NdA :

Rien à dire de spécial pour une fois...

Voilà. -'

Merci à tous, pour vos ptites reviews qui me font super plaisir !

Question de l'une d'entre vous, alias maria :

Je n'ai aucune idée de combien de chapitres cette fic durera* encore, mais quelques un, ça, c'est sûr !

*Durarara... vous aussi ? Nan ? J'suis vraiment folle alors.. ^^

Un grand merci à ma ptite Nyny qui m'a aidée pour les noms de ce chapitre et à qui cette fic est dédiée ! J't'adore !

Bonne lecture à tous !

Vengeance...

.

Shizuo ne pensait pas revoir Izaya avant de nouveau plusieurs semaines, et se retrouva donc totalement pris au dépourvu quand il tomba sur lui dès le lendemain.

L'informateur eut l'air aussi surpris que lui, et ils restèrent à se fixer de longues secondes. Tom eut d'ailleurs tout le temps de les regarder alternativement avant que son fougueux employé ne s'élance, sans un cri préalable, ce qui l'étonna lui aussi.

Et lorsque le brun détala, il eut même l'impression que Shizuo ralentit, manquant s'arrêter, avant d'accélérer soudainement.

En réalité, le blond avant pensé prendre Izaya dans ses bras en le voyant. Il ne savait pas pourquoi, mais il n'avait eu aucune envie de lui hurler dessus, et encore moins de l'écraser avec quoi que ce soit, malgré la façon dont celui-ci l'avait jeté la veille. Alors quand il le vit partir en courant, il sentit son coeur se serrer douloureusement.

À quoi s'était-il attendu bordel ? pensa-t-il, se trouvant plus qu'idiot, lorsqu'il se décida à réellement le poursuivre.

Son trouble ne l'empêcha cependant pas de remarquer que son ennemi, et amant, semblait courir moins vite que d'habitude, et se tenait les côtes. Que lui arrivait-il ? Quelqu'un l'aurait-il frappé ?

Sa rage explosa, et cette fois-ci, il cria :

« Bordel Izaya, tu t'arrêtes tout de suite ou... »

Ou quoi ? Ou il allait le tuer ? Le violer ? Le frapper ?

Il se sentit encore plus stupide, et s'arrêta. Il en avait assez. Izaya avait raison, il fallait que cela cesse. Et lui courir après ne résoudrait rien. Il ne le rattraperait que si le brun le voulait bien, ce qui semblait de toute façon hautement improbable. Et Shizuo n'était pas encore assez stupide pour croire qu'il le trouverait chez lui s'il y allait le soir venu après une réaction pareille.

Seulement, ce qu'il n'avait absolument pas prévu, c'est que son ennemi ferait le tour du bloc, et c'est donc en retournant vers Tom, trainant les pieds et se demandant quoi faire, que celui-ci manqua lui tomber dans les bras. Il le vit freiner des quatre fers, le regard perdu et l'air de n'avoir pas dormis de la nuit, et se décida à saisir sa chance.

Avant, il aurait déplanté le panneau se trouvant juste à sa droite pour réceptionner l'énergumène d'un coup bien placé, façon base-ball comme en Amérique. Mais ça, c'était avant. Là, il se contenta de lui offrir un pauvre sourire en ouvrant légèrement les bras, pas assez pour que qui que ce soit ne le remarque, mais plus que suffisamment pour que son amant comprenne, et s'y jette si l'envie l'en prenait.

Shizuo se doutait bien que c'était encore plus stupide que le reste, mais cela ne l'empêcha pas d'être extrêmement déçu en le voyant déraper et se ruer dans une ruelle se trouvant entre eux. Comme si cette fichue ruelle ne pouvait pas se trouver ailleurs...

Il l'y suivit tout de même, s'allumant une cigarette en marchant à son aise, car sûr et certain qu'Izaya ne s'y trouverait plus depuis longtemps. Seulement celui-ci y était toujours, appuyé face contre le mur qui en barrait le bout, et qu'il n'aurait dû avoir aucun mal à sauter.

« Izaya... ? » appela-t-il, incertain.

Il se rapprocha, entendant la respiration sifflante et haletante de son ennemi, et l'attrapa doucement par l'épaule pour le retourner. Il eut le temps d'apercevoir l'éclat meurtrier, mais le mouvement d'Izaya était tellement lent que l'arrêter fut un jeu d'enfant.

