Je ne possède toujours pas Le Seigneur des Anneaux ou Rurouni Kenshin.

Ceux-ci appartiennent respectivement à J.R.R. Tolkien et Nobuhiro Watsuki.

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Tomoe observait la campagne qui changeait autour d'eux, et profitait pleinement de ses sens d'elfe, qui rendaient l'expérience plus magique encore. À mesure qu'ils avançaient vers la Comté et que les jours passaient, les collines se teintaient des couleurs de l'automne, et les odeurs changeaient, devenant plus humides et rappelant les champignons et les feuilles mortes. Merry, Pippin et Sam avaient d'ailleurs commencé à chercher les fameux champignons, sans beaucoup de succès, car par chance il n'avait pas encore plu, et ils avaient pu voyager au sec.

Tomoe avait continué ses leçons de japonais avec Pippin. Merry s'y intéressait aussi, mais ne faisait pas preuve d'autant d'enthousiasme. Frodon, par contre, trouvait le sujet passionnant, et avait commencé à prendre des notes le soir, sur du papier et avec de l'encre que le seigneur Elrond lui avait offert. Kenshin, pour sa part, avait commencé une conversation sur la cuisine avec Sam des jours plus tôt, et ils ne semblaient pas prêts d'avoir épuisé le sujet.

Le trajet se fit sans embûches, et ils voyagèrent le cœur léger. Mais leur chance s'évapora à un jour de Bree. Le début de journée avait été ensoleillé, mais très vite un fort vent d'ouest commença à dénuder les arbres, faisant voler les feuilles jaunes et brunes, et apportant avec lui d'épais nuages chargés de pluie qui changèrent le ciel bleu en un ciel sombre et menaçant.

Lorsqu'ils arrivèrent à Bree, ce fut sous des rideaux de pluie, trempés jusqu'aux os, pour finalement constater que les portes de la ville étaient fermées, les empêchant d'entrer pour chercher un abri. Frodon fronça les sourcils, s'étant attendu à un meilleur accueil. Il était étrange que Bree ait fermé ses portes aussi tôt, mais le message était clair : les voyageurs n'étaient pas les bienvenus.

Sam frappa fortement à la porte, et dut s'y reprendre à plusieurs reprises avant que le portier ne daigne se montrer, un gourdin en main, et les observant avec crainte et méfiance. Son visage s'éclaira toutefois lorsqu'il vit que les voyageurs étaient des Hobbits, malgré leurs armes et leurs côtes de mailles, et un jeune homme étrange certes, mais tenant la main d'une dame au visage partiellement caché par le voile qui lui couvrait les cheveux pour la protéger de la pluie.

« Entrez ! Ne restez donc pas sous cette averse ! Nous ne pouvons pas laisser la gente dame prendre froid. Maîtres Hobbits, quel soulagement de voir que vous n'êtes pas des bandits... Sombre époque... Vous devriez allez au Poney Fringant. Prosper vous y accueillera chaleureusement. »

Le groupe regarda le portier avec étonnement tant l'accueil avait été étrange. Étrange pour Bree du moins. Le portier les salua, et ils firent de même avant de se rendre à l'auberge du Poney Fringant dans l'espoir de pouvoir se réchauffer.

Lorsqu'il sonnèrent, un homme que Kenshin et Tomoe ne connaissaient évidemment pas vint leur ouvrir, reconnaissant apparemment les Hobbits qu'ils accompagnaient.

« Monsieur Poiredebeurré ! Maître ! Ils sont revenus !

- Ah ? Et bien je vais leur apprendre ! » Lui répondit un homme que le petit groupe ne pouvait pas encore voir, et qui devait être le propriétaire de l'établissement.

Il apparu avec précipitation, un gourdin en main, mais s'arrêta net en reconnaissant Frodon, Sam, Merry et Pippin, et de menaçant il devint soudainement joyeux.

