Death Lovers 3.

Mello se réveilla pour la deuxième fois de la journée seul, et se redressa brusquement. Il se souvenait à peine de s'être endormi et sa peau le tirait désagréablement suite au mauvais traitement que lui avait infligé Matt avec l'eau de javel diluée. Il avait trouvé ça assez extrême, mais c'était ainsi qu'ils étaient, et il ne s'étonnait donc plus vraiment. Il entendait son cruel amant jouer dans la pièce d'à côté et se leva. Il alla dans la salle de bain et se doucha rapidement, utilisant ses mains pour se laver, et s'enduisit ensuite de crème hydrante pour soulager sa peau irritée. Il ne pouvait s'empêcher de pester contre Matt et finit par son sexe, le branlant lentement pour faire pénétrer la crème en soupirant. C'était très agréable.

Il rejoignit ensuite Matt au salon sans s'habiller et le trouva affalé dans le fauteuil, torse nu, et son pantalon ouvert dévoilant son pubis, fumant une cigarette. Il leva les yeux un instant avant de replonger dans son jeu vidéo en rougissant légèrement, ce qui fit sourire Mello. Il vint s'assoir sur lui, repliant les genoux sous son corps, et lécha rapidement ses doigts pour lubrifier son intimité. Il attrapa ensuite le sexe de Matt et le sortit de son pantalon. Celui-ci s'était heureusement durci pendant que Mello se préparait à le recevoir et il s'empala lentement dessus, gémissant en haletant et se pencha pour prendre appui sur la table basse. Il le trouvait toujours trop gros. Il regarda ensuite par dessus son épaule :

« Ça va, tu vois l'écran comme ça ? »

« ... »

Matt avait le regard braqué sur son sexe qui disparaissait entre les fesses de son amant et se mordait violemment la lèvre.

« Hého ? »

« Mmh ? »

« Tu arrives à voir la télé ? »

« Oui oui. »

Et le rouquin reporta son attention sur son jeu. Mello vit avec plaisir l'avatar de Matt commencer à se prendre des murs, tomber en bas des échafaudages et rater ses cibles tandis qu'il montait et descendait son bassin de plus en plus vite sur la verge tendue de son amant. Au bout d'un moment, l'avatar resta coincé dans un coin et ne bougea plus. Matt semblait essayer de retenir ses gémissements, ce qui le fit sourire à nouveau. Brusquement, deux mains l'attrapèrent sous les genoux, l'obligeant à les décoincer et se redresser, et il se retrouva soulever par les cuisses tandis que le rouquin le faisait aller et venir violemment sur son sexe, lui arrachant des cris de plaisirs.

« Matt ! Aaah ! Oui ! Encore ! »

Le rouquin le fit soudainement basculer et il se retrouva étalé sur la table basse, les restes de repas et les canettes tombant au sol et son amant lui mordit la nuque. Il voulut se redresser sur les coudes, mais une main lui attrapa la tête et la garda plaquée contre la vitre froide de la table, l'empêchant de bouger, tandis que de l'autre Matt le maintenait en continuant à s'enfoncer en lui brutalement. Visiblement, il lui en voulait toujours. Et, comme pour confirmer ses craintes, Matt se pencha près de son oreille sans cesser ses coups de boutoir, et susurra :

« Dis-moi, Mello, tu l'as sucé ? »

« Qu'est-ce qui te prends de demander ça maintenant ? »

Se redressant, le rouquin lui envoya un coup plus puissant contre sa prostate, le faisant crier.

« Réponds ! »

« Oui, oui, je l'ai sucé ! Ah ! Continue ! »

Matt ne semblait de toute façon pas près d'arrêter.

« Et t'as avalé ? »

« Oui... »

« Tu l'as baisé combien de temps ? »

« Lon... longtemps ! »

« Combien ? » hurla-t-il dans le creux de son oreille, le faisant sursauter.

« Plus... plus d'une heure... »

« Il a dût beaucoup jouir alors, non ? »

« Nnn... Non ! Je... je l'en ai empêché ! »

« Évidemment... Toujours aussi cruel, hein, Mello ? »

Le blond ne répondit rien, se contentant d'agripper le bord de la table en gémissant, s'agitant pour rendre les vas et vient en lui plus rapide.

