Il y en a peut-être qui me dirait : pourquoi tu commences une fanfiction alors que tu n'as pas fini ta première ? Ben à vrai dire, je n'ai jamais réussi à me concentrer sur un truc à la fois. De plus, j'ai toujours eu envie de faire une histoire unissant Code Geass et One Piece. Mais j'avais du mal à trouver une excuse qui tienne la route. En voyant que la princesse des sirènes était l'arme antique Poséidon, je me suis dis : et si le One piece n'était pas un objet, mais une personne ? Alors, voici l'histoire qui m'est venue.

Le caractère de C.C. sera un peu plus respecté que dans ma première fanfiction : elle sera sarcastique et impassible, comme à son habitude, avec des moments "d'émotions" quand même.

Les phrases en gras sont des flash-back, et celles en italique sont des pensées.

Et bien évidemment, les personnages ne sont pas à moi, mais à Clamp et à ce cher Oda, il y aurait peut être quelques OS qui seront de moi mais c'est pas encore sûr.

Un Monde Etrange

Chapitre I Le Réveil de la Sorcière

Elle avait froid, très froid. Depuis combien de temps était elle enfermée dans cette sphère de métal ? Bien que le gaz et le froid la maintienne dans un semi coma artificiel, elle avait conservé ses sens et la notion du temps, ce qui n'était pas vraiment une bonne chose. Elle en devenait folle et même claustrophobe. Elle en était réduite à compter en pensant à la meilleure chose qu'elle connaisse.

267 Billions 347 milliards 456 millions 836 mille 345 Pizzas…267 Billions 347 milliards 456 millions 836 mille 346 Pizzas…267 Billions 347 milliards 456 millions 836 mille 347 Pizzas…

Soudain, elle entendit du bruit. On tapait sur la sphère, de façon régulière, comme quelqu'un toquant à une porte avant d'entrer. C.C. parvint à ouvrir un œil mais ne vit que les ténèbres qui l'entouraient. Qui pouvait l'interrompre ? Ce désagrément lui avait fait perdre son compte.

Bon, je n'ai plus qu'à recommencer…1 pizza…2 pizzas…3 pizzas…

Soudain, elle entendit les rouages tourner, les verrous se lever, le suintement du gaz qui s'échappait. Lentement mais sûrement, la sphère s'ouvrit. Un rai de lumière apparut. C.C. sentit ses yeux brûler et les ferma aussitôt. Elle sentait l'air chaud arriver jusqu'à elle. Son sang put circuler à nouveau normalement dans ses veines. Cela la réveilla pour de bon et son cerveau se remit en marche. Des souvenirs affluèrent.

Lelouch était mort… Du moins, c'est ce qu'elle croyait, c'est ce que tout le monde croyait. Mais ce n'était pas le cas, car elle avait appris que, quelques heures après s'être fait tué par Zéro, il s'était réveillé… Cela avait permis aux dirigeants du monde de l'arrêter pour le traîner en justice. Zéro, ou plutôt Suzaku, avait dû à contre-cœur condamner Lelouch à l'enfermement à perpétuité et, pour empêcher toute tentative d'évasion, il fut décidé qu'il serait placé en congélation dans un cercueil de glace. En entendant ces nouvelles aux informations, son sang ne fit qu'un tour. Elle alla à la prison où il était enfermé et essaya de le libéré. Hélas, malgré sa force et son immortalité, elle fut capturée et enfermée à son tour. Sa cellule étant voisine de celle de Lelouch, elle pu lui parler une dernière fois.

- Désolée, je croyais que j'arriverai à te sortir de là, fit elle d'un ton neutre.

- Idiote, tu agis toujours de manière déraisonnable et sans aucun plan. Tu m'avais déjà fait le coup avec Mao, fit Lelouch d'un ton lourd de reproche.

- Si je ne l'avais pas fait, il aurait tout dit sur ton identité.

- Peut-être, mais avoue que tu es allée à sa rencontre sans le moindre plan, sinon je ne t'aurais pas retrouvée dans cet état. Si je n'étais pas venu te chercher, tu tiendrais dans une valise.

