Bonjours tout le monde, voici ma première fic sur le Roi Arthur, j'espère que mon histoire vous plaira et vous prendrey plaisir à lire tout autant que moi j'en prends à l'écrire ^^. Cela étant, je vous souhaite bonne lecture!


Nous ne sommes pas des hommes libres. Et c'est pour cette liberté que je me bats avec mon peuple contre ces romains envahisseurs qui ne cherche qu'à nous éloigner de notre propre terre. Ce mur en est la preuve. Enfermé au sud, ils jouissent de nos plaines, nos forêts, de cette terre qui ne leurs appartient pas. Lorsque l'ont ma dit qu'une nouvelle bataille aller commencer, j'ai immédiatement accepté d'aller avec eux. Je ne prétends pas être doué à l'arc, ni l'épée et encore moins en combat en général. Pourtant, si j'ai voulu m'y joindre, c'est pour la simple et bonne raison de combattre pour une cause juste, notre terre. Avant notre départ, mon père me précisa bien de rester cacher dans les arbres, tirer des flèches, et ne descendre que si la bataille était fini ou parce qu'il en allait de ma survie. Je montrais néanmoins mon mécontentement en grognant pour la forme. Mon père ne le vit pas de cet œil là, il fronça les sourcils et me réprimanda.

« Enfin Judy, réfléchis, ce n'est pas un jeu. Tu pourrais te faire tuer, alors fais ce que je te dis.

-Je suis en âge de penser seule, je veux me battre pour nous et notre peuple.

-Je sais, mais je t'en pris, écoute moi ! Reste en retrait et bats toi de loin, c'est le mieux que tu puisses faire. » Trancha t-il.

Je savais que quoique je dise, il refusera toutes mes protestations. Et au fond, je savais très bien qu'il avait raison, il combattait depuis plus longtemps que moi les romains et qui plus est, ces chevaliers réputés surpuissant, commandé par Arthur, le héros de la Bretagne. Mon œil ! Pour moi, il n'était pas un ennemi de ma terre, peut-être juste une personne qui a fait le mauvais choix de ce mettre au service de ces voleurs... Pour ses chevaliers, je ne savais que penser d'eux car leur liberté leur avait été volée. Que pouvaient-ils faire sinon obéir ? Il n'empêche que ces hommes étaient la pire menace pour mon peuple, leur force de combat était réellement sans égale...

J'ai suivie le groupe jusqu'à la lisière de la forêt. Ici, j'écoutais le conseil de mon père et grimpais à un arbre comme le faisait tant d'autre. Me préparant à l'assaut, je sortis mon arc ainsi qu'une flèche et attendis les ordres. Du haut de mon perchoir, je les vis arriver. Galopant à toute vitesse vers nous, les chevaliers devaient sans doute s'attendre à une attaque de notre part, ils savaient toujours lorsque nous allions attaquer... J'ai encoché mon projectile, bientôt imitée par les autres en hauteur. Pendant un instant, j'ai tourné mon regard vers le sol, je voyais mon père, épée sortie, attendre lui aussi. Et pendant un instant, je me suis demandée si je le reverrais après cette bataille. Ce n'est que lorsqu'une flèche adverse me frôla et alla se planter sur un guerrier derrière qui tomba de l'arbre que je repris conscience de la situation. Un des cavaliers, chevauchant un peu plus en avant des autres, tira une autre flèche. Encore une fois, il ne rata pas son coup, l'un des notre tomba dans un cri étouffé. Je supposais qu'il était aussi celui qui avait tiré en premier et failli me toucher. D'un cri commun, les hommes au sol s'élancèrent toutes armes dehors. Alors, j'ai lâché ma flèche qui se planta pitoyablement dans la terre. Sans me laisser abattre, je recommençais ma manœuvre et comme la première fois, aucunes d'elles ne touchèrent de cible. Autour de moi, je voyais les miens tomber comme des feuilles. Je ne savais pas qui pouvait tirer d'aussi loin tout en combattant, pourtant, il arrivait à nous tuer facilement alors qu'aucun de nous n'avait réussi à les toucher. J'ai regardé le champ et je vis mon père, en plein combat avec un colosse chauve qui semblait mener la bataille. Mon père tomba lourdement au sol et ne put éviter ce coup fatal qui lui arracha une partie du corps. Mon cœur rata un battement. J'ai senti mon esprit et ma conscience s'envoler. C'est sans contrôler mes mouvements que je suis descendue de l'arbre et me dirigeais en courant vers mon père. Je me souviens seulement de la haine et la colère que j'ai ressenti lorsque j'ai vu la vie s'étendre dans ses yeux. Et sans réfléchir je courais à travers les combats pour rejoindre son corps. Je tombais au sol devant son cadavre, les mains tremblantes, incapable de prononcer une parole cohérente. De fureur, je me relevais en bandant mon arc, décochant une flèche sans savoir dans quelle direction elle irait. Sans trop y croire, les larmes coulant encore, ma douleur à vif, je vis l'un des chevaliers tomber de son cheval, blessé par une flèche. Ma flèche. Je me réjouissais de l'avoir touché, bien que même avec ça, ma rage soit toujours aussi vivace. J'ai entendu ses compagnons crier son nom sans pour autant pouvoir le rejoindre et le sauver. Nous étions trop nombreux, et malgré nos pertes immenses, la victoire aujourd'hui serait notre, ils perdaient l'un des leurs. Submergé par le nombre, les cavaliers durent s'enfuir en laissant leur ami qui maintenant était entouré par notre armée. Je me sentais heureuse d'avoir pu les empêcher de le sauver. Abandonnant ma position et les restes de mon père, j'ai couru vers l'endroit où l'ennemi était tombé de sa monture. Je voulais voir à quoi ressemblait l'homme que j'avais blessé et mené jusqu'à la mort. Je voulais voir dans ses yeux la terreur et la souffrance. Je ne m'attendais en aucun cas à ce que je vis.

