Death Substitution

Chapitre cinq.

Pain, without Love.

« Mello... Ah ! »

Les halètements du jeune garçon roux entrecoupé de cris commençaient à lui faire perdre pied. Il savait qu'il y allait trop fort, que ses doigts ne devraient pas serrer ses hanches ainsi, que les marques de coups sur son dos n'auraient pas dû y être, mais il ne se contrôlait plus.

« AH ! Mello ! »

Il finit par se coller au corps tremblant et couvert de sueur qu'il maltraitait depuis plus d'une heure, mordillant la nuque avant de coller sa bouche contre l'oreille à sa portée.

« Tu aimes ce que je te fais, Sebastien ? »

« Mmmh... Ah ! Oui ! Oui j'aime ! »

Il se redressa, attirant à lui les fesses de son inutile coursier en les faisant claquer contre son bas ventre.

« Tu dis ça juste pour me faire plaisir... »

« Non ! Non Mello j'te jure ! »

La panique dans la voix devenue aiguë le fit rire et il glissa deux doigts dans le collier en cuir, tirant doucement jusqu'à entendre la respiration de son amant devenir rauque et pénible.

« À quel point tu aimes ça, Sebastien ? »

Comme la réponse ne venait pas, il arrêta de s'enfoncer entre les fesses offertes et remontées au plus haut, et attrapa une poignée de cheveux flamboyant pour voir les yeux verts et la lueur de peur qui apparaissait en eux.

« Alors ? »

« Plus... plus que... argh... »

« Tu m'agaces. »

Il le repoussa et se releva, quittant la chaleur de ce corps ennuyeux. Les pleurs qui en résultèrent l'énervèrent encore plus, et il lui retourna un coup de pied dans l'estomac, le faisant rouler en bas du bureau où il l'avait fait se mettre à quatre pattes. Il se laissa ensuite tomber souplement à sa suite, et s'accroupit près de son jouet.

« Regarde-moi. »

Un regard empli de larmes se leva lentement vers lui, et les tremblements de la lèvre inférieure le firent soupirer.

« Pourquoi aimes-tu ça Sebastien ? »

« Je... je suis désolé... »

« Ce n'est pas ce que je te demande ! » gronda-t-il en attrapant l'anneau qui pendait au collier.

« Parce que... c'est tout ce que tu me donnes... »

La réponse le prit de court.

« Tout ce que je te donne ? »

« Oui. Tu... tu ne m'aimes pas. Tu l'aimes, lui ! »

La tristesse de cette affirmation le fit vaciller, et il se laissa tomber contre son bureau, lâchant Sebastien.

« Viens ici, je vais te détacher. » Finit-il par dire au bout d'un moment.

Le jeune homme s'approcha difficilement, et tendit ses poignets. Il les détacha brutalement, et passa à ses jambes, retirant la barre d'écartement qui l'empêchait de les fermer, dans l'éventualité où il l'aurait voulu. Ce qui était hautement improbable. Dès que ses mouvements furent libres de toutes entraves, Sebastien voulut se saisir du sexe de son maître, mais une gifle sèche sur les doigts qui avaient voulu s'en saisir l'en dissuada.

« Mais... Mello... »

« Quoi ? » demanda-t-il, agacé.

« Tu n'as pas joui... », souffla le rouquin en baissant la tête.

« Comme si ça changeait quelque chose ! »

« Mello ! Ne dis pas ça ! »

Le jeune homme tendit une main, timidement, vers le visage fermé de son jeune patron, et lui caressa la joue alors qu'il fermait les yeux. Le blond se laissa faire un instant avant d'enfermer les doigts devenus trop hardis dans sa propre main. Devant l'air blessé de son amant, il les embrassa rapidement en lui souriant tristement, puis l'envoya se laver malgré le début de protestation qu'il interrompit d'un regard.

Sebastien n'aimait pas quand il n'arrivait pas à contenter celui qui l'avait sauvé. Cela lui laissait toujours un gout d'inachevé, et le faisait se sentir indigne de la bonté du mafieux qui l'avait recueilli et qui prenait soin de lui comme un grand frère.

