Même après 30 chapitres et beaucoup d'acharnement,

je ne possède toujours pas Le Seigneur des Anneaux ou Rurouni Kenshin.

Ceux-ci appartiennent respectivement à J.R.R. Tolkien et Nobuhiro Watsuki.

!°,',',',',',',',',',',',',',',°!

« Vous voulez que je vous confie mon chef-d'œuvre... Même pour un dieu, c'est beaucoup demander. »

Nàmo gratifia l'humain devant lui d'un regard patient.

« Ces armes ont été forgées pour amener la paix au Japon. Je ne fais que vous faire une requête. Je souhaiterai qu'elles soient au service de la paix de notre monde, qui, comme votre pays, sort d'une période sombre. Ceci est également la requête d'une dame de ma race. Elle veille sur celui à qui seraient confiées ces armes si vous acceptiez de nous en faire don.

- La requête de deux dieux ? Et qui donc en serait le porteur ? »

Le Vala régnant sur le domaine des morts voyait bien que l'homme n'était toujours pas sur le point de céder. Mais il espérait que sa réponse le ferait changer d'avis.

« Un jeune homme que vous connaissez, et qui a été emmené dans notre monde avec l'accord de vos dieux, dans le but de guérir son âme. Il se nomme Kenshin Himura. »

Les yeux du fabricant de sabre s'ouvrirent en grand sous le coup de la surprise.

« Himura... Va-t-il revenir ? »

Nàmo n'avait pas la réponse que l'homme souhaitait entendre, et cela se vit dans la façon dont sa silhouette faite d'ombre sembla onduler, hésitant entre disparaître et rester sur ce plan d'existence plus longtemps. La ligne de la bouche du fabricant de katana se durcit.

« Et il se bat pour la paix autre part.

- Ses batailles les plus sanglantes sont finies. Une arme lui permettant de protéger sans tuer serait à présent plus appropriée. »

Du moins était-ce le conseil d'Estë. Un long silence s'installa, durant lequel l'homme observa les deux katana posés juste à côté de lui, tandis que l'ombre presque invisible au centre de la pièce restait immobile. Les portes coulissantes étaient grandes ouvertes, laissant entrer l'air frais de cette nuit de fin d'été. Des lampes en papier éclairaient à peine la pièce, donnant à l'ensemble de la scène une ambiance étrangement adaptée, comme si la mort elle-même avait décidé de rendre visite au forgeron. Nàmo ne prétendrait jamais être la mort. Il n'était que le gardien de son domaine. Mais il contempla tout de même l'ironie du sort, qui faisait de lui celui chargé de récupérer des armes qui n'était pas faites pour tuer, afin de les transmettre à un ancien assassin.

« Forger un nouveau sabre sacré est toujours possible. Finit par dire l'humain. Très bien, amenez-les donc à Himura. Un sabre est toujours plus à sa place dans les mains d'un homme avec l'âme d'un samouraï que dans un temple. Même un tel sabre. »

Il tendit les deux katana au Vala, qui les reçu en silence, avec une attitude solennelle.

« Dites-lui d'en prendre soin. »

Cette dernière phrase sonna presque comme une menace, et cela fit sourire Nàmo.

Le Vala et les deux sabres s'effacèrent, et rien dans la pièce ne trahit cette disparition. Quelques secondes plus tard, la brise à l'extérieur fit vaciller les flammes de lampes.

Arai Shakku se releva, ferma les portes coulissantes, et partit rejoindre sa femme dans leur chambre.

!°,',',',',',',',',',',',',',',°!

Un éclat de rire et des paroles enjouées pouvaient être entendues dans Fondcombe, venant plus particulièrement d'un balcon surplombant la place à l'entrée de la citée. Trois personnes étaient assises à une table, deux Hobbits et un jeune Istar. Bilbon Sacquet tenait entre ses mains une coupe fumante de tisane, pour résister à l'air fraîchissant de ce début d'automne, et Frodon avait déposé une fine fourrure sur les épaules de son oncle. Kenshin avait déjà finit sa propre coupe, et se tenait dans une partie ensoleillée du balcon.

« Le Japon à décidément l'air d'être un monde passionnant ! Et par les Valar, d'autres mondes ! Ma foi, moi-même je ne peux pas prétendre avoir visité d'autres mondes !

