Death Substitution

Chapitre 3

Lost Control.

Matt enrageait.

Sous la douche, il avait beau se frotter, encore et encore, il se sentait sale. Et complètement refroidi. Autant ses deux premiers « accidents » lui avaient donné une érection douloureuse, malgré la culpabilité qu'il avait ressentie, et plus que bien venue après cette longue absence, autant la mort de ce menteur le dégoutait. Même la pute méritait plus de respect que ce type. Ce faux Mello qui s'était avéré être aussi un faux Jason lui donnait la nausée.

Liam...

Franchement, ce gars était capable d'embrasser un inconnu, de se frotter contre lui en bandant, de se faire attacher, baiser et même tuer par lui ! Mais pas de lui donner son véritable prénom.

Pour la sixième fois depuis qu'il s'était jeté sous l'eau brulante, il reprit de son savon liquide préféré, au lait de coton et coquelicot, seul souvenir qui lui restait d'avant l'usine à surdoué, et se frotta frénétiquement. Partout. D'abord avec ses mains nues, puis grattant avec ses ongles avant de prendre le gant de crins.

Il se sentait sale.

Pire, dégueulasse.

Pas d'avoir tué, ça non.

Il aurait encore pu s'en accommoder.

Mais d'avoir baisé quelqu'un d'aussi faux...

Matt n'avait jamais aimé le mensonge.

En fait, il haïssait vraiment ça.

Il n'avait connu que ça avant la Wammy's, mais aussi, voir surtout, parce qu'au début, Mello mentait tout le temps. S'en devenait effrayant. Et le pire, c'était qu'il ne se trompait jamais entre les fils rouges qu'il tissait dans la toile grise de l'orphelinat, au point que même Matt avait fini par douter qu'il mente réellement.

Mais il avait fini par le démasquer. Le grand M, pris en flagrant délit !

Et, évidemment, ça avait dégénéré, finissant au milieu du hall d'entrée pendant que les enfants faisaient cercle autour d'eux.

Il s'en souvenait parfaitement.

Mello venait de dire quelque chose qu'il n'aurait jamais dû, alors qu'il ne semblait pratiquement plus mentir depuis qu'ils passaient toutes leurs nuits ensemble.

Il avait osé !

Rien que d'y repenser, il frotta plus fort.

Tout ça parce que Matt avait été suivre un stage d'un week-end, deux putains de jours, en dehors de la Wammy's pour se perfectionner dans son domaine de prédilection : l'informatique. À son retour, la tête encore pleine de ce que son nouveau professeur lui avait appris, il en avait un peu délaissé Mello... Juste un peu ! Pour une fois qu'il discutait avec les autres orphelins... Il avait soudainement entendu son ami se vanter d'avoir enfin obtenu la virginité tant convoitée de Linda. Matt n'y avait pas cru une seule seconde. Déjà, parce que la jeune fille détestait presque Mello, si pas complètement, mais aussi parce que ce crétin l'avait annoncé bien trop fort.

Matt savait que c'était à lui que s'adressait ce mensonge éhonté. Parce qu'il n'avait pas bondi sur son amant, ne lui avait pas dit toutes ses niaiseries que tous les couples se racontaient éperdument après une séparation pourtant de courte durée. Mello détestait ça en plus. Mais il adorait quand Matt se comportait ainsi, en amoureux transi ou en chien perdu sans son maître. Il le traitait de véritable gamine fleur bleue, mais en jouissait presque dans son pantalon, heureux de la toute-puissance qu'il avait sur le corps et le coeur de son meilleur ami. Alors, quand Matt ne l'avait pas attiré dans le premier recoin sombre pour lui déclamer tout son amour et combien il lui avait manqué, mais avait préféré parler avec d'autres orphelins fanas d'informatique, tout était parti en vrille.

Matt lui avait sauté dessus en entendant cette horreur sortir de cette bouche si sensuelle, qui ne semblait s'exprimer que pour le faire souffrir, ou lui donner du plaisir.

Il lui avait bondi dessus au moment où les grands yeux bleus s'agrandissaient, comprenant l'erreur de leur propriétaire, qui était allé beaucoup trop loin. Ils avaient roulé au sol, Matt le bourrant de coup. Puis ils avaient fini par se mordre, s'échouant dans le couloir, essoufflé, bleui de coups, de morsures, et saignant abondamment, leurs peaux luisantes de sueur.

« Et puis merde ! » s'était exclamé Mello avant de l'embrasser avec une passion dévorante en se plaquant contre son corps.

Le silence lui avait paru assourdissant, tous les enfants autour d'eux retenant leur respiration. Matt avait été soufflé.

