Et voilà mes amis, nous arrivons à la fin de cette aventure. J'espère que vous l'avez apprécié et pris du plaisir à lire. Je remercie Queen-mebd pour sa fidélité tout au long des chapitres ainsi que Rosélia001 arrivé en cour de route, toutes les personnes qui m'ont laissé des reviews, qui m'ont ajouté à leur Alert ou Favori et bien entendu à tous les lecteurs de cette fic. Merci encore d'avoir été présent.

Sur ces belles paroles, je vous apporte donc le dernier chapitre. Bonne lecture à vous tous !


Je me souviens toujours des paroles de mon père lorsque je laissais trop paraître mes sentiments, il me rappelait toujours que pleurer n'était pas une faiblesse et que si l'homme pouvait laisser s'échapper des larmes c'est qu'il devait en être ainsi. « Pleurer peut te paraître être une chose faible venant de l'être humain mais ne te retiens jamais, tu n'en serais que plus malheureuse Judy ». Et j'avais toujours écouté son conseil. Attirer la pitié était une chose que je ne supportais pas, et les pleures accentuaient toujours l'air pitoyable qui attirait tant les gens et leur compassion parfois mal placée. Mais, même si cette fois si j'avais voulu empêcher le liquide salé de mes yeux couler sur mes joues, rien ne put les retenir de tomber. Je n'étais pas vraiment triste, mais pas joyeuse non plus, en fait, je ne savais pas très bien pourquoi je pleurais en cet instant. Quelques secondes avant, Galahad m'avait proposé de rester avec lui et les chevaliers. Il devait se douter, et les autres aussi d'ailleurs, que mon peuple ne m'accepterait plus après ce que je venais de faire, libérer l'une des plus grande menace pour les Pictes, un chevalier du mur d' Hadrien. Mais d'un autre côté, même si cette proposition me transportais de joie, je ne pouvais m'empêcher de repenser à mes racines, si je les suivaient, je pouvais dire adieu à jamais à ces immenses forêt verdoyante, la chaleur de mon foyer et de mes amis. En les suivant, je serais confrontée à une toute autre réalité, une nouvelle vie en quelque sorte. Je ne savais rien de l'idée que Galahad avait derrière la tête mais cette proposition qu'il venait de me faire, il n'avait surement pas réfléchit aux conséquences avant. Pourtant, il me semblait si sincère, si résolu que ce détail ne fut plus rien pour moi lorsqu'il enserra ses doigts plus fortement autour des miens. Non, j'avais choisi avant même qu'il ne me propose de rester, à l'instant où je lui avais rendu sa liberté je savais que mon peuple ne me le pardonnerait pas, j'en connaissais parfaitement les risques et pourtant je l'avais fait. Ce que faisait Galahad, ce n'était que m'offrir une échappatoire, la chance de reconstruire une nouvelle vie. Avec lui à mes côtés pour m'épauler, et puis avec un peu de chance, ses amis ne seraient pas aussi méchant qu'ils ne l'avaient été. Oui, il y avait surement du positif et la proposition d'une jeune chevalier me semblait beaucoup plus réfléchie.

En retour comme réponse, je lui serrais à mon tour la main avant de l'attirer vers moi et l'enlaçais dans une douce étreinte. Même si j'entendais de loin les ricanements des autres chevaliers, je continuais de me serrer au jeune homme comme si ma vie en dépendait. Car mine de rien, je venais de tout lâcher pour lui, je ne m'en plaignais pas, certes, je restais maitre de mes actions, mais quand même, il pouvait au moins m'accorder un câlin amical. En tout cas moi j'en avais besoin et ne lui laissais pas le choix.

« Je vois que vous avez fait grandement connaissance, n'est-ce pas Galahad ? Ce séjour chez les Pictes semble avoir été plutôt agréable non ? S'exclama tout sourire l'un des chevaliers. Il ressemblait un peu à Galahad en fait, en plus vieux, et plus arrogant... En tout cas ils avaient tous les deux les cheveux bouclés...

