Chapitre 2 : Il y a quelqu'un ?

Si je suis jugé sur la vie que j'ai vécu

Et si le Paradis n'est pas aussi indulgent

Je m'en fiche parce que je ne connais personne là-bas

The Script, Anybody There

Conduire jusque Bon Temps dans ma voiture de location, fenêtres ouvertes, me faisait me sentir bien. Libérateur même. Oui, j'étais loin de chez moi, livrée à moi-même en Amérique, mais une telle distance était un soulagement. Je savais mieux que quiconque que j'étais partie pour voir d'autres paysages. Le projet qui m'avait amenée ici ne serait qu'une distraction. M'adapter aux manières du sud, bien éloignées de mon éducation anglaise, serait certainement un défi intéressant. De telles penses à propos de ce nouveau monde qui m'était ouvert tournoyèrent dans mon esprit durant les trente minutes de trajet entre l'aéroport Louis Armstrong et le Merlotte où je rencontrais Sam Merlotte. Il possédait non seulement le bar mais aussi quelques appartements, ou petites maisons comme il disait, que l'on pouvait louer en ville pour un bon prix. De retour à la maison, je fis quelques recherches et, à moins de vouloir vivre dans une chambre de motel, louer l'un de ces appartements me semblait la meilleure solution.

Après avoir vécu des mois dans une tente, j'avais l'impression que faire des folies en louant une petite maison était parfaitement justifié.

Ma première impression de Bon Temps, après avoir pris la sortie d'autoroute 167 et avoir tourné à droite à Morrow Street, n'était pas franchement excitante. Je pouvais compter le nombre de boutiques que j'avais croisées sur le chemin sur mes deux mains. La ville s'avérait être bien différente de la banlieue soignée dans laquelle j'avais vécue toute ma vie. Les panneaux d'affichages disséminés le long de la route principale et faisant de la publicité pour des articles anti-vampires étaient également un indice majeur que je n'étais plus en Angleterre. Nous avions juste eu des nouvelles de la Grande Révélation après tout. Je me demandais combien de temps cela prendrait pour nos gouvernements moldus et magiques pour suivre la voie tracée par la Ligue Américaine des Vampires et mettre en place notre propre amendement pour les droits des vampires. Mais si ma mémoire était correcte, le monde allait finalement suivre le chemin laissé par l'Amérique. Qu'importe que le monde magique ne soit pas préparé à accueillir de si dangereux individus.

Sagement coexister avec les moldus était une chose, mais vivre côte à côte avec les vampires et se respecter les uns les autres s'avérerait certainement plus difficile à accepter. La guerre avait appris beaucoup de précieuses leçons, une d'entre elles étant que les gens se basaient sur des préjudices, à moins de penser différemment. J'espérais que le climat de tolérance qui avait suivi la seconde grande guerre sorcière en Angleterre allait prédominer.

Mes rêveries furent cependant interrompues lorsque j'atteignais finalement le Merlotte, seul bar de Bon Temps. Et que qu'il soit seulement onze heures un lundi matin n'empêchait pas que le parking soit complet. Je finis tout de même par trouver une place derrière un pick-up noir pour me garer, remonter ma vitre pour finir par traverser à pied le parking dans la direction de l'entrée.

Dès que j'eus mit le pied à l'intérieur, l'odeur de la nourriture grasse et des épices m'assaillit les narines. La musique des années 80 qui était jouée n'échappa pas à mon observation du lieu tout comme les regards curieux que je commençais à susciter de la part de tout le monde présent. Les coups d'œil suspicieux étaient donc de mise. J'ignorais leurs regards du mieux que je le pouvais et finis par arriver au comptoir pour demander de l'aide à la fille qui servait les pintes de bières.