- Je sais… mais je ne pouvais pas te laisser enfermé. Je ne voulais pas être loin de toi. Je ne voulais plus être seule. Tu m'as promis de rester avec moi, tu te souviens ? demanda-t-elle d'une voix hésitante.

Lelouch soupira et laissant aller sa tête contre le mur de la prison.

- Oui… Je me souviens, mais j'aurais préféré que tu restes en liberté. Maintenant, te voilà condamnée, tout comme moi…

- Peu m'importe, même si on me condamnait à l'enfer, si c'est avec toi…

Sa voix mourut.

- Il n'y a pas de pizza en enfer, fit remarquer Lelouch.

- Je m'en doute, idiot.

Lelouch rit d'un son presque enfantin.

- C'est vrai. L'éternité sera plus doux à deux, fit-il d'une voix triste.

- Au fait, comment as tu survécu ?

- Sûrement à cause de ça, dit Lelouch en regardant la paume de sa main droite, le Code brillant en son centre. Mon père a réussi à me transmettre son Code juste avant de mourir, il a réussi à déjouer une partie mes plans par delà la mort. Comme s'il ne m'avait pas causé assez d'ennuis comme ça...

C.C. resta silencieuse. Malgré le fait que le plan soit quelque peu malmené, elle était heureuse de pouvoir rester avec lui, même si elle ne le disait pas.

Hélas, le droit de rester ensemble leur fut refusé. Lelouch allait être congelé dans les sous sols de la nouvelle capitale Britannienne, Pendragon, tandis que C.C serait enfermée dans les ruines de la Congrégation, située dans le désert Chinois.

- Non, s'il vous plaît, cria t-elle aux geôliers alors qu'ils emmenaient Lelouch pour son dernier voyage vers Pendragon, emmenez-moi avec lui !

Les gardiens se regardèrent, ne sachant pas quoi faire. Lelouch intervint.

- C.C. ! Calme toi.

Elle le regarda. Il était calme mais ses yeux reflétaient tristesse et douleur.

- Nous ne pourrons pas rester ensemble pour le moment, je suis désolé… Mais je te jure que nous nous reverrons, dans cent ans, mille ans, qu'importe le temps qui passera. Un jour ou l'autre, nous serons de nouveau ensemble. S'il te plaît, patiente jusqu'à ce jour.

C.C. se calma mais tremblait toujours. La solitude la terrifiait au plus au point, elle en avait déjà fait l'expérience durant presque 600 ans. La connaître de nouveau l'effrayait encore plus.

- Tu me le jures ? demanda t-elle insistante.

- Oui, je jure sur ma vie que l'on se reverra. Nous avons l'éternité devant nous pour y parvenir.

Sur ces mots, il fut emmené. C.C. s'effondra au sol en pleurant.

Hé voilà, je suis de nouveau seule…

Quelques jours plus tard, ils étaient venu la chercher à son tour. Elle ne résista pas. Ils l'entravèrent et la firent sortir. Avant d'être envoyée en Chine, Zéro vint la voir, seul à seule, et enleva son masque, dévoilant un jeune garçon aux yeux verts, les cheveux bruns et aux traits tirés.

-Désolé C.C., j'ai essayé d'obtenir ta grâce mais les juges se sont montrés intraitables. Ils n'ont même pas voulu vous laissez ensemble, car cela aurait été «trop doux pour les monstres qu'ils sont !» selon leurs propres mots.

- Je ne peux leur donner tort. Je suis une sorcière et lui un démon, alors je suppose que l'on peut nous appeler ainsi, remarqua C.C., indifférente.

Suzaku gigotait, ne se sentant pas à son aise. Il n'avait jamais été proche de C.C... En fait, à part Lelouch, il savait que personne n'était vraiment proche d'elle.

- Dis moi, demanda t-elle, est-ce que Lelouch t'a raconté pour Euphémia ?

Suzaku la regarda, puis détourna son regard.

- Il m'a juste dit qu'il lui avait ordonné de tuer les japonais parce qu'elle menaçait ses plans.

- Il n'a pas dit entièrement la vérité.