-On vient à peine de se revoir Lancelot et voilà que tu oses te moquer de lui ! Rétorqua d'un ton moqueur un grand homme chauve au yeux doux. Si je me rappel bien, tu t'inquiétais beaucoup pour lui.

-Tient donc ? Je ne pensais pas que tu m'aimais à ce point Lancelot. Fit innocemment Galahad en s'éloignant légèrement de moi, à ma grande déception d'ailleurs. Si tu veux tout savoir, ce séjour chez les Pictes était un enfers, mais tu as raison, Judy a été très bien avec moi.

-Tu ne lui as rien fait au moins ? Questionna le fameux Lancelot son sourire s'étirant sur ses lèvres.

Ce n'était pas compliqué de comprendre où il voulait en venir et j'aurais aimé me cacher sous terre pour dissimuler au monde mon visage rouge de honte. Bien sur que non on avait rien fait, cet homme était vraiment affreux de penser à ça ! Mais à mon grand étonnement, Galahad n'en fut pas surpris outre mesure.

-Tu veux vraiment savoir ? Il ne s'est strictement rien passé et il ne se passera jamais rien ! » Fit-il d'un ton calme, ce qui eu pour effet de faire taire l'autre. Bien fait !

Attend voir, il a dit qu'il ne se passerait jamais rien entre nous ? Non pas que cette phrase me vexe, en fait je voulais absolument l'entendre car pour moi, Galahad était un frère, non pas un amour. Et je me serais extrêmement mal vu repousser l'une de ces avances, alors qu'il dise ça maintenant, tant mieux car au moins, lui non plus ne me voyait pas comme une futur amante. Je lui attrapais la main et la serrais avant de lui lancer un sourire auquel il répondit. Faisant stopper ce moment d'un raclement de gorge, leur chef, Arthur il me semble, s'approcha de nous.

« Si je comprend bien mademoiselle, vous partez avec nous ? Demanda t-il.

-Si vous n'y voyez aucun inconvénient, j'aimerais en effet.

-Vous avez sauvé Galahad, je ne peux qu'accepter. Fit-il en m'adressant un sourire amical avant de repartir un peu plus loin. Nous campons ici pour ce soir. » Dit-il finalement après avoir scruté les alentours.

Bonne idée de sa part, il commençait à se faire tard et j'avais l'impression de ne pas avoir dormi depuis un éternité. Galahad me laissa pour retourner discuter avec ses amis. Je voyais que l'un d'eux semblait s'illuminer en présence du jeune homme. Il devait lui avoir beaucoup manqué. C'était un beau jeune homme au long cheveux blond, de la même taille que Galahad, au moins... en tout cas plus grand que moi.

Pour ma part, je partis me réfugier un peu plus loin à l'écart et choisir un coin où fermer l'œil. Près d'un arbre il y avait un petit tas de mousse, rare en cette saison mais à l'ombre des arbres cela n'avait rien d'étonnant. Mesurant vaguement les distances, je m'affaissais au sol, les membres alourdis par la fatigue. Mais le sommeil ne me vint pas. Les chevaliers avaient commencé à préparer un rapide campement, le stricte nécessaire avec un petit feu, mais rien de plus. Actuellement ils s'étaient tous rejoins autour des braises, discutant, rigolant parfois bruyamment, heureux du retour du jeune chevalier.

Il arrive souvent que dans ces moments là, la solitude se fait largement plus sentir que à l'accoutumée, et c'est ce qui se passa pour moi. Je n'avais pas vraiment envie de déranger les chevaliers mais leurs rires me semblaient impossible à rejoindre. Exclue ? Peut-être... ce qui ne m'empêcha pas de rester dans mon coin sans vouloir bouger, après tout, je ne doutais pas un seul instant que ma présence allait déranger quelque peu les discussions.