Enfin, presque.

Les grands frères ne réclament pas une soumission totale et sans retour.

Ils ne prennent pas non plus leurs cadets en les faisant hurler.

Mais le jeune homme s'était rendu compte qu'il aimait ça. Quand c'était ce garçon-là qui posait ses mains sur lui, que ce soit pour le faire souffrir ou lui donner du plaisir, plus rien n'importait.

Plus rien mis à part l'expression de son visage quand il arrivait enfin à lui arracher un tressaillement, un frisson, n'importe quoi qui prouve qu'il avait jouit, et apprécié cela.

Mais plus le temps passait, et plus cela devenait rare. Le blond avait beau user de nouvelles techniques, se montrer plus doux, plus rude, plus sauvage, plus tendre, rien n'y faisait. Au fur et à mesure, Sebastien sentait bien qu'il ne suffisait plus. Il doutait même de n'avoir jamais suffi à quelqu'un comme lui. Et ce constat le désolait.

L'autre le faisait souffrir, il le savait. Il l'entendait pleurer, la nuit.

Mais c'était cet autre qui le comblerait.

Et quand il avait le malheur d'essayer de le consoler...

Sebastien frissonna sous l'eau chaude, serrant ses bras autour de lui dans un geste défensif qui ne changeait rien au fait.

Mello lui échappait. Et il n'y avait rien qu'il puisse faire.

.

.

.

Mello passa une main dans ses cheveux blonds devenus fort longs. Ceux-ci commençaient à l'agacer, mais son coiffeur attitré était...était ailleurs. Sebastien aussi, à sa manière, et c'était encore plus énervant. Le gamin devenait pire qu'un chiot, le collant et essayant de le consoler à la moindre occasion. Mais Mello n'a pas besoin d'être consolé ! Il a besoin d'éjaculer, nuance.

Ne pas jouir quand il le voulait allait finir par le rendre fou.

Relaçant son pantalon, il alla jusqu'à la porte et voulu la déverrouiller. Découvrant qu'elle l'était déjà, il se mit à rire. Un rire froid, qui n'avait plus rien du ricanement supérieur, mais souvent joyeux, de la Wammy's House. Il prit le temps de remonter la fermeture éclair de son haut en cuir avant d'ouvrir et d'appeler Jeff, qui avait visiblement monté la garde depuis qu'il était venu annoncer l'arrivée d'un nouveau rapport.

Il lui fit signe d'entrer, et alla se laisser tomber dans son fauteuil préféré, allumant une cigarette.

« Mello... Tu sais, le chocolat c'est... »

« Moins mauvais pour la santé, je sais Jeff. Alors, ce truc qui ne pouvait pas attendre, qu'est-ce donc ? »

La façon dont son homme de main déglutit en détournant la tête lui fit écraser le tube de tabac entre ses doigts. Il se releva d'un bond et le gifla de toutes ses forces, n'obtenant pas même un tressaillement de l'armoire à glace devant lui.

« Bordel Jeff, une surveillance, ce n'est pas boire des coups pendant qu'il baise le premier type venu ! Vous avez quoi dans la tête ? »

« Mais Mello... »

« Commence pas bordel ! Putain de bâtard roux... Je vais le... et le... Raaaah ! »

Il s'en prit à la première chose face à lui, le dossier que Jeff tenait, l'ouvrant et en déchirant les pages comme un enfant l'auraient fait d'un mauvais bulletin.

L'homme de main le regarda sans rien faire, lui laissant le temps de se calmer.

Quand il eut fini, photos et rapports rendus à l'état de confetti, Jeff sortit le deuxième qu'il avait soigneusement caché sous sa chemise.

« Tiens Mello. »

« Et ça, c'était quoi ? »

« Comptabilité et photo du dernier non-paiement. »

Le blond rit. De bond coeur cette fois, en se laissant glisser jusqu'au carrelage en damier.

