Je dédicace Death Sub à Jeremiah Hawkins, qui a été là pour me soutenir, me gratter mes chapitres en avant-première, et SURTOUT a été super patiente ! Désolée de t'avoir fait attendre, voilà la suite, et j'espère que les chapitres à venir continueront à te plaire ! Ta LadySade !

Et voilà, je vous avais dit savoir parfaitement ce qui se passerait dans ce chapitre deux, puis je n'ai écrit que le début... Et, maintenant, je ne sais plus ! Putain de mémoire de poisson rouge à la con...

* Toussote, se reprends *

C'est pas grave, je vais bien trouver ! Et peut-être même mieux ! Enfin, j'ai dormi... Trop bien, même si pas assez. Donc ma cruauté fait des siennes, elle se débat. Je vais surement être obligée de l'attacher pour pouvoir lui pomper son jus, enfin, sans mauvais jeux de mots ! Vous avez l'esprit vraiment tordu mes chers lecteurs... Ma faute ? Ah bon ? Oui... Possible... Dois être contagieux, la cruauté... Suffit de voir le monde... Devrait en informer mon mec, ce bisounours qui couine dès que je veux le prendre comme cobaye ! Ceux qui ont lu le premier chapitre de Death Lovers seront aussi choqués que moi en apprenant que mon homme à refuser de me laisser lui tirer une balle dans la tête « pour voir » comme dirait Near ! Scandaleux, non ?

Pareil pour le tranchage de gorge... Et je dois utiliser des pots de confiture à peine ouverts pour me représenter la sensation d'un couteau dans le ventre ! Vous imaginez ? Vous aussi vous trouvez ça injuste ? Mon adresse mail se trouve sur mon profil, j'attends vos candidatures avec impatience ! Les cobayes avec problèmes mentaux ou dépendances diverses sont priés de le signaler, mais je prends aussi !

Et n'oubliez pas, c'est pour la science, le souci du détail de mes écrits, et mon bonheur personnel ! Tout ça est donc de la plus haute importance ! Comme je dis toujours, si t'as mal crie plus fort, ça ne me dérange pas ! Ou comme dirais Matt et Mello, détends-toi, et serre les dents !

Mouhahaha... Ouais bon... La suite... Ça va pas s'arranger là...

* Toussote, se reprends *

The show must go on !

Death Substitution.

The darkest desires.

Mello avait le rapport sous les yeux et pourtant, il n'arrivait pas à y croire. La première fois, il avait cru à un accident. Matt pouvait se montrer tellement violent pendant le sexe... Mello s'en souvenait très bien. Ses plus belles cicatrices venaient de ses nuits brulantes où Matt perdait pied, ses yeux s'allumant d'un éclat étrange qu'il avait appris à reconnaitre, craindre... et souhaiter. Il soupira encore. Sebastien jouait sur sa console portable, mâchonnant un bâton de sucette. Mello l'aurait bien fait fumer, rien que pour pousser encore plus loin la ressemblance déjà troublante, mais n'avait pas pu. Détruire sa propre vie, c'était une chose. Mais détruire celle du gamin, ça non. Il se refusait de corrompre encore plus ce jeune corps presque innocent. Il leva les yeux vers lui, et sourit devant son air concentré et ses sourcils chiffonnés.

Sebastien n'était qu'un petit coursier qui étudiait dans un lycée minable et travaillait pour la mafia de son quartier pour payer ses études à leur première rencontre. Quand Mello l'avait découvert, un des hommes de main de son patron de l'époque le forçait à le sucer. Ses mains grasses et larges sur un si joli visage l'avaient dégouté. D'une balle dans la nuque, il avait abattu l'homme.

Il aurait pu croire que le garçon était Matt, quand il n'avait aperçu qu'une partie de son visage et sa tignasse rousse, mais son ancien amant ne se serait jamais laissé faire. Pas sans se battre, tout du moins, et ce gosse était aussi soumis qu'un caniche, suçant et léchant le sexe avec application, et tremblant sous la menace de la voix de l'homme.

