Je crois que j'ai mis un peu de temps beaucoup de temps pour mettre à jour mais le voilà enfin ^^. Un peu dur de faire ce chapitre ! Avec en plus mes vacances, écrire était synonyme de miracle XD. Enfin bref, bonne lecture !


La lame avait malencontreusement endommagé la peau blanche de la jeune femme, laissant un fin trait rouge comme signe de passage sur son cou. Judy ne pouvait pas émettre la moindre plainte face à cet injuste traitement, elle ne comprenait pas encore ce qui venait de lui arriver. La main ferme qui l'empêchait de crier se resserra et une nouvelle fois, la voix de son bourreau retenti, froide et tranchante.

« Je vous ai dit de ne pas bouger. Comprenez vous ? »

Judy ne put qu'acquiescer. Son corps entier tremblait et elle devina sans peine que bientôt, elle serait faite prisonnière. Cet homme, à n'en pas douter, était l'un des chevaliers du mur.

« Je vais enlever ma main de votre bouche, si vous criez ou parlez sans que je vous y autorise, je vous tue sur le champs, est-ce bien clair ? » Repris l'homme.

Une nouvelle fois, la jeune femme hocha de la tête et le chevalier desserra son étreinte puissante, il n'avait cependant pas retirer son arme du cou de Judy. Cette dernière pensa alors à Galahad. Était-il en train de penser à elle ? Se demandait-il pourquoi elle mettait tant de temps ? Les autres chevaliers l'avaient-ils déjà trouvé ? Judy aurait tant aimé gagner plus de temps, pouvoir rester avec lui jusqu'à se qu'il se rétablisse complètement...

« Où est-il ? Demanda alors l'homme.

-Je... Je ne vois pas de quoi vous parlez... Murmura Judy en baissant les yeux. Elle se surpris à lâcher un petit cri apeuré en sentant la lame sur son cou se rapprocher de plus en plus de sa peau.

-Dois-je reposer la question ? Susurra l'homme proche de son oreille. Visiblement, il était très doué pour faire peur. Son regard sombre transperça Judy de part en part qui ne put mentir une nouvelle fois, angoissée d'en subir les conséquences.

-Non, fit-elle pitoyablement... Je... Vous parlez bien du jeune chevalier, n'est-ce pas ? »

L'homme acquiesça et lui fit signe de continuer.

Les bruits de pas qui résonnèrent à travers la forêt alertèrent Arthur et ses hommes qui n'avaient pas bougé depuis que Tristan avait disparut à travers les bois. Le commandant à son tour s'approcha de la cime des arbres pour voir qu'il s'agissait de l'éclaireur. Il fut surpris de le voir accompagné d'une jeune femme, une Picte. Qui était elle ? Que faisait-elle là ? Bors posa à la place d'Arthur ces questions.

« Hé Tristan ! Qu'est-ce que tu nous ramène là ? Où tu l'as trouvé ?

-Elle va tout vous raconter d'elle même. Mais une chose est sur, nous aurons bientôt retrouvé Galahad. »

Arthur, sans en laisser paraître sur ses traits, fut agréablement surpris d'entendre de telle nouvelles. Avec un regard plus ou moins adoucit, le commandant se tourna vers la jeune femme et entama un interrogatoire. Forcée de répondre, Judy répéta mot pour mot les paroles qu'elle avait prononcé quelques minutes avant.

« Je vous écoute mademoiselle. Dit Arthur en s'approchant, faisant signe à Tristan de lui lâcher les mains. »

Frottant négligemment ses poignets meurtris, Judy parut réfléchir avant de se lancer dans les explications.

« Il y a deux jours, mon peuple a lancé une attaque contre vous, beaucoup des notre ont périt, certain sont mort dans l'agonie la plus dure, mais aucun de ceux blessés par vos armes n'ont survécu. Mon père est mort il y a deux jours, tué sur le coup par l'un de vous, sa chair tranchée comme du beurre. La mort le pris et il ne s'est pas sentit partir. »

Sans un mot, les chevaliers écoutèrent intrigués les paroles de la jeune femme? Aucun ne savait où elle voulait en venir mais ils n'interrompirent pas son récit. Reprenant avec difficulté sa respiration, elle reprit, les larmes menaçant de couler.

« J'ai vu mon père se faire tuer, murmura t-elle, je l'ai vu tomber et fermer pour l'éternité les yeux. J'ai assisté à la mort de mes amis, mes frères, mon peuple. Alors, légitimement, la vie du chevalier que j'avais blessé m'appartenait. Sa tête était à moi et j'étais libre de faire ce que je voulais... Je vous avoue, que lorsque je l'ai vu tomber sur le champ, j'ai seulement pensé à la mort et la vengeance, mais je ne l'ai pas tué. Le jour même je rentrais avec lui comme prisonnier, lui sauvant la vie des hommes près à lui trancher la gorge. Par la suite, je l'ai soigné, empêché de s'évader puis le lendemain nous sommes partit avec le peuple pour vous échapper.