« Bonjour, je cherche Sam Merlotte. »

La jeune fille s'approcha, me regardant d'un air confus pour me demander « Vous avez dit Sam ? »

J'acquiesçais et elle marcha jusqu'au bout du comptoir pour crier dans le couloir menant à la cuisine « Sam, viens là ! Il y a quelqu'un pour toi ! »

Je n'eut pas à attendre longtemps, un brun hirsute habillé d'un tee-shirt gris et d'un jean ouvrit rapidement la porte située au bout du couloir et s'avança vers le bar.

« Tara, qu'est-ce que j'ai dit à propos de crier comme ça ? Viens juste me chercher ? » Répondit Sam à la fille qui m'avait aidée. Elle roula des yeux. Après sa remarque, Sam balaya rapidement les tabourets des yeux avant de me voir. Il s'approcha et nous nous serrâmes les mains.

« Salut, tu dois être Hermione » dit-il, massacrant mon prénom comme tant d'autres avant lui. « Content de faire ta connaissance. »

« Bonjour. Oui, je suis bien Hermione. Je suis là pour l'appartement n°12. »

« Bien, suis-moi. J'ai quelques papiers à te faire signer avant de pouvoir te donner les clés. »

Alors que je marchais à la suite de Sam en direction du bureau, je ne pouvais pas m'empêcher de remarquer que les gens ne s'étaient pas contentés de me fixer ouvertement mais qu'ils avaient aussi écouté. Oui, j'avais un accent anglais. Je n'étais pas d'ici. Ce devrait être suffisant pour satisfaire leur curiosité. Pour l'instant du moins. Les gens adoraient les ragots, spécialement dans les petites communautés, et j'incarnais la chair fraîche.

Le rendez-vous avec Sam ne dura pas longtemps, il me fit signer quelques papiers pour les six mois de location et ce fut tout. Amical mais pas jusqu'au point de me harceler avec ses questions. Je lui dis simplement que je faisais des études de journalisme et que j'étais ici pour ça. C'était plutôt proche de la vérité puisque j'allais effectivement faire des recherches et écrire pour un journal. Quant au sujet de ces recherches, il valait mieux le passer sous silence.

« Bien, je pense que tout est en ordre. Laisse-moi juste le temps de dire aux serveuses que je pars et nous irons voir ton logement. »

Après que Sam ait fini de régler les derniers détails, je suivis son 4x4 jusqu'à ma nouvelle maison. Mon premier appartement. J'avais passé toute ma vie à vivre chez mes parents, à rester à Poudlard pendant l'année scolaire ou à passer les vacances au Terrier. Je n'avais donc encore jamais vécu seule à proprement parler. J'attendais ce moment avec impatience.

Pas de renflements et pas de vêtements sales éparpillés sur le sol. Tout serait en ordre.

Juste comme je l'aimais.

Depuis le Merlotte, ça avait pris moins de dix minutes pour atteindre Ellenwood Drive où nous nous sommes garés tous les deux en face d'un petit groupe de petites maisons blanches en bois. Il n'y avait rien de fantaisiste, juste une cuisine, une salle de bain et une chambre organisée comme un salon. Sam m'informa qu'un imprévu avait fait que les précédents locataires étaient partis à toute vitesse en laissant les meubles, ce qui expliquait que je n'ai pas à en acheter. Il répondit à toutes mes questions, me tendit les clés et retourna travailler. S'il y avait quelque problème que ce soit, je savais où le trouver.

Après avoir traîné ma valise jusqu'à la porte d'entrée et déballer mes vêtements et mon ordinateur portable, je fis une liste de tout ce que j'avais besoin d'acheter avant ce soir pour faire de cette maison la mienne. Étant donné que je ne connaissais pas le coin, je supposais que le supermarché jusqu'où j'avais conduis serait un bon endroit pour commencer mes emplettes. Premier article sur ma liste : l'air conditionné. Je n'atis pas habituée à une telle chaleur et si je ne voulais pas commencer à vivre dans la douche sous un jet d'eau fraîche, je devais trouver une solution. Les sorts de refroidissements ne pouvaient être posés qu'un certain nombre de fois par jour.

