Les Shinigamis semblent hésiter entre Aizen et moi. Pas étonnant, vu la puissance de ce salaud, mais apparemment j'ai gagné l'étiquette ''gêneur de première qu'on ne peut pas ignorer''. Il fallait que j'en profite. Mais comment ? J'ignorais tout des capacités de mes adversaires. Je savais que le gamin pouvait utiliser la glace et que le renard faisait apparaître un samouraï géant qui imitait ses mouvements, mais c'était à peu près tout. Et même si je les attaquaient, je ne pouvais pas faire face à dix ennemis d'un coup ! J'aie l'impression qu'un poids d'une demi tonne se trouve sur mes épaules, et que à chaque mouvement, il s'alourdissait. Si seulement Père était encore la ! Pensais-je en refoulant mes larmes. Il a la force de balayer tout ceux la et même de combattre Aizen en face à face. Moi... Je ne peux rien. Je n'ai pas assez de force.

« Tu fuis ?

La voix de Akarui hāto, pleine de reproche, me fait réagir.

- Non. J'admets simplement la réalité.

- Tu abandonne le combat ? Tu renonce face à un ennemi sans même avoir essayé ?

- Ils sont plus de dix et je suis seul ! Hurlais-je mentalement avec désespoir. Même si je suis plus fort que un ou deux d'entre eux, ils me submergeront.

- Alors brûle cette peur. Consume cette lâcheté qui s'empare de toi et vainc. Bas toi ! »

Sa voix retentit avec une telle force que je suis ramené à la réalité. Consumer ma peur ? Je n'aie pas le temps de jouer au philosophe ! Je m'arrête. Je repasse dans ma mémoire le moment ou j'ai sentis cette incroyable force couler en moi. Je comprend. Je comprend mieux pourquoi je me suis évanoui. Mais maintenant, je peux me battre. Je dois me battre. Je m'imagine devant une masse sombre qui entre en combustion et je sens immédiatement mon esprit s'apaiser, libéré de la peur, tandis que la lumière dorée autour de moi s'intensifie et que la vigueur m'envahit. Je suis fin prêt. Je me ramasse sur moi même et je charge droit devant. En un éclair, je me trouvais juste devant une fille aux cheveux noir et armée de son Zanpakuto ayant la forme d'une lance. Une lueur paniquée s'alluma dans ses yeux et elle voulut ramener sa lance pour se protéger. Trop tard. En un arc mortel, mon sabre traça son parcours sanglant en traversant son abdomen jusqu'à la hanche, et elle chuta brutalement vers le sol. J'étais déjà passé à une autre victime. L'homme massif qui m'avait tant gêné avec sa sorcellerie. Il écarquilla les yeux de surprise, et ma lame fouilla dans son large ventre avant de remonter et de ressortir par son épaule dans une pluie écarlate. Un sifflement m'avertit de la lame dentelée qui siffla à un cheveux de ma tête, et je sentit soudain la force me quitter. Ma peur avait disparue, dévorée par mon pouvoir insatiable. Je plongeai au plus profond et laissa remonter des souvenirs. Père qui se plaçais devant moi pour me protéger alors que je m'effondrais. Père qui disparaissait dans cet étrange cube noir qui lui même disparut à son tour. Le remord. Je commence à le brûler et immédiatement la force revint envahir mes membres, me permettant de me ressaisir. Je pare un autre coup avant de dévier le sabre de glace du gamin aux cheveux blanc avec mon avant-bras blindé. Je laisse mon instinct me guider et je me transforme soudain en un torrent de lumière dorée intangible, avant de redevenir solide une cinquantaine de mètre plus loin. J'étais légèrement étourdie, mais je me ressaisis vite. L'heure de l'attaque avait sonné. Un dragon de glace naquit de l'arme du gamin, et le samouraï géant fit son apparition. Je ma laisse envahir par la même sensation qu'il y a quelque secondes, et un mot jaillit dans mon esprit : ''Shūtingusutāgōrudo''. Au même moment, tout devint flou au moment ou je devins une véritable comète d'or, qui se dirigea droit vers le samouraï géant. Celui ci abattit son épée, mais elle me traversa sans dommage, et je reprit ma forme juste devant son immense torse. La lame pointé vers lui, je charge puis délivre un immense Celo. Celui-ci ouvrit un trou plus grand que moi de part et d'autre du géant, et celui s'effondra dans un fracas de tonnerre. Un dragon de glace me chargea mais je le détruisit d'un coup de sabre avant d'éviter l'attaque sournoise du capitaine aux doubles lames noires et celle de la fille à l'épée dentelée. Je commence à rire, un rire sauvage. J'ai trouvé la force. Je vais pouvoir ramener Père, et nous tueront ensemble cette raclure d'Aizen !

