Notes d'auteurs :

Bonjour, chers lecteurs ou lectrices,

Je vous présente le premier tribu de ses jeux du Capitole : Cecilia Crane.

Oui son nom de famille n'est pas inconnu et doit surement vous rappeler un personnage du premier tome de la saga.

Comme habitude, l'univers de Hunger Games appartient bien sur à Suzanne Collins, ce n'est malheureusement qu'un emprunt de ma part, ainsi que certains personnages.

Je remercie encore MarsJovial2312, Jun-Fuu, Ljay, Isty Bitsy, Aeringue pour l'aide qu'ils m'ont apporter dans ce chapitre.

HUNGER GAME : La vengeance des sacrifiés :

Chapitre 1 : L'ange de la vengeance :

Cela doit faire une heure que je suis assise sur le divan de mon salon.

Devant moi, des journaux sont étalés sur la table. Mon regard vide fixe une de ces photos où l'on voit son sourire. Cela ravive mes larmes, car je ne le reverrai pas me sourire ainsi.

Plus jamais.

Juste à côté, les articles se succèdent comme des poignards que l'on planteraient dans mon cœur. Les larmes coulent davantage sur mon visage en pensant à tout ce que j'ai perdu. Seneca était plus qu'un frère pour moi. Il était mon seul parent encore en vie, presqu'un père pour moi. Quant à Lucia, sa fiancée, elle fut ma première amie et presque ma sœur.

« Seneca Crane se suicide une semaine avant son mariage » indique le journal CAPITOLE.

« La perte de son fiancé mène Lucia Brown à la mort » rajoute la revue capitolienne.

Suicide ! Ce mot, je n'arrive plus à le supporter car je sais que mon frère n'aurait jamais fait ça de son plein gré. Mon cœur se serre, mais plus de tristesse. Non !

Ce sentiment a laissé place à la colère, puis à la vengeance.

La famille Snow est responsable de ma douleur et je ne vis plus que pour voir cette famille complètement anéantie.

On dirait que le ciel m'aide dans ma conquête de revanche. L'ancien président étant mort, ainsi que sa femme et deux de ses enfants, il ne me reste plus que Césarion Snow, son fils aîné, pour subir mon courroux. Un rictus se dessine sur mes lèvres à la pensée de sa mort prochaine, car le destin me l'a apporté sur un plateau d'argent.

J'avoue que l'annonce de ces derniers Jeux de la faim avec les enfants du capitole est pour moi une bénédiction. Il me semble évident que le dernier rejeton Snow y sera envoyé d'office pour satisfaire les rebelles et moi-même.

Je le hais tellement !

Ces derniers mois où j'ai dû le supporter, lui et sa bande de monstres, à l'académie Snow me revient en mémoire. Combien de fois m'a-t-il envoyé ma perte au visage ? Le si grand Césarion Snow ! J'aurai le plaisir de réduire son air moqueur à néant pendant ces Jeux, car je ne laisserai personne d'autre avoir le plaisir de le tuer.

Un bruit m'indique la présence d'une personne dans la pièce; en levant les yeux, je tombe sur le regard de félin vert d'eau et désapprobateur, de Lucinda, la grande sœur de Lucia. C'est une très belle jeune femme d'une trentaine d'années, ses cheveux noirs d'encre et ses oreilles de chat lui donnent un petit air enfantin qui plait beaucoup à son mari et à ses deux magnifiques jeunes enfants.

Elle est la seule personne à s'occuper de moi depuis le décès de mon frère et elle a tendance à me materner. À cet instant, ses moustaches de chat frémissent un peu; ça et son regard me laisse penser qu'elle n'apprécie pas mon comportement. Elle n'a jamais compris pourquoi je m'acharne à ne pas les oublier.

Sa famille la soutenait dans son deuil, elle veut que je fasse comme elle et que je passe à autre chose. Mais je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à oublier. Ce serait les trahir et ils méritent vengeance.