C'était désormais un fait établi, Izaya Orihara allait mal. Très mal.

« Iza, ça va ? » demanda-t-il en attrapant son menton de sa main libre, l'autre tenant toujours le poignet armé, ne lui faisant absolument pas confiance.

Il souleva délicatement le visage de son amant, pour le découvrir aussi essoufflé que ce que sa respiration le laissait entendre, et couvert de sueur.

« Iza, qu'est-ce que t'as ? »

« Lâche-moi, je vais très bien. » Répliqua-t-il froidement en cherchant à s'éloigner.

Shizuo le laissa faire, récupérant quand même le couteau avant, sa joue se rappelant toujours à lui en tiraillant.

Il vit Izaya tituber un instant, se tenant à nouveau les côtes, avant de s'effondrer contre le mur.

« Izaya bordel ! Qu'est-ce que t'as ? On t'a frappé ? » s'emporta le blond en s'accroupissant à côté de lui. Il éloigna les bras de la cage thoracique, et souleva le pull sans attendre de réponse. L'hématome violet foncé et rouge sang par endroits qu'il découvrit sur son torse manqua le faire crier.

« Oui, on m'a frappé. Un monstre m'a lancé une bouteille d'un excellent vin, avant de me forcer à coucher avec lui. Génial, n'est-ce pas Shizu-chan ? »

Shizuo ne sut que répondre, et le regarda se relever péniblement. Il se sentait mal. Pour la première fois de sa vie, avoir blessé Izaya ne lui procurait aucune joie. Quelques jours auparavant, envers et contre tout, il aurait encore pu prétendre que cela le laissait au moins indifférent, mais depuis la veille, et encore plus à cet instant, cela lui était devenu impossible.

Par contre, il l'énervait toujours autant. Et une folle envie de lui écraser son poing sur la figure fit son apparition. Seulement, le faire aurait voulu dire le blesser. C'était à ne plus rien n'y comprendre !

Il se leva finalement, rattrapant Izaya qui marchait péniblement vers la sortie de la ruelle, et lui barra le passage.

« Où tu crois que tu vas comme ça, Izaya-kun ? »

Le brun leva les yeux vers lui, et soupira. Shizuo le vit avec horreur défaire sa ceinture, et baisser son pantalon et son boxer.

« Fais ce que t'as à faire, et laisse-moi. J'ai rendez-vous. »

« Mais... qu'est-ce que tu fous ? »

Il entendait des accents de panique dans sa voix, et continua à se sentir complètement stupide. En plus d'être dégueulasse. C'était vraiment comme ça que son ennemi le voyait désormais ? Un monstre à la force surhumaine qui ne cherchait que du sexe en plus de la violence ?

« Ce n'est pas ce que tu voulais ? » demanda méchamment son amant.

Le même qu'il avait serré dans ses bras en le faisant crier de plaisir la nuit passée. Le même qui l'avait embrassé en gémissant. Le même.

Cette information n'arrivait pas à atteindre son cerveau alors que son ennemi remontait ses vêtements et refermait sa ceinture.

Shizuo le regarda s'éloigner, et se brula avec sa cigarette, qu'il n'avait toujours pas lâchée. Il se sentait triste. Et encore plus pour Izaya. Il ne voulait pas que celui-ci le voie comme cela, mais ne savait absolument pas quoi faire pour que le jeune homme change d'avis.

Et réfléchir pour trouver une solution n'était vraiment pas son fort !

.

.

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oOo oOo oOo

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.

Ç'avait été tellement facile qu'Izaya avait encore du mal à y croire.

Pourtant, une fois de plus, il n'avait rien prévu. Il ne pensait pas rencontrer Shizuo aussi tôt et aussi près de la frontière extérieure d'Ikebukuro. Il avait innocemment cru qu'il pourrait se faufiler jusqu'à son rendez-vous. Et l'avait surtout ardemment désiré.

Il ne voulait pas que son ennemi, et désormais ancien amant, le voie dans cet état. Déjà que devoir aller rencontre son contact ainsi lui répugnait...

Finalement, il n'y avait pas été de toute façon. Après avoir croisé Shizuo, il s'était laissé tomber sur la banquette du premier taxi qu'il avait aperçu pour rentrer chez lui, et avait essayé de se calmer.

