Disclaimer : Cette histoire ne m'appartient pas. C'est une traduction de la fic éponyme de Onelife01. Les personnages appartiennent à J.K. Rowling.

Note : Tous les commentaires laissé seront transmis à Onelife01.

Mending The Hardest Of Hearts

Prologue : Triste avec ce que j'ai perdu

« D'après Elisabeth Kubler-Ross, quand on meurt ou qu'on subit une perte importante, nous passons tous par cinq phases distinctives de la douleur. On passe par le déni parce que cette perte est tellement impensable que l'on ne peut pas imaginer que ce soit vrai. On est en colère contre tout le monde, contre les survivants, contre nous même. Après, on négocie. On supplie. On implore. On offre tout ce qu'on a, on offre nos âmes en échange d'un seul jour. Quand les négociations ont échouées et que la colère est trop dure à entretenir, on tombe dans la dépression, le désespoir, jusqu'à ce que finalement nous acceptons que l'on a fait tout ce que l'on a pu. On laisse aller. On laisse aller et acceptons »

-Meredith Grey, Grey's Anatomy, Saison 6 épisode 1.

Cinq ans étaient passés, mais c'était comme s'il était mort la veille.

Quelle importance si 1826 jours avaient défilés depuis ce jour fatidique de la Bataille de Poudlard, le 23 Juillet où la guerre avait pesée sur les épaules de la communauté pour le pire. Je ne voyais plus le monde magique que j'avais appris à aimer nulle part, ni dans les endroits en reconstruction qui s'étendaient à tout le pays, ni dans les cœurs des personnes qui avaient perdu tellement dans leur engagement aux coté des victorieux.

La Guerre des Survivants, comme elle devait être connue dans les nouveaux livres d'histoire, affrontant le camp du bien avec Harry à sa tête contre les forces du mal de Lord Voldemort, avait décimé, autant dans la population sorcière que moldue, des milliers de personnes. Cinq ans plus tard, les corps s'entassaient toujours dans les morgues de Londres, les avis de disparitions humaines continuaient de faire la une des journaux, qu'importe quel coté était la victoire. Harry avait vraiment été à la hauteur de son héritage, prouvant que l'amour pouvait faire tellement plus que ce qu'on aurait pu penser. Harry, dans la bataille qui avait été son existence toute entière, avait été le dernier à rester debout quand le Lord Noir était devenu néant sous ses yeux sur le sol de Poudlard.

Pourtant, ça n'avait que peu d'importance qu'il ait sauvé le monde sorcier, ses habitants n'avaient pas fait le deuil de leurs pertes. De Fred à Lupin, à Rogue, l'Ordre avait perdu tellement de ses meilleurs sorciers pour le plus grand bien. Les blessures étaient encore fraîches et les fantômes de leur présence s'accrochaient encore à chacune et chacun d'entre eux.

Ron.

De loin la personne qui me manquait le plus d'entre tous.

Étrangement, qu'importe combien il était nonchalant, Ron était toujours courageux. Il n'était pas mort en vain, en protégeant Harry pendant une fraction de seconde durant la bataille contre Voldemort, il avait péri de la baguette de son plus grand ennemi. Le dernier acte de défiance de Voldemort sur cette Terre. Une vie pour une vie n'avait jamais paru plus vrai.

Les six premiers mois ayant suivi son décès avaient été tout à fait insupportables. Catatonique, je me rappelle m'endormir dans son ancienne chambre pendant des semaines de suite, regardant à tour de rôle les murs tapissés de joueurs des Cannons de Chudleys et les photos éparpillées de nous deux en compagnie de Harry, de notre toute première année aux funérailles de Dumbledore. Je n'étais pas toujours seule même en restant dans sa chambre. Le plus souvent, Harry me rejoignait et ensemble, on trouvait un peu de réconfort dans les souvenirs de Ron et de ses pitreries. Des histoires partagées dans les heures les plus noires de la nuit, et quand le matin se levait finalement, il nous trouvait étendu sur le sol de la chambre de Ron dans nos sacs de couchage, les yeux toujours embués. On ne pouvait pas croire qu'il était parti. Je ne pouvait pas croire que je l'avais perdu pour toujours. Cela ne faisait aucun sens.

Peu importe combien j'ai tourné sa baguette entre mes doigts, attendant toujours qu'il saute dans les escaliers en la cherchant, cela n'est jamais arrivé.

