Je m'appelle Aiko. Sonoda Aiko. J'ai 17 ans, et j'habite à Karakura depuis quelques années. Mon père a obtenu une mutation, et on se retrouve dans un coin paumé. Super... Mon père, Sonoda Kaito de son nom, disais que ça me changerait les idées. Ben tiens, je demandais que ça. Pour un gars de 37 ans, il en a des idées pourries. Il bosse comme technicien par téléphone, vachement pratique pour ne jamais avoir à sortir. Bon, je suis injuste, il m'accompagne chaque matin au lycée et m'attend chaque soir à la sortie. Je m'en serais bien passé quand même, j'ai du fermer le clapet de quelques mauvaises langues par sa faute. Bon, je raconte ma vie mais là, je vais être en retard au lycée. Je veux filer avaler mon petit déjeuner et bien entendu qui je trouve en train de finir mes céréales à ma place ? Mon père, 10000 yens à celui qui l'avais deviné.

« Tu aurais pu au moins m'en laisser ! C'est MES céréales !

- Et c'est MOI qui les achète, me rétorque t il en posant la boîte vide sur la table. La prochaine fois tu te lèveras plus tôt.

Je respire un grand coup, m'exhortant à ne pas lui balancer la boîte sur la tête. Il faut dire que j'adore mon père, même si parfois il est un peu limite. Puis, je me rappelle ce que je voulais lui dire.

- Je crois que j'y arrive enfin. Tu pourra voir ça ?

Il se fige et me toise du regard. J'y vois une note de fierté, mais aussi de l'inquiétude. Puis, la fierté prend le dessus et sur son visage s'épanouit un large sourire.

- Alors comme ça tu peux le faire ? Je suis dubitatif, la dernière fois tu m'a plus fait rire qu'autre chose.

- Je pari ta prochaine paye que je vais le faire !

- Hé, c'est MON argent, pari quelque chose à toi pour une fois !»

Nous éclatons de rire ensemble, puis après avoir avalé un petit déjeuner express, on se dirige à pied vers le lycée. Oui, mon père refuse catégoriquement d'utiliser la voiture, c'est à se demander pourquoi il l'a acheté. Je crois que la pauvre doit s'ennuyer comme un fantôme sur l'autoroute. Tiens, à propos de fantôme, faut que je vous dise un truc. Je vois parfois les esprits errants. Parfois, parce que j'ai la ferme impression qu'ils cherchent à m'éviter. C'est vrai quoi, une fois j'en ai vu un, un petit gros que j'ai reconnu pour avoir été tué dans l'incendie de sa maison ( A deux pâtés de maison de la mienne ), il m'a vu à son tour, et il s'est immédiatement enfui. Enfin j'ai pas une tête de monstre ! Ok j'ai les cheveux et les yeux gris argent, ce qui fait qu'on m'a surnommé « le vieux » au lycée, mais sa s'arrête là. Le jour ou j'arriverais à en chopper un, je lui ferais passer l'envie de s'enfuir à toute jambe. Enfin, ça risque plus d'avoir l'effet inverse... Bon je divague, et on est arrivé au lycée. Évidemment, les habituels rigolos qui sont à l'entré ricanent un bon coup sur le « vieux qui se fait emmener par par sa nounou », et s'enfuient immédiatement en me voyant approcher trop près. Quelle bande de mauviettes. Je me retourne pour dire au revoir à mon père et la je le vois me tourner le dos. Je suis sur le point de lui expliquer mon point de vue sur les bonnes manières comme le fait de ne pas tourner le dos au gens lorsque je remarque le Hollow. Un espèce de lézard à six pattes, à l'autre bout de la rue. Il avance lentement vers une petite fille qui joue au ballon. Je regarde de nouveau mon père et je prie pour un miracle. Pitié, qu'un Shinigami arrive, que le Hollow, se détourne n'importe quoi. Mais non, visiblement avoir un père comme le mien semble empêcher ce genre de chose d'arriver. De celui-ci déferla soudain une aura de menace et de volonté de meurtre, si puissante que je dois m'accrocher pour ne pas reculer. Le Hollow se fige, regarde mon père puis détale à toute allure, tel un furet qui a croisé un tigre. L'aura meurtrière disparaît d'un seul coup, et mon père se retourne et me lâche un « au revoir » désolé, avant de fléchir les genoux. Puis de disparaître d'un seul coup, me laissant seul à l'entré du lycée. Bon sang, passe encore son aura de menace, mais qu'il détale en Sonido, ça, je m'y habituerais jamais ! La sonnerie du lycée me ramène soudain à la réalité. Ah ça non, je refuse d'être en retard ! Je fonce vers le bâtiment et constate la présence de quelqu'un d'autre dans la cour. Un rouquin, plutôt grand d'ailleurs, qui regarde fixement la rue. J'ai la désagréable impression qu'il a vu ce qui s'est passé... Et puis non, je dois divaguer. Le gars n'a pas la tête d'un Shinigami, et ne dégage pas la moindre pression spirituelle. Je fonce en cours, prêt à passer une journée de plus à s'ennuyer mortellement...

Ichigo laissa le garçon passer a côté de lui. Il ne savait pas comment réagir. Il avait vu le Hollow, mais avant qu'il puisse agir, celui-ci avait détalé, chassé par le père à l'aura de tueur. Une aura si effrayante, il n'en avait ressenti une semblable qu'une fois, la première fois qu'il avait rencontré Kenpachi. Que pouvait être cet homme ?

« J'en parlerais à Urahara, se promit-il. Lui saura m'expliquer. »

Il se dépêcha à son tour. Lui non plus n'avait pas envie d'être en retard.