Étendu au sol se tenait devant moi un jeune homme aux boucles brunes, tombant en bataille sur un visage doux entouré par une barbe. Ses traits étaient encore ceux d'un jeune homme. Mais son regard me troubla étrangement, toute ma haine s'envola et fit place à la curiosité. J'avais devant moi deux yeux gris, clair et vif. Je ne vis rien qui aurait pu s'apparenter à de la peur, il semblait juste attendre ce qu'ont allait faire de lui. Ma flèche avait touché son épaule et l'avait même transpercée. Le sang coulait à travers son armure et je le vis retenir un gémissement lorsque des hommes le prirent pour le soulever, non sans violence. Mais une nouvelle fois, aucune peur ne s'échappa de lui. Avait-il été préparé à ce genre de cas ?

« Achevons le ! » Cria quelqu'un derrière moi.

Ces paroles me firent l'effet d'une claque. Moi qui avais ardemment voulu sa mort, je m'étonnais à vouloir l'empêcher maintenant. Mais ses yeux m'intriguais, je voulais savoir pourquoi je ne pouvais détacher mon regard du sien. Pourquoi aucune peur en cet instant ne transpirait de sa personne...

« Non ! Ai-je crié à mon tour. Gardons le, il pourrait nous être utile. »

Les miens ont gardé le silence, mais je savais que au fond d'eux, ils ne souhaitaient qu'une chose, le tuer. Une voix qui n'était inconnue de personne ici retenti.

« Pourquoi Judy voudrais tu que nous le gardions ? C'était Merlin, notre chef, qui s'adressait à moi.

-Je.. Je pense qu'il peut nous être utile. Comme rançon par exemple ? Murmurais-je, peu sûr de moi.

-Et tu serais prête à t'en occuper même si il est ami avec ceux qui viennent de tuer Jarl ? »

Je sursautais au nom de mon père. Pendant un instant, je sentis la tristesse et la colère revenir en moi, mais mon intérêt pour cet homme remporta le combat. Je voulais le comprendre, en apprendre plus sur nos ennemis. Je confirmais d'un hochement de tête, sans un mot, cela n'était pas nécessaire.

« Très bien, il est donc sous ta responsabilité Judy. » Et il s'éloigna vers la forêt.

