Je n'aimais pas le regard que j'avais en face de moi, il me rappelais que j'étais jugée, que c'était moi la fautive et celle qui avait fait une connerie. En soit, je n'avais rien fait de vraiment très grave... enfin... bon certes j'avais crié un peu fort, j'avais déversé ma colère sur un bol et expulsé toute ma rage contre des gens qui me prenaient pour une bête de foire. Sorti de là, je n'avais pas fait grand chose. Du moins, c'est ce que moi je croyais, ce n'étais surement pas l'avis de Galahad qui bien que amusé quelques secondes avant, affichait maintenant un air grave qui ne me disais rien de bon. Comme l'innocente que je croyais être, je demandais l'air de rien, ce qui du l'énerver encore plus :

« Je peux savoir ce que j'ai fais ?

-Tu aimes te donner en spectacle peut-être ? Parce que là c'est gagné. Je pensais qu'Arthur avait été très clair...

-Quoi ! Je n'ai rien volé, et non, je ne me donne pas en spectacle. Tu crois vraiment que j'ai fait exprès de me reverser un bol de soupe sur les jambes et ensuite crier contre lui ?

-Non mais tu aurais pu éviter de continuer après. Arthur voulait que tu évite de te faire remarquer, c'est pas gagner comme ça... »

Quoi ? Il me faisait pas la morale là ? Il pouvait rêver non mais oh ! Me coller un larbin pour me surveiller sa lui suffisait pas ? Il fallait en plus que maintenant il me prenne la tête avec ce tout petit minuscule incident de rien du tout. Je parie que Arthur ne sera jamais au courant, pas de quoi en faire tout un fromage.

« Tu crois pas que tu t'en fait un peu trop pour pas grand chose ? Questionnais-je soupçonneuse, affichant un sourire malin.

-J'aimerais éviter de renvoyer ce qui m'appartient en prison. »

Alors là, il venait de me vexer un truc de fou. J'avais envie de lui foutre une claque, voire même de le cogner à coup de point pour cette réflexion plus que non désirée. Qui voudrait s'entendre être un objet ? Non je n'en étais pas un, je n'appartenais qu'à moi. Mais bien sur, là actuellement ce n'était pas le cas. Dans l'esprit de tous ceux qui savaient, je n'étais qu'une... une quoi d'ailleurs ? Une servante ? Une esclave ? En tout cas quelqu'un qui n'avait visiblement pas son libre arbitre, ce qui m'énervais encore plus. Une chose était sur, la guerre risquait d'être déclarée entre lui et moi si il continuait à me rappeler ce genre de stupidité. Tu es mignon mon petit père mais ne crois pas t'en tirer à si bon compte.

« Je ne vous appartient pas, je ne suis pas un objet Galahad, tachez de vous mettre ça dans le crane ! »

On voyait immédiatement que j'avais reprit le vouvoiement, signe d'éloignement et d'impersonnalité. Je n'avais pas envie qu'il croit que je n'étais que bonne à obéir, c'était loin, très loin d'être le cas. Me détournant de lui sans en attendre plus de sa part, je commençais à m'éloigner pour repartir vers mes appartements. Seule chose qui risquait de m'arriver, me paumer... je ne savais pas du tout où ils étaient, j'allais me perdre à coup sur.

« Attendez Tess, je vous raccompagne. » murmura le chevalier en prenant la tête, le regard un peu moins sombre que tout à l'heure. A mon avis, le message était bien passé, tant mieux.

J'avoue encore une fois ne pas avoir regardé le chemin par lequel le jeune chevalier m'avait fait passer, trop occupée à réfléchir sur a suite de mon avenir. Car même si j'avais été très clair sur le « je ne suis pas un objet », mon libre arbitre ne semblait plus avoir grande valeur dans l'esprit de beaucoup. Et si je réfléchissais bien, ce qui pouvait s'apparenter à mon patron, c'était Galahad... après tout, il m'avait sauvé la vie, la dette que j'avais envers lui était grande. Mais ce qui était sur, c'est que je n'avais pas envie de finir esclave aux ordres de quelqu'un, il fallait pas non plus rêver. Si c'était ce qui m'attendais, je préférais tout tenter pour m'échapper, pas question de rester ici pour ne pas mieux valoir qu'une serveuse de bar, car il fallait pas se leurrer, elles, elles avaient leur liberté, à la différence de moi...