« Et tu la repris après ? »

« Ou... oui ! »

« Combien de fois ? »

« Une... une fois... »

« Tu l'as baisé que deux fois ? Pas plus ? »

« Non... Il... était parti ce matin... »

Matt ricana :

« C'est pas cool de se réveiller tout seul, hein Mello ? »

« Non... du tout... »

Matt se redressa et reprit sa cigarette en arrêtant de bouger, tirant la dernière bouffée qu'il restait. Il la savoura et baissa les yeux sur le dos de Mello.

« Désolé, pas de cendrier. »

C'était un mensonge flagrant, mais il s'en moquait, et l'écrasa contre l'omoplate droite de Mello, le faisant hurler. Il jeta ensuite le mégot sur la table et vint lécher la brulure.

« Voilà, ça te fera un petit souvenir comme ça, salope... »

« T'es complètement taré Matt bordel ! Ça fait mal ! »

« C'est fait pour, idiot. Puis, comme ça, on est deux à avoir un grain ! »

Et il se mit à rire en reprenant ses vas et vient, sortant entièrement son sexe avant de pénétrer à nouveau le fourreau étroit de son amant, le faisant crier en tapant contre sa prostate. Il sentit l'orgasme monter doucement et prévint Mello :

« Si tu veux jouir, c'est maintenant ou jamais ! »

« Lâche ma tête alors, crétin ! »

Il la relâcha donc et Mello se redressa sur les coudes en jurant.

« Laisse-moi me retourner. »

« Pfff... T'es chiant Mello ! »

Mais il sortit de son intimité et recula, le laissant se mettre sur le dos tout seul. Puis il le prit par la taille et retourna en lui d'une poussée tandis que Mello s'agrippait à sa nuque en se collant contre lui.

« C'est mieux ? »

« Beaucoup, les assiettes me faisaient mal. »

« Ah. »

Mello se mit à onduler des hanches, et Matt le serra contre lui, reprenant lentement ses mouvements. Toute sa colère était retombée et, comme d'habitude, il était en train de pardonner à son ami. Il n'arrivait jamais à lui en vouloir bien longtemps, et toute une journée étaie un véritable record pour lui. Il se sentait las, et se laissa glisser au sol avec Mello dans les bras, lui laissant toute l'initiative pour la suite. Celui-ci lui sourit et prit appui sur ses genoux pour monter et descendre sur tout la longueur de son sexe, souriant avant de l'embrasser.

« Tu sais, hein, Matt ? »

« Oui... Je sais... »

Mello l'aimait. C'était l'essentiel, non ? Non... Il voulait plus. Il le voulait rien que pour lui. Et il regrettait les années passées à la Wammy's, quand il était le seul et unique amant de Mello. Il savait bien qu'il n'avait pas été le premier. L avait eu cet honneur... Mais il avait été le second, et le seul pendant si longtemps que quand Mello l'avait abandonné il n'avait d'abord pas pu y croire. Ensuite était venue la colère. Puis la rage. Et Near qui n'avait fait que l'utiliser... Il aurait dû le violer et le tuer. Mais non, il n'avait rien fait, se contentant de guetter un signe et de rester fidèle à l'homme qu'il aimait. Quand il l'avait retrouvé, ç'avait été étrange. Doux. Tendre. Tellement différent de ce qu'il ressentait. Mais il lui avait pardonné, instantanément.

« À quoi tu penses ? »

« À rien. »

« Ne mens pas, t'es en train de débander et j'ai l'impression de baiser une statue. Au moins Near... »

« Ta gueule ! »

Et il se mit à l'étrangler, savourant son visage qui bleuissait. Mello ne se débattait même pas, mais il sentit son intimité se resserrer agréablement autour de sa queue, et augmenta un peu la pression. Le blond ferma les yeux, et continua à s'empaler sur lui, le faisant gémir. Il finit par desserrer sa prise, le laissant reprendre son souffle, puis recommença. C'était bon. Il réussit à gérer la pression, le laissant respirer tout en continuant de l'étrangler. Son amant avait l'air de beaucoup apprécier, laissant échapper de petits bruits rauques. Il prit une de ses fesses de sa main libre, et l'aida à monter et descendre sur son sexe en allant plus vite et plus fort. Mello prit le sien en main et se branla rapidement, les ongles de l'autre s'enfonçant dans sa nuque et son regard bleu électrique rivé au sien. Ils jouir en même temps, et il libéra sa gorge. Mello se laissa tomber contre son torse en respirant difficilement.