« Tu commences à me connaitre trop bien, Jeff. C'est mauvais ça, tu le sais ? »

« Ouais. Mais j'suis toujours en vie, hein ? »

L'énorme masse de l'homme de main s'agenouilla face à son jeune patron en lui souriant, espérant sottement que celui-ci oublierait que ce nouvel accident ne serait jamais arrivé si ses hommes avaient mieux surveillé leur cible. Peine perdue.

« Vas-y, dis-moi tout. »

La voix douce et sucrée employée fit frissonner Jeff qui se recula lentement. Lorsqu'il fut à une distance qu'il jugea raisonnable pour sa propre sécurité, puisque Mello ne semblait pas avoir son 9mm à portée de main, il inspira profondément.

« Il l'a rencontré dans un bar, quartier gay de Londres. Ils ont... fait connaissance et... »

« Fais connaissance comment ? » l'interrompit le blond qui ne quittait pas ses mains des yeux, enserrant toujours l'enveloppe brune contenant les preuves accablantes contre son meilleur ami.

« On a que les enregistrements des caméras de surveillance du bar, pas moyen de prendre de bonnes photos ou d'enregistrer leur conversation dans un endroit pareil. »

Mello ouvrit l'enveloppe, faisant tomber le DVD et le mis dans l'ordinateur portable se trouvant sur la table basse. Inspirant et expirant calmement pendant que celui-ci chargeait, il se rassit dans son fauteuil de cuir, prenant la machine sur les genoux.

Zappant les premières minutes de l'enregistrement, il finit par appuyer sur play, inspirant une dernière fois.

Au début, il fut presque soulagé de ne pas apercevoir les rayures caractéristiques de son ami, jusqu'à ce qu'un couple attire son attention. Un blond habillé de noir dévorait le cou d'une personne qu'il ne distinguait pas bien, en étant assis sur ses genoux. Lorsque le jeune entreprenant se fit brutalement repousser et cogna la table derrière lui après s'être fait mordre la gorge, Mello ricana. Mais l'autre ne pouvait pas être Matt. Matt ne portait pas de t-shirt noir. Non. Mais les lunettes orange ?

Il zooma lentement, jusqu'à pouvoir reconnaitre le sourire en coin et l'air amusé malgré la mauvaise qualité de l'enregistrement. C'était bien lui.

Jeff recula doucement, inquiet de ce qui pourrait suivre. C'était autre chose que de s'imaginer simplement la scène.

La voir risquait de créer une réaction dont il ne voulait absolument pas être le témoin.

Finalement, l'autre blond entraina son Matt en dehors de l'établissement, et il grogna de déception. Redressant la tête vers l'homme de main, il écarquilla les yeux. Celui-ci semblait sur le point de prendre la fuite.

« C'est bon Jeff, tout va très très bien. Tu vois ? Je suis parfaitement calme. »

Sa voix le semblait, en effet, et c'est avec des gestes lent et posé qu'il remit le portable sur la table basse. D'un mouvement agacé, il ramena ses cheveux en arrière et tendit la main. Chocolat ou cigarette ? Il opta pour le chocolat, ça le détendait un peu plus que ces doses de nicotines de toute façon.

Il reprit le dossier, qu'il posa bien à plat sur ses genoux non croisés, et invita Jeff d'un signe à s'assoir en face de lui. L'homme de main jugea la distance correcte pour un retrait rapide vers la porte en cas d'urgence, et prit place sur le siège désigné.

« D'habitude, mon cher Jeff, tu es le premier à me dire tout ce que Matt a pu faire comme nouvelles conneries. Tu ne me laisses souvent même pas le temps d'ouvrir le premier rapport. Alors la question est : Pourquoi pas cette fois-ci ? Est-ce juste parce que tes hommes ont foiré ? Matt n'avait même pas l'air de les avoir remarqués, pourtant ils étaient plus que voyant. Franchement, envoyé de pur macho dans un bar gay... Mais soit. Dis-moi Jeff... Qu'est-ce qui te crispe comme ça ? On dirait que je t'ai enfoncé un balai dans l'cul. »

« Heu... Ça en fait des questions ça Mello... »

Le blond soupira, se pinçant l'arête du nez avec un air profondément ennuyé.

