Bonjour à tous ! :D

Je vous présente le premier chapitre faisant office de prologue de ma toute première fic, commencée il y a de cela quelques années, et dont voici la version (légèrement)corrigée. Cette correction a eu pour but de supprimer les quelques passages ou dialogues absolument ridicules ayant pu s'y trouver, mais je n'ai pas eu le courage de tout reprendre. Ainsi les 10 premiers chapitres environs seront légèrement trébuchants, mais je vous promets que ça s'améliore par la suite ;) Pour ceux ayant déjà lu la première version, presque rien ne change dans ce chapitre, seulement quelques descriptions. Pour les autres, bonne découverte !

:)


Nous sommes en 1974, au Troisième Âge de la Terre du Milieu, quelques siècles avant le temps de la Communauté. Elewë, jeune Elfe de la Lothlórien, rêve d'aventure et de nouveaux horizons, et s'engage dans l'Armée Elfique chargée d'apporter de l'aide dans le Royaume du Nord, en Arnor.

La fille du maître d'armes

La Flamme ... le Vide. Ne penser à rien d'autre, juste voir la Flamme, viser, et tirer. Elewë s'immergea dans cette torpeur apaisante, se laissant aller. Elle fit le vide en elle. Avec fluidité, elle lâcha la corde de son arc, dans un \CLANG/ retentissant.

Le trait fila, se rapprochant rapidement de sa cible, et s'y ficha dans un bruit mat. L'Elfe n'eut pas besoin de regarder pour savoir que la flèche avait touché le centre de la cible, à cent pas de là. Elle relâcha la tension de son arc, et ouvrit les yeux. Elle avait vu juste. La flèche s'était effectivement fichée dans l'exact centre de sa cible. Elle détendit la corde de son arc, afin de ne pas l'abîmer, retira ses flèches de la cible et rangea le tout soigneusement dans son carquois, qu'elle accrocha à son épaule.

Il se faisait tard, la nuit commençait à tomber, et on apercevait déjà une nuée d'étoiles scintillantes dans le ciel bleu marine tirant sur le noir. Elewë se mit en marche en direction de chez elle, d'un bon pas. Elle s'était encore attardée au terrain de tir à l'arc, plongée dans son entraînement, ne voyant pas les heures défiler, et était à présent en retard. Son père allait encore la sermonner. Bien qu'ayant atteint l'âge adulte, et vivant seule dans une petite maison, elle aimait se rendre régulièrement chez celui-ci, qu'elle aimait toujours autant, bien que ce sentiment soit peu réciproque. La forêt défila rapidement devant ses yeux, rideau de végétation et de plantes diverses, et elle vit bientôt apparaître les signes marquant la frontière de la cité : Caras Galadhon, la cité du Seigneur et de la Dame de la Lórien, le Pays aux Fleurs d'Or, Royaume des Galadhrim.

Elewë s'élança, ne prenant pas le temps de s'arrêter devant la beauté des lieux, qu'elle connaissait à présent depuis plus de 1600 ans : des arbres centenaires s'élançaient vers le ciel, chargés de verdure, tous plus grands et beaux les uns que les autres. Ces arbres avaient vu des générations entières de Galadhrim se succéder depuis leur arrivée en Terre du Milieu, presque aussi éternels qu'ils ne l'étaient. Le ciel à présent quasiment noir, laissait le bas-sol dans la pénombre, et seule la vision elfique de la jeune fille lui permettait de réussir à se repérer parmi les branchages et racines couvrant le sol de la forêt. De larges plaques d'or et d'argent couvraient les sous-bois : l'elanor et le niphredil, fleurs emblématiques du Pays, fleurissaient en nombre et paraient de magnifiques couleurs les troncs des immenses mellyrn. (1) Elewë entendit au loin le brame d'un cerf, et aperçut dans les bois de nombreux animaux s'apprêtant à se cacher pour la nuit, laissant les chouettes à leur chasse nocturne. La forêt grouillait d'êtres vivant en harmonie dans les sous-bois de la Forêt d'Or : ici un écureuil sautait dans les branchages ; là une colombe prenait son envol ; plus loin une famille de lapins se pressait de rentrer dans son terrier, et bien d'autres encore. Ainsi était la vie en terre elfique, éternelle et immuable. Ce Cycle de la Vie durait depuis le commencement du monde, et durerait jusqu'à sa fin, jusqu'au jour où les Gens des Arbres cesseraient de vivre en Terre du Milieu et de préserver cette harmonie ; désireux de retourner en Terres Immortelles, lassés d'avoir vécu tant d'années.