Sebastien l'avait remercié, et s'était aussitôt mis à son service, sans même lui demander son avis. Mello n'ayant pas besoin de coursier, il s'était vraiment demandé quoi en faire. Jusqu'au matin suivant, où il s'était réveillé avec une trique monstrueuse. Trois mois seulement depuis qu'il avait quitté la Wammy's à l'époque, et pourtant il rêvait tellement de Matt qu'il salissait ses draps parfois plusieurs fois par nuit. Il avait alors appelé le gamin, qui dormait dans la pièce d'à côté et, dès son entrée, lui avait montré son sexe dressé, se contentant de dire :

« J'ai un problème. Résous-le. »

Le gosse avait semblé heureux, se jetant sur lui et léchant sa queue comme si elle était sa gourmandise favorite. Autant d'enthousiasme l'avait fait rire. S'il n'avait pas entendu l'homme forcé le gosse, il aurait cru que c'était son boulot. Mais la différence était frappante. Là où il n'y avait eu qu'une application terrifiée, il y avait ici une envie de bien faire frisant le ridicule. Au bout d'un moment l'expression du gamin l'avait énervé. Matt se montrait toujours soucieux de son plaisir, mais pas comme ça. Il devrait l'éduquer, s'était-il dit. Mais pas ce matin-là. Mello n'avait aucune patience quand il bandait. Il l'avait donc retourné sans ménagement, s'enfonçant dans son intimité qu'il devina vierge, lui arrachant des cris de douleurs. Il l'avait baisé, violemment, sans se soucier d'autre chose que de son propre orgasme. Il avait donc été étonné quand Sebastien s'était libéré contre les draps en gémissant son nom. Mais n'en avait rien montré, continuant de le pilonner longuement, le faisant crier à nouveau. Puis son téléphone avait sonné, il avait donc été forcé de décrocher, et de bâillonner le gosse, continuant sa besogne et jouissant silencieusement sans même interrompre sa conversation. Avec Matt, il aurait été incapable de répondre à quoi que ce soit, même décrocher son téléphone, tellement leur plaisir les aurait accaparés. Encore une autre différence... Il s'était ensuite levé, attrapant une tablette de chocolat. Plaçant la main sur le combiné, il avait ordonné au gosse, tremblant de douleur et de plaisir mêlé, de changer les draps tachés de sang et de foutre, et avait fini sa conversation dans la salle de bain avant de prendre sa douche, appelant Sebastien pour un nouveau round. Le sujet de cet appel tombant légèrement au mauvais moment était le rapport hebdomadaire sur Near et, accessoirement pour la mafia, sur Matt, que lui faisait un de ses nombreux hommes de main. Le seul véritable point qui faisait attendre avec impatience ses rapports à Mello étant évidemment la partie sur son ancien amant. Enfin, c'était avant qu'il était impatient d'avoir ses rapports, mais maintenant.. Avant, c'était toujours pareil. Near, tout son bordel, bougeait en permanence. Pour Matt, toujours pareil aussi : rien à signaler.

Avant.

Maintenant, il commençait à craindre ses rapports, se doutant que beaucoup d'autres allaient suivre. Neuf semaines de calme après ce que Mello appelait « L'incident », mais que Jeff surnommait : « Le putain de problème de ton pote complètement tordu ».

Lorsque les dossiers restants leur étaient parvenus, l'homme de main avait failli en vomir. Visiblement Matt était tellement HS lorsque les flics l'avaient trouvé qu'ils avaient eu le temps de prendre des photos avant l'arrivée de l'ambulance. Pas très professionnel, jugeait Mello. Et le voir dans cet état... Tout habillé, son pantalon ouvert et son pull remonté dévoilant un ventre musclé, mais amaigri, couché sur la moquette d'une chambre d'hôtel quelconque avec un cadavre nu dans les bras, vautré dans une flaque sanglante et poisseuse... Charmant.