-Cecilia, promets-moi de ne pas faire quelque chose d'irréfléchi, supplie Lucinda dans un murmure.

Son regard triste me fait culpabiliser mais je ne peux pas changer d'avis, pour eux, pour moi, alors je ne réponds pas. Je remarque à son air d'animal battu qu'elle a compris.

Mon cœur se serre.

Oui, mon amie a l'air d'un chaton malheureux, mais je sais que derrière ce masque se trouve une personne forte. Elle peut tout supporter, même ma mort, avec l'aide de sa famille.

Ma mort, je sais qu'elle sera inévitable. Mais cela m'est égal du moment que Césarion m'accompagne dans la tombe. Notre sacrifice rachètera peut-être le mal que nos familles ont fait par le passé.

Lucinda se lève et sort d'un sac, que je n'avais pas vu derrière elle, un paquet enveloppé d'un fin papier.

Mon amie me le tend. Je l'observe, surprise. Devant son regard insistant, j'ouvre le papier et découvre une robe de mariée d'un blanc de nacre. Une larme coule sur ma joue car c'est la tenue qu'aurait dû porter Lucia à son mariage. Cette robe est un symbole de famille, faite à partir des robes de mariée des aïeux de nos deux familles.

-En la portant pour la sélection, tu intrigueras le public, ce qui pourrait te faire gagner des sponsors par la suite et te portera peut-être chance, dit-elle en me serrant dans ses bras.

Je sanglote, je sais ce qu'il a dû lui en coûter de prendre cette décision.

Je me détache de ses bras et sans un mot me dirige dans la salle de bains, le cadeau dans mes mains.

Arrivée devant le miroir, j'enlève mes vêtements et enfile, avec un peu de difficulté, le précieux tissu. Il est doux sur ma peau. J'entends du bruit derrière moi, Lucinda m'ayant suivie avec le reste du sac entre les mains. Elle en sort une paire de ballerines en satin blanc que je mets aussitôt. Puis elle s'approche de moi pour s'occuper de ma longue chevelure dorée.

Quelques minutes plus tard, mes cheveux sont ornés de tresses argentées et les mèches de devant sont transformées en un diadème qui orne mon front.

Je sens ses doigts glacés sur mon cou. Elle place une parure d'or blanc avant de me tendre un petit bracelet argenté où les perles, en forme de cœur, entourent les noms gravés de Lucia et Seneca. Je comprends qu'elle m'offre mon souvenir pour l'arène.

-Cela te va très bien, murmure-t-elle d'une voix émue.

Je risque un regard sur le miroir où une magnifique jeune femme me dévisage d'un air interrogatif, mes pupilles dorées brillent encore, signe de mes anciens pleurs.

La robe souligne ma taille svelte à merveille. Mon teint blanc comme la neige se laisse entrevoir sur mes épaules, que je recouvre d'une cape immaculée.

Une princesse des glaces à la beauté froide et glaciale.

On y ajoute un maquillage subtil et je suis prête à partir. En me retournant, je songe que ce sont les derniers instants que je passe dans mon studio.

C'est Lucinda qui me ramène à la réalité en me prenant dans ses bras tout en murmurant que je ressemble à un ange. Ses yeux brillent de larmes contenues; je sais qu'elle pense à sa jeune sœur qui aurait dû porter cette belle robe pour son mariage et cela m'attriste.

La colère revient contre les responsables et je jure d'éradiquer la race des Snow de la surface de la Terre. Mon amie me lâche. Je comprends que j'ai dû dire cette phrase à voix haute. Elle me surprend en murmurant d'une façon presque inaudible : « Venge-les ! »

J'ai son accord pour commettre ce crime.

En levant les yeux vers elle, je remarque la haine dans ses prunelles, la même que la mienne.

-Cecilia, venge-les mais promets-moi de me revenir ! m'intime-t-elle. Tu es comme une petite sœur pour moi, reprend-elle.

Petite sœur ? Une larme roule sur ma joue devant l'amour qu'elle me porte.