« Nob, espèce de nigaud à la caboche laineuse ! Tu ne peux pas appeler de vieux amis par leur nom ? Tu ne devrais pas m'alarmer ainsi par les temps qui courent. Enfin... Et d'où venez-vous ? Je ne me serais jamais attendu à revoir aucun de vous, c'est un fait : partis dans les Terres Sauvages avec ce Grands-Pas et tous les Hommes Noirs dans les environs ! Et à la place de vos fantômes, je vous vois revenir vêtus comme des seigneurs ! Et vous avez avec vous une bien étrange compagnie... Noble compagnie je n'en doute pas, Gente Dame, Monseigneur ! Mais étrange tout de même... »

Tomoe vit Kenshin se balancer d'un pied sur l'autre dans un signe flagrant d'inconfort, ce qui était particulièrement amusant à observer. Le civil tenant un gourdin en bois parvenait à mettre mal à l'aise l'assassin armé à cause de son flot de paroles et son regard curieux. Cette scène était patinée d'une sorte d'absurdité qui la rendait presque humoristique.

« Monsieur Poiredebeurré ! S'exclama Pippin avec chaleur. Voici Kenshin Himura, un sorcier, comme Gandalf. Et son épouse Tomoe !

- Un sorcier ? Ils les font bien jeunes de nos jours... Et Dame Himura, sans vouloir être trop directe, n'êtes vous pas une elfe ? Mariée à un sorcier ? En plein territoire humain ? Demanda l'homme d'un air confus.

- Tout ceci est bien trop long à raconter, intervint Frodon rapidement. Nous vous conterons notre voyage une fois au sec, si cela est possible.

- Mais bien sûr, bien sûr. Venez, entrez donc ! »

Ils furent invité à l'intérieur avec chaleur, et leurs chevaux furent guidés aux écuries par Nob. Kenshin jeta un regard légèrement inquiet à Sil'ivren. Tomoe savait que l'ambiance oppressante de la petite ville l'inquiétait, et qu'il ne savait pas bien s'il pouvait faire confiance à ses habitants. Il s'en remit vite cependant, car ils furent presque poussés jusqu'à un petit salon.

Tomoe et Kenshin sentirent les regards des rares clients se poser sur eux avec curiosité et méfiance lorsqu'ils traversèrent la salle commune, et les yeux de Kenshin, qui semblaient de plus en plus parsemés d'éclats dorés, firent le tour de la salle avec une menace à peine voilée, tandis qu'il gardait sa main sur son sabre. Les clients retournèrent à leurs bières avec empressement.

Une fois dans le salon, on leur apporta de quoi manger ainsi que de la bière, que Kenshin ne toucha pas suite à sa dernière expérience de la boisson à Edoras. Tomoe, par contre, but la pinte de bière après un soupir de contentement.

Monsieur Poiredebeurré et les Hobbits la regardèrent vider la pinte avec un bon rythme, les yeux remplis d'admiration. Lorsqu'ils eurent finit et que tout fut débarrassé, le propriétaire de l'auberge regarda autour de lui avec suspicion, puis prit la parole.

« Je n'oserai pas à présent vous proposer de venir dans la salle commune. Vous devez être fatigués, et il n'y a pas là beaucoup de compagnie ce soir, de toute façon. Mais si vous pouviez m'accorder une demi-heure avant d'aller vous coucher, j'aimerai beaucoup m'entretenir avec vous, tranquillement, entre nous. »

Ils s'installèrent, et Monsieur Poiredebeurré insista pour entendre leur récit. Frodon se chargea de raconter leur périple jusqu'à leur séparation, contant leur rencontre avec Kenshin, mais laissant ce dernier expliquer quelles circonstances l'avaient amené en Terre du Milieu. Merry et Pippin se chargèrent de raconter la suite des aventures de la communauté, tandis que Frodon décida de taire les siennes, car la douleur, la peur et l'isolement étaient encore trop vifs. Tomoe expliqua en quelque mots ses propres circonstances, sans trop les développer, et à eux tous ils eurent bientôt finit. Monsieur Poiredebeurré ne dit pas grand chose d'autre que « Pas possible ! » en entendant leur récit, dont un particulièrement sonore quand il apprit que le nouveau roi du Gondor était en fait Grands-Pas, le rôdeur du nord dont il s'était tant méfié auparavant.