Ichigo observait le combat de loin, incrédule. Il avait encore le souvenir d'Aiko, il n'y a pas si longtemps. Un simple camarade du lycée, absolument inoffensif et sans animosité envers qui que ce soit. Il avait l'impression de regarder à présent une tout autre personne. Déjà lors de son duel contre lui, il avait eu un aperçu de sa . Mais à présent, c'était encore supérieur. Sans y croire, il vit les cheveux noirs de Kyoraku se teinter d'écarlate lorsque le sabre illuminé d'or le transperça deux fois, avant de repasser en un revers destructeur briser la massue de Love et lui trancher le bras. Un tourbillons doré et rouge, au rire démoniaque et à la lame avide de sang.

« Hé bien hé bien, il ne se retient pas ce gosse.

Ichigo releva Tensa Zangestu en direction de Gin, qui s'était assit confortablement sur un gros débris de bâtiment. Celui-ci n'y prêta même pas attention et continua à parler, ses yeux toujours réduit à deux fentes et le sourire de serpent aux lèvres.

- Aizen-taicho à eu vraiment chaud. Kaito n'était vraiment pas un tendre, et son fils semble avoir hérité de ça. Même si je me demande si ce gosse croit vraiment qu'il reverra son père si il fait son petit massacre.

- Attend, son fils ? Qu'es ce que tu raconte ? Grogna Ichigo.

- Ho, tu ne le savais pas ? Un père Arrancar, un fils qui le devient aussi pour le suivre. De quoi faire une jolie histoire. Et en plus, il nous fait un beau spectacle.

Le Shinigami roux n'en croyait pas ses oreilles. Il voulut pendant un instant se jeter sur le traître pour le mettre hors d'état de nuire en un seul coup, mais se retint en remarquant que celui avait la main droite caché dans son manteau. Son Zanpakuto, en d'autre termes. Il décida de rester sur ses gardes, mais ses yeux ne purent s'empêcher de regarder de nouveau vers le combat de titans qui se jouait loin au dessus de lui. Son cœur manqua un battement. Il ne restait plus que Toshiro et Soi Fon debout. Impossible pensa t-il. Comment a t-il pu, seul, vaincre autant de capitaines et de Vizards ? Dans le ciel, la ou personne ne regardait, une petite fissure noire apparut, puis commença à s'élargir lentement...