Au moment où je suis rentrée à la maison, la voiture était remplie de mes achats en linge, produits ménagers et aliments pour la semaine. Le décalage horaire m'avais finalement rattrapée et je ne pouvais m'empêcher de me sentir de plus en plus agitée. Mais je faisais de mon mieux pour ignorer combien je me sentais fatiguée de cette journée parce qu'elle n'était pas encore finie. M'installer n'était rien comparé à ma première visite au bar à vampire de Shreveport nommé le Fangtasia. Le jeu de mots à propos des crocs* ne m'échappa pas. (*ndlt : pour ceux qui ne le sauraientt pas, fang veut dire croc en anglais, d'où le jeu de mot sur fangtasia/fantasia.)

Je me demandais déjà quel genre de personne pouvait appeler son bar ainsi.

Apparemment, Eric Northman était ce genre de personne. Au moins, il avait gardé son sens de l'humour après avoir été transformé.

M. Northman et moi avions échangé un certain nombre d'e-mails avant même qu'il ne convienne de me rencontrer. Il était inutile de faire une voyage de centaines de kilomètres pour que je me vois refusée la permission de poursuivre mes recherches. Bien sûr, il était de notoriété publique que les vampires ne se mélangeaient en général pas avec les autres SurNats, loups-garous et sorcières arrivant en tête de leur liste d'ennemis. C'est pour cette raison que j'étais plutôt contente de ne pas appartenir à quelque groupe Wicca que ce soit. Heureusement, je n'avais pas dû donner trop de détails à propos de la magie que j'utilisais puisque M. Northman le savait déjà. Il m'avait dit avoir certaines connections dans le monde sorcier et était donc par conséquent assuré que je disais bien la vérité. Je n'étais pas si difficile à pister puisque chaque semaine mon nom se retrouvait sur toutes les une des journaux. Néanmoins, considérant combien le ministère de la magie était secret à propos de l'existence des sorciers, ce M. Northman avait des contacts très haut placé ou était vraiment très vieux et avait rencontré notre sorte de sorcier à un certain moment. Ou peut-être que c'était les deux.

J'étais curieuse de connaître la réponse mais vu la façon dont les vampires gardaient leurs secrets, je ne me serais jamais hasardée à demander.

Il aurait probablement ignoré ma question de toute façon.

M. Northman aurait peut-être ma gentillesse de m'inviter à parler de mon projet mais il ne semblait pas extatique à l'idée de ma présence dans sa zone. J'avais intérêt à ne pas faire de vagues si je voulais garder son appui.

Qu'importe le fait que le premier vampire que je rencontrerais soit réticent, j'avais tout de même hâte de rencontrer le Shérif de la cinquième zone. Je ne savais pas à quoi je devais m'attendre ce qui faisait que je me sentais à la fois excitée et terrifiée. Il n'y avait pas beaucoup de rencontres entre vampire et sorcier relatées dans les revues ou les livres. J'avais pourtant minutieusement cherché dans les bibliothèques de Poudlard et du Ministère pour quelques bribes d'informations relevant de ce genre de rencontre mais j'en étais ressortie les mains vides. Il y avait bien des mentions d'observations et de rencontres pendant le 19e siècle mais à l'exception des courants avertissements concernant la séduction et la soif, il n'y avait rien qui me permettait d'avancer.

J'étais particulièrement inquiète au sujet de ma capacité à me servir suffisamment vite de ma baguette pour me protéger.

Ne pas savoir si j'en étais capable n'était certainement pas rassurant. Le fait que m'ait assuré qu'aucun mal ne me serait fait puisque je rencontrais le Shérif ne voulait pas dire qu'il ne serait pas une menace. Je devais mesurer ma chance sans devenir stupide. Je m'assurerais de porter des bijoux en argent, juste au cas où, et de garder une chaîne en argent dans mon sac.

