Death Substitution.

Chapitre 4.

Behind my dreams.

Matt n'en revenait pas. Il se sentait si bien ! Cela faisait des mois maintenant qu'une telle sensation de plénitude ne lui avait plus été accordée.

« Mello... »

Le visage enfoui dans le cou si doux de son amant, il frotta le bout de son nez contre sa peau. Il ne voulait pas encore ouvrir les yeux. Les matins où ils se réveillaient ensemble étaient sacrés. Il attira son ami par la taille, se hissant, sans quitter le creux accueillant, sur le corps tendre à côté de lui, et ses mains glissèrent sous le tissu qui lui barrait la route vers ce torse qui le faisait presque saliver à l'avance. Ses pouces jouèrent avec les tétons qui se dressèrent tandis que ses doigts pétrissaient doucement les côtes. Mello avait-il maigri ? C'était étrange, ils mangeaient bien à la Wammy's, même s'ils étaient tous les deux fort minces de nature.

Il réussit enfin à se glisser entre les cuisses de son amant qui semblait lui résister un peu.

« Mello... J'ai envie de toi... »

Un couinement inhabituel lui répondit, et il se mit à rire avant de dévorer la peau offerte. Il remonta ensuite en suivant la courbe de la mâchoire, évita les joues et la bouche en passant par le menton, pour s'attaquer au lobe de l'oreille de l'autre côté. Le corps sous lui se cambra, et il en profita pour frotter son sexe tendu contre l'entrejambe déjà dur de son amant. Il était nu, mais pas Mello, et ce fait l'agaça au plus haut point.

« Déshabille-toi Mel... Je peux pas te faire l'amour sinon ! »

Étrangement, le blond ne le reprit pas sur le terme, et il ne put s'empêcher de sourire. Remarquant que les mains du blond étaient toujours posées bien à plat sur le matelas au lieu de parcourir son dos et ses fesses, il grogna.

Matt n'avait aucune envie d'ouvrir les yeux pour voir ce qui lui prenait, mais le peu de réactivité de son amant commençait à lui taper sur les nerfs.

« Touche-moi... »

Toujours pas de réaction. Il prit alors violemment possession des lèvres de l'insoumis, forçant l'entrée de sa bouche en se râpant la langue contre ses dents, et arracha le tissu qui le dérangeait, craquant le vêtement sans se soucier des tentatives que les mains faisaient enfin pour essayer de l'arrêter. Il descendit ensuite rapidement l'élastique du pantalon de pyjama, dévoilant un sexe qu'il sentit frotter contre son ventre.

L'odeur n'était pas la même. Mais tant pis, c'était le matin, il ne pouvait pas demander à Mello de sentir le chocolat noir, et cette odeur poivrée en même temps que sucré qu'exhalait naturellement sa peau, en permanence !

« Écarte plus les jambes... »

Lesdites jambes se resserrent, et il dut taper dans les cuisses avec ses genoux pour ne pas se faire éjecter.

« Fais pas chier, j'ai pas envie de me battre dès le matin... J'sais que t'en as envie en plus, tu bandes tellement fort... Non, mais sens-moi cette queue... P'tit pervers... »

Pour appuyer ses dires, il attrapa le sexe qui roulait contre ses abdominaux, et le branla lentement, faisant gémir son propriétaire.

« Matt... Arrête ça... »

« Hein ? »

C'est quoi cette voix bordel ?

Il se redressa en sursaut, ouvrant enfin les yeux, pour découvrir Near, complètement débraillé et les joues rouges, le sexe raide et l'air affreusement gêné, coincé sous lui, ce qui le fit bondir en arrière. Sa bouche s'ouvrit, mais rien de cohérent ne parvint à en sortir. Alors il resta là, à genoux, les fesses sur les talons, à regarder ce spectacle somme tout plus qu'excitant.

Sa pauvre victime avait remonté un bras sur le haut de son visage, cachant ses yeux, et sa main libre était à nouveau posée à plat sur le lit. Il n'esquissait aucun geste pour cacher son anatomie plus qu'éveillée, et semblait mortifié. Matt aussi.

Oh merde...

« Oh merde... » se sentit-il obligé de répéter à voix haute.