Son coeur battait la chamade, et la nausée menaçait de le submerger à tout moment. Il avait passé tout le trajet à essayer de se convaincre qu'il était dans cet état uniquement à cause de ses côtes fêlées, mais n'y arrivait pas.

Il se sentait même un peu déçu que le blond ne l'ait pas pris quand même, là, dans cette ruelle crasseuse, contre un de ses murs recouverts de graffiti.

La nausée le reprit, et il se força à penser à d'autres choses. Des choses qui ne le dégoutaient pas encore plus de sa propre personne. Pourquoi rejeter Shizuo lui faisait-il autant d'effet ?

Et, surtout, quel effet cela lui faisait-il réellement ?

Mis à part l'emballement incompréhensible de son coeur, et ses envies de vomir intempestives, il n'arrivait toujours pas à se fixer. Tout ce dont il était sûr, c'est qu'il n'avait jamais ressenti cela.

Et comme toute chose sur laquelle il n'avait aucun contrôle, Izaya détestait ça.

.

Huit jours s'étaient écoulés depuis cette rencontre plus que désagréable, et il avait décidé de sortir se changer les idées. Seulement, dans cette boîte de nuit de Shibuya, tout ce qu'il arrivait à faire était se souler. Littéralement. Mis à part ça, il s'ennuyait à mourir.

Après sa deuxième bière, et son troisième shot de Vodka, il sortit son téléphone portable et se connecta à un salon de chat où il avait récemment fait de nouvelles rencontres, évitant celui qu'il fréquentait habituellement.

- Kanra vient de rejoindre la conversation -

Kanra : Bonsoir !

Ai : Bonsoir !

Tesuka : Hey Kanra !

- Demande de conversation privée venant de Tesuka -

*Acceptée*

Tesuka : Tu ne t'es pas connectée hier soir, Kanra... Aurais-je dit quelque chose de mal ?

Kanra : Bien sûr que non, Tes ! J'étais simplement occupée. Serais-tu devenu jaloux ?

Tesuka : Non. C'est juste que tu m'avais dit que tu viendrais.

Kanra : Je m'ennuie...

Tesuka : Déjà ? Que fais-tu ?

Kanra : Je suis dans une boîte à Dōgenzaka... au Womb. Je voulais me changer les idées, mais visiblement ça ne sert à rien...

Tesuka : Tu... veux que je te rejoigne ? Je n'habite pas très loin...

Kanra : Pourquoi pas ? Mais je te préviens, j'ai déjà un peu bu.

Tesuka : Pas grave. Je dois juste passer chez un ami chercher quelque chose, je serai là d'ici 15minutes.

Kanra : Très bien, je t'attends. Oh, comment est-ce que je te reconnaitrai ?

Tesuka : Mmmmh... Bonne question ! Dans tout ce monde, je devrais porter une pancarte !

Kanra : Ce ne serait pas très discret ! ^^

Tesuka : Non, pas vraiment ! :-p

Kanra : Tu as une casquette ?

Tesuka : Oui. Mais elles ne sont pas interdites dans ce genre d'endroit ?

Kanra : Justement, tu n'auras qu'à la mettre une fois à l'intérieur, et l'enlever quand je t'aurai trouvé !

Tesuka : D'accord ! J'arrive !

- Tesuka a quitté le chat -

* Déconnexion *

Izaya rangea son gsm, un sourire au coin des lèvres. Cela promettait d'être amusant ! Même s'il avait vraiment trop bu... Et qu'il comptait bien continuer sur sa lancée !

Il terminait une énième bière quand un jeune garçon habillé d'un jeans large et d'une chemise à manches longues de couleur sombre ouverte sur un simple débardeur rouge foncé attira son attention. Il venait de s'accouder au bar en enfilant une casquette carrée, comme les militaires en porte parfois.

Izaya se dit qu'il avait l'air fort jeune, en plus d'avoir l'air très peu à l'aise, et n'en trouva la situation que plus amusante. Il se leva pour aller le rejoindre et s'appuya à côté de lui.

« Bonsoir, la place est libre ? »

Un classique du genre, et dis de sa voix la plus enjôleuse. Comme il s'y attendait, le jeune garçon essaya de repousser sa tentative.

« Je... j'attends quelqu'un en fait... »

Le rougissement qui venait d'apparaitre sur ses joues le fit rire.

« Et bien je suis là maintenant. »

« Kanra-san ? » demanda-t-il, complètement ébahit.