Il entreprit ensuite de leur expliquer la situation à Bree, et ses soupçons selon lesquels des choses étranges et sombres se produisaient dans la Comté. Il leur dit qu'il y avait eut des morts lors d'un combat en règle et que des voleurs et autres bandits écumaient les routes autour de Bree, et que Bill Fougeron, celui qui avait vendu le poney Bill à Sam, ainsi que Harry Chèvrefeuille, qui gardait autrefois la porte de Bree, s'étaient joints du côté de ces étrangers qui venaient du sud. Et Monsieur Poiredebeurré ne parlait pas des réfugiés venant effectivement du sud pour fuir les conflits, mais d'un groupe autrement plus menaçant.

« Personne ne nous a inquiétés, en tout cas. S'étonna Pippin. Nous sommes accompagnés d'une Dame elfe avec de beaux vêtements... Et nous circulions lentement, sans être sur nos gardes. Pourquoi n'avons-nous pas été attaqués ? Nous pensions avoir laissé tous les ennuis derrière nous.

- Ah, pour ça, non, Maître, c'est d'autant plus regrettable. Mais ils n'est pas étonnant qu'ils vous aient laissé tranquilles. Ils ne se lanceraient pas contre des gens armés, munis d'épées, de casques, de boucliers et de tout ça. Ça leur donnerait à réfléchir. Et je dois dire que ça m'a un peu interloqué de vous voir. Sans compter que vous êtes accompagné d'un jeune homme qui semble savoir se servir de ses armes... »

Kenshin s'inclina légèrement en remerciement pour le compliment, et l'aubergiste lui renvoya un sourire qui était beaucoup plus en confiance qu'en début de soirée, et ce malgré le fait qu'il ait apprit que Kenshin avait été un assassin par le passé. Kenshin ne semblait pas trop savoir quoi penser de cela.

Les Hobbits, pour leur part, commençaient à se rendre compte que les regards stupéfiés que leur avaient jetés les gens qu'ils avaient croisé sur le chemin de Bree étaient non pas causés par le fait qu'ils soient de retour, et vivants, mais surtout à cause de leurs vêtements et de leur compagnie. Les cottes de mailles, les heaumes et armures avec les emblèmes du Gondor et du Rohan paraissaient déplacés dans leur propre pays. À cela, il fallait ajouter les vêtements d'inspiration japonaise de Kenshin et de Tomoe, et la chemise en Mithril qui était visible entre les pans du Kimono du rouquin... Les deux japonais avaient une apparence exotique, et presque menaçante dans le cas de Kenshin, à cause de ses yeux violets pailletés d'or, de ses cheveux rouges, et des quatre sabres qu'il avait sur lui, deux à sa ceinture et le wakizashi avec le deuxième Sakabato attachés dans le dos par une lanière de cuir.

Monsieur Poiredebeurré ne les obligea pas à reste éveillés plus longtemps, et les amena jusqu'à deux chambres, une pour les Hobbits, avec des lits à leur taille, et une autre pour le couple, à taille humaine. Il leur souhaita une bonne nuit et s'excusa. Une fois installés dans leur grand lit, Tomoe vit Kenshin sombrer dans le sommeil comme une masse, sa tête contre sa poitrine. La jeune elfe mit un peu plus de temps à s'endormir, mais bientôt il n'y eut plus une âme éveillée dans l'auberge.

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Frodon avait été impatient de revoir la Comté, et Pippin impatient de la faire visiter à Tomoe, donc ils ne restèrent pas plus d'un jour à Bree. Mais Frodon ne s'était pas attendu à ce que la situation soit si grave.

Son beau pays était contrôlé par des brigands et des voleurs. Les habitants n'avaient plus assez de nourriture, plus d'herbe à pipe du tout, et ne partageaient rien, en partie à cause du manque, mais surtout à cause des règles instaurées par le « Chef », sans doute Monsieur Lothon, un cousin de Frodon, et qui obéissait à présent à Sharcoux, l'homme qui contrôlait ces brigands.

Pour entrer dans la Comté, le groupe armé avait dû forcer la porte de Brandevin, faisant par la même occasion fuir Bill Fougeron, qui partit sans demander son reste après s'être prit une ruade de Bill le poney. Sil'ivren, qui apprenait vite et avait observé le poney alors qu'il prenait sa vengeance, avait elle-même envoyé un violent coup de sabot à l'homme, l'envoyant voler sur quelques mètres. Lorsque Kenshin l'avait grondé, elle n'avait absolument pas eut l'air repentante. Frodon commençait à deviner que la douceur de la jument ne concernait vraisemblablement que Kenshin.