Il n'avait jamais fantasmé sur Near, mais là... Comme ça... Il se serait bien glissé entre les petites fesses qu'il arrivait à voir grâce aux jambes repliées du jeune garçon, et avait une folle envie de glisser sa langue sur les lèvres que deux minuscules dents blanches martyrisaient.

« Pardon Near je... »

« Tu rêvais, je sais. »

La voix tremblait, mais le ton ressemblait étrangement à celui d'un reproche dirigé sur son rêve plutôt que sur ses mains baladeuses et son corps qu'il n'avait su contrôler.

« Tu... tu veux que je continue quand même ? »

Il se serait baffé, mais en même temps il en avait tellement envie...

« Ne me touche surtout pas Matt. »

Faudrait savoir Casper... Oh bordel, rhabille-toi ou je te viole ! Mais merde Near !

Il ne dit rien pourtant, se contentant de contempler ce corps si blanc. Peut-être même plus que les draps. Sa main trouva tout naturellement le chemin jusqu'à son sexe, et il se caressa, dévorant l'albinos des yeux. Après tout, il restait là, nu, alors pourquoi se gêner ? D'ailleurs si la situation le dérangeait vraiment, il se serait déjà couvert, non ?

Fort de ses nouvelles convictions, il se branla plus rapidement, ne retenant pas ses gémissements alors que de sa main libre il soulevait ses bourses une à une avant de glisser son pouce en dessous, pressant légèrement cette zone si sensible. Near jeta un coup d'oeil en relevant le bras, et le rabaissa bien vite.

« Matt... »

« Deux minutes, s'il te plait... »

Bordel... Est-ce que je viens de demander à Near de me laisser deux minutes pour me branler sur lui ? Nan... Je rêve. Oui, voilà, c'est juste un drôle de rêve parce que ce con est venu se coucher contre moi alors que j'étais à poil. Ouais. Donc, si c'est un rêve, je pourrais peut-être...

Il avança la main qui s'occupait de ses bourses jusqu'à toucher le mollet diaphane, le caressant doucement de bas en haut, admirant sa blancheur et l'absence de toute pilosité qui renforçait encore son apparence juvénile.

« J'ai dit : Ne me touche pas ! »

Matt recula sa main, et sentit son excitation disparaitre. Il lâcha son sexe en soupirant, et se laissa retomber à côté de Near. Le sexe de l'albinos était toujours dressé, et semblait se moquer de lui et de ses problèmes d'érection. Encore un peu et il se sentirait carrément impuissant.

« Rhabille-toi Near. »

« T'as fini ? »

« Nan. Les gosses ont toujours eu du mal à me faire jouir. »

« Si tu le dis... »

Near remonta rapidement son pyjama et tenta de refermer les pans de la chemise que Matt avait déchirée en le prenant pour Mello, et se tourna vers lui, glissant une main sous sa joue, et le fixant de ses grands yeux gris. Le rouquin alluma une cigarette avant de prendre la même position, et il se regardèrent sans rien dire pendant que le plus âgé fumait à son aise, essayant d'effacer cet étrange moment de sa tête. Il finit par se laisser rouler sur le dos, agacé par ce visage redevenu inexpressif malgré le rose qui s'attardait sur les joues d'albâtre.

oOo

Matt ne se souvenait pas s'être rendormi, pourtant, en ouvrant les yeux, il dût se rendre à l'évidence. La baie vitrée donnait sur le noir de la nuit mouchetée d'étoiles, et Near n'était plus à ses côtés dans le grand lit de sa chambre d'hôtel. Il voulut se redresser, mais n'y arriva pas. Ses membres étaient lourds, et sa tête, étrangement vide. Il resta donc allongé sur le dos, fixant le ciel, et essayant de réfléchir. Pourquoi l'albinos l'avait-il laissé dormir toute la journée ? Était-ce à cause de ce qui s'était passé au matin ?

Il soupira, mais manqua s'étrangler en apercevant une ombre se découper sur la noirceur nocturne. Un éclat doré lui fit écarquiller les yeux, et il n'osa plus respirer. Il aurait aimé parler, se lever, s'approcher pour s'assurer de cette vision qui le terrifiait autant qu'elle l'excitait.