« Enchanté Tesuka ! »

« Mais... »

« Mais tu croyais que j'étais une femme. Je suis terriblement désolé de te décevoir ! Seulement tu n'es pas le seul déçu, je croyais que tu étais au moins sorti du berceau ! »

Les joues de Tesuka s'empourprèrent à nouveau tandis qu'il essayait de se justifier :

« Je suis majeur ! »

« Je n'en doute pas une seule seconde ! Puis-je voir la pièce d'identité avec laquelle tu es entré ici ? »

« Non ! »

Izaya rit à nouveau. C'était si facile...

« C'est donc bien ça que tu es allé chercher chez ton ami ! Ne t'en fais pas, je ne le dirai à personne ! » termina-t-il sur un ton complice en lui faisant un clin d'oeil.

« Tu veux boire quelque chose peut-être Tes ? » finit-il par demander pour détendre un peu l'atmosphère.

« Je... je ne bois jamais d'alcool. »

« Tes... Tu es en train de me dire que tu comptais venir dans cette boîte, draguer une fille plus âgée, et ce sans même boire un verre d'alcool avec elle ? »

Le gamin rougissait à nouveau jusqu'aux oreilles, et baissa la tête, cachant son visage grâce à sa casquette.

Izaya commanda deux bière et shots de Vodka. Se retournant vers Tesuka, il vit que celui-ci n'avait toujours pas osé relever la tête, et lui enleva sa maigre protection, dévoilant une chevelure brune en désordre qui lui donna un air adorable lorsqu'il leva enfin les yeux vers lui. Les mèches plus longues à l'avant barraient son regard vert émeraude, et il lui sourit franchement.

« J'aime l'innocence culottée ! Allez, ce soir, on oublie tout ce qui a trait à notre vie de tous les jours ! Ok Tes ? » fit-il en soulevant son verre d'alcool fort pour trinquer.

Heureusement le jeune garçon se reprit, et souleva le sien, l'entrechoquant en essayant de prendre un air assuré. C'était assez réussi, et surtout très mignon ! pensa Izaya, se disant une fois de plus que les humains étaient des créatures totalement fascinantes. Celle-ci serait-elle aussi prévisible que les autres ? Surement. Mais tout cela n'en était pas moins agréable pour se changer les idées.

.

Deux tournées plus loin, Izaya savait déjà presque tout du jeune garçon. Le nom de chacun des membres de sa famille, le lycée où il suivait ses études, sa couleur préférée, ses plats, et toute une foule de petites choses qui faisaient de Tesuka un humain à part entière.

Maintenant l'informateur souhaitait attaquer les sujets plus « sensibles ».

« Dis-moi Tess, comment imaginais-tu que j'étais ? Je veux dire, la femme que j'étais. »

Le gamin se mit à rire nerveusement, rougissant comme il l'avait fait au début. Puis il siphonna sa bière pour se donner du courage et Izaya en commanda une autre.

« Belle. Je t'imaginais très très belle. »

« Et je ne suis pas beau ? »

« Si ! »

Son empressement le fit rire.

« Pourquoi m'imaginais-tu belle ? » demanda-t-il avec un sourire en coin.

« Je ne sais pas trop. Même avant de savoir que tu habitais Tokyo et que te rencontrer serait possible, je t'ai toujours imaginé comme ça. Je pense que c'est à cause de la façon dont tu t'exprimais, et les sujets desquels nous discutions sur le chat... »

« Arrête, tu vas me faire rougir ! »

Mais ce fut les joues de Tesuka qui rosirent à nouveau. C'était vraiment trop facile...

Izaya avait envie de pousser son petit jeu plus loin. Beaucoup plus loin.

« Tu as dû être fort déçu de découvrir un homme alors ! Non ? »

« Si... au début. Maintenant je ne le suis plus du tout. Tu es pareil, en fait. Et c'est toujours aussi agréable de discuter avec toi ! »

« Ta franchise me fait plaisir, mais si tu n'avais pas déjà autant bu je penserais que tu ne dis ça que pour m'être agréable ! »

« Rassure-toi Kanra, avec tout cet alcool, je serais incapable de mentir, même si ma vie en dépendait ! »

« Vraiment ? »

« Vraiment ! »

« Tu permets que je te pose une série de petites questions, pour voir ? »

« Bien sûr ! »

Izaya prit le temps de commander une autre bière pour lui avant de poser la première, souhaitant commencer en douceur.