Ils passèrent la nuit à Brandevin, dans des conditions pitoyables en terme d'hospitalité, et repartirent le lendemain même, en augmentant le rythme des poneys et des chevaux, avec la ferme intention de se rendre à Hobbitebourg. Ils furent toutefois interceptés à Lagrenouillère par des Shirrifes qui avaient été envoyés pour les arrêter. Ils passèrent la nuit dans la maison des Shirrifes, l'auberge du bourg ayant fermé, et tandis que le visage de Kenshin et de Frodon s'étaient grandement assombris, Merry, Pippin et Sam s'amusèrent du fait que les Hobbits qui les avaient arrêté étaient à la fois effrayés par eux, et incapables de se décider sur la façon dont ils devaient traiter une dame, et une dame elfe par-dessus le marché, qui, au yeux de la majorité des Hobbits, était une créature de mythe.

Les Shirrifes gardèrent donc leur distance, faisant tout leur possible pour ne pas avoir à s'approcher de Kenshin, tout en restant d'une extrême politesse avec son épouse, dont l'expression impassible ne vacillait pas. Ce fut plus le groupe d'amis qui guida les Shirrifes sur le chemin de Lézeau que l'inverse, et les Shirrifes les abandonnèrent à mi-chemin, ne possédant pas de poneys pour rendre leur trajet moins fatiguant. Ils arrivèrent donc seuls à Lézeau, sans leur escorte, à la grande stupéfaction des brigands qui s'attendaient à les voir arrêtés.

Kenshin avait marmonné que, bien que ce genre de conflit ressemblait plus à ce qu'il avait vu au Japon avec la guerre civile, il n'avait jamais vu des oppresseurs aussi peu menaçants. Les Hobbits, après avoir vu la guerre au sud, ne pouvaient qu'être d'accord avec lui.

Les bandits tentèrent d'intimider les voyageurs, s'attendant à aisément parvenir à effrayer quatre Hobbits, un jeune homme de moins de vingt ans et une femme grâce à leur supériorité numérique. Ils ne s'étaient certainement pas attendu à ce que trois épées soient tirées. Sam, Merry et Pippin n'étaient plus les Hobbits qu'ils avaient été, et les bandits fuirent sans demander leur reste.

Suite à ces événements, il fut décidé qu'ils n'avaient à présent plus le temps de rentrer à leur rythme en se mettant à l'abri le soir. Ce fut Merry qui lança l'idée de soulever la Comté, soutenu par Pippin et par Sam. Kenshin avait également exprimé son accord pour tenter de convaincre Frodon que cela était nécessaire, car le Hobbit semblait hésitant, refusant de voir une tuerie dans la Comté.

« Il faut agir maintenant, Frodon. Actuellement, les bandits n'ont pas eut le temps de se regrouper. Ils ne s'imaginent pas que l'on puisse agir dès maintenant non plus. Si nous regroupons assez de monde rapidement, ils ne se seront pas organisés, et seront plus facilement intimidés. Avec un peu de chance, cela nous permettra de les mettre hors d'état de nuire sans que l'on ait à les tuer. Si nous attendons trop, ils vont recevoir des ordres de ce Sharcoux, et venir en masse. Nous serons alors obliger de les tuer. »

Frodon avait été forcé d'admettre que Kenshin avait raison.

Très vite, le groupe s'organisa. Sam partit chercher M. Chaumine, le personnage le plus influent de la région, mais aussi celui avec le caractère le plus combatif. Merry lança un appel de cor sur les notes du pays de Bouc, annonçant qu'il était temps de prendre les armes. Les habitants de Lézeau se rassemblèrent au centre du village avec un grand feu, leurs postures tendues par l'angoisse et l'excitation. Ils apprirent le nombre probable d'ennemis par M. Chaumine, pas plus de trois cent en tout dans la Comté.

