TITRE: Je n'ai pas encore de titre précis pour cette fic, je dois en trouver un qui ne soit pas une parole de chanson.

RATING: M.

GENRE: Romance/Friendship. UA sans magie.

COUPLES: Principalement Hermione/Théodore, mais aussi Hermione/Drago, Pansy/Ron, Pansy/Drago et tant d'autres. Blaise est seulement mentionné, il apparaîtra surtout dans les scènes de Théodore (en tant que meilleur ami de ce dernier) et il prendra plus d'importance à la toute fin de la fic.

DISCLAIMER: Rien ne m'appartient, je ne fais que martyriser les personnages pour les besoins de l'histoire. Pour le reste, on remercie la merveilleuse JKR.

RESUME: L'adolescence, période bénie où il s'agissait de faire un maximum de conneries en un minimum de temps. Où on tombe amoureux. Où on refait le monde autour d'un café. Où on tombe, pour mieux se relever ensuite.

NOTE DE L'AUTEUSE: le voici, mon UA sans magie. J'ai eu envie de délirer sur un HP à la sauce Skins, vous savez, cette série anglaise relativement déjantée où on suit le quotidien d'ados confrontés à leurs propres problèmes, tout en formant une bande de joyeux lurons toujours prêts à faire des bêtises? Eh bien, c'est désormais chose faite. L'histoire ne se passe pas à Poudlard mais dans un petit lycée de Bristol, avec des élèves fêtards, tapageurs et adeptes de l'école buissonnière. Les persos ne devraient pas être très différents de ceux imaginés par JKR, j'ai juste décidé de caricaturer un peu certains traits de leur caractère, pour en faire une version moins aseptisée que dans les livres. Bref, ce n'est pas dans cette fic' que vous trouverez une Hermione délurée qui s'habille avec des vêtements hors de prix et qui se tape tout ce qui bouge. J'espère que mon UA vous plaira parce que je m'éclate à les écrire. Comme il y a beaucoup de personnages, chacun d'entre eux apparaîtra dans une petite scénette, oui, même ceux qui n'apparaissent de façon marginale dans les fics comme Lavande ou encore Parvati, qu'on ne voit que très peu. Sur ce, bonne lecture, et n'oubliez pas de me laisser une petite review en partant x)


[THEODORE]

Six heures trente cinq. Le réveil sonna, arrachant un grognement plaintif à Théodore Nott qui enfouit sa tête sous l'oreiller, désireux de grappiller quelques précieuses minutes de sommeil en plus. L'adolescent se roula en boule sous les couvertures et tenta de fermer les yeux, avant de sursauter brusquement. Sans doute venait-il de prendre pleinement conscience de la gravité de la situation. Gravité, il exagérait à peine. Disons qu'aujourd'hui était son premier jour dans son nouveau lycée, et il n'avait vraiment pas envie d'y aller. Trop de choses avaient changé. La faute à son père. Tout était de la faute de son père de toute manière. Après tout, Théodore n'avait rien demandé à personne, il ne faisait que subir tout ça.

Le jeune homme bâilla à s'en décrocher la mâchoire, tout en s'étirant comme un chat. Puis, tout en soupirant, il s'extirpa de ses couvertures avant d'enfiler un t-shirt. Il s'installa ensuite devant son ordinateur qu'il alluma. Patiemment, il attendit que la machine se mette en route tout en réprimant quelques bâillements supplémentaires. Il soupira à nouveau, avant de se masser la nuque, nerveusement. Les muscles de son dos et de ses épaules étaient noués comme jamais, la faute à l'anxiété. S'ils n'avaient pas déménagé, se surprenait-il à penser, sans doute n'en serait-il pas là à angoisser comme un malade en se demandant comment sa rentrée allait se passer. Enfin, Skype se lança et, les lèvres du garçon aux cheveux bruns s'étirèrent en l'ombre d'un sourire.

Razorblade123 is online.

Concentré, le garçon cherchait parmi sa liste de contacts et sourit encore plus large en voyant que Blaise-le-loveur était connecté. Un fou rire chatouilla les côtes de Théodore, comme à chaque fois qu'il voyait le pseudo de son meilleur ami. C'était tellement ridicule, et lorsqu'il s'avisait d'en faire la remarque, son meilleur ami ne se gênait pas pour lui dire que le sien aussi craignait un peu. Théodore haussait les épaules en se disant qu'il avait créé le sien quand ils étaient encore en troisième. La bonne excuse. Le regard ensommeillé, Théodore cliqua sur le pseudo de son meilleur ami et attendit patiemment que la fenêtre de discussion instantanée s'ouvre. Un instant plus tard, on n'entendait plus que le cliquetis régulier des touches du clavier à mesure qu'il tapait son message.

Razorblade123: Tu es là?

Blaise-le-loveur: Yep! Ça va, vieux?

Razorblade123: Ouep, et toi?

Blaise-le-loveur: Tranquille mimile! Alors, pas trop stressé pour ton premier jour?

Razorblade123: Ne m'en parle pas, j'ai les tripes en bouillie et envie d'aller me recoucher. J'ai une de ces flemmes, je ne raconte pas.

Blaise-le-loveur: haha. Ben moi, je vais me coucher, justement, je penserai à toi quand tu seras en train de plancher sur un exo de maths…quoique ça ne devrait pas te poser de problèmes puisque t'es un matheux en puissance.

Razorblade123: Connard! Qu'est-ce que t'as foutu pour te coucher à une heure pareille? Tu es au courant qu'aujourd'hui on est jeudi et que le jeudi, on est censés avoir cours?

Blaise-le-loveur: Oh, mais je ne suis pas en cours, ça fait un moment que je ne vais plus à l'école. Je suis parti aux States pour la semaine, je reviens en France dimanche soir. On doit bien avoir six heures de décalage.

Razorblade123: Exact. En tout cas, je te maudis, toi et ta famille sur les trois générations à venir! Ce n'est pas une vie de glander alors que d'autres se tuent à la tâche. Dis, tu ne ferais pas un crochet par l'Angleterre, pour voir?

Blaise-le-loveur: Moi, faire une virée chez les British? Rêve! La bouffe est dégueulasse, les filles sont des thons et ils font des chichis pour rien. Cocorico, je dis!

Razorblade123: C'est pas si terrible, tu sais. Bon, d'accord, vu ton niveau d'anglais tu t'y perdrais un peu, mais je t'assure que c'est viable.

Théodore esquissa un sourire teinté d'amertume en repensant à tous ces souvenirs qu'il avait eus avec Blaise. Son ami, en ce moment, lui manquait atrocement. Il fallait dire que les deux garçons étaient amis depuis très longtemps, et ne s'étaient jamais vraiment quittés. Ils étaient comme deux frères siamois, on ne les voyait jamais l'un sans l'autre. Depuis qu'ils étaient enfants, ils avaient l'habitude de tout faire ensemble: les devoirs -bien que le plus souvent, c'était Théodore qui faisait les devoirs de Blaise parce que ce dernier était trop cancre pour les faire de lui-même, les bêtises, ils avaient même fait de l'abri de jardin de Théodore leur QG, où il leur arrivait de se retrouver pour boire une bière, se fumer un joint et refaire le monde. Mais maintenant que Théodore était parti, il n'y avait plus rien de tout cela, déménager le QG avait été un véritable crève-cœur. Savoir que quelqu'un occupait désormais leur endroit avait le don de le foutre en l'air. Plus rien ne serait jamais pareil, il le savait.

-THEODORE! Beugla Richard, le père du garçon brun aux yeux sombres. Descends immédiatement, tu vas être en retard!

-Deux secondes, j'arrive! Répondit le principal intéressé en grognant légèrement.

