Bonjour à tous ! Exceptionnellement, comme le chapitre est très très long (j'espère que ça ne vous dérangera pas trop), je ne vais pas m'attarder dans mon blabla d'avant chapitre. Je vous rappelle juste que ce chapitre est le dernier chapitre à part entière mais qu'il restera encore un épilogue après. Ce dernier va peut-être mettre un peu plus de temps à arriver que d'habitude, puisque je reprends les cours lundi. Merci de votre compréhension.

Merci aussi à ceux qui, malgré la rentrée et les contraintes que celle-ci amène, ont pris le temps de me laisser une review. Vous êtes ma motivation donc merci du fond du cœur. Pour le grand remerciement, j'attendrais le prochain chapitre.

Tout de suite, je réponds aux reviews anonymes :

- Justine : Merci pour ta review. Je suis d'accord pour la mort d'Elena, c'est à la fois héroïque et égoïste, mais en même temps, rester en vie au risque de causer la mort de tous ses amis l'aurait aussi été. Tes références à Buffy m'ont bien fait rire, et je suis totalement d'accord avec la comparaison entre MF et Sunnydale. Sinon, que dire sur le reste de ton com sinon que ça me fait plaisir car tu vois souvent les choses comme moi, c'est rassurant ^^ Pour l'épilogue, il n'y a pas de flash-back prévu (je voulais en placer dans le chapitre précédent mais j'avais déjà trop écrit), par contre, je ne répondrais pas à ta seconde question pour préserver le suspense, désolé. Merci pour tous tes gentils mots et j'espère que tu aimeras toujours. Bisous à toi aussi.

-Maggie : Merci pour ta review :) Pour Caroline, elle va un peu plus craquer dans ce chapitre, mais c'est surtout par manque de place que je n'ai pas insisté là-bas, ça a été ma grande erreur dans cette fic, comme c'est ma 1ère, mes chapitres sont mal-équilibrés. J'ai par contre conservé le Klaus assez calme (ca fait bizarre comme adjectif pour lui) parce que je me suis dit que comme c'était sa dernière journée, il arrivait plus ou moins à se contrôler du moins en présence de Caroline. J'espère que ca fait pas trop OOC. Merci pour ton compliment sur les "détails comiques", ça me fait très plaisir :) J'ai moi aussi fait court comme réponse donc pas de souci ^^. Encore une fois merci pour ta fidélité et tes coms qui me remontent toujours le moral ! Et n'hésite pas à me dire si tu n'aimes pas ce chapitre !

- Lorelei : J'ai reçu ta review juste avant que je poste ce chapitre, ça m'a fait sourire donc merci :) Ne t'inquiètes pas, on a tous une vie, ça me fait plaisir que tu sois à nouveau là. Pour Elena, j'avais la flemme de trouver une excuse pour la sauver et comme elle m'énerve en plus, j'ai fait d'une pierre deux coups ^^ Moi aussi, je suis super triste que ce soit la fin, je n'avais pas envie de poster ce chapitre juste pour que ça dure plus longtemps. Encore merci et j'espère que tu aimeras.

Bonne lecture à vous !


Chapitre 17 : L'heure du choix

Je souhaite que tu partes avec moi.

Les mots étaient lancés, il n'y avait plus de retour en arrière possible. Contrairement à ses propositions précédentes, Klaus avait cette fois-ci décidé de ne laisser aucune place possible à la plaisanterie ou à une quelconque hypothèse. Il voulait qu'elle vienne dès ce soir avec lui et l'unique moyen que cela se produise était de lui dire les choses franchement. Une longue discussion ne les mènerait nulle part, les obstacles les séparant étant trop complexes pour être résolus en une nuit. Maintenant, il n'avait plus qu'à attendre simplement sa réponse avant de quitter définitivement, du moins l'espérait-il, cette ville.

Cependant, en remarquant la confusion qui émanait du visage de la blonde, il comprit que cela risquait de ne pas être aussi facile que prévu.

- Tu veux que je quitte la ville avec toi, là tout de suite, dans la nuit ? balbutia-t-elle avec incrédulité.

