*sors de sa cachette* Oui, je sais, ça fait des mois que je n'ai pas donné signe de vie, mais vous commencez à être habitués, pas vrai? De toute façon, si vous me tuez, vous n'aurez pas la suite, na!

Plus sérieusement, je vous présente mes excuses pour l'attente. Mon ordinateur m'a lâché, et certains passages de la fic m'ont donné pas mal de filà re tordre. Résultat: je n'ai toujours pas d'ordi, et l'impression que me donne ce chapitre est celle d'un gâteau aux bisounours et à la guimauve. Beurk. Mais à vous de juger.

Réponse à miss-sniper au cas où tu repasserais par là: merci pour ta review, même si je crois qu'il y a confusion. Comme tu l'as si justement fait remarqué, Mme Christmas est la mère adoptive de Roy, d'où la nécessité de lui avoir inventé des parents pour le début de son enfance.

Disclaimer: je ne touche pas d'argent, rien ne m'appartient, blablabla...

Bonne lecture!


Une fois recueilli par Madame Christmas, Roy s'était longtemps interrogé sur l'identité de la petite fille blonde qui lui avait sauvé la vie et avait arpenté les rues dans l'espoir de la revoir. Il avait interrogé bon nombre de personnes, espérant trouver le moindre indice mais aucune d'entre elles ne pouvait répondre à ses interrogations. Même l'homme roux au whisky, qui était pourtant habitué à fréquenter des moutons verts et des ours roses, ne put l'éclairer.

Roy se rappela d'une histoire racontée par sa maman d'autrefois, dans laquelle un prince cherchait désespérément son amoureuse qui avait perdu une chaussure. L'enfant avait sur le moment trouvé l'homme bien bête de se donner tant de mal pour une fille, qui ne faisait d'ailleurs même pas attention à ses affaires. Ce conte avait finalement pris sens et importance tandis que Mustang retournait chaque caillou en quête de la fillette.

Le brun s'était fâché le jour où Chris avait suggéré, suite à une autre de ces journées sans succès, que la blonde aux yeux ambrés n'était peut-être qu'une vision causée par la faim et l'épuisement. Pour Roy, l'idée était totalement inadmissible, et il refusait catégoriquement de l'envisager, voire même d'y penser. Car cela aurait alors signifié que la fatigue seule avait redonné un sens à son existence, que cette fille pour laquelle il avait décidé de vivre n'était qu'une illusion. Sa vie n'aurait alors eu aucun sens.

Quand il sentait que ses pensées devenaient trop obscures et dures à supporter, l'enfant s'efforçait de penser à autre chose. Le souvenir de la blonde disparue fut donc peu à peu refoulé dans une parcelle de son esprit, tandis que Roy continuait d'assimiler son image à celle de la Vie.

Et maintenant qu'elle se trouvait devant lui, le jeune garçon prenait conscience de deux éléments qui le différenciaient du prince charmant son conte d'enfance.

Le premier était que lui était sale, habillé de guenilles, et que l'odeur qu'il émanait avait une forte ressemblance avec celle des poubelles dans lesquelles il avait autrefois cherché de quoi se nourrir.

Le second était qu'il ne se rappelait plus exactement de pourquoi il se trouvait devant cette porte, ni de ce qu'il pourrait bien dire pour meubler le silence pesant qui s'était installé. Car le brun avait beau penser le plus fort possible à ses comptes-rendus sur «comment séduire la gente féminine?» qu'il avait rédigés durant son séjour chez Chris Mustang, aucune de ses répliques préparées ne semblait appropriée à la fille qui se tenait devant ses yeux.

S'il avait écouté son instinct, Roy se serait jeté dans ses bras et aurait pleuré. Pleuré de la joie de pouvoir enfin serrer contre lui ce souvenir après lequel il avait tant couru. Et il l'aurait remerciée pour lui avoir redonné goût à la vie, pour avoir été la lumière qui avait éclairé son existence rongée par les ténèbres. Il aurait ri, parce qu'il était heureux d'être là, en vie, et avec elle. Il l'aurait aussi embrassée, tout simplement parce qu'il en avait envie.