- Vous faites erreur Bilbon-dono... Le Japon n'est pas un monde, juste un pays parmi tant d'autres...

- Pff, ce n'est qu'un détail. D'autres mondes ! » Répéta le vieux Hobbit sans sembler vraiment y croire.

Et pourtant, ses yeux trahissaient une curiosité sans fond pour tout ce que Kenshin pouvait avoir à lui raconter.

« Si seulement je n'étais pas si vieux...

- Maa... Je suis là pour vous dire tout ce que vous voulez savoir. » Répondit Kenshin pour consoler l'oncle de Frodon.

Le plus jeune Hobbit était d'ailleurs à côté de lui et semblait se retenir de sourire trop souvent et trop largement. Sam était avec quelques elfes qui avaient insisté pour lui montrer diverses plantes qu'il n'y avait pas dans la Comté. Pippin avait insisté pour continuer à apprendre le japonais, et était avec Tomoe. Merry l'avait bien sûr suivit.

Bilbon était un Hobbit surprenant, passionné d'aventure contrairement aux autres membres de sa race, du moins selon lui. Kenshin n'avait que quatre jeunes Hobbits pour lui permettre de faire une comparaison, et il était clair que ces quatre-là avaient été changé par ce qu'ils avaient vécu, et qu'ils avaient été définitivement marqués par la guerre.

Kenshin s'était rapidement attaché à Bilbon. La façon que le vieux Hobbit avait de réclamer des histoires du Japon, et de raconter ses propres aventures de quand il était jeune, avait fait pensé à Kenshin à une sorte de grand-père idéal, lui faisant ressentir une vive nostalgie, bien que ses souvenirs de sa propre famille furent si lointains qu'il lui était impossible de s'en rappeler clairement. Toutefois, cela ne l'empêchait pas de retrouver volontiers un comportement plus proche de son âge réel, abandonnant momentanément son sérieux et sa retenue habituelle.

Bilbon laissa échapper un soupir d'envie.

« Vous pouvez vous permettre de dire cela, jeune homme. Quand vous aurez mon âge, vous vous rendrez compte à quel point il est difficile de se faire une raison et d'admettre que l'on ne peut plus rien faire seul... »

Frodon et Kenshin échangèrent un regard, tandis qu'un certain malaise s'installait entre eux. Il semblait que Bilbon ait oublié que Frodon lui avait dit que Kenshin était un Istar, et que donc il ne connaîtrai jamais la vieillesse. Le vieux Hobbit semblait oublier de plus en plus de détails à mesure que le temps passait.

Ce moment de gêne fut brisé par un mouvement lointain dans l'angle de vision de Kenshin. Il se tourna légèrement pour voir qui était en train de franchir le pont menant à la citée, juste au delà de la place qu'ils surplombaient.

Deux silhouettes, une petite et rousse, et une grande et blonde, s'approchaient à grand pas de l'entrée de Fondcombe, et Kenshin se redressa en reconnaissant ses compagnons.

« Frodon-dono, avez-vous vu... ?

- Oui, je les vois. Allez donc les accueillir. Je les verrais sous peu. Je souhaiterai raccompagner mon oncle à l'intérieur, car l'air semble plus frais que plus tôt dans l'après midi. »

Kenshin prit congé des deux Hobbits et descendis jusqu'à la cour avec impatience, pour y attendre Legolas et Gimli.

Ils arrivèrent vite dans la cour, et rejoignirent Kenshin qui se tenait près du pont, au soleil pour ne pas trop sentir la brise du début d'automne. Il ne possédait pas encore de vêtements très adaptés aux saisons les plus froides, et Tomoe s'était occupée ces derniers jours en préparant des capes de fourrure et d'épais kimono pour l'hiver qui allait venir dans quelques mois. La jeune femme n'était pas prête d'abandonner le style vestimentaire japonais, et Kenshin ne l'était pas plus. Ni l'un ni l'autre ne semblait capable de trouver le moindre confort dans les vêtements tels que ceux que portaient les humains et les elfes de ce monde.

Lorsque Gimli et Legolas l'eurent rejoint, ils échangèrent de chaleureuses embrassades, assez maladroites tout de même de la part de Kenshin. Les yeux de l'elfe blond pétillaient de cette façon si caractéristique qui promettait une surprise, parfois plaisante, souvent déplaisante.

