Je sais, je sais. Cela fait bientôt deux mois que je n'ai pas publié de chapitres de 'Melody of the silence', mais il fallait absolument que je commence cette fic. C'est le destin qui l'a voulu, ce n'est pas ma faute. u_u

Me voilà donc cette fois-ci avec une petite fic à chapitres sur le passé de Roy. Je me doute que ce domaine a déjà été exploité, et certainement mieux que moi, mais n'hésitez pas à vous faire votre propre avis. Sur ce, je vous laisse tranquille avec mon blabla inutile et vous souhaite un bonne lecture.

Au fait, je pense que je publierai un chapitre toutes les deux semaines.

Rating: K+

Disclaimer: les personnages de fullmetal alchemist et leur univers ne m'appartiennent pas, ils sont l'œuvre de la fantastique Hiromu Arakawa


« Le chevalier rassembla alors tout son courage et brandit son épée haut dans le ciel. Puis, il trancha d'un coup la tête du méchant dragon noir qui mourut dans d'atroces souffrances avant d'aller en enfer car il avait été très vilain. Et c'est ainsi que, grâce à la bravoure du preux guerrier, la belle princesse fut délivrée et...

- Maman ! »

La jeune femme leva les yeux du livre pour enfants et regarda son fils avec étonnement. Le petit garçon se tenait accroché à son pull et la fixait de ses yeux d'un noir profond. Elle eut un sourire en pensant que l'enfant avait le même regard pétillant que son père. La même couleur d'yeux aussi. Pour le reste, on pouvait dire qu'il ressemblait surtout à sa mère. De ses cheveux d'un noir de jais aux traits fins de son visage, tout en lui ramenait à la beauté de Sélina Olway. Cette dernière sourit tendrement à son fils avant de lui demander d'une voix douce :

« Que se passe-t-il Roy ?

- Elle ressemble à quoi la belle princesse de l'histoire ?

- Et bien, réfléchit Sélina, qui ne s'attendait pas à une telle question, cette princesse est la plus belle femme du monde et…

- En voilà des bêtises ! »

Roy et sa mère se tournèrent vers l'homme qui venait d'entrer dans la chambre. Ce dernier se dirigea vers sa femme et son fils et les embrassa avec tendresse, ses cheveux châtains se mêlant aux mèches corbeaux des deux autres. Roy, resté dans les bras de la femme, observa son père d'un air surpris.

« Elle n'est pas belle la princesse papa ?

- Certainement pas aussi belle que ta mère, Roy, lui sourit Basil Olway. La plus femme du monde, c'est moi qui l'ai épousée. C'est elle ma princesse.»

Sélina rougit légèrement tandis que Roy se demandait comment la belle princesse du conte avait fait pour sortir du livre et devenir sa mère. Heureusement, la jeune femme se pencha vers lui, expliquant avec douceur:

« Chaque homme sur cette terre a sa propre princesse, tout comme chaque femme est destinée à rencontrer un jour le prince charmant. »

Devant l'air consterné de son fils, qui ne comprenait plus grand chose à ces histoires de princesse et de prince charmant, Sélina ajouta en riant :

« Et toi Roy, je suis certaine que ta princesse sera la plus merveilleuse de toutes. D'ailleurs, te connaissant, je pense que… »

La brune s'interrompit en constatant que son fils venait de s'endormir, blotti contre elle. Basil semblait avoir pris la même résolution, à en juger par les ronflements provenant de la masse avachie sur le canapé de la pièce.

Sélina déposa avec douceur son fils de cinq ans dans le petit lit. Alors qu'elle se penchait vers l'enfant pour l'embrasser, elle fut saisie par le sourire paisible que celui-ci abordait. Sa main dans celle de Roy, la jeune mère fut soudain submergée de bonheur. Des larmes de joie coulèrent le long de ses joues, tandis qu'elle recouvrait son fils d'une couverture bleue.