Seulement voilà, l'adolescent tenait à son honneur. Et on ne pouvait pas dire que pleurer dans les bras d'une fille faisait partie de ses habitudes. En y réfléchissant bien, le brun se dit que l'idée de se jeter sur elle pour l'embrasser n'était sûrement pas très brillante, sachant qu'elle ne se rappelait peut-être pas de lui.

À cette pensée, il ressentit un pincement au cœur. Ce pouvait-il que ces quelques minutes passées ensemble aient pu tant compter pour lui, et si peu pour elle ? Les paroles qu'elle avait prononcées et qui avaient donné un sens à son existence n'avaient-elles donc qu'une moindre importance à ses yeux ?

Prenant son courage à deux mains, il choisit finalement d'ouvrir la conversation avec la première idée qui lui viendrait en tête. Il improviserait ensuite selon sa réaction. Roy lança alors d'une voix qu'il espérait la plus détendue possible, désignant au passage le bouquet que la jeune fille tenait toujours à la main :

- Elles sont belles tes tulipes.

- C'est du jasmin.

Fin de la conversation. Si on m'avait dit que cette encyclopédie florale toute poussiéreuse que m'a offert une cliente allait déterminer ma vie amoureuse, j'en aurais fait autre chose qu'un pied de chaise… Tandis que Mustang se maudissait intérieurement, une voix douce mais assurée lui parvint :

- Tu voulais quelque chose peut-être ?

Cette simple question permit soudain à Roy de se remémorer le pourquoi du comment de sa venue ici. Décidé à prouver qu'il n'était pas qu'un gamin sale qui confondait tulipes et jasmin –ce qui, il devait l'admettre, avait cependant une part de vérité, le brun se munit de son air le plus intelligent et déclara sans hésitation :

- On m'a informé que le professeur Hawkeye séjournait ici, pourrais-je le rencontrer ?

- Tu t'appelles ? demanda la blonde après quelques secondes de silence.

- Roy Mustang.

- Pourquoi veux-tu le voir ?

- Et bien je… enfin, c'est-à-dire…, hésita le brun qui perdait peu à peu de son assurance face à cet interrogatoire, en fait… je voudrais devenir son élève.

- Mon père n'enseigne pas son alchimie. Encore moins au premier gamin venu.

- Je ne suis pas n'importe qui !, s'emporta Roy.

Il sentait à présent l'amertume et la déception se mêler dans son ventre, vexé de s'apercevoir que la blonde l'avait oublié et confondu avec le "premier gamin venu". Mais à sa grande surprise, celle-ci baissa la tête.

- Je le sais bien, murmura-t-elle sur un ton presque inaudible, avant de reprendre comme si ce dernier échange n'avait pas eu lieu : suis-moi.

Sur ces mots, elle fit demi-tour et s'engagea dans la demeure délabrée, Roy sur ses talons. Un large sourire illuminait à désormais les traits de ce dernier. Cette fois-ci il en était certain : elle se souvenait de lui. En songeant à cela, le brun avait envie de sautiller joyeusement en chantant une chanson stupide.

Il n'en avait cependant pas la possibilité –du moins pour le moment, car la jeune fille s'engouffrait dans les différentes pièces d'un pas rapide, et Roy devait fournir d'intenses efforts pour ne pas se faire semer. La maison était en réalité bien plus grande qu'il n'y paraissait, et le brun avait le sentiment que se perdre le jour même de son arrivée ne donnerait une très bonne impression.

La partie n'était d'ailleurs pas encore gagnée. L'adolescent n'avait pas encore rencontré le professeur qu'on lui parlait déjà d'un refus. Mais Roy n'envisageait pas l'échec. Si l'alchimiste n'avait encore jamais pris d'élève, il serait le premier, tout simplement.