Ma baguette serait accrochée sur ma cuisse, cachée à la vue. C'était toujours plus facile à atteindre si elle était cachée dans une manche de ma chemise mais puisque la plupart de ces rendez-vous auraient lieu dans un bar à vampire, je me devais de m'habiller correctement. Ginny et moi avions fait du shopping exprès pour ce genre d'occasions où j'avais découvert les merveilles des robes que l'on portait dans ce genre de boîtes. Et le terme « robe » était vraiment un euphémisme pour ces petits morceaux de tissus que j'avais vu exposés. Si Ginny pensait que je me serais exposée pour quiconque, des vampires encore moins, vêtue du strict minimun, elle aurait eu d'autres pensées. Je ne voulais pas avoir le mot « appât » tatoué sur le front.

Cela avait pris du temps et beaucoup d'après-midi shopping, mais nous avions finalement trouvé ce que nous cherchions toutes les deux. Ginny m'avait convaincue que si je voulais m'intégrer le plus possible et rassembler les informations que je recherchais, je devrais m'adapter à l'environnement. Il n'y avait pas d'autres possibilités.

Une robe courte allait devoir faire l'affaire.

A des milliers de kilomètres de la modeste robe longue que je portais au bal du Tournoi des Trois Sorciers.

Ron serait probablement devenu écarlate s'il m'avait vu dans une tenue pareille.

Le temps que je déballe mes affaires et que je passe un coup de propre dans la chambre et à la salle de bain, c'était déjà presque la fin de la journée. Je décidais de revoir mes notes une dernière fois avant mon rendez-vous du soir avant d'aller prendre une douche. Dieu sait que j'avais vraiment besoin d'en prendre une. Je ne pouvais plus supporter le mélange chaleur/sueur qui me collait à la peau.

Je ne pouvais pas me rappeler la dernière fois que je m'étais autant pomponnée pour une soirée.

Après la fin de la guerre, j'avais seulement fais autant d'efforts pour les funérailles. Les soirées étaient un peu plus calmes, constituée la plupart du temps d'une soirée passé à manger quelque délicieuse nourriture et à boire de la bierre-au-beurre dans le jardin des Weasley entourée de tous mes amis proches. Les préparations pour la soirée de ce soir requérait autant d'efforts, des baskets et un sweat à capuche ne ferait probablement pas l'affaire.

Mais si M. Northman s'attendait à voir une héroïne de guerre habillée façon barbie passer sa porte, il s'était sérieusement trompé.

Je vacillerais sûrement du haut de mes talons sur le pas de sa porte à la place.

Comme toujours quand on attend quelque chose avec impatience, ça prend toujours des heures à arriver. Et a contrario, quand on ne veut pas que quelque chose arrive trop vite, les heures semblent passer plus vite. Ce soir ne dérogerait pas à la règle.

J'ai bientôt réalisé qu'il ne fallait plus que je tarde, puisque minuit n'allait pas tarder. Et je n'étais pas encore à Shreveport. Il était temps d'y aller ou le Shérif allait devoir m'attendre. Je ne voulais pas le mettre en colère à propos d'un retard à notre première rencontre, Dieu seul savant ce qui pourrait se passer.

Quelques minutes plus tard, j'entrais sur le parking du très connu Fangtasia, le bar à vampire où je mettrais un pied dans le monde vampirique et à partir de ce moment, il n'y aurait plus de retour possible. Bien que tout était en ordre et je sois à l'heure et prête à rencontrer celui qui serais ma liaison avec la communauté des vampires, j'étais toujours nerveuse. Je respirais avec difficulté, les mains accrochée au volant. Avais-je pris la bonne décision en venant ici ? Ou étais-je juste incroyablement stupide ? J'allais rencontrer les vampires pour l'amour du ciel !

Ce n'étaient pas des elfes de maisons pour qui vous pouviez tricoter un chapeau.

C'étaient des créatures assoiffées de sang qui ne reculeraient devant rien pour vous arracher la gorge.