-Pourquoi n'êtes vous pas restés avec eux ? Vous courriez à votre perte en vous arrêtant alors pourquoi ? Demanda Arthur un peu perdu comme tous les autres.

-Car je n'ai pu me résoudre à laisser mourir Galahad. Sa vie était une nouvelle fois menacée. Le seul moyen était de s'arrêter et de lui fournir des soins... »

Les chevaliers écarquillèrent les yeux en entendant les mots de Judy, à vrai dire, ils ne pensaient pas que les Pictes, qui plus est une femme, soit capable de mettre sa propre vie en péril pour sauver l'un de ses ennemi. Cela restait impensable et pourtant ils avaient en l'instant l'exception devant eux. De plus, chacun l'avaient remarqué mais la jeune femme venait d'appeler leur ami par son nom, pas d'une façon impersonnelle comme l'aurait fait les autres Pictes. Gauvain balbutia quelques mots encore sous le choc.

« Vous avez vraiment sauvé Galahad ?

-Te laisse pas avoir Gauvain, ricana Bors sans joie, elle nous ment, c'est évident. Elle dit ça dans l'espoir de sauver sa vie. Je te paris qu'à l'heure qu'il est, Galahad est en train d'agoniser et elle, elle gagne du temps avant de nous mener à lui. Comme ça il ne pourra pas démentir ses paroles et nous n'aurions pas l'obligation de la tuer.

-C'est faux ! S'exclama Judy outrée. Vous ne savez rien, strictement rien ! Qui êtes vous pour dire de telles choses ?

-Calmez vous mademoiselle, fit Arthur avec douceur en posant une main sur l'épaule de Judy. Nous sommes un peu à cran. Comprenez que nous n'avons pas dormi depuis plusieurs jours et ce en nous inquiétant profondément pour notre ami. Il est normal que notre colère soit rejetée sur vous qui étiez avec lui ses deux dernières jours, qui plus est en tant que ennemis. Vos actions en démontrent peut-être le contraire mais nous n'avons aucunes preuves.

-Je comprend, lâcha la jeune femme un peu plus calme. Vous aimeriez sans doute savoir où est votre ami ? »

Sans même attendre de réponse, Judy devina sans peine leur désires. Elle savait que maintenant elle ne pouvait plus gagner du temps en parole et que le moment de les amener à Galahad était arrivé. D'un geste de la main, elle désigna l'orée de la forêt et avança lentement, suivit de près par les chevaliers dont certains ne la quittaient pas des yeux.

OoOoOoOoOoOo

Je crois que je n'avais jamais aussi craint la solitude qu'en cet instant. Pourtant je ne l'avais jamais vraiment été, mais seul dans cette forêt, tout me semblais plus oppressant, plus lourd... Je ne suis pas tellement peureux ou craintif mais depuis que j'ai... comment dire... était attrapé contre ma volonté et emmené à travers les bois sans savoir où aller avec en plus des blessures à la clé, il y avait de quoi perdre confiance en ses capacités. J'avais bien cru mourir ce matin, cette forte fièvre et ces douleurs qui me rendaient presque dingue m'avaient fait perdre toute vitalité. Mais heureusement qu'elle avait été là. Sans elle, je crois bien que j'aurais perdu la vie quelques jours auparavant.

Judy. En comptant bien, elle m'avait sauvé la vie au moins trois fois. Même si elle m'avait mit dans cette situation, elle m'en avait libéré et mit sa propre vie en danger. Je n'avais jamais imaginé les Pictes de cette manière. Pour moi ce n'était que des sauvages, un peuple dangereux, certe non libre, mais tuant des personnes sans défense et des gens qui comptaient pour moi, des amis mort au combat... Mais Judy n'était pas comme ça, je voyais bien dans son regard qu'elle n'était pas une tueuse, elle m'avait apporté son aide, elle n'était pas comme les autres que j'avais tué. Elle m'avais rendu la liberté qui m'avait été volé, s'était éloignée des siens pour me soigner. Je crois que quoique je fasse, jamais je ne pourrais le lui rendre.