Comme ça ? Devant tout le monde ?

Alors son stupide instinct de protection s'était réveillé. Il devait protéger Mello des moqueries de ces gosses trop jeunes pour comprendre. Il l'avait repoussé, et lui avait envoyé un crochet du droit, lui ouvrant la lèvre et le faisant heurter violemment le sol.

Il s'était relevé, écumant de rage, sous le ricanement du blond.

Parce que Mello avait menti, il était furieux.

Et parce que ce crétin avait failli tout foutre en l'air, là, avec sa démonstration idiote.

Puis, surtout, parce que Matt savait que, derrière cette façon idiote de proclamer qu'ils étaient ensemble, c'était encore une façon de le marquer, d'assurer sa domination sur lui.

Il se trouvait dans le même état de colère sourde désormais, revoyant ses tentatives stupides pour ranimer JasonLiam le menteur, souhaitant l'aider, effacer ce geste qu'il n'avait pas désiré, ce coup qu'il n'avait jamais voulu lui porter.

Si ce con ne lui avait pas dit de lui faire mal, jamais il n'aurait pris son couteau, et jamais celui-ci ne se serait retrouvé dans sa main au moment où il avait joui, voulant simplement l'attraper par la gorge dans un geste stupidement possessif.

Il l'avait tué parce qu'il avait cru baiser Mello.

Pourtant, ce jour-là, Mello lui avait aussi dit de lui faire mal. Et il l'avait fait, avec hargne. Avant de céder à la voix suppliante de son amant.

À cette époque, son ami et amant ne l'avait pas encore abandonné.

À cette époque, jamais il n'aurait pu lui vouloir réellement du mal.

Mais maintenant ?

Matt finit par sortir de la douche, restant nu et trempé en prenant ses cigarettes et le Zippo offert par son ancien amant, cadeau dont il avait encore du mal à se détacher, avant de s'écrouler sur le lit de cette superbe chambre d'hôtel, loin de la banalité méprisable des endroits qui l'avait vu s'abandonner à ses pulsions les plus sombres.

Il soupira en allumant l'une de ses doses de poison, et replongea dans ses souvenirs.

Flashback.

Il était monté, voulant se réfugier dans sa chambre, mais Linda se tenait devant sa porte, le guettant. Il ne voulait pas lui parler de ce qui venait de se passer, ça ne la regardait pas. Et encore moins parler du mensonge de l'autre idiot.

Il franchit donc la première porte qu'il vit, et tomba sur Mello. Évidemment ! C'était sa chambre.

Le blond se tenait devant le miroir mural, pressant sa lèvre fendue.

« Tiens tiens Matty... Une p'tite crampe peut-être ? »

Sa colère, qu'il pensait pouvoir maitriser, revint au galop, atteignant des sommets encore inégalés ce jour-là, mais dépassée depuis plus d'une fois. Il se jeta sur lui, le retournant et le frappant en le plaquant contre le bureau, l'acculant plus loin dans un coin de la pièce en le forçant à s'éloigner de tout ce qui aurait pu lui servir de protection.

« Oh oui Matt, vas-y, fais-moi mal ! »

« Ta gueule ! Te fous pas de moi comme ça ! »

Et il lui décocha un coup de poing qui envoya sa tête taper contre le mur. Il était vraiment hors de lui. Il se jeta sur les lèvres de Mello, les mordant jusqu'au sang, forçant l'entrée de sa bouche en étouffant ses gémissements de douleur tout en le soulevant par les cuisses, se frottant violemment contre son entrejambe. Il aurait voulu le prendre debout, mais souhaitait pouvoir le caresser, et le faire souffrir, à son aise. Il le fit tomber à terre et s'assit à califourchon sur ses hanches, déchirant son t-shirt avec ses dents, ce qui fit rire Mello.

« Ouaw, une vraie bête sauvage mon petit Matt ! »

« Ta gueule ! »

Et il le frappa encore, bien que moins fort. Puis il reprit ses lèvres tout en se débattant avec la ceinture du blond. Il finit par réussir à l'ouvrir et se souleva pour baisser son pantalon et son caleçon, ouvrant le sien tout aussi rapidement avant de se glisser entre ses jambes. Il lécha ses doigts entre deux baisers violents, pendant lesquels il ne pouvait s'empêcher de martyriser la bouche et la langue de son ami. Il introduisit d'un coup sec deux d'entre eux, faisant crier Mello. Il élargit en quelques mouvements son intimité et les ressortit avant de positionner son gland gonflé contre l'entrée du corps du blond qui ne put retenir un gémissement avant de se crisper. Matt pu voir dans ses yeux, en cassant leur baiser et se redressant sur son bras libre, qu'il en avait tout autant envie que lui, mais qu'il appréhendait aussi ce qui allait suivre, sûr que son amant allait lui faire extrêmement mal.