Mais j'en avais besoin. Pour la première fois depuis des mois, je n'étais pas inquiète pour les personnes que j'aimais et qui avaient disparues pendant la guerre. Je ne me sentais pas comme une coquille vide sans eux. J'étais nerveuse mais excitée en même temps. Ce sentiment ressemblait à ceux que j'éprouvais quand Harry, Ron et moi brisions les règles en essayant de sauver le monde. C'était exaltant de ne pas connaître les réponses pour une fois. De ne pas savoir ce qui pourrait arriver dans les prochaines minutes, les prochaines heures. Je devais juste croire en mes compétence magiques et prier pour ne pas rencontrer un jeune vampire qui ne pourrait pas se contrôler et ne pourrait me parler avant de m'avoir vidé de mon sang. Ou pire, qui me briserait le cou en un clin d'œil. En théorie, je pouvais rejoindre le bureau de M. Northman avant qu'une telle chose n'arrive. Je ne pouvais juste pas penser autrement.

J'ai donc posé ma tête sur le volant pendant quelques secondes, respirant l'air frais passant par la fenêtre ouverte.

Je m'étais promis que je ne rentrerais pas dans ce bar nerveuse.

Je ne pouvais pas m'inquiéter pour ma tranquillité d'esprit et en même temps surveiller mon environnement. C'était aller au-devant des ennuis.

Une fois assez calme pour affronter une telle situation, je sortis de la voiture et avançai vers l'entrée. Une fois-là, j'attendis derrière les deux autres filles qui attendaient qu'une grande femme habillée de cuir (…). au premier regard, cela ne ressemblait même pas à un vêtement ais plus à une tenue peinte à même la peau.

Sortir en boîte dans un bar à vampire ? Bien sûr, tous les vendredi soir.

Mon tour vint plus juste que je ne l'aurais souhaité et je m'approchais précautionneusement de la femme qui tenait lieu de videur. Avant que je ne puisse sortir mon permis de conduire, elle pencha la tête sur le côté, m'étudiant et me dit « Vous êtes à croquer Miss Granger ».

Je tendis la main pour lui serrer, par politesse, mais ça ne devait pas être le protocole car elle se contenta de la regarder avec dégoût. Les vampires ne seraient pas la main. Bon à savoir.

Elle continua de me regarder en silence. M'évaluant. Je ne savais pas quoi faire mais rester immobile ne me paraissait pas une mauvaise idée. Et c'est ce que je fis, attendant anxieusement qu'elle fasse quelque chose. N'importe quoi.

« Bienvenue au Fangtasia Miss Granger. Je suis Pam. » me dit-elle avec un sourire condescendant. « Eric vous attendait. Vous devriez le trouver à l'intérieur. ». Et elle me laissa entrer sans émettre un commentaire de plus.

J'entrais rapidement dans le bar, préférant ne pas m'attarder seule avec elle dans le parking vide. J'étais crispée à l'idée de rester à côté d'elle.

J'allais tenter ma chance à l'intérieur.

Le Fangtasia était certainement à hauteur de sa renommée. Le rouge sang recouvrait les murs et les grandes chaises de cuirs dispersées autour des tables disséminées dans la pièce. Et ce sans mentionner les deux petites scènes pour les danseurs. Des vampires, d'après leur apparence. Ils bougeaient trop vite pour que je puisse saisir chacun de leurs mouvements. La musique retentissait grâce aux enceintes, rendant tout cheminement de pensées difficile et encore plus toute question de direction quant à l'endroit où se trouvait Eric Northman. Le club était bondé et tout ce que je pouvais voir en face de moi était des personnes buvant au bar ou se frottant les unes aux autres sur la piste de danse. J'espère que l'on ne me demanderait pas de faire l'un ou l'autre avant la fin de la nuit. Je n'avais pas envie de me rapprocher autant et aussi vite d'un parfait inconnu et boire de la bierraubeurre n'était certainement rien comparé à boire de la vodka ou de la tequila. J'avais besoin de tous mes esprits si je voulais convaincre le Shérif de participer à mon article hebdomadaire.

