Fais un dessin.

La bande de Yuri est toujours chez la tante de ce dernier. Afin de récupérer suffisamment de forces pour la bataille finale, les membres qui composent ce groupe n'ont pas hésité une seule seconde pour prolonger leur séjour. Il faut dire que la mère de Kurando cuisine très bien et qu'elle sait parfaitement dorloter ses invités. A l'étage, dans la chambre d'ami, Karin est occupé à faire le lit dans lequel elle a dormi alors que la jeune Anastacia est assise face à la table de la pièce. Cette dernière, revêtue de ses plus beaux habits, ne peut s'empêcher de soupirer tellement elle s'ennuie.

Elle pourrait s'entraîner dehors afin de mieux maîtriser ses pouvoirs liés à son appareil photo mais la jeune héritière souhaite s'occuper d'une toute autre façon. Cependant, les idées ne se bousculent pas dans sa tête et l'enfant espère que Karin pourra la divertir d'une seconde à l'autre. Alors qu'un autre soupir est libéré, voilà que la mère de Kurando entre dans la chambre. Elle est vêtue d'une magnifique robe bleue et ses cheveux sont attachés à l'arrière de sa tête. Soucieuse du bien-être de ses invités, la femme va se placer au milieu de la pièce et s'adresse aussitôt à Karin et à Anastacia.

- Bonjour mesdemoiselles, comment allez-vous aujourd'hui ?

Suite à cette question, Karin se retourne pour faire face à son hôtesse. Ensuite, elle s'empresse de lui répondre avec un agréable sourire sur les lèvres.

- Pour ma part, je vais très bien et je ne saurais comment vous remercier pour tout ce que vous faites pour nous.

- Ne vous tracassez pas pour ca Karin.

Ensuite, la maman du japonais baisse son visage afin que son regard croise celui d'Anastacia.

- Et vous jeune impératrice, avez-vous bien dormi ?

- Oui.

- Tant mieux. J'avais tellement peur que le peu de confort qui se trouve dans cette maison ne soit pas suffisant pour vous.

- Pourquoi dites-vous ça ?

- Parce que vous avez du sang bleu dans les veines, voilà pourquoi.

- Excusez-moi madame mais même si je suis appelée à monter sur le trône de Russie dans un futur proche, je tiens à être considérée comme les autres jeunes filles de mon âge.

- Mais ?

- Il n'y a pas de mais qui tienne !

Devant le caractère trempé de la jeune demoiselle, la maman de Kurando décide de ne pas insister en se pliant à la demande de celle-ci. Ensuite, Karin s'approche de la chaise sur laquelle est assise l'enfant et continue de discuter avec la mère.

- Je sais que nous sommes vos invitées mais si vous avez besoin d'aide pour n'importe quoi, n'hésitez surtout pas à me le faire savoir.

- Entendu Karin mais comme vous venez de le dire, tu es mon invitée donc, repose-toi.

Peu après, la femme se dirige vers la cheminée de la chambre et s'immobilise devant celui-ci. Là, la propriétaire de la demeure prend une pile de papier et un pot de crayons de couleurs qui reposaient sur le rebord avant de faire demi-tour sur ses talons. Quelques secondes plus tard, la voilà de retour auprès de la table et pose l'ensemble sous les yeux d'Anastacia.

- Qu'est-ce que c'est ? Demande-t-elle.

- Puisque vous voulez que je vous considère comme toutes les autres filles de votre âge, voilà de quoi vous occupez un moment.

- Ne me dites pas que vous voulez que je fasse des dessins ?

- Si. Vous voyez un souci à cela ?

Prise à son propre jeu, Anastacia baisse son visage et regarde la pile de papiers qui se trouve devant elle. Désormais, elle ne peut plus s'autoriser à faire sa jeune Dame en devenir et se doit de se comporter comme une enfant de son âge. Très vite, elle prend le pot de crayons et regarde la couleur de chacun afin de faire un premier choix. D'ailleurs, celui-ci se fait très vite connaître puisque la fillette attrape un bâton taillé de couleur vert. Pendant ce temps, Celle qui a mise Kurando au monde poursuit sa conversation avec Karin.

- Je sais que cela va vous paraître étrange mais avoir des femmes sous ce toit me fait le plus grand bien.

- Vraiment ?

- Oui. Même si je partage mon existence avec mon fils et que j'aime cette vie, ne pouvoir me nouer d'amitié avec les femmes qui vivent dans ce village me pèse beaucoup.

- Elles vous rejettent ?

- Malheureusement et mes pouvoirs doivent y être pour beaucoup. Dans un sens, je ne peux leur en vouloir car j'agirais probablement de la même façon.

Karin est touchée de la détresse sociale de celle qui se trouve en face d'elle et rapidement, une idée germe dans son esprit. Bien sûr, l'épéiste s'empresse de la partager afin d'avoir son avis.

- Que direz-vous d'une promenade dans le village dans le cours de l'après-midi ?

- Vous êtes sérieuse ?

- Ai-je l'air de plaisanter ?

La maman de Kurando regarde Karin droit dans les yeux et se rend compte que cette dernière ne dit que la vérité. Cette attention lui fait un bien fou et bizarrement, son cœur semble plus léger.

- Ca sera avec plaisir et je sais déjà que je serais heureuse à être votre guide.

- Dans ce cas, je vous laisse choisir l'heure à laquelle vous voulez commencer cette balade.

- Treize heures, cela vous convient ?

- Avec joie.

De son côté, Anastacia pose son crayon sur son premier dessin et lève la tête pour s'adresser à la femme.

- Je pourrais venir moi aussi ?

- Si vous voulez mais dépêchez-vous de faire plein de dessin que je puisse les accrocher sur les murs de ma maison.

- C'est pour cette raison que vous voulez que je dessine ?

- Oui car j'aime beaucoup les dessins venant d'enfant et comme vous avez pu le deviner, Kurando n'est plus en âge de m'en faire.

De ce fait, le jeune héritière ne s'attarde pas une minute de plus et se remet très vite au travail afin de faire plaisir à celle qui l'héberge.