Je lâche un juron bien sentit tout en observant mes deux derniers adversaires. Il sont nettement plus embêtant que les autres, surtout que je n'aie pratiquement plus rien à brûler. J'ai déjà consumé toute ma tristesse, ma peur, mon dégoût, mon mépris et même ma surprise. Je me sens vide, et c'est une sensation absolument désagréable. Il ne me reste plus que ma joie, ma colère et... Mon affection. Mais ces choses, je refuse de les consumer. Je sens que si jamais je le fait, je ne serais plus qu'une coquille vide, que je ne serais plus celui que je suis. Et je m'y refuse. La capitaine fond soudain sur moi, accompagné d'une vingtaine d'images rémanentes. Je frappe sans hésiter, mais d'un mouvement impeccable, elle esquiva, et je me retrouve soudain nez à nez avec un dragon de glace. Celui-ci me congèle instantanément, et je dois user de toute ma force pour briser la glace. Je pare de justesse un coup de sabre du gamin aux yeux bleu minéral, et une soudaine piqûre se fait sentir dans le haut de ma nuque, non protégé. D'une rotation circulaire, je désengage et empêche la femme de me piquer une deuxième fois. J'utilise le Sonido pour prendre de la distance, mais je suis trop fatigué et ils voient à travers mon mouvement. Le dard crisse contre mon armure en manquant de peu ma tête, et une pluie d'écharde de givre me désoriente assez pour subir un coup de pied fouetté qui m'envoie encore plus loin en arrière. Je vais y passer à ce rythme ! Je cesse de réfléchir, et je commence immédiatement à brûler ma colère. Une monstrueuse vague de pouvoir fait irradier mon aura, tellement plus intense qu'avec les précédentes émotions. En un éclair, je suis derrière le gamin, et je le tranche de l'épaule à la hanche avant de lui envoyer un Bala, qui le fait s'écraser au sol cent mètres plus bas. Un frôlement à ma nuque m'avertit du danger imminent, et je plonge pour éviter de subir la fatale piqûre une deuxième fois au même endroit. Je fais un salto et envoie un Celo directement sur elle. La capitaine parvient à esquiver, mais elle se rend immédiatement compte de son erreur. Elle se trouve à portée de mon sabre. La lame étincelle avant de pénétrer dans son abdomen. Je le retourne d'un quart de tour avant de la retirer d'un coup sec. Elle chuta à son tour en murmurant un pénible « Impossible... ». Je cesse immédiatement de brûler ma colère, et la tension accumulée se relâche peu à peu. Un bruit parvient à mes oreilles. Un applaudissement, lent au point d'être moqueur. Je n'ai absolument aucun doute sur leur origine. Aizen !

« J'ai fait ce que vous m'aviez ordonnez ! Libérez mon père maintenant !

Mon hurlement traverse l'espace avec une force suffisante pour faire voler les gravats. Aizen me regarde avec son regard d'arrogant je-sais-tout et m'adresse un sourire narquois.

- Je ne crois pas. Il en reste un.

Il se fout de moi ? Je m'apprête à lui balancer tout les jurons de la création lorsqu'un mur de chaleur me brûle le dos. Je me retourne lentement. Non. C'est pas vrai. Pas ça. J'aurais du ne pas oublier le vieux. Le voilà devant moi, le sabre dégainé dégageant assez de chaleur pour m'assécher la gorge à cinquante mètres et un reiatsu si monstrueux qu'il pourrait persuader un Arrancar de faire des claquettes en caleçon. Je déglutis, avant de me mettre en garde.

- C'est entre Aizen et la Soul Society. Tu n'a rien à faire là. Écarte toi, gamin. Me déclare t-il de sa voix de vieillard autoritaire.

- Jamais, répliquais je la voix enrouée.

- Pauvre idiot. Mais si tu tiens tant à m'empêcher de tuer Aizen, je te brûlerais toi aussi.

- Je vous laisserais volontiers le tuer, et je joindrais même mes coups aux vôtres ! Hurlais-je avec toute la voix qu'il me restait. Mais je ne peux pas, sinon... Sinon... !

Ma voix se brisa. Je ne pouvais pas continuer, ma gorge asséché m'en empêchait.

- Si c'est ainsi. »

En un éclair il fut sur moi. Un pur réflexe m'avait fait mettre ma lame en position de garde. Ce petit geste me sauva la vie. La lame de feu percuta la mienne et la chaleur roussit mes cheveux. La force du vieux était telle que je fus repoussée. Je tente une contre attaque, mais il me repousse, presque avec mépris. Perdant tout mesure, je me met à consumer tout ce qu'il me reste et l'attaque. Une nova de feu entoure soudain le vieillard, et j'envoie toute mes forces et tout mon reiatsu pour la repousser avec un immense Celo. Or contre Écarlate, les cieux s'emplirent de rage et de volonté de vaincre. Mais la flamme repoussa l'or, et le torrent enveloppa, brûlant ma chair et faisant fondre mon armure. Je hurle de douleur et je met mes dernières forces pour ériger Hoshi no koa. Celle-ci dévia le feu incandescent, mais lorsqu'elle se dissipa, j'étais dans un piètre état. Mon armure avait en partie fondue sur ma peau calcinée, me torturant chaque seconde d'une infernale douleur. Le vieillard était sur le point de me passer à côté, et je lève péniblement ma lame pour porter un semblant de coup. Il attrape mon sabre à main nue, et j'entendis vaguement des mots lorsque sa bouche remua.