« Putain... »

Au moins Matt était sûr qu'il avait aimé désormais !

Ils restèrent ainsi un long moment, puis il tendit le bras pour prendre une cigarette et l'alluma. Il aspira une bouffée avec plaisir et caressa distraitement les cheveux de son amant.

« Tu comptes le revoir ? »

« Oui. »

« Tu m'énerves. »

« Je sais. »

« Embrasse-moi. »

Et Mello se redressa pour pouvoir lécher doucement ses lèvres, prenant tout son temps avant de glisser sa langue à l'intérieur de la bouche de son amant, qui finit par l'enlacer et l'attirer à lui en le dévorant littéralement. Il aimait les flammes qui consumait Matt depuis toujours, il se sentait bien, perdu dans toute cette fougue et s'abandonna dans ses bras, le laissant diriger leur baiser avec passion.

« Allez, viens, on va se coucher. »

« Mais t'as dormi toute la journée ! »

« J'ai pas dit qu'on allait dormir, gros malin... »

Matt se leva d'un bon pour suivre Mello, et, à peine arriver dans la chambre, le fit chuter sur le lit en s'asseyant sur ses cuisses, le couvrant de baisers.

« J'ai pas dit qu'on allait s'envoyer en l'air non plus ! »

« Mais... »

« J'ai mal au cul, Matt... »

« Ah... Moi pas ! »

Le blond ne put s'empêcher de rire et embrassa son amant, l'attrapant par les fesses pour le faire remonter jusqu'à son sexe, voulant déjà le pénétrer, mais reçut un méchant coup de dents.

« Mello... » gronda-t-il.

Matt détestait quand il se montrait trop brusque. Enfin, quand il le faisait sans raison. Soupirant, le blond tendit le bras pour attraper le lubrifiant et s'en tartina généreusement avant d'enfoncer un doigt dans l'intimité serrée du rouquin qui gémit. Il le prépara rapidement et le fit rouler sur le dos. Il lui écarta un peu plus les cuisses tout en l'embrassant et se guida en lui. Les ongles de Matt s'enfoncèrent dans son dos, ouvrant sa brulure, mais il n'y prêta pas attention. Il voulait se sentir enserrer à l'intérieur de lui. Il n'en avait plus eu l'occasion depuis des semaines, et la seule nuit qu'ils avaient eue pour eux depuis, il n'avait fait que s'engueuler. Alors il décida de prendre son temps, comme il l'avait fait avec Near. À la seule différence qu'il laissa son ami jouir. Encore et encore. Jusqu'à ce qu'il le supplie de venir aussi et de mettre un terme à ses coups de boutoir qui le déchiraient presque.

« Mello... Jouis... S'il te plait. »

« Déjà ? » fit-il avec un sourire moqueur.

« Enfin oui ! »

Mais il voulait le faire venir avec lui, une dernière fois. Il se remit à taper fort contre sa prostate, branlant son sexe qui réussissait avec peine à bander encore. Matt comprit, et soupira.

« Mello... J'en peux plus moi ! Regarde-moi ! Je suis recouvert de sperme ! Ça suffit maintenant ! »

Le blond attrapa le drap et frotta rapidement le ventre et le torse de son amant avant de déclarer d'une voix toute à fait sincère malgré sa mauvaise foi évidente :

« Où ça ? Moi je vois rien ! »

Matt lui pinça violemment un téton, mais ce geste l'excita encore plus. Il sortit de son antre chaud et le retourna, l'attirant à lui en l'obligeant à se mettre à quatre pattes, se renfonçant en lui d'un mouvement brusque et prenant son sexe en main pour continuer à le torturer. Il savait que le faire jouir à nouveau prendrait un peu de temps, mais ils avaient toute la nuit, non ?