Kenshin participa à la mise en place du plan pour piéger les renforts qui allaient arriver à Lézeau. Il fut décidé que les Hobbits les guideraient jusqu'au feu au centre du village, et leur boucheraient les voies de sorties. M. Chaumine, Merry, Sam, Frodon et Kenshin les attendraient de pied ferme, et les sommeraient de se rendre. Kenshin insista pour être celui qui combattrait les bandits s'ils cherchaient à résister, car il possédait à présent des armes qui ne tuaient pas, et cela éviterait aux archers postés sur les maisons autour de la place de devoir intervenir. Ses amis pourraient intervenir si Kenshin semblait être en difficulté.

Pippin, pour sa part, partit avec une douzaine de Hobbits pour aller chercher de l'aide des Touques. Très rapidement, des Hobbits qui avaient été envoyé en éclaireur revinrent, annonçant que vingts hommes et leur chef arrivaient.

Les bandits arrivèrent, éclatant de rire devant les barrières qui avaient été dressées et qu'on leur avait ouverte pour les laisser passer. Ils descendirent la rue en terrifiant les Hobbits qu'ils croisaient et en éteignant les lumières qui se trouvaient à portées de main. Ils étaient armés de gourdins et de couteaux, et le chef possédait également un fouet. Ils arrivèrent sur la place, et y découvrirent le père Chaumine assit près du feu.

Le chef des bandits fronça les sourcils avec surprise. Il regarda autour de lui, mais les ombres épaisses projetées par le feu lui cachaient ce qui se trouvait en dehors du cercle de lumière orangée au sol. Il ne pouvait voir que le vieil homme, qui le regardait calmement, comme s'il n'avait pas vingt-et-un Grandes Gens prêtes à lui tomber dessus d'un moment à l'autre.

« Qui êtes-vous et que faites-vous là ?

- C'est exactement ce que j'allais vous demander. Répliqua le vieil homme. Ce n'est pas votre pays, et on ne vous veut pas. »

Les bandits répondirent à l'insulte à peine voilée par la menace de la prison, et sortirent leurs armes, prêt à battre le vieux père Chaumine. Ils furent coupés dans leur élan par une clameur, et virent qu'ils étaient encerclés de toute part quand les Hobbits s'avancèrent suffisamment pour être éclairés par le feu. Ils étaient deux cents là où les bandits étaient vingt et un, mais les bandits étaient armés et étaient plus grands. Sans doute crurent-ils que s'ils tuaient quelques Hobbits, les autres seraient trop terrifiés pour continuer à se battre.

Le chef saisit un couteau dans une main, prit un gourdin dans l'autre, et donna l'ordre d'attaquer. Il se précipita sur les Hobbits les plus proches de lui, et fut arrêté par un choc violent à l'estomac qui le fit tomber à terre en se recroquevillant sur lui-même. Un pied de taille et de forme humaine lui écrasa chacune de ses mains une à une, et, d'un coup bien placé, poussa les armes qu'il avait été forcé de lâcher hors de sa porté. Deux Hobbits les récupérèrent. Deux autres se placèrent au-dessus du chef, pointant leurs fourches au niveau de sa gorge. Une voie jeune résonna au-dessus de lui, et s'adressa au reste des bandits.

« Je peux tous vous vaincre jusqu'au dernier si c'est ce que vous voulez, mais il y a des archers tout autour de nous, leurs arcs pointés sur vous. Vous ne vous en sortirez pas dans tous les cas. Vous feriez mieux d'abandonner maintenant, cela vous évitera des os brisés et des flèches dans les poumons. Vous aurez perdu, mais vous serez vivants. »

Les bandits, voyant avec quelle facilité le jeune homme devant eux avait réglé son compte au chef, et comment ses yeux violets semblaient presque briller d'une lumière dorée et menaçante, laissèrent tomber leurs armes, et furent arrêtés et ligotés, puis mit sous bonne garde. Ils passèrent la nuit à Lézeau, et planifièrent leurs actions du lendemain. Merry partit pendant la nuit pour servir d'éclaireur dans la région autour du village.

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Le lendemain, il piégèrent des renforts de la même façon, aidé par la famille des Touque, que Pippin avait ramené en renfort dans la matinée. Ce piège aurait put très mal tourner, si Kenshin n'avait pas dressé un bouclier magique pour enfermer les bandits, qui, après avoir découvert que ceux qui touchaient le mur rougeoyant disparaissaient en fumé, décidèrent de se rendre sans plus se défendre.

