cris de plaisir.

« Non! Ah ! Ah ! Envy ! »

N'en pouvant plus, il le fit basculer avec plus de brutalité que voulu à quatre pattes, lui arrachant le bout de tissu gênant, et lécha l'anneau de chair. Le gosse se tortilla vainement, cherchant à échapper à cette langue inquisitrice, mais refusant en même temps de s'éloigner de la main qui continuait lentement ce mouvement de va-et-vient qui lui plaisait tant...

Il lui enfonça alors délicatement un doigt qu'il lui avait au préalable fait sucer, et le sentit se contracter autour, gémissant de douleur.

« Il faut que tu te détendes mon jeune amant, tu vas avoir mal sinon… »

« Stop, c'est trop douloureux, je ne veux... AAH! »

Il venait de trouver son point sensible. Comme pour s'excuser, il lui embrassa le bas du dos, encore et encore, continuant à faire aller et venir sa main le long de sa queue...

« Détends-toi ! »

Il essaya tant bien que mal d'obéir... Et Envy savait parfaitement ce que ça devait lui faire... La première fois qu'on l'avait pris, cela avait été fait sans aucun amour, aucune tendresse. Ça avait été brutal, rude, cruel...

Et il ne voulait à aucun prix que son petit amant repense à cette nuit en ces termes.

Il était étonné qu'il n'ait toujours pas joui. Un peu déçu même...Le doute l'étreignit :

« Tu n'aimes pas ? C'est ça ? »

« C'est pas ça... Aaaah... »

« Pourquoi ne jouis-tu pas alors ? Ne te retiens pas ! »

« Je... ça me gêne... »

« Mais enfin, Ed, tu es offert complètement à ma vue depuis plus de cinq minutes, comment peux-tu encore être gêné ? »

« J'ai...j'ai...aaaah...la tête qui tourne... »

Mais bien sûr ! Tout ce sang perdu devait rendre sa peau extrêmement sensible, mais son corps devait sûrement se refuser à gaspiller la moindre énergie dans ce genre de choses futiles pour sa propre survie ! Il en fut soulagé...

Mais toujours aussi avide de voir son visage se transformer pendant l'orgasme... Il le retourna alors, le tirant à lui, son joli visage à hauteur du sien, et l'embrassa passionnellement, se frottant contre lui, cherchant à se débarrasser maladroitement des vêtements qui séparaient toujours sa peau de la sienne, puis appuyant doucement son poids sur lui, frissonnant au contact de ses tétons durs contre les siens...

« Mmmmh... » fut tout ce qu'ils arrivèrent à dire.

Le môme s'accrochait à nouveau à son homonculus de son bras de chair, s'arquant pour mieux se plaquer contre lui...chuchotant son nom au creux de son oreille droite...si bon...

Le plus âgé entreprit de reprendre son membre en bouche, le branlant violemment en même temps, renfonçant un doigt en lui, puis un deuxième malgré ses protestations. Il se laissait emporter. Il savait qu'il devait lui faire mal, mais tellement de bien aussi. Continuant à le besogner, il l'entendait gémir de plus en plus fort, sa respiration haletante entrecoupée de petits cris.

« Je vais jouir ! Ahhh! ENVY! »

Et son essence lui remplit la bouche, délicieuse, chaude, soyeuse...

Il se laissa lourdement retomber, sa blessure s'étant rouverte. Son coupable amant attrapa son t-shirt d'une main, finissant de le nettoyer, et l'appuya contre son ventre pour stopper l'hémorragie. Le petit redressa légèrement là tête, souriant.

« Ça ira, ne t'en fais pas, j'ai connu pire. Mais, heu, tu pourrais peut-être les retirer, maintenant, tu ne crois pas ? »

Il avait effectivement toujours deux doigts à l'intérieur de lui... Il secoua fermement la tête, comme un gamin.

« Choui bien moi ! » Difficile d'articuler la bouche encore pleine...

Ça le fit rire, de ce rire carillonnant dont Envy avait tant rêvé...Le libérant enfin, il rampa jusqu'à ses lèvres, les léchant, leur trouvant un goût de paradis... Puis l'attira au-dessus de lui pour qu'il puisse appuyer sa tête contre son torse. L'inverse l'aurait fait trop souffrir, abimé comme il l'était.