La fille aux yeux noisette interrompit soudain sa course devant une porte de bois sombre.

- C'est ici.

Sans attendre de réponse de la part du brun, elle frappa trois coups légers. Roy inspira profondément pour se calmer. Il était confiant.

Après tout, qui ne voudrait pas d'un garçon aussi fantastique que lui comme élève ?


Roy devait bien se l'avouer, il était un peu vexé. Il savait que l'alchimiste ne l'accueillerait pas à bras ouverts, mais de là à lui claquer la porte au nez dès qu'il eut prononcé sa demande…

Il aurait pu au moins m'adresser la parole !

Ç'aurait été mentir que de dire que son amour propre n'en avait pas pris un coup. Le brun était cependant plus têtu qu'il n'était orgueilleux; c'est pourquoi celui-ci restait assis devant le portail, bien décidé à ne pas bouger de sa place tant qu'il ne serait pas devenu l'élève du professeur Hawkeye.

Roy poussa un grognement de mécontentement en entendant son ventre gargouiller. Il espérait que l'alchimiste aurait plus de cœur qu'il ne l'avait laissé paraître jusqu'à présent, car l'estomac du garçon réclamait déjà son dû.

La voix de la fille Hawkeye le tira provisoirement de ces pensées. Elle s'était glissée derrière lui sans qu'il ne s'en aperçoive, il poussa donc un cri de surprise en l'entendant, ce qui la fit reculer. Roy se calma rapidement, mais son interlocutrice hésitait désormais à lui adresser à nouveau la parole. Le brun l'encouragea donc, heureux de pouvoir discuter avec elle d'un sujet autre que les tuli… le jasmin.

- Tu voulais me demander quelque chose ?, l'interrogea-t-il, constatant avec satisfaction qu'il pouvait à nouveau formuler une phrase sans bégaiement.

- Euh, non… Enfin oui !, s'emmêla la blonde. Mon père voulait savoir ce que tu faisais assis devant notre maison.

- Je n'ai pas de compte à lui rendre, puisqu'il m'a mis à la porte. S'il veut savoir, qu'il se déplace !

La jeune fille le considéra silencieusement quelques instants, puis constata tout simplement:

- Tu boudes en fait.

- Ma, mais… Pas du tout ! protesta le garçon en rougissant, c'est n'importe quoi ! D'où te vient une idée pareille ?

- Du fait que tu te sois installé devant chez nous, et que tu nous fixes par la fenêtre d'un air méchant depuis tout à l'heure.

- Pas toi.

- Pardon ?

- Non, pas toi, répéta Roy confus. Je… Les regards noirs ne t'étaient pas destinés. Je n'envoyais des mauvaises ondes qu'à ton père…

- Des mauvaises ondes ? Tu te prends donc pour un sorcier maintenant ?!, rit la blonde.

Si le ton employé était chargé d'une certaine malice, Roy devinait qu'aucune moquerie n'était cachée derrière ce rire. Il se joint donc à elle de bon cœur, profitant de la douce mélodie de la joie, dont lui faisait profiter…

Le brun s'interrompit soudainement, les yeux rivés sur la blonde. Celle-ci s'interrompit, ne comprenant pas la raison de son silence.

- Il y a un problème ?, demanda-t-elle incertaine.

- Je peux te demander quelque chose ?

- Oui, répondit la fille après une hésitation.

- Peux-tu me dire comment je m'appelle ?

- Mais pourquoi veux-tu…

- Dis-le, c'est tout, répliqua le brun intraitable.

- Roy. Roy Mustang.

Le susnommé ferma les yeux. Bon sang que son nom était beau prononcé par ses lèvres, avec ce timbre, avec cette douceur, avec cette voix. Lorsque l'écho de son nom se perdit dans les profondeurs de son âme, l'adolescent rouvrit les paupières et dit :

- Ce nom n'a pas d'importance.