-Je te promets de faire tout mon possible, dis-je en forçant un sourire.

L'horloge sonne et je comprends qu'il est temps de me rendre sur la grande place pour la sélection des tributs. J'attends que Lucinda enfile son manteau et nous partons jusqu'à l'endroit où va se jouer mon destin.

Quelques minutes plus tard, nous arrivons au lieu de rendez-vous. Je la quitte sans oublier de lui faire promettre de ne pas venir pour la dernière rencontre, avec la famille. Je ne veux pas voir son visage en larmes avant de partir pour l'arène et je sais qu'elle n'aurait pas tenu.

La place est bondée, et je remarque le regard étonné de plusieurs personnes avec ma tenue. Je ressens une grande satisfaction qui me permet d'avancer avec le sourire et la tête haute jusqu'à la rangée des dix-sept ans.

Je me fais enregistrer tout de suite pour pouvoir rechercher, par la suite, ma future proie. Malgré mon regard affuté, je ne vois aucune trace de Snow ni de ses amis.

-Lâchez-moi ! Vous me faites mal, espèce de brute !

-Oh mon dieu, César ! Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?! Ces pourritures!

J'allais désespérer de son absence quand la voix grave de Shun O'Brian me fait sursauter.

Le jeune homme est le fils de l'ancien directeur de l'académie Snow; la place de son père lui a assuré une immunité au sein de l'académie dont il s'est servi avec usure pour lui et ses trois comparses.

Mais là, son aspect est loin d'être reluisant. Ses vêtements, qui ont dû être beaux il fut un temps, sont déchirés de toutes parts. Sa peau violacée laisse d'ailleurs apparaître plusieurs bleus et plaies sur son corps.

Je comprends à la vue de ses accompagnateurs, deux Thraxs, ces chiens de rebelles aux airs sévères, qu'il devait être tout juste sorti de prison. Il regarde vers ma droite et, au vu de ses réclamations, celui que je cherche s'y trouve.

Si l'aspect de Shun me semble étrange, je découvre qu'il n'est pas le seul à avoir subi la violence du geôlier. Lucien Collins, le deuxième comparse, a un aspect semblable à celui de son ami. Il faut dire que l'ancien maire était très lié aux Snow et cela n'a pas l'air d'avoir intercédé en la faveur de son fils. Son visage est tuméfié et des traces, laissées par un fouet semble-t-il, marquent ses bras.

Son visage est couvert de larmes, mais comme son ami, cela n'a pas l'air d'être dû à sa propre douleur vu qu'il frappe sur ses propres gardiens pour atteindre le dernier du groupe.

Mon cœur s'emballe à la vue de mon ennemi, entre le plaisir et le dégoût provoquépar la vision de ce qu'il a subi.

Je veux le voir mort, mais la torture n'est pas dans mes projets.

Il faut dire que si ses amis ont un aspect misérable, le sien est dix fois pire. Pas une partie de son corps ne semble avoir été épargnée de la hargne de ses bourreaux. Sa tunique argentée est entachée de sang et son visage est couvert de blessures faites avec un poignard, je crois. Ses yeux, d'habitude si fiers et arrogants, semblent vides. Le bas de son corps n'est pas en reste. Il boite de la jambe droite et l'autre n'a pas l'air en meilleure forme.

J'ai subitement envie de vomir mon repas, mais je me reprends.

Il est mon ennemi ! Ce qu'il a subi ces derniers temps n'est pas mon problème et, en plus, ils n'ont que ce qu'ils méritent tous les trois. N'étaient-ils pas heureux les années précédentes devant la vision de la mort des jeunes des districts ? Combien de fois le rire de Césarion avait rempli la classe, alors qu'un gamin suffoquait dans l'arène ? Ceci est juste un retour des choses.

Je relève la tête et regarde avec plus de satisfaction mon ancien camarade de classe. Je remarque enfin ceux qui l'accompagnent. Je compte cinq Thraxs et une femme que je reconnais comme Enobaria, la gagnante des soixante-deuxièmes Hunger Games.

