Je rouvre les yeux, les yeux de mon corps. Me tournant le dos, Aizen a l'air pensif. J'ignore si il sait que je ne suis plus sous son contrôle, mais je ne peux pas prendre de risque. Si j'attaque tant qu'il ignore mes intentions...

« Inutile Aiko. Ta tentative est voué à l'échec.

La voix tranquille d'Aizen me glace soudain le sang. Impossible. Comment...

- Tu ne peux plus me prendre par surprise. J'ai immédiatement senti lorsque le contrôle a pris fin. Le Hogyoku nous a lié d'une façon très intéressante, bien que moi même ne m'en suis rendu compte qu'il y a quelques instants.

Quelque chose de froid et d'acéré transperça soudain mon esprit, et je du me concentrer de toute mes forces pour le repousser. Aizen ne s'était pas retourné, mais je savais confusément que c'était lui qui me faisait ça. J'avais un mal fou à empêcher cette sonde mentale de pénétrer plus avant., mais elle se retira brutalement. Mais je le sentais toujours, une structure étrangère à la lisière de ma conscience.

- Cette connections est quelque chose que je n'avais pas prévu. Il semblerait que, bien que je domine à présent le Hogyoku, il garde un certain lien avec toi, la plus aboutie de ses créations... »

Une déflagration d'énergie émergea du bâtiment et remplit l'espace qui nous séparait. Au moment ou je bondissait en arrière, un sifflement me fit lever le poignet au dessus de ma tête. Le sabre noir d'Ichigo s'écrasa sur la lame osseuse et me repoussa. Je filais vers le haut et para de nouveau un de ses coups, avant qu'il n'écarquille les yeux de surprise et ne recule, sans que je ne le suive.

« Tu a repris tes esprits ? Me demande t-il, méfiant.

- Bien sûr que oui, poil de carotte ! Lui rétorquais-je avant de voir un fugitif éclat de lumière reflété par... Un sabre ?

- Derrière toi !

Mon avertissent lui fut salutaire. La lame étendue de Gin rasa de près sa hanche, au lieu de lui transpercer le cœur. Je fus moins chanceux et la reçue dans l'aile, ce qui me fit partir en vrille. Je repris le contrôle en un instant, et vit le rouquin commencer un combat contre Gin. Aizen avait de son côté contre lui le... Père de Kurosaki ? Mais c'est pas vrai toute la ville est dans le coup ? « Quelle brillante idée d'aménager là... » Maugréais-je en filant droit vers la ou se trouvait mon propre père. Je le trouve facilement. Même un aveugle aurait été sensible à la puissance contenue là ou il se trouvait. Je me pose face à lui, et un improbable mélange d'espoir et de surprise se lit sur son visage. Il avait rangé son arme dans le fourreau que forme son immense bouclier et attend tel une statue antique, figé dans un port altier.

Je veux lui dire que je suis en sécurité, que nous pouvons partir ou nous voulons, mais un froid intense m'envahit soudain. Je me plaque les mains sur la tête. Aizen. Il me frappe à travers ce lien dont il m'a parlé tout à l'heure. Impossible de le repousser. Son esprit est une lance de volonté pure, totalement contrôlé et servie dans un unique objectif. En quelque secondes je suis submergé, et il imprime alors en moi un ordre, un seul, mais avec une telle force qu'il se place au dessus de tout. La présence intrusive se retire, mais l'ordre reste. Un ordre immonde, une basse vengeance. « Combat Kaito de toute tes forces. Jusqu'au bout » Presque sans m'en rendre compte, je me place en position de combat. Je ne veux pas. Non, je ne veux pas, je ne veux pas... Les lames osseuses de mes poignets en sortent brusquement, et je les agrippe comme des sabres.

« Désolé... Mais je dois te combattre...

A peine un murmure, ma voix résonne, et je me rend compte alors que même sans bouche, ce que je dis est parfaitement audible. Père me toise et son visage se ferme. Il dégaine lentement son arme et se met en garde. Nous restons ainsi pendant un instant, moi luttant contre l'impérieuse directive qui m'est imposée, tandis que lui attend que je porte le premier coup. Enfin, ma volonté cède et je me jette en avant, les lame pointées. Je commence immédiatement à consumer, augmentant ma vitesse et ma force. Mais cette fois, au lieu de le faire inconsidérément et dans une seule émotion, je prélève de tout et de manière plus modérée. Mes lames se recouvrent d'une lumière dorée et frappent le centre du bouclier, qui luit d'un éclat argenté en résistant. La longue épée file droit vers ma gorge, mais je la dévie et saute en arrière.