Suzaku la regarda à nouveau, les yeux écarquillés.

- Pardon ?

- Il lui a effectivement donné cet ordre mais il ne l'a pas fait volontairement.

- Comment ça ?

- C'est…un peu compliqué. Disons simplement que le contrôle de son Geass lui a échappé à ce moment là et que c'est arrivé au pire moment. Pourquoi cet ordre en particulier, je l'ignore, il ne me l'a pas dit. Mais sache qu'il en a énormément souffert et qu'il a décidé d'utiliser sa mort pour qu'elle ne sois pas vaine. Ça lui est resté sur le cœur, jusqu'à la fin. Comme nous ne nous reverrons plus, je me suis dit que tu méritais de le savoir car il a toujours menti à ce sujet.

Suzaku avait le souffle coupé, il ne savait pas quoi dire. Puis soudain une question lui brûlait les lèvres.

- Mais alors, pourquoi ne lui a t-il pas dit d'oublier son ordre, il en avait le pouvoir, non ? demanda Suzaku dont la voix commencée avait monté d'un cran sous l'émotion.

- Ce n'est pas si simple. Si Lelouch avait le pouvoir de le faire, il l'aurait fait. Hélas, son Geass lui donne le pouvoir de l'obéissance absolue, et comme son nom l'indique, rien ni personne ne peut le contester. Il est donc incapable d'annuler un ordre qu'il a donné. C'est la raison pour laquelle il l'utilise avec parcimonie.

Tout se bousculait dans sa tête, il comprenait maintenant l'expression de douleur et de tristesse peinte dans les yeux de son ami lorsqu'il l'avait interrogé sur ce sujet au temple Kururugi. Lelouch avait dû souffrir autant que lui s'il avait tué Euphie contre son gré. Suzaku comprit que même si ce pouvoir pouvait sembler terrifiant, il avait certaines faiblesses, et ces dernières sont en partie responsable de la mort de sa princesse. Avec cette révélation, il sentait de vieilles blessures se rouvrir et des larmes se mirent à couler sur ses joues.

Soudain on toqua à la porte. Heureux de cet événement qui lui permettait d'oublier un instant ce qu'il venait d'apprendre, il remit son masque avant d'ouvrir la porte.

- Excusez nous mais c'est l'heure, fit l'un des soldats.

- Très bien, vous pouvez l'emmener.

- Adieu, Zéro, dit C.C. sans se retourner.

Il la regarda partir et s'envoler dans l'appareil.

Adieu, j'espère que tu prendras soin de Lelouch quand tu le reverras.

Quelques heures plus tard, ils arrivèrent aux ruines de la Congrégation. Sans plus de cérémonie, ils verrouillèrent sa camisole et la placèrent dans la sphère.

Elle sentait son cœur battre la chamade. Elle avait vécu ça des dizaines de fois. Les premières par l'inquisition, qui l'enfermait dans des boites de métal dont l'intérieur était orné de centaines de pique, puis par les nazis, qui l'utilisait comme cobaye pour expérimenter leurs gaz et autres armes, et enfin lorsqu'elle servait de sujet pour les scientifique britanniens. Lentement, la sphère se fermait. D'ordinaire, mourir ne lui faisait rien et jamais elle n'avait vu sa vie défiler devant ces yeux. Mais à cette instant, elle revit tout, sa vie d'esclave, sa rencontre avec la sœur qui lui offrit le Geass, sa vie en tant que femme convoiter par tous les hommes. L'un des pires moments de sa vie était certainement la trahison de la sœur, qui ne l'avait prise avec elle que pour se libérer de son Code. Mais elle même n'avait-elle pas fait la même chose avec d'innombrables personnes, dont Mao et Lelouch ? Non, ce qu'elle voulait par dessus tout, c'était être aimée, mais par un véritable amour, pas une admiration sans borne provoqué par un pouvoir dépassant l'entendement humain. Elle pensait l'avoir trouvé auprès de Mao, mais ce n'était pas ce qu'elle recherchait, ce dernier la considérait comme ça mère. Non, le seul à lui avoir vraiment donné l'impression d'être aimé, c'était Lelouch. Elle en était convaincue lorsqu'elle se rappelait la façon dont il a pris soin d'elle lorsqu'elle avait perdu la mémoire, et surtout de ce qu'il avait dit dans le Monde du C, juste avant qu'elle ne scelle son Code. Se souvenir lui réchauffa le cœur. Si elle devait perdre tous ces souvenirs, ce serait celui là qu'elle choisirait de conserver, peu importe le temps qui passerait. Revenant à la réalité, elle vit que la lumière devenait de plus en plus faible, il restait à peine un rai de de lumière.