Puis, il se tourna à nouveau vers son ordinateur, et tapa rapidement ces quelques mots qu'il envoya à Blaise, de l'autre côté de l'Atlantique.

Razorblade123: Bon, j'y vais, le padre est en train de gueuler. Je ne vais pas le contrarier, tu sais comment il est. Je me connecte ce soir si jamais, ça fait longtemps que je rêve de prendre ma revanche à Call of (1) ! Ce soir, heure européenne, cela s'entend.

Blaise-le-loveur: okay, ça roule ma poule! À ce soir!

Razorblade123: prépare-toi à te prendre la raclée du siècle! Bye!

Razorblade123 is offline.

Tout en soupirant et en récriminant, Théodore éteignit son ordinateur puis alla dans la salle de bains pour se doucher. Le garçon passa une dizaine de minutes sous l'eau brûlante sans parvenir à se réchauffer pour autant. Il coupa l'arrivée d'eau et enroula une serviette autour de sa taille, avant de se traîner jusqu'au lavabo, en mode radar. Le garçon s'inspecta méticuleusement. Lorsqu'il s'avéra qu'il n'y avait rien d'anormal, en tout cas, rien qui ne fût pire que d'habitude, il haussa simplement les épaules et commença à se brosser les dents. Il passa une main dans ses cheveux mouillés et grimaça à son reflet. Non, il ne faisait pas partie de ces garçons narcissiques qui s'adoraient trop pour leur propre bien. Bien au contraire.

En réalité, Théodore se détestait. Il n'aimait pas ses traits trop anguleux, son visage trop pâle, son nez trop long et ses lèvres trop fines, ni même ses cils trop longs. Il n'aimait pas non plus ses cheveux bruns ébouriffés, impossibles à coiffer, qui encadraient négligemment son visage. En fait, ce qu'il appréciait le plus chez lui était sans aucun doute ses yeux, qui étaient d'une couleur indéfinissable, oscillant entre le bleu et le noir, donnant une étrange nuance outremer. Théodore cracha le dentifrice et se rinça la bouche, et fit une nouvelle grimace à son reflet, qui la lui rendit.

Puis, il s'habilla d'un polo noir et d'un simple jean, et enfila ses vieilles Converse noires, tellement usées qu'elles semblaient sur le point de rendre l'âme. Il mit ensuite son blouson de motard, comme il aimait l'appeler. Il attrapa son sac en bandoulière, plein à craquer de livres et sortit en trombe de sa chambre, dévala les escaliers, sauta lestement la dernière marche et fila dans la cuisine, où l'attendaient ses parents. Richard ne lui accorda pas un regard lorsqu'il entra, probablement trop absorbé par le journal qu'il était en train de lire. Aussi, Théodore ne prit même pas la peine de le saluer et alla directement poser un bisou sur la joue de sa mère, Meredith, qui était dans son fauteuil roulant.

-Bonjour m'man! S'exclama joyeusement le garçon.

Meredith répondit à son fils unique et adoré par un sourire tendre et sincère, avant de lui ébouriffer doucement les cheveux. Théodore vadrouillait déjà dans la cuisine, à la recherche de ce qu'il allait bien pouvoir manger pour son petit-déjeuner.

-Je t'ai fait des scones aux raisins, l'informa Meredith. J'espère que tu aimes toujours les scones aux raisons.

-Oh, merci Maman, t'es super! S'écria le garçon en s'emparant d'un sac en papier, qu'il fourra dans son sac après l'avoir inspecté brièvement pour s'assurer de son contenu. Puis, en se tournant vers Richard: Dis, Papa, tu peux me déposer au lycée avant d'aller au tribunal ou pas?

-Te déposer au lycée reviendrait à me faire faire un détour inutile. Coupa Richard, sèchement. Je ne peux pas me permettre d'arriver en retard à l'audience, tu comprends? Mon client ne me le pardonnerait sans doute jamais.

Théodore soupira en levant les yeux au ciel, tandis que Meredith lui adressa un regard désolé. Le garçon savait que sa mère n'aurait pas hésité à le conduire à l'école, elle s'était toujours mise en quatre pour lui, malheureusement, ce n'était pas du tout le cas de Richard qui, en bon vieil avocat véreux qui se respectait prêtait davantage d'attention à ses clients qu'à son propre fils.

-Bon ben, c'est pas grave. Ajouta finalement Théodore, néanmoins déçu. Je prends la moto, dans ce cas.

-Fais attention à toi surtout! Le héla sa mère avant que le jeune homme ne disparaisse dans le garage.

Une fois arrivé à destination, Théodore s'empara du casque entreposé sur la machine à laver avant de le passer. Il ouvrit la porte -automatisée- du garage et poussa la moto à l'extérieur. Puis, il inséra la clé dans le contact et démarra. L'engin pétarada, ce qui fit sourire le garçon, qui tenait à sa moto comme à la prunelle de ses yeux. Étant plus âgé que la moyenne -il avait redoublé une classe suite à l'accident de sa mère, dont il ne s'était jamais vraiment remis- il avait pu passer son permis moto et il en avait reçu une pour son anniversaire. Ses parents avaient estimé que ce serait mieux pour lui que de devoir prendre le bus, même si Meredith, au départ, s'était plutôt montrée réticente. Cela dit, depuis le temps qu'il l'avait, Théodore n'avait jamais eu d'accident et de toute manière, il conduisait prudemment. Il savait que les motards étaient plus vulnérables que les automobilistes et que ce n'était sûrement pas le moment de faire le con. Alors, sans plus tarder, il se mit en route tout en pétaradant, alertant tout le quartier comme à chaque fois qu'il partait avec.


[HERMIONE]

Hermione,

Nous ne rentrons pas ce soir. Ton père est de garde cette nuit et je pars pendant trois jours assister à un colloque et à diverses conférences. Je compte sur toi pour ne pas oublier ton rendez-vous chez le médecin de ce soir.

Florence.

Hermione Granger soupira lourdement avant de chiffonner le post-it et de le jeter plus loin sur la table de la cuisine. Abattue, elle tira une chaise pour s'y laisser tomber. Elle n'arrivera jamais à s'habituer à la froideur de sa mère, au manque d'affection flagrant qu'elle pouvait avoir envers elle. Pas de ma chérie qui tienne, juste un simple Hermione, terriblement impersonnel. Un professeur aurait pu écrire ce mot que cela serait revenu au même. Dans cette note, il n'y avait rien qui puisse témoigner qu'il s'agissait d'un message d'une mère adressé à sa fille. Florence. Même la signature était limpide. Froide, distante. Cela faisait des années qu'Hermione ne l'appelait plus Maman. Juste Florence. Florence et Edward, rien d'autre. Pas Maman et Papa. Ces mots, elle les avait bannis de son vocabulaire.

La jeune femme passa une main frêle dans son abondante chevelure brune en se mordillant la lèvre inférieure, légèrement contrariée. Son rendez-vous chez le médecin, disait-elle? Florence pouvait aller se faire voir. Elle n'ira pas chez son foutu médecin. Surtout pas pour se faire entendre dire qu'elle avait encore perdu du poids. Tout ça, elle le savait, elle n'avait pas besoin qu'on lui répète. Elle n'avait pas envie qu'on enfonce davantage le couteau dans la plaie déjà béante. Hermione réprima un bâillement, puis elle s'empara nonchalamment de son téléphone portable. Elle avait reçu dans la nuit une bonne dizaine de messages. La plupart venaient de Pansy et de Drago, et les autres venaient d'Harry, de Ron, de Parvati et Lavande. Hermione sourit enfin lorsqu'elle répondit à tout le monde. En soi, elle était contente que ses amis pensent à la harceler de messages, cela prouvait qu'ils pensaient à elles. Un message cependant attira particulièrement son attention. Il venait de Lavande Brown, une de ses bonnes copines, spécialiste pour tout ce qui touchait aux potins.