Le fait qu'il ne se soit jamais montré dans aucun des endroits où nous avions l'habitude de traîner durant nos temps libres à l'école me tuait. Regarder derrière moi était devenu un tic que je ne devais pas seulement à notre chasse aux horcruxes, mais aussi partiellement à la possibilité de voir Ron marcher derrière nous. J'ai ainsi évité, pendant longtemps, Honeydukes, la boutique de bonbons de Pré-Au-Lard depuis que je l'imaginais transplaner dans chaque allée. Je marchais jusque là. Son air ravi apparaissait ensuite dans mon esprit, suivi par son habituel « Dépêches-toi 'Mione ! ». Alors au lieu de me transformer en fontaine au milieu d'un ennuyant après-midi, je résolu d'éviter entièrement le village.

Ces dérobades me devinrent rapidement frustrantes et penser à toutes ces choses que Ron ne ferait plus jamais avec aucun d'entre nous ne me faisait ressentir que du ressentiment. Quel droit avais-je d'apprécier tel plat ou telle boisson particulière quand le seul garçon que j'avais aimé plus que tout sur cette Terre, en dehors de Harry, m'avait laissé pour ne plus jamais revenir ? Inconsciemment, je mangeais moins, me contentant de me souvenir de Ron. Peut-être que c'était ridicule mais je ne pensais assurément pas ainsi à l'époque. Cela me semblait juste et que je continue de vivre après sa mort me semblait être une idée intolérable. Quoique je me limitais d'un coté, de l'autre, je me laissais aller à revoir, comme un disque rayé, les derniers moments avant sa disparition.

J'aurais dû faire quelque chose pour l'arrêter avant qu'il ne se fasse tuer. N'importe quoi.

Les scénarios tournaient dans ma tête au milieu de la nuit pendant que les « Et si... » devenaient mes compagnons nocturnes. Harry disait que je me flagellais moi-même sans raison à ce propos, il n'y avait rien que je pouvais faire, mais Harry avait tort lui aussi. Ruiner mon cerveau pour trouver des options m'apparaissais comme la chose la plus logique à faire et c'était exactement ce que je faisais la plupart du temps à chaque fois que mes parents ou les Weasley me surprenaient le regard perdu dans le vide. Mais même en m'arrachant les cheveux d'exaspérations, j'étais dans l'incapacité de ramener Ron. Qu'importe combien je souhaitais que les choses aient tournées différemment, espérant sans raison son retour.

Durant ces après-midi rageants passé avec les genoux contre la poitrine pendant que les idées tournoyaient, j'aurais aimé parfois, me laisser finalement aller dans les abysses de ma douleur. Les plans ne seraient plus mis au point en y faisant prévaloir la survie de Ron, je donnais simplement dans la tristesse accablante qui me consumait. Cédant le contrôle à mes doutes et à mon dégout de moi-même, j'aurais ensuite voulu me dissoudre dans mes larmes en me demandant pourquoi il devait nous être enlevé ainsi et pourquoi ne pas m'avoir pris à sa place. Désormains, plus rien n'avait de sens sans sa présence.

Pourtant, Dieu ou qui que ce soit là-haut, ne faisait jamais de compromis. Jamais il ne le ramena ou ne réécris l'histoire. Harry était aussi impuissant que moi, et pendant ces moments-là, il me prenait dans ses bras, tapotait maladroitement ma tête et me murmurait encore et encore que le sacrifice de Ron n'avait pas été vain et qu'en soi, il les avait par-là même tous sauvés. Il était mort en vrai héros et, qu'en sa mémoire, nous devions continuer à vivre. Il aurait voulu que nous le fassions. Je ne croyait qu'à moitié ce qu'il me disait, pensant que ce n'était que des petits rien, mais avec le temps, la raison m'avait rattrapée.

Je pouvais pleurer à tout ce que j'avais perdu, passer ma vie à le faire, mais rien, vraiment rien, pas même la magie ne pourrait ramener les morts à la vie. D'après les mots de Harry, la seule chose qu'il ne restait à faire était de faire honneur à sa mémoire en retournant aux vivants.

Mais comment faire le deuil de sa mort et continuer à vivre était la seule question à laquelle je n'avais, pour la première fois, aucune réponse.