Un rire s'éleva, lui faisant baisser les yeux, et il constata qu'il était toujours nu, rougissant en voyant son sexe se dresser à la seule idée de la proximité de l'apparition.

Sa respiration s'accéléra en voyant l'ombre approcher, mais son visage restait caché derrière de longues mèches blondes. La peau d'une épaule lui fut dévoilée lorsqu'une main blanche sortit quelque chose d'argenté de la poche du vêtement tout aussi sombre que le reste de celui qui ne pouvait être Mello. C'était impossible.

L'épiderme était noirci, racorni et semblait carboniser, le faisant hoqueter de stupeur.

Une étincelle, et une flamme éclaira un instant une face ravagée, souriante et terrifiante.

Le briquet aux deux M entrelacé décrivit un arc de cercle en quittant la paume blafarde et atterrit sur le lit, le faisant s'embraser.

« Les vilains garçons doivent être punis, Mail... »

Il voulut crier, se relever, mais rien ne se produisit, et une langue de feu brulante vint lécher ses pieds, remontant le long de ses mollets pour caresser son entrejambe.

Il se prit à sourire sans savoir pourquoi, mais son expression se figea. L'ombre avait disparue, et il restait seul sur son lit qui se consumait.

Étrangement, il n'eut pas mal tout de suite. La disparition de la chose brulée le meurtrissait bien plus que sa peau qu'il sentait fondre, telle la cire d'une bougie.

Finalement, alors que les flammes s'attaquaient à son visage, il parvint à lever un bras, regardant sa main qui lui semblait étrangement inconnue. Elle ne fondait pas comme il l'avait cru, mais devenait dure, prenant une teinte crayeuse et grisâtre alors qu'elle semblait prête à partir en poussière.

C'est alors que la douleur l'atteignit, faisant se cambrer son corps en hurlant.

Il tenta de se redresser, s'appuyant sur ses avant-bras qui se brisèrent sous son poids.

Acceptant enfin l'inévitable après s'être débattu en vain dans les langues de feu, il se laissa aller dans cette gangue de souffrance, laissant la brulure atteindre ses poumons et fermant les yeux.

Les larmes s'évaporaient avant même d'avoir quittées ses yeux, et son corps se désagrégea, lui donnant l'impression d'un millier d'aiguilles le transperçant avant que toute douleur ne le quitte.

Il se sentait bien tout à coup. Vraiment.

Jusqu'à voir un petit garçon, assit, seul dans une pièce vide, et qui sanglotait doucement. Il ne distinguait rien qui puisse le renseigner sur qui cet enfant pouvait bien être, mais se sentit incroyablement mal. Pourquoi lui aurait-il eu le droit de sombrer dans l'oubli et le néant après avoir causé tant de souffrance ?

Il cria, ne sachant comment se retenir, sentant une poigne d'acier lui enserrer les bras, le tirant en arrière, mais rien n'y fit, et il se sentit partir pour une vie dont il ne voulait pas.

.

.

.

« Matt ! Matt réveille-toi ! »

Ses yeux s'ouvrir brutalement, une lumière crue les faisant papillonner un instant avant qu'il n'arrive à les fixer sur le visage qui le surplombait. Repoussant Near d'un mouvement rageur, il se redressa, passant une main sur son visage couvert de sueur. Le jeune garçon le regarda, les orbes grises lui semblant étrangement disproportionnés dans ce visage enfantin, et il ne put s'empêcher de s'en prendre à lui.

« Putain Near, toi et ton rêve à la con vous faites vraiment chier ! Dégage ! »

L'albinos le fixa un instant sans comprendre, puis prit un air attristé.

« Je suis désolé Matt... Tu rêvais encore de Mello ? »

« Non ! Enfin, si... peut-être... J'en sais rien bordel ! En quoi ça te regarde d'abord ? »

« En rien, tu as raison... », souffla-t-il.

Matt ne remarqua qu'à ce moment-là le mégot que Near tenait, et baissa les yeux sur son torse.

Une nouvelle brulure allongée le barrait, et il soupira en prenant la fin de cigarette d'entre les doigts du garçon avant de la jeter dans le cendrier.