Hey Mione! J'ai une nouvelle qui pourrait t'intéresser. Il paraît qu'il y a un nouveau qui arrive dans notre classe aujourd'hui. Je ne sais pas si c'est vrai, mais Parvati et moi essayons d'en savoir plus à ce sujet. RDV au lycée pour la suite de l'enquête. Bisous bisous.

Hermione secoua la tête d'un air attendri. Lavande et Parvati étaient comme ça, elles avaient besoin de se créer des petits suspenses pour pimenter leur vie trop tranquille. Mais Hermione se fichait bien qu'il y ait potentiellement un nouveau dans leur classe cette année. Il n'y avait que Lavande et Parvati pour s'extasier sur le premier garçon venu. De toute manière, comment pourrait-il l'intéresser une seule seconde puisqu'elle n'avait d'yeux que pour Drago Malefoy, son petit copain avec lequel elle était en couple depuis le collège? Tout serait tellement plus simple s'il n'allait pas voir ailleurs si souvent, mais qu'importe, elle l'aimait quand même, elle ne pouvait pas se résoudre à le laisser. Masochiste, vous dites? Non, juste amoureuse. Quoique. Amoureuse et masochiste devaient forcément aller de pair. On ne pouvait pas aimer sans souffrir et le pire, c'est qu'on aimait tous ça. Hermione soupira avant de lire le dernier message laissé par Drago.

Ma puce, je ne pourrai pas venir te chercher ce matin, désolé. On se voit au lycée. Je t'aime.

En lisant son je t'aime, les lèvres d'Hermione s'étirèrent en un grand sourire. Elle adorait quand il lui disait je t'aime, même si elle savait qu'il lui mentait. Elle adorait l'intonation de sa voix, l'éclat si particulier de son regard, cette façon qu'il avait de la toucher, de l'embrasser. Quand il lui disait je t'aime, ça lui faisait un petit quelque chose, un chatouillis du côté de son ventre. Elle se sentait amoureuse, elle se sentait bien.

Débordante de joie, Hermione se leva de sa chaise et se mit à virevolter dans la cuisine, enchaînant quelques pas de danse tout en fredonnant. Elle se mit à inspecter les placards, pour se préparer elle-même son petit déjeuner, puisque sa mère n'avait rien daigné lui laisser. La jeune fille s'empara finalement d'un paquet de céréales et d'un bol. Elle sortit la balance et ramena son butin sur la table, toujours en papillonnant malgré la gravité de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Ses mains fines ouvrirent le paquet et elle pencha la boîte en carton pour en déverser le contenu dans son bol. Elle grimaça en voyant que la quantité versée excédait largement ce qu'elle s'était autorisée à manger, et pourtant, cela ne représentait vraiment pas grand-chose. À l'aide d'une cuillère, elle retira la moitié de ce qu'elle avait versé dans le bol, puis, une fois satisfaite, engloutit l'équivalent d'une poignée de céréales et rangea le paquet dans le placard en ayant l'impression d'avoir trop mangé.

Bon, dans la mesure où Drago était dans l'incapacité de venir la chercher ce matin, elle n'avait plus qu'à prendre le bus. Allez, se disait-elle pour s'en convaincre, ce n'était pas si terrible. Encore en pyjama, Hermione se doucha et se prépara rapidement. Elle habilla son regard d'un trait de maquillage discret et sobre, pouvant presque paraître austère et d'un peu de mascara, pour donner un peu de profondeur à son regard ambré. Elle se mit un peu de fond de teint pour se donner meilleure mine, sans trop exagérer, et entreprit de coiffer sa crinière. Quelques instants plus tard, ses boucles brunes tombaient impeccablement sur ses épaules, et semblaient douces et soyeuses. Enfin satisfaite, la jeune fille se mit une touche de parfum fruité et sucré, s'habilla d'une jupe portefeuille noire et d'un chemisier blanc tout sage, et enfila une paire de ballerines argentées. Ainsi vêtue, la demoiselle se para d'un duffle-coat anthracite, elle jeta son sac sur son épaule et sortit de sa maison, prête à affronter cette nouvelle journée.

En chemin, l'adolescente consultait ses messages. Quand elle s'était préparée, elle en avait reçu d'autres. Machinalement, Hermione composa le numéro de Pansy, qu'elle connaissait par cœur. Elle attendit patiemment que sa meilleure amie décroche, ce que la Parkinson fit au bout de trois sonneries.

-Allô Pansy? Demanda Hermione, d'une voix incertaine. C'est moi. Hum, juste pour te dire que je vais être à la bourre ce matin…Panne d'oreiller. Je suis en route là, je vais voir si je ne trouve pas Ron et Harry en route. Tu me gardes une place au fond de la classe? Bisous.

Puis, la jeune fille raccrocha, non sans lever les yeux au ciel au passage. Pourquoi fallait-il, qu'aujourd'hui, tout le monde soit en retard? Elle savait que ses amis n'étaient pas des modèles de ponctualité, mais tout de même. Elle espérait seulement que le jour où elle était en retard, il y en aurait au moins un qui serait à l'heure pour avertir le professeur concerné…Florence et Edward, s'ils venaient à recevoir une notification de retard de leur progéniture, ne risquaient pas d'apprécier la plaisanterie. D'autant plus qu'Hermione était d'une ponctualité qui frisait le ridicule. Le téléphone d'Hermione sonna à nouveau. Cette fois, le message était de Lavande.

Hey Mione! Alors, on a des infos sur le nouveau. Il est bien dans notre classe et il s'appelle Théodore Nott. Franchement, on a déjà vu plus sexy comme nom, Théodore, ça fait vraiment papy. J'espère au moins qu'il sera mignon, parce qu'il est vrai qu'on manque de neuf dans le coin. Ça m'étonne que tu ne sois pas encore arrivée d'ailleurs, tu es sûre que ça va? Bisous. Lavande.

Hermione leva les yeux au ciel alors qu'elle lisait le message de son amie. Lavande Brown, lorsqu'il s'agissait des garçons, ne perdait jamais le nord. Elle avait une liste impressionnante de conquêtes, tout comme Pansy d'ailleurs. Parvati était sans doute plus modérée, même si elle avait à son actif plusieurs petits copains. Et elle? Eh bien, le bilan était vite fait. Elle n'avait eu qu'un petit-ami, et elle était toujours vierge. Elle n'arrivait pas à se donner à Drago, c'était psychologiquement impossible, elle faisait toujours un blocage lorsqu'ils étaient sur le point de passer à l'acte. Sans doute était-ce parce qu'elle savait qu'il la trompait, et qu'elle ne pouvait pas se résoudre à donner sa virginité à un garçon qui la trompait ouvertement. Hermione était très vieux-jeu, sa conception de l'amour était extrêmement romanesque, digne d'un roman à l'eau de rose. Elle s'attirait souvent les sarcasmes de ses amies, mais elle n'en avait cure, Hermione était comme ça, elle n'était qu'une rêveuse romantique qui attendait le prince charmant, auquel elle croyait dur comme fer.

Quelque chose lui disait en son for intérieur que ce n'était pas Drago son prince charmant, mais elle faisait taire cette petite voix, elle aimait ce garçon depuis le collège, comment pourrait-il en être autrement? Hermione soupira lourdement, puis elle envoya sa réponse à son ami. Une réponse qui tenait simplement à :

Mais tu ne t'arrêtes donc jamais? Sacrée toi. On se retrouve au lycée, je te raconterai. Bisous.