Elle m'avait, sans le vouloir, rappelé ma famille Sarmate, ma mère et Frea, ma petite sœur qui avait à peine quelques années. Je ne me rappel plus aujourd'hui ni leurs visages ni leurs voix, plus rien ne me reviens de mon passé, j'étais si jeune. Je sais juste qu'elles étaient là, leurs regards tournés vers moi à mon départ, toutes les deux et qu'elles m'aimaient... Et les yeux noirs de Judy m'avaient immanquablement rappelé ceux de ma petite sœur, ils étaient si doux, aimant, enfantin, naïf... Judy est belle, c'est une belle femme et surtout, quelqu'un qui m'avait sauvé la vie.

Mais depuis qu'elle était partie chercher de l'eau il y a environ une heure, son absence se faisait lourdement sentir. Au début, je n'avais pas fait plus attention à son départ qu'aux autres fois, trop importuné par la douleur que me procurait mon propre corps. Le remède que j'avais pris quelques temps avant commençait seulement à faire de l'effet et le mal de crâne me tapait encore dans les oreilles tel un tambour de guerre frappant avec acharnement. Mais au bout de plusieurs minutes qui à force s'étaient étendue en heure, j'avais intérieurement redouté son absence trop longue, la question était, allait-elle revenir ? Gauvain me l'avait souvent dit, « Tu penses trop Galahad, pose toi, agis par instinct des fois », à vrai dire, il m'arrivait de l'écouter. Mais sans Judy, pour l'instant, je préférais faire confiance à mon esprit plutôt qu'à mon sixième sens, si bien sur il avait lieu d'être. Je me relevais avec précaution de mon lit de fortune où elle m'avait déposé et où je n'avais pas bougé depuis, et entrepris de me lever, me faisant violence pour ne pas m'évanouir. Cela me semblais presque impossible, en premier lieu, mes jambes me criaient leur douleur et je la ressentais à merveille, un tiraillement si fort qu'il m'obligea à poser un genoux à terre pour me reposer. Venait ensuite le dos, passer trop de temps couché n'était visiblement pas une bonne chose pour un chevalier comme moi, misère, je parvenais avec difficulté à me redresser correctement et ce sans parvenir à me retenir de grogner tellement mes muscles étaient endoloris... Et enfin mes bras, ils me semblaient si lourd qu'ils balançaient le long de mon corps sans que je puisse en soulever un sans gémir, alors tenir une épée ne pourrait relever que du miracle. Sans compter le fait que ma tête s'était transformé en une véritable fanfare assourdissant mes pauvres oreilles maltraitées qui ne cherchaient plus qu'à rester sourdes, la migraine passait mal, très mal. Et puis pour couronner le tout, mon estomac se mis à crier famine dans un bruit très discret... Bon, à ma décharge, je n'avais pas mangé depuis la veille et seulement quelques petites choses légères, sur ce plan là, Judy ne m'avait pas gâté, quoique je n'étais pas vraiment en grande forme ces dernières heures pour pouvoir prétendre avaler quoique ce soit, mais maintenant...

Cherchant du regard le cheval de Judy, je l'aperçus un peu plus loin à travers les arbres, occupé à brouter l'herbe sèche de l'été sans s'inquiéter du danger autour. M'approchant de lui en titubant, il ne releva même pas la tête pour me regarder, visiblement son estomac passait avant toute chose. Les sacoches de la jeune femme étaient attaché par de forte sangles de cuir et pendaient nonchalamment sur les flans de l'animal. Judy ne m'en voudrait surement pas de fouiller un peu. Mes recherches furent pour le moins fructueuse car en plus de nourriture, je retrouvais mes dagues et mon épée que j'attachais à ma ceinture, tout à coup, je me sentais plus en sécurité. J'avais beau le clamer haut et fort, tuer n'était pas dans mes conviction mais aux fils des ans, j'avais appris à me sentir en sécurité seulement avec une arme à disposition. Selon Tristan, on ne pouvait avoir confiance qu'en son épée. D'un certain point de vue, j'étais d'accord avec lui, même si je faisais entièrement confiance à mes amis. Le poids me rappela cependant la faiblesse de mon corps et m'obligea à m'assoir.

Mâchouillant sans surveiller les alentours, je fus sur le qui vive en entendant des craquements suspects. Sans parvenir à me relever, je dégainais ma lame et me mis en défense, ce simple geste me tira mes dernières ressources car d'un coup, mon mal de crâne ce mit à me retaper la tête. Les bruits recommencèrent et me semblèrent encore plus proche. Avec un peu de chance il s'agissait simplement de Judy.

Mais le résulta fut tout autre. Je vis alors apparaître la jeune femme suivit de près par Arthur et les autres. Lançant un soupire de soulagement, Gauvain quitta le groupe pour me rejoindre, ses traits étaient durs et tirés, j'avais l'impression qu'il s'était inquiété pour moi très fortement. Il me lança un sourire rassuré et m'aida à me relever. Une vague de plaisir et de chaleur vint réchauffer mon cœur, je ne m'attendais pas à ce que les revoir me fasse cet effet. Un grand sourire aux lèvres Bors vint ce joindre à Gauvain pour m'aider.