La jeune Elfe échappa à sa pensée quand elle aperçut enfin les lumières de la Cité, et son pas se fit plus pressant, désireuse d'échapper à l'étreinte étouffante de la forêt. Elle déboucha dans une clairière plus libre et espacée, et put reprendre son souffle. La forêt de nuit lui faisait toujours cet effet-là, l'oppressant et la rendant mal à l'aise, même au bout de siècles d'existence. Après avoir passé le très large fossé et la palissade délimitant la Cité, Elewë se dirigea vers le centre de la ville, longeant les grand arbres soutenant les maisons de végétation et de fer blanc, les talans (2), et les escaliers éblouissants s'étendant jusqu'à leurs cimes. Les Elfes avaient aménagé leurs demeures en harmonie avec la flore environnante, mais avaient apporté une touche d'élégance et de raffinement dans les arabesques de métal, formant des rampes et des toitures extravagantes, rappelant la forme végétale entourant la cité. Les villes elfique étaient renommées pour leur architecture, travaillées au fil des millénaires par les Elfes immortels désireux de passer le temps de leur très longue vie à travailler l'esthétique et la beauté des choses. Un grand nombre de demeures s'élevaient ainsi dans les immenses mellyrn de la Forêt d'Or, tandis que d'autres, plus modestes, avaient été construites au pied des arbres, se fondant et s'intégrant à la flore.

Elle passa devant de nombreuses demeures simples mais raffinées, dont le toit de certaines croulaient sous la végétation dont on avait incité la croissance. Une grande fontaine, d'où jaillissaient mille jets d'eau retombant avec grâce dans le bassin, au milieu d'une place circulaire, lui indiqua quelle n'était plus très loin. En effet, l'Elfe aperçut enfin le toit de verdure de la maison de son père. Celle-ci jouxtait la fabrique d'armes de la ville, son père occupant le poste prestigieux de maître d'armes de Caras Galadhon.

Elle toqua, puis rentra dans la petite demeure. Elle referma rapidement la porte, profitant de la chaleur ambiante de la pièce principale, laissant la moiteur de la nuit derrière elle. Un Elfe aux longs cheveux bruns et de grande stature était assis dans un fauteuil près de la cheminée, dans laquelle crépitait vigoureusement un feu de bois, et où était suspendue une marmite contenant sûrement l'habituel ragoût de légumes de son père .

La fumée se dégageait de la cheminée par un trou laissé manuellement dans le toit de branches. La pièce était de dimensions moyennes, avec un plafond de près de sept pieds de haut, meublée sobrement : tous les meubles étaient dans le style elfique, taillés respectueusement dans le bois de la forêt ; une table entourée de quatre chaises se tenait au milieu de la pièce ; un second fauteuil était placé devant la cheminée, celui d'Elewë ; quelques plantes grimpaient jusqu'au plafond et sortaient par les interstices du toit, dégageant un doux parfum de fraîcheur et de pollen de fleurs ; et enfin, quelques tableaux et sculptures étaient installés sur les deux commodes finissant de meubler la pièce. Des vieilles armes accrochées aux murs parfaisaient cette modeste décoration. L'Elfe posa son carquois sur la table, retira sa cape légère qu'elle accrocha à une plante grimpante et vint s'asseoir à côté de son père, dans le second fauteuil.

« Tu es en retard Elewë » lui dit celui-ci d'une voix neutre lorsqu'elle fut assise

« Je sais père, je n'ai pas vu le temps passer, veuillez m'excuser »

« Le repas est prêt, mets le couvert et nous passons à table » lui répondit son père sans plus se préoccuper d'elle, en se penchant pour décrocher la marmite.