Klaus hocha la tête, espérant que cette réponse suffirait à son interlocutrice. Malheureusement pour lui, Caroline ne comptait pas se contenter de si peu. Après une courte hésitation, elle se lança dans une harangue enflammée :

- Et qu'est ce que tu t'imagines ? Que je vais te dire oui et que nous allons à partir d'aujourd'hui vivre une éternité de bonheur et d'amour ? Cela est tout bonnement impossible, rien ne nous rapproche l'un de l'autre. Là où je passe mes journées à aider les gens, toi, tu viens et tu détruis tout sur ton passage. Qu'est ce que je gagnerais à tout abandonner pour une personne comme toi, que je déteste de surcroit? Rien. Je n'ai donc pas et je n'aurais jamais de raison de t'accompagner quelque part !

La hargne de Caroline irrita une nouvelle fois l'hybride. Il passait son temps à se montrer d'une gentillesse inhabituelle avec elle et elle continuait pour autant à le mépriser et à feindre de le haïr. Il devait changer cela et la mettre face à ses sentiments. Et il n'avait pas trente-six moyens de le faire.

Ce fut donc avec colère mais aussi avec une certaine délectation qu'il lui répliqua :

- C'est donc parce que tu me détestes et que ma compagnie ne t'apporte rien de positif que tu m'as embrassé l'autre soir !

Le visage de la vampire se figea brusquement et son regard méprisant s'effaça, laissant apercevoir pendant quelques secondes à l'hybride la vulnérabilité qu'elle ressentait.

Il se rapprocha d'elle doucement et saisit délicatement son visage entre ses mains, avant de reprendre :

- Je sais que cela te parait inimaginable de partir avec moi. Mais plus tôt tu accepteras l'idée que tu n'es pas faite pour vivre éternellement dans cette ville, plus tôt tu cesseras de souffrir inutilement.

- Ce n'est pas uniquement ça, soupira-t-elle, repoussant délicatement le toucher de l'hybride sans pour autant briser leur proximité physique.

- Alors qu'est-ce ?

Il savait qu'il devait paraître insistant, peut-être même désespéré mais à vrai dire, à ce moment précis, il n'en avait que faire. Son image en avait déjà pris un sacré coup en sa présence, il n'était donc plus à ça près. Tout ce qu'il voulait était connaître la vérité sur ce qu'elle ressentait, afin qu'il sache s'il avait une réelle chance ou non de l'avoir à ses cotés.

Son problème était plutôt de savoir si elle aussi allait être honnête ou si comme à son habitude, elle allait détourner la conversation vers ses propres torts.

- Si je pars avec toi, je n'aurais plus jamais l'occasion de revenir sur ma décision. Quoi qu'il se passe par la suite entre nous, j'aurais déjà trahi mes amis, je les aurais abandonnés et j'aurais trahi la mémoire d'Elena et Bonnie. Je ne peux pas faire cela, pas maintenant, pas la veille de leur enterrement !

Une nouvelle fois, ses amis empêchaient donc la jeune blonde de vivre sa vie. Klaus avait, dès sa première rencontre avec elle, compris que ceux-ci jouaient un rôle primordial dans sa vie mais il avait espéré que la mort de deux d'entre eux lui auraient au moins fait réaliser que vivre pour les autres, presque à travers eux, ne servaient à rien.

- Partir avec moi ne va en rien souiller la mémoire de tes amis, répliqua-t-il tout en appuyant avec dubitation sur le mot « amis ».

- Bien sur que si, s'emporta-t-elle à nouveau, tout signe de faiblesse disparaissant de son visage. Tu es l'homme qui a détruit leurs vies, jamais ils ne toléraient ou n'auraient toléré une telle chose !

- Quel besoin ont-ils de le tolérer ? Tu l'as dit toi-même, j'ai détruit leur vie pas la tienne. Tout ce qu'ils pourraient donc me reprocher ne te concerne pas.

- Si tu t'en prends à mes proches, c'est comme si tu t'en prenais à moi, tenta-t-elle de lui faire comprendre.

- Et pourquoi ? Crois-tu réellement qu'ils ressentent la même chose pour toi ? Peut-être qu'Elena et Bonnie se souciaient à un moment sincèrement de toi mais elles sont mortes, l'une pour sauver ses deux amoureux et l'autre parce qu'elle voulait te voir mourir. Quant aux Salvatore, quoi qu'ils me reprochent, je ne pense pas qu'ils soient réellement en position de pouvoir me juger.