Blam ! Schling ! Clac !

L'obscurité totale. N'ayant même plus la force de pleurer, elle s'allongea et essaya de replonger dans ses souvenirs afin d'oublier l'endroit où elle était, et surtout le fait qu'elle était seule… à nouveau. Elle se laissa glisser lentement dans le sommeil, tout en pensant à Lelouch.

Je jure sur ma vie que l'on se reverra. Nous avons l'éternité devant nous pour y parvenir, lui avait-il promis. À cette pensée, elle réussi à se détendre et à s'assoupir.

Nous verrons bien si tu arriveras à tenir ta parole, démon, pensa t-elle avec un faible sourire avant de sombrer dans un sommeil millénaire.

-Ça alors, je ne m'attendais pas à trouver une femme la-dedans, fit une voix.

Revenant à la réalité, elle ouvrit lentement un œil et vit une silhouette. D'abord sombre, elle retrouva la vue de seconde en seconde. Lorsqu'elle fut suffisamment rétablie, elle vit que c'était un homme de grande taille, portant un costume bizarre, et ayant de grandes bacchantes. D'ailleurs, elle réussit à voir qu'un emblème, une tête de mort avec les mêmes moustaches, ornait son grand chapeau.

- Qui…êtes…vous ? parvint à articuler C.C. en regardant l'homme dans les yeux.

- Je suis Gol D Roger, mais tout le monde m'appelle Gold Roger, va savoir pourquoi. Je suis un pirate venu chercher un trésor légendaire du nom de One Piece. Il devait se trouver dans ce coffre bizarre, fit il en indiquant la sphère, mais je n'ai trouvé que toi. Es-tu le One Piece ?

Mais de quoi parle t-il ? se demanda C.C., agacée par cet homme qui s'était penché pour la regarder de plus près.

- J…J'ignore de quoi vous parlez. Mais pourriez-vous me dire en quelle année sommes nous ?

- En quelle année ? Ben… en l'an 778 je crois. Pourquoi ?

L'an 778 ? Mais de quoi parle-t-il ?

-Je ne…comprend pas, quelle année ?

- En 778.

- 778 ans après quoi ?

- Le siècle oublié, bien sûr.

- Qu'est ce que le siècle oublié ?

- Tu ne le sais pas ? Mais depuis combien de temps es-tu enfermée là-dedans ?

- Beaucoup trop longtemps, dit elle en sortant de la sphère.

Mais ses pieds et ses mains étaient encore attachés, et elle s'effondra.

- Attention, tu vas te faire mal, fit Roger en la relevant, avant de détacher ses liens. Quels étranges vêtements.

Une fois les mains et les pieds libres, C.C. pu se mettre debout.

- Merci.

- De rien. Si tu me disais ton nom, belle demoiselle ?

- Je m'appelle C.C.

- Chitsu ? Quel drôle de nom.

- Pas Chitsu ! C.C. ! D'abord C puis encore C : C.C. !

- C'est pas un nom ça, mais des initiales. Allez, va pour Chitsu, fit Roger en rigolant.

Oh et puis zut ! Qu'il m'appelle comme ça s'il veut. Il m'a libérée, je lui dois bien ça.

- Alors dis-moi, es-tu le One piece ? redemanda Roger.

Cependant, il n'obtint pas de réponse : C.C. s'était évanouie.

Lorsque C.C. se réveilla, elle constata qu'elle était dans un lit, sur un bateau apparemment, car elle pouvait sentir les roulis et les bruits des vagues, et entendre le cri des mouettes.