« Aaaah... Mello ! Arrête... Tu me fais mal... »

Ajustant ses coups de reins, il le fit crier à nouveau :

« Et maintenant, t'as encore mal ? »

« Non... Mais Melloooo! »

Il ne l'écouta plus, se redressant sans lâcher le membre gonflé de son ami, et attrapa sa hanche pour amener ses fesses claquer contre son bas ventre. Au bout de plusieurs longues minutes supplémentaires, les gémissements de Matt redevinrent des cris et il se libéra. Mello sentit les contractions autour de son sexe et jouit aussi, l'attirant à lui une dernière fois en s'enfonçant plus profondément.

« Matt... Tu sais... » lui chuchota-t-il en s'écroulant sur lui.

« Oui, je sais. Et toi ? »

« Hin hin. »

Le blond avait à peine la force d'acquiescer et souhaitait rester allonger sur le corps tremblant du rouquin, mais Matt le délogea d'un coup de coude et il roula à côté de lui. Les draps étaient humides et sales.

« Faudrait prendre une douche et changer les draps... », murmura-t-il.

« Tu t'en charges Mello, moi je bouge plus, tu m'as tué... »

« J'ai pas la force Matt... Va chercher la javel ! »

Ils rirent tous les deux et Matt se laissa attirer dans ses bras.

« On s'occupera de la javel et des draps demain, Mello. Moi j'suis bien. »

« Mouais... »

Il sourit en lui embrassant le cou et réussit à attraper la couverture entre ses orteils. Elle avait heureusement été plus ou moins épargnée et il s'en servit pour les couvrir, sentant Matt se pelotonner contre lui. Mello aimait reprendre de temps en temps le dessus au lit. C'était le seul endroit où il se laissait dominer ainsi. Et seulement avec Matt. Il n'avait jamais eu assez confiance en qui que ce soit d'autre pour se laisser faire de toute façon. Sauf avec L... Mais ça n'avait pas été de la confiance, juste le désir d'un petit garçon pas si innocent qui découvrait le plaisir en forçant un peu la main et se laissant guider par son ainé qu'il adulait littéralement. Il sentit le rouquin frotter ses fesses contre son bas ventre, cherchant sa chaleur et sourit . Oui, il savait. Plus que tout. Et il s'endormit instantanément, épuisé, et heureux pour le deuxième soir de suite. Ce n'était pas qu'il ne l'était pas le reste du temps, mais là, il l'était particulièrement.

oOo

Deux semaines plus tard, Mello se garait devant le siège du SPK au Japon, et sortit son gsm. Il avait réussi à se fournir un numéro privé, et était presque sûr que ce serait Near qui décrocherait. Il le composa donc et retint son souffle. Si le gars par qui il l'avait eu l'avait roulé, il y aurait de la cervelle de flic sur les murs de sa cave. Puis il se voyait mal sonner au vu et au su de tous pour demander à voir Near.

« Oui ? » fit une petite voix au bout du fil et il relâcha sa respiration.

« C'est moi. Descends. »

Et il raccrocha, espérant que le gosse viendrait. Et sans personne. Il commençait à s'attendre à se faire embarquer par une troupe d'élite quand, enfin, Near apparut, en pantoufle et portant toujours son éternel pyjama blanc. Il s'avança jusqu'à lui et s'arrêta à deux mètres de Mello, toujours sur sa moto.

« Tu montes ? » lui demanda-t-il avec un grand sourire, heureux qu'il soit descendu seul.

« C'était ma première fois, et tu me l'as volée ! Tu m'as pris comme une brute... »

Mello se renfrogna. Il avait l'impression d'avoir été extrêmement doux, au contraire ! Bon, il l'avait frappé avant. Ok, il l'avait empêché de jouir pendant un long moment, mais il ne lui avait pas fait mal en le prenant ! Si... ?

« Near... Allez, grimpe. On va aller prendre un chocolat chaud quelque part. »

« Non ! Je. ne. veux. pas. aller. avec. toi ! »

Sa façon de marteler chaque mot eut le don d'énerver le blond. S'il avait eut eu la voiture de Matt au lieu de sa moto, il l'aurait jeté dans le coffre !

« Ne fais pas l'enfant, Near... On va juste aller discuter quelque part. Je doute que tes collègues apprécient de me voir entrer dans leur précieux Q.G, hein ? »

« Tu sais bien que je déteste sortir ! »

« On ira à l'intérieur alors ! » ricana-t-il.