Voyant que la jeune fille restait interdite, il ajouta :

- Moi, c'est le tien que je veux connaître.

- Si tu y tiens, sourit la concernée quelque peu rassurée. Je m'appelle Riza.

- Riza… Riza Hawkeye. Riza.

Roy, au risque de passer pour quelqu'un de légèrement dérangé –ne l'était-il pas après tout ?, répéta plusieurs fois le nom de la blonde. Il l'essayait sur diverses intonations, et même lorsqu'il se fut tut, les deux résonnèrent en litanie dans son esprit.

« Riza Hawkeye, Riza Hawkeye, Riza Hawkeye, Riza Hawkeye, Riza Hawkeye, Riza…Riza Mustang ? »

Roy sursauta tandis que cette pensée traversait son esprit, et ses joues prirent rapidement la couleur d'une tomate trop mûre, sous l'œil interrogateur de Riza. Il se calma néanmoins rapidement, et lui sourit, espérant qu'elle ne le prenait pas pour un fou.

La jeune fille lui rendit son sourire, et le brun se dit qu'il n'avait jamais rien vu d'aussi beau. Tant pis si cette pensée était dégoulinante de guimauve, elle était vrai. Et puis après tout, les filles adoraient les grands romantiques.

Ils continuèrent ainsi à discuter joyeusement, chacun heureux de mieux connaître l'autre au fil des minutes et des paroles. La blonde dû cependant mettre fin au plaisir.

- Excuse-moi Roy, l'interrompit-elle après un énième fou rire, mais je vais devoir y aller. Et puis, maintenant que tu ne fais plus la tête, tu vas pouvoir rentrer chez toi.

- Ah ça il n'en est pas question !, coupa le brun sans une once d'hésitation. Je resterai ici jusqu'à ce qu'on m'ouvre la porte de votre maison.

Riza laissa échapper un soupir, mais ne lui demanda pourquoi il s'obstinait. Après tout, les yeux de Roy en cet instant en disaient bien plus long que n'importe quelle explication.

- À ta guise, répondit-elle en feignant l'indifférence. Si ça t'amuse de mourir de faim devant notre porte, je ne peux pas t'en empêcher. Mais sache que mon père est obstiné, et que face à lui tu ne pourras jamais obtenir gain de cause.

L'adolescent secoua la tête d'un air effronté pour montrer à la blonde qu'il n'en croyait rien. La jeune fille lui lança alors un dernier regard noisette, puis disparut dans la vieille demeure. Une fois de nouveau seul, Roy pria intérieurement pour que les dernières paroles de son amie ne soient qu'exagération.

Après tout, l'alchimiste finirait bien par avoir pitié de lui, non ?


La réponse était visiblement non. Trois jours s'étaient en effet écoulés depuis le début de son « siège », et Roy n'avait pas aperçut le moindre entrebâillement au niveau de l'imposante porte de bois.

Pire encore, du moins pour son moral, le brun n'avait pas revu Riza depuis leur discussion. Le garçon, qui n'avait pas la moindre intention de se remettre en cause, en avait donc déduit que l'alchimiste refusait à sa fille le droit de sortir de la maison. Quel vieux grincheux celui-là !

Mais il y avait un autre mécontent dans l'histoire. Un mécontent dont les protestations prenaient d'ailleurs une ampleur non-négligeable. Il s'agissait de l'estomac de Roy. Le brun n'avait pas bougé depuis trois jours, il n'avait donc rien mangé non plus. Inutile de préciser qu'il avait très faim.

Mais plus le jeune garçon persistait, et plus la volonté de continuer envahissait son esprit, prenant chaque jour une place plus grande.

Ce qui n'empêchât pas l'adolescent de s'affaler au sol en bougonnant :

- Mon royaume pour un bol de soupe.

- Exaucé.

Roy releva la tête d'un air étonné, et constata que Riza était une fois de plus parvenue à le surprendre par derrière. Il ne s'en formalisa cependant pas, attiré par le bol de soupe fumant que la blonde tenait entre ses mains.