« Êtes vous sûre de vouloir rester seule ? Fit une voix qui me fis sauter littéralement sur place et, sans omettre de me maudire au passage, je laissais s'échapper un petit cri de peur. Et bien évidemment, tous les chevaliers tournèrent la tête vers moi, le regard interrogatif.

-Vous êtes fou de me faire peur ainsi Lancelot ! M'écriais-je le cœur encore battant. Que faites-vous là ?

-Je me disais qu'il serait bon que vous vous joignez à nous, ne vous inquiétez pas, nous ne vous mangerons pas. » Fit-il cette fois ci un peu plus sérieusement.

Alors comme ça je ne les dérangerais pas ? Je lançais un petit regard à Galahad pour lui demander confirmation, ce qu'il approuva rayonnant, finissant de me rassurer. Je saisis la main que Lancelot me proposait pour me relever, finalement il pouvait être très gentil, je n'en doutais pas que ce soit pareil avec les autres. Évidemment, pour plus de sureté, je m'asseyais à côté de mon chevalier qui amicalement, me passa un bras sur les épaules. J'appréciais ce geste, de un parce qu'il me montrais à quel point Galahad et moi nous étions rapproché, et ensuite parce que même en été, les soirs restaient assez frais dans notre beau pays.

« Alors Judy, je crois que nous ne nous sommes pas très bien comportés lors de notre première rencontre. Je propose que nous recommencions cette fois avec politesse. » Dit Arthur, placé en face de moi.

J'acquiesçais et commençais donc:

« Très bien, je suis Judy et j'ai sauvé Galahad. Ce dernier laissa s'échapper un petit rire en m'entendant et je ne pus m'empêcher de sourire à mon tour, suivis ensuite par les chevaliers.

-Je m'appelle Arthur, repris leur chef. Et je commande les chevaliers Sarmates du mur d' Hadrien.

-Je suis Lancelot mais ça vous ne risquiez pas de l'oublier. Lança t-il avec un clin d'œil auquel je répondis par un petit sourire.

-Moi c'est Bors et voici Dagonnet.

-Vous êtes les plus fort du groupe ? Demandais-je en regardant les musculatures de mastodonte qu'ils avaient l'un comme l'autre.

-Non.

-Si. »

Les deux avaient répondu en même temps rendant leur réponse presque incompréhensible, en tout cas pour moi. Pourtant, cela n'empêcha pas les hommes de se tordre de rire, me laissant pantoise. Les larmes aux yeux, Galahad se dévoua à me formuler une réponse cohérente.

« A vrai dire, nous sommes tous de la même force, à peu près. Mais je dirais que Arthur, Lancelot et Tristan se démarquent un peu. Mais ce n'est que mon avis, car nous abordons chacun une façon différente de se battre.

-Et Tristan ne parle jamais ? Repris-je en me tournant vers le concerné. Ce dernier leva un peu la tête l'air blasé et j'avais l'infime sentiment que ma question l'ennuyait.

-Je ne parles que si cela reste nécessaire. Fit-il avant de reprendre grand intérêt pour ses ongles.

-Ne fais pas attention, il est toujours comme ça. » Murmura Galahad en prenant une gorgée dans sa gourde. »

En écoutant ses paroles, quelques chose m'interpella. Je ne l'avais pas remarqué tout à l'heure mais Galahad me tutoyait, alors que les autres me vouvoyaient. Un sourire s'étira sur mes lèvres, intriguant les chevaliers sur la raison de celui ci. Mais ça, je le gardais pour moi.

Il m'apparus que je ne connaissais toujours pas le nom de l'homme blond qui avait, semble t-il, été au comble du bonheur de retrouver son ami. Celui ci, assit de l'autre côté de Galahad, échangeait quelques mots avec Dagonnet, l'air de rien. Malheureusement, je n'osais pas vraiment demander son nom au chevalier, d'un part parce que c'était assez impolie et d'autre part parce qu'il me faisais légèrement peur, sans le vouloir bien entendu, après tout, il ne m'avait rien fait. Pourtant, il me semblais bien que Bors, lors de notre rencontre avait nommé le chevalier, mais pas moyen pour moi de m'en souvenir... Galahad remarqua mon insistance et me demanda:

« Qui a t-il ?