« Al doit être mort d'inquiétude. »

« Sûrement. Il t'aime tellement. Mais donne-moi encore un peu de temps, je t'en prie. Je vais bientôt devoir quitter la ville. Et je n'ai aucune idée de quand nous nous reverrons... »

« Bientôt, j'en suis sûr. Tu as l'air d'être un champion quand il s'agit de trouver du temps. Je te fais confiance pour venir encore me tourmenter. »

Lui qui avait toujours détesté les discussions d'après sexe était aux anges. Mais il avait aussi toujours envie de lui. Il ne s'était pas satisfait, tellement heureux de pouvoir lui donner du plaisir au lieu de juste en prendre comme habituellement. Il hésitait à le lui demander, mais eut peur qu'il le lui refuse, ou pire, qu'il finisse par dire à nouveau que sa partie de l'échange était terminée. Il comptait l'aider de toute façon, mais aurait préféré que ce soit un simple cadeau qu'il puisse lui faire, ne recevant que parce que Ed le voulait aussi, et non une corvée obligatoire... Il en était là de ses réflexions quand, se redressant et lui enjambant les cuisses, l'alchimiste s'assit sur ses hanches.

« Et toi, tu as aimé ? »

« Bien sûr ! »

« Pourquoi t'as pas jouis alors ? Je ne te plais pas assez ? »

« Mais si ! C'est que tu peux être bête ! »

« Je ne suis PAS bête ! » Quelle adorable moue il faisait, avec l'air buté d'un petit enfant. Il le fit rire. Lui ébouriffant les cheveux, il lui demanda :

« Mmmmh... Tu ne sens pas ? »

« Sentir quoi ? »

« On dirait que quelqu'un toque... » Son regard se porta vers la porte barrée.

« Mais non, pas là, ici... » Dit-il en glissant une main entre ses fesses.

« Ah, c'est ça la chose dure qui me dérange ? Il va falloir la calmer un peu ! »

Envy le réallongea, se recouchant sur son jeune corps, et léchant ses doigts, en reglissa un en lui.

« Ah ! Aah... vas-y... mais sois gentil... »

« Je suis toujours gentil avec toi...enfin j'essaye... »

« Essaye plus fort alors ! » Il en rit de plus belle. Ce gamin était vraiment adorable.

Lui mordillant les tétons et lui caressant le torse et la cuisse à laquelle était relié son auto-mail, il se fit un devoir de le détendre, puis glissa un deuxième doigt, faisant des mouvements circulaires.

Ed gémissait de plus en plus fort, piaillant des phrases incompréhensibles, le visage rouge, se mordant les lèvres presque jusqu'au sang.

Son amant fit finalement entrer un troisième doigt, travaillant l'étroit conduit de chair pour le préparer à le recevoir. Mouillant la main qui le masturbait pendant ce temps d'un coup de langue, il lubrifia son propre sexe, et, retirant ses doigts, força délicatement le passage. Le blond hurla quand même de douleur, des larmes aux yeux, un regard suppliant enfoncé dans le celui qui lui faisait du mal, le faisant se sentir coupable...

« Pardon, Ohhh...Edward... pardon...»

L'entrée céda enfin, et il eut l'impression de se faire aspirer à l'intérieur.

« Ahhh... ce que tu es serré... C'est délicieux... »

Mais son partenaire se contenta de crier de plus belle, ses yeux se voilant au fur et à mesure que la douleur se transformait en plaisir.

Envy bougeait lentement, voulant lui laisser le plus de temps possible pour s'habituer, ses hanches rencontrant les siennes, s'en séparant uniquement pour mieux les retrouver... Assez rapidement, Ed bougea pour lui répondre, et le plaisir n'en devint que plus insoutenable. Il sentait déjà l'orgasme monter, mais se refusait à jouir aussi vite, et sans lui.

Leurs langues s'entremêlaient, leurs doigts se nouaient, leurs voix s'unissaient pour ne plus en former qu'une. Il se sentait enfin complet. Un véritable paradis. Notre jardin d'Éden, ici, dans le sous-sol d'une horrible prison, dans un champ de ruines... J'ai trouvé le bonheur. J'ai trouvé mon âme sœur... pensa-t-il.