Par contre Mello ne se trouvait pratiquement aucune ressemblance avec le mort. Cheveux blonds mi-long certes, mais à part ça... Jeff avait juré ses grands dieux qu'on aurait dit son jumeau, lui fichant sous le nez les clichés de l'autopsie. Il trouvait que le gosse ressemblait à une fille... Jeff lui avait affirmé que lui aussi. Ce qu'il avait fort mal pris, trainant Sebastien dans la chambre d'à côté et le faisant hurler à la mort. Il était revenu extrêmement satisfait, son homme de main encore plus blanc, le traitant de malade d'être capable de s'envoyer en l'air après avoir regardé ça... Mello avait ricané, le traitant de sensible. Une journée comme les autres, en sommes. Il n'avait même pas percuté tout de suite que Jeff ne savait pas à quoi il « employait » Sebastien jusque-là... Maintenant si. Mais comme aucune autre remarque n'avait filtré, et qu'il savait l'homme très discret, contrairement aux autres mafieux, il ne s'était pas inquiété.

Neuf semaines de calme... Et puis « ça ». C'était encore pire. Une ruelle sombre, dans une petite ville française. Un gamin de quatorze ans, les yeux et la langue arrachés. Aucune trace de sévices sexuels, disait le rapport. Aucune trace du meurtrier non plus, pour une fois.

Mello se demandait comment le gosse avait dû le regarder... Qu'avait-il bien pu lui dire pour que Matt réagisse ainsi ? Au lit, le rouquin avait toujours été violent. Il perdait souvent le contrôle, bien qu'il n'ait jamais vraiment blessé Mello. Mais en dehors... Il n'avait jamais été brutal. Certes, il l'avait déjà frappé. Mais jamais battu. Enfin, pas au sens classique du terme, et pas d'une manière mortelle. Il n'avait jamais utilisé d'autres armes que son corps.

Mello passa à la page qui l'intéressait : les yeux avaient été arrachés avec les doigts... Mais pas la langue. Avec les dents peut-être ? Il ne put s'empêcher de ricaner, s'attirant un regard réprobateur de Jeff. Ce qui le fit encore plus rire. Mais non, elle avait été tranchée près de la racine avec un couteau à lame lisse. Peut-être le cran d'arrêt qu'il lui avait offert ? Surement... Matt conservait presque religieusement tout ce que Mello lui offrait. La bague, le couteau, le 9mm, la veste, les lunettes, les gants... Tout. Sans oublier sa collection de pulls rayés. C'était parti d'une simple blague : Matt s'était plain d'avoir l'impression d'être prisonnier... L'après-midi même Mello lui ramenait sa première tenue de bagnard. Un t-shirt rayé jaune et noir. Par la suite, le rouquin le portant tout le temps, il avait continué à lui en offrir. Un par mois, toujours la même date... Sentimental lui ? Mais non...

Mello avait envie de rire encore. Ou de pleurer... Il ne savait plus vraiment. De toute façon, il ne pleurait jamais. Sauf quand Matt le baisait trop fort. Mais seulement parce que les larmes coulaient toutes seules. Pas de vrais pleurs donc, juste une réaction chimique... N'est-ce pas ?

« Quel con... »

« Quoi ? »

« Rien, Jeff... rien... »

Il ouvrit un des tiroirs de son bureau pour prendre une tablette de chocolat, qu'il lécha longuement tout en tournant et retournant les photos des deux morts en tout sens. Blonds, jeunes, habillé de cuir... Lui ressemblait-il vraiment ? Matt était-il si en colère ? Et, surtout... devait-il s'en mêler ? Le faire arrêter ? L'arrêter lui-même ? Le récupérer ?

Il l'avait laissé à la Wammy's pour une bonne raison.

Mais, désormais, il n'était plus si sûr de lui... Et son choix lui paraissait totalement égoïste.

« Desperant Matty... »

Ni Jeff, ni Seb ne dirent quoi que ce soit... Cela faisait plus de deux mois que leur boss répétait cette phrase en secouant tristement la tête, ils commençaient à s'habituer.

« Seb, problème. » Murmura Mello en se levant, allant dans la chambre. Le môme le suivit sagement comme un bon petit chien, et Jeff soupira. Il trouvait vraiment malsain que le blond ait envie de s'envoyer en l'air après avoir vu ces images. Chaque fois qu'il relisait le premier rapport, il semblait perdu dans ses pensées. Mais dès qu'il reprenait ses esprits, il allait s'enfermer dans sa chambre avec le coursier... C'était lui qui était désespérant ! pensa le mafieux pour la centième fois.

oOo

Londres. Matt se demandait bien ce qu'il foutait dans la capitale anglaise, quand Kira se trouvait au Japon. Mais il ne faisait jamais aucun commentaire sur les décisions que prenait Near. Depuis qu'il avait frappé l'albinos, il se tenait tranquille, obéissant sagement, faisant ce qu'on attendait de lui.