« Mon petit Roy, mon chéri, murmura la jeune femme bouleversée. Je te souhaite d'être toujours aussi heureux, et ce pour le restant de tes jours. »


Les larmes dévalaient le long de son visage. Le petit garçon ne pouvait que hurler le nom de ses parents, la voix entrecoupée par des sanglots. Impuissant devant la maison en proie aux flammes, il en était réduit à gémir et sangloter à genoux. Face à lui, le feu dévorait tout : le papier, le tissu, les meubles, les murs, la vie. Jusqu'à la moindre trace de bonheur, jusqu'à la dernière goutte d'espoir.

Lorsque le brasier fut éteint et qu'il vit les pompiers extirper deux corps calcinés de ce qu'il restait de sa maison, le garçon cessa de pleurer et baissa les yeux. Il n'avait plus aucune raison d'espérer ou même de croire en un lendemain meilleur. Sur le sol reposait un livre de contes pour enfants, que quelques flammes achevaient de brûler. Alors que le brun fixait une des pages d'un air hagard, des mots à moitié consumés attirèrent son attention.

« Et ils furent heureux jusqu'à la fin des temps. »

Pour Roy, la vie n'avait rien d'un conte de fées.


Basil avait perdu ses parents quelques années auparavant. Quant à la mère de Roy, elle s'était brouillée avec sa famille avant de fuguer à l'âge de seize ans. La famille du jeune garçon avait brûlé en même temps que son foyer.

L'enfant brun avait perdu tout ce qu'il possédait, y compris son envie de vivre. Allongé au coin d'une ruelle, sur le bord d'un trottoir enneigé, il ne prêtait plus la moindre attention aux passants qui croisaient son chemin. Car si les gémissements de son estomac l'avaient tout d'abord poussé à demander de l'aide, Roy n'avait récolté au final que du mépris et des regards indifférents, pour ceux qui daignaient lui accorder quelques secondes d'attention.

Les forts ne viennent pas en aide aux faibles, la mentalité de ce pays est écœurante. Le garçon regrettait de n'avoir pris conscience de ça qu'une fois avoir touché le fond. Du haut de ses six ans, il se jura à lui-même que s'il parvenait à s'en sortir, il ferait tout ce qu'il pourrait pour changer cette injustice et venir en aide aux autres.

Mais il était trop tard.

Roy était fatigué de vivre. Il avait faim, il avait froid et surtout il était seul. Ses parents lui manquaient, il voulait retrouver sa famille. Tout comme le prince charmant attend sa princesse, Roy attendait que la mort vienne l'embrasser. Allongé sur le dos, le petit garçon fixait le ciel, l'œil vide et la vision rendue floue par la faim. De légers flocons tombaient du ciel, sortis du néant et de l'infini. Ils se posaient sur Roy, le recouvrant l'un après l'autre. Pour chacun d'eux, l'enfant avait un souvenir de sa vie passée.

Un flocon.

Les gâteaux au chocolat que son père oubliait constamment de sortir du four.

Un autre flocon.

L'ours en peluche qui se trouvait sur son lit, et dont l'oreille droite était couverte d'une large tâche d'encre.

Un troisième

L'odeur à la fois douce et réconfortante des cheveux de sa mère.

Et une multitude d'autres.

Les histoires qu'elle lui lisait tous les soirs. D'ailleurs, il n'avait jamais su à quoi ressemblait cette fameuse princesse au final. Roy aurait aimé qu'elle ait de beaux cheveux couleur miel, accompagnés d'une paire d'yeux noisette exactement comme…

… Ceux de la fillette qui était penchée sur lui.

Roy écarquilla les yeux de surprise, sans pour autant esquisser le moindre geste. Les deux enfants se dévisagèrent durant quelques instants. Soudain, la fillette plaça quelque chose entre les mains du brun. Curieux de savoir ce qu'il tenait entre ses doigts, Roy puisa dans ses dernières forces pour tenter de se relever. Finalement, il parvint à s'asseoir grâce au soutien du mur de derrière. Son regard vide et fatigué quitta alors les yeux noisettes pour se poser sur ce qui se trouvait être…

Une aubépine.