Galahad et moi n'avions pas échanger un mot depuis notre dernière altercation, et même si en l'instant il me servait de guide, je n'avais pas particulièrement envie de lui dire quelque chose. D'ailleurs, lui dire quoi ? C'était à lui de s'excuser, lui de formuler quelque chose en premier... bon sang, même à cette époque là, les mecs étaient pas différent, toujours besoin de les pousser.

« Tess... c'est votre chambre. »

Ah oui tient, en effet, je reconnaissais la porte. Ou alors elle se ressemblaient toutes, mais si il le disait c'est que ça devait être le cas. Sans un mot, je passais devant lui, sans lui adresser ne serait-ce qu'un seul regard, ouvrant la porte, je m'apprêtais à refermer lorsque sa voix résonna.

« Excusez moi pour mes mots de tout à l'heure. Je n'aurais pas du dire que vous m'apparteniez comme ça... »

Son regard lancé avec des yeux de chien battu eu le mérite de me pincer le cœur. Les lèvres fermées, le regard plongeant finalement vers le sol, je me demandais si je devais le pardonner si facilement. Après tout, il m'avait vraiment fait du mal en prononçant cette connerie tout à l'heure. Mais la façon dont il s'excusait me laissais perplexe, et j'avais envie de croire en la sincérité de ses paroles. De toute façon, quelle raison avait-il de mentir, s'il voulait s'excuser, il le faisait, tout comme il aurait pu ne rien dire et point final. Généralement les hommes se fichaient des détails, s'imaginant que les femmes pardonnaient toujours et ce dans la matinée du lendemain, voir même le soir même de la dispute.

Finalement, je relevais les yeux vers lui, toujours un peu pincé, je lui adressais un vague sourire avant de murmurer.

« C'est oublié...

-Vous me pardonnez vraiment Tess ?

-Vous ne me croyez pas ?

-Si vous ne voulez pas me pardonner maintenant pour ce que j'ai dit, je comprendrais. J'ai été idiot de dire quelque chose que moi même je refuse... Prononçant ces mots, Galahad baissa les yeux au sol, l'air mal à l'aise.

-Comment ça ?

-Non... oubliez... Dormez bien. Je viendrais vous chercher demain matin.

-Bon... Bonne nuit. »

Ce qui était sur, c'est que maintenant j'étais intrigué par les paroles qu'il venait de prononcer. En quoi refusais t-il l'esclavage alors qu'il était libre... Ne l'était-il pas ? Ou pas vraiment ? Les mots que Clarius avait prononcé en parlant des Sarmates, esclave si je me souviens bien... Et Gauvain, lors de notre rencontre sur la plaine, il disait sauver des romains par obligation. Mais quel pouvait bien être le fin mot de l'histoire, je m'avouais sans honte ne rien comprendre à toute cette histoire, ce qui me tapais un peu sur le système. Peut-être devrais-je la prochaine fois demander ça à l'un des chevaliers. Quoique pas sur qu'ils m'apprécient tous, peut-être à part Galahad ou Lancelot. Fallait dire que demander à Arthur ou Tristan était déjà à mettre hors catégorie. Le premier, il me faisait trop peur, quand au second... je suis pas suicidaire !

Laissant échapper un bâillement, je passais une main dans mes cheveux en regardant la chambre que j'avais, uniquement éclairé par la lueur d'une bougie. Un dernier bâillement et je crois bien que les bras de Morphée furent plus rapide que moi, à peine me posais-je sur le lit que je tombais dans le monde des rêves.

Hormis le fait que j'avais une sale tronche le matin quand je manquais de sommeil, je ne devais pas non plus avoir une haleine bien fraiche, sans doute égalant celle des grands seigneurs celtes après une nuit de cuite. Les cheveux éparpillé en paillasson de touffes sur mon crane, je n'osais même pas jeter un œil à mon visage dans le miroir de peur de le casser par la tête que je devais tirer. Encore que si j'avais été bourrée la vieille, l'état aurait pu être bien pire. Mais en l'occurrence, il valait mieux pour moi m'arranger la peignures avant de m'autoriser à quitter cette chambre. Mais que voulez vous, je devais, depuis mon arrivée dans cette époque, attirer la malchance sur moi. Pourquoi fallait-il que quelqu'un se donne la peine de venir me voir alors que j'étais dans le pire état qu'il puisse exister dans ce monde, la sortie du lit. Allez courage Tess, va ouvrir cette porte à laquelle on vient juste de frapper pour te faire chier de bon matin.