- Le fait qu'Elena soit morte ne change rien au fait que tu l'ais kidnappée et hypnotisée il y a quelques semaines. Elle ne t'aurait jamais pardonnée cela.

- Tout comme tu n'as jamais vraiment pardonné à Damon de t'avoir fait subir tant d'horreurs lorsque tu étais humaine. Et pour autant, ça ne l'a pas empêché de le préférer à Stefan et de sortir avec lui, sans n'en avoir rien à faire de ce que tu en pensais.

Les yeux de Caroline s'emplirent de larmes à l'évocation du vampire aux yeux bleus, provoquant une impression de mal-être chez l'hybride. Il n'aimait jamais la voir pleurer, même si ici en l'occurrence, c'était plutôt un bon signe pour lui, révélateur de sa prise de conscience quant à l'égoïsme de ses prétendus proches, à moins qu'elle ne repense simplement aux victimes de la journée, ce qui n'aiderait franchement pas sa cause.

Après lui avoir laissé quelques secondes d'apitoiement, il replaça sa main droite le long des joues de Caroline et essuya ses larmes délicatement tout en effectuant des mouvements apaisants avec ses paumes de mains. La vampire se laissa faire et alla même jusqu'à s'appuyer contre l'Originel, laissant sa tête reposer sur son torse.

Klaus profita de ce contact pendant quelques minutes, tout en réfléchissant à ce que l'état de la jeune blonde lui laissait comme possibilité. Il lui paraissait clair qu'elle n'allait pas accepter sa proposition au milieu de sa crise de larmes. Après tout, peut-être devrait-il lui laisser quelques heures de plus pour se décider. Une fois ses amies enterrées, elle pourrait réaliser à quel point le lien qui la reliait à ses autres proches était fragile et de surcroit basé sur pas grand-chose à part de l'intérêt. Et à partir de là, il aurait une véritable chance de l'emmener avec elle. Après tout, ils avaient tous deux l'éternité, il pouvait bien lui laisser une journée pour prendre sa décision.

Il la souleva donc tout à coup dans les airs, la déposa sur son épaule et la porta ainsi jusqu'à son lit, où il la coucha avec douceur, allant même jusqu'à border la jeune fille. Sa seule réaction fut de le dévisager avec incrédulité, comme si elle n'avait pas la force de faire autre chose, lui rappelant le torrent émotionnel qu'elle avait subi en une seule journée. Tandis qu'elle tentait de se redresser afin de lui faire face, il s'assit à coté d'elle et murmura :

- Tu devrais cesser de t'agiter et essayer de dormir, Caroline.

- Mais tu as dit que…

- Tu es trop fatiguée pour te décider. Nous en reparlerons demain, après l'enterrement.

- D'accord, acquiesça-t-elle d'une voix pâteuse, tout en fermant les yeux.

L'hybride déposa un baiser sur son front et se leva ensuite, mais avant qu'il ait pu quitter la pièce, la petite voix de Caroline s'éleva à nouveau, le faisant se retourner.

- Et, je suis désolé pour ce que je t'ai dit ce matin, rajouta-t-elle en plongeant son regard dans les yeux bleus de l'Originel, c'était inapproprié.

Il se contenta de hocher la tête en réponse, ne voulant pas recommencer une discussion houleuse en pleine nuit.

- Bonne nuit Caroline, chuchota-t-il avant de s'éclipser.

Il espérait que cela se révélerait vrai pour elle mais en ce qui le concernait malheureusement, il savait qu'il serait bien trop occupé à réfléchir pour pouvoir passer une nuit tranquille.


Le jour était déjà levé depuis bien longtemps lorsque Caroline ouvrit les yeux. Une dure journée l'attendait, elle serait bien donc restée au lit quelques heures de plus à somnoler mais elle ne pouvait pas se le permettre. Elle se prépara donc en vitesse et fila vers la lisière de la forêt, où l'enterrement était prévu, tout en s'efforçant de ne pas trop ressasser les événements de la veille.