L'entière surface au sol était une gigantesque masse de corps mouvants, rendant ma recherche du vampire compliquée. Mais mes espoirs reprirent un peu de vigueur quand je levai les yeux de la foula. Il n'y avait qu'une personne dans le bar qui semblait faire bien peu comparé aux autres. Pendant que la plupart des personnes présentes était trop occupée à danser, boire, s'embrasser ou à exécuter une combinaison de ces activités, un grand blond était assis sur un grand trône d'or, une expression de profond ennui sur le visage.

Il avait de courts cheveux plaqués en arrière et était tout de noir vêtu, accentuant encore la pâleur de sa peau. Il portait un débardeur en dessous d'une veste en cuir brodée pendant que ses jambes visiblement étaient étendues devant lui, habillées d'un pantalon noir. J'aurais sûrement l'air minuscule à côté de lui. Ses bras reposaient sur les accoudoirs et s'il n'y avait pas ses doigts qui tapotaient le velours rouge à intervalles réguliers, j'aurais pu penser que c'était une statue de marbre.

Ce devait être Eric Northman.

Et il savait que j'arrivais car, dès que j'avais focalisé mon attention sur lui, il avait immédiatement dirigée la sienne vers moi. Mais ce n'était pas le seul puisque je fus bientôt accostée par quelqu'un d'autre, avant même que je puisse faire un pas vers le Shérif. Un Homme avec de longs cheveux bruns qui portait une veste en cuir ouverte sur sa poitrine nue me bloquait le passage.

« Salut poupée, envie d'un verre ? » me dit-il, sortant ses crocs et m'adressant un sourire diabolique.

Mon rythme cardiaque décolla rapidement mais je répondis simplement « Non, merci, je ne suis pas intéressée. »

Et je le laissais planté là.

J'avais une affaire à mener et je n'avais pas besoin de distractions. Mais le temps que je m'éloigne du premier vampire qui avait dénudé ses crocs devant moi, j'avais tôt fait de réalisé qu'une fois encore, je faisais bien plus attention que je le souhaitais. Le club complet ne me fixait pas parce qu'il y avait toujours beaucoup des clients qui dansaient la tête ailleurs ou embrassaient avidement qui ils voulaient, mais un couple d'entre eux se tenant au bord de la foule me suivait des yeux.

Je ne savais pas si je devais déjà prendre peur ou attendre encore un peu.

Je hâtais le pas vers la scène et glissais subrepticement mes mains vers ma cuisse, juste au cas où l'un d'entre eux osait s'approcher plus près.

Ils rencontreraient ma baguette d'abord.

Je levais les yeux vers le trône et vis qu'Eric était toujours orgueilleusement assit, ne faisant pas grand-chose d'autre que suivre mon chemin jusqu'à lui avec intérêt.

Avant de l'atteindre, je devais me frayer un chemin à travers la foule de filles dansant lascivement devant ses yeux. C'était choquant et me ferait certainement me sentir gênée. à la place, je gardais les yeux sur lui. Un petit sourire narquois trouva sa place sur son visage. Ce n'était pas compliqué d'en comprendre la signification.

Il était amusé de mon embarras visible.

Génial.

Oui, il était vraiment magnifique, même moi j pouvais le reconnaître mais il n'y avait pas matière à tomber à genoux devant lui et le supplier de nous mordre. Je ne parvenais pas à comprendre cette partie de la culture vampirique. J'attendis près du bord de la scène que la dernière requérante soit partie avant de m'avancer vers lui. Quand ce fut fait, je découvris qu'il avait déjà un mince sourire au bord des lèvres alors qu'il me détaillait effrontément de la tête aux pieds.

Mon sang bouillait.

Je n'étais pas un morceau de viande.

Et je ne serais pas un de ceux qui attendent que l'on fasse les présentations. Je voulais déjà que ce soit fini.