Matt ne l'avait encore jamais pris...

« Détends-toi... N'est-ce pas ce que tu me conseilles toujours ? » ricana le rouquin.

Mello acquiesça et sentit le sexe l'écarteler doucement. Alors qu'il relâchait sa respiration, heureux que Matt se montre finalement doux, celui-ci s'enfonça brutalement en lui jusqu'à la garde, le faisant hurler.

« Qu'est-ce que tu croyais, p'tit con ? »

Et Matt se mit à rire. Cela faisait trop longtemps qu'il contrôlait sa rage et sa rancoeur. Mello n'en était que rarement la source, mais il était là, et avait gravement fauté cette fois-ci. C'était largement suffisant.

Il prit son visage entre ses mains, bougeant un peu plus lentement en lui en ondulant des hanches, pour l'embrasser délicatement, léchant d'abord ses lèvres gonflées et presque mauves à cause des nombreuses morsures qu'il leur avait infligées, puis glissa sa langue dans sa bouche. Il l'enroula autour de celle de Mello qui se cramponna à lui, passant sous son sweat rayé pour sentir sa peau sous ses doigts. Il le sentit sourire et s'énerva à nouveau. Le blond n'était pas censé trouver ça amusant ! Il lui mordit la langue jusqu'à ce qu'il sente le goût métallique si caractéristique qu'il désirait tant, avant de se redresser, se mettant à genoux et lui pinçant méchamment les tétons, le faisant crier. Il prit alors la base de son sexe et sortit de l'intimité brulante de Mello. Il vit que celui-ci était couvert de sang, mais sans moqua, le pénétrant à nouveau d'un coup de reins encore plus brutal, avant de ressortir et de se renfoncer de plus en plus fort en lui, le tenant de sa main libre par la gorge sans quitter des yeux l'endroit où leurs deux corps se rejoignaient. Mello se cabrait à chaque fois qu'il se rengainait dans l'étroit fourreau qui le brulait, en hurlant.

Si bon...

Il finit par ralentir un peu, levant les yeux vers lui en souriant, ravi de son visage maculé de larmes et des ses joues rouges, son front recouvert d'un mince film de sueur.

« Alors Mello, tu veux toujours que je te fasse mal ? »

Le blond finit par secouer tristement la tête.

« Tant pis pour ta gueule, p'tit con ! »

Et Matt lui attrapa les cuisses, s'en servant pour aller cogner au fond du corps tremblant de son ami qui se mit à se débattre.

« Arrête ça, idiot ! Comment tu disais encore ? Ah ! Oui... Si tu continues, tu vas juste te faire encore plus mal ! »

« Alors arrête Matt ! »

« Non ! »

« Mail...S'il te plaît... tu me fais vraiment trop mal...»

Sa petite voix brisée était insupportable, il ressemblait à un enfant perdu et effrayé.

« Tu fais chier. »

Mais le rouquin se retira quand même de l'intimité sanglante de son ami. Il savait bien qu'il ne pouvait jamais rien lui refuser...

Il alla s'assoir sur le lit en se laissant aller contre le mur sans prendre la peine de refermer son pantalon et alluma une cigarette. Il savait que Mello n'aimait pas qu'il fume dans sa chambre et que, d'ailleurs, ce n'était même pas autorisé dans le bâtiment, mais s'en fichait bien. Il se sentait trop frustré. Pourquoi n'avait-il pas été capable de continuer malgré les suppliques de son ami ?

Lui y était toujours arrivé, même quand il hurlait comme un possédé !

Alors, pourquoi ?

Il se promit que, la prochaine fois, il ne se laisserait pas avoir et blinderait son coeur avant de le prendre de toutes ses forces en le faisant crier.

Il jeta un oeil à Mello qui n'avait pas bougé, reprenant calmement sa respiration, allongé sur le sol avec les genoux pliés, fixant le plafond. La vue de ses cuisses écartées excita à nouveau Matt malgré le sang qu'il pouvait voir entre ses fesses et il tira une plus longue bouffée sur sa cigarette, laissant la fumée envahir ses poumons avec délice en fermant les yeux, la savourant comme il n'avait pas pu savourer Mello. Il l'avait presque finie lorsqu'il sentit un poids s'assoir sur lui et quelqu'un lui prenant le mégot. Il entendit son ami l'écraser et ouvrit les yeux en grognant.

« Qu'est-ce que tu veux bordel ? »

« Que tu finisses ce que tu as commencé. »

...