« Merci, Near. »

« De rien... Tu rêvais de quoi ? Ça avait l'air douloureux... »

Le rouquin ne put s'empêcher de ricaner en regardant lentement ses mains, vérifiant qu'elles étaient intactes.

« J'peux te dire que bruler, ça fait foutrement mal, Casper. »

« Ah. Je ne sais pas si un rêve peut être comparable à la véritable douleur de... »

« Near, ta gueule. » L'interrompit-il.

« Oui. Pardon. »

Matt s'enroula dans le drap avant de se lever, allant chercher des vêtements propres dans l'armoire murale qui longeait un des murs de sa chambre, avant de se retourner vers l'albinos.

« Douche ? » demanda-t-il avec un signe de tête vers la salle de bain.

Near prit un air contrit en se levant, inspirant profondément pour se donner visiblement le temps de réfléchir. Il semblait hésiter, une expression d'intense concentration passant sur son visage, puis soupira.

« Oui... Mais je ne crois pas que ce soit une très bonne idée de la prendre ensemble... »

« Comme tu veux. » Répondit-il en haussant les épaules.

Il se dirigea vers la salle de bain et sourit en entendant Near faire quelques pas pour le suivre avant de s'arrêter. Il décida de laisser la porte entrouverte, et se jeta sous le jet brulant, nettoyant la sueur en même temps que les souvenirs de cet étrange rêve. Relevant la tête, il sentit avec délice l'eau couler sur son visage et frissonna lorsqu'un courant d'air glacé frôla son corps. Un torse tout aussi froid se colla à son dos, et deux petites mains se nouèrent sur son ventre, lui arrachant un nouveau sourire.

Il se retourna lentement et baissa le regard sur le jeune albinos, lui trouvant des airs de chaton trempé avec ses cheveux collés au visage et ses grands yeux gris perles qui le lui mangeaient. Near lui rendit son sourire, et se pelotonna contre lui en le serrant.

Matt resta perplexe devant un si grand besoin d'affection, et posa finalement ses mains sur les reins du jeune garçon, le gardant contre lui sans rien de plus.

Ils restèrent ainsi un long moment avant que le rouquin ne l'attire au sol, le faisant s'assoir entre ses jambes croisées. Il attrapa le shampoing et se fit un devoir de le laver avec le plus de délicatesse possible, se montrant doux et essayant de lui donner la tendresse qu'il avait l'air d'attendre.

Lorsqu'il passa à son corps, constatant qu'il n'avait pas de gant de toilette sous la main, il s'excusa avant de le frotter du bout des doigts, presque timidement. Mais les soupirs d'aise que l'albinos laissait échapper sans quitter son visage des yeux l'enhardirent. Il le fit se relever et massa longuement son dos, ses fesses et ses jambes, essayant de ne pas penser à lui comme à un amant potentiel. Mais quand, après s'être lui aussi relevé, des lèvres se refermèrent sur un de ses tétons, il sentit toute sa détermination vaciller.

« Near... ne fait pas ça... »

Une main glissa le long de ses abdominaux rendus glissant par le savon, et se referma sur son sexe.

« Near, arrête... »

L'albinos le fixait toujours, le regard inflexible, alors que les doigts fins se mirent à pétrir le membre qu'il ne pouvait empêcher de raidir.

« Near, arrête ça bordel... »

Évidemment, sa voix rauque et basse ne semblait pas convaincre le jeune garçon qu'il fallait réellement qu'il cesse de le masturber.

Matt ferma les yeux, prenant appui contre le mur de carrelage encore froid derrière lui, et attira Near à lui, seul moyen qu'il avait trouvé pour l'empêcher de continuer sa douce caresse.

Mauvaise idée ! hurla une voix dans sa tête alors qu'il sentait l'érection de son vis-à-vis contre sa cuisse.

Mais au moins ne pouvait-il plus le branler, ce qui, bien que fort agréable, valait mieux pour la santé mentale du rouquin.

« Matt... » appela une toute petite voix alors qu'ils ne s'étaient toujours pas quittés des yeux.

« Oui Near ? »

« Fais-moi ce que Mello te faisait. »

Le coup partit sans qu'il y pense et l'albinos s'affala dans un coin de la douche.

Matt enrageait. Non. Fulminait.

De quel droit Near lui demandait ça ? Il n'était pas un Mello remplaçant !