La cérémonie en elle-même sembla n'avoir duré qu'une fraction de secondes pour la jeune blonde, comme si son esprit n'était pas réellement présent lors de celle-ci, préférant voler vers d'autres horizons moins sinistres. Evidemment, elle ressentit l'atmosphère particulière de ces funérailles non-officielles, elle retint quelques larmes durant le récit de Jeremy sur la femme merveilleuse qu'était sa sœur et la créature tout aussi incroyable qu'était Bonnie, elle se fit consoler à plusieurs reprises par ses porches et les consola également. Pour autant, elle se sentait détachée de la réalité, elle ne parvenait pas à assimiler le fait que les corps de ses amis reposeraient éternellement ici et qu'elle ne les verrait plus que dans ses souvenirs.

Ce fut après le dernier coup de pelle de Stefan qu'elle prit conscience de la réalité : dorénavant, elle était seule, elle ne pouvait plus compter que sur elle-même. Elle aimait beaucoup Stefan, et même Damon, mais jamais, ils ne remplaceraient ses amies d'enfance. Et suite aux paroles de Klaus, elle commençait à se demander si le sentiment était réciproque. Certes, elle avait l'impression que Stefan était devenu un vrai ami lors de sa petite dépression suite au choix d'Elena. Mais lorsque cette dernière était revenue, il avait une nouvelle fois mis de coté son amie pour protéger au mieux la jolie brune, ce qui amenait Caroline à penser qu'il ne s'était rapproché d'elle que parce qu'il n'avait personne d'autre à qui se confier. Peut-être valait-elle mieux pour elle se tourner désormais vers quelqu'un qui se souciait sincèrement d'elle.

Cependant, cette pensée la quitta soudainement lorsque l'homme sur lequel elle portait des doutes s'approcha d'elle et lui tapota l'épaule d'une manière qui se voulait réconfortante. Bien que ce geste ne serve sur le principe à rien, cela la soulagea d'une certaine façon. Elle ne croyait pas qu'il serait toujours là pour elle mais en ce moment présent, il l'aidait et c'était bien le principal.

- Tu veux t'éloigner un peu ? lui proposa-t-il.

Elle approuva cette proposition d'un signe de tête et se mit à marcher avec lui parmi les broussailles.

- Qu'est ce qui ne va pas ? lui demanda-t-il sans préambules. Tu as été préoccupée durant toute la cérémonie.

- On enterre mes meilleures amies, Stefan, ça me parait légèrement compréhensif que je ne sois pas joyeuse et souriante…

- Ce n'est pas ça que je voulais dire, soupira-t-il. J'avais plutôt l'impression que tu étais effrayée, comme si tu devais affronter quelque chose et que tu ne savais pas le faire.

Face à la perspicacité de son ami, un air gêné envahit le visage de Caroline. D'un certain coté, parler avec Stefan du choix effrayant qu'elle avait à faire lui permettrait d'avoir un avis un peu plus objectif que le sien sur la question. Cependant, ils venaient à peine d'enterrer Elena, une telle perspective lui paraissait donc irrespectueuse, surtout que Stefan n'était pas particulièrement tendre avec Klaus ces dernières années.

Son hésitation ne manqua pas d'échapper à Stefan, qui tenta aussitôt d'en savoir plus.

- Tu sais bien que tu peux tout me dire, Caroline, insista-t-il avec gentillesse.

- Je ne crois pas que ce soit le moment adéquat pour parler.

- Et si je te laisse repartir sans m'en parler, es-tu sûre que tu viendras m'en parler à un autre moment de la journée ?

Caroline rougit. Elle savait pertinemment que la journée était déjà bien entamée et que si elle ne lui parlait pas maintenant, elle n'entendrait jamais son avis. Mais elle s'était imaginée aborder le sujet elle-même et non pas poussée par la soudaine perspicacité de son ami.

Elle inhala donc profondément et décida de se lancer :

- Klaus m'a proposé de quitter la ville avec lui.

Les yeux de son ami s'emplirent de surprise, mais il ne parut pas particulièrement choqué, ce qui l'incita à continuer :

- J'ai toujours pensé qu'il n'était pas sérieux lorsqu'il évoquait cela ou que je ne voudrais jamais partir avec lui quoi qu'il arrive mais là, je ne sais plus quoi penser. J'ai envie de quitter cette ville, cette région pour tenter d'oublier les malheurs qui s'y sont produits. Mais d'un autre coté, cela signifierait vous abandonner, toi, ton frère, ma mère, Matt et cela me fait peur.