« Ne joue pas les cons, Jeff. Ma patience... »

« ...a des limites, oui oui, je sais Mello... »

« Alors ? »

« Bein le coup classique... Ils sont partis à l'hôtel, ont pris une chambre, sont monté puis... »

« Puis quoi Jeff ? Bordel tes couilles vont servir de heurtoir au QG si tu continues à me faire chier ! »

« Oui bein les gars ne pouvaient pas deviner où ils iraient, donc pas de caméra ni de micro et... »

« Jeff ! L'essentiel ! Il l'a baisé, ça, on s'en doute ! Mais après ? »

« Bein il l'a tué... »

« Mais ça aussi je m'en doute sombre crétin, tu l'aurais déjà dis s'il avait été bien sage ! Jeff... tu m'épuises... »

Mello se laissa aller en arrière, regardant le plafond en broyant sa tablette de chocolat méthodiquement.

« Dis-moi au moins que tes putain de gars ont pu se débarrasser du corps et des traces. Enfin, le truc habituel Jeff quoi ! »

« Bein non... »

« Non ? Comment ça non ? »

« Le réceptionniste connaissait le môme, et est monté juste après que ton pote soit parti... »

« Et donc il l'a trouvé, a appelé les flics, etc... C'est ça Jeff ? »

Un lourd silence s'installa. Mello se redressa brutalement et lui lança son regard le plus mauvais.

« C'est ça, Jeff ? »

« Non... »

Entendre cet homme de main de près de deux mètres couiner ainsi fit frémir le blond.

« Alors quoi ? »

« Il... il a appelé le père du gosse... »

« Qui a donc appelé les flics, hein ? Jeff bordel réponds où ce coup-ci je t'égorge en te laissant tes couilles ! »

« Bein le truc, c'est que le père c'est... O'Shanahan. »

« O'Shanahan ? Tu te fous de moi ? »

Le 9mm que Mello venait de décoincer d'entre les coussins de son fauteuil fit se figer Jeff.

« Tu m'expliques, Jeff, comment le fils de cet enfoiré de première à put se retrouver, tout seul, dans un bar d'un quartier aussi peu... accueillant sans même un garde du corps et qu'en plus, Matt, mon Matt, l'a baisé et tué ? TU M'EXPLIQUES COMMENT UN TRUC PAREIL A PU SE PRODUIRE BORDEL DE MERDE PUTAIN JEFF ? »

Les geignements et suppliques de son « meilleur » homme de main finir de mettre le jeune mafieux dans une colère noire. Il vida son chargeur dans le siège face à lui, évitant tant bien que mal les membres de l'armoire à glace, parce qu'il risquait d'en avoir encore besoin, de cet idiot, et lorsque le clic indiquant qu'il n'avait plus de balle retentit, il lui jeta l'arme en plein visage.

.

Mello respirait rapidement. Beaucoup trop. Ça ne lui était plus arrivé depuis... depuis la dernière fois où Matt et lui avaient couché ensemble. C'était dire.

Comment une chose pareille avait-elle pu arriver ?

Tout, mais pas O'Shanahan... Pas lui bordel !

C'était une véritable catastrophe.

Pour Matt, déjà.

Pour la mafia, ensuite.

Et surtout pour Mello, qui avait besoin de ce vieux vicelard de bonne humeur !

Il ne voulait même pas imaginer ce que donnerait la suite s'il venait à récupérer Matt et devait le protéger d'O'Shanahan.

Oublié, la future association dans ce cas-là.

Oublié, tout le reste d'ailleurs, tant que l'assassin de son cher et tendre petit angelot de fils ne serait pas crucifié.

« Est-ce qu'ils ont une piste qui mènerait à Matt, Jeff ? » demanda-t-il presque anxieusement en se passant une main sur le visage.

« Rien de plus que la vidéo et le témoignage du réceptionniste. »

« Ok. Nickel. Je suppose que Near et sa clique ont déjà quitté Londres ? »

« Ouais. »

« Et ils sont... »

« Aux States. »

« Ici ? »

Mello avait bondi.