-Heu... c'est juste que, je n'arrive pas à me rappeler du nom de ton ami. Fit-je un peu timidement.

-Gauvain. Répondit-il.

-Merci. Vous vous entendez bien. Lui dis-je comme ci il s'agissait d'une évidence.

-Oui, je pense qu'il est mon meilleur ami. Il a du se morfondre durant tout ce temps.

-Je vois... »

Notre discussion ne s'éternisa pas. Au moment où Bors se leva pour annoncer qu'il allait se coucher, tous les autres suivirent le mouvement et moi avec, cette fois ci, j'étais vraiment très fatiguée. Galahad m'accompagna jusqu'à mon petit nid où j'avais décidé arbitrairement qu'il me servirait pour dormir, en tout cas pour cette nuit.

« Je te laisse alors. Lança Galahad une fois que je tombais presque par terre pour trouver une position un tant soit peu confortable. Bonne nuit. Termina t-il avant de s'éloigner.

-Bonne nuit ».

Et je m'endormis comme une enfant.

La chose qui arrive le plus souvent au réveil c'est de ne jamais se souvenir de ce que l'on a rêvé durant la nuit. Et quoique l'on face, rien ne nous permet de nous en souvenir, il n'y a que quelques passage flou sans queue ni tête, impossible à placer dans quelque contexte. Et je ne dérogeais pas à cette règle. J'étais sûre que mon sommeil avait été ponctué de rêve mais il ne me restais que de vague traces. M'arrachant à mon inconscience, la chaleur d'une main caressa ma joue, jouant avec les mèches de cheveux qui me tombaient surement sur le nez. Levant à mon tour une main engourdie, les yeux toujours fermés, je la posais sur celle présente sur mon visage qui ne recula pas. Puis doucement, ouvrant avec précaution les paupières, je tombais nez à nez avec le doux sourire de Galahad. Puis la lumière du matin vint frapper mes iris douloureux, m'obligeant à fermer les yeux sous le coup du choc. Un petit grognement tiré du fond de ma gorge franchit mes lèvres. La voix du chevalier y répondit.

« Il faudrait que tu te lèves, nous partons bientôt pour le mur. »

Un nouveau grognement de ma part vint couper le silence et je me levais, le regard vague, les cheveux à mon avis en pétard. Et puis, je devais pas avoir l'air très fraiche, l'envie pressente de me laver me trotta dans l'esprit et il me vint capital de ma plonger dans l'eau pour me décrasser.

« Ce ne serait pas prudent Judy. Nous arriverons ce soir au mur avec un peu de chance. Me répondit Arthur, visiblement embêté par ma demande.

-Mais je ne prendrais pas beaucoup de temps, mais il me faut absolument me laver, je n'en peux plus d'être dans cet état.

-Bon... alors dans ce cas, faites vite, je vous laisse une dizaine de minute.

-Cela suffira amplement, donnez moi juste le temps d'aller à la rivière et de revenir.

-Très bien, allez y maintenant dans ce cas ».

Je ne me le fis pas redire une seconde fois, je partis en courant à travers la forêt en direction de la rivière de la veille. Une fois en vue, je ne pris même pas le temps de retirer mes vêtements que je plongeais dans l'eau, éclaboussant tout sur mon passage. L'effet fut un pur plaisir, je sentais la crasse qui commençait à se détacher de ma peau, l'eau était fraiche mais très agréable en cette saison. Je remontais à la surface, mes cheveux dégoulinant sur mon visage, mes habits me collant à la peau mais peut importe, je me sentais déjà plus propre. Frottant un peu ma tignasse en bataille pour y retirer les saletés, je ne tardais pas à ressortir pour rejoindre enfin le camp.