De temps en temps, il était tenté de sortir. Il n'en revenait toujours pas. Les flics qui l'avaient arrêté à Prague étaient revenus s'excuser deux jours plus tard, lui enlevant les menottes qui le gardaient attaché à son lit d'hôpital et lui promettant d'arrêter le meurtrier de son « ami » au plus vite. Il les avait regardés, se demandant s'il n'avait pas juste fait un cauchemar, puis leur avait dit le plus sérieusement du monde :

« Mais c'est moi l'assassin ! »

Les flics avaient détalés comme des lapins, sans un regard en arrière. Il avait cru à un coup de Near, et avait demandé à l'appeler. Mais la façon dont son « patron » l'avait réprimandé pour son absence le mettait hors de cause. Il était donc sorti le jour même, avec ses vêtements couverts de sang qui lui avait été rendu, ainsi que tout le reste de ses affaires. Ce qui était vraiment étrange, puisque dans le cadre d'une enquête tout ce qui se trouvait dans la chambre aurait dû être conservé soigneusement. Matt avait décidé de ne pas chercher plus loin, et était rentré à l'hôtel, essuyant des regards outragés sur le trajet. Il s'était ensuite changé, et avait été rejoindre Near après avoir pris une douche. Il avait même dû se branler, se retrouvant avec une érection plus que conséquente en repensant à Gabriel, puis à Mello... Il en avait été effrayé, mais le souvenir d'une nuit où il avait fait l'amour avec Mello dans une forêt avait balayé ses craintes. C'était donc d'excellente humeur qu'il avait été hacké un énième ordinateur sur ordre de l'albinos.

Puis il y avait eu Lille...

Il était sorti, se demandant pourquoi il se privait de tout simplement parce qu'un crétin l'avait lâchement abandonné. Il avait trouvé un bar, y était entré, s'était soulé sans trouver ce qu'il cherchait, et était passé au suivant. Au quatrième, il avait trouvé. Un Mello... Seulement il était plus que soul, et son substitut l'avait suivi dans une ruelle avait d'ouvrir sa grande gueule beaucoup trop fort, voulant de l'argent ! Et voilà... Matt s'était emporté, ses yeux trop bleus et sa langue bien trop pendue le mettant hors de lui. Jamais Mello ne se serait prostitué. Il lui avait donc arraché la langue, en foutant du sang partout. Puis il lui avait crevé les yeux, pour faire bonne mesure. Et parce qu'il ne supportait plus ce regard accusateur. Le gosse était mort en s'étouffant avec son propre sang, mais Matt n'avait ressenti aucune sympathie pour lui. Au contraire, il le dégoutait. Il était donc parti sans remords, et était rentré prendre une douche avant de bruler ses vêtements. Puis il s'était couché, et avait très bien dormi.

Maintenant il était à Londres, dans ce bar branché dont il ne connaissait même pas le nom, un jeune homme blond aux yeux beaucoup trop bleus perché sur ses cuisses, lui mordillant le cou. Il soupira. Ce que lui faisait ce gosse le laissait froid. Attrapant la Corona qu'il n'avait pas encore eu le temps de toucher, il la vida d'un trait. Une main se glissa sous son t-shirt noir, première entorse depuis des années à ses rayures chéries, mais il en avait marre de les dégueulasser. Enfin, pas qu'il ait prévu d'à nouveau crever les yeux de qui que ce soit, ni d'arracher de langue en devant s'aider de son couteau... Il constata en regardant la main qui tenait la bouteille vide qu'il avait toujours les marques des dents du heu... il ne savait même pas comment on disait putain pour un homme en fait. C'était une chose rare, que de se trouver ignorant sur quoi que ce soit, et il ne put s'empêcher de rire, s'attirant un regard lourd de reproches du blond accroché à lui.