- Tiens, poursuivit la jeune fille en lui tendant, mange tant que c'est chaud.

Roy s'en empara avidement, puis l'approcha de sa bouche. A la grande surprise de Riza, il stoppa néanmoins son geste, pris d'une hésitation, puis reposa le bol à sa droite. Après un dernier regard gourmand à son repas, le garçon énonça clairement :

- Reprends-le Riza. Je ne le mangerai pas.

- Tu as pris un coup sur la tête ?, s'étonna la blonde. Pourquoi refuses-tu ?

Roy peinait à mettre des mots sur l'instinct qui l'avait poussé à éloigner ce qui lui faisait le plus envie en ce moment même.

- Je... Je ne peux pas toujours m'en sortir grâce à toi Riza. Comment dire… Je, en fait, il faut que je réussisse par moi-même cette épreuve, parce que j'ai le sentiment que sinon, je n'arriverai jamais à accomplir ce que je veux. Je ne peux pas me reposer toujours sur les autres.

- Je dois donc en conclure, soupira Riza après un silence, que je n'ai plus qu'à ramener ce bol de soupe d'où il vient, après tout le mal que je me suis donné à l'emmener ici ?

- Désolé, répondit Roy avec un sourire contrit.

Riza lui adressa un sourire chaleureux, et ramassa le repas intact.

- Ce n'est rien. J'admire ta volonté tu sais, alors ne flanche pas.

Roy se teinta en rouge en entendant ce compliment. Il regarda la blonde s'éloigner en courant sans un mot, plongé dans un monde qui s'apparentait fort à celui des bisounours.

Et c'est ce qui lui permit de tenir.


Une semaine plus tard, Roy, amaigri certes mais résolu également, se tenait toujours à son poste. Le brun somnolait désormais une grande partie de la journée, n'ouvrant les yeux que de temps à autre pour voir si la porte ne s'était pas ouverte entretemps. Il avait la désagréable sensation d'avoir un large trou dans l'estomac, et même s'il avait voulu abandonner, ses jambes paraissaient incapables de le mettre debout.

C'est dans cet état que Roy s'éveilla une nouvelle fois, durant ce qui semblait être une belle fin d'après-midi. Il n'eut même pas besoin de regarder la porte pour savoir que celle-ci était restée close durant son sommeil. Mais un paramètre avait néanmoins changé depuis son dernier réveil. Un grand homme blond se dressait devant lui.

Le professeur Hawkeye surplombait le jeune garçon de toute sa hauteur. Le visage de l'alchimiste paraissait plus froid et plus sévère que la première fois. Roy se demanda si ce dernier était en colère parce qu'il ne partait pas, et s'il allait le frapper pour qu'il s'en aille. Se saisissant de la seule arme qui se trouvait à portée, c'est-à-dire son courage, le brun prit les devants.

- Je ne partirai pas tant que vous n'accepterez pas de me prendre comme élève !

- Et qui donc t'a dit que je voulais d'un gamin comme toi pour élève ?, répondit-il immédiatement d'un ton sec.

- Je ne vous décevrai pas, juré ! Je serai même le meilleur alchimiste que la Terre ait connu.

L'homme le considéra un instant en silence, son regard allant du bout des chaussures trouées de l'enfant aux flammes qui étincelait dans ses yeux onyx. Il se prit le menton d'une main, visiblement en proie à une réflexion intense. De son côté, Roy croisait les doigts en retenant son souffle.

- Tu es insolent, orgueilleux et têtu.

La voix de l'alchimiste avait claqué comme un fouet. Roy avait conscience de ses défauts, bien qu'il n'ait jamais vraiment tenté d'y remédier. Il s'en voulait désormais, car ce caractère impulsif venait de lui fermer les portes de l'alchimie du feu. Le brun ouvrit la bouche, tentant de protester malgré tout. Mais il fut coupé par le professeur Hawkeye :

- On va peut-être pouvoir faire quelque chose de toi finalement.