Se rendant compte de l'ironie de la situation, il se mit à rire en se laissant glisser jusqu'au pied du mur, puis se mit à pleurer.

« Matt... »

« Pourquoi Near ? Pourquoi tu me demandes un truc pareil ? » hurla-t-il en relevant la tête.

« Parce qu'il me manque ? »

Matt manqua s'étrangler avant de lui bondir dessus, appuyant ses genoux sur son torse en s'y laissant aller de tout son poids.

« Parce que tu veux me faire croire que Mello te touchait comme ça peut-être, p'tite merde ? »

La bouche de l'albinos s'ouvrit pour répondre, mais un sifflement rauque fut tout ce qui en sortit. Il essaya de griffer son assaillant, ce qui fit rire le rouquin. Celui-ci finit par le libérer en le voyant passer du blanc au mauve, et se rassit simplement en face de lui.

Near se massa les côtes en se redressant et lui lança un regard mauvais, faisant ricaner à nouveau Matt.

« Alors ? Dis-moi donc comment Mello te touchait ! »

Le rouge monta aux joues crayeuses, et les yeux s'emplirent de larmes.

« Tu sais très bien comment il me touchait, Matt... » murmura-t-il en baissant la tête.

« Non, je ne sais pas. Et ça m'intéresse énormément ! Allez, vas-y, je t'écoute ! »

Son ton était mauvais, et il se sentait bouillir. Serait-il passé à côté de quelque chose d'aussi improbable à la Wammy's ? Il espérait que non, mais se sentait déjà trahi.

« Tu le sais très bien parce que tu étais là Matt ! »

Le petit cri de souris le fit rire.

« Tu veux dire quand il te maltraitait ? C'est de ça que tu parles Near ? »

La mine déconfite de l'albinos le soulagea, et son rire s'enfla démesurément. Il avait toujours craint que l'intérêt de Mello pour Near ne finisse par se muer en désir, et était toujours persuadé que si c'est deux là se revoyait cela deviendrait inévitable, mais là... Il se sentait stupide. Il l'aurait vu, si leur façon de se comporter entre eux avait changé.

L'eau coulait toujours dans son dos, et commençait à l'agacer alors qu'il se calmait doucement. Il tendit la main pour couper le robinet. Un reniflement lui fit tourner la tête, et le visage défait de Near alors qu'il sanglotait en se tenant les genoux contre le torse le fit culpabiliser.

« Allez, viens. » Chuchota-t-il en ouvrant les bras.

La rapidité avec laquelle le garçon se précipita contre lui le fit sourire, et il le berça lentement. Lorsque les pleurs se calmèrent, il lui releva doucement le menton.

« Pourquoi tu veux que je te touche comme ça Near ? C'est à cause de ce que j'ai fait là tantôt ? »

Un hochement de tête timide lui répondit.

« Je suis désolé. Je n'aurais jamais dû faire ça. »

« Si ! »

L'exclamation lui décrocha la mâchoire.

« Enfin, non... » se reprit l'albinos. « J'aurais juste préféré que ce ne soit pas parce que tu me prenais pour lui que tu me caressais comme ça... »

Reprenant ses esprits, il ne put s'empêcher de demander :

« Alors pourquoi tu voulais que je te touche comme il me touchait ? »

« Je... je pensais que peut-être ce serait plus facile pour toi, de penser à lui... »

« Non, mais je rêve ! Tu veux quoi ? Que je te dépucelle peut-être ? »

Near secoua vivement la tête.

« Alors quoi ? »

« Juste... que tu sois gentil avec moi... »

« Near... C'est pas de la gentillesse ça... T'y connais vraiment rien en relation humaine, hein? »

« Non... rien du tout... » souffla-t-il en rougissant.

« On fait pas ça pour être gentil, Near, on fait ça parce qu'on en a envie. Parce qu'on désire l'autre... »

« Désir ? »

« Mais c'est pas vrai ! T'as quel âge bordel ? »

L'albinos se referma comme une huitre en se recroquevillant et Matt soupira. Comment allait-il pouvoir expliquer à cet asocial naïf ce qu'était que le désir physique ?