Hermione secoua la tête et laissa échapper un soupir amer. Elle enviait parfois Lavande, qui pouvait faire tomber les garçons d'un seul claquement de doigts. Il fallait dire que son amie était belle, blonde et sportive. Son regard bleu lagon en faisait fondre plus d'un et elle n'avait pas sa langue dans sa poche. Hermione, elle, se trouvait d'une banalité à pleurer. Brune, aux yeux marrons, petite et à la silhouette filiforme. Qu'y pouvait-elle si ses amies étaient tellement plus canon qu'elle? Hermione n'était pas le genre de fille qui attirait les regards, elle était simplement Hermione, la pathétique Hermione qui s'accrochait à son premier petit copain comme un naufragé à un rafiot de fortune. Il en était ainsi et elle ne pouvait rien y faire.


[RON & HARRY]

Cela faisait à peu près dix bonnes minutes que Ronald Weasley se trémoussait au rythme de la chanson débile qu'il était en train d'écouter. Le rouquin avait sur les oreilles un casque énorme qui pouvait être aisément confondu avec une paire de cache-oreilles. Harry Potter, son meilleur ami, était en train de marcher à côté de lui, mains dans les poches, tout en secouant la tête d'un air navré. Pourtant, il était habitué aux bêtises de son ami, mais les faits étaient là, à chaque fois qu'ils allaient quelque part, il se couvrait de ridicule, et Harry avait honte pour lui. Enfin, se disait-il pour se rassurer, il fallait juste attendre que Ron grandisse un peu. Cela faisait des années qu'ils attendaient tous qu'un tel miracle se produise, mais aucun ne perdait espoir: tous étaient persuadés que Ron n'était pas complètement irrécupérable.

-Bon, quand tu auras fini de chanter, le houspilla le garçon brun aux yeux verts, on pourra peut-être enfin songer à aller en cours.

-Come on! s'écria le rouquin, en tirant une grimace. Dis pas que t'es pressé d'aller retrouver Rogue, je ne te croirais pas.

-Ne me crois pas si tu veux, rétorqua Harry avec sagesse, mais tu ne crois pas qu'on a un peu abusé sur les absences et les retards ces temps-ci? L'oncle Vernon et la tante Pétunia m'ont mis au parfum, si je ramenais un énième bulletin catastrophique, ils allaient m'expédier à St Brutus…

-Le centre pour jeunes délinquants à Londres, je sais. Compléta Ron en levant les yeux au ciel. Allez mec, à quoi ça sert un meilleur ami si on ne peut même plus s'amuser, hein?

-Grouille toi au lieu de jacasser! Coupa Harry avec humeur, tout en pressant le pas. On a cours dans moins d'un quart d'heure!

-Qu'est-ce que tu peux être rabat-joie. Grogna Ron en accélérant lui aussi l'allure. Oh, regarde! Il y a Hermione là bas. HERMIONE! Tu vois vieux, il n'y a pas mort d'homme.

-Cet abruti de Malefoy n'était pas censé la conduire au lycée aujourd'hui? S'enquit Harry en levant un sourcil.

-HERMIONE! S'époumona le rouquin tout en faisant des signes de sémaphore. HERMIONE!

-Tu vas nous faire repérer! Grinça Harry alors que tous les passants se retournaient sur leur passage.

Heureusement, cela fut de courte durée. Hermione Granger avait entendu les appels désespérés de son ami. Elle traversa la route qui les séparait dès le premier passage clouté, et une fois qu'elle fut près d'eux, elle les serra dans ses bras.

-Bonjour vous deux! S'écria Hermione d'une voix qui se voulait enjouée. Bien dormi?

-Super! Répondit Ron en étouffant un bâillement.

-Lendemain de fête difficile. Ricana Harry qui ne perdait jamais une occasion de se moquer de son meilleur ami.

-Encore? S'indigna la sage Hermione en fronçant les sourcils. Vous ne faites que ça depuis une semaine. Il ne se passe pas une semaine sans que vous n'arriviez en cours avec la gueule de bois.

-Et toi, tu ne t'amuses pas assez, Mione. Soupira Harry en adressant un regard tendre à son amie. Sérieusement, ça fait combien de temps que tu n'es pas allée à une soirée, ou qu'on ne s'est pas retrouvés tous ensemble dans un bar ou n'importe où ailleurs? Quand tu sors, c'est pour tes rendez-vous romantiques avec la Fouine.

-Ne l'appelles pas comme ça. Siffla Hermione, légèrement menaçante. Et pour ta gouverne, je suis sortie samedi dernier avec les filles qui ont dû déployer des trésors de persuasion pour me faire venir en boîte alors que je déteste ça! Sur-ce, on ferait mieux de se remettre en route, Rogue ne nous attendra pas!

La fragile et timide Hermione soupira lourdement avant de fouiller dans son sac à mains et en sortit cigarette et briquet, sous le regard interloqué de ses deux amis. La jeune femme alluma sa cigarette et tira une longue bouffée salvatrice. Elle jeta un regard peu amène aux garçons, qui la dévisageaient toujours. Oui, ça lui arrivait de fumer de temps en temps, quand elle était trop stressée et qu'elle avait besoin de se détendre. Et il était vrai qu'en ce moment elle fumait plus souvent. Elle était plus tiraillée ces jours-ci, plus tourmentée. Il fallait dire que son couple ne fonctionnait pas bien, elle savait qu'il la trompait, mais elle ne pouvait pas s'en défaire, elle l'aimait trop et ça la tuait à petit feu. Harry et Ron ne comprenaient pas pourquoi elle s'obstinait à croire en cet amour qui n'existait déjà plus. Il fallait dire que Drago était le petit ami d'Hermione depuis le collège, et ils ne s'étaient plus jamais quittés. Harry et Ron soupirèrent de concert, avant de prendre chacun leur amie par les épaules.

Hermione sourit tout en tirant une taffe sur sa cigarette, et attrapa doucement la taille d'Harry. Les trois adolescents marchèrent ainsi collés serrés jusqu'au lycée. Ron avait cessé de se dandiner sur sa musique stupide, Harry avait cessé de râler, et elle…Eh bien, elle avait cessé de déprimer. Et ça, c'était beaucoup venant de sa part. Elle s'était même autorisée l'ombre d'un sourire, alors que sa cigarette se consumait lentement mais sûrement. Cela ne l'emportera pas au paradis, elle en était certaine, mais au fond elle s'en moquait. Elle pouvait bien être n'importe où, pourvu qu'elle ait avec elle ses meilleurs amis.


[DRAGO & PANSY]

-C'était qui? Avait demandé Drago lorsque Pansy raccrocha.

La brune soupira lourdement, avant de se frotter nerveusement la nuque. Elle allait dire quelque chose, mais au dernier moment, elle se ravisa. À la place, elle se mordilla la lèvre inférieure, ce qu'elle faisait toujours lorsqu'elle était embarrassée. Pansy sursauta lorsqu'elle entendit le cric caractéristique du briquet. Un instant plus tard, un vague relent de tabac flottait dans l'air: Drago venait d'allumer sa première cigarette de la journée, assouvissant un besoin urgent de nicotine. La brune détourna instantanément le regard, pour ne pas ressentir la culpabilité qui lui tordait les entrailles.

La jeune fille allongea le bras, puis, en prenant soin de ne pas effleurer le corps du grand blond allongé à côté d'elle, elle attrapa le paquet de cigarettes pour s'en allumer une à son tour. Mais même la nicotine salvatrice ne parvenait pas à apaiser l'anxiété qui la rongeait à petit feu, le poids de l'adultère pesant sur ses épaules. Elle risqua un regard vers la silhouette du jeune Malefoy et laissa échapper un soupir à fendre l'âme. Ça n'aurait pas dû se passer, se répétait-elle sans cesse. Ça n'aurait pas dû, et pourtant, ça s'est fait. Cela faisait des semaines que Pansy ne pouvait plus se regarder en face, qu'elle se dégoûtait. Pourtant, elle recommençait, encore et encore, parce qu'elle était incapable de résister aux avances de Drago. Drago qui n'était pas pour elle, qui ne serait jamais pour elle, Drago qui était le petit-ami de sa meilleure amie.