Après ce dernier piège, le groupe d'amis laissa le plus gros des troupes à Lézeau, et partirent avec une petite escorte de Hobbits jusqu'au centre de Cul-de-Sac, où se trouvait apparemment le Patron, Sharcoux, et le Chef, bien que Frodon soupçonnait que cela faisait un moment que le Chef n'avait plus rien à voir avec ce qu'il se passait dans la Comté, et que le Hobbit devait probablement être prisonnier de ses propres murs. La plupart des Hobbits qui les accompagnaient ne partageaient cependant pas sa clémence, et nombreux semblaient d'accord pour l'y laisser moisir un peu plus longtemps. La colère était vive, et Frodon avait déjà eut bien du mal à convaincre ses concitoyens de ne pas battre les bandits capturés... Tomoe avait été d'une grande aide, et avait calmé les ardeurs vengeresses avec quelques remarques bien placées, à la fois vraies et dures, aussi tranchantes que la lame du katana de Kenshin.

Quand ils arrivèrent à Cul-de-Sac, Merry, Pippin, Sam et Frodon eurent le choc de leur vie.

Les arbres avaient été coupés, les trous de Hobbit détruits et remplacés par des baraquements de fortune, une grande cheminé crachait une fumée noire, et il n'était pas difficile d'imaginer où étaient partis les arbres... Kenshin se rappelait avoir vu ça ailleurs, l'eau en moins, et il commençait à avoir un mauvais pressentiment. Il ferma les yeux et étendit sa conscience aussi loin qu'il le put, et jura quand il reconnu le chi venant du centre du village. Frodon se tourna vers lui et lui jeta un regard interrogateur en entendant le juron japonais.

« Saruman.

- Saruman est Sharcoux ? N'est-il pas sensé être sous bonne garde des Ents ? S'étonna le Hobbit, ses yeux bleus élargis par l'étonnement et l'inquiétude.

- Sa magie est très faible, je peux le sentir d'ici, mais c'est lui, je n'en ai aucun doute. »

Frodon se tourna vers le bâtiment où « Sharcoux » devait se trouver, et commença à se mordiller la lèvre. Tomoe, pour sa part, jeta un regard à Kenshin destiné à le calmer, mais qui ne cachait pas très bien l'inquiétude qu'elle-même éprouvait.

« Nous devrions lui laisser la vie sauve. Nous ne pouvons pas revenir sur le jugement que nous avons prononcé...

- Bien sûr que nous le pouvons ! S'exclama Pippin. Nous devons à présent le juger pour un nouveau crime !

- Quand bien même, il a oppressé et mit des Hobbits innocents en prison, mais il n'a pas encore tué de ce que nous savons.

- Cela n'aurait été qu'une question de temps. Répliqua Merry.

-Oui, mais nous ne pouvons pas le juger pour des crimes qu'il n'a pas encore commis. »

Les Hobbits furent forcés de se plier à la logique du porteur de l'anneau, et même Kenshin dut admettre que Frodon avait bel et bien raison, malgré la colère que le jeune homme éprouvait envers l'ancien chef de l'Ordre des Istari. Mais c'était une colère lointaine, mêlée à de la pitié. Il n'avait plus envie de tuer cet homme à cause des insultes qu'il avait envoyé à Tomoe. Non, il voyait bien à présent que tuer Saruman ne les effaceraient pas, et il commençait à voir que tuer n'était que la solution la plus facile aux problèmes personnels. S'il devait tuer à nouveau, ce ne serai pas pour son salut, mais pour celui d'un autre, et pas pour l'honneur de qui que ce soit. Il était prêt à tuer Saruman s'il y était forcé, mais il tiendrai compte de ce que souhaitait Frodon avant tout.

Alors qu'ils avançaient dans le village, les Hobbits sortaient et les regardaient passer, bouche-bée, avant de les suivre avec entrain. Ils ne rencontrèrent aucune résistance, tous les brigands avaient apparemment été envoyé à Lézeau, où ils se trouvaient encore.