Les hommes avaient déjà commencé à ranger et lorsque je fis mon apparition, entièrement trempé, leurs regards s'attardèrent un peu sur moi. Je devais avouer que l'idée de plonger n'était pas très intelligente mais bon, le temps me manquais un peu et puis le plus important c'est que maintenant, j'étais plus ou moins propre.

« Vous auriez pu au moins retirer vos vêtements. Nous ne serions pas parti sans vous... Fit Arthur en regardant mon état d'accoutrement.

-Vous ne m'avez donné qu'une dizaine de minutes... les enlever m'aurais fait perdre du temps.

-Nous n'étions pas à cinq minutes près Judy. Fit Galahad le sourire aux lèvres, je me sentis un peu honteuse d'avoir pris au pied de la lettre les paroles du commandant, mais bon, si il ne me le précisait pas non plus... Je n'avais pas l'habitude.

-En attendant vous ne pouvez pas monter à cheval comme ça. Repris Arthur embarrassé. Vous n'avez rien pour vous changer ?

-Si bien sur mais je risque de vous faire perdre encore plus de temps.

-Ce n'est pas grave, cette fois ci ne vous précipitez pas sur les choses, faite juste vite. »

Puis il repartit à ses occupations. Je m'exécutais donc et partis chercher mon cheval qui avait avec lui mes sacoches dont mes vêtements de rechange. Occupé à manger l'herbe, il ne releva même pas la tête à mon arrivé, ce que cet animal pouvait être ingrat parfois. Sans y faire plus attention, je saisis de quoi m'habiller, jetant parterre mes habits mouillés. Un fois prête, je retournais vers les chevaliers, trainant ma monture fâchée d'avoir été interrompue dans son repas. Ils tournèrent la tête vers moi, Arthur reprenant la parole.

« Bien, vous êtes prête cette fois. Nous allons donc partir. »

J'acquiesçais, montant sur mon cheval qui hennit d'indignation, stupide animal... Puis nous sommes partit. Quitter la forêt fut assez long, voir même une véritable épreuve. Les chevaux semblaient nerveux et avançaient très lentement, s'arrêtant parfois sans aucune raison apparente, le mien plus que les autres. Cependant, quelque chose dans leur attitude me mis la puce à l'oreille. Et si, nous n'étions pas seuls en ce moment ? Et si les Pictes nous surveillaient, attendant le meilleur moment pour nous tomber dessus. Et puis, ceci me paru évident. Talonnant ma monture, je la forçais à s'avancer vers la tête du groupe et je trouvais Arthur en proie à ses réflexions. L'interpeller me fut un véritable effort.

« Arthur. Il faut que je vous parle. Commençais-je mais il m'arrêta d'un geste de la main.

-Je sais, les Pictes se cachent, Tristan vient de me prévenir.

-Dans ce cas vous savez très bien que dans notre position, nous risquons la mort. La forêt est le terrain de prédilection de mon peuple, ils savent comment piéger.

-Vous connaissez un autre chemin ?

-J'ai bien peur que quoique je fasse, ils se doutent de tous mouvements de notre part. Ils ont surement remarqué que comme je ne suis pas prisonnière, j'ai changé de camp, ils auront anticipé les informations que je suis en mesure de vous donner...

-Il n'y a donc rien à faire ? S'enquit Arthur.

-Espérer qu'ils n'attaquent pas.

-Pourquoi n'attaqueraient-ils pas ? Intervint Gauvain.

-Pas le bon moment, ils attendrons que nous soyons dans un lieu qui ne nous permet pas la fuite. Je pense, même si ils s'en doutent, qu'il faudrait faire un petit détour. Je ne promet rien mais leur chance de nous coincer sont moins forte.