Ce n'était donc pas un rêve.

Elle se leva difficilement. Un gros barbu surgit alors près d'elle.

- Non, mademoiselle, restez couchée ! Vous êtes encore faible. Ça ne fait que quelques heures que vous êtes dans ce lit.

Il la rallongea. C.C. résista mais ce type avait une force colossale.

- J'ai dit couchée ! fit il avec autorité. Je suis le médecin de bord et je sais ce qui est bon pour vous.

C.C. resta indifférente face à son air énervé et regarda autour d'elle.

- Où suis-je ?

- Nous sommes à bord de L'Oro Jackson, le vaisseau de Roger. Il vous a ramené des ruines que l'on a découvertes, répondit le barbu. Au fait, je m'appelle Crocus, et vous mademoiselle ?

- Je m'appelle C.C. mais vous pouvez m'appeler Chitsu, comme le fait votre capitaine.

- C'est jolie comme nom, fit Crocus en s'asseyant sur la chaise à côté du lit. Si vous me permettez cette question : que faisiez vous dans ces ruines ?

- Je dormais.

- Comment ça ? Je ne comprends pas.

- Votre capitaine ne vous a pas raconté ?

- Non, il vous a amené ici et m'a juste demandé de vous remettre sur pieds. Mais je suis curieux, comme tout scientifique.

- Hé bien, Allez lui demander, en ce qui me concerne, je suis trop fatiguée pour répondre à vos questions, dit elle en lui tournant le dos et en remontant la couverture.

Crocus soupira, haussa des épaules et sortit de l'infirmerie. Une fois dehors, C.C. sauta sur ses pieds.

S'il croit que je vais rester là sagement à ne rien faire... J'ai tout un bateau à explorer, pensa t-elle avec un petit sourire en coin.

Shanks était en train de nettoyer le pont avec un Baggy râleur. Le ciel était dégagé et il faisait un beau soleil, mais le vent soufflait très fort. Le bateau avançait à vive allure, au moins dans les 15 nœuds. Shanks interrompit un instant son travail pour respirer un grand coup et admirer le ciel, écoutant le bruit des vagues et des mouettes. Soudain, il aperçut une inconnue sur le gaillard avant. Elle commençait à grimper à l'échelle de corde afin d'aller au nid de pie, le poste de la vigie.

-Hé ! Ne montez pas mademoiselle, c'est dangereux ! Il y a beaucoup de vent !

- Une demoiselle ? Où ça ? Elle est jolie ? fit Baggy, tout excité en regardant dans toutes les directions avant d'apercevoir une fille bizarrement vêtue.

C.C. regarda en bas pour voir qui l'avait appelée et vit 2 mômes faire des signes dans sa direction. Elle haussa des épaules et continua son ascension.

Lorsqu'elle arriva un nid de pie, elle s'apprêta à sauter dedans, mais la vigie fut tellement surpris de voir quelqu'un arriver derrière elle qu'elle lui donna involontairement un coup. Déséquilibrée, elle commença à tomber lentement, la tête vers le pont. Elle vit avec amusement la mine décomposée des deux gamins.

CRAC.

Elle se réveilla de nouveau dans son lit, avec un Crocus rouge de colère et les deux enfants qui la regardaient.

- Elle se réveille. Tu avais dit qu'elle était morte, non ? demanda Shanks.

- Elle l'était, mais le fait qu'elle soit revenue à la vie est vraiment étrange, je suis certain que sa nuque était brisée.

- Comment elle a fait pour ressusciter ? demanda Baggy.

- Laisse tomber, gamin, ce serait trop long à t'expliquer, fit C.C. en le regardant avec un regard qui en disait long sur l'estime qu'elle devait porter à ce gamin au nez rouge.

- Quoi, tu me cherches ? fit le môme en s'excitant.

- Tu as un drôle de nez, tu es le bouffon de l'équipage ? demanda-t-elle d'un ton sarcastique.

- Je vais la tuer ! hurla Baggy, avant de se prendre le poing de Crocus sur la tête.

- On ne hurle pas dans une infirmerie !