« Quel âge as-tu réellement ? »

« Dix-sept ans. »

L'informateur sourit. Si jeune !

« As-tu déjà eu une petite amie ? »

« Oui. Deux même ! » répondit fièrement le jeune garçon avant de boire son shot.

« Deux ? Fantastique ! » se moqua-t-il gentiment, le faisant faire une moue de petit enfant.

« Sois pas méchant Kanra ! »

« Moi ? Jamais ! Alors... as-tu eu l'honneur d'embrasser l'une d'elle ? »

Nouveau rougissement, suivi d'une gorgée d'alcool, avant sa réponse :

« Seulement la deuxième... »

« Je suppose que tu es encore vierge alors ? »

Tesuka hocha simplement la tête sans répondre, regardant ailleurs.

« Et un petit ami, déjà eu ? »

« Non ! » cria-t-il presque en s'empourprant.

Ce fut au tour d'Izaya de faire la moue, déçu de l'air dégouté qu'avait pris Tesuka. Mais il ne pouvait pas réellement lui en vouloir. Avant Shizuo, lui non plus n'aurait jamais envisagé la possibilité d'une quelconque sorte de relation avec un autre homme. Se rendant compte qu'il repensait de nouveau à lui malgré sa promesse de ne plus le faire, surtout pas ce soir, il reprit ses questions.

« Tu as pourtant dit que j'étais beau... Non ? »

« Si... » finit par répondre le jeune garçon. « Mais ça ne veut pas dire que j'ai déjà eu un petit ami ! »

« Non, évidemment. Et tu penses que ça te dérangerait, de sortir avec un garçon ? »

« Pourquoi, tu veux qu'on sorte ensemble ? »

Izaya faillit s'étrangler avec sa boisson, avant d'éclater de rire.

« Pas vraiment, non ! » réussit-il a dire entre deux rires, le faisant se mordre la lèvre.

Ce simple geste attira immédiatement le regard de l'informateur, qui eut une folle envie de sentir si elles étaient aussi douces qu'elles en avaient l'air. Décidant que ça ne coutait rien d'essayer, mis à part une possible gifle, il posa son verre et s'appuya sur le siège de Tesuka, se penchant lentement vers lui avec son sourire le plus enjôleur. Il prit le temps d'aller murmurer d'une voix basse et sensuelle à son oreille avant de tenter sa chance :

« Mais pour le reste, on pourrait toujours s'arranger... »

Il glissa le long de sa joue, la caressant, et alla jusqu'à ses lèvres qui l'avaient si soudainement attiré. Le garçon ne réagit pas, restant droit et les mains à plat sur ses genoux.

Izaya appuya alors les siennes doucement contre elles, et y passa la langue, goutant l'alcool qui les humidifiait encore. Puis il lui prit la nuque, et le força gentiment à réagir. Il ne pouvait que se plaquer contre lui, ou le repousser.

Sa réaction ne se fit pas attendre, et il se pencha en avant, entrouvrant la bouche pour le laisser y glisser la langue, et passant ses bras autour des épaules de l'informateur. Ravi de sa réaction, Izaya l'attirait encore plus près, et l'embrassa plus profondément, découvrant son inexpérience et sa timidité, et la sentant faire peu à peu place à une envie dévorante et un manque de contrôle total dû à l'alcool. Il se retrouva bien vite avec le jeune garçon sur les genoux, et ses mains s'étaient déjà glissées sous ses vêtements, caressant la peau soyeuse de son dos. Il ne put s'empêcher d'onduler des hanches, et un gémissement lui répondit.

Ils durent se séparer pour prendre leur souffle quelques secondes plus tard, et cette fois-ci ce n'était plus de la gêne que le visage du jeune garçon tenait sa superbe couleur rouge.

« On va ailleurs ? » souffla l'informateur en caressant le creux de ses reins du bout des doigts, le faisant frissonner.

« Où ça ? Chez toi ? » demanda Tesuka en souriant, ses yeux verts pétillants et toute sa timidité disparue.

« Non, pas chez moi. J'habite trop loin. » Mentit-il.

Il aurait peut-être pu se le permettre, mais le risque d'y voir débarquer un ancien barman prit d'une folie destructrice, ou sexuelle, était encore trop grand.