« Désolé... »

« C'est moi qui te fais rire peut-être ? »

« Nan... Continue. »

Il ramena la tête du jeune homme dans son cou, frissonnant en sentant sa langue chaude remonter jusqu'à son oreille, s'enroulant autour du lobe avant de mordre dedans. La douleur le fit gémir, et le blond s'éloigna de son oeuvre avec un sourire satisfait. Son oreille le chauffait désagréablement, mais il découvrit que son sexe, à nouveau mou ces derniers jours, s'était réveillé. Était-il devenu maso ? Non... Enfin, si l'on ne considérait pas qu'il avait dû toujours l'être pour vivre une histoire pareille avec Mello.

Il attrapa le gamin par les cheveux, dévoilant sa gorge, et planta ses dents dans la chair tendre, le faisant crier de surprise. Lâchant la bouteille qui roula au sol, il passa une main sous le haut en matière synthétique, qu'il avait prise pour du cuir en apercevant son porteur danser sur la piste. Le vêtement l'agaçait, et il le déchira, faisant piailler le blond.

« Comment tu t'appelles ? »

Il avait au moins appris ça de sa première mésaventure, demander le vrai nom, quitte à appeler quand même le jeune homme Mello.

« En quoi ça te regarde ? »

« Ça me regarde parce que c'est contre mon ventre que t'es en train de bander. »

« Et ? »

« Putain tu m'énerves ! Dégage ! »

Il le poussa, mais la table l'empêcha de tomber, lui arrachant un grognement sous l'impact.

« C'est bon ! Tu veux aller ailleurs peut-être ? »

Matt ne put s'empêcher de sourire. Pourquoi tous ces mecs semblaient tellement aimer souffrir ?

« Je ne bande que si je fais mal. Je doute que tu supportes ça. »

« À moi de juger... »

« Ton nom. »

« Jason... »

« Alors ? C'était si dur à dire que ça ? »

« Non... Et toi ? »

Il avait l'air gêné, et le rouquin ne comprenait pas pourquoi.

« Matt. »

« Alors, on va ailleurs ? »

« OK... »

Il laissa le blond l'entrainer à l'extérieur, et se laissa guider dans les rues animées jusqu'à un hôtel tout proche.

« C'est pas un Hilton, mais c'est propre au moins ! » ricana Jason en le tirant à l'intérieur, faisant un signe au réceptionniste qui le salua comme un ami en prenant la clé, et ne fit aucun commentaire sur le roux qu'il devait presque trainer à sa suite. Matt avait un mauvais pressentiment.

Une chambre d'hôtel, ni chic, ni miteuse. Il déglutit difficilement.

Ne pas faire les mêmes choses, et ça ira... Ne pas t'emporter...

Il fut brutalement sorti de ses pensées par le garçon qui lui bondit dessus, le faisant tomber sur le lit et dévorant ses lèvres avidement.

« Arrete ! » siffla Matt en le repoussant.

« Pourquoi ? »

« Tu me fais mal ! »

« J'croyais que t'aimais ça... »

« J'ai dit que j'aimais faire mal, pas que j'aimais souffrir ! »

Mensonge éhonté, que le blond sembla démasqué immédiatement. Pourtant il ne répliqua rien, se laissant rouler sur le matelas et se déshabillant rapidement. Matt ne portait pas ses gants ce soir, et chassa d'un geste agacé la main qui tenta vainement de lui faire enlever ses lunettes orange.

« J'aimerais voir tes yeux ! »

« Non. »

« Tu fais chier ! »

« Je sais... »

« Attache-moi, Matt... »

Le rouquin resta perplexe. L'attacher ? Pour quoi faire ?

« Allez ! »

« Avec quoi ? »

« Dans l'armoire, y a des draps ! Improvise bordel ! »

« Tu parles d'un soumis... », grogna-t-il en se levant, prenant les draps et les déchirant en longues bandelettes. Il revint vers le lit et se souvint d'une image que Mello lui avait un jour montrée. Il avait toujours voulu essayer... Il enroula donc longuement les bandelettes autour de son bras gauche, passant parfois autour de son cou sans trop serrer.