- Et si tu nous disais qui tu es ? demanda Shanks en la regardant avec beaucoup d'intérêt.

C.C. le regarda longuement, le jugeant.

Il a l'air beaucoup plus intelligent que l'autre clown.

- Je m'appelle C.C., mais tu peux m'appeler Chitsu.

- C'est tout ?

- Je préfère garder la suite pour moi.

Sur ces mots, elle sauta sur ses pieds. Crocus commença à râler mais elle l'esquiva et sortit de l'infirmerie.

- Non reste là, tu va te tuer encore une fois !

- J'aimerais parler au capitaine, où est-il ? demanda C.C. à un homme sur le pont, ignorant complètement le médecin.

- Dans son bureau, c'est cette porte, dit le matelot en lui indiquant la porte en haut de la poupe.

C.C. y alla, avec un barbu et deux gamins braillards sur le dos, et entra, sans frapper. Roger était en trait de roupiller sur son bureau. C.C. prit la bouteille de vin à moitié vide qui était dans sa main et versa son contenu sur la tête du flemmard, qui se réveilla en sursaut.

- On nous attaque ?

- Oui, les ennemis nous bombardent à coup de barriques de rhum. Plusieurs ont explosé sur le pont, il va falloir écoper, déclara C.C. en prenant l'air le plus sérieux possible, pour voir s'il allait marcher ou non.

- Bon sang, faut pas que je rate ça ! cria-t-il en se précipitant vers la porte.

Il se jeta la tête la première vers le pont et s'écrasa lamentablement, goûtant ainsi à la saveur du plancher.

- AIIIIIE ! Qui a fait cette maudite blague ?

- Le grand méchant loup, fit C.C. d'un ton moqueur, il s'est enfui par là, dit elle en indiquant les cieux.

- Très drôle, je vois que tu ne manques pas d'humour, Chitsu. Tu t'es vite remise de ta chute ? fit Roger se relevant en s'essuyant la bouche.

- Normal, je suis solide. Ça mis à part, j'aimerais te demander où tu m'emmènes.

- Ben… avec nous, tu fais partie de l'équipage maintenant.

- Ah, et pour quoi faire ?

- Chercher et trouver des trésors, ce que font tous les pirates.

- Je dois dire que vous êtes bien différents des pirates que je connais, mais peu importe. Je n'ai pas le temps de chercher des trésors, je dois retrouver quelqu'un.

- Ah bon ? Qui ? Je croyais que tu étais restée enfermée durant longtemps.

- Celui que je recherche est enfermé quelque part, comme je l'étais.

- Et où ?

- A Pendragon.

Roger pencha la tête sur le côté avec étonnement.

- Où ?

- A Pendragon, la capitale de l'empire de Britannia, vous êtes idiot ou quoi ?

Roger regarda Crocus et un homme aux cheveux longs blond qui venaient tout juste d'arriver.

- Désolé, petite, mais il n'existe pas d'empire de Britannia, et je ne connais pas de ville portant le nom de Pendragon, répondit Roger.

- Quoi ? mais comment… ? Pouvez-vous me montrer une carte du monde ?

- Bien sûr.

Roger pénétra de nouveau dans son bureau, et sortit une énorme carte d'un rouleau en bois d'un tiroir. Il la déplia sur tout le meuble.

- Voilà, la carte du monde.

C'est à ce moment que C.C. comprit que soit elle avait dormit beaucoup plus que quelques millénaires, soit elle était sur une autre planète : la carte était complètement différente de celle qu'elle connaissait. Les grands continents tels que l'Europe, l'Asie, l'Amérique, l'Afrique avaient complètement disparus. Il ne restait qu'une fine bande de terre, séparant la planète en deux. Tout le reste n'était qu'océan, avec une constellation d'îles un peu partout.

Mon dieu, mais combien de temps ai-je dormis ? Où peux-tu bien être Lelouch ?

Après ce choc, C.C. s'assit sur l'une des chaises du bureau de Roger. Ce dernier s'assit à sa place après avoir rangé avec attention sa carte.

- Alors, si tu m'en disais un peu plus sur toi et celui que tu cherches ?