-Nous vous suivons dans ce cas Judy. »

Je fis bifurquer mon cheval, suivit de près par les chevaliers. Si mon peuple doutait que j'avais rejoins l'autre camp, ils en avaient maintenant la certitude. A vrai dire, rien ne les empêchaient d'attaquer maintenant, je ne comprenais pas vraiment leurs manœuvres, ce qui est sûr c'est que si nous étions en mauvaise posture, la fuite serait possible, encore plus avec le chemin que je leurs faisaient emprunter. Le reste du voyage se fit sans trop d'encombres, nous n'avions essuyé aucune attaque de mon peuple même si les chevaux restaient toujours nerveux. La question était de savoir si ils allaient attaquer maintenant ou non. Je voyais un peu plus loin la sortie des bois et une ouverture sur les plaines non loin du mur d' Hadrien, nous nous étions considérablement rapprochés.

Mais alors que je nous croyais presque en sécurité, un flèche fusa non loin de ma monture qui s'effaroucha en voyant le projectile se planter dans le sol sec.

« Les Pictes ! » S'écria la voix de Gauvain.

Et là, tout sa passa dans une cohue totale. Tous les chevaux s'élancèrent dans la même direction, chacun cherchant à passer le premier pour sortir du danger. Je vis les chevaliers tenter de les calmer pour les empêcher de rentrer en collision. Regardant vers les arbres, je les vis, les Pictes. Comme moi lors de la dernière bataille, ils étaient montés en haut des arbres, tirant de là leur flèches meurtrières. L'un d'eux tomba et là encore, Tristan visait déjà quelqu'un d'autre tout en essayant de contrôler sa monture.

Je crois bien que mon cheval traversa en premier l'orée de la forêt, à mes côtés courrait celui de Galahad, et il me semblais avoir vu un peu en arrière Arthur et Lancelot. Moi qui pensais que plus rien ne pourrait arriver je fus bientôt traversé par une horrible douleur qui me fis échapper un hurlement strident. Et la seule chose dont je pus me souvenir c'est moi chutant de mon cheval... et les bras de Galahad me rattraper avant que je ne tombe au sol.

OoOoOoOoOoOo

Ils nous étaient tombés comme la pluie le fait par beau temps, personne ne s'y attendait. Nous savions tous que les Pictes nous surveillaient, mais à aucun moment ils ne nous avaient attaqué. Pourtant, ils le firent alors que nous étions sur le point de sortir de la forêt. Judy était devant moi, concentrée sur son cheval. Derrière nous se trouvaient Lancelot et Arthur. Si les autres n'étaient pas dans mon champ de vision c'est qu'ils étaient surement occupés à renvoyer leurs flèches aux Pictes. Certaines arrivaient quand même à nous atteindre. Si ça continuait, nous allions tous être blessés.

Tout à coup la voix de Judy résonna. Je tournais immédiatement la tête vers elle et je compris pourquoi elle avait crié. Une flèche s'était plantée dans son l'abdomen et l'avait presque traversé. Si je ne l'avais pas rattrapé, elle se serait écrasée sur le sol...

« Judy ! » M'écriais-je en la soulevant sur mon cheval.

Elle ne répondit pas. De plus près, sa blessure m'apparut à son vrai jour et était véritablement mortelle. Si elle n'avait pas touché son cœur, ce n'était due qu'à un miracle. Elle ne bougeais plus et je crus un instant qu'elle était morte, mais un gémissement franchit ses lèvres, faible certe, mais il prouvait qu'elle était encore vivante.

Une fois sûr d'être hors de porté des Pictes, je stoppais mon cheval et mis pied à terre, la jeune femme toujours dans mes bras. Je m'empressais de l'étendre au sol pour la mettre dans une meilleur position, mais elle ne parvenait pas à respirer normalement et son rythme cardiaque était complètement saccadé. Je sentis mes yeux devenir humides en la voyant ainsi, je savais que quoique l'on fasse, sa vie était comptée. Dagonnet arriva et sauta pratiquement au sol pour venir vers nous. Je lui lançais un regard littéralement abattu et il se pencha sur Judy pour observer les dégâts. Mais même si il était le meilleur guérisseur parmi nous, ses capacités ne lui permettraient pas de la sauver et la façon dont il me regarda me le confirma.

« Je suis désolé Galahad, il n'y a plus rien à faire... » Murmura t-il en se relevant.