Présent.

Mello... J'ai si mal...

Matt ne remarqua pas tout de suite sa main qui tenait son sexe, et qui continuait à le branler alors que son ventre était déjà recouvert de sperme. Il ne put retenir un gémissement. Ça faisait beaucoup trop mal. La douleur était devenue insupportable. Tous ces souvenirs. Tous leurs souvenirs.

Il attrapa un coin du drap et s'essuya. Il constata ensuite qu'il s'était, encore, brulé, sa cigarette étant tombée de ses lèvres et ayant creusé un profond sillon en se consumant sur son torse. Quand il pensait, non, revivait, la nuit, les moments heureux au temps où ils étaient deux, il ne sentait plus rien. Ni orgasme, ni douleur, ni froid, juste la tristesse. Et cette souffrance, presque physique, qui lui broyait le coeur, l'empêchant de respirer et lui donnant l'impression de se noyer dans sa propre solitude.

Mello, ça fait trop mal...

Il passa une main sur son visage, frottant ses joues maculées de larmes, et remonta s'enrouler dans les draps du lit de cette chambre d'hôtel trop propre, qu'il ne méritait pas.

Il ne méritait plus rien. Même la mort aurait été encore trop douce.

Ces crises de tristesse et de jouissance insensible le laissaient toujours épuisé.

Il glissa une main sous son coussin, récupérant le vieux gsm qu'il avait demandé à Roger de lui renvoyer la semaine précédente et qu'il avait oublié dans ses anciennes affaires. Ou qu'il n'avait pas voulu prendre, pensant, à tort, pouvoir oublier son meilleur ami et amant. Il n'était plus sûr.

Faisant défiler les photos, il trouva enfin celles qu'il désirait contempler.

Des photos de Mello, endormi.

S'il savait... Il serait furieux.

Mais Matt n'avait pas pu résister.

C'était comme si... comme s'il avait senti que Mello allait bientôt l'abandonné.

Alors, chaque nuit, pendant plusieurs jours, il l'avait regardé dormir, l'avait photographié en cachette avant que son ami ne quitte effectivement la Wammy's House, laissant son chien, seul, en arrière.

Et maintenant, il laissait son doigt courir sur le petit écran, savourant le sourire paisible de son ancien amant endormi.

Tellement mal, Mihael...

Il pleura encore, en silence.

Puis s'endormit, repartant dans ses rêves.

Flashback.

...

« Qu'est-ce que tu veux bordel ? »

« Que tu finisses ce que tu as commencé. »

L'aplomb avec lequel Mello lui avait dit ça le désarçonna littéralement et ce fut presque en bégayant qu'il réussit à parler :

« Je... j'croyais que tu voulais que j'arrête ! »

« Oui. Que tu arrêtes de me faire mal ! Pas de me baiser... »

« Ah... Mais tu saignes, je vais te faire mal ! »

« Je sais. Mais j'ai quand même envie de toi, Matt... » lui susurra-t-il en se penchant à son oreille, la lui mordillant.

« Désape-nous. »

Mello se releva et se débarrassa du peu qu'il portait encore avant de s'attaquer aux vêtements de son ami, lui retirant son haut rayé avant de passer à son pantalon, tirant dessus en souriant. Il lui enleva enfin son boxer et partit dans la salle de bain individuelle qui jouxtait sa chambre.

« Qu'est-ce que tu fous ? »

Mais le blond ne lui répondit pas. Il l'entendit fouiller et faire couler l'eau et le vit revenir avec un gant de toilette humide et un petit flacon. Mello s'agenouilla entre ses jambes et frotta son sexe ensanglanté. Matt ne put s'empêcher de rougir en repensant à la violence dont il avait fait preuve envers son unique ami, mais se refusa à s'excuser. Le blond ne le faisait jamais, de toute façon, alors pourquoi, lui, l'aurait-il fait ?

« Et toi ? »

« Déjà fait. »

« Ah »

Mello lui sourit et posa le gant de toilette au sol sans lâcher pour autant le sexe du rouquin. Il darda sa langue entre ses lèvres en lui lançant un regard aguicheur et lécha lentement, de la base jusqu'au sommet, son membre, qui se durcit à nouveau. Pour la première fois depuis qu'ils avaient couché ensemble, le regard du blond le gênait. Surement à cause de ce qu'il lui avait fait, se dit-il. Matt voulut attraper une de ses mains pour lui lécher les doigts et lui permettre de le préparer, mais Mello secoua la tête sans lâcher sa queue. Le rouquin prit peur, sûr que son ami allait se venger en le prenant à sec, mais son regard tomba sur le flacon et vit que c'était du lubrifiant. Il voulut alors en prendre pour lui en donner, mais le blond secoua à nouveau la tête avant de le sucer plus fort, ses mains tenant ses hanches plaquées contre le lit pour l'empêcher de venir cogner au fond de sa gorge.