« Allons donc dans un jardin plus isolé. Nous avons un présent pour toi, Kenshin. »

Et si Gimli n'avait pas eut une expression heureuse et impatiente si sincère, Kenshin se serait inquiété en entendant ces mots sortir de la bouche du prince elfe. Kenshin les guida jusqu'à un jardin moins en vue en parlant de son séjour à Fondcombe. Il parla de sa réaction en voyant la ville pour la première fois, et expliqua que les fils jumeaux d'Elrond avaient continué ses leçons d'équitation. Il parla un peu de Sil'ivren, ainsi que du fait que lui et Tomoe allaient raccompagner les Hobbits chez eux dans quelques jours, car Gandalf, qui était allé avec eux jusqu'à Fondcombe, et aurait dut leur servir d'escorte, était en fait partit avant que Kenshin et son épouse n'arrivent dans la cité, pour s'occuper de quelques affaires personnelles. Gimli et Legolas l'écoutèrent sans parler, car de toute évidence ils ne souhaitaient pas révéler immédiatement où ils s'étaient rendus, à la demande de Galadriel.

Il arrivèrent dans un enclos ombragé, entouré de délicates colonnades, juste aux abords de la cité, et Gimli déposa au sol un long sac qu'il portait sur le dos jusqu'à présent, et dont la forme avait surprit Kenshin sans qu'il osa trop demander de quoi il s'agissait.

Des pans de cuir furent soulevés, découvrant deux longs objets enveloppés de tissu épais pour les protéger des chocs. En voyant la forme, Kenshin comprit qu'il s'agissait d'armes, mais sa surprise fut très grande quand le nain retira le tissu, révélant deux katana aux fourreaux peint en noir, un avec un manche légèrement vert, l'autre proche du rouge ocre. Legolas se saisit du rouge, et le tendit à Kenshin.

Le jeune homme sentait que sa respiration s'était coincée dans sa gorge, et observait l'arme comme s'il s'agissait d'un serpent prêt à le mordre.

« Mais enfin, prends le donc jeunot ! » Finit par s'exclamer Gimli avec une légère exaspération.

« Des... armes ? Pourquoi ?

- Pour préserver le sabre que tu as en ce moment bien sûr ! Prends le donc, ne laisse pas l'elfe le tenir à bout de bras comme ça... Tu va voir, ce sabre va te plaire. Je n'en ai pas le moindre doute. »

Kenshin s'en saisit lentement, et sortit la lame du fourreau. Ses yeux s'agrandirent de surprise, et passèrent du katana à ses amis d'un air d'incompréhension avant de retourner vers le katana.

« Que... Qui ? »

Legolas dut avoir comprit sa question malgré son soudain manque d'éloquence.

« Dame Galadriel a chargé Gimli de récupérer ces armes, en nous disant qu'elles l'attendraient là où les elfes sont apparu en Terre du Milieu. Trouver cet endroit n'a pas été des plus facile, car même chez les elfes, nous n'en parlons que comme d'un mythe, et beaucoup de lieux ont changés depuis. Mais nous l'avons trouvé, ainsi que ces deux sabres, et un message laissé à ton intention. Sais-tu lire la langue des humains de ce monde Kenshin ? »

Le jeune homme secoua la tête pour dire non, étant toujours incapable de parler correctement. Ses yeux continuaient de fixer la lame inversée du sabre.

« Je vais donc t'en faire un résumé. » Déclara Legolas avec un sourire.

« Ces sabres sont appelé des sakkabatou. Ce sont des sabres sacrés, fabriqués par le maître fabricant Arai Shakku, et qui auraient normalement dut être confiées à un temple. »

Kenshin eut un léger sursaut en reconnaissant le nom du fabricant de katana clandestin. Il sentit une vague d'humble reconnaissance l'envahir, ainsi qu'un immense sentiment de modestie. Arai Shakku n'avait fait que des armes pour tuer, et il lui donnait ses premières armes ne pouvant ôter la vie, des offrandes sacrées, à lui, un ancien assassin. La confiance du maître jetait une nouvelle perspective sur son futur. Lui qui souhaitait ne plus avoir à tuer, à moins de ne pas pouvoir faire autrement, se rendait compte que s'il devait respecter cette promesse, ce n'était pas que pour lui-même, pour Tomoe, pour ses victimes... Mais aussi pour ses anciens camarades, et ceux qui allaient à présent vivre dans une ère de paix. Legolas laissa Gimli continuer.

