Voici la suite tant attendue (ou pas... :p ) de At first sight avec les aventures de Véga!

Je ne crois pas que la lecture de mon autre fic soit obligatoire pour lire celle-ci mais ça ne peut pas faire de mal – elle n'est même pas longue en plus – et ça aidera à la compréhension de bon nombre de trucs! (Par ailleurs, j'ai rajouté d'infimes détails sur At first sight pour aider à la cohérence.^^)

Pour cette fic, je n'ai aucun plan et aucune fin définie; j'entrevois seulement les fils de l'intrigue dans ma tête et ça va s'éclaircir au fur et à mesure que j'écris! Par contre, ce sera bref, genre une dizaine de chapitres max et mes chapitres seront relativement courts (±1500 mots) comme d'habitude pour ceux qui connaissent mon style d'écriture. Je ne sais trop quels délais de publication j'aurai : je suis en pleine session universitaire là. :s (J'essaierai que ce soit rapide néanmoins; j'avais pondu les dix chapitres de At first sight en deux mois!)

Et, bon, pour le rôle de Véga; je vois Megan Fox! (La photo en cover vient de l'avant-première du film Jennifer's body en 2009.)

DISCLAIMER : le monde potterien ne m'appartient pas, il est la création de JK Rowling, mais le reste oui!

Enjoy! :D


Prologue

POV Véga :

J'ouvre la porte sur l'allée fleurie, ensoleillée de cette journée de Juillet.

- « Maman, je vais au village! » que je lui crie en sortant.

Je n'ai aucune idée si elle m'a entendue. Probablement pas : ma mère vit dans son monde, sa bulle, dans laquelle je n'ai jamais pu entrer.

En fait, elle n'a pas toujours été comme ça – je me rappelle de tous nos moments complices, on était assez proche dans ma jeunesse et je n'avais qu'elle, mon père étant décédé à un âge tendre – complètement déconnectée de la réalité, c'est ce qu'elle est maintenant, et j'ai tout tenté pour la ramener. Vraiment. Ou pour me glisser dans sa vision. En vain. Depuis ce jour d'été il y a cinq ans, où elle a éclaté en sanglot inexplicablement en lisant le journal, plus rien ne l'atteint.

Et quand je dis rien, c'est rien. Elle est juste vide. Elle fait tous ses gestes quotidiens avec automatisme, sans être réellement là, sans âme. Elle m'a répondu « ça ira » ce jour de crise, mais elle s'est clairement trompée dans son temps de verbe…

Et ça fait vachement peur… Enfin, ça me faisait vachement peur. Maintenant, je suis juste nostalgique de ma vie d'avant – celle avant l'été de mes 17 ans, celle avant que je perde ma mère sans la perdre corporellement, celle avant que je devienne une orpheline non-officielle – et j'ai une curieuse envie de pleurer chaque fois qu'elle se perd dans mes yeux. Ce qui arrive quasiment tout le temps.

J'ai essayé de comprendre. Bien sûr, elle ne m'a rien dit; aussi bien adresser ses questions à un mur. Je pense qu'elle n'a même pas eu conscience de mes questions. J'en ai conclu qu'elle a dû connaître ce « Sirius Black » – le journal mentionnait sa mort – dans sa vie passée d'où son état de choc. Et elle avait dû le rencontrer à Poudlard; elle me parlait souvent de cette école quand j'étais jeune en ne tarissant pas d'éloge.

D'ailleurs, elle n'a jamais voulu que j'y étudie. J'ai fait toute ma scolarité à Beauxbâtons et, dans ma jeunesse, je croyais que c'était pour que je sois plus près d'elle – on habite un petit cottage à Genève – mais depuis ses larmes, son dernier signe d'émotion, je doute un peu sans trop savoir pourquoi.

Bref, après avoir profité du chaud soleil quelques minutes – et médité sur l'état de ma mère – je transplane dans la rue principale de notre petit village sorcier. J'y suis née et mon père y est mort. Mon père que le clan de gitans de ma mère n'aimait pas, la forçant à se séparer d'eux; elle était trop fière pour retourner les voir en tant que mère monoparentale ensuite! Et mon père n'avait pas de famille. Sa version. De laquelle j'ai extrapolé des masses par la suite faute de détails.

J'entre bientôt dans le petit café où j'ai un emploi temporaire de serveuse. Ce que je veux, c'est un emploi qui touche de près ou de loin la métamorphose – ma grosse passion – j'attends juste ma chance, une opportunité de carrière. En attendant, il faut bien vivre! Et c'est cool; j'aime bien mon petit travail ici et être en contact avec les gens m'est agréable.

- « Salut Jim! Salut Adam! » lancé-je aux clients habituels, déjà attablés au bar.

- « Salut poulette! Tu es en beauté aujourd'hui! » me dit Adam tandis que je passe derrière le comptoir et mets mon petit tablier.

- « Parce que d'habitude non? » dis-je au vieux retraité avec un clin d'œil.