« Mello ! Aaah... Mais qu'est-ce... ah... que tu veux bordel ! »

Il recracha son sexe en se redressant, s'essuyant les lèvres d'un revers de main et s'installa sur ses cuisses, faisant frotter son érection contre celle de Matt, ce qui les fit tous deux gémir.

« J't'ai déjà dit ! Je... veux que tu... Mmmmh... finisse ! »

« Mais je vais te faire trop mal ! » s'écria-t-il, à nouveau choqué.

« Et alors ? Ça te dérange maintenant, peut-être ? Puis on en a déjà discuté, alors ne fais pas ton sale gosse, Matty ! »

« Arrêtte de m'appeler comme ça... » fit-il en bougonnant.

« Matty Matty Matty ! »

« Raaaaaah ! Tu m'énerves ! »

Et il l'attira à lui en l'attrapant par la nuque, plaquant ses lèvres contre les siennes et l'entrainant dans un baiser enflammé. Il sentit la main de Mello se saisir de leurs deux sexes et les branler ensemble. Il glissa alors la sienne entre eux pour l'aider, entourant la partie libre de leurs membres de sa main, et leurs doigts s'entrelacèrent tandis qu'ils se caressaient d'un même mouvement, gémissant dans la bouche de l'autre sans casser leur baiser, respirant par le nez quand l'air vint à leur manquer. Sentant qu'il allait jouir s'ils continuaient comme ça, Matt le fit s'arrêter et s'éloigna un peu, cessant de l'embrasser. Mello eut à nouveau l'air un peu effrayé alors que ses yeux bleus électriques brillaient à nouveau d'une lueur de désir inextinguible.

« Matt, sois plus doux avec moi s'il te plait, c'est un peu ma première fois tu sais... »

« Pardon ? »

Il était complètement abasourdi.

« Bon, d'accord, ma deuxième fois avec un homme... »

L'aveu l'étonnait réellement.

« Parce qu'il y a eu des femmes aussi ? Ou tu te foutais vraiment de moi, hein, bâtard ? »

« Non... J'ai menti pour... ça. Là, en fait, je pensais au gode en disant ça... »

Mello rougissait, mais son ami sentait à nouveau la jalousie poindre le bout de ses griffes.

« Ah ! Ce fameux gode... Je devrais peut-être t'attacher et te le fourrer dans le cul en le mettant au maximum et t'empêcher de jouir avec l'un de ces maudits anneaux que tu as sournoisement commandés dans mon dos comme tu as déjà essayé de me faire ! »

« Matt ! Je ne plaisante pas ! »

« Moi non plus. »

« Tu me fais chier. »

« Toi aussi mon chéri. »

« Chéri ? T'as de la fièvre Matt ? »

« Nan. »

Il se mordilla la lèvre en détournant la tête, fixant leurs vêtements au sol, se traitant intérieurement d'idiot. Pourtant, la première fois où ils avaient fait l'amour... enfin, baisé, comme disait l'autre... Mello avait dit des choses superbes après l'orgasme. Il ne les avait plus jamais dites après cela, mais Matt avait innocemment cru qu'il le referait. Son ami et nouvel amant à ce moment-là lui avait pratiquement dit qu'il l'aimait !

Il n'aurait jamais du l'interrompre en lui disait qu'il savait...

Il n'avait eut de cesse de le regretter tous les jours depuis, mais c'était trop tard. Et Matt n'oserait jamais lui dévoiler ses sentiments, de peur que Mello ne se moque de lui... Il pouvait se montrer si imprévisible ! La bouche du blond le sortit de ses pensées, l'embrassant, et ses hanches se frottèrent contre lui. Puis Mello lui reposa la question d'une toute petite voix innocente :

« Tu seras doux, hein Matty ? »

« Bien sûr... »

Il prit le lubrifiant et en versa généreusement dans la paume de sa main avant d'en étaler consciencieusement sur toute la longueur de sa queue et de donner le flacon à Mello.

« Fais-le toi, je ne veux pas te faire encore mal... »

« D'accord. »

Le blond rougissait encore, et il trouvait toujours ça étrange, quoique plaisant, surtout que c'était assez rare. Même si ça avait tendance à se produire plus souvent depuis qu'ils faisaient l'amour. Matt préférait ce terme, il le trouvait plus juste, plus tendre, comme ce qu'il ressentait pour son meilleur ami, même s'il ne le lui avouerait sans doute jamais.