Le bassin de son homme enfant se mit à taper plus fort, telle une supplique muette. Il lui répondit donc avec ardeur, donnant de lourds coups de boutoir, accélérant de plus en plus. Gémissant de plus en plus fort. Sa respiration était saccadée, il chuchotait son nom, et des directives telles que « Plus vite. Encore. Plus fort ! » Et finis même par dire :

« Envy ! Continue, j'aime ça! »

Son cœur rata un battement. Ses reins aussi. Il ouvrit de grands yeux, ralentissant la cadence, mettant fin à leur baiser :

« Qu'as-tu dit ? »

Il rougit encore plus : « Que t'avais raison, j'aime ça... »

« Tu le penses ? »

"..." Il finit par acquiescer de la tête, rougissant à nouveau, mais avait l'air d'avoir du mal à se répéter.

« Dis-le encore alors ! » Même dans ses rêves les plus fous il n'avait osé imaginer qu'il le lui dirait, pas plus qu'il n'osait rêver de l'entendre lui avouer l'aimer, lui...Il reprit donc ses coups de reins, encore plus fort, encore plus vite...

« J'aime ça! Oh oui, Envy, encore ! » lui chuchota-t-il finalement au bout de quelques secondes.

« Moi aussi... Oh, si seulement tu savais..." mais le petit blond le fit taire avec ses lèvres, sa main pressant sa taille en rythme...

L'homonculus se redressa, soulevant ses jambes pour les mettre sur ses épaules et, attrapant son sexe dans une main, le branla violemment, regardant son visage se tordre de plaisir.

« Envy, pas... AH ! Pas... si...si...si fort ! Je vais jouir à nouveau ! »

« Jouis alors ! Ça vient pour moi aussi... Ah...ah... »

Un épais liquide blanc et chaud se déversa contre son ventre, puis dégouta sur celui du môme, se mêlant au sang qui avait recommencé à couler de sa blessure.

Au même instant, dans un dernier enfoncement, son sexe relâcha sa semence en lui, et il fut traversé par de multiples vagues de plaisir qui le laissèrent pantelant, pratiquement complètement affalé sur son amour.

Lorsqu'il leva enfin les yeux, le blondinet s'était évanoui. Évidemment, avec tout ce sang de perdu, toutes ses émotions et sensations nouvelles, c'était presque un miracle qu'il ait tenu aussi longtemps.

De toute façon il n'avait que trop trainé. Il ignorait combien de temps s'était écoulé, mais bien assez pour que Lust comprenne et que le frère de son petit alchimiste soit mort d'inquiétude. Il n'y avait plus qu'à espérer que le Boucher l'ait occupé assez longtemps. Il lui déposa un baiser sur le front et commença à le nettoyer, puis le rhabilla. Ce qu'il était beau, son doux amant.

Lorsqu'il eut enfin fini, il se mit à réfléchir par où sortir, et le ramener. S'il arrivait par l'extérieur depuis la prison ça aurait l'air foutrement suspect. Il n'avait donc d'autre choix que de réemprunter le tunnel souterrain puis de détruire un ou deux murs pour sortir du labo en ruine. Il le prit délicatement dans ses bras et lui susurra des mots doux sur tout le chemin. Quand vint le moment de détruire ces fichus murs, il dut le faire passer sur une de ses épaules, en dépit de ses blessures. Juste avant de franchir le dernier, il lui promit de venir le voir avant de quitter la ville, même s'il ne pouvait l'entendre.

Lorsqu'il atteignit enfin l'air libre, son frère et leurs deux larbins étaient toujours là, le bâtiment n'avait visiblement pas tout à fait fini de se disloquer. Il rendit donc son cher Edward à la garde de l'armure vide avec quelques conseils, et, profitant de l'effondrement bienvenu du mur qui se trouvait derrière lui, disparut dans la poussière qu'il avait soulevée, regrettant déjà la douce chaleur de son bien-aimé.

Fin du premier chapitre.

par LadySade.

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