Pansy enroula une mèche de cheveux noirs autour de son index, et tira une taffe sur sa cigarette. D'ici à ce qu'elle hérite du titre de plus grosse salope du lycée, il n'y avait pas loin. Surtout avec des fouineuses comme Lavande et Parvati dans le coin, qui avaient des dossiers sur à peu près tout le monde. La Parkinson ramena ses genoux sur sa poitrine, toujours aussi tourmentée. Drago avait-il seulement eu des scrupules, avant de la baiser comme il a pu baiser toutes les autres? Non, bien sûr que non. Drago Malefoy n'avait jamais de scrupules, Drago voulait, il faisait, sans se préoccuper des éventuelles conséquences que ses actes pourraient avoir. S'il s'était soucié un minimum d'Hermione, il ne se comporterait pas ainsi.

Une larme roula sur la joue de Pansy, larme qu'elle chassa d'une main rageuse. Elle n'avait pas le droit de pleurer, après tout, c'était elle la fautive, c'était elle qui avait passé la nuit dans les bras de Drago. Elle en avait honte, terriblement honte, d'autant plus qu'elle n'était que le second choix, celle qui venait après. Elle avait honte, et Drago n'était même pas capable de le comprendre, ni même de l'envisager. Un trou est un trou, n'est-ce pas? Peu importait dans le fond qu'il appartienne à la meilleure amie de sa petite-amie officielle. Ses mains tremblèrent légèrement lorsqu'elle tira une énième bouffée sur sa cigarette. Elle frissonna lorsque Drago fit courir un index le long de sa colonne vertébrale, et elle serra les dents. Elle devait résister, ne pas se laisser aller à tout ce désir qui la consumait de l'intérieur. Pour elle, pour Hermione. Elle devait enfin se montrer digne du titre de meilleure amie, titre qu'elle avait allègrement bafoué depuis quelques temps déjà.

Drago s'était redressé pour écraser sa propre cigarette dans le cendrier plein. Précautionneusement, il le déplaça sur la table de nuit, avant de poser ses lèvres sur l'épaule dénudée de la brune. Il s'amusa du frisson qui la parcourait et de l'adorable chair de poule qui naissait sur sa peau. Drago passa ses bras autour de sa taille et se montra plus offensif. Pansy ferma les yeux lorsqu'elle sentit les lèvres du blond dans son cou, et malgré elle, elle bascula sa tête sur le côté, pour lui permettre un meilleur accès. Elle envoya valser sa propre cigarette et ne comprit pas comment elle s'était retrouvée allongée sur les couvertures, prisonnière d'un Drago Malefoy qui la regardait comme s'il s'était agi d'une friandise. Le garçon avait apparemment encore faim, si l'on en croyait la bosse caractéristique de son caleçon. Et baiser avant d'aller en cours ne semblait pas le déranger outre-mesure.

-On va être en retard. Souffla Pansy, faiblement, alors que Drago embrassait sa peau diaphane, ses doigts tirant légèrement sur l'élastique de sa petite culotte.

-Je m'en fiche. Murmura le garçon, contre son cœur, ce qui fit sensiblement augmenter les battements du palpitant de la brune. J'avais prévu de faire une grasse-matinée aujourd'hui, pourquoi s'en priver?

-Parce que nous avons deux heures de physique avec Rogue et qu'Hermione vient de m'appeler pour me prévenir qu'elle risquait d'être en retard. Et Parvati et Lavande n'arrêtent pas de me parler du fameux nouveau qu'il y a dans notre classe et qu'elles n'ont pas encore vu.

-Raison de plus pour rester au lit. Insista Drago alors qu'il défaisait l'attache de son soutien-gorge. On redeviendra responsables dès demain, c'est promis.

Pansy ferma les yeux alors que les lèvres de Drago s'aventuraient sur son ventre plat. Redevenir responsables dès demain. Et ma culpabilité, alors, pensait-elle? Elle n'avait pas le droit, elle n'avait pas le droit. Pourtant, quelque chose la poussait irrépressiblement vers Drago. Sans doute était-ce l'interdit qui les excitait tous les deux. Pansy remonta doucement sa jambe contre la hanche de son amant, prête à s'abandonner aux affres d'un plaisir qu'elle avait rarement connu avec ses autres conquêtes. Après quelques allées et venues silencieuses, elle se laissa sombrer, alors qu'une larme s'échappait de ses grands yeux verts pour s'abîmer dans son cou. Évidemment, Drago ne s'aperçut de rien, et c'était tant mieux. Elle ne voulait pas laisser penser qu'elle était faible, elle n'était pas faible. Elle était forte, mais incapable d'assumer les conséquences de ses actes pour le moment. C'était ironique quand on y pensait, et un brin paradoxal.

Elle trembla lorsque Drago soupira son prénom, avant de se laisser choir contre sa poitrine. Pansy sanglotait tout doucement alors qu'elle caressait les cheveux du blond, se sentant encore une fois salie et indigne de son amie. Elle trembla encore lorsque Drago se retira, pour venir embrasser ses lèvres. Lorsqu'il s'aperçut que la brune ne répondait pas à ses baisers, il consentit enfin à la regarder, et vit ses joues baignées de larmes.

-Tu pleures? S'enquit-il, en fronçant les sourcils.

Pansy trouva le courage de le repousser et de s'extraire du lit. Le cœur en miettes, elle s'affairait à chercher ses vêtements. Elle n'avait pas l'intention de passer la matinée au lit avec lui, elle n'en avait même plus envie tant elle était écrasée par le poids de la culpabilité.

-Pansy! Protesta Drago en l'attrapant par le poignet, tentative dérisoire de la garder auprès de lui.

Pansy se dégagea sèchement et enfila ses sous-vêtements. Sa petite robe blanche s'en suivit, ainsi que ses bas et ses talons aiguille. Elle ne disait rien, elle en était incapable. Son cœur enflait dans sa poitrine, à un point tel qu'elle se demandait s'il n'allait pas bientôt l'étouffer. Mais qu'il l'étouffe, bordel, elle l'aurait bien mérité de toute façon. Elle n'était qu'une salope qui écartait les cuisses lorsqu'on le lui demandait gentiment. Surtout lorsque c'était Drago qui le lui demandait gentiment.

-Je…je suis désolée. Parvint-elle à articuler au prix d'un immense effort. Je…on doit arrêter ces conneries. Ce n'est pas bien.

-Si c'est à Hermione que tu penses, ce n'est pas un problème. Je peux rompre avec elle.

-Tu n'as pas le droit! Protesta Pansy, proche de l'hystérie. Elle est totalement amoureuse de toi, tu vas la briser si tu fais ça. Et moi, je ne veux pas que tu la brises, c'est ma meilleure amie, tu comprends?

Sur ce, elle prit son sac à main, vérifia qu'elle n'avait rien laissé dans la chambre de Drago et tituba légèrement lorsqu'elle se mit à marcher en direction de la porte. Elle allait poser sa main sur la poignée lorsque Drago tenta le tout pour le tout pour la retenir.

-Mais je t'aime!

Pansy avait envie de retourner dans son lit pour se lover tout contre lui. D'autant plus qu'il venait de lui dire je t'aime, et de la part de Malefoy, ce n'était pas rien. Pourtant, elle ne retourna pas en arrière, elle était déterminée à montrer qu'elle était capable de tenir ses résolutions, qu'elle n'était pas faible. Elle attendit d'avoir refermé la porte derrière elle pour laisser libre cours à son chagrin, tout en dévalant l'escalier en trombe pour sortir de cet immeuble luxueux qui, malgré sa taille plus que considérable, ne faisait que l'oppresser chaque jour un peu plus.