Des larmes glissèrent de mes yeux. Une main douce saisissant ma main me fis relever la tête, Judy avait ouvert les yeux.

« Hé... ça va ? Lui fis-je en serrant sa main.

-Pas tellement non... Dit-elle dans un ultime effort, j'aurais voulu qu'elle ne se force pas à trop parler... mais je ne pouvais l'en empêcher. Je crois bien que c'est moi qui partirais en premier » Reprit-elle avant de tousser.

Je ne pus répondre car ce qu'elle disait n'était que la strict vérité. Je crois bien que derrière moi ce trouvaient les autres, silencieux, surement moins touché que moi je ne l'étais.

« Tu ne dis rien ? Demanda t-elle finalement. Je comprend, moi aussi je n'aimerais pas annoncer à une personne que j'aime qu'elle va mourir. Je voudrais avant de ne plus pouvoir parler que tu me re-confirme la promesse que l'ont c'est faite hier.

-Elle ne tient plus car toi même tu ne pourras pas la tenir. Répliquais-je entre deux sanglots.

-S'il te plais, ne me laisse pas partir ainsi, tu me l'avais promis. Je veux que tu continu de vivre pendant les cinq années qu'il te reste et qu'une fois terminé, tu fasses ta vie comme tu l'entends. Promet le moi Galahad. Dit-elle presque suppliante, je ne pus refuser...

-Je te le re-promet Judy...

-Bien... J'aurais vraiment aimé que cela ce passe différemment. Quand je pense que mon propre peuple vient de me tuer. Bah, je vais pas m'en plaindre, je vais bientôt retrouver mon père...Fit-elle avant de fermer les yeux, reprenant son souffle, puis elle repris sur un ton qui me sembla très lointain. Galahad, j'ai vraiment été heureuse de te rencontrer, je crois bien que c'est l'une des meilleurs chose qui me soit arriv... »

Elle ne put terminer sa phrase, son cœur venait de lâcher et avec lui venait de s'éteindre la jeune femme, dans mes bras elle venait de mourir. Mes larmes se tarirent peu de temps après, juste avant que Arthur ne vienne vers moi, murmurant des mots d'excuse. Pourquoi s'excusait-il, il n'était pas responsable de sa mort.

« Arthur, je voudrais que l'on enterre Judy dans le cimetière de la forteresse. » Fis-je en me tournant vers notre commandant qui acquiesça.

Ce qui est sûr c'est que les cinq années qui suivirent, la promesse que j'avais fait à Judy ne me quitta à aucun instant, ni même le souvenir de la jeune femme. J'avais l'étrange impression que celle ci était toujours à mes côtés, veillant gracieusement sur moi, s'assurant que à aucun moment je ne trahisse ma parole. Et lorsque le jour de notre libération arriva et qu'Arthur nous annonça qu'il nous restait une mission suicide à exécuter, je ne pus contrôler mes mots.

« Je veux vivre, hurlais-je contre Arthur, complètement hors de moi. Des projets m'attendent ! »

A ce moment, rien ne résonnait dans mon esprit mis à part ma promesse. Si j'ai survécu jusqu'à la fin de cette mission, je ne peux que m'en remettre à Judy qui veillait sur moi avec ces paroles qu'elle m'avait dit il y a maintenant longtemps. Et si un jour je dois mourir, j'espère que j'aurais au moins réussi à accomplir la vie dont je rêvais.


Et voilà ! Alors, vous ne vous attendiez surement pas à ce genre de fin, surtout pour Judy. Je me demande combien la voyait finir en couple avec Galahad ? Aucun je l'espère ^^. Enfin voilà, rien de plus à dire juste que je vous remerci encore d'avoir été présent et que avec un peu de chance (et surtout sans la flemme) je reviendrais avec une autre fic (avec Gal' bien entendu ^^").
Bref, c'est donc la fin de freedom.
Bye bye et à ma prochaine fic (espérons...).

Panteraa