« Non, Chicago. »

Il se rassit, se sentant stupide d'avoir eu une réaction aussi démonstrative.

« Ok. Ok. »

Inspiration. Expiration.

« Propose notre aide au père éploré. Et envois le sur une fausse piste, le truc habituel quoi. »

« Heu... Mello, d'habitude, c'est sur la bonne piste qu'on les envoie... »

« Et ? Tu fais pareil, mais à l'opposé. Ça ira, ou c'est trop pour ton pauvre cerveau ? »

Mello était cruel, mais ils savaient tous deux à quel point il respectait et estimait Jeff en réalité, qui, contrairement à ce que son apparence pouvait laisser imaginer, était extrêmement intelligent. Il ferait le nécessaire.

.

Mello se détendit, Jeff pouvant percevoir le changement d'atmosphère. Son jeune patron voulait penser, et parler, d'autre chose.

« Jeff, ce soir je veux une femme. »

« Pa... pardon ? »

Sebastien venait de sortir de la chambre, et resta devant la porte, interdit. Mello ne pouvait voir son expression, mais celle-ci déchirait le coeur pourtant assez peu sensible de l'homme de main.

« T'as très bien entendu. J'ai besoin de changement. Je la veux... En fait, j'en sais rien. Tout sauf rousse, ça, c'est sur. Pas d'yeux bleus ou vert non plus. »

« Mais, Mello... »

« Quoi ? Si tu veux tout savoir, j'en ai jamais baisé. Et ça m'intéresse. Faut que ça bouge, marre de tout ce train-train quotidien. »

« Et... et Seb ? »

« Tu lui trouveras bien un boulot. Un vrai. Il peut pas faire pute toute sa vie, hein ? J'suis sûr que tu lui trouveras quelque chose de bien. Un truc correct, où il ne devra pas se salir les mains. »

Jeff vit les larmes perlées au coin des yeux du jeune roux, et ses poings se serrer. Qu'il avait l'air fragile, dans ce débardeur rayé et ce pantacourt qui ne cachaient rien des marques de coups, des suçons et autres morsures que Mello lui infligeait depuis des mois.

« C'est pas qu'il suce ou baise mal, Jeff. Nan, il fait ça très bien, mais je m'en suis lassé, tu comprends ? »

Jeff commençait à se demander si le blond était bien conscient que le gamin se tenait juste quelques mètres derrière lui. Mais s'il le savait, c'était encore pire.

« Puis tu t'imagines si quelqu'un de moins discret que toi apprenait que j'avais sauvé un petit coursier et que je me le tapais en douce depuis des mois ? Je doute que le boss apprécie d'avoir une tafiole dans ses rangs, Kira ou pas Kira. Hein ? Alors Ross... Nan. »

L'homme de main ne savait toujours pas quoi répondre, et les tremblements qui agitaient le petit corps du gamin n'étaient pas faits pour l'aider. Il décida de faire comme Mello, et de l'ignorer.

« Mello, t'es conscient que ce gosse est amoureux de toi ? »

« N'importe quoi. Il m'adule, c'est pas pareil. Et il sait pertinemment que tout ce que je suis capable de lui donner, c'est de la douleur. Il me l'a dit, pas plus tard que là tantôt. Alors quoi ? Je le garde et je continue de l'utiliser comme exutoire ? »

Jeff soupira, mais fit un signe discret au jeune garçon pour qu'il ne bouge pas, contrairement à ce qu'il avait eu l'intention de faire.

« Tu n'aimes pas faire l'amour avec lui, Mello ? »

« Baiser, Jeff. Tout ce qu'on n'a jamais fait, c'est baiser. »

« Ouais, si tu veux. T'aime pas baiser avec lui ? »

« Non. J'en jouis même plus, Jeff. Y a rien à faire, ça sort plus. Ça m'emmerde même profondément. »

« Tu pourrais... arrête de baiser et juste le garder près de toi ? Tu sais, comme un coursier quoi ! C'était son job, avant ! »

« Parce que j'ai besoin d'un coursier ? Arrête Jeff, tu sais aussi bien que moi que c'est en plus beaucoup trop dangereux. On va enfin aller choper ce taré de Kira, et tu voudrais que je le garde avec moi ? »

Sebastien avait de plus en plus de mal à ne pas intervenir, mais il faisait confiance à Jeff. Et savait aussi parfaitement que se jeter au pied de Mello pour le supplier de le garder ne servirai à rien, sauf peut-être à conforter le jeune mafieux dans son choix.