L'extérieur de la cheminée de brique du nouveau moulin était parsemé d'immondices, il n'y avait plus le moindre brin d'herbe, au lieu de cela, de la boue et de la terre défoncée. Ils pouvaient même voir des rats courir entre les déchets et les troncs abattus. Les Hobbits les accompagnant encerclèrent la place et prirent garde de rester hors de vue. Merry jeta un regard de dégoût à l'ancienne place de la fête.

« Si j'avais su tout le mal qu'il avait causé, j'aurais enfoncé ma dague dans la gorge de Saruman !

- Sans aucun doute, Sans aucun doute ! Mais vous l'avez pas fait et je suis ainsi en état de vous accueillir à la maison. Kenshin Himura et Dame Himura, vous souhaitiez venir vous installer dans ce beau pays qu'est le mien ? Bienvenue chez vous ! »

Ils virent Saruman sortir du moulin. Le visage de Kenshin se durcit.

« Chez nous ? Pas encore. Mais pas chez vous non plus. Nous sommes venu vous prévenir. La Comté se rebelle, et vous n'avez pas assez d'hommes pour l'empêcher. Partez maintenant, et les Hobbits vous laisseront peut-être la vie sauve. »

Aucun d'eux n'avaient encore sortit leurs armes, mais les Hobbits autour d'eux sortirent de leurs cachettes, toutes armes dehors, et s'indignèrent à l'idée de lui laisser la vie sauve. Saruman rit.

« Tuez le ! Dit-il, moqueur. Tuez le, si vous vous croyez en nombre suffisant, mes braves Hobbits ! Mais ne vous imaginez pas qu'en perdant mes biens, j'ai perdu tous mon pouvoir ! Quiconque me frappera sera maudit. Et si mon sang souille la Comté, elle dépérira et ne s'en remettra jamais !

- Ne le croyez pas ! Intervint Frodon en voyant la peur gagner les Hobbits. Il a perdu tout pouvoir, sauf sa voix, qui peut encore vous intimider et vous abuser, si vous le laissez faire. »

Kenshin interrompit Frodon.

« Et quand bien même cela serait vrai, je doute que vous puissiez me maudire moi, dans l'état où vous êtes. Il me suffira de ne pas faire couler votre sang lorsque je vous tuerais, n'est-ce pas ? Connaissez-vous les effets de ma magie sur les objets qui la touchent, Saruman ? »

L'homme pâlit car, grâce au Palantir, il devait avoir vu l'effet destructeur des boucliers de lumières que Kenshin pouvait invoquer. Le visage du vieil Istar se tordit de haine et de peur, mais il céda.

« Fort bien, vous avez gagné. Mais les dommages que j'ai fait ici ne seront pas aisément réparables. Regardez donc, des Hobbits demandant la mort d'un vieil homme ! Ha ! Ricana Saruman, puis il se retourna vers le moulin. Serpent ! »

Langue de Serpent sortit du moulin, la mine résignée et effrayée, et Kenshin ressentit une vive pitié pour cet homme. Depuis combien d'années était-il sous l'influence de la voix de Saruman et de sa propre lâcheté ? Depuis combien de temps n'avait-il plus vécu pour lui-même, mais comme un esclave ?

« En route à nouveau Serpent ! Ces petits seigneurs nous remettent sur le pavé. Viens ! »

Il s'éloigna, mais Langue de Serpent semblait hésitant, et Kenshin eut l'espoir que cette fois, juste cette fois, l'homme ferai le bon choix. Tomoe l'interpella d'une voix aussi douce que possible.

« Vous n'êtes pas obligé de le suivre. Il me semble que vous n'avez jamais directement fait du mal, et encore moins de votre plein gré... Vous pouvez avoir ici repos et nourriture pendant quelques temps, je suis sûre que les Hobbits n'y seront pas opposés. Vous pourrez ensuite partir pour chercher votre propre voix. Je suis certaine que l'invitation de Théoden tient toujours, malgré sa mort. Vous pourriez retourner dans votre pays. »

Langue de Serpent se tourna vers la jeune elfe, apparemment prêt à accepter, quand Saruman s'étonna moqueusement, cruel.