Il lui embrassa le bout du nez tandis que Mello se préparait, le regard baissé et l'air vraiment gêné. Puis il referma le lubrifiant et le posa sur les draps. Matt le souleva alors délicatement par la taille et le positionna au-dessus de son sexe. Son ami retint sa respiration, ce qui le fit sourire, et se laissa doucement descendre, son visage se crispant. Il sentit ses ongles s'enfoncer dans ses épaules et, bien qu'il rêvait de le pousser jusqu'à ce qu'il soit entièrement à l'intérieur du chaud fourreau qui l'enserrait de plus en plus, il se retint. Il savait combien Mello devait souffrir, pour l'avoir expérimenté de nombreuses fois. Mais il ne s'en était jamais plains. Il aimait la brutalité de son amant, et les moments de tendresse étaient, au final, beaucoup plus nombreux.

« Matt... » gémit-il.

« Tu y es presque Mello, ça va aller. »

Il ne pouvait que l'encourager, après tout, il voulait lui faire l'amour ! Alors il n'allait surement pas lui dire qu'il n'en était même pas à la moitié, et qu'il n'y avait que son gland qui fut déjà à l'intérieur !

« Maaaaatt... »

« Encore un tout petit peu Mello ! »

La situation l'aurait presque fait rire s'il n'y avait pas eu ces deux grands yeux bleus emplis de larmes plongés dans les siens avec cet air si suppliant. Il le serra dans ses bras en le couvrant de baisers pour essayer de lui faire oublier ce mauvais moment à passer et s'en voulut à nouveau. S'il ne s'était pas montré aussi cruel et brutal, Mello aurait simplement pu se laisser tomber jusqu'à la garde sur son sexe, et n'aurait pratiquement pas eu mal !

Enfin, il sentit les fesses de son amant toucher ses cuisses et ils soupirèrent tous les deux, bien que pas pour les mêmes raisons.

« Ça va ? »

Mello acquiesça en baissant les yeux pour cacher ses larmes, mais Matt le prit par le menton, le forçant gentiment, mais fermement, à le regarder.

« Tu le sais, hein Mello ? »

« Oui... Et toi ? »

« Bien sûr ! »

Et il l'embrassa à nouveau, luttant contre son envie pressante d'onduler des hanches. Il faillit se dire que Mello était en fait une véritable chochotte avant de réaliser que lui aussi, avec une déchirure à l'anus, aurait pleuré comme une gamine ! Après tout, son amant l'avait déjà fait saigner, mais ne l'avait jamais repris tout de suite après, et lui avait toujours laissé le temps de guérir si ce genre d'accident se produisait, ce qui était assez courant vu la façon dont il se bondissait dessus, comme deux fauves en cages.

Finalement, il devait vraiment beaucoup tenir à lui pour s'empaler comme ça sur sa queue aussi dure qu'un barreau de chaise !

Ou en avoir très envie... Non, il chassa cette possibilité de son esprit, puisqu'il aurait suffi à Mello de le prendre lui pour combler ce désir-là !

Il en était à ce point de ses réflexions lorsque le blond s'éloigna brusquement de lui, reprenant son souffle en haletant, et il se rendit compte que lui aussi avait commencé à manquer cruellement d'air en l'embrassant.

« Pardon, j'étais perdu dans mes pensées. »

« Et je peux savoir à quoi tu pensais alors qu'on est en train de baiser Matt ? »

« Au fait que tu es vraiment quelqu'un de très courageux. »

Son ami éclata de rire en le regardant comme s'il était fou.

« Mais je ne plaisante pas Mello ! »

« Je sais ! C'est bien le pire... Et... c'est juste que tu es tellement... mignon ! »

« J't'emmerde ! »

« Moi aussi ! »

Et Mello se jeta sur ses lèvres, les lui léchant et mordillant tout en commençant à bouger doucement son bassin, arrachant un gémissement de plaisir au rouquin.

« Ça te plait Matty ? » lui demanda-t-il avec un sourire taquin en se séparant de sa bouche.

« Beaucoup... Mmmmh... Oublie pas que pour moi, c'est vraiment la première fois comme ça... »

« Et là tout de suite alors ? »

« Pas... pareil... »

Les hanches de Mello qui se soulevaient et se rabaissaient de plus en plus vite sur son sexe le rendaient fou. C'était bien meilleur que lorsqu'il l'avait pratiquement violé sur le sol froid. Il préférait cette douceur, bien que la brutalité soit aussi très agréable. Les bras de son amant enroulé autour de ses épaules, ses baisers dans son cou et ses gémissements dans le creux de son oreille... Oui... Bien meilleur !