« Near, est-ce que tu désires Mello ? »

Devant l'expression surprise de l'albinos, il souffla encore avant de se reprendre :

« Est-ce que tu as envie qu'il te touche ? »

« Non ! Il me faisait toujours mal ! Ou se moquait de moi ! » s'exclama-t-il avec un air choqué.

« Ok ok... Et moi ? Tu as envie que je te touche ? »

Devant le regard qui se détourna et les joues devenues rouge pivoine, Matt se sentit défaillir.

Et merde... Pourquoi ça doit m'arriver à moi ce genre de trucs bordel ? J'ai pas assez de problèmes à régler ?

Mais un dernier espoir subsistait.

« Depuis quand ? »

« Ce... ce matin... »

« Juste ce matin ? »

« Hun hun... »

Cette fois-ci le soupir que poussa Matt fut un de soulagement.

« T'inquiètes alors, ça va passer. C'est juste parce que... je me suis mal comporté. C'est rien Near ! »

Ne me regarde pas comme ça... Pitié... Pas ces yeux-là...

« Mais Matt... »

Non, pas de, mais... Pitié pas un mais... Je hais les mais ! Oh oui, je les hais...

« Mais rien du tout ! Ça suffit maintenant Near, je vais pas te prendre parce que tes hormones se sont un peu enflammées ! Si je t'avais pas touché, t'y aurais même jamais pensé ! »

« Mais... »

« Raaah bordel Near ! Y a pas de mais ! Clair ? »

« Mais Matt je suis tout dur ! »

*Gloups* fut le seul bruit qui parvint aux oreilles du rouquin après cet aveu. Le silence lui parut assourdissant alors qu'une petite main entrainait la sienne vers le sexe tendu.

« Effectivement... » finit-il par souffler en reculant sa main comme s'il s'était brulé.

« Et tu n'as rien fait pour... alors... »

« Alors rien ! »

Il essaya de le repousser avant que la situation ne dégénère, et surtout que Near ne sente son propre sexe qui se raidissait doucement. Malheureusement pour lui, l'albinos était extrêmement têtu, et ne se laissa éloigner que pour mieux se retourner et se plaquer, à genoux, contre lui.

« Near, je t'en supplie, arrête... » finit par geindre Matt tandis que le jeune garçon se frottait contre lui, son membre lui donnait l'impression de lui écorcher la peau du ventre tellement il le chauffait.

« Near, si tu n'arrêtes pas ça tout de suite, je te viole... »

« Oh oui... Viole-moi Matt... »

Comment un gosse aussi froid peut-il avoir une voix aussi chaude bordel de merde ? Putain. Putain. Putain !

« Near, s'il te plait... »

« Oui Matt ? » lui chuchota cette voix chaude et devenue étrangement basse contre son oreille, lui arrachant un long frisson.

Matt ne put retenir ses mains plus longtemps et empoigna les fesses rondes et fermes de l'albinos pour le plaquer au sol, se frottant à son tour contre lui.

« Je te hais... Vraiment Near... »

Il colla rapidement ses lèvres dans le cou offert, et dès qu'il sentit le corps sous lui se détendre et relâcher sa prise, il sauta sur ses pieds et s'enfuit en courant de la salle de bain, sautant dans d'autres vêtements que ceux qu'il avait pris plus tôt et qui était désormais hors d'atteinte puisque dans la même pièce que l'espèce de démon qu'était devenu Near, sans prendre la peine de se sécher et claqua la porte de sa chambre avant même que l'autre n'ait pu réagir.

Sauvé...

oOo

Lorsque, quinze minutes plus tard, il revint dans sa chambre, bien décidé à exaucer le souhait de Near suite à un long débat intérieur, l'albinos et son pyjama blanc avaient disparu.

Il s'en sentit aussi déçu que soulagé, et se laissa tomber sur le lit, soupirant pour la centième fois de la journée en s'allumant une cigarette.

Son gsm vibra sur sa table de chevet, et il l'attrapa vivement, souriant bêtement en constatant que le sale gosse avait repris son attitude de patron pour lui signaler qu'il était plus que temps qu'il vienne bosser.

Fin du chapitre quatre.

Oui, Near est complètement OOC. Vous comprendrez pourquoi plus tard. Enfin, je pense... On verra !

Review ?