C.C. le regarda avec méfiance, bien qu'elle ait du mal. Si cet homme ne l'avait pas trouvée, elle serait toujours en train de croupir dans sa prison.

- Vous m'avez donné votre nom, je vous ai donné le mien. Si vous voulez me connaître davantage, dites m'en plus sur vous et je verrais ce que je peux vous dire à propos de moi.

Roger ne sembla pas s'en offusquer, vu le sourire qu'il lui offrir.

- Ce qui signifie que j'ai une chance de te connaître. Tant mieux.

Il s'appuya sur le dossier de sa chaise et croisa les bras, en regardant le plafond.

- Alors, par où commencer...

Il lui raconta toute sa vie, du commencement de sa carrière de pirate suite à sa rencontre avec Rayleigh, à son départ pour Grand Line après avoir appris qu'il était atteint d'une maladie incurable. Il lui décrivit longuement son épopée sur Grand Line et le Nouveau Monde, et termina en lui annonçant que c'était au moment où il espérait trouvé le One Piece qu'il l'avait trouvée.

- Mais quel est ce One Piece ? demanda C.C., intriguée.

- Hé bien, d'après les informations cachées sur Raftel, ce serait une arme capable d'abattre le mal absolu.

C.C. ne comprenait pas vraiment l'utilité d'une telle arme.

- Et ce mal absolu est… ?

- Il serait enfermé quelque part.

- Pourquoi des pirates cherchent-ils une arme contre un mal absolu qui n'est même pas en action ? rit C.C.

-Hé, on ignorait que c'était une arme ! On pensait plus à une montagne d'or et de diamants.

- Plutôt cliché, soupira C.C.

- Bon je t'ai dit ce que tu voulais savoir. Maintenant, parle moi de toi, marmonna Roger, un peu vexé.

C.C. souffla, puis prit une grande inspiration.

- Tout d'abord, je suis une immortelle.

Roger avait des yeux comme des soucoupes.

- Heu…Excuse moi mais je crois que j'ai mal entendu, tu peux répéter ? demanda t-il en se concentrant sur ce qu'elle allait dire.

- Je suis une immortelle.

Non, il avait parfaitement entendu.

- Une immortelle ? Ça veut dire que tu peux pas mourir ?

- Évidemment, fit C.C. en levant les yeux au ciel. Un mortel serait mort après la chute que j'ai fait tout à l'heure. Et pourtant je suis là. Bien sûr, je perds connaissance de manière plus ou moins prolongée en fonction de mes blessures mais je ne peux tout simplement pas mourir. Cela m'est physiquement impossible.

Roger paru abasourdit. Il avait vu beaucoup de choses depuis qu'il naviguait sur Grand Line, mais pas de ce genre. Une hypothèse lui vint.

- Tu aurais mangé un fruit du Démon c'est ça ?

- Un fruit du Démon ? demanda t-elle en fronçant les sourcils. Qu'est ce que c'est ?

- Tu ne sais pas ? Ce sont des fruits magiques que l'on trouve sur Grand Line. Ils offrent de grands pouvoirs à ceux qui les mangent, mais ces derniers sont maudits par l'océan et deviennent incapables de nager.

- Ce qui est un peu dangereux pour des marins, non ?

- En effet, mais c'est un prix à payer, et beaucoup prennent le risque, car les fruits du Démon sont extrêmement rares. Donc, pour revenir à nos moutons, tu n'as pas mangé de fruit de Démon, et pourtant tu es immortelle. Es-tu humaine ?

- Je l'étais…il y a fort longtemps. J'ai vécu plus d'années que tu n'as vécu d'heures dans ta vie.

Roger siffla d'admiration et la regarda d'un autre œil.

-Waow, ça doit être génial de ne pas pouvoir mourir.

- Pas vraiment, répondit C.C. avec un sourire triste.

- Pourquoi ?

- Parce que je vois tout ceux qui me sont chers mourir les un après les autres, sans que je ne puisse faire quoique se soit. La vie éternelle est une torture que je ne souhaite pas, même à mon pire ennemi.