[LAVANDE & PARVATI]

.

Lavande Brown avait soupiré de soulagement en posant ses fesses sur la lunette des toilettes. Enfin, se disait la blonde, tandis qu'elle regardait la collection de graffitis qui placardaient la porte de la cabine où elle s'était enfermée. Ainsi, elle put voir un Greg + Fanny dans un cœur tremblotant, la main de celui ou celle qui l'avait dessiné avait sans doute tremblé sous le coup de l'émotion. La jeune Brown ne réalisait toujours pas que des générations d'élèves étaient passées par ici. Les toilettes, c'était un peu LE lieu du lycée, encore plus que la cafétéria ou la cour de récréation. Les filles allaient toujours se perdre ici par deux ou par trois tout en papotant. Lavande se rappelait de ces récréations passées à discuter avec Hermione, Parvati et Pansy, tout en se remaquillant et en échangeant les derniers potins. Et dire que tout ça à la fin de l'année allait se terminer pour de bon. Elle s'y refusait, elle aurait aimé être lycéenne pour toujours, elle avait peur du monde adulte, de ce qui l'attendait dehors. Et Parvati Patil, sa comparse, partageait les mêmes craintes qu'elle.

-Lavande, tu as bientôt fini? Me houspilla Parvati en tapant contre le battant de la porte.

-Deux secondes! S'écria la blonde en levant les yeux au ciel. J'arrive.

-D'accord, mais dépêche toi! La pressa l'indienne, que la blonde devinait en train de pianoter sur son portable.

-Je ne savais pas que tu attendais le cours de Rogue avec autant d'impatience. Grinça Lavande tout en déroulant quelques feuilles de papier toilette.

-Ce n'est pas de Rogue dont il s'agit. Coupa Parvati, surexcitée. Mais les potins, eux, n'attendent pas.

Lavande Brown releva la tête, s'arrêtant dans ce qu'elle était en train de faire. Parvati venait de prononcer les mots magiques, et à présent, la blonde voulait savoir. La terminale arqua un sourcil, avant de s'essuyer tout en grommelant suffisamment fort pour que son amie l'entende:

-J'espère qu'il ne s'agit pas d'une ruse pour me faire sortir plus vite!

-Mais non! Soupira Parvati, qui semblait soucieuse.

Quelques instants plus tard, Lavande avait remonté son jean taille-basse et elle fit sauter le verrou de la porte. Comme elle s'y attendait, Parvati était toujours en train de pianoter sur son téléphone, et l'indienne semblait fébrile. Lavande se dirigea vers les lavabos, puis fit couler un filet d'eau froide. Elle se savonna les mains puis se les rinça. Elle se contempla dans le miroir un moment, pour vérifier si ses cheveux et son maquillage étaient toujours impeccables. Puis, machinalement, elle se mit du baume à lèvres pour éliminer les petites peaux qui commençaient à se craqueler. Dans le miroir, elle croisa le regard de Parvati. La terminale invita son amie à prendre la parole. Après tout, c'était de bonne guerre, Miss Patil l'avait pressée pour qu'elle sorte, autant que ce soit pour quelque chose. Quelque chose de valable, cela s'entend.

-J'ai la certitude que Drago trompe Hermione avec Pansy. Lâcha la fouineuse dans un souffle.

La blonde se redressa, et se tourna lentement vers son acolyte, en arquant un sourcil intrigué. Cela intriguait la jeune fille d'autant plus que l'indienne se trompait rarement. L'une et l'autre étaient infaillibles question ragots, et si Parvati disait que Drago trompait Hermione avec Pansy, cela sentait vraiment mauvais. Cela signifiait concrètement que l'apocalypse menaçait au sein de leur petit groupe, et ça, la blonde ne pouvait le tolérer. Voilà pourquoi Lavande ne voulait pas y croire. Drago, tromper Hermione avec Pansy? Impossible.

Pendant longtemps, aux yeux de la terminale, Drago et Hermione formaient le petit couple parfait. Pas une dispute, pas de mélodrames, pas de mensonges. Ils étaient glamour et amoureux, parfaits à deux et rien ni personne ne pouvaient y changer quoi que ce soit. Puis, Drago a commencé à tromper Hermione. Une fois. Deux fois. Ses parties de jambes en l'air avaient vite fait le tour du lycée. Hermione l'avait su, et cela l'avait beaucoup peinée. Euphémisme. Elle avait été effondrée en l'apprenant. Mais elle avait accepté. Elle avait accepté, et ils continuaient, envers et contre tout. Une telle attitude dégoûtait Lavande, et elle ne savait plus quoi faire pour qu'Hermione échappe aux griffes de ce salaud.

-Et comment tu le sais? Demanda simplement Lavande, dont le cœur s'était contracté douloureusement.

-La petite Ginny Weasley les a vus à la fête d'Harper. Grinça Parvati, le regard mauvais. Si tu veux vraiment tout savoir, ils étaient en train de se rouler des pelles, et que Drago soit en couple n'avait pas l'air de les déranger outre mesure.

-Pansy ne ferait jamais ça à Hermione…commença la blonde, la bouche sèche. je veux dire…Hermione est sa meilleure amie, elles se connaissent depuis tellement longtemps. Ça doit forcément être une erreur. Je sais que Drago est un salaud…Mais il n'irait pas jusqu'à tromper Hermione avec sa meilleure amie.

-Pourquoi faut-il que tu te voiles la face? Soupira Parvati en textotant distraitement. De toute évidence, le couple d'Hermione et Drago n'est plus ce qu'il était, quand vas-tu enfin l'admettre?

-Tu sais quoi? Coupa Lavande, d'un ton un peu trop abrupt. On devrait enquêter au lieu d'avancer quoi que ce soit. Hermione nous en voudrait à mort si on s'avise de se mêler de son couple.

-J'ai une preuve! S'écria Parvati, apparemment pas décidée à abandonner l'affaire. Drago était censé rejoindre Hermione chez elle pour la conduire ensuite au lycée. D'après les messages que m'a envoyés Hermione, Drago n'est apparemment pas venu, et devine quoi. Pansy n'est pas encore arrivée, et personne ne l'a vue aujourd'hui, pas plus que Drago. Il suffit de dire qu'on les cherche pour que les langues se délient.

-Attends, qu'est-ce que tu es allée prétexter? S'indigna Lavande, poings sur les hanches. Puis, elle imita Parvati en prenant une voix haut perchée: Bonjour, je cherche désespérément Drago/Pansy/Les deux -rayez la mention inutile- vous ne sauriez pas où ils sont? Drago était censé m'aider à faire mon DM de maths, et je dois le rendre dans deux heures…Oh mais suis-je bête, il est de notoriété publique que Drago Malefoy est un branleur, qu'il préfère courir les jupons plutôt que de bosser sur ses cours, alors je me demandais si vous n'auriez pas vu Pansy? Parce que si on la trouve elle, on aura peut-être plus de chances de le trouver lui?

-Tu n'y es pas du tout. Répliqua l'indienne en croisant les bras sur sa poitrine, vexée que son amie la singe de la sorte.

Soudain, la porte des toilettes s'ouvrit, faisant se retourner les deux filles. Pansy se tenait dans l'entrebâillement de la porte, les yeux rougis et les cheveux défaits. La brune adressa un signe de la main timide à ses amies, avant de se diriger vers les lavabos. Elle posa son sac sur le bord, en sortit sa trousse de maquillage et commença à se redonner figure humaine -ce qui n'était pas du luxe, puisque son fard avait coulé. Avait-elle pleuré?

-Dis-donc Pansy, l'interpella Parvati, avec un sourire mielleux, tu n'as pas l'air d'aller bien, tu veux en parler?