« Mello ! Tu m'as très bien compris ! »

« Ouais ouais... On a qu'à retourner au même hôtel, et je commanderai ce que tu veux au room service, ok ? »

« Non... »

Mais Mello vit sa résolution vaciller. Son visage n'avait encore trahi aucune de ses émotions, même lorsqu'il lui avait dit qu'il lui avait volé sa virginité, mais là... Le masque se craquelait. Descendant de sa moto, il lui fourra son casque entre les mains et le poussa vers elle. Docilement, Near l'enfourcha et mit le casque avant de s'accrocher à la taille du blond qui venait de s'y réinstaller, le faisant frissonner de plaisir. Il avait réussi ! Il pourrait garder Near pour lui toute la nuit... Et pas de promesse faite à Matt qui lui attirerait des problèmes le lendemain... Le paradis !

Il démarra en faisant rugir son moteur, et sentit avec délice son passager se presser encore plus contre lui.

À peine arriver dans la chambre, Near alla s'assoir sur le lit, mais laissa pendre ses jambes dans le vide.

« Tu veux quoi ? Chocolat ? Café ? Thé ? »

« Ce que tu veux... » murmura-t-il en fixant le sol.

Mello ouvrir le minibar et en sortit toutes les tablettes de chocolat qu'il contenait et les mignonnettes d'alcool. Il tendit une de Whisky à Near ainsi qu'une des tablettes et prit celle de Vodka pour lui. Il aurait préféré de la Tequila, mais n'en avait encore jamais trouvé. Le plus jeune soupira.

« T'as dit ce que je voulais ! Puis, comme ça, personne ne viendra nous déranger. »

Near ouvrit la bouteille miniature et la vida en faisant la grimace. Le blond lui en passa une autre qu'il but tout aussi vite.

« T'essayes de te souler ou quoi ? »

Il ne répondit rien, gardant toujours les yeux baissés et son attitude commençait à énerver Mello. Il rapprocha le fauteuil du lit et s'assit en face de lui.

« Vas-y, raconte. C'est l'enquête sur Kira qui te cause du souci ? »

« Si tu crois que je vais te dévoiler des infos, tu te fourres le doigt dans l'oeil Mello ! »

« Tu m'énerves. Je te demande ce que TOI tu as, j'me fous bien de ce psychopathe pour l'instant. C'est Near qui m'intéresse ce soir. »

« Mmh. »

« Allez, dis-moi ce qui ne va pas. »

Near finit par relever la tête et plongea ses yeux gris dans ceux, bleus électriques, de Mello.

« C'est juste que... depuis qu'on a fait "ça"... »

« Baisé, tu veux dire. »

« Si tu veux. Donc, depuis qu'on a baisé, comme tu dis, je... j'ai dû mal à me concentrer. Je suis tout le temps nerveux et j'ai plus de mal à contrôler mes émotions. »

« Et après combien de temps as-tu remarqué ce... changement ? »

« Quelques jours après... Je n'arrête pas d'y repenser et je bande tout le temps. C'est très gênant. Mello, efface ce sourire tout de suite ! Si tu te moques de moi, je m'en vais ! »

« Je ne me moque pas de toi... »

Il se leva et vint s'agenouiller entre ses cuisses, posant la main sur son entrejambe qu'il sentit déjà dur.

« Ah oui... Je vois... »

Il fit glisser le pantalon et le boxer de son rival et prit son sexe en main, le branlant doucement.

« C'est à ça que tu penses au lieu de coincer Kira ? »

« Oui... » soupira Near, la mine dépitée.

« Je connais le remède. Mais il faut y avoir recours très, très souvent... »

« M'en fiche ! Je ferai tout ce que tu diras, mais aide moi ! »

Near qui lui demandait de l'aide... C'était bien trop beau ! Et sa naïveté le faisait sourire.

« Et qu'est-ce que j'y gagne, moi ? »

« Tout ce que tu veux... Oh oui... Continue... »

« Tu t'es beaucoup masturbé pendant ces deux semaines ? »

« Tous les jours... »

« Combien de fois par jour ? »

« Deux... Parfois trois... »

Near avait fermé les yeux, et laissait sa tête pendre contre son épaule, se mettant à gémir doucement. Mello prit alors son sexe en bouche sans le quitter des yeux, et le vit froncer les sourcils en haletant.