Il part à son tour à l'attaque, et je brûle davantage. J'esquive son épée mais son bouclier me percute violemment, me projetant avec assez de force pour défoncer l'immeuble derrière moi. J'en émerge à toute vitesse et utilise mon aile recouverte de reiatsu argenté pour dévier son arme et fait une volte-face pour pointer mon arme. Un Celo doré jaillit, mais est à son tour dévié par l'immense bouclier. Je m'envole et il me suit, et je me jette sur lui avec force. Lorsque nos lames se croisent, nos regards font de même, et nous lisons l'un dans l'autre. Je vois sa peine, son désir de me protéger, et son impitoyable détermination. Lui voit mon espoir, ma tristesse de devoir le combattre et en même temps le plaisir immense que je ressens tout de même dans la bataille. Je m'écarte brutalement, et décoche une série de Balas. Il les arrêtes tous de son bouclier, avec une précision millimétrée et une résistance sans faille. Même sans utiliser sa capacité de champs de force ultime, son bouclier arrête sans broncher les offensives de mon énergie qui perce tout. Il envoie à son tour une offensive, un Celo argenté monumental. Je me replie dans mon étoile dorée qui disperse son attaque, mais juste alors père charge et brise l'étoile dorée de son arme. Je subis une partie de son attaque, mais ma régénération accélérée se charge de réparer les dégâts et je repart à l'assaut. J'envoie alors un déluge de coups meurtriers, chacun destinés à tuer. Il les pare tous de son épée et de son bouclier, avant de charger avec son pavois en avant. Son arme jaillit de derrière le bouclier et passe ma défense, mais je me baisse vivement et le tranchant acéré découpe seulement une partie de mes cheveux gris. Je file par dessous et lance une estocade vicieuse qui traverse son flanc et fait jaillir le sang, mais sa propre régénération le guéris à son tour. Nous traversons les cieux, volant d'attaques en attaques. Il semble inépuisable, mais mes ressources sont encore élevée, maintenant que je sais puiser dedans de manière à ne pas les épuiser. Mais je sens qu'il ne se bat pas à pleine puissance. Quelque chose semble le gêner. Nous lâchons alors simultanément un Celo. Les deux flux argent et or se percutent et se dispersent, nous laissant face à face. Il me regarde et sourit soudain avec tendresse.

« Aiko, tu es devenu si fort. Plus que je n'aurais jamais pensé que tu irais. Et si je suis navré que ce soit dans ces horribles circonstances, tu fais ma fierté.

Je suis touché par ses paroles. Mais je sens une tension sous-jacente, qui m'incite à me méfier. Je suis forcé de le combattre, mais je peux encore me retenir pendant quelques instants. Il reprend avec malice, ce sourire qu'il me fait lorsqu'il est sur le point de gagner un pari.

- Aiko, sais tu pourquoi contrairement aux autres Hollows, je ne me bat pas avec plaisir en ce moment ?

Je n'en ais aucune idée, mais je tente une réponse avec la sensation de me tromper quoi que je dise.

- Parce que tu est un pacifiste convaincu ? Fis je d'une voix ironique.

Un air carnassier fleurit sur son et pour la première fois de ma vie, j'ai peur de lui. Il pointe son arme vers moi, et me lance avec une excitation à peine contenue.

- Parce que pour te protéger, j'ai délibérément abrogé mon instinct sanguinaire. J'ai voulu oublier cela, cette instinct de tuer. Mais face à toi... Face à toi aujourd'hui, maintenant que tu est fort, je peux me battre sans aucune entrave pour te maîtriser ! »