Le visage de l'enfant s'éclaira d'un sourire incrédule.

- C'est-ce… vraiment ?

Le blond laissa transparaître un infime sourire, lequel s'effaça presque aussitôt. Il resta silencieux, mais hocha la tête en guise de réponse.

Roy poussa un hurlement de joie, agitant ses bras dans tous le sens en riant. Il avait, en cet instant, complètement oublié la présence du père de Riza, submergé par la joie d'avoir réussi après tant d'efforts.

Se rappelant finalement qu'il n'était pas seul, et voyant le regard incrédule que lui lançait le professeur Hawkeye, le brun rougit légèrement et tenta de retrouver son sérieux en se mettant debout.

Ce qui fut un échec total.

Ses genoux fléchirent et Roy retomba sur ses fesses. Sa seconde tentative ne fut pas beaucoup mieux puisqu'il revint une nouvelle fois à sa position initiale. Enfin, il parvint à se redresser à demi en s'appuyant au tronc d'un arbre proche, mais il chuta quelques secondes plus tard, tombant dans les bras de l'alchimiste de feu.

- Je sens que tu vas me donner du fil à retordre toi, marmonna celui-ci en soutenant le jeune garçon pour l'aider à marcher.

Roy lui adressa un sourire d'excuse, puis se dirigea vers la maison aux côtés du professeur, s'efforçant de butter le moins possible en chemin.

Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte tant convoitée par le brun, l'homme blond posa sa main sur la poignée. Mais il n'ouvrit pas.

- Au fait, dit l'alchimiste qui avait retrouvé sa voix froide et sévère, une dernière question…

Roy frémit d'anxiété. Alors qu'il se trouvait si proche du but, un nouvel obstacle semblait se dresser devant lui. Il leva les yeux vers ceux de son interlocuteur, et tenta de soutenir son regard pour masquer son inquiétude. Le père de Riza ne brocha pas, achevant l'interrogation fatidique d'un ton neutre :

- Comment t'appelles-tu ?

L'enfant écarquilla les yeux, avant de sourire face à la question dont il avait la réponse.

- Roy Mustang, déclara-t-il avec fierté.

Le grand homme ouvrit alors la porte de bois, et fit quelques pas pour permettre au brun d'entrer dans sa demeure.

- C'est un très beau nom, Roy.


La première année que le brun passa chez les Hawkeye fut la pire de son existence. Roy pensait être prêt à apprendre l'alchimie des flammes, et l'alchimiste aux cheveux blonds lui faisaient reprendre toutes les bases. Roy pensait qu'il bénéficierait d'une attention constante, l'autre ne lui accordait pas plus de quelques heures par jour. Roy pensait qu'il était doué, le professeur Hawkeye lui répétait constamment qu'il n'y avait pas pire élève que lui.

Son orgueil constamment piqué au vif, le brun mourrait d'envie de carboniser son maître à chacune de ses répliques cinglantes. Il jura de faire dix fois plus de travail que ce que l'autre lui donnait à faire, et consacra ses nuits à l'étude de l'alchimie. Quand la fatigue menaçait de prendre le dessus sur la santé du jeune brun, Riza se tenait prête et le soutenait.

Les années qui suivirent furent aussi dures, mais Roy les classait désormais parmi les plus belles de son existence, depuis le décès de ses parents. Il avait progressé rapidement, et si le professeur Hawkeye demeurait aussi cinglant qu'au premier jour dans ses remarques, le brun voyait bien qu'il gagnait peu à peu un semblant de reconnaissance.

Décidé à le surprendre, l'adolescent tenta d'étudier seul l'alchimie des flammes. Le résultat était laborieux, et Riza devait quotidiennement passer pour réparer les dégâts du brun.

- Tu pourrais faire un peu attention !