« Mello... »

Il continua à le branler et malaxa ses bourses doucement, le regardant serrer les draps entre ses mains. Near rejeta brusquement la tête en arrière et se libéra en un cri, manquant l'étouffer. Mais Mello réussit à avaler sans haut les coeurs, et le lécha pour le nettoyer. Il le fit ensuite s'allonger et se coucha entre ses jambes, déboutonnant lentement sa chemise. Il découvrit alors son torse bleui des coups qu'il lui avait donnés et se mordit la lèvre, retenant un cri. Ils avaient viré au mauve jaunâtre, mais avaient l'air encore extrêmement douloureux. Il savait que son propre visage affichait aussi toujours les traces de la colère de Matt.

« Tu as mal ? » demanda-t-il anxieusement.

« Un peu... »

Il se mit à embrasser les bleus, les léchant en faisant rire Near, et remonta dans son cou, avant d'aller jusqu'à sa mâchoire puis de se saisir de ses lèvres, sortant son propre sexe et lui faisant écarter les jambes. Il lécha rapidement ses doigts pour se lubrifier et introduit un doigt dans l'intimité de Near avant de le remplacer presque tout de suite par son membre gonflé de désir, faisant crier son rival.

« Pardon, pardon... »

Mais il ne pouvait pas s'arrêter, c'était bien trop bon, et il fit onduler lentement ses hanches, s'enfonçant un peu plus à chaque mouvement tout en continuant à l'embrasser, sa main prenant son sexe délaissé et le branlant, le faisant durcir à nouveau. Les cris de douleur de son jeune amant se changèrent rapidement en gémissements de plaisir tandis qu'il se débattait avec la tirette du haut en cuir de Mello, réussissant à l'ouvrir et faisant courir avidement ses doigts sur sa peau, se collant à lui et s'accrochant à son dos. Il essayait de se montrer le plus doux possible, mais c'était extrêmement difficile.

« Mello... Plus fort. »

Il fut ravi de la demande de Near et se redressa sur ses avant-bras, se mettant à le pilonner rapidement, mordillant son cou en même temps. Il guida la main de Near vers son sexe pour qu'il se caresse lui-même, mais il refusa.

« T'es sûr ? »

« Oui... Ah... C'est déjà... bien assez bon... Aaah ! »

Mello sentit ses ongles se planter en lui, et sourit. Il continua ainsi longtemps, appréciant les gémissements de Near, et celui-ci finit par jouir sur son ventre, criant son nom en se cambrant. Le blond le suivit rapidement, et se laissa ensuite rouler sur le dos, à côté de son rival. Il ramena à lui à l'aide de son pied la tablette de chocolat que le gamin n'avait pas mangé et la dévora avidement. Devant les grands yeux gris qui le suppliaient, il donna une partie à Near qui le remercia avant de suçoter longuement les carrés, lui donnant envie de lui fourrer sa queue en bouche à la place du chocolat. Il était sur le point de céder lorsque son gsm sonna et il fouilla dans le lit où il l'avait perdu.

« Ouais ? »

« Mello... J'ai fini pour aujourd'hui... »

« Matt. J'suis occupé là, tu vois. »

« Ah. T'es avec lui ? »

« Ouais. »

Il baissa les yeux vers Near qui venait de se pelotonner contre lui et soupira.

« Désolé... C'est juste qu'on avait plus eu l'occasion de se voir seul à seul depuis que... enfin, je voulais juste... Tu me manques, Mello ! »

« Je sais bien, Matt. Mais on se voit tout les jours ! »

« Je sais... Mais c'est pas pareil. Puis je déteste te savoir avec lui ! Tu l'as vu souvent ? »

« Non. C'est la première fois depuis ta crise. »

« Ma crise... » répéta tristement son amant.