D'ailleurs, je ne pouvais affirmer qu'on était le matin, mais je préférais me persuader ne pas m'être levée trop tard, histoire de me dire que j'avais encore un semblant d'honneur dans ce monde qui semblait vouloir me le retirer à tout pris. Monde cruel. A peine ouvrais-je la porte, les yeux encore à demi fermé, sans doute la marque de l'oreiller imprimé sur la joue et le cheveux, je ne vous en reparle pas, je tombais nez à nez avec un des chevaliers de la veille. Si mes souvenirs étaient bon, il s'agissait de ce bon Lancelot et de son sourire un peu niais. Comme si de rien n'était, et j'imagine encore dans les vapes, je demandais:

« C'est pour quoi ? »

J'aurais pu rajouter à la suite « des croissants et un café noir bien serré » mais à mon avis, j'étais déjà bien assez basse dans l'estime de tous pour continuer de m'enfoncer de la sorte. Mais avouez qu'il aurait été tentant de prendre ce chevalier pour un stewart d'hôtel de luxe. Avec les fringues, la classe, et la brillance en moins.

« J'étais venu vous réveiller, il commence à se faire tard. »

Ah bah tient, que disais-je. Cette époque n'était vraiment pas faite pour moi. Il avait forcément fallu que je me lève a pas d'heure. C'était amusant en soit de se rendre compte que c'était quand même lui, Lancelot qui était venu (de son plein gré j'en doute) frapper à ma porte pour me réveiller. Par pure curiosité je le questionnais:

« Il est quelle heure ?

-Pas loin de 9 heures.

-... Revenez dans 2 heures alors... Non oubliez j'arrive. »

Tient, la subtilité de mes blagues ne semblaient pas faire mouche ici. Remarque après non plus, enfin avant... enfin... oh puis vous avez compris ! Bref, je devais pas être fait pour l'humour vaseux du matin. Mais aussi quelle idée de venir me... ah mais non... je m'étais réveillé toute seule... Monde cruel ouais.

« Juste le temps de m'arranger un peu, j'arrive. »

Il acquiesça, visiblement aussi d'accord que moi sur le sujet des cheveux à soigner avant de se présenter devant les autres histoire d'éviter l'humiliation générale. C'était déjà assez dur de me dire que ce chevalier m'avait vu dans cet état, je préférais éviter que cela se reproduise. Seigneur, pourquoi m'avoir envoyé dans cette foutue époque ?! Très bonne question auquel aucune réponse ne voulait venir. Vie de merde. De toute façon, au point où j'en étais, il n'y avait plus grand chose à faire sinon suivre le mouvement et espérer qu'un beau jour, Lynseth viendrait me chercher. J'en venais à regretter cet abruti qui m'avait envoyé là tient. Passant un... une ... robe... cool... un vague coup d'œil au miroir, je notais la dégaine de cinglée et je sortais. Lancelot attendait là, l'air de rien, ce foutu sourire toujours sur le visage ce qui pour le coup me donnait un peu envie de frapper. C'était quoi cette bonne humeur dès le matin sérieux ?! Moi j'avais la putain d'impression d'être sortie de cuite (enfin c'était toujours comme ça quand je me levais trop tôt) et j'avais super faim.

« On mange quoi ? »

Ah Tess, tant de tact dans une si petite personne. Non que je prétende être de petite taille, mais ... oh puis on s'en fout. Pourquoi avais-je besoin de me justifier quant à la façon dont je disais les choses. C'est vrai quoi, les femmes n'avaient-elles pas le droit d'ouvrir leur gueule ? Bon, peut être pas vraiment comme ça. Mais j'étais pas d'ici moi, j'avais franchement pas envie de passer le reste de mes jours à faire cuisine, vaiselle, ménage, broderie, jouer de la harpe, lire et caresser son chat... admettons que je n'ai pas dit cette dernière chose, le reste me paraissais quand même proprement mortel. J'avais passé ma vie à bouger, faire des conneries, et même si ça m'avait foutu dans la merde, cette vie là me semblait plus palpitante que... la broderie, le ménage, etc... !

« Un peu tout ce que vous voulez. »

J'avais presque faillit oublier sa présence à lui, voire même désespérer une réponse de sa part. Mais visiblement, mon manque de subtilité naturel n'avait pas l'air de le gêner plus que ça. Tant mieux pour lui. Et pour moi... oh puis pourquoi je me prenais la tête...

« C'est coo... bien ça !

-Je vous emmène à la salle à manger.

-Supe... (il fallait vraiment que j'arrête avec le langage moderne moi...) parfait !

-Vous allez bien ? »

Il m'interrogea du regard, curieux de savoir pourquoi je m'excitais sur chacune de mes phrases. J'en conviens, je devais avoir l'air particulièrement idiote.