« Où ça alors ? »

Izaya hésita une seconde. Sa proposition pouvait être aussi mal prise que bienvenue.

« Il y a des love hôtels juste à côté. » Finit-il par chuchoter.

Pour atténuer l'information, il lui mordilla le lobe de l'oreille, et le suçota longuement pendant que le jeune garçon semblait réfléchir.

« Allez, dis-moi oui... » insista-t-il en le serrant contre lui, donnant un discret coup de rein qui lui arracha un nouveau gémissement.

« D'accord... » céda le jeune garçon, et Izaya le jeta presque en bas de ses genoux.

Il paya rapidement leurs boissons, et l'entraina vers la sortie.

Ce n'est qu'une fois dans la rue qu'il se rendit compte du point auquel il était soul. Le monde tanguait autour de lui, et il ne semblait pas être le seul à avoir trop bu, Tesuka s'accrochant à lui comme à une bouée en pleine mer.

« Tu ne vas pas être malade au moins ? » demanda-t-il en lui jetant un coup d'oeil.

« Non non. J'me sens super bien en fait ! »

Le ton joyeux le rassura, et ils partirent en direction de la rue qui intéressait l'informateur.

En chemin, ils prirent un raccourci en passant par une minuscule ruelle non éclairée, et le jeune garçon le plaqua soudainement au mur en le couvrant de baisers, le faisant rire.

« Tes ! On y est presque ! »

« M'en fou ! J'veux t'embrasser maintenant ! » répondit le gamin d'une petite voix capricieuse.

L'endroit lui rappelait bien trop sa dernière rencontre avec Shizuo, et Izaya se sentit brusquement à nouveau en colère. Il retourna Tesuka contre les briques, et s'attaqua à son cou tout en lui faisant retirer sa chemise d'un geste brusque.

Il ne put s'empêcher de le mordre et le jeune homme geignit. Il n'y prêta pas attention, reprenant ses lèvres en sortant son couteau, et déchira son débardeur.

« Hey ! Doucement ! »

« J'veux te prendre, maintenant ! » ricana l'informateur en le plaquant face au mur, imitant Tesuka.

« Non ! Kanra ! »

« Quoi ? C'est pas ce que tu voulais ? »

Sa voix avait pris un accent mauvais, et le plus jeune voulut se débattre. Izaya lui colla sa lame sous la gorge.

« Kanra ! Pitié ! Pas ici ! Pas comme ça ! »

« Pourquoi pas ? C'est très bien ici ! J'aime beaucoup cet endroit, il m'excite. Pas toi ? Je ne saurai pas dire exactement pourquoi, mais de toute façon, on s'en fou Tes. Baisse ton pantalon. »

Tesuka se mit à pleurer, l'agaçant encore plus.

« Fais pas l'enfant ! Tu demandais que ça il y a deux minutes ! »

« J'veux plus ! Arrête Kanra ! »

Appuyant plus fort avec son couteau, Izaya glissa sa main libre à l'avant du jeans et déboucla la ceinture. Il dût batailler quelques secondes avec le bouton, mais arriva bien vite à s'en défaire, abaissant le boxer avec.

« Penche-toi, Tes. » Chuchota-t-il avant de lui mordre l'oreille.

« Non ! Pitié Kanra ! Arrête ça ! »

« Si tu ne m'écoutes pas, tu auras juste plus mal. Alors, sois un bon garçon Tesuka, et fais ce que je te dis. »

« Kanra, si tu veux on va toujours à l'hôtel ! Moi je suis toujours d'accord ! On sera mieux là-bas ! »

« On ira après. Maintenant fais ce que je te dis ! »

Le jeune garçon finit par prendre appui contre le mur en sanglotant, se penchant comme Izaya l'avait demandé. L'informateur rangea alors son arme, et ouvrit son propre pantalon. Il prit le temps de lécher deux de ses doigts, et en enfonça un dans l'intimité de Tesuka.

Il ne lui faisait pas mal, mais la situation faisait trembler de manière incontrôlable le gamin, qui ne pouvait retenir ses pleurs.

« Kanra, arrête, j't'en prie ! Pas ici ! »

L'introduction du second doigt fut par contre beaucoup plus douloureuse, lui arrachant un cri. Izaya faisait pourtant tout pour ne pas le blesser réellement. Il n'avait aucune envie de lui causer la même souffrance que Shizuo lui avait occasionnée. Mais il n'arrivait pas à s'arrêter. Il n'avait pas menti, l'endroit l'excitait réellement, et le jeune garçon tout autant.