« C'est bon Matt, ne commence pas. »

« Pardon. Amusez-vous bien, tu sais où me trouver si t'as besoin de moi. »

« Ouais. Ciao. »

Et il raccrocha rageusement. Matt lui manquait aussi affreusement, mais ils avaient dormi dans leur planque avec les autres tous les jours, et ils n'avaient donc pas pu être seuls. Bien sûr, ils avaient dormi dans le même lit, mais devaient sans cesse rester loin l'un de l'autre. Un matin, il y avait quelques mois, il s'était réveillé dans ses bras, heureux et souriant, mais avait entendu des rires et avait découvert deux de ses hommes de main qui se tordaient en les regardant. Il avait donc dû repousser violemment Matt qui était tombé à terre en criant. Après ça, ils avaient dû redoubler de vigilance. Il ne pouvait pas se permettre ce genre de faiblesse devant ses hommes, et ça le désolait. S'il avait eu vingt ans de plus et une réputation solidement établie, tout le monde se serait moqué qu'il baise avec Matt... Mais il n'était encore qu'un gamin, et il se ferait descendre en flèche s'il se laissait aller avec lui.

« Mello... J'ai froid... »

« Qu'est-ce que tu veux que j'en ai à foutre ? Remets tes fringues si tu te les gèles, crétin ! »

« Mello ! »

Les yeux gris s'emplirent de larmes. Toute la gentillesse de son rival avait à nouveau disparu. Il était redevenu ce monstre d'égoïsme que Near détestait tant. Le plus jeune se rassit, essayant d'attirer le blond à lui, mais se fit repousser par une main ferme.

« Et puis merde, tu me fais chier, barre-toi ! Appelle tes nounous et dégage ! »

« Mais... »

Un coup de pied l'envoya rouler en bas du lit. Ses larmes lui échappèrent tandis qu'il remontait difficilement sur le matelas, à quatre pattes, avant de s'assoir comme il en avait l'habitude.

« J't'ai dit de te barrer Near ! Faut que je rentre. Matt... »

Sa voix se brisa et il ne termina pas sa phrase, serrant les poings en se retournant.

« Matt t'attend ? »

« Ta gueule ! »

« Pourquoi tu es avec moi alors, Mello ? »

« Si tu ne la fermes pas, je l'appelle pour qu'il vienne passer ses nerfs et se venger de toi, Near. J'te préviens, ne joue pas au con. »

« Pourquoi se venger de moi ? C'est toi qui le trompes ! » s'écria le gamin, tremblant de rage. « C'est sur toi qu'il devrait passer ses nerfs d'abord ! »

« Quelle logique... T'as perdu ton sens de l'observation ou t'es juste devenu aveugle ? Je pense qu'il s'est déjà assez défoulé sur moi... »

« Oh... C'est lui qui a fait ça à ton visage ? »

« Mais bien sûr ! Tu crois que je me laisse frapper comme ça, sans réagir ? »

« Oui. Si c'est lui, je suis sûr que tu te laisses faire. Déjà, à la Wammy's, je t'entendais crier dans ta chambre la... »

Le coup qu'il reçut l'envoya se taper la tête contre le montant du lit. Il se frotta la tempe et la mâchoire, maudissant les blonds égocentriques et impulsifs.

« Ferme-la, Near. »

Alors il la ferma, venant se coller au corps chaud de Mello, se frottant contre lui et lui caressant doucement la nuque, le faisant presque ronronner. Le blond finit par se retourner et le prit dans ses bras.

« Je ne sais pas pourquoi je suis revenu te voir Near... Je... Matt... »

« Tu l'aimes ? »

« Non ! »

C'était un mensonge, mais il ne pouvait décemment pas le lui avouer. Near n'était pas un véritable ami, et il ne fallait surtout pas qu'il l'oublie.

« Et moi, tu m'aimes ? »

Le blond ricana :

« Prends pas tes rêves pour des réalités, gamin ! »

« J'suis sûr que tu mens. »

« Tu m'fais chier, Near. »

« Toi aussi, Mello. »

Mais il se tut. Il s'étonnait de ne pas avoir reçu d'autre coup pour ce qu'il venait d'oser demander, et par la même, de prétendre. Bien sûr que non, Mello ne l'aimait pas ! Mais il avait répondu de la même façon à la question sur Matt... Est-ce qu'il les aimait tous les deux ? Est-ce qu'il aimait juste Matt ? Near n'en savait rien. Il ne les avait plus vu ensemble depuis la Wammy's, et à cette époque, Matt laissait déjà diriger toute sa vie par Mello. Excepté la nuit. Il aurait fallu être sourd pour ne pas entendre le blond ! Mais le rouquin aussi faisait beaucoup de bruit... Near n'avait étrangement jamais cherché à comprendre. Et maintenant qu'il savait, il était heureux de l'innocence qu'il avait cultivée le plus longtemps possible. Sinon il n'aurait jamais pu dormir... Bien plus facile de fermer l'oeil en pensant qu'ils se disputaient plutôt que de se retrouver à imaginer leur corps emmêlé, leurs langues jouant l'une avec l'autre et... Il préféra arrêter là. Il se sentait déjà à nouveau durcir. Mello allait le sentir, forcément...