Une monstrueuse aura d'intention meurtrière me cloue sur place. Son reiatsu est chargé d'un tel désir de tuer que j'en reste figé. Il en profite pour attaquer. Avec une vitesse démoniaque, il me donne un terrible coup de bouclier. Incapable de dresser à temps une protection, je suis repoussé violemment et mon armure osseuse se fendille. Je tente de me stabiliser mais en un éclair il est passé derrière moi. Son épée remonte avec une force irrésistible et m'ôte une aile dans un jaillissement de sang. Je parviens de justesse à me retourner à temps pour parer de mes lames croisées son épée qui revient par le haut, mais la puissance est telle que je suis propulsé vers le sol. Un déluge de Bala s'abat ensuite et me cloue au sol, me démolissant méthodiquement. Lorsqu'elle cesse, je parviens à me relever à grand peine, mais père est déjà devant moi et frappe d'un coup de taille à une vitesse quasi impossible. Lorsque je rassemble mes forces et lève mes lames entourées d'énergie doré, l'impact me secoue tout entier. Je suis soulevé du sol et traverse un bâtiment qui s'écroule sur moi. Piégé par les décombres, je tente d'imaginer une idée pour me sortir de là. Père est trop puissant. Même le voir attaquer Aizen de front ne m'avait pas permis de comprendre à quel point il me dépasse. J'ai brûlé autant que possible, mais ça ne suffit pas, et même le pouvoir apporté par ma Resurrection n'a aucun impact sur le combat. Je sais que c'est perdu d'avance, mais l'ordre donné par cet enfoiré d'Aizen me force à me dégager et à vouloir reprendre le combat ! Malgré ma régénération accélérée, mes ailes sont détruites, et je souffre d'une atroce quantité de blessures et d'os sans doute cassés. Une explosion m'engloutit soudain et je suis propulsé dans les airs tandis que l'énergie déployée tente de me mettre en pièces. Lorsque je ré atterris, père est en face de moi. Indemne, intouchable et invincible. Il se retrouve d'un seul coup à moins d'un mètre de moi, et me transperce violemment juste à côté du trou dans ma poitrine. Je regarde sans y croire la lame maculée de sang qui me maintient debout, mes jambes ne me portant plus. Je ne sens plus le bas de mon corps. Ma colonne vertébrale doit être sectionnée, et la douleur est terrible. J'entends à peine la voix de père qui me chuchote à l'oreille.

« C'est presque fini. Laisse toi aller, une fois que tu sera réveillé nous serons de nouveau ensemble. Je tuerais Aizen pour nous deux.

J'étais prêt à ça, à le laisser prendre les choses en main et me protéger comme il l'a toujours fait.. Mais j'ai alors réalisé quelque chose. Au moment ou je sombrais, je compris alors qu'il n'y avait pas que l'ordre d'Aizen qui me poussait à continuer le combat. Je voulais le vaincre, le dépasser. Devenir plus fort, encore et encore. J'étais comme ça, tout simplement.

« Non... Pas encore... Ce n'est pas encore fini...

Mon murmure semble surprendre père, qui retire son arme. Je ne m'écroule pas malgré le sang qui dégouline de la blessure, et parvient même à le regarder droit dans les yeux. Puis, d'une voix lente et presque inaudible, j'articule :

- Bankai. Shinzō shūnyū no akaru-sa. »

Il ne se passa rien durant un instant, et puis le trou dans ma poitrine se referma. Une vague de lumière doré me traversa, effaçant mes blessures. Je pus de nouveau tenir fermement debout, et reprendre mes sabres tombé à terre. Mais quelque chose de plus changea. Je me sentais différent. Plus encore qu'auparavant, lors de la Resurrection. J'avais retrouvé mon aspect normal, mais avec quelque chose de plus. Je brûlais d'une flamme nouvelle, qui palpitait et crépitait. J'étais devenue un brasier doré qui ne demandais qu'a se libérer. Mes sentiments coulaient cette fois librement. Il ne s'agissait plus de les consumer, mais de les rassembler. Mes sabres s'effritèrent sous l'afflux de pouvoir et tombèrent en miette. De mes mains jaillit alors une lame d'or pur, mon être tout entier résumé en une seule lame ondoyante et pourtant solide et stable. C'est ma dernière attaque. Je la pointe vers père et charge de toute mes forces. Il leva son immense bouclier et l'impact engendra une déflagration assourdissante qui balaya tout ce qui se trouvait aux alentours.. La lame d'or et le bouclier d'argent s'affrontait sur un minuscule espace, tranchant inarrêtable contre défense inflexible. La force mis en jeu ne pouvais se satisfaire d'une égalité. Et le vainqueur fut décidé, alors que tout semblait encore possible. Dans un tintement, ma lame se brisa. Je chutais alors, l'esprit anéantis par la destruction de mon arme. Un craquement sec, mental celui là, me submergea. Le lien qui m'unissait au Hogyoku, et à Aizen par son intermédiaire, explosa d'un seul coup. J'étais libre.