« Alors tu t'inquiètes pour lui, Mello ? »

« Nan ! Enfin, si... Jeff bordel, tu sais très bien que je hais tuer des gens pour rien. Et encore plus les faire tuer. Alors c'est bon, tu le prends, tu lui trouves un endroit tranquille ici, à L.A, et on en parle plus. Ok ? »

Jeff se sentait vaincu, mais les larmes qui coulaient maintenant silencieusement sur les petites joues rouges du gamin semblaient lui hurler de ne pas abandonner.

« C'est quoi exactement le problème, quand tu... baises avec lui ? » finit-il par demander, presque timidement.

« Jeff, bordel, ça te regarde pas ! »

« Bein là, si... t'en as un peu trop dis pour que je me contente de le prendre sous le bras et de t'en débarrasser comme d'un clebs dont on a plus envie ! Alors, c'est quoi le stress ? Tu bandes plus ? Non parce que tu sais, pour ça, y a des pilules hein... »

« Jeff ! »

Le léger rougissement qui venait d'apparaitre sur le visage androgyne du blond le fit sourire.

« Allez Mello, tu sais que tu peux tout me dire... »

« Jeff l'armoire à glace fait le psy... »

« Pour tout te dire, ouais, j'ai même un diplôme en... »

« C'est bon Jeff ! Tais-toi ! Mon pauvre cerveau tient à son innocence ! »

Ils rirent enfin, de bon coeur, avant qu'un silence pesant ne s'installe à nouveau. Puis, Mello inspira profondément en croisant les jambes et s'allumant une cigarette, au chocolat, forcément. Sebastien essaya de se faire tout petit sur le seuil de la chambre, et Jeff commençait à vraiment douter que le blond sache qu'il soit là.

« Le problème, Jeff, c'est pas pour bander. Ça, ça va toujours aussi bien. Même un peu trop. Je bande extrêmement vite, surtout quand il s'agit de ce cher Matty... »

Jeff hocha la tête, ayant déjà put voir la vitesse avec laquelle Mello trainait le jeune coursier dans sa chambre à peine le hacker cité dans une conversation souvent banale.

« Donc je bande, raide, dur et... »

« C'est bon, j'ai compris ! »

« Ouais. Je peux donc faire ce que je veux. Je sais pas si tu sais, mais j'ai une endurance à crever un cheval de course. Et marathonien hein, le cheval, pas sprinteur ! C'est bien pratique, mais aussi parfois vachement chiant, quand tu veux un petit coup rapide, faut être inventif. »

Nouveau hochement de tête entendu.

« Pour prendre du plaisir, ça j'en prends. J'avoue ne plus être aussi vocale qu'avant... Ouais, même plus du tout. Je pense que ça déçoit beaucoup Seb. Matt me traitait d'actrice porno*, rapport à mon langage châtié, mais surtout à mes cris de chatte en chaleur. »

Jeff se sentit énormément soulagé que ce ne soit plus le cas, autant pour ses oreilles que pour le peu de discrétion que ça aurait engendrée. Mais il put aussi voir le jeune homme derrière se mordre les lèvres d'envie, toute trace de tristesse disparue et une lueur lubrique dans le regard.

« Mais le vrai problème, c'est que je ne jouis plus. Enfin, y a plus rien qui sort. Plus d'éjaculation divine me faisant gémir, couiner, hurler, me tordre, trembler, convulser... »

« J'ai compris Mello ! »

Le blond ricana, et tourna la tête vers son jouet, dévoilant par la même occasion qu'il savait depuis le début qu'il était là. Sebastien avait une main dans son pantacourt, serrant visiblement son sexe en pleine érection.