« Jamais fait de mal ? Oh non ! Même quand il se glisse dehors la nuit, ce n'est que pour contempler les étoiles. Mais n'ai-je pas entendu quelqu'un se demander où se cachait ce pauvre Lothon ? Tu le sais n'est-ce pas, Serpent ? Veux-tu le leur dire ?

- Non, non... !

- Et bien je vais le faire. Serpent a tué votre Chef, ce pauvre petit type. N'est-ce pas Serpent ? Il l'a poignardé dans son sommeil je pense. Il l'a enterré j'espère... »

Kenshin vit Grima Langue de Serpent regarder son maître avec haine.

« C'est vous qui m'avez dit de la faire ! Vous m'y avez obligé !

- Tu fais ce que Sharcoux dit toujours, n'est-ce pas Langue de Serpent ? Et bien maintenant, il te dit : suis-moi ! »

Après s'être approché de l'homme pitoyable qui s'était tassé au sol de honte, Saruman lui donna un puissant coup de pied, et fit demi-tour, prêt à partir tel qu'il lui en avait été donné l'ordre. Mais, au même moment, Grima Langue de Serpent se redressa avec une rapidité qu'il ne semblait pas posséder, sortit un poignard caché, et bondit sur Saruman avec un grognement de rage.

Kenshin n'eut pas le temps de réfléchir. Sa main vola vers son katana, et non son Sakabato, car même sans avoir à y penser, son corps savait qu'il ne parviendrait pas à sortir le Sakabato de son fourreau aussi vite que son ancien sabre. Il s'élança vers les deux hommes, dégaina, son pommeau heurtant et repoussant la main de Langue de Serpent, lui faisant lâcher sa dague à cause de la douleur causé par le choc.

Saruman saisit la dague alors que Kenshin finissait à peine son mouvement, et tenta de frapper le jeune homme au niveau du cou. Un mur de lumière apparut entre eux deux, et avança vers le vieil Istari comme pour le repousser et le jeter au sol. Au lieu de cela, Saruman hurla de douleur, avant de disparaître en des milliers d'étincelles rouges et oranges, telles du feu, ne laissant derrière lui qu'une brume grise, comme la fumée d'un feu. Elle s'éleva lentement, avant de s'estomper et de disparaître complètement, anéantie par un coup de vent. Kenshin sentit le chi du sorcier s'effacer et il rengaina son sabre avec un air de regret.

« Je suis désolé, Frodon.

- Ne le soyez pas. Au moins, nous avons une personne à juger. »

Frodon se tourna vers Grima, encore au sol, qui à présent sanglotait bruyamment.

« Grima Langue de Serpent, vous serez jugé pour l'assassinat de Monsieur Lothon. Mais vous ne serez pas tué, cela je peux vous le promettre. Il y a eut bien assez de morts dans la Comté, vous n'en ferez pas partie. »

Ils regardèrent des Hobbits emmener l'homme pitoyable, et Kenshin soupira.

« J'ai su contrôler mon sabre et n'en utiliser que le pommeau. Je n'ai pas su contrôler ma magie. »

Frodon observa l'expression de culpabilité sur le visage de son cadet.

« Gandalf n'a pu finir votre apprentissage, cela n'est pas surprenant.

- Comment m'empêcher de tuer, si un sabre à lame inversée ne garantit pas la survie de mon ennemi...

- Je pense... Je pense que vous devriez utiliser la magie aussi peu que possible jusqu'à ce que vous revoyez Gandalf. »

Kenshin hocha la tête lentement, et Tomoe lui saisit la main.

« Jusqu'à ce que nous le rejoignons de l'autre côté de l'océan, nous serons ce que nous avons été pendant quelques mois. Un maître de sabre et son épouse, et nous vivrons ainsi... Cela ne me semble pas si mal. »

Elle parvint à le faire sourire. Pippin, pour sa part, soupira.

« Et voilà, la fin de la guerre. Du moins je l'espère. »

Et la fin de leur deuxième guerre, pensa Kenshin. Et cette fois, enfin, il se sentait prêt à affronter ce qui venait après.

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Plus que l'épilogue, et finir de poster les chapitres corrigés

et ce crossover sera bel et bien finit !

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