Les autres aussi suivirent les pas de notre chef, emportant avec eux les morts sur le champ de bataille, aucun ne releva ma décision. Je vis de loin quelqu'un emmener le corps de mon père, je soupirais face à la douleur du deuil qui me revint encore une fois. Je me retrouvais seule avec cet homme dont je ne connaissais même pas le nom et dont le regard avait piqué ma curiosité. Avec douceur, je passais son bras valide sur mes épaules et l'aidais à se relever. Je ne lui adressais aucune parole durant le chemin, il fit de même, essayant tant bien que mal d'éviter de gémir. Je n'avais pas encore retiré la flèche, elle devait bien le tirailler. Je traversais la forêt avec lui et dans le cas où il tenterait de s'échapper, je décidais de me rendre non pas à notre village pour éviter toute fuite d'information. Je le menais donc vers une petite cachette de ma connaissance dans les bois, celle ci faisait depuis quelque temps office de maison pour moi. Je remarquais que l'homme commençait à perdre conscience, son teint se fit plus pâle.

Arrivé devant ma tente, je le lâchais doucement sur la paillasse et entrepris de défaire son armure. Difficilement cependant, la flèche n'arrangeait pas les choses. Le chevalier n'avait pas encore sombré dans l'inconscient et me regardait faire, ses yeux toujours sans aucune trace de peur, ceux ci me firent frissonner. Je cassais la tige de bois et à l'unissons du craquement, il ne put s'empêcher de grimacer. La suite fut plus rapide, la pointe vint toute seule, je n'eus pas à chercher en profondeur, pour le reste, je bandais son épaule et essuyais le sang qui avait coulé. Sa respiration s'était faite plus lente et il avait fermé les yeux pour se reposer. Alors que je croyais qu'il s'était endormit, le son de sa voix me fit sursauter.

« Pourquoi m'avez vous épargné ? » demanda t-il calmement, ce qui m'impressionna.

Ce jeune homme était aux mains de l'ennemi, aucune peur ne se faisait sentir et il gardait un calme exemplaire, je n'arrivais pas à savoir si il cachait très bien ses sentiments ou si il était justement sans sentiments... Mon temps de réponse du lui paraître trop long car il commença à se redresser pour vérifier que j'étais toujours bien là.

« Je... Pour être franche, j'ignore pourquoi j'ai décidé de vous sauver. » Mentis-je, bien que d'une certaine manière, je n'arrivais pas à définir les vrais raisons de mon choix. Voulais-je vraiment l'observer pour en connaître plus sur l'ennemi ? Il arqua un sourcil, peu convaincu mais laissa passer. Il se recoucha très lentement, évitant tout mouvement brusque avec son bras. Je vis son autre main venir frotter les bandages, quelque chose le gênait peut-être ? Ou était-ce simplement la douleur.

« Vous avez mal ? » Demandais-je en m'asseyant à nouveau à ses côtés, une gourde d'eau fraiche en main.

Il ne répondit pas, ses yeux reflétaient parfaitement bien la douleur. Je l'interprétais comme réponse positive. Je lui tendis l'eau, il la but et me la rendit en lançant un vague merci. Son regard se tourna vers le ciel, légèrement visible à travers les arbres. Tout à coup, je m'aperçus que j'avais une petite lacune le concernant, je décidais d'y remédier immédiatement.

« Quel est votre nom ? » Questionnais-je avec douceur.

Ses yeux gris s'ouvrirent avec étonnement vu ma question, il ne s'attendait visiblement pas à être prisonnier de la sorte, encore moins avec une geôlière comme moi, qui, je devais me l'avouer, n'était pas aussi mauvaise et méchante. Je n'étais pas quelqu'un de tyrannique qui maltraitait pour le plaisir.

« Vous êtes étrange. Lacha t-il à mon intention. Il me fit sourire.

-Et vous, vous n'avez pas répondu à la question. Répliquais-je gentiment.

-Galahad. Dit-il enfin.

-Enchanté Galahad, je m'appelle Judy. »

En signe d'accord il hocha simplement la tête. Je le devinais fatigué et bientôt je le vis s'assoupir. Le soleil allait se coucher, le ciel commença à se teinter des couleurs du crépuscule et bientôt la nuit tomberait. Tout à coup, j'entendis au loin les sons d'appel de mon village, il demandait à tout le monde le rassemblement, je ne pouvais pas moi même m'y soustraire, garde du prisonnier ou non. Pour plus de précaution je l'attachais, je préférais éviter la fuite et devoir le chercher dans les bois tard dans la nuit. Cela fait, je m'enfonçais dans la forêt en direction du village.