Roy fronça les sourcils d'un air interrogateur. Il était allongé dans la neige, seul, triste, en train de mourir de faim, et elle lui offrait des fleurs ?! Le petit garçon crut soudain entendre la voix grave de Basil Olway lui murmurer tendrement « Psychologie féminine mon garçon. Pas la peine de chercher plus loin, tu y laisserais ta raison ». Au souvenir de son père les yeux de l'enfant s'embuèrent de larmes. C'est cet instant précis que la fillette choisit pour ouvrir la bouche, en réponse à leur monologue jusqu'à présent demeuré silencieux. Elle empoigna soudainement les mains du brun et lui souffla à l'oreille :

« L'aubépine est la fleur de l'espérance. Pourtant demain, elle sera fanée et flétrie comme n'importe quelle autre plante. Alors que toi, il ne tient qu'à toi de te relever et de vivre. Aujourd'hui comme demain. »

Les mains de la blonde serraient fort celles de Roy. Elles lui écrasaient les doigts mais le garçon s'en moquait bien : elles étaient chaudes. La fillette se redressa brusquement et repartit aussi rapidement qu'elle était survenue.

Le moment de surprise passé, Roy reprit sa position initiale. Il était allongé, comme avant. Les flocons le recouvraient peu à peu, comme avant. Et pourtant, tout lui paraissait différent. L'enfant ne cessait de tourner et de retourner la fleur entre ses doigts, comme pour se persuader qu'il n'avait pas rêvé. Non, grimaça finalement Roy, rien n'avait changé, il était toujours aussi seul.

Hormis cette petite voix qui continuait de se répéter encore et encore sous sa tête brune. « Il ne tient qu'à toi de te relever et de vivre ». Étrangement, les flocons n'étaient plus si lourds, la neige n'était plus si froide. Il n'avait plus envie de rester allonger dans la neige à attendre la mort. D'autant plus que Dieu n'existait certainement pas, et il en allait donc de même pour le paradis.

Non, ce qu'il voulait à présent, c'était…

Il se leva brusquement, ne paraissant plus sentir ni la fatigue, ni la douleur. Il se sentait dans un autre univers, un endroit où il serait invincible. Il avança, titubant malgré tout, sur la route enneigée. Roy ne s'était pas fixé de destination précise. Il ne savait pas où il se trouvait, pas plus qu'il n'avait connaissance du lieu où il se rendait. Il suivait seulement ses rêves, décidé à en faire une réalité le plus rapidement possible.

Roy ignorait combien de temps il avait marché. Peut être plusieurs heures, ou seulement quelques minutes. La première hypothèse était certainement la plus juste, car il faisait nuit lorsque le jeune garçon s'arrêta. Une porte était restée entrouverte, diffusant une forte odeur de parfum et une douce lumière, ce que Roy prit pour une invitation à entrer. Il s'engouffra alors à l'intérieur de ce qui se trouvait être un bar. Le petit garçon ne prêta pas attention aux clients qui se tournaient vers lui. Il appréciait uniquement la chaleur qui l'enveloppait petit à petit, le poussant à atteindre son but. Car il l'apercevait à présent. La jeune femme aux cheveux noirs qui se dirigeait vers lui intriguée.

-Bon sang mais que fais-tu ici ? l'interrogea-t-elle estomaquée, car c'était bien la première qu'elle voyait un aussi jeune garçon dans un bar à hôtesses.

Mais la fatigue s'écrasa sur Roy en même temps que les paroles de la femme, et il s'effondra dans ses bras. Épuisé, il n'eut que la force de murmurer dans un souffle:

« Je veux vivre. »

La dame aux cheveux d'ébènes serra le garçon contre elle. Tout en tenant ce petit être fragile entre ses mains, Chris Mustang prit conscience d'une chose.

Son monde ne dépendait plus que de cet enfant.


N'hésitez pas à laisser un commentaire, je vous remercie en tout cas d'avoir pris la peine de lire ce premier chapitre. ^^

J'espère vous retrouver bientôt.