Lorsqu'il le jugea prêt, celui-ci s'était calmé, et retenait ses gémissements.

« Tu aimes on dirait, Tes... »

« Kanra... Viens, on va à l'hôtel... » essaya-t-il encore, mais son futur amant ne l'entendait toujours pas de cette oreille.

Il sortit son sexe, et l'humidifia d'un peu de salive, avant de le pénétrer lentement.

« Oh putain ce que tu es serré ! Détends-toi Tes.. Tu vas adorer ça... »

Tesuka aurait aimé qu'il mente, mais malgré la légère douleur occasionnée, il ne pouvait s'empêcher de trouver la sensation agréable. Il se sentait étrange, l'alcool lui faisait maintenant tourner la tête, et la peur ressentie laissait place à d'autres impressions encore plus grisantes.

« Kanra... » gémit-il quand Izaya fut totalement en lui.

Le plus âgé n'attendit pas pour commencer à se mouvoir, et attrapa les hanches du garçon, les faisant venir à la rencontre de son bas-ventre dans un claquement mat qu'il trouvait tout simplement délicieux.

Tesuka se mit à pousser de petits cris de plaisirs au même rythme que ses coups de reins, l'excitant encore plus. Il glissa une main jusqu'au sexe de son jeune amant, qu'il trouva, comme il s'y attendait, tendu de désir.

« T'aimes ça, Tes ? » demanda-t-il en le branlant lentement, jouant avec son pouce sur le gland en étalant le liquide qui s'en était échappé.

« Je... AH ! Oui ! »

Izaya ne put s'empêcher de rire, et accéléra le mouvement de son poignet et de son bassin, tapant à nouveau contre la prostate du jeune garçon.

Il avait chaud. Tellement chaud !

« Bouge pour moi, Tes... » demanda-t-il en le lâchant pour retirer sa veste.

Tesuka obéit immédiatement, poussant des ses mains sur le mur pour se propulser en arrière, heurtant les hanches d'Izaya qui dut se raccrocher à lui pour ne pas tomber. Le jeune garçon y mettait toute son énergie, et quand l'informateur se mit à bouger à contre-pied, il ne put retenir ses cris. Le plus âgé avait toujours aussi chaud, et sentait la jouissance grossir au creux de son ventre et inonder ses reins. Se saisissant à nouveau du sexe dressé de son amant, il reprit ses caresses au même rythme que leurs coups de boutoir, et celui-ci se libéra brutalement. Izaya sentit l'étroit fourreau dans lequel il était enfoncé se contracter presque douloureusement autour de lui et le pénétra une dernière fois, violemment. Son propre orgasme explosa , le faisant gronder tandis qu'il mordait Tesuka dans la nuque en appliquant les derniers mouvements, prolongeant sa libération quelques instants.

Ils finirent par glisser au sol tous les deux, la respiration haletante. Mais Izaya se sentait mal.

Au moment où il avait joui, la dernière personne qu'il aurait souhaité voir était apparue derrière ses paupières étroitement fermées.

Il avait joui en pensant à Shizuo, et la nausée l'assaillait à nouveau.

Dès qu'il se fut assez calmé, il se releva, refermant son pantalon rageusement.

« Kanra... où tu vas ? » demanda d'une voix essoufflée Tesuka.

« Chez moi. »

Et il s'éloigna sous les suppliques indignées du jeune garçon.

Fin du chapitre cinq.

Review please ?

Que va-t-il se passer ensuite ?

Tesuka disparaitra-t-il dans la nuit ? Izaya finira-t-il par décider ce qu'il va faire de son tendre ennemi ? Shizuo recommencera-t-il à vouloir écraser l'asticot sous un distributeur ? Préfèrera-t-il l'écrabouiller avec son corps ? Kasuka deviendra-t-il la nouvelle star d'Hollywood ? Est-ce que de l'aspirine suffira à faire passer sa gueule de bois imparable qui attend ce pauvre Izaya ?

Et surtout... comment un pingouin fait-il pour porter un melon ?

Vous saurez tout ça, et plus encore si... vous me laissez une review !

Mouhahaha...

Non ?

* File se cacher *

Si vous me faites trop de mal je n'arriverai pas à écrire la suite ! Pitié ! ^^