Kaito rattrapa de justesse son fils qui chutait sur le sol ravagé. Son visage paisible et serein le rassura plus qu'aucune parole. Il se retourna et ressentit profondément l'énergie spirituelle environnante. Un combat faisait rage entre Aizen, dont le reiatsu commençait à se brouiller même pour lui, et plusieurs Shinigamis extrêmement forts. Il en avait assez. Aizen, dont il pressentait étrangement que la victoire n'était pas certaine, pouvait être vaincu par d'autres. Il était las de ces combats, las de tout. Perçant à travers les protections érigées autour de la fausse Karakura, il ouvrit un Garganta et emporta le corps endormis d'Aiko. Il allait loin loin. Là ou nul ne pourrait les trouver, que ce soit les Shinigamis ou d'autres. Traversant l'espace, le trou noir dans l'espace se referma.

Aizen, à présent devenu un être recouvert d'une étrange matière blanche qui lui faisait une seconde peau, sentit leur disparition. Il haussa mentalement les épaules. Il avait récupéré ce qu'il voulait. Le lien avec Aiko lui avait donné la clé d'une évolution nouvelle, qui lui avait permis d'échapper au sort destructeur d'Urahara Kisuke. Maintenant, ils n'avaient plus aucun intérêts à ses yeux. Lui qui se rapprochait à grand pas du divin ne nécessitait plus rien d'autre que le Hogyoku. Rien d'autre n'avait d'importance...

Divers éclats plus ou moins lumineux tournoyaient dans un noir absolu. L'un d'eux, particulièrement brillant, en absorba un autre. Puis, comme émettant une gravitation supérieure, les autres fragments s'agglutinèrent et formèrent un tout. Des lots et des concepts croisèrent. Des souvenirs revinrent à leur tour. Les sensations, puis leur significations. Enfin mes yeux s'ouvrirent. J'étais à nouveau. Je me trouvait dans une pièce éclairé par la lune, sur un matelas de sol. Je m sentais faible, complètement abattu. Mais j'étais bien. Je veux me relever, mais je ne parviens qu'a remuer légèrement les bras et à lever la tête, ce qui m'ôte le peu de force que je possède Je reste donc allongé. Un présence approche alors, forte et réconfortante. Un homme revêtu d'une protection sur le torse et les épaules, d'une tunique blanche et dont le sourire illumine mon cœur. Kaito, père.

« Tu es enfin réveillé... J'ai bien cru que cela n'arriverais jamais.

Je tente de parler mais j'ai l'impression d'avoir de la glu dans la bouche. Remuer les lèvres est d'une exceptionnelle difficulté, et ma pauvre voix me fait l 'effet d'avoir simplement parlé dans ma tête.

- Combien de… Temps ?

- Plus de deux semaines. Tu l'a fait peur tu sais. Pour un peu je t'enterrais... Et puis je me rappelais que j'étais la preuve qu'il ne fallait mettre en terre avant d'être certain de la mort.

Je souris misérablement. Une soudaine inquiétude me traverse l'esprit, mais il s'en rend compte et la balaie d'un revers de main.

- Aizen est vaincu. Après t'avoir déposé ici, je suis retourné voir ce qui se passait et je l'ais vu perdre. Nous n'avons plus rien à craindre.

Je soupire de soulagement. Enfin nous sommes libres.

- Pour ton information, continue t-il, nous nous trouvons dans un des recoins les plus profonds du Hueco Mundo. Peu de Hollows n'osent ne serais ce que venir ici, alors nous sommes tranquilles.

- Nous ne reviendrons... Plus au monde... Réel, hein ?

Ma question le fait réfléchir, pensif, avant de répondre avec lassitude.

- C'est à toi de décider. Tu est grand maintenant, et largement assez fort pour te débrouiller seul. Si tu souhaite partir... Je ne te retiendrais pas.

Je comprend alors ce qu'il craint. Mon départ. Il craint d'être de nouveau seul, de ne pas avoir de buts. Je lutte contre l'épuisement et parviens à lever ma main pour prendre la sienne.

- Je crois que je vais rester... Si je pars, je ne pourrais plus trouver quelqu'un avec... Avec qui parier sur les résultats de la chasse aux Hollows.

Il éclate alors de rire. Un rire communicatif, puissant et franc. Le premier depuis si longtemps. Il me regarde avec tendresse et un accord tacite passe entre nous. Nous allons pouvoir profiter maintenant, sans entrave, du temps passer ensemble.

- Repose toi, Aiko. Désormais, rien ne nous séparera... »

Je suis son conseil et sombre dans un profond sommeil. Une seule idée reste mon esprit au moment ou les ténèbres m'emportent. Nous sommes libres.