« Il les avait fabriqué dans le but d'en faire des offrandes pour la paix, et il a jugé qu'ils auraient leur place entre tes mains. Celui que tu tiens, avec le manche rouge, est le kageuchi. Excuse-moi si je prononce mal le nom. Le vert est le shinuchi, le vrai sabre. Il semble plus solide de ce que j'en ai vu... »

Et le jugement d'un nain à propos d'un objet forgé était généralement juste.

« … Je te conseille donc de plutôt le garder comme remplacement. Il est clair que tu es le favoris d'un des Valar, jeune guerrier. » Dit le nain avec un regard admiratif.

Legolas encouragea Kenshin à essayer le sabre.

Kenshin plaça le sakkabatou kageuchi à sa ceinture correctement, se mit en position de garde basse, et sortit légèrement la lame du fourreau en la poussant de son pouce. Il se prépara... Puis son autre main vola vers le manche du sabre. Il ne parvint pas à sortir le katana du fourreau proprement et en un coup. À vrai dire, rarement avait-il aussi mal dégainé une arme... Il se replaça, pour faire une nouvelle tentative, en ajustant sa posture et sa poigne légèrement pour s'adapter à la forme étrange du katana. Le deuxième essai fut plus propre, mais d'une lenteur inquiétante. Le troisième fut plus rapide, mais tout de même pas autant qu'avec un katana normal. Kenshin pouvait sentir la résistance de l'air du côté plus plat de la lame, qui était habituellement le côté tranchant.

Pour un pratiquant de l'Hiten Mitsurugi, dont toute la technique se basait sur la vitesse autant du guerrier que du sabre, ce katana était le pire outil possible. Et pourtant Kenshin sentait que le sakkabatou lui convenait. Il aimait tenir ce sabre, l'avoir entre ses mains, malgré sa difficulté à reproduire la technique de battou, sa spécialité, celle qui lui avait valu le surnom de Battousai.

« Alors Kenshin ? » Demanda Gimli, après avoir observé son attaque ratée avec scepticisme.

Kenshin se tourna vers ses deux amis avec un sourire sincère.

« Ce sera une question d'habitude. »

!°,',',',',',',',',',',',',',',°!

« Encore un départ... » Se désola Pippin en regardant les jardins d'Imladris s'éloigner, puis disparaître entre les falaises alors que le petit groupe quittait la vallée cachée.

Tomoe posa une main sur l'épaule du hobbit. Sam poussa un soupir.

« Et voilà... Nous avons dit au revoir à nombreux de nos amis, mais surtout à Aragorn, à Boromir, à Gandalf il y a peu, et maintenant à Gimli et Legolas. Et probablement que nous n'en reverrons aucun. La communauté n'est plus. »

Frodon lui aussi semblait attristé, mais il souriait un peu.

« Voyons le bon côté des choses. Chacun peut à présent rentrer chez lui ou voyager où bon lui semble. Et Kenshin et Tomoe resterons avec nous quelques temps. Quand partirez-vous de la Comté pour rejoindre Legolas et Gimli dans leurs voyages ?

- Entre un an et demi et deux ans. Nous devons les rejoindre à Bree le premier septembre, non pas de l'année prochaine, mais de celle d'après. Bien que je ne sois pas encore familier avec votre calendrier... » Annonça Kenshin.

Les Hobbits parurent quelque peu soulagés en apprenant cette nouvelle. Merry fit un grand sourire.

« Et bien, il ne nous reste plus qu'à vous initier à la vie façon Hobbit d'ici là. Avec un peu de chance, vous n'aurez plus envie de partir ! »

Les Hobbits éclatèrent de rire, laissant les deux japonais embarrassés à l'idée de les décevoir.

Après tout, ils n'allaient pas partir pour les Terres Immortelles avant d'avoir vu le plus de chose possible de la Terre du Milieu.

!°,',',',',',',',',',',',',',',°!

AN :

~ Désolé pour le retard, ~

~ d'avoir eut un tel blocage. ~

~ L'prochain, promis j'le poste pas tard ! ~

~ Les gens désolé pour tout ça... ~

(remix « Désolé pour hier soir » de Tryo, version Bastet en fin d'inspiration)

Et merci à Fumseck73 pour les corrections. Je vais pouvoir reposter mes chapitres au propre, donc encore merci !