« Est-ce que j'ai droit à un garde-fou ? »

« Qu'est-ce que c'est que cette bête-là ? »

« Tu connais pas ? »

« Nan. »

« C'est un mot de contrôle qui, si je le dis, t'oblige à t'arrêter. Si tu me fais trop mal, ou si je n'en peux plus. C'est courant, dans les pratiques S-M. »

Matt ne put s'empêcher de rire. Sado-maso ? C'est vrai qu'en y repensant, c'était ce qui se rapprochait le plus de sa relation avec Mello...

« OK. » Finis par soupirer le rouquin.

« Lequel ? »

« Mail. »

Il était sûr que l'entendre l'appeler par son véritable nom le ferait réagir. Après tout, il ne voulait pas le tuer, n'est-ce pas ?

« Comme un e-mail ? » demanda innocemment le blond, sans avoir l'air de vraiment y croire.

Matt ricana.

« Si tu veux. »

« OK. »

Il reprit sa tâche, nouant le poignet droit du jeune homme au gauche, s'appliquant à faire un noeud solide, bien qu'esthétique, et remerciant silencieusement Roger et ses cours de voiles en plein automne. Il laissa assez de mous pour pouvoir le retourner s'il le désirait, et passa aux chevilles. Il hésita quelques secondes, parce qu'il avait toujours aimé sentir les jambes de Mello s'enrouler autour de sa taille pendant qu'il lui faisait l'amour... Mais les attacha aussi, laissant encore plus de marge de manoeuvre à l'aide d'un noeud coulant qu'il pouvait bloquer s'il le désirait, lui permettant toujours de le faire changer de position, et enroulant ce qu'il restait le long de son mollet gauche, aimant beaucoup le contraste de sa peau légèrement hâlée avec le blanc des bandelettes. Jason le regardait sans rien dire, nu et passablement excité au vu de son érection qui ne faiblissait pas un seul instant.

Matt finit de se relever, et l'admira. Il était très beau. Une beauté androgyne, comme Mello. Il lui ressemblait encore plus que Gabriel... Il eut un pincement au coeur en repensant au jeune homme, mais chassa ce souvenir et s'alluma une cigarette, s'asseyant dans le fauteuil au bout de la pièce. Jason le regarda, interloqué, mais il se contenta de fermer les yeux, ranimant d'anciens souvenirs du temps ou Mello et lui était heureux, à faire l'amour toutes les nuits à la Wammy's, dans leurs chambres, dans les salles de bains, privées comme communes, dans les salles de détentes, la cafétéria, la pièce réservée de Near, le bureau de Roger, le parc. Partout en fait. Plus d'une fois, le vieux directeur les avait surpris, soupirant, mais ne disant rien, visiblement gêné, mais heureux pour eux. Il voyait bien que, malgré les traces de coups, les suçons, et les cris qu'ils poussaient la nuit, ils n'avaient jamais été aussi épanoui. Alors il se contentait de leur demander d'être plus discret, et repartait simplement. Roger avait toujours été si compréhensif envers eux, et Near. Il savait le poids qu'ils portaient sur leurs si jeunes épaules, et avait eu à ce sujet de violentes disputes avec Watari, et des conversations plus qu'enflammées avec L.

Matt se souvint d'une carte que Mello avait reçue peut après la première fois où Roger les avait surpris, dans l'ancienne chambre de L... Elle les félicitait, et espérais que le gode avait été utile. Le rouquin n'avait pas compris tout de suite, et avait rougi furieusement en criant sur son amant, qui était mort de rire, étaler sur son lit à se tenir le ventre comme si le fait que L soit au courant de leur relation était la chose la plus cocasse au monde. C'était ainsi que Matt avait eu la confirmation qu'il n'avait pas été le premier de Mello. Ce qu'il ne savait pas par contre, c'était le rôle que le grand détective et son flair avaient joué dans leur amitié, puis leur amour. C'était lui qui avait convaincu Mello que, même s'il ne réagissait pas à toutes les tentatives du blond pour l'allumer, Matt l'aimait. Et encore lui qui lui avait dit de se montrer patient, que tous les garçons ne grandissaient pas aussi vite, mais que son ami ne tarderait pas changer aussi, et que son amour finirait tôt ou tard par réveiller son désir. Ce qui s'était produit quelques mois plus tard, rapidement suivit par leur première fois. Et Matt avait donc été forcé de remercier L en lui écrivant une jolie lettre, que Mello l'avait pratiquement forcé à écrire. Il avait trouvé cela... complètement fou ! Car ce n'était vraiment pas le genre de son amant...