Stefan garda le silence après cette déclaration, causant une montée de stress à la jeune vampire. Etait-il à ce point révolté par ses révélations qu'il préférait garder le silence pour ne pas la blesser ? Allait-elle devoir quitter la ville avec Klaus non pas par choix mais parce que personne ne voudrait plus d'elle ici ?

Elle lui lança un regard suppliant, espérant décrocher une expression de sa part mais il continuait à l'observer, surpris, ne semblant pas en mesure de prononcer un seul mot.

- Merci pour ton aide précieuse, cracha-t-elle avec colère, avant de tourner les talons

Cependant, il la retient soudainement, paraissant retrouver ses esprits.

- Excuse moi, chuchota-t-il, tu… tu m'as surpris. Je savais, comme nous tous, que Klaus ressentait un petit truc pour toi mais je n'avais pas du tout conscience que c'était réciproque.

- Je n'ai jamais dit que c'était réciproque ! s'insurgea-t-elle.

- Voyons, tu as été l'investigatrice de son réveil, tu as quitté Tyler, tu as accepté qu'il soit chargé de veiller sur ta sécurité, tu as été prête à mourir pour l'empêcher d'être tué par Alaric et maintenant, alors que tu enterres deux de tes amies qu'il a fait souffrir durant leur courte vie, tu envisages quand même de quitter la ville avec lui. Je ne dis pas ça pour te faire culpabiliser mais c'est exactement ce que ferait une femme ayant des sentiments pour un autre homme.

Caroline mourrait d'envie de prouver à Stefan qu'il avait tort, qu'elle ne ressentait rien pour Klaus, que tous ces éléments ne signifiaient rien mais elle se rendait compte qu'elle en était incapable puisque c'était la vérité. Elle ne savait pas avec précision quand elle en avait pris conscience mais il était clair dans son esprit que la proposition de Klaus ne l'attirait pas uniquement pour l'aspect découverte qu'il lui proposait mais aussi pour la compagnie qu'elle aurait durant ce périple. Et elle ne se sentait pas la force de cacher cela à son plus proche ami désormais.

- Peut-être que tu as raison, acquiesça-elle.

- Donc c'est simplement ça qui te préoccupe ? Tu veux savoir si tu as le droit de partir avec lui ? Savoir si on va te bannir de notre cercle d'amis si tu acceptes sa proposition ?

- C'est un peu plus complexe que ça Stefan.

- Eh bien, c'est dommage car sinon, la réponse était toute simple : ce n'est pas à nous de décider pour toi.

- Vraiment ? murmura-t-elle, se demandant s'il était réellement sérieux.

- Evidemment. Je ne dis pas que je me réjouirais si tu pars avec lui, surtout dans de pareilles circonstances, et ça m'étonnerait que Damon le prenne bien aussi mais nous ne sommes pas vraiment en mesure de te condamner pour cela. Tous deux nous avons commis des actes autant horribles que ceux de Klaus. Au bout d'un certain temps, nous finirions par l'accepter, je suppose. Donc ne prends pas ta décision uniquement par rapport à nous mais aussi à toi.

Ses paroles soulagèrent Caroline, elle savait que cela coutait à Stefan de dire de pareilles choses et elle appréciait le fait qu'il tente de ne pas la juger. Maintenant qu'il lui avait dit le fond de sa pensée, elle se sentait prête à prendre une décision, que celle-ci soit bonne ou mauvaise. En remerciement, elle lui déposa un léger baiser sur la joue et s'apprêta une seconde fois à partir mais une nouvelle fois, Stefan la rappela.

- Es-tu sûre que c'était cela qui te gênait vraiment dans le fait de partir avec Klaus ?

- Qu'est ce que ça pourrait bien être d'autre ? rétorqua-t-elle en haussant les sourcils avec incrédulité.