OoOoOoOoOo

La défaite avait été cuisante, cela n'arrivait pas souvent mais la perte de l'un des leurs les affectaient gravement. Trop loin du mur d' Hadrien, les chevaliers avaient été obligé de camper à la nuit tombée. Personne n'avait ouvert la bouche, certain avait perdu espoir pour leur jeune compagnon disparu, d'autre ne le perdait pas et espérait de tout cœur une décision dans leur sens de la part d'Arthur. Après Gauvain, le commandant des chevaliers Sarmates était le plus touché. Il se sentait tellement coupable d'avoir perdu le plus jeune de ses hommes, à peine âgé de dix huit ans et qui n'avait jamais pu commencer à vivre. La liberté lui avait échappé...

Assit autour du feu, les six hommes n'osaient pas prononcer un mot. Tristan, comme à son habitude gardait le silence, le visage impassible, mais au fond de lui, il avait peur de savoir si Galahad était mort. Bors buvait à sa gourde du vin, se saoulant pour essayer d'oublier, Dagonnet à ses côtés surveillait son ami, mais lui aussi était atteint par cette perte. Lancelot était adossé à un arbre, les pensées focalisées sur la petite sculpture à l'effigie d'un lion dans ses mains, pleurant en silence le jeune homme. Gauvain avait les yeux perdu dans le feu, son esprit vacant loin de ce lieu, des larmes silencieuses coulant sur ses joues, il était le plus atteint des six. Arthur était lui aussi perdu dans ses pensées, maudissant les Pictes de leurs avoir enlevé leur ami.

« Ont fait quoi maintenant Arthur ? Demanda Bors entre deux gorgées.

-Nous rentrons mes amis... Soupira le commandant, devinant facilement la réaction de certain, ce qui ne manqua pas.

-Tu comptes abandonner Galahad ? Siffla Gauvain mortifié.

-Si tant est qu'il soit toujours vivant, les Pictes ne tarderons pas à l'emmener au nord du mur. Et dans ce cas il sera impossible de le retrouver. De toute façon, je doutes qu'ils l'est laissés en vie. Répondit Arthur calmement, cependant, ses propres paroles lui brulaient les lèvres.

-Nous les avons vu l'emmener vers la foret et il était toujours vivant, pourquoi l'auraient-ils laissés en vie dans ce cas ? Rétorqua le chevalier blond.

-Peut-être par vengeance... murmura leur chef.

-Ou peut-être cherchent t-ils à avoir une rançon, ils attendent peut-être quelque chose ? Intervint Lancelot plus positif, Gauvain le suivit et continua:

-Si c'est la cas Arthur, il est toujours en vie et nous devons aller le sauver avant qu'ils ne l'emmènent de l'autre côté du mur. »

Le commandant ne répondit pas, l'espoir renaissant sur ses traits, était-il possible que Galahad soit toujours de ce monde ? Il devait tenter le coup, pour son chevalier, pour ses chevaliers.

« Tristan, te serais t-il possible de retrouver leurs traces ? Demanda Arthur.

-Ce que tu me demandes là est évident. Répliqua l'éclaireur.

-Et crois tu qu'il soit toujours vivant ?

-Hum... Je suis de cet avis. Fit-il simplement.

-Et vous mes amis ? Êtes vous près à foncer vers les Pictes pour retrouver Galahad ?

-Bien sur ! S'écria Bors avec rage.

-Nous ne le laisserons pas. Lacha simplement Dagonnet, un petit sourire sur les lèvres.

-On abandonne pas un ami. Fit Lancelot.

-Pour Galahad. » Termina Gauvain.

Arthur acquiesça, plein d'espoir pour la réussite de cette nouvelle mission improviste. De toute façon, abandonner un compagnon comme venait de le dire Lancelot était tout simplement hors de question. D'une voix forte, Arthur reprit.

« Dans ce cas mes amis, nous partirons demains ! »


Petite précision pour la compréhension, cette histoire ce passe cinq ans avant les évènements du film. Donc pour moi, Galahad a 23 ans lors du film, donc 18 ans lors de cette histoire. Voilà, j'espère que vous avez aimé ce premier chapitre ^^.