Elewë se leva, mit la table, et s'assit. Galweg les servit, et ils mangèrent en silence. Seuls les bruits de mastication meublèrent celui-ci. A la fin du repas, la jeune Elfe se leva, embrassa son père, et agrippa les barreaux de l'échelle pour monter à l'étage de la petite maison. Elle se dirigea vers la chambre qu'elle avait occupée tout le temps où elle vivait ici. La pièce jouxtait la chambre de son père, et une salle de bain modeste. Elle y entra, et se dirigea directement vers son hamac de lianes, sans prendre le temps de se changer, trop éreintée pour faire autre chose. Sa chambre était à présent vidée de tous meubles qu'elle avait bougé dans sa nouvelle maison ; seul restait son hamac : les murs formés de branchages et de planches de bois étaient le seul ornement de la pièce, dégageant une impression de grandeur dans celle-ci.

Elle s'allongea dans son hamac, cala sa tête dans les coussins de plumes, et ses pensées dérivèrent vers son père. Le repas de ce soir avait été morne, sans conversation, comme à l'habitude. Elewë et Galweg avaient toujours eu du mal à créer un lien fort entre eux. Sa mère était morte lorsqu'elle était jeune, laissant son père seul et ravagé par le chagrin avec elle. Celui-ci avait toujours voulu un fils pour lui apprendre le maniement des armes, et lui faire reprendre le rôle de maître d'armes. Malheureusement, sa femme était morte avant d'avoir eu le temps de lui donner un fils. Son père avait porté ce regret un long moment, et avait apporté très peu d'amour à la jeune Elfe.

Il n'avait pu se remarier, les coutumes elfiques étant de choisir son conjoint à vie. L'adultère et le remariage était interdits, et aucun Elfe n'aurait violé ces règles, respectant trop la vie et le lien du mariage pour les braver. Galweg avait donc du continuer sa vie seule avec sa fille. Celle-ci avait alors tenté de devenir ce fils qu'il n'aurait jamais, s'entraînant plus dur que n'importe quel jeune Elfe, apprenant le maniement complexe des armes, surpassant de loin de nombreux Elfes, essayant de faire la fierté de son père et de gagner son amour. Celui-ci avait peu à peu compris que sa fille lui apporterait la même chose qu'un fils, mais leur relation avait toujours été un peu tendue et froide. Elewë en avait gardé un comportement et un caractère fort, et s'était fait peu d'amis dans la cité. La solitude ne l'avait jamais gênée, au contraire, elle la trouvait parfois apaisante. Elle avait, depuis toute petite, toujours eu du mal à se faire des amis. Elle ne ressentait pas le besoin de s'ouvrir à quelqu'un, juste celui de s'entraîner toujours plus.

Une seule personne avait eu le courage d'approcher cette jeune Elfe que beaucoup redoutaient, autant par son maniement des armes, son caractère, et dont la solitude dérangeait et gênait : Lindir. Le jeune Elfe, intrigué par cette Elfe solitaire, avait voulu la connaître, et avait tenté une approche lente, pour lui laisser le temps de l'accepter ; et avait su attendre que la jeune fille se relâche et lui fasse confiance. Au fil des siècles, une véritable complicité s'étaient crée entre eux deux, et une forte amitié les unissait à présent.

Elle devait le retrouver demain pour une longue chevauchée dans les bois de la Forêt d'Or. Cette perspective la réjouissait, elle avait besoin de s'évader, de sortir de la routine de son entraînement, de rire et de sourire à nouveau. Elle avait passé dernièrement trop de temps seule, à ne voir personne. Demain serait un autre jour. Épuisée, c'est sur cette agréable pensée que Elewë s'endormit d'un sommeil profond.


(1) un mallorn, des mellyrn ;)

(2) un talan, des telain. Les telain sont les plate-formes perchées dans les arbres de la Lothlórien, spécifique aux Galadhrim


Et voilà, n'hésitez pas à laisser une petite review pour faire acte de votre passage, cela fait toujours plaisir ! :)

Au plaisir de vous revoir au prochain chapitre, bises,

Mimi70 :)