- L'angoisse de savoir qu'une fois que tu débuteras quelque chose avec lui, aucun retour en arrière ne sera possible. Ou bien le fait d'ignorer s'il vaut la peine de prendre un tel risque. Tu es une personne qui essaye en permanence de faire des choix qu'elle ne regrettera pas, Caroline. Ca ne te ressemble pas de tenter quelque chose d'aussi fou sans être sûre de toi. Tu ne dois pas partir pour de mauvaises raisons. Donc réfléchis-y bien. Vous avez tous deux la chance de posséder bien plus de temps que les autres mortels pour prendre des décisions, ne gâche pas cela.

Finalement, ça n'avait peut-être pas été une si bonne idée que ça de lui parler de son problème, pensa la jeune blonde. Tous les obstacles à ce voyage lui paraissaient finalement facilement surmontables mais des peurs inavouées la submergeaient désormais. Elle se sentait deux fois plus confuse après sa discussion avec Stefan qu'avant. Son temps de réflexion continuait à s'écouler, l'heure de fin s'approchant de plus en plus, et elle était de moins en moins sûre du choix qu'elle devait faire .


Klaus attendit que le soleil soit couché pour retourner chez Caroline. Il avait passé la journée à attendre que le crépuscule arrive enfin pour connaître la décision de la jeune fille et il devait admettre qu'il avait pas mal regretté sa décision de lui laisser une journée de plus. Certes, il aurait été mal de profiter de la détresse de la vampire la veille au soir, cependant, il craignait que cette journée de réflexion ne lui serve qu'à le rejeter avec plus de violence qu'à l'accoutumée, si cela était encore possible.

L'attendre encore quelques années ne le dérangeait pas auparavant, après plus de mille ans passés seul ou avec uniquement sa famille, il pouvait se permettre de faire preuve d'un peu plus de patience. Cependant, étant donné son état émotionnel actuel, l'éventualité de passer les prochaines années à faire découvrir le monde à Caroline lui paraissait mille fois préférable à celle d'errer seul dans différents pays, en ayant pas d'autre activité que provoquer différents types de carnage.

Une fois dans la maison du sheriff, il entendit l'objet de ses pensées faire les quatre cent pas dans sa chambre mais il ne parvint pas à savoir si c'était parce qu'elle tentait de se décider ou si, par chance, elle faisait ses valises. Il monta les escaliers avec lenteur, cherchant délibérément à ne pas laisser un seul son trahir sa présence. Une fois à l'étage, il poussa avec douceur la porte de sa chambre et vit un spectacle auquel il ne s'était pas attendu.

Caroline était occupée à déambuler dans sa chambre, récitant une sorte de laïus, qui lui était sans doute adressé vu sa teneur plutôt sérieuse. Il l'observa attendri durant quelques secondes avant de se racler la gorge. La vampire se retourna avec surprise, tentant de prendre un air détaché, mais lorsqu'elle réalisa qu'il était l'intrus et surtout qu'il l'avait vu répéter son speech, ses joues se couvrirent de rouge.

- J'ai cru comprendre que tu m'avais préparé un petit discours, alors vas-y, je t'écoute, se moqua-t-il gentiment tout en s'installant nonchalamment sur son lit.

- Tu m'as prise de court ! grommela-t-elle, déclenchant un petit rire chez l'hybride.

Il trouvait ça assez touchant qu'elle ait pris la peine de réfléchir à ce qu'elle allait pouvoir lui dire. Il ne pouvait dire si c'était un bon ou un mauvais signe mais quelque soit la réponse, cela révélait qu'elle ressentait plus que ce qu'elle ne prétendait pour lui et cela suffisait, pour l'instant, à le faire sourire.

- Je vais le faire mais ne m'interromps pas s'il te plait, reprit-elle. Je ne sais pas par où commencer…

- Et si tu commençais tout simplement par le commencement, la taquina-t-il à nouveau, ce qui lui valut un regard noir.

Elle prit une grande respiration et d'une voix mal assurée, elle se mit à parler :

- Tout d'abord, je tenais à m'excuser toutes les horreurs que j'ai pu te lancer en pleine figure. Certes, tu les méritais pour la plupart mais tu as eu la plupart du temps un comportement bien différent avec moi que celui que tu as avec les autres et donc, ce n'était pas à moi de te dire ce genre de choses.

- Excuses acceptées.