« On avait bien cru te perdre mon p'tit Gal' ! » S'exclama t-il, encore un peu il me collait une tape dans le dos.

À son tour Arthur s'approcha, posant une main réconfortante sur mon épaule.

« Content de te revoir Galahad. Fit-il

-On a failli remuer ciel pour te retrouver ! Dit Lancelot en s'avançant à son tour.

Je me doutais pas du tout que je leurs avais manqué à ce point, leur accueil me fis réellement chaud au cœur. Un peu plus en retrait, Judy avait abandonné son sourire et peu à peu, moi aussi je perdis le miens. Je vis que Tristan lui tenait fortement les poignets et ne semblait pas vouloir la lâcher. Faisant signe à Gauvain de me laisser, je m'approchais de notre éclaireur et de la jeune femme.

« Tristan, lâche la s'il te plais.

-Elle est Picte, c'est elle qui t'a blessé Galahad. Fit Bors.

-Je sais, mais elle m'a sauvé aussi. Alors lâche là Tristan. »

Ce dernier lança un regard à Arthur qui acquiesça. Une fois libre Judy s'éloigna à grand pas de notre éclaireur, lui lançant presque un regard meurtrier. Ces yeux lançait presque des éclairs et je fus surpris de voir une telle hargne sur son beau visage. Tout à coup, l'envie me pris de la retenir, je savais qu'elle ne voudrait pas s'attarder parmi nous, retourner chez les pictes... mais je ne voulais pas vraiment qu'elle parte, en quelques jours, je m'étais fortement attaché à elle et d'un coup, je ne pus m'empêcher d'attraper sa main.

« Judy... Commençais-je.

OoOoOoOoOoOo

Traverser la forêt ne fut pas long mais avec ce certain Tristan collé à moi, pas désireux de me lâcher pour un sou, ce fut plus une épreuve qu'autre chose. C'est avec grand soulagement que je vis la petite clairière où j'avais laissé Galahad. Celui ci, encore un peu pâle, avait retrouvé son épée et semblait fatigué par le simple fait de la soulever. Je vis alors des sourires et des soupires de soulagement se dessiner sur les lèvres des hommes. Celui nommé Gauvain se précipita presque sur le jeune chevalier et l'aida à se relever, ce retenant à moitié de le serrer dans les bras. Tout à coup, leur éclaireur se mit à m'attraper le poignet avec force, soupçonnant peut-être le fait que j'allais m'enfuir, chose qui ne m'avais pas le moins du monde traversé l'esprit. Sauf qu'il serrait un peu trop et à force il risquait de me laisser une marque et me faire mal. Il n'avait pas l'air de vraiment m'apprécier.

« Tristan, lâche la s'il te plais. Fit Galahad en s'approchant de nous. Je ne l'avais pas vu venir vers nous vu que j'étais légèrement en colère.

-Elle est Picte, c'est elle qui t'a blessé Galahad. S'écria le grand chevalier qui ne semblait pas m'aimer beaucoup non plus...

-Je sais, mais elle m'a sauvé aussi. Alors lâche là Tristan. » Repris le jeune chevalier, prenant bien ma défense. Merci.

Au moins, un regard de leur chef et l'éclaireur me lâcha. Encore un peu et je lui donnais un coup.

Puis tout à coup, quelque chose m'attrapa doucement la main, relevant les yeux, je croisais le regard doux de Galahad.

« Judy... Murmura t-il. »

J'eus pendant un instant l'impression que tous les regards étaient tournés vers nous, tout cela me rendais légèrement nerveuse car je n'avais pas la moindre idée de ce que me voulait le jeune chevalier. Je me doutais que nos routes n'allaient pas tarder à se séparer, je retournerais chez moi, subissant les regards mauvais de mes compatriotes pour avoir libéré un homme qu'ils considéraient comme un ennemis et lui, il retournerais au combat, mettant sa vie en danger, tuant les miens. Tout cela n'aura finalement servi à rien...

Mais les yeux verts de Galahad me fixant semblaient vouloir m'annoncer autre chose, promettant le meilleur, quelque chose auquel je ne m'attendais pas du tout... Lentement, détachant calmement les mots, il me dit:

« Reste avec moi. »


Et voilà, en espérant que cette fin ne vous laisse pas sur votre faim ^^! Je vous annonce aussi que la fin de cette fic approche à grand pas, si c'est pas le prochain chapitre, ce sera l'autre qui sera le dernier. Voilà, j'espère que vous avez aimé !