« Très bien. Faite pas attention, ça m'arrive souvent.

-Vous êtes une femme étrange. »

Et Bim ! Prend toi ça dans les dents, ça fait toujours plaisir. Je devais dire quoi moi ? Parce que franchement, voir des mecs se balader en armure du Moyen Age dégageant des odeurs forte pour la plupart proche de la senteur d'une chèvre. Ce qui n'était absolument pas un compliment. Alors j'osais pas imaginer l'état de leurs dents, leurs cheveux et le reste. A croire qu'ils vivaient comme des porcs. Ou alors je me faisais une fixette là dessus. Parce qu'à mieux regarder, ce cher Lancelot n'avait pas réellement une tête de pouilleux et hormis les habits un peu (trop) moyennageux, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. À quelques détails près s'entend.

« Je sens que vous êtes pas le dernier à me le dire. »

J'avoue que je m'étais absolument pas attendu à être emmené dans les cuisines à manger avec les domestiques. Au final, je ne savais pas vraiment comment Arthur et ses hommes me considéraient. Puis me revint en tête que j'étais désormais, à leurs yeux, au service de Galahad. On remercie bien fort le parfait chevalier qui risquait de se prendre une claque la prochaine fois que je le croisais. Comment ça je lui devais une fière chandelle ? Mais pas du tout ! Quoiqu'un peu... enfin manger avec les domestique quoi ! Lancez moi la bouffe par terre tant qu'à faire, qu'on envoi le pire maintenant, je serais pas surprise la prochaine fois. C'était quand même bien une époque de merde... et puis c'était quoi se paradoxe d'avoir l'autorisation de manger ce que je voulais, mais dans un endroit où tout semblait être le contraire.

« Je vous laisse, débrouillez vous avec Sedna. A plus tard Tess. »

Kikekoi ?! Kékispass ? Oh le sale lâcheur ! Avec un sourire qu'il se casse en plus ! De quoi donne envie d'offrir des claques tient ! Alors comme ça on me lâche, l'air de rien, me donnant un nom d'une nana que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam. Sont franchement mignon... ah j'avais envie de crier, de m'énerver, mais j'avais sans doute trop fin et une certaine flemme pour ne pas le faire.

« Heu excusez moi... »

Je faisais volte face pour regarder une jeune fille un peu plus jeune que moi, l'air timide et mal à l'aise en me regardant. Assez irrité, je demandais avec le ton de la plus mal aimable des poissonnières :

« Quoi ?!

-C'est que... vous pourriez me rendre mon couteau de cuisine ?... »

Elle pinça les lèvres, encore plus rouge que les cinq secondes d'avant. Je regardais dans ma main...

« Oh fait chier... »


*siffle* Hum, comment ça j'ai mis du temps à poster ? Pas du tout ! Bon, si... un peu... mais j'étais occupé (sans rire...) !

*se met à genoux* PARDOOOOOOOOON ! Non franchement j'ai eu une sacrée perte d'inspiration (et j'ai peur que ça recommence) et un vrai manque de temps. Ou plutôt, du temps mais pas la motivation pour m'y mettre. Mais je suis retombé sur mes chapitres passé et je me suis dit, non je peux pas laisser ça comme ça. J'aime vraiment cette histoire et ça m'embêterais de l'abandonner sur ce chemin alors qu'elle a à peine commencé.

Bref, après ce joli petit speech *pleure* j'espère que ce chapitre vous à plus, ne vous déçoit pas trop. Bon, il n'y a pas beaucoup d'action, voir même que dalle, mais c'est l'entrée en scène d'un nouveau perso qui j'espère, si je continue, va se révéler intéressant. Si je m'y met franchement, l'action ne saurait tarder, surement prochain chapitre, ou celui encore après. Et pareil, on verra un peu plus nos chevaliers sexy en amure et biscotos sortis à l'air *sort*

Sur ceux, je vous laisse, et j'essaie au mieux de poster, sans rien vous promettre comme toujours, même si j'ai vraiment pas envie d'abandonner .

Bisouille !

Ps : ce qui me fait penser que je n'ai pas pris le temps de répondre à vos review super gentil qui me font toujours autant plaisir. Petite réponse groupé donc : ma cleptomane, à l'inverse de Judy (mon précédent perso) ne va pas mourir (techniquement) même si elle va pas se soigner tout de suite. Vive le vol de Tristan, ça n'en est que plus drôle :3 Et je suis contente aussi que Tess vous plaise et qu'elle ne ressemble pas aux autres héroïnes, c'était le but remarque ^^

Voilà ! Vous n'aime !