- Parfait, répondit-elle d'un ton toujours aussi angoissé que lorsqu'elle avait pris la parole. Ensuite, il faut que tu saches que… comment dire… le fait que tu me proposes de venir avec toi m'a vraiment touché. J'ai cherché des tas d'excuses pour occulter cela mais au fond de moi, ça m'a fait plaisir.

- Mais ? supposa l'hybride qui avait constaté l'inquiétude persistant dans les yeux de Caroline.

- Mais je ne peux pas accepter.

Elle ne partirait pas avec lui. Klaus avait beau s'être préparé à cette nouvelle, cela ne le protégea pas de la douleur qui l'envahit soudainement. Il avait vraiment cru voir en elle la personne qui pourrait mettre fin au moins temporairement à sa solitude. Mais il s'était, une nouvelle fois, trompé.

- D'accord, se contenta-t-il de répondre, tout en s'apprêtant à partir afin qu'elle ne voit pas sa déception.

- Attends ! le retient-elle, s'asseyant à coté de lui. Laisse moi t'expliquer pourquoi !

- Je ne crois pas que ce soit nécessaire, sourit-il tristement.

- Si, ça l'est. Je ne veux pas que tu croies que ma réponse est définitive ou quoi que ce soit.

- Je ne vais pas rester plus longtemps dans cette ville, Caroline, donc elle l'est.

- Non, tu ne comprends pas, répliqua-t-elle avec un manque d'assurance toujours autant notable. Ce que je veux dire, c'est que pour l'instant, je ne peux pas abandonner ma vie. Je ne m'en sens pas prête. Stefan et Damon vont tous les deux avoir besoin d'aide pour se remettre de la mort d'Elena et je suis la seule à pouvoir leur procurer.

- Encore une fois, tu justifies ta décision par rapport à tes amis, et non par rapport à toi, remarqua-t-il avec humeur.

- Non, ce n'est pas vrai, s'indigna-t-elle, les larmes aux yeux. Ils ne m'ont jamais demandé de rester avec eux. Certes, si je partais avec toi tout en sachant dans quelle situation ils sont, je me sentirais coupable et ce ne serait pas très honnête de ma part, mais ce n'est pas vraiment ce qui me bloque. Je les ai trop utilisés comme excuse pour me cacher le véritable problème… Ce qu'il y a, c'est que j'ai une vie ici, je fais des études, et abandonner tout ça maintenant, tout ce qui me rattache encore à mon humanité, me fait terriblement peur. Toi, tu as 1000 ans, ne pas prêter attention aux conventions humaines est logique pour toi. Mais moi, je ne suis qu'un vampire depuis 3 ans et tout aussi fabuleux que m'apparaisse un voyage autour du monde, ce n'est pas la vie que je me sens prête à vivre pour l'instant. Je ne peux pas renoncer sur un coup de tête à tout ce que j'ai connu jusqu'à présent.

Klaus pouvait sentir à ses émotions visibles qu'elle était honnête. Elle avait réellement peur de partir avec lui, et il ne pouvait pas vraiment le blâmer pour cela. Quel genre de personne pourrait être prêt à tout quitter pour un « homme » tel que lui ? Caroline était très jeune, surtout à coté de lui, et au fond de lui, il savait que son âge était une difficulté pour lui, tout autant que ses actes contestables ou son caractère parfois invivable. Il ne s'était simplement pas attendu à ce que ce soit son motif afin de refuser son offre.

- C'est la vraie raison de ton rejet ? Tu es sûre que ce n'est pas plutôt mon « glorieux » passé ? l'interrogea-t-il, perplexe, tandis que son bras s'enroulait autour des épaules de la jeune fille, qui avait de plus en plus de mal à retenir ses larmes.

- Evidemment qu'il y a d'autres raisons, mais celle que je t'ai donné est la principale, murmura-t-elle. J'ai tenté de croire que c'était d'autres choses qui me préoccupaient mais j'ai finalement compris qu'il ne servait à rien que je me mente à moi-même. Je connais tout le mal que tu as fait, à mes proches et à tant d'autres personnes, mais je n'en soucie pas vraiment. C'était plus ce que les autres penseraient de moi que tes actes en eux-mêmes qui m'inquiétaient. Lorsque j'ai appris ce que Bonnie avait fait, une petite voix dans ma tête m'a dit qu'elle avait peut-être raison, que tu méritais de payer pour tes actes. Cependant, aussitôt, j'ai réalisé que si cela se passait, que tu mourrais, ça causerait une sorte de vide en moi, très difficile à combler. Et j'ai déjà trop connu ce genre de pertes.