« Ça t'excite, hein Seby ? »

Jamais Mello ne l'avait appelé ainsi, et ce surnom le fit frissonner. Le jeune mafieux reporta son attention vers l'homme de main.

« Donc je disais, je n'éjacule plus jamais. Ou presque. J'ai beau tout essayer, allant du sexe cosy comme un vrai couple au technique BDSM, rien n'y fait. Il me faut des heures pour y arriver, et ça n'arrive plus que tellement rarement que je n'ai pas assez de temps libre pour pouvoir me le permettre. »

Jeff prit le temps de réfléchir quelques minutes, se grattant le menton et faisant crisser sa barbe de trois jours.

« Tu pourrais essayer d'autre partenaire ? »

« Exactement ! » jubila Mello d'un air triomphant. « C'est pour ça que, ce soir, je veux une femme ! Une jolie petite escort, avec de beaux seins bien ronds, un cul ferme, et des jambes interminables ! »

« Ok. Mais t'es pas obligé de jeter Seb pour autant, non ? »

« Non... T'as raison. En plus, là, j'ai la trique. »

Sans même attendre l'ordre, le jeune roux se jeta au pied de Mello, délassant son pantalon avec des gestes fébriles, et libéra l'érection plus que conséquente de son patron.

Jeff voulut se lever pour partir, mais Mello ne l'entendait pas de cette oreille.

« T'as pas d'autres conseils en stock ? »

« Heu... si. Mais ça ne peut pas attendre que vous ayez fini ? »

« Jeff... » souffla Mello d'une voix devenue étrangement basse et sensuelle alors que son dévoué coursier ne faisant que caresser langoureusement sa virilité, l'admirant en salivant presque. « Si tu m'as écouté, tu devrais te douter que ça risque de prendre des heures avant que je n'arrive à jouir, donc profitons-en, on a encore plein de boulot qui nous attend. »

L'homme de main soupira, essayant de ne pas regarder l'air amoureux avec lequel Sebastien fixa le visage du blond tout en appliquant ses caresses et cherchant à son expression les zones qui lui faisait le plus d'effet. Mais quand une petite langue darda entre les lèvres rouges et gonflées d'avoir étant autant mordues par le stress de cette conversation, il se sentit fort à l'étroit dans son pantalon. Pourtant, il n'était pas gay. Absolument pas. Mais cette vision était beaucoup trop érotique, et les deux jeunes hommes bien trop beaux. Il se l'était toujours dit, Mello transpirait une sensualité sauvage, et Sebastien avait ce petit quelque chose qui faisait rêver bien des mafieux de l'avoir sous eux, entièrement soumis à leurs bons vouloir.

La petite langue vint d'abord toucher timidement le sommet du gland, sur lequel une perle de désir avait déjà suinté, puis se fit plus hardie, la recueillant en se recourbant. Sebastien sembla la savourer, les yeux clos, et Mello lui caressaient presque tendrement la tête, glissant ses doigts fins entre les mèches souples et rebelles de la tignasse rousse.

La main gauche tenait désormais la base du pénis, le maintenant en place, tandis que le jeune coursier déposa une série de légers baisers, partant du sommet et descendant lentement. Arrivée en bas, l'autre main dégagea les bourses, les malaxant doucement, puis une autre série de baisers y fut déposée, faisant naitre une chair de poule que Jeff pouvait voir de là où il était, ne s'étant même pas rendu compte qu'il s'était penché en avant. Mello sourit, mais ne dit rien, continuant de regarder ce que lui faisait son jeune chiot.

Celui-ci prenait tout son temps, ce qui était assez inhabituel, mais ne déplaisait absolument pas au blond. Il l'avait bien dressé, et malgré les différences dans la façon de faire qu'il restait entre lui et Matt, c'était toujours fort agréable. Peut-être même plus qu'agréable aujourd'hui. Et pour une fois, il ne se sentait absolument pas pressé d'être enfin totalement pris en bouche.