-Non, merci. Renifla la Parkinson en se remettant du mascara. Au fait les filles, Hermione m'a appelée pour dire qu'elle risque d'être en retard. Hermione, en retard, rendez-vous compte, il va neiger! Enfin, elle m'a dit de faire passer le message, au cas où une d'entre nous arriverait à l'heure au cours de Rogue…

-C'est moi, grogna Lavande avec humeur, ou bien tout le monde semble étrangement préoccupé par l'idée d'être en retard aujourd'hui? Je ne voudrais pas dire, mais personne n'en a rien à branler d'habitude, d'arriver en retard en cours.

-Oh, ça doit être l'arrivée du nouveau qui les émoustille autant. Éluda Pansy en haussant les épaules. D'ailleurs, en parlant de lui, vous avez réussi à avoir des infos?

-Aucune. Soupira la blonde, agacée par le comportement surfait de Pansy. On sait juste qu'il s'appelle Théodore Nott, et qu'il est français.

-Facebook. Dit simplement la Parkinson, en se tournant vers ses deux amies.

-Quoi Facebook? S'enquit Parvati, perplexe.

-Mais oui! S'impatienta Pansy en prenant le téléphone de Parvati qui émit un grognement de protestation. Tu as internet là-dessus?

-Ouais. Grogna l'indienne. Surtout ne te gêne pas, c'est libre-service.

-Tant mieux! Persifla la brune avant de pianoter vigoureusement sur l'écran tactile.

Lavande jeta un regard peu amène à celle qui s'arrogeait le titre de meilleure amie d'Hermione. Pansy n'avait pas l'air bien du tout, elle était un peu pâle, ses cheveux défaits -elle n'avait pas encore eu le temps de les peigner, ses vêtements avaient été enfilés à la va-vite et son bas noir était déchiré au genoux. Mais la brune ne semblait pas vraiment s'en préoccuper, bien trop captivée par sa recherche.

-Son nom? Demanda Pansy, le regard brillant de malice.

-Théodore Nott. Lâcha Lavande à contre-cœur.

-T'écris ça comment?

-Théodore, comme ça se prononce. Et Nott, N-O-T-T. Tu trouves quelque chose?

-ça y est! S'enthousiasma Parkinson. Venez-voir.

Les filles se rassemblèrent alors autour de la jeune fille, allongeant le cou pour tenter d'apercevoir quelque chose sur l'écran minuscule de Parvati. Elles avaient sous les yeux la page Facebook du jeune homme, avides d'en savoir plus. Elles étudièrent un moment la photo de profil, qui représentait le fameux Théodore assis au sol, appuyé contre un mur, vêtu d'un simple jean troué aux genoux et d'un maillot vert d'une obscure équipe de football.

-il n'est pas mal! Gloussa Parvati, en jetant un regard quémandeur à ses comparses, impatiente de connaître leurs avis.

-Pas mon genre. Coupa Pansy en levant les yeux au ciel. Cela dit, il est mignon. Il a quelque chose de…mystérieux.

-Ouais, commenta Lavande, avec enthousiasme. C'Est-ce qui m'a frappée dans son regard, il a l'air d'avoir du vécu.

Puis, elle montra la cigarette que le garçon tenait entre ses doigts.

-Au moins, on sait qu'il fume. On a d'autres infos?

-Ouais. Confirma Pansy en baissant le curseur. Il est né un 18 décembre 1993, il a dix-huit ans passés, il est célibataire. Ses grandes passions sont le dessin, les jeux vidéo, le basket, le foot, le judo, la musique, la moto, Nietzsche et Marx sont les personnes qui l'inspirent, et son groupe de musique préféré sont les Red Hot Chili Peppers. Il bosse apparemment en tant que serveur dans un pub dans le centre-ville.

-Nietzsche et Marx. Commenta Parvati en grimaçant. Drago serait là, il serait déjà en train de pousser des hauts cris en disant que c'est un foutu communiste.

-Il n'y a rien de précisé quant à ses opinions politiques. Reprit Pansy, n'ayant apparemment pas relevé le fait que Parvati avait clairement mentionné Drago. On verra bien de toute façon, selon les lieux et les personnes qu'il fréquente. Enfin, s'il travaille, je ne donne pas cher payé du reste.

-Il travaille? hoqueta Parvati, horrifiée par une telle perspective. Mais…Enfin…il ne doit pas être pas bien riche alors. Laisse tomber, ça veut dire que ce type est un looser.

-Tu as sans doute raison. Soupira Pansy avant de refermer les pages Internet et de rendre son téléphone à Parvati. Bon, les filles, on y va? Sinon, on va se faire arracher la tête.

-Tu as oublié de te coiffer. Souligna Lavande, en arquant un sourcil.

-Ce n'est pas grave, j'aurai tout le loisir de le faire après. Rétorqua Pansy, avant de se diriger vers la sortie des toilettes d'un pas de conquérant.

Lavande et Parvati se regardèrent en soupirant, puis elles s'engouffrèrent à la suite de Pansy, prêtes à affronter leur pire cauchemar: deux heures de physique avec Rogue.


[THEODORE & HERMIONE]

Théodore arriva devant le lycée à huit heures moins cinq. Il venait à peine d'arriver que déjà, il se faisait remarquer. Tous les regards convergeaient vers ce jeune motard que personne n'avait jamais vu dans les parages. Le jeune garçon posa la béquille à terre et descendit de la moto. Il mit l'antivol et fourra ses clés dans la poche de son blouson. Le jeune homme enleva son casque et partit avec sous le bras. Tous les élèves encore présents dans la cour le dévisageaient, et cela gênait le français qui n'aimait pas être le centre de l'attention. Il consulta sa montre et réalisa qu'il lui restait environ cinq minutes pour fumer une cigarette avant d'aller en classe, ce qui était largement suffisant. Aussitôt dit, aussitôt fait, il coinça une cigarette entre ses lèvres trop fines et l'alluma. Il dut s'y reprendre à plusieurs fois avant de parvenir à allumer complètement sa cigarette. Le jeune homme soupira de bonheur en sentant la nicotine faire le trajet de sa bouche à ses poumons. Il recracha un nuage de fumée blanchâtre et presque aussitôt, il s'empressa de tirer une nouvelle taffe sur sa clope.

D'une seule main, il extirpa l'emploi du temps qu'il avait soigneusement plié de son blouson. Emploi du temps qui à présent était tout chiffonné. Cela n'empêcha pas le jeune homme de le déplier pour le consulter. Il commençait par deux heures de sciences physiques avec le professeur Rogue, en salle 23. D'accord. Soit. La physique-chimie ne le dérangeait absolument pas, cela faisait même partie de ses cours préférés. Il fallait dire qu'il adorait les sciences, mais aussi la philosophie, parce que cette dernière ouvrait l'esprit à des réflexions plus profondes. Il allait poursuivre la lecture de son emploi du temps, quand son attention fut détournée. C'est là qu'il vit Hermione Granger pour la première fois.

La jeune fille était accompagnée d'un grand dadais roux et d'un brun à lunettes. Elle riait aux éclats, alors que le brun lui posait un baiser sur la joue. Elle était radieuse, elle dégageait quelque chose que Théodore ne parvenait pas à identifier. Quoiqu'il en fût, il ne parvenait pas à détacher son regard d'elle, il semblait littéralement captivé par ce rire qui résonnait au fond de lui comme mille clochettes, mais aussi par ce sourire qui le laissait légèrement rêveur. Théodore la trouvait vraiment jolie. Elle avait de longs cheveux bruns frisés qui lui tombaient sur les épaules, un adorable visage en cœur et des traits harmonieux, qui s'agençaient parfaitement avec le reste. Il détaillait sa bouche rosée, son petit nez rond et sa taille de guêpe. Elle était peut-être un peu maigre, mais elle avait ce qu'il fallait là où il fallait, en plus d'être dotée d'une élégance toute naturelle.