Un gémissement plus appuyé de Mello lui fit peur :

« J'te fais mal ? »

« Oui... aaah... Enfin non... Pas trop... Non ! Continue... »

Sa réticence s'envola face à la voix chaude et rauque du blond et il reprit ses hanches, les soulevant avant de les relâcher, le faisant retomber violemment sur son membre.

« Matt... Encore ! »

Il recommença donc encore et encore, le faisant gémir de plus en plus fort. Il mordit doucement la jointure de son cou et de son épaule et sentit une des mains de Mello le lâcher pour se glisser entre eux. Il baissa les yeux et la vit se saisir du sexe délaissé et le branler rapidement. Il trouvait ça affreusement excitant et se recula en s'appuyant contre le mur pour mieux voir. Son amant se mit à fixer son regard, appréciant la légère rougeur qui apparaissait sur les joues de Matt tandis qu'il se léchait les lèvres en le regardant faire. Il avait arrêté de soulever son amant et celui-ci finit par grogner, le rappelant à l'ordre. Il sursauta et secoua la tête comme pour s'éclaircir les idées avant de se lever en le tenant dans ses bras. Il se retourna et l'allongea sur le lit sans quitter la chaleur de son corps.

« Continue ! »

Présent.

Matt fut réveillé en sursaut par un craquement dans sa chambre d'hôtel, et se redressa en braquant son 9mm sur l'intrus.

« Near ! Bordel, tu veux crever ou quoi ? »

Il baissa le canon de son arme en avisant l'albinos, debout au pied de son lit dans son pyjama blanc qui lui donnait l'air d'un fantôme dans la pénombre de sa chambre. Le jeune garçon entortillait une mèche de ses cheveux incolore autour de son index, et avait l'air particulièrement songeur.

« Qu'est-ce que tu veux Casper ? »

Comme Near ne répondait toujours pas, Matt se redressa en tassant ses coussins pour s'assoir et alluma la lampe de chevet. Il prit ensuite une cigarette dans le paquet sur la table de nuit et l'alluma avec son Zippo, passant distraitement son pouce sur la gravure qui l'ornait. Deux M entrelacés...

Si douloureux, Mello...

« Alors putain ? »

« Tu rêvais encore de Mello. »

« Pardon ? »

Deux grands yeux gris se levèrent vers lui, et il crut voir la lèvre inférieure de Near trembler.

« Tu gémissais son prénom en te caressant. »

Matt avisa son érection en entendant le simple constat que faisait son pseudo patron sur l'attitude qu'il avait eue en dormant. Il replia et croisa les jambes sous les draps pour la masquer un peu et tira longuement sur sa cigarette, s'appuyant confortablement contre ses coussins en jaugeant Near.

« Et c'est pour me parler de mes rêves pornos que tu es venu jusque dans ma piaule en pleine nuit ? »

« Non. »

Nouveau silence.

« Near, ou tu t'expliques, ou tu te tires. Mais si tu te grouilles pas c'est moi qui te fous dehors ! »

« Alors que tu es nu ? »

« Mais tu foutais quoi pour savoir que j'suis à poil sous les draps, pervers ? »

« Tu bougeais dans ton sommeil quand je suis arrivé, j'ai dû te couvrir. »

Matt se sentit presque rougir, avant de secouer la tête.

« Ok. Et ? »

« Et rien. »

« T'as pissé au lit ? T'as fait un cauchemar ? »

« Non. Oui. »

L'albinos grimpa alors sur le lit et vint à quatre pattes se coucher près de Matt, se roulant en boule contre son flanc. Le rouquin mis un moment à comprendre qu'il avait répondu à ses questions dans l'ordre, et sans donner de précisions supplémentaires.

« Dégage de mon plumard Near, tu rêves si tu crois que je vais te consoler parce que t'as fait un bad trip tout seul dans ta piaule. »

Pour toute réponse le garçon se glissa sous les draps, se collant à nouveau contre lui, visiblement absolument pas gêné de la nudité de Matt. Celui-ci tira rageusement sur la cigarette en se demandant que faire, n'ayant aucune envie de se lever vu l'érection qui peinait à redescendre et qu'il n'avait aucune envie de dévoiler à ce grand enfant têtu.

« Matt... »

« Ouais ? »

« Pourquoi est-ce que tu aimes Mello ? »

Il ne put retenir un soupir agacé avant de finir sa cigarette en quelques bouffées et de l'écraser rageusement dans le cendrier. Il fit claquer sa langue lorsqu'une petite main se posa sur son ventre, et voulu la chasser. Seulement ses doigts se firent emprisonner par une poigne bien plus solide qu'il n'aurait cru possible venant d'un être à l'air si fragile, et il finit par se résoudre à garder sa main et celle de l'albinos sur son corps.