Roger se tassa sur sa chaise et baissa les yeux sur ses mains, trouvant ses ongles tout à coup fascinants. C.C. s'en aperçut et continua :

- Ne t'en fait pas, ce n'est pas grave. Moi aussi, je pensais au début que l'immortalité était une bénédiction mais j'ai vite réalisé que je me trompais.

- Tu veux dire que tu n'es pas née ainsi ?

- Je te l'ai dit, je suis née humaine, puis je suis devenu immortelle. Je préfère me taire sur la manière dont je le suis devenue.

- Je comprends, fit Roger avec un ton conciliant. Et maintenant Chitsu, tu me racontes comment tu en es arrivée à te retrouver enfermée dans cette sphère ?

C.C. lui raconta tout, en passant sous silence le Geass et le Code. A la fin de son récit, Roger se leva pour boire un verre de cognac et en proposa un à C.C. qui accepta de bonne grâce, après son monologue de trois quart d'heure.

- Quelle histoire ! Dire que tu avais 600 ans à l'époque... Qui sait combien tu en as maintenant, dit Roger en se rasseyant sur sa chaise.

- Voilà tout l'histoire, et vous comprenez j'espère que je dois retrouver mon compagnon au plus vite.

C.C. s'aperçut qu'elle avait appelé Lelouch «son compagnon». Ça faisait bizarre. Si sa mémoire ne lui jouait pas des tours, aucun des deux ne s'étaient déclarés jusque là. Mais peu importait : de leur monde, ils ne restaient plus qu'eux. Quand elle y pensait, ils étaient ensemble depuis si longtemps. Depuis sa naissance, elle veillait sur lui. Même quand il avait été envoyé au Japon avec sa petite sœur, elle l'avait suivi. Bien qu'elle le perdit de vue lors de sa capture, lorsqu'elle le revit après qu'il l'ait libéré, elle avait comprit que leur destin était lié, et avait continué à le protéger, envers et contre tout. Mais elle devait avouer que le faire tourner en bourrique était drôle. A cette pensée, C.C. ne pu s'empêcher de glousser un peu. Elle se tus en remarquant que Roger l'observait avec curiosité.

- Désolée, je pensais à autre chose, dit C.C. en lui faisant un petit sourire.

- Quelque chose de drôle à ce que j'ai pu voir.

La jeune fille haussa des épaules et Roger comprit qu'il n'en tirait rien de plus.

- Merci de m'avoir raconté ton histoire, fit le capitaine avec un sourire.

- De rien.

Elle se leva.

- Sur ce, je crois que je vais retourner me coucher, toutes ces histoires m'ont épuisée.

- Attends, avant de partir, j'aimerais que te demander d'accepter de rester dans mon équipage, fit Roger en la rappelant alors qu'elle se dirigeait déjà vers la porte.

- Je te l'ai pourtant déjà dit, non ? Je dois retrouver Lelouch, nous nous sommes fait une promesse, et je ne badine pas avec ça, déclara C.C. en se retournant.

- Que feras tu toute seule ? Tu ne connais absolument pas ce monde, que ce soit par la géographie ou la politique. Reste avec nous. Tes chances de retrouver ton amoureux seront beaucoup plus élevées, proposa le pirate.

C.C. devait réfléchir quelque temps avant de donner sa réponse. En même temps, l'idée d'être seule ne lui plaisait pas vraiment, ce qui l'aida considérablement à se décider.

- C'est d'accord, je reste avec vous…pour le moment.

-Super ! Un nouveau membre : il faut fêter ça ! cria Roger en sautant comme un enfant.

Ne me dite pas qu'il voulait de moi dans son équipage juste pour avoir une raison de faire la fête, pensa C.C. un peu vexée, quoique amusée.

Roger s'en aperçut et la prit par l'épaule.

- Allons fait pas cette tête, tu vas voir : on va s'amuser.

Sur ces mots, il sortit à toute vitesse pour aller annoncer la nouvelle.

Bon, j'ai au moins fait une rencontre intéressante, pensa t-elle. Ne t'inquiète pas Lelouch, où que tu sois, on se retrouvera.