« Bonsoir M. Northman. Je suis Hermione Granger. Je suis ici pour la Gazette du Sorcier - »

« Je sais qui vous êtes » m'interrompit-il avant que je ne puisse donner d'autres détails. « Bienvenue au Fangtasia » continua-t-il d'une voix moins forte, ses yeux me transperçant. « Je suis content de finalement vous rencontrer, l'héroïne de la guerre anglaise à en croire ce qui se dit. »

Je ne marquais pas de pause pour penser et lui répondit simplement « Oui, c'était en effet une guerre et j'y ai joué mon rôle. »

« Très bien alors. »

« J'ai juste fait ce qui avait besoin d'être fait » furent les seuls mots que je fus capable de trouver. »

« Bien sûr. Pourtant, certains pourraient dire que vous n'étiez que des enfants combattant dans une guerre d'adultes. »

Mais pour qui il se prenait ?

Je n'avais pas besoin de justifier mes actions devant lui.

Mais avant que je puisse le lui dire, il se leva de son siège, me dépassant même avec mes talons hauts et me dit que nous nous entretiendrons dans son bureau. Je le suivais donc immédiatement, la foule se séparant comme la mer rouge devant lui. Pas besoin de se demander pourquoi il était aussi présomptueux, tout le monde semblait le traiter comme un roi par ici.

Plus de filles cherchèrent à capter son attention sur le chemin pendant que j'envoyais des regards noirs.

Je ne me ferais pas de nouveaux amis ici, c'était certain.

Nous sortîmes de la partie bar et atteignîmes vite une grande porte noire. Son bureau à mon avis. Eric entra et, après que je l'eus rejoins, il ferme la porte. Mon cœur était à nouveau emballé et je croisais les doigts de ne pas avoir mal jugé l'entière situation. Que je ne m'étais pas moi-même apportée sur un plat d'argent.

J'atteignis le bas de ma robe.

Et Eric était sur moi, me dominant en un instant et saisit mes poignets, empêchant n'importe quel autre mouvement.

« Hermione, vous n'avez pas besoin de penser à ce que vous pensez. » murmura-t-il dans mon oreille.

Mes yeux étaient néanmoins posés sur son visage, attendant que ses crocs sortent d'une minute à l'autre.

Mais ils n'apparurent jamais.

« Comment je peux le savoir ? Comment m'assurer que vous n'allez pas me blesser ? »

Il tint mes mains encore quelques secondes, puis me relâcha et retourna lentement vers son bureau. Me montrant qu'il ne me voulait pas de mal.

« Commençons voulez-vous ? »

Je gardais mes yeux sur lui, ne clignant pas et m'approchait lentement de la chaise qu'il me désignait. Pourtant, juste m'asseoir et détendre mes pieds douloureux me fit me sentir au paradis, mon dos était raide et j'étais sûre que si Harry m'avait vue, il m'aurait dit que j'avais l'air d'une idiote. Je n'étais peut-être pas un vampire d'un mètre quatre-vingt-quinze mais j'étais l'une des sorcières les plus brillantes de mon âge et je n'allais pas me laisser intimider par qui que ce soit.

Je regardai Eric s'asseoir dans sa chaise de cuir noir, se pencher et dire :

« Alors Hermione, je comprends ce que je peux faire pour vous. Mais qu'allez-vous me donner en échange ? »

Un marché. Il voulait un marché.

Merlin, je venais juste de passer la porte et nous parlions déjà affaires. Et bien, bonjour les complications.

Et si le sourire narquois qu'arborait Eric était une quelconque indication pendant qu'il me fixait dans ma confusion bien mal cachée, il savait qu'il avait gagné le premier round. Mais j'avais toujours aimé une bonne énigme et il était personnification de tant de choses alors que mes yeux bruns défiaient ses yeux bleus questionneurs.

Note de la traductrice :

Le prochain chapitre n'est pas en ligne coté fic originale. Je ne sais donc pas quand la suite sera publiée.