Et la main du blond se refermer sur son sexe.

« À quoi tu penses, p'tit pervers ? »

« À rien. »

« Réponds ! »

La torsion que Mello venait d'imprimer à son membre lui fit venir les larmes aux yeux, et il répondit en geignant :

« A toi et Matt à l'orphelinat ! Lâche-moi maintenant ! »

« Ça t'excitait, hein ? »

« Non ! Ah ! Je ne savais même pas ce que vous faisiez ! »

« Quel dommage... Je suis sûr que toi aussi tu serais venu te glisser dans ma chambre la nuit, hein Near ? »

« Surement... Mais lâche-moi ! »

Son sexe fut enfin libéré, complètement ramolli par ce mauvais traitement. .

« Maintenant ta gueule Near. Tu me fatigues. »

« Je t'emmerde Mello ! Toi, tes cheveux blonds, tes putains d'yeux bleus et ton connard de clebs qui te bat quand personne ne regarde ! Tu me fais pitié ! »

Mello resta une seconde bouche bée. Jamais Near ne s'était énervé contre personne. Mais il se reprit bien vite, et lui hurla :

« Et toi alors, tu t'es regardé ? Blanc de partout, et complètement vide ! J'en ai marre de ta gueule de lobotomisés ! »

Et il attrapa Near par la taille, se plaçant entre ses cuisses, et s'enfonçant en lui sans lui laisser le temps de comprendre ce qui lui arrivait.

« Y a que quand j'te baise que tu te colores enfin un peu, albinos à la con ! »

Les joues du gamin rougissaient effectivement et les larmes lui emplissaient les yeux. Seulement, il se mordait les lèvres, retenant ses cris, ce qui ne fit qu'enrager Mello encore plus, se redressant et remontant ses genoux sur sa poitrine, se servant d'eux pour le pénétrer à chaque fois plus profondément. Il sentit quelque chose se déchirer, et Near hurla.

« C'est pas trop tôt... J'ai failli croire que je baisais un mort bordel ! »

« Mello... arrête... »

Mais le blond n'arrêtait jamais ce genre de chose. Il appréciait trop sentir le pouvoir qu'il avait enfin sur ce rival qui lui avait pourri l'existence bien trop longtemps. Il le baisa violemment et longuement, ne pensant qu'à son propre plaisir tandis que Near pleurait, le visage enfoui dans ses bras. Il finit par jouir en gémissant, et se laissa retomber sur lui. Puis, il se leva et s'habilla.

« Je me tire. Matt m'attend. »

« Ramène-moi alors ! »

« Non ! Démerde-toi tout seul, t'es plus un bébé Near ! »

« Mais... »

« Tu me fais chier... »

Le visage si triste et couvert de larme de son rival lui brisait le coeur. D'où était-il devenu si sensible tout à coup ? Il venait de le prendre de force, et, là, il cédait pour presque rien.

« Allez, viens ! »

Et le blond lui tendit la main, grimaçant un semblant de sourire en se maudissant intérieurement de lui céder aussi facilement.

Near remit rapidement son pyjama et prit sa main, grimaçant en se levant. Il le reconduisit ensuite au SPK et rentra retrouver Matt, légèrement honteux de cette nouvelle trahison. L'accueil que son amant lui réserva fut d'ailleurs assez étrange.

Fin du chapitre trois.

Et voilà ! Deux chapitres coup sur coup, si c'est pas merveilleux ça !

Une petite review pour me remercier s'il vous plait ?

Promis, la semaine prochaine, voire avant, je publierai le nouveau chapitre de "Rédemption" et celui de "Aller au bout de ses rêves". N'hésitez pas à m'envoyer par mp celui que vous préféreriez avoir en premier ! Et le troisième de "Death Lovers" étant pratiquement entièrement écrit, il ne devrait pas trop tarder non plus !

Bonne soirée/journée !