« Pourquoi est-ce que tu aimes Mello, Matt ? »

« Pourquoi tu veux savoir ça tout à coup bordel Near ? »

« Parce que j'ai fait un drôle de rêve... »

« Et alors ? »

« Il brulait. »

« Qui brulait ? »

« Mello. »

Le peu de poils que Matt possédait sur son corps exceptionnellement glabre se dressèrent et tous ces muscles se tendirent involontairement dans un spasme.

« C'était juste un rêve, Matt. » Le rassura Near, qui avait senti le trouble de son compagnon de chambre pas vraiment consentant.

« Il brulait comment ? »

« Une explosion. Je crois qu'il en était à l'origine. Puis il hurlait. Enfin non. Il voulait, mais le feu l'en empêchait. »

« Il en est mort ? » demanda fébrilement le rouquin, même s'il savait que ça n'était qu'un cauchemar, il avait besoin de savoir.

« Non. Il portait un masque, mais son visage n'a pas été complètement protégé. Il y avait des cadavres au sol, mais il s'est glissé dans un passage qui s'est refermé derrière lui, et il s'est effondré là. »

« Et puis ? »

« Plus rien, il faisait trop sombre sans les flammes pour éclairer. »

« Est-ce qu'il avait l'air de souffrir ? »

« Atrocement. »

« Ah. » Fut tout ce qu'il arriva à dire en frissonnant désagréablement.

« Oui. »

Matt se sentait mal. C'était ridicule. Mais tout ce qui lui était arrivé c'est dernier temps semblaient tendre inexorablement vers une fin horrible, une punition, un châtiment qui le frapperait lui. Et quoi de pire pour Mail Jeevas que de s'en prendre à l'homme qu'il aimait ?

Pitié !

Calme-toi Mail, c'est juste un putain de rêve. Mello va bien, il doit surement être en train de baiser comme un dieu une pauvre merde ramassée quelque part. Mello va toujours bien, de toute façon, hein ?

Il aurait aimé pouvoir sans convaincre, mais le froid qu'il l'avait pris aux premières paroles de Near sur cet horrible songe s'intensifiait au fur et à mesure qu'il tentait de raisonner normalement.

Sans savoir pourquoi, il se rallongea et attira Near contre lui, le serrant fort. Les larmes se mirent à couler toutes seules, et il ne fit rien pour les retenir.

« C'était juste un rêve, Matt. » Lui souffla l'albinos à l'oreille en passant ses bras autour de sa taille et frottant doucement son dos pour le calmer.

« Je sais, Near... Je sais. »

« Parle-moi de ce que tu as fait avant de rentrer ce soir. Tu avais encore disparu. »

Changement de sujet destiné à le détendre, et qui aurait pu fonctionner s'il n'avait pas encore commis un meurtre plus tôt dans la soirée, que ça ait été accidentel ou non ne changeant rien au fait.

« Je suis juste allé boire quelques verres. »

« Seul ? »

« Ouais. »

« Tu n'as rencontré personne ? »

« Nan. »

« Tu mens toujours aussi mal, Matt. »

« Ta gueule Casper, ma vie privée ne te regarde pas, alors fais pas chier. »

Near leva la tête vers lui, son visage toujours aussi impassible, et embrassa son menton.

« Je ne te hais pas, Matt. » Souffla-t-il en s'éloignant et posant sa joue sur le torse du rouquin.

« Moi si. »

« Je sais. »

Ils ne dirent plus rien, Near laissant tomber sa question pour l'instant, et au bout de quelques minutes, ils s'endormirent tout les deux, leurs pensées obnubilées par la même personne : Mihael Keehl.

Fin du chapitre trois.

Pour ma p'tite Jey qui avait lu une grande partie de ce chapitre en avant-première, ça doit sauter aux yeux. Où est la suite du lemon entre Matt et Mello ? Pourquoi cette première domination s'arrête-t'-elle ainsi ? Et bien tout simplement parce que le chapitre avec le reste, et encore non finit, faisait déjà dans les 9000mots. Le double de tous les autres chapitres, ce qui promettait au final plus de 14 000 rien que pour ceci. Donc, pour ceux que ça intéresserait, je publierais la suite, promis, mais surement en OS parce que je me vois mal caser tout ça dans la suite de la fic... Voilà !

À bientôt, chers lecteurs, j'espère que cette fic vous plait toujours !

Read & Review please !