- « Chaque jour tu embellis, c'tout! » me sourit-il.

- « Hey, Véga, tu as vu la petite annonce dans la gazette? Il cherche un professeur en métamorphose à Poudlard l'an prochain! » me lance Jim par-dessus son exemplaire.

- « Pour vrai? »

La voilà. C'est ma chance.

[…]

J'ai rendez-vous avec la directrice Minerva McGonagall dans une heure.

Suite à l'annonce de Jim, j'avais postulé au poste enseignant sans délais et obtenu un entretien d'embauche dans le courant de la semaine.

Je transplane dans le petit village de Pré-au-Lard. Je flâne dans les rues relativement calmes et quinze minutes avant mon rendez-vous, je me dirige vers le château. En arrivant devant le portail, je suis statufiée par la majesté des lieux. Je sais que des travaux de restauration y ont été appliqués à la fin de la guerre trois ans auparavant, mais je ne peux dire quelle partie a été rénovée tellement l'homogénéité est parfaite : tout y est magnifique! Même l'herbe l'entourant semble plus verte.

Interrompant ma stupeur admirative, une femme à la chevelure grisonnante s'avance vers la grille.

- « Miss Djuric? » me demande-t-elle avec un mince sourire.

- « Oui! Madame…? » réponds-je en souriant.

- « McGonagall. Nous sommes en plein été, il y a peu de personnel pour accueillir les visiteurs » me dit-elle en ouvrant la porte grillagée.

- « Sûrement! Vous en avez de la chance de vivre dans ce château durant toute l'année, je ne m'en lasserais pas! » dis-je admirative pour entretenir la conversation pendant qu'elle remet les sortilèges de protection en place.

Je vois la directrice me regarder bizarrement tandis que nous nous dirigeons vers la porte d'entrée.

- « Mmm. J'aurais cru qu'une nomade ne saurait apprécier le fait de rester toujours au même endroit. Oui, j'ai connu votre mère Francesca; elle était dans ma maison » me dit-elle répondant à ma question muette.

- « Ma mère et moi sommes sédentaires maintenant, elle a rompu tout lien avec son clan de gitans! D'ailleurs, j'ai fait tout mon cursus à la même école, à Beauxbâtons! »

On entre à l'intérieur. Je ne peux empêcher mes yeux éblouis de voguer d'un détail à l'autre.

- « Je vois. Vous connaissez un peu Poudlard? »

- « Ma mère m'en a souvent parlé et j'ai lu l'Histoire de Poudlard! » réponds-je, un peu fière de moi.

- « Vous connaissez donc le fonctionnement de l'école, le principe des maisons et tout? »

- « Il me semble! J'imaginais… L'intérieur est seulement tellement plus… plus… » dis-je sans mot.

- « Je sais » me dit-elle avec un sourire de fierté. « Mistigris »

La gargouille devant laquelle elle dit ce mot s'écarte et révèle un escalier en colimaçon. Nous y montons et arrivons dans une pièce circulaire remplie d'objets hétéroclites.

- « Bien, bien! Alors, le professeur de métamorphose des trois dernières années vient de démissionner. Le poste vous intéresse? »

Bien que je sache la question rhétorique, je rétorque un « oui » flamboyant.

- « J'ai apporté avec moi tous mes relevés de notes du ministère ainsi que ma déclaration de forme animagus! »

Son sourire s'agrandit :

- « Vous vous transformez en quoi? »

- « En malamut! »

- « … »

- « Un chien! »

- « Bien sûr, bien sûr! »

- « J'ai également en ma possession des lettres de recommandations de mes différents professeurs/patrons de stage prouvant mes compétences en métamorphose – »

- « Vous… Tu as le poste » me coupe-t-elle.

- « Pardon?! »

- « Oh, il va de soi que la fille de Francesca et Sirius soit plus que compétente dans cette matière! J'étais seulement curieuse en recevant votre hibou, je l'avoue, mais là je suis complètement sous le charme! »

- « … »

- « Vous ne saviez pas? » pâlit McGonagall en voyant mon visage se décomposer « vous lui ressemblez tellement… » ajoute-t-elle.

Je suis… statufiée; j'en ai perdu la largesse de mon vocabulaire. Je n'arrive pas à entrevoir tout ce que cette révélation m'apprend. Je… je… Sirius Black est… mon père? Tout s'embrouille dans ma tête…

- « … Oui, Phineas, il s'agit bien de votre arrière-arrière petite-fille » entends-je la directrice dire d'une voix douce.

Je me tourne et je vois qu'elle s'adressait au portrait d'un vieux sorcier à l'air altier, et plutôt mesquin, vêtu de vert. En ce moment, bien qu'il ne sourit pas, je vois une étincelle de joie dans son regard et, d'une voix ombrageuse, il me dit une phrase.

Cette phrase que j'entends pour la première fois – mais non la dernière à mon malheur – prononcée par un potentiel membre de ma famille, résonne en moi tel un écho amplifié à chaque battement de cœur :

- « Vous avez les yeux de votre père. »