- Désolé Riza. Mais je peux t'assurer que la prochaine fois…

Le brun s'interrompit, fasciné par le toucher à la fois assuré et délicat de Riza sur ses brûlures. Légers, ses doigts fins virevoltaient autour des siens, enroulant sa main de bandelettes blanches. Roy observait le moindre mouvement de la blonde, et un frisson s'emparait de lui chaque fois que la peau pâle entrait en contact avec lui. Les paumes de ses mains semblaient empreintes d'une quelconque magie, de sorte que chaque contact lui faisait immédiatement oublier la douleur qui lui paraissait pourtant insoutenable, quelques secondes auparavant.

Roy ferma les yeux, cherchant à concentrer chaque parcelle de son attention sur la douceur de la peau qui caressait la sienne. Il voulait sentir chaque millimètre, chaque atome de ses doigts si délicats puis les frôler du bout des lèvres, et l'embrasser, elle.

- Alors Roy ? Que se passera-t-il la prochaine fois ?, demanda Riza.

L'adolescent sursauta, se maudissant intérieurement. Au vu du nombre de fois où il s'était interrompu au fil d'une phrase pour mieux la contempler, Riza devait sûrement se poser un certain nombre de questions au sujet de son intégrité mentale.

Roy se renfrogna à l'idée que la blonde puisse le prendre pour un imbécile. Ce n'était pas de sa faute à lui si elle était si belle, après tout. Aussi répondit-il d'un air fier et détaché :

- Et bien la prochaine fois, je réussirai ! Il n'y a aucun doute à avoir là-dessus.

- J'espère, murmura Riza, plus pour elle que pour son interlocuteur.

Voyant l'air surpris de ce dernier, elle ajouta doucement, toujours à voix basse :

- Je n'aime pas quand tu te blesses…

- Peut-être mais moi, j'aime bien quand tu me soignes !, répliqua Roy avec un sourire charmeur, ravi de constater que la blonde se faisait du souci pour lui.

- Idiot !, fit-elle, un sourire aux lèvres montrant qu'elle ne le pensait pas vraiment.

Un silence prit place entre eux, que seul venaient troubler les chants des oiseaux. Les deux jeunes contemplaient la lente descente du soleil à l'horizon, le visage épanoui. Riza avait apparemment fini ses soins, et Roy profita de l'occasion pour saisir une pomme au fond de son sac, à l'aide sa main valide. Il croquait dans le fruit à pleine dents, profitant de sa douce saveur, lorsqu'il entendit la voix de Riza.

- Pourquoi…

- Pourquoi quoi ?, l'incita-t-il à poursuivre, tout en avalant ce qui restait de la pomme.

- Pourquoi est-ce-que tu fais tout ça ?, reprit la blonde.

- C'est-à-dire ?

Roy fronça les sourcils. Il n'était pas certain de bien comprendre la question.

- L'alchimie. Si tu tiens tant à l'apprendre, c'est qu'il y a une raison. Laquelle?

- Mais pour protéger les personnes qui me sont chères bien sûr !, clama Roy avec enthousiasme.

- Et… qui sont ces personnes ? demanda la blonde avec curiosité.

- C-C'est un secret, je ne peux pas te le dire, se défendit le brun en détournant le regard.

Il n'avait certainement pas l'intention de lui avouer qu'il voulait la protéger elle. Roy était persuadé qu'elle lui rirait au nez s'il venait à lui dire, du moins tant qu'il ne serait pas plus fort. Parce que pour l'instant, songea-t-il, c'était plutôt Riza qui le soutenait, notamment quand il s'agissait de faire des bandages.

Un sourire grandit sur le visage de l'adolescent. Vivement le jour où il maîtriserait l'alchimie de feu. Ce jour qui changerait sa vie à tout jamais, il en était certain.


Et ben, voilà, des mois d'attente pour ce chapitre. Pensez-vous avoir été roulés, ou êtes-vous satisfaits de cette suite? N'hésitez pas à laisser un avis pour me le dire!