- Tu n'aurais pas ressenti ce vide très longtemps puisque tu m'aurais malheureusement rapidement suivie, Caroline, la taquina-t-il pour cacher l'espoir qui s'était réinstallé en lui.

Elle se souciait donc de lui, du moins s'il avait bien analysé ses vagues paroles. Klaus avait déjà compris cela mais qu'elle lui dise en face, reconnaissant ainsi qu'elle en avait conscience, lui faisait extrêmement plaisir. Il n'avait auparavant qu'entendu ce genre de paroles qu'un nombre infime de fois, elles avaient donc une saveur particulière pour lui. Ce n'était pas une grande déclaration, qu'il n'attendait pas de toute façon, mais c'était amplement suffisant pour lui. Il ne put donc retenir le doux sourire qui s'étala sur son visage.

- Arrête de sourire bêtement, souffla la blonde, ce qui eut pour unique effet d'accroître son sourire.

Il se reprit cependant lorsqu'il se rappela que malgré l'évolution de ce que ressentait Caroline, elle avait quand même décliné son invitation. Eterniser ce moment ne pourrait qu'augmenter la souffrance liée à son refus. A grand regret, il retira donc sa main de l'épaule de la vampire et réfléchit à ce qu'il pouvait lui en dire avant de partir, surtout après qu'elle soit autant confiée à lui.

Mais ce fut elle qui le devança :

- Klaus, murmura-t-elle sans doute pour la dernière fois de sa voix veloutée, tu te souviens de la « decade dance » ?

Il hocha la tête sans pour autant comprendre où elle voulait en venir.

- Tu m'avais que d'ici 100 ans, je changerais d'avis et je viendrais te rejoindre. Certes, il me reste techniquement encore 98 ans mais contrairement à ce jour-là, je ne pense plus que ce soit impossible.

Elle plongea ensuite son regard dans celui de l'hybride et pendant quelques minutes, ils restèrent là, à se regarder mutuellement. Puis, se disant que les gestes valaient mieux que les mots, Klaus se rapprocha ses lèvres de celles de Caroline et les embrassa avec douceur mais aussi intensément, sans qu'elle fasse le moindre mouvement pour le repousser. Il profita au maximum de ce baiser, sans pour autant le faire trop durer, afin de ne pas avoir de regret, ce qui n'était vraiment pas son genre.

Une fois leurs bouches séparées, il se leva et lui adressa une dernière fois la parole :

- Au revoir, Caroline.

Il partit ensuite en un éclair, sans se retourner, ce qui ne l'empêcha pas d'entendre Caroline murmurer « A bientôt, Klaus ».

Il était maintenant seul mais étrangement, il ne se sentait pas triste pour autant. Désormais, il savait que Caroline le rejoindrait un jour, même si celui-ci pouvait n'arriver que dans cent ans. Un nouveau sentiment était à présent ancré au plus profond de lui et ne le quitterait plus jusqu'à la venue de la vampire blonde : l'espérance.


Voilà pour le dernier chapitre, j'espère qu'il vous a plu malgré tout *pars se cacher au Pôle nord pour échapper aux réclamations des lectrices/lecteurs*

Plus sérieusement, je vous rappelle qu'il reste un épilogue pour que la fin ressemble vraiment à une fin.

J'espère que Klaus ne fait pas trop OOC dans ce chapitre car il est finalement resté très calme. Si c'est le cas, dites-le, je ne me fâcherais pas ^^

Les critiques, remarques, conseils sont toujours les bienvenus.

D'ailleurs, et je m'adresse en particulier aux reviewers anonymes, si vous souhaitez me laisser un petit message pour me laisser un message sur ma fic en général (ce qui me fera évidemment plaisir), n'hésitez pas à le faire à la fin de ce chapitre, du moins, si vous voulez que je vous réponde. Merci d'avance à vous tous :)

Et on se retrouve bientôt pour l'épilogue !