Cette femme me fait froid dans le dos, surtout en sachant comment elle a gagné ses propres Jeux. Il faut dire que c'est la seule à avoir égorgé un tribut avec ses dents.

Comme si elle sentait mon regard, mon prochain mentor me sourit en montrant ses crocs taillées en pointes acérées. Elle se retourne pour donner un coup à Césarion qui, à ma grande surprise, ne réplique pas.

Cette scène accroit mon envie de demander de l'aide à cette femme pour l'éliminer. Vu la façon dont elle le traite, je pense qu'elle se fera une joie de m'apprendre comment le tuer le plus efficacement possible.

Ils s'approchent de la scène où une jeune femme attend, l'air ennuyé.

Je me rappelle que Julia Priam, qui était adjointe, vient d'être élue maire grâce à l'arrestation du précédent. Le rôle d'hôtesse n'a pas l'air de lui plaire vu son regard triste sur la foule. Ce qui est sûr avec elle, c'est son amour pour le vert. Cheveux, vêtements, peau, tout est de couleur verte. Elle trouve ça sûrement beau mais moi, je trouve ça affreux. Cependant, je sais qu'il me faudra donner le change. J'aurai besoin d'elle dans l'arène.

-Voici le premier volontaire, Julia ! crie Enobaria avec un sourire victorieux, en le poussant sur la scène.

Bien que celle-ci est soulagée d'avoir un tribut en moins à tirer au sort, son air scandalisé en voyant l'état dudit tribut ne passe pas inaperçu.

-Oh mon dieu ! Qui est ce pauvre garçon ? demande-t-elle en attrapant Césarion pour le serrer contre elle

-Le fils de Snow, une sale engeance ! rétorque Enobaria en le poussant par terre.

Je remarque au silence de la foule qu'elle est scandalisée de la tournure de la moisson, mais seuls Lucien et Shun essayent d'avancer pour aider leur ami.

Je regarde faire avec un sourire triomphant aux lèvres, les gens ne bougeront pas; les Capitoliens ont trop peur.

Julia s'avance :

-Bonjour tout le monde, marmonne-t-elle en reniflant. B-bienvenue à… la M-moisson du S-secteur Un. Mon n-nom est…Julia Priam, et je suis votre hô-ôtesse. Nous avons…avons donc un premier tribut Cerion… non ! Césarion Snow, tu as...Tu as quel âge mon garçon ? bredouille-t-elle.

-Dix-sept ans, murmure-t-il avec difficulté.

-Qui aura honneur de représenter ce secteur comme tribut féminin ? Nous allons bientôt le savoir ! Mais avant tout, y a-t-il une volontaire ? demande Enobaria en s'appropriant le micro.

Sautant sur l'occasion, je m'approche et monte sur scène en criant : « Je suis volontaire ! ».

Les deux femmes me regardent. Je vois que Julia juge ma tenue d'un œil désabusé, je ricane intérieurement.

-Comment t'ap-appelles-tu mon enfant ? questionne l'hôtesse.

-Cecilia Crane, dix-sept ans, je réponds avec un grand sourire.

Nous devons nous serrer la main, je constate que la peau de Césarion est froide, presque glaciale. En étant aussi proche, j'observe sa silhouette, il a beaucoup maigri. C'est une question de notre mentor qui me ramène à l'instant présent.

-Pourquoi cette tenue ?

J'explique que c'est le genre de robe qu'on met pour le plus beau jour de sa vie et que pour moi, c'est aujourd'hui. Ma réponse l'intrigue, elle me fixe longuement.

-Pourquoi ? insiste-t-elle.

-La vengeance est un plat qui se mange froid, je réplique en fixant mon ennemi avec un rictus cruel. Mon frère sera vengé, bientôt, très bientôt.

Je le sens frissonner. J'en tire une grande satisfaction.

Nous allons pouvoir régler ça dans les Jeux.