En repensant à leur première fois, il écrasa sa cigarette dans le cendrier qui se trouvait à ses pieds, et laissa une main glisser dans son jeans, caressant son sexe au repos en se mordillant les lèvres, les yeux clos. Il entendit le gémissement provenant de son captif, et ouvrit son pantalon, enlevant ses bottines et chaussettes, avant de retirer son boxer et son t-shirt, se retrouvant nu dans le fauteuil. Il recommença ses caresses, effleurant son torse, jouant avec un téton tout en se branlant lentement, les yeux mis clos et fixé sur Jason, qui ressemblait décidément énormément à son amour. Il regretta de ne pas avoir le gode, mais se dit que ses doigts suffiraient, et alla s'assoir sur le torse de son futur amant, qui geignit en tirant sur ses liens, essayant de rapprocher sa bouche du membre gonflé. Matt sourit, le trouvant adorable, qualificatif qui allait rarement à Mello, et se rapprocha légèrement, le faisant presque baver d'envie.

« Matt... Steplais... »

Il se contenta de se soulever, lui laissant voir ce qu'il faisait avec ses doigts, en enfonçant deux dans son intimité en gémissant, faisant aller sa main sur son sexe de plus en plus vite. Ni tenant plus, il lui ordonna d'une voix rauque :

« Ouvre ! »

Jason s'exécuta, et il s'enfonça dans sa bouche chaude, le baisant sans ménagement en le tenant par ses cheveux si blonds et prenant appui de l'autre main sur le montant du lit, l'étouffant presque. Il ne put s'empêcher de rire en se demandant comment il ferait pour utiliser le garde fou la bouche pleine. Il avait envie de détacher ses mains, pour sentir ses doigts à lui aller et venir en cognant contre sa prostate, mais avait d'autres projets. Pourtant il n'était pas sûr de ce qu'il voulait vraiment. S'empaler sur lui ? Ou le prendre ?

L'image de Mello, le chevauchant violemment alors qu'il était lui même attaché sur le lit du blond le fit jouir alors qu'il ne s'y attendait pas, et il plaqua la tête de Jason contre le montant du lit, éjaculant sur son beau visage. Il n'avait jamais fait ça à Mello, mais trouva ça « foutrement excitant ». Il le lui dit, et le jeune homme se contenta de sourire en se léchant les lèvres. Matt se pencha, et lécha sa propre semence lentement, trouvant qu'elle avait un gout étonnement sucré. Il continua de la laper, prenant tout son temps et nettoya entièrement le blond qui ne put s'empêcher de gémir lorsqu'il passa à son cou. Il en avait même dans les cheveux, mais Matt prit un coin du drap et les essuya avant de se redresser, lui présentant le bout de son sexe pour qu'il lui rende la pareille, ce qu'il fit avec empressement.

Il se demandait toujours comment il avait fait pour bander aussi simplement, sans violence, mais en fut heureux. Il n'aimait pas ce côté sombre et torturé qui lui avait fait tuer deux innocents, même si l'un se prostituait, et que l'autre menait une vie plus que légère... Et la dépendance qu'il avait presque contractée à toute cette sauvagerie lui avait fait peur. Désirait-il vraiment tuer Mello ?

« Et merde... »

Son érection, qu'il n'avait jusqu'ici jamais eu aucun problème à garder après un orgasme, ou à faire revenir immédiatement, s'effaçait rapidement. Jason le regarda en souriant.

« Ma queue est bien assez dure pour deux... »

Matt le frappa, son cou faisant un drôle de bruit lorsque sa tête pivota. Seul Mello pouvait le baiser, il en était sûr maintenant, bien que trouvant ça tout aussi ridicule que le reste. Il eut l'impression d'y avoir été trop fort lorsque le blond se mit à rire.

« Vas-y, fais-moi mal ! »

« Idiot ! »

Il se leva d'un bond, et alla prendre son couteau, revenant en s'allongeant sur le ventre, appuyé sur ses coudes, et traça une fine ligne sanglante suivant le milieu des abdominaux de sa proie, qui se mit à gémir en se tendant, tirant sur ses liens.

