Le commencement est la fin...

Nous avons toujours tout fait ensemble. Nous sommes nés ensemble. Nous sommes jumeaux à la vie, et même, dans la mort. Tu as mon visage et je me vois de face mort et te sens vivant... Stérile utopie.
Tu es mort! Mort sans moi...
Te souviens-tu de nos farces, tous nous punissaient, nous promettant milles châtiments, nous, nous nous félicitions, avec des mots et avec de chaudes et affectueuses accolades?
Souvent le soir, nous dormions dans le même lit, enlacés, sous le regard blessé et presque dégoutté de nos proches qui, eux, se rendaient compte de nos sentiments, plus profonds que ceux que doivent avoir des jumeaux...
Nous, nous ne connaissions pas encore la douloureuse réalité, celle qui dit que nous sommes frères de sang, que nous ne devrions pas nous aimer comme ça... Combien de fois nous avons nous caressé telle ou telle partie du corps de l'autre sans jamais avoir trouvé ça déplacé?
Notre premier baiser fût après l'un de mes cauchemars où je te voyais mourir devant moi... Malheureusement ce n'était pas un rêve quelconque. Aujourd'hui tu es réellement mort sous mes yeux.
Combien de fois finalement nous sommes-nous retrouvés dans les bras de l'autre comprenant finalement, à 16ans, que nos gestes n'étaient plus ceux d'enfants qui ont peur? Jamais, pourtant, nous n'avons été plus loin que quelques baisers. Juste de l'amour...
Juste de l'inceste comme murmuraient nos proches.
Oh putain Fred! Pourquoi être mort et moi vivant? Je me meurs avec toi, mon âme part avec la tienne et pourtant elle ne peut aller simplement plus loin que mon corps, celui-ci bougeant tel un pantin s'écroule douloureusement.
Attends moi là-haut! Ne cours pas après un amour dans les cieux car le seul que tu ais est encore terrestre...
«Fred! Fred! Freddddddd!» Je trouve quand même la force de me lancer sur ton corps sans vie et d'un baiser, telle Juliette, je tente de trouver le souffle de la mort sur tes lèvres, celui qui doit m'emmener près de toi...
Et, finalement, comme cette moldue, je m'ouvre les entrailles, me laissant près de toi mourir...
Nos sangs se mélangent, formant un placenta vermeille autour de nous.
Comme au commencement de nos vies...