Comme si Sebastien avait entendu ses pensées, il alla lécher l'aine et le bas ventre, où la rareté des poils blonds avait toujours été grandement appréciée, la fine ligne remontant jusqu'au nombril étant à peu près tout ce que Mello avait comme poil sur le corps. Mais le rouquin voulait plus. Et il souhaitait essayer autre chose. Quelque chose que son maître ne l'avait jusqu'ici jamais laissé faire, les rares fois où il avait essayé. Il releva la tête en se léchant les lèvres, et tira sur le bord du pantalon de cuir noir, faisant comprendre au principal intéressé ce qu'il voulait. Mello soupira, mais prit appui sur les accoudoirs du fauteuil pour relever le bas de son corps, permettant à Sebastien d'abaisser le pantalon et le boxer, devenu gênant.

Jeff quant à lui, savait qu'il aurait du parler, continuer à conseiller son patron, mais n'arrivait pas à aligner deux pensées cohérentes. Et encore moins à se détacher de la scène qui se jouait devant lui. Il avait toujours imaginé les relations physiques des deux garçons comme bestiales et violentes. Cette douceur et cet érotisme loin de la pornographie qu'il s'était parfois pris à parfois imaginer le laissait littéralement... sans voix. Il ne put donc que continuer à les admirer.

Sebastien tendit la main vers le haut en cuir, voulant attraper la tirette, mais Mello prit ses mains dans les siennes, les ramenant de chaque côte de son visage en attirant le jeune homme qui dut se redresser sur les genoux. Comprenant immédiatement où le blond voulait en venir, il prit la languette entre ses dents, et l'abaissa lentement, dévoilant un torse aux muscles parfaitement dessiné, bien qu'à la musculature déliée et fort fine. Jeff ne l'aurait pas imaginé différemment. Arrivé en bas, Sebastien remonta et écarta les pans du haut avec le bout du nez, et embrassa les côtes, puis se dirigea vers un téton, sortant à nouveau sa langue avec un sourire mutin. Il le lécha rapidement, s'attirant un sourire en coin de son propriétaire, puis l'aspira brusquement, le faisant tressaillir. Mello semblait fort réceptif tout à coup, ce qui emplit le coeur du jeune roux d'une joie sans borne.

Il fit jouer la petite bille de chair entre ses dents, délicatement, faisant pression dessus pour créer la naissance d'une douleur tout en restant agréable. Il sentit le sexe de Mello se tendre brutalement et taper contre son ventre. Il aurait aimé le senti contre sa peau, et libéra ses mains pour enlever son débardeur rayé gris et noir. Le blond le laissa faire quand il revint, toujours à genoux entre ses cuisses, et posa de lui-même ses mains sur les épaules du mafieux. Il prit le temps d'embrasser le cou, qui se tendit pour lui laisser découvrir plus de peau, créant des frissons qu'il n'avait jamais réussi à lui arracher avant, et le lécha longuement, allant jusqu'à un lobe qu'il mordilla, glissant ensuite jusqu'au cartilage, mordant le sommet, puis allant taquiner l'intérieur en évitant de respirer contre, ce qui n'était pas toujours agréable en même temps que les bruits mouillés.

Mello l'attrapa par la nuque, et faillit prendre ses lèvres, déviant à la dernière seconde vers sa mâchoire. Sebastien sentit son coeur se serrer. Le blond ne l'avait jamais embrassé. Et ce simple fait le fit se sentir encore plus inutile. Il n'était qu'un remplaçant, un substitut de rien du tout, un jouet dont Mello était en train de se lasser.

Sans qu'il ne puisse rien y faire, il sentit les larmes déborder de ses yeux verts, et se mordit violemment la lèvre inférieure.

Mello plongea son regard bleu glacial dans le vert humide de ceux de Sebastien.

« Jeff, laisse-nous s'il te plait. »

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* Clin d'oeil à ma p'tite Jey, parce qu'elle traite toujours Mello d'actrice de porno, et que Matt est plus que d'accord avec ça ! Même si on sait tous et toutes qu'il adore quand Mello hurle son plaisir au lit...

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Fin du chapitre 5.

Pas taper ! Vous aurez la suite de cette scène-là dès le prochain chap ! Promis juré ! ^^

Review please ?