Théodore ne parvenait pas à détacher son regard de cette apparition, qu'il pourrait presque qualifier de divine. Son cœur, qu'il pensait éteint se mit à battre dans sa poitrine, et à accélérer lorsqu'il réalisa qu'elle s'approchait. Nerveusement, il porta la cigarette à ses lèvres pour en tirer une nouvelle taffe salvatrice. Il devait s'occuper l'esprit. Il n'avait pas le droit de la regarder comme il le faisait, c'était mal, c'était inapproprié. Surtout, s'il continuait à la fixer ainsi, il courait droit à la catastrophe. Il regarda ailleurs alors que la jolie brune continuait d'approcher, escortée par ses deux amis. Elle fit les quelques pas qui les séparait encore, et Théodore commit l'erreur de la regarder à nouveau.

Leurs regards se croisèrent pour la première fois. Théodore put ainsi remarquer qu'elle avait de beaux yeux ambrés, des yeux à travers lesquels transparaissait toute son innocence, toute sa candeur. La jeune fille le dévisageait, et fronça légèrement les sourcils. Théodore, instantanément, s'alarma. Avait-il quelque chose sur le visage, hormis cette cicatrice qu'il avait à la joue qui était susceptible d'attirer son attention? La jeune fille se mordilla la lèvre inférieure et émit un léger rire gêné. Elle passa une main anxieuse dans ses cheveux et rosit légèrement. Le garçon, en retour, piqua un fard. Les yeux de la demoiselle brillaient étrangement. Elle pouffa à nouveau, et son cœur à lui bondit de façon dérangeante. Il se gratta la nuque, embarrassé, sans se préoccuper une seule seconde que sa cigarette continuait à se consumer. Le garçon roux surgit à côté de la jeune fille aux cheveux frisés pour la houspiller:

-Hermione, tu viens?

Puis, le rouquin sembla comprendre ce qu'il était en train de se passer. Il ouvrit grand la bouche, avant de se ressaisir et de jeter un regard en coin à son ami à lunettes, qui arborait la même expression toute aussi effarée. Théodore, lui, n'en fut que plus troublé. Le prénom de la jeune fille résonnait dans sa tête comme une douce mélodie. Her-mi-one. Il en savourait chaque sonorité, il se le répétait en boucle, comme pour le mémoriser, et trouva sa réaction stupide. Merde, merde, merde! Il était en train de s'enticher d'une fille dont il connaissait juste le prénom, et c'était mauvais. Si Blaise avait été là, il se serait moqué de lui, c'était certain.

-Hermione! S'impatienta le rouquin en la tirant par le bras, on va être en retard!

En retard? Théodore cligna des yeux. Il devait être huit heures passées, non? Il n'en savait rien. Il ne savait plus, à dire vrai, il avait perdu toute notion du temps et de l'espace. Il n'avait toujours pas détaché son regard du doux visage de la belle Hermione, qui le fixait à son tour. Elle se mordilla à nouveau la lèvre inférieure, légèrement troublée.

-Quel est ton nom? Demanda-t-elle dans un souffle.

Elle avait une voix très légère, douce et harmonieuse, comme une caresse. Théodore allait ouvrir la bouche pour répondre, mais il se ravisa au dernier moment, en ayant l'impression que, quoiqu'il puisse lui dire, il aurait de toute façon l'air stupide. D'ailleurs, il en avait presque oublié comment il s'appelait. Et merde! pensa-t-il, légèrement rageur. Il se pinça les lèvres, avant de murmurer tout doucement, avec un fort accent français:

-Théodore. Théodore Nott.

Hermione s'autorisa à sourire. Son regard s'était éclairé lorsqu'il s'était présenté. C'était lui. Théodore Nott, le nouveau dont les filles parlaient depuis ce matin. Elle avait croisé son regard et elle s'était immédiatement sentie apaisée, comme si le simple fait de s'être plongée dans ses yeux si bleus avait eu le don de la guérir de tous ses maux. C'était lui. Lui qui avait réveillé ce drôle de sentiment en son for intérieur, un sentiment qu'elle n'avait plus ressenti depuis longtemps. Elle était littéralement captivée par son visage anguleux, son regard doux et chaleureux, son sourire craquant. Elle essuya ses mains moites sur son manteau, et se mordilla la lèvre inférieure à nouveau. Ce matin, elle se moquait éperdument du soi-disant nouveau qui allait être dans leur classe, à présent, elle était en train de changer d'avis. Elle se perdait dans ses prunelles céruléennes, son regard dessinait le contour de ses lèvres fines, et s'attarda sur la fine cicatrice qui lui barrait la joue, une cicatrice qu'elle avait envie de caresser du bout des doigts. La balafre n'enlevait rien à son charme, bien au contraire, il n'en paraissait que plus mystérieux, que plus attirant encore.

-Je suis ravie de te connaître, Théodore Nott. Bienvenue à Roundview(2) .

Elle lui tendit alors la main pour lui souhaiter la bienvenue. En tant que reine du lycée, elle se devait d'accueillir les nouvelles têtes, même si c'était quelque chose qui la gonflait. Elle n'avait jamais réclamé ce titre, elle aurait préféré rester dans l'ombre plutôt qu'être une pseudo-célébrité. Elle pouvait remercier Drago pour cela, pour lui, elle avait renoncé à son anonymat, à sa tranquillité. Théodore sourit franchement, avant de s'emparer de cette main tendue pour la serrer doucement. L'un comme l'autre frémirent au contact de leurs peaux, et se dévisagèrent à nouveau, comme s'ils étaient seuls au monde. Et seuls, ils l'étaient, il n'y avait plus qu'eux deux, leurs regards qui refusaient de se lâcher, cette main qu'il gardait tendrement serrée dans la sienne et que la jeune fille ne semblait pas vouloir retirer. La poignée de main dura longtemps, ce qui n'échappa à aucun des élèves qui avaient assisté à l'étrange scène. À regret, Théodore lâcha la main d'Hermione qui détourna les yeux, brisant leur échange de regards.

Le jeune homme regarda autour de lui. Ainsi, cet endroit s'appelle Roundview? C'était étrange, comme nom. Ça n'avait rien à voir avec les lycées Alfred de Musset qu'il connaissait dans son pays. Pour la première fois depuis qu'il était arrivé ici, à Bristol, le garçon brun aux yeux bleus s'autorisa un sourire.


Et voilà pour le premier chapitre. J'espère qu'il vous aura plus, en tout cas, moi, j'ai adoré l'écrire. Il faut dire que cette fic' est différentes par rapport à ce que je fais d'habitude dans la mesure où je n'ai plus trop l'habitude d'écrire à la troisième personne. Disons que j'ai opté pour un point de vue omniscient afin de pouvoir retranscrire au mieux les pensées et les émotions de chacun des personnages, ce qu'on ne peut pas vraiment faire en rédigeant à la première personne du singuler x) Cela dit, les prochains chapitres devraient être davantage dans l'esprit Skins, trash, décalés, parfois vulgaires, le rating n'est pas aussi élevé pour rien =) Je n'ai pas encore prévu de rythme de publication, j'écrirai cette fic selon mes envies, et selon l'avancement du fils prodigue, qui avance tout de même très bien. (entre 9 et 10 chapitres sont écrits à ce jour.) Alors, à bientôt pour la suite, et surtout, re-view-ez, ça me ferait extrêmement plaisir.

Notes explicatives:

(1) Call of: abréviation souvent utilisée par les geeks pour désigner le jeu vidéo Call of Duty.

(2) Roundview: Nom du lycée où se déroule la série Skins.