« Faudrait faire gaffe à ce que tu souhaites... Je pourrais décider de te baiser avec ma lame... »

Un regard de défi lui répondit, et Matt traça une autre ligne sur sa joue, laissant le sang s'écouler lentement.

« Mail ! Pas le visage ! »

Il ricana, et lécha la fine blessure saignante. Mais il obéit, retournant torturer le torse. C'était plutôt bon, mais il avait besoin de sentir qu'il faisait mal, alors il ouvrit un de ses pectoraux, et glissa un doigt dans la blessure, le faisant crier de douleur. Aussitôt il sentit son sexe durcir, et en profita, s'installant entre ses cuisses et le soulevant par les fesses, se guidant brutalement en lui. Il le vit plus qu'il ne l'entendit hurler, et enfonça ce qui restait de draps dans sa bouche. Il ne voulait pas qu'il essaye de l'arrêter. Il se redressa sur les genoux, et défit légèrement le noeud coulant des chevilles du blond pour les enrouler de force autour de sa taille alors que son amant se débattait. Il n'y prêta pas plus attention, et se courba, attrapant la blessure saignant sur son torse entre ses dents et la suçant avidement en se mettant à faire de court vas et vient en lui, l'entendant gémir. Son sang avait bon gout. Il ne se souvenait plus de celui de Mello...

Le sexe du captif se remit à bander, frottant contre son ventre et le ramenant à la réalité. Il était parti loin, une après-midi pluvieuse où Mello s'était blessé avec du papier, s'ouvrant l'intérieur du bras. La coupure, bien qu'extrêmement fine, saignait abondamment, et ils étaient allés dans l'infirmerie vide, Matt voulant le soigner, mais finissant par lécher son bras, mordillant la blessure et pressant les bords pour faire sortir toujours plus du liquide salé.

Un cri plus puissant finit de le sortir de ses souvenirs, et il sentit son amant se libérer entre eux. Mais il voulait continuer, se redressant et rabattant ses jambes sur son torse, s'amusant avec le couteau en effleurant l'intérieur des cuisses du blond, plongeant dans son regard qui devenait de plus en plus terrifié. Puis l'orgasme l'envahit, et il s'enfonça une dernière fois, attrapant la gorge de Jason brutalement en se contractant.

Il retomba sur lui, essoufflé, et poussant ses jambes devenues flasques pour se faire une place. La respiration du blond était étrangement calme, et il leva la tête.

« Merde ! Quel con ! »

Il déplanta d'un mouvement brusque le couteau, qu'il ne se souvenait même plus avoir tenu pendant qu'il baisait, de la gorge du jeune homme, et appuya avec les restes de draps qu'il venait de sortir de sa bouche sur la blessure. Rien à faire, le sang s'écoulait à gros bouillons.

« Merde merde merde.. Jason ! Réponds ! »

Il eut beau lui tapoter les joues, puis les gifler violemment, le regard se fit vide, et la tête finit par retomber mollement au creux de l'épaule.

« Et merde ! Je l'avais prévenu bordel ! »

Il se redressa, s'asseyant au bord du lit en rejetant une des longues jambes glabres, et alla chercher ses cigarettes dans son pantalon, renfilant rageusement son boxer avant de revenir s'assoir. Il l'alluma, et vit, au sol, le portefeuille de sa victime. Sans savoir pourquoi, il le ramassa, et l'ouvrit.

« Et menteur en plus... »

Jason ne s'appelait même pas Jason. Voilà pourquoi il avait eu l'air si gêné dans le bar.

« Tssss... »

Il voulut s'allonger, mais sa tête toucha le ventre du gosse, et il se redressa en sursaut.

« Merde. »

Il se releva, et s'habilla rapidement, reprenant le reste de ses affaires, et parti en claquant la porte de cette chambre d'hôtel, ni chic, ni miteuse, en gueulant :

« Merde ! »

Fin du chapitre deux.

Désolée Jey, j'ai pas rajouté beaucoup... J'ai fait le coup dla pêche, la pastèque sera pour le prochain chapitre ! Bises à toi, et à tous les autres !