« Mon dieu, abandonne. Ça me fait mal de devoir trancher un gosse perdu dans une bataille qui n'est pas la sienne. Si pitoyable...

- La... ferme !

Je ne sens plus rien. Ni haine, ni rancœur, ni détresse. Je suis vide, j'ai tout consumé. Il ne me reste plus qu'une carte à jouer. Je lève péniblement le regard, et je croasse péniblement.

- Envole toi...

Les yeux du papy s'écarquillent légèrement, et il leva sa lame embrasée.

-...Mujō tenshi. »

Mon sabre éclata soudain en un millier de fragments, qui vinrent rentrer dans mon corps. Un tourbillon se leva, et le vieillard recula à une distance respectable. Je sentit une déchirure dans mon dos, en même temps que mes blessures disparaissaient et que mon armure changeait. Lorsque le vent se dissipa, le vieux Shinigami haussa un sourcil. Je sentait quelque chose d'étrange dans mon corps et dans ma tête.

« Enfin je peux faire valoir mon point de vue. Ironisa dans ma tête une voix que je connaissais bien maintenant.

Blanc... Non, Mujō tenshi.

- Tu est vraiment dans un sale état. Tu t'est entièrement vidé pour combattre et maintenant t'es en panne ? Tch. Il faut vraiment te tenir la main. Laisse moi te guider, sinon on s'en sortira jamais.

Je ne répond pas. Je ne vois pas pourquoi répondre. Soudain, je me vis moi même, comme si j'étais passé hors de mon corps. J'étais devenu... Encore différent. Mon armure avait, comment dire... Fusionné avec ma peau. Même mon visage était devenu lisse, sans bouche ni nez, et seul mes yeux étaient encore la. Mes cheveux argentés n'avaient pas changés, mais l'aura doré avait disparu. Mon regard tomba alors sur mon dos. Une sorte de léger remuement en moi me fit penser que je devrais éprouver quelque chose devant cela, mais j'ai oublié de quoi il s'agissait. Deux ailes. Deux longues ailes de plumes blanches osseuses étaient a présent dans mon dos, repliées mais bien là. Et quelque chose prolongeait aussi mes poignets. Deux longues lames, identiques à celle de mon sabre, jaillissant de mes poignets comme des excroissances naturelles de mon corps. Mais la chose qui me remua le plus, ce fut le trou. Un trou rond qui me traversait de part et d'autre, juste à l'emplacement du cœur. Le vieux Shinigamis m'observait, mais il décida soudain de passer à l'attaque. Un panache de feu jaillit de son sabre et se dirige droit sur moi. Je replie les ailes devant moi comme un cocon, et une lumière argenté en rayonne, laissant couler les flammes sans aucun dommage. Étrange. Ce reiatsu... C'était le mien et ce ne l'était pas...

- On comprend enfin ? Intervint la voix sarcastique de Mujō tenshi. Je suis aussi la force que tu à assimilé de notre père. Et pas la peine d'être surpris que j'emploie ce terme, puisque je suis aussi toi. Tu ne l'est même pas ? Dommage, mais c'est vrai que tu à oublié ce que cela signifiait. »

Je me met en garde, les deux lames croisées devant moi et je fonce droit vers le Shinigamis. Celui-ci émet un nouvelle offensive flamboyante, et je dresse un cube argenté autour de moi pour me protéger. Lorsque j'arrive au corps à corps, un flash-back s'impose à moi. Mon épée à moitié fondue, alors que j'avais paré un seul coup de cette lame incandescente. J'insuffle mon énergie spirituelle dans les lames et elles se recouvrent d'une fine couche de reiatsu doré. Je commence alors là échanger des coups à la vitesse de l'éclair avec le vieillard. Celui-ci frappe avec l'expérience d'un homme qui a passé sa vie à combattre. Mais ma nouvelle armure et mes sabres protégés me permettent de combattre sans plier. L'écart entre nous est toujours la, mais il s'est atténué. Je peux me battre sans tomber au premier assaut. Une nova enflammée explose, mais je me protège juste à temps d'un mur argenté. Le vieux profite de l'ouverture pour frapper de toute ses forces, mais le mur tient bon. Je profite de ça pour frapper à mon tour. La lame va frapper son épaule et j'ai l'impression de me heurter à de l'acier. Mais en une seconde, le reiatsu doré fait son travail et je parviens à le transpercer. Un uppercut me frappe alors, trop vite pour que je puisse l'esquiver, et un craquement sinistre retentit avant que je ne sois expulsé. J'utilise mes ailes pour me stabiliser, et je constate que mon armure à subit de sérieux dégâts, de multiples fissures courants le long de mon torse. Avec une surprenante rapidité, les fissures se colmatèrent et il n'y eut rapidement plus une trace du coup. Une régénération accélérée Le Shinigamis s'approcha alors, lentement mais sans hésitation. Je me mit une fois de plus en garde, en ressentant néanmoins une légère fatigue. Trancher avec le reiatsu doré, se protéger avec l'argenté... Tout cela dévorait une quantité folle d'énergie spirituelle, sans parler d'alterner les deux. Je ne faisait jeu égal que grâce à ces capacités, mais si je me relâchais, le combat s'achèverait prématurément.

« Assez. Déclara alors le vieillard. Tu m'a tenu en respect, et je te félicite pour cela, gamin. Mais si tu refuse de t'écarter, je te tuerais. Abandonne.

- Jamais. Répliquais-je.

Pourquoi ne puis je pas cesser le combat ? Je ne sais plus très bien... C'est vague, comme un son qui résonne sans que vous ne l'entendiez vraiment. Ma voix sonne bizarrement, froide et indifférente même à mes propres je suis sûr que je ne doit pas perdre. Même si je ne me souviens plus exactement quoi, mais ce combat possède un enjeu capital. Le vieil homme secoue la tête et s'arrête. Je sens qu'il prépare quelque chose d'énorme. Je dois porter le premier coup. Mes ailes s'étendent soudainement, et je grimace lorsque mon énergie se rassemble dedans.

- C'est le moment de porter le coup de grâce ! » Fait Mujō tenshi d'une voix excitée.

Le pouvoir coule en moi et je l'utilise encore et encore, pompant mes forces jusqu'à la dernière goutte. Mes ailes s'assombrissent, passant du blanc au gris, puis au noir. Je regarde le Shinigami droit dans les yeux, et lance mon attaque.

« Kokoro ga ochi »

Une vague d'obscurité jaillit de mes ailes et enveloppa le vieillard, étouffant même les flammes infernales de son sabre. Puis, des rubans de lumière sortirent du nuage de ténèbres et pénétrèrent lentement en moi. Un flot d'émotion me submergea alors. Tristesse, joie, colère, mépris... Je ressent à nouveau. J'aie l'impression de revivre ! Je comprend alors la fourberie de cette technique. Voler le cœur d'un autre pour combler le vide en soi. Le flot d'émotion continu, si puissant et si intense. De temps en temps, une flamme sort brièvement de nuage de ténèbres, mais elles ne parviennent pas à se dégager. Je vais réussir. Je vais y arriver ! Mais soudainement, mon esprit subit une pression innombrable. De la peine, du remord, des regrets. Plus de mille ans de tristesse tombent dans mon esprit, étouffant tout le reste. Je tente de rompre le contact, mais rien n'y fait. Je suis au bord du gouffre, avalé par quelque chose de si profond, de si fort, que mon âme perd pied. Je hurle à m'en briser les cordes vocales, et je reste prostré, incapable de bouger. Un bruit de pas, que je remarque à peine. Une lumière rouge et orangé. Je relève péniblement la tête, accablé par le poids de la peine que je ressens toujours et qui n'est pas la mienne. Le vieux Shinigamis se tient devant moi, le sabre pointé vers ma tête. Je ne peux même pas commencer à me défendre. Il lève son sabre